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Heroic Fantasy

La Larme noire
[Histoire Terminée]
Auteur: elane Vue: 1589
[Publiée le: 2011-03-02]    [Mise à Jour: 2011-09-29]
G  Signaler Action-Aventure/Mystère Commentaires : 13
Description:
Une ancienne prophétie, un monde mystérieux empli de magie, d’intrigues et de mystères et une bande d’aventuriers perdus dans une quête qui les dépasse et dont les enjeux sont bien plus importants que tout ce qu’ils pourraient imaginer…
Venez-vous perdre avec eux dans cette étrange aventure qui poussera nos héros à se dépasser, à affronter leurs peurs et se dévoiler aux yeux de tous.
Crédits:
A moi! Tout à moi...
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Rassemblement

[5888 mots]
Publié le: 2011-03-02Format imprimable  
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Chapitre un : Rassemblement

 

Attalante, mer du souvenir

 

L'île d'Attalante se dressait, majestueuse et mystérieuse dans la brume du matin. Un navire accosta sans un bruit. A son bord, se tenait une femme enveloppée dans une grande cape noire, la capuche rabattue sur le visage. Elle descendit et avança d'un pas léger dans les ruelles étroites du port. Le silence était assourdissant. Tout était vide. Elle le savait, mais à chaque fois, ce spectacle lui donnait les larmes aux yeux. Il n'y avait plus âme qui vive depuis plus de mille ans, mais les rues étaient propres, les maisons entretenues. La déesse Anaëlle y veillait dans l'attente du CHOIX. Et tous les ans, pour le solstice d'été, Kassiopée se rendait sous l'arche de la cité pour un rendez-vous très particulier. Chaque année, elle s'asseyait dans la rue menant à l'arche et attendait. Elle était là pour décrypter les signes de Sa venue, car s'était à elle de la préparer.

 

         "A l'aube de Son retour,

         Apparaîtra au lever du jour

         Dans les ombres des voiles

         Une éclatante et nouvelle étoile."

 

Ce message avait été gravé dans la pierre de l'arche par la déesse elle-même. Les premières lueurs de l'aube n'allaient pas tarder à percer la nuit froide. C'est alors que la chose si attendue se produisit. Avec le premier rayon du soleil, une étoile apparut. Elle était si brillante qu'elle éclipsa pendant un cours instant le soleil lui-même. Kassiopée l'observa le souffle coupé. Les reflets de l'étoile naissante dansaient dans ses yeux clairs.

Elle se leva, il fallait qu'elle prévienne les autres au plus vite. Les choses allaient se précipiter à une vitesse folle. L'heure du choix allait arriver et elle n'osait pas en imaginer les conséquences si elle ne réussissait pas à l'orienter dans la bonne direction. Mais y avait-il une "bonne" direction… Lentement, elle rechaussa ses éternelles lunettes et se dirigea vers la sortie de la ville pour retrouver son embarcation. Elle mit le cap vers Sissal où elle pourrait retrouver Massilia.

         Sissal, capitale d'Ussi

 

Ussi, un pays marécageux, froid et humide l'hiver, chaud et torride l'été, dont la seule véritable particularité, la seule véritable passion est l'espionnage : entre amis, dans la famille, les voisins, les collègues, les espions eux-mêmes. Mais comme tout le monde s’y adonne, c'est une évidence. Les rumeurs sont légions et tous les Ussiens essayent depuis toujours de démêler le vrai du faux dans cette inextricable toile d'informations.

Tous les royaumes de Telesea recrutaient des espions ussiens car c’était de loin les meilleurs dans ce domaine. Et cela permettait au gouvernement ussien de disposer d’un réseau de renseignements des plus impressionnants. On ne pouvait bouger le petit doigt sans que le chef du service de renseignement ussien ne soit au courant. Son identité était d’ailleurs un des secrets les plus jalousement gardé du pays et avait donné naissance à de nombreuses rumeurs, de la plus raisonnable à la plus extravagante.

L’une des plus grandes fiertés du pays n'était autre que l'Université de Sissal qui avait formé un nombre incroyable d'espions. Les plus prestigieux d'entre eux y donnaient à tour de rôle des cours pour former les futurs agents de renseignement.

Cette année, la nouvelle recrue de la grande école n'était autre que Massilia. Elle avait accompli des dizaines de missions qui étaient devenues des cas d'école et n'avait jamais souhaité enseigner. Mais le résultat de son dernier « voyage » n'avait pas été à la hauteur des espérances de son chef et à Sissal, même une bonne réputation ne vous sauve pas toujours. Disons simplement qu'on lui avait plus ou moins imposé un repos forcé.

Lors de son premier cours elle avait décidé de parler de sa première mission. Celle-ci ne figurait pas parmi les cas d'école, loin de là. Elle comprenait à peu près toutes les erreurs qu'un débutant un peu trop sûr de lui pouvait commettre. Elle les présenta de manière ludique et sut aux premiers rires que c'était gagné, elle avait réussi à gagner leur intérêt.

Dès le premier jour, elle leur avait demandé de choisir une personne de la classe, de la filer et de transmettre un rapport hebdomadaire. Elle avait été plutôt surprise car quatre de ses élèves avaient choisi de la prendre pour cible. Mais elle avait l'habitude de ce genre de situation, et au bout de trois semaines, ils avaient tous abandonné. Tous sauf un, Morgan. Il était tenace, qualité essentielle dans ce métier et surtout très doué, vraiment très doué. Elle lui prédisait une brillante carrière. La première semaine, elle avait mis cinq minutes à le semer, dix la seconde… et la dernière elle avait failli ne pas l'avoir du tout.

 Si ça continue, pensa-t-elle, il va falloir que je trouve d'autres astuces pour sortir en douce de l'université.

Morgan… Il posait beaucoup de questions pertinentes en cours et ne manquait pas une seule occasion de tenter de lui soutirer des informations personnelles. Un jour, il exposait les différents cursus possibles en cours à un de ses camarades, bref il discutait en cours. Massilia l'interpella, surprise, car il n'avait pas la réputation d'être un grand bavard :

         - Si vous pensez que ça peut intéresser tout le monde, je vous en prie, dit-elle en lui tendant une craie.

Elle ne s'attendait qu'à l'intimider et à le faire taire, mais il prit la craie d'un air serein sous les yeux ahuris de l'assistance. Et il se mit à détailler les années d'apprentissage nécessaires pour devenir espion. Après un quart d'heure ou presque d'exposé, il se tourna vers son professeur :

         - Pour conclure, il est impossible d'arriver à votre niveau avant au moins une trentaine d’années. Du moins par cette voie… C'est cela que je me pose la question que beaucoup se posent : comment êtes-vous arrivée à être là aussi jeune ?

Interloquée, Massilia l'envoya se rasseoir, puis s'approcha en le regardant dans les yeux :

         - Je suis un génie, dit-elle d'une voix teintée d'ironie et de dérision.

         - Et vous savez admirablement élaguer une question, dit-il à mi-voix.

Massilia fit semblant de ne pas l'entendre et repris le cours. Elle n'avait pas emprunté la voie classique pour arriver à ce niveau et ce n'était pas vraiment un bon souvenir.

 

A huit ans, ses deux parents avaient été emprisonnés par la police secrète de Blael. Ils étaient espions – naturellement comme tout bon Ussien – et détenaient des informations capitales. Leur mission avait mal tournée et ils avaient été fait prisonnier par Taelon en personne, le chef de la guilde de la Lame noire. Ils avaient été formés pour résister à la torture mais pas à supporter qu’on s’en prenne à leur fille. Après avoir obtenu ce qu'ils désiraient, les soldats de la guilde de la Lame noire avaient tué les deux espions puis l'avaient embrigadé dans les camps d'entraînement de la guilde.

Elle avait vécu l'enfer pendant sept années où sa survie n'était due qu'à ses capacités d'adaptation et d'assimilation. Pendant ces sept ans, elle avait plus appris bien plus que ses étudiants ne pourraient jamais assimiler. Peur, humiliation, faim, coups, suspicion, haine, traîtrise…

Pour la plupart des gens, la guilde de la Lame noire était une légende, une menace que l'on fait aux enfants peu sages : « Attention où les prêtres de la Lame noire vont venir te chercher si tu continues à te comporter ainsi. »

Rien ni personne ne devrait mériter un châtiment aussi terrible, pensa-t-elle en frissonnant. La Lame noire entraînait des enfants pour en faire de parfaits petits soldats obéissant au doigt et à l'œil. Elle garderait pour toujours le souvenir du premier jour, encore aujourd’hui, elle revoyait nettement la scène.

Le prêtre perdu dans sa robe sombre s'avança avec l’air menaçant :

         - A partir d'aujourd'hui, vous êtes des guerriers, dit-il. Vous allez devoir oublier tout ce qui pourrait vous gêner pour accomplir votre devoir de guerrier. Dès aujourd’hui, nous allons vous donner un nouveau nom par lequel nous vous appellerons. Ce nom changera régulièrement pour que vous vous habituiez dès à présent à changer sans difficultés d’identité.

Il se tourna vers Massilia après lui avoir donné son nouveau nom et  lui demanda :

         - Qui es-tu soldat ?

         - Massilia, répondit-elle en articulant nettement chaque syllabe de son prénom.

Le prêtre la frappa violemment.

         - Tu n'es rien, ni personne ici. Tu n'es qu'une ombre. Un véritable guerrier n'a pas d’identité propre.

         - Je m'appelle Massilia, dit-elle le plus calmement possible.

Elle avait payé cher cet affront mais n’avait jamais oublié son véritable nom. Elle n'avait réussi que sept ans plus tard, sept longues et pénibles années et plusieurs tentatives toutes sévèrement réprimées.

Elle passa la main sur son omoplate, où quatre Lames noires lui avaient été imposées, marquée au fer rouge.

 

A bien y réfléchir bien d’autres choses l’étonnait encore plus chez Morgan. Un jour, il avait dit ces mots :

         - Il faut s'adapter ou mourir, on ne fait pas de vieux os si on ne sait pas correctement analyser ce qui se passe autour de soi.

S'adapter ou mourir… c'était l'adage de Taelon, son ancien instructeur, le chef de la guilde en personne.

Une autre fois encore, le jeune homme avait réussi à amener subtilement la conversation sur les mythes et légendes et, l'air de rien, il avait commencé à parler des histoires concernant la guilde de la Lame noire. Elle l'entendait encore :

         - La plupart des légendes que l'on raconte aux enfants sont effrayantes. Par exemple, les histoires sur la Lame noire m'ont toujours terrifié étant enfant…

Elle aurait parié qu'il attendait de voir sa réaction. Bien sûr, Massilia n'avait rien laissé paraître, du moins, le pensait-elle.

Coïncidences ? On lui avait appris à ne pas y croire. Mais comment aurait-il pu être au courant ? La seule personne qui connaissait la vérité était le chef des services secrets, ami de ses parents, qui l'avait recueillie après son évasion et en avait fait un de ses meilleurs agents. En dehors de lui, nul ne savait et elle n'en avait jamais parlé à qui que ce soit, pas même à ses amis. Peut-être était-ce un espion envoyé par Taelon. Mais dans quel but ? Il était assez âgé pour avoir subi l'entraînement complet de la guilde, mais elle était certaine qu'il ne lui voulait aucun mal.

Elle avait toujours fait confiance à son instinct pour ce genre de chose et il ne l'avait jamais trompée. Elle chassa de son esprit toutes ses sombres pensées pour se préparer à son prochain cours. De l’art ou la manière de savoir jouer la comédie.

 

Massilia inspecta sa tenue dans la glace : combinaison noire, ajustée, coiffure sophistiquée retenant ses cheveux, petites lunettes opaques aux branches discrètes et un long manteau noir dissimulant quelques outils et une dague à la ceinture, cadeau d'un étrange ami… Dans ses cheveux, elle avait dissimulé des épingles pouvait s'avérer très utiles en plus d’une occasion. Elle était méconnaissable, la voleuse parfaite. Elle vérifia sa démarche et son accent digne des quartiers les plus mal famés de Gaena.

Arrivée devant sa salle de cours, elle prit une profonde inspiration et entra. Les étudiants étaient déjà tous présents et la regardèrent avec curiosité. Certains la détaillèrent avec beaucoup d'attention une fois qu'elle eut ôté son manteau.

         - Bonjour, je m'appelle Sylla. Massi m'a demandé de venir vous montrer deux ou trois petites choses sur mes… elle hésita une seconde… activités.

La salle acquiesça facilement, le métier de voleur était très respecté en Ussi, mais seulement pour le haut vol, pas les petits larcins des pickpockets de la rue. Les services secrets ussiens faisaient régulièrement appel à la guilde du serpent qui regroupait les plus célèbres et habiles voleurs de la Telesea pour certaines missions et tout espion devaient être rompu aux techniques de vol.

         - Par quoi voulez-vous commencer ? demanda Massilia. Je pense être assez douée pour vous montrer tout ce que vous pourriez souhaiter voir.

Massilia devait bien avouer qu’elle s’amusait bien à prendre l’accent et l’allure hautaine et un peu trop sûre d’elle de ce personnage qu’elle avait déjà plusieurs fois incarnée. Elle ne fut pas vraiment surprise quand elle vit Morgan se lever :

         - Vous pourriez débuter en nous montrant comment vous vous débrouillez avec ceci !

Et il lui lança un livre fermé par un lourd cadenas. C'était un Haka-Sae, livre possédant un cadenas réputé inviolable. C'était de cette façon qu'étaient protégés les rapports les plus confidentiels des services secrets ussiens. Massilia sourit :

         - J'aimerai bien savoir comment vous vous êtes procuré un tel objet. Voyons ça.

Elle retira l'épingle de ses cheveux qui tombèrent en cascade sur ses épaules et se mit à étudier la serrure d'un un air expert. Elle en repéra la faille au bout d'une petite minute. Elle se concentra et agit tout en prononçant une incantation. Ce livre était protégé non seulement par une serrure réputée des plus impénétrables mais aussi par la magie. Si ses actions n'étaient pas coordonnées à la seconde près, elle pouvait en perdre la raison en raison du sort de protection.

Crrr

La serrure s'ouvrit, elle avait réussi. Elle relança le livre à Morgan d'un geste désinvolte et dit :

         - Satisfait ?

         - Très, répondit-il. Sincèrement, je ne pensais pas que vous le feriez.

Le cours se poursuivit et elle leur montra différentes techniques et outils du haut vol. A la fin du cours, alors qu'elle s'apprêtait à sortir, une main interrogatrice se leva… Morgan.

         - Oui, dit Massilia, vous avez besoin d'une précision ?

Pour toute réponse, il se leva et s’inclina. Interloquée, elle lui demanda une explication :

         - J'applaudis votre prestation, professeur, dit-il distinctement.

Certains étudiants qui l'avaient regardé avec trop d'insistance se mirent à rougir un peu. Reprenant en une seconde sa voix et son maintien, Massilia parcouru l'assistance :

         - Bien joué Morgan. Je voulais vous démontrer l'efficacité d'un bon déguisement. J'espère que vous aurez en plus retenu quelques techniques de haut vol. Le cours est terminé.

Et elle quitta la salle, laissant ses étudiants sans voix.

 

 

Le jour suivant, Kassiopée se retrouva devant l'université de Sissal pour retrouver son amie. Kassiopée pensa qu'il serait peut être intéressant d'assister à un de ses cours. Il est vrai que lors des missions qu'elles avaient effectuées ensemble, Massilia avait une telle maîtrise d'elle-même qu'il était très difficile de la décontenancer et de la faire sortir du rôle stéréotypé du parfait espion ussien. C’était devenu presque un jeu entre elles. Chacune essayait d'en découvrir un peu plus sur l'autre tout en restant dans un cadre tacite bien délimité.  

Arrivée un quart d'heure avant le début du cours, elle avait eu la surprise de constater que tous les étudiants étaient déjà présents. Elle s'installa discrètement au fond de la salle, où il restait encore une ou deux chaises inoccupées. Il régnait un silence presque religieux.

Massilia arriva à l'heure précise.

         - Bonjour à tous. Ceci est votre dernier cours et croyez-moi, ce sera de loin le plus pénible.

Intriguée, Kassiopée écouta plus attentivement.

         - Aujourd'hui, nous allons aborder les différents moyens existant pour lutter et résister à la torture. Je ne vous cacherais pas que je ne connais pas un espion un tant soit peu important qui ne l'ait subi d'une manière ou d'une autre.

Kassiopée n'avait jamais entendu pareil discours, cela faisait froid dans le dos. Tortures physiques et psychologiques, le pouvoir de l'esprit sur le corps, la douleur

         - Tout ce que je vous ai dit n'est que partiellement vrai car rien ne peut vous préparer à une telle épreuve, en dehors de vous-même. Cela constituera de loin votre épreuve la plus rude. Vous serez testés les uns après les autres par une simulation. Il s'agit d'une épreuve éliminatoire. Mais dites-vous bien qu'une simulation, aussi réaliste soit-elle, ne sera jamais à la hauteur de la vérité.

Un murmure approbateur parcourra la salle.

         - S'il y a une chose à retenir, c'est celle-ci : la seule défense qui peut vous permettre de tenir dans une telle situation, c'est l'espoir. S'ils, quels qu'ils soient, réussissent à briser tout espoir en vous, alors même votre résistance physique ou votre entraînement ne vous seront d'aucun secours et vous craquerez.

Massilia marqua une très longue pause. Enfin, elle reprit la parole :

         - Bon, ce cours est terminé. Si quelqu'un a une question de dernière minute à me poser, c'est maintenant ou jamais.

Une main se leva.

         - Bien sûr, j'aurais dû m'y attendre, dit-elle. Morgan, je vous écoute.

Avec un sourire non dissimulé, il commença :

         - En fait, vu qu'il est possible que je ne vous revoie plus…

         - Ayssus vous entende, soupira Massilia.

         - … j'aimerais connaître les détails de votre dernière mission.

Kassiopée sourit. Elle avait vu, pendant un bref instant, l'énervement passer sur le visage de son amie. Il en fallait beaucoup pour décontenancer Massilia.

         - J'ai fait une erreur d'appréciation, dit-elle agacée. J'ai mal analysé certains paramètres, c'est tout. Il n’y a rien à ajouter.

         - Attendez, je ne comprends pas ! Vous aviez les plans, il vous suffisait de rentrer et le tour était joué. Mais au lieu de ça, vous êtes revenue sur vos pas pour les rendre.

         - Dites-moi, vous passez vraiment tout votre temps libre à potasser les rapports?

Des rires contenus se firent entendre.

         - Les vôtres surtout, ils sont passionnants. Et celui-ci est loin d'être complet.

         - J'ai fait des erreurs de jugement, c'est tout ce que vous avez besoin de savoir. J'assume pleinement mes erreurs.

Kassiopée incapable de se taire plus longtemps se leva, indignée :

         - Des erreurs ! C'était tout sauf des erreurs, j'étais là, Massi !

Massilia, partagée entre surprise et colère, venait de prendre conscience de sa présence.

         - Kassiopée, je t'en prie. On règlera ça dehors. Ce n'est pas le moment.

         - Non ! C'est l'une des rare fois où…

La phrase mourut sur ses lèvres devant le regard noir de son ami. Elle se tourna vers Morgan :

         - Ce cours est terminé, dit Massilia refreinant sa colère, bonne chance à tous pour vos épreuves.

 Puis se tournant vers son amie :

-  Je crois qu'on a deux ou trois petites choses à se dire.

Avant de partir, Morgan apostropha Kassiopée :

- Bonjour, Madame. Je suis honoré de rencontrer la plus célèbre et secrète des magiciennes de Stocklam. Voilà qui éclaire certains des nombreux points obscurs de la vie de notre illustre professeur.

Il s'éloigna dignement.

- Il est intéressant ce gamin, dit-elle.

- Un peu trop ! Répondit Massilia. Bon, tu vas m'expliquer cette interruption et les raisons de ta présence. Tu as intérêt à avoir une solide explication. Mais avant, suis-moi sans poser de questions.

Elle entraîna son amie dans les couloirs de l'Université avec rapidité, passant d'un passage secret à un autre avec une aisance étonnante. Haletante, Kassiopée avait du mal à suivre. Au bout d'une demi-heure, elles étaient sorties et se trouvaient à peine à l’extérieur de l’université.

- Je crois qu'il n'a pas pu nous suivre cette fois.

- Mais de qui parles-tu ?

- Morgan, ce "gamin si intéressant". Figure-toi qu’au début de l'année, j'ai demandé à mes étudiants de choisir quelqu'un, de le filer et de faire un rapport régulier. A mon grand étonnement, il y en a quatre qui m'ont pris pour cible. Ils ont tous rapidement abandonné. Tous sauf un et crois-moi, il est aussi dur à semer que Gansim lui-même. Mais assez parlé de son cas ! Dis-moi, pourquoi es-tu là ? Il y a sûrement une bonne raison. En tout cas, elle a intérêt à être bonne, pour avoir perturbé mon cours.

Kassiopée s'assombrit :

         - Tu as des nouvelles récentes des activités des prêtres de Blamon ?

- Oui, bien sûr. Ce n'est pas parce que j'enseigne que je suis hors circuit ! Rien d'inhabituel, sauf peut-être une agitation dans les terres au nord de Blael. Mais pour l'instant, je n'en sais pas plus.

- C'est ce que je craignais. Ils la cherchent et sont sur le point de la trouver.

            - De trouver quoi ?

            - La larme d'Anaëlle.

            - La quoi ?

            - La larme d'Anaëlle, la pierre qui leur donnera le secret du pouvoir des glyphes noirs.

            - Mais c'est une légende !

            - Massi, c'est toi qui me dis ça, après tout ce que tout ce qu’on a vu et affronté ensemble !

Massilia parut réfléchir un instant.

            - D'accord, admettons que ce soit vrai. Qu'est-ce qu'on risque exactement ?

            - Ce que l'on risque ! Mais tout simplement que les prêtres de Blamon tentent de reprendre le contrôle de toute la Telesea !

Son amie était sérieuse, Massilia le savait. Elle la regarda droit dans les yeux, en lui enlevant ses satanées lunettes d’un geste qui la surprit elle-même, et lui dit :

            - Sincèrement, que pouvons faire, si c'est si grave ?

C'était la première fois, depuis qu'elles se connaissaient, qu'elle voyait Kassiopée sans ses verres opaques dissimulant son regard. C'était étrange, mais elle s'attendait presque à découvrir une infirmité, une cicatrice cachée depuis tant d'années. Mais il n'y avait rien, si ce n'est une lueur d'affolement dans les yeux de son amie.

Kassiopée se reprit, rattrapa ses lunettes un peu maladroitement et dit :

            - Pour l'instant, il faut prévenir les autres et aviser. Je ne sais pas trop pourquoi, mais je crois que c'est seulement ensemble que nous parviendrons à entrevoir une solution, s'il y en a une.

S'il y en a une, répéta mentalement Massilia. Elle connaissait assez Kassiopée pour savoir qu'elle avait déjà un plan.

            - Massi, je te charge de prévenir Gansim et Skalan. J'avertirai Helyo. On se donne rendez-vous chez Skalan dans cinq jours.

 

 

Kassiopée s'assit en tailleur à même le sol pour préparer son voyage en Kalam où elle devait retrouver Helyo. C'était un pays montagneux au climat rude. Ses habitants vénéraient Kaly qui leur avait apporté une force et un courage devenus légendaires.

Helyo, contrairement à ses compatriotes, grands et forts, était menu presque frêle et avait choisi de se consacrer à l'étude de la magie. Il fit ainsi de nombreux voyages au Stocklam et c'est au cours de l'un d'eux qu'il rencontra Kassiopée. Mais s'il paraissait fragile aux yeux des Kalyae, il était assez imposant pour instaurer un certain respect quand il entrait dans une pièce, et assez fort pour se mesurer à n'importe qui venant d'une autre contrée de Telesea. Lors de ces voyages, il avait acquis des connaissances si grandes dans tous les domaines de la magie des mots que même Kassiopée en était impressionnée. Helyo était d'un naturel calme et réservé. Il préférait écouter que parler, mais quand il prenait la parole, tous prêtaient l'oreille avec attention.

Ce jour-là, il s'entraînait à changer d'apparence et de visage, sous les yeux étonnés de ses amis. Le sort était spectaculaire mais demandait trop d'énergie et de concentration pour le prolonger plus de quelques minutes. Epuisé, il s'assit sur les marches qui menaient au porche de sa demeure. Il savait qu'elle n'allait pas tarder, il le ressentait. Jetant un coup d'œil vers le ciel bleu azur, il vit un faucon aux allures royales traverser les nuages à une vitesse vertigineuse, fondre sur lui et s'arrêter à quelques mètres. Il sourit, regardant l'animal qu'il connaissait si bien.

- Kassiopée.

Le faucon se métamorphosa en l'espace d'un battement de paupière.

- Helyo.

- Toujours aussi théâtrale.

- Je prends ça pour un compliment. Je dois te parler, c'est très sérieux.

Le sourire disparut du visage d' Helyo :

            - Je suis déjà au courant, je l'ai ressenti. L'heure du choix est proche.

Kassiopée était plus qu'étonnée. Les plus grands mages du Stocklam n'avaient encore rien ressenti et lui savait. Helyo était bien plus sensible aux évènements qu'elle ne l'aurait cru et elle n'était pas du genre à sous-estimer qui que ce soit. Peut-être devrait-elle se méfier un peu plus à l'avenir.

            - Bien, alors il n'y a pas une minute à perdre. Nous devons nous rendre au point de rendez-vous, chez Skalan.

            - Les chevaux sont déjà prêts, je t'attendais, dit-il d'un ton plus bas.

Cette nuance dans la voix de son amie, seule Kassiopée était capable de la percevoir. Il ne maîtrisait pas la technique de métamorphose aussi bien qu’elle et se sentait coupable de la ralentir.

            - Partons sans plus attendre, la route est longue.

Les deux chevaux, de splendides pur-sang alezans, piaffaient d'impatience. Helyo enfourcha le plus grand des deux, suivi par Kassiopée et ils partirent au galop vers la sortie de la ville. Ils chevauchèrent à vive allure, parlant peu, s'arrêtant à peine pour se restaurer. Ils se connaissaient assez bien pour savoir à quel moment une pause était nécessaire et avaient l'habitude de ce rythme effréné.

A l'entrée de Pays de Goln, une dizaine de lieues avant la frontière, Helyo vit au loin un important groupe de cavaliers dont il ne reconnaissait pas les emblèmes. Ils accélérèrent l'allure pour gagner du terrain sur eux. A une distance respectable, ils se tapirent dans la forêt qui bordait la route. Sous leurs yeux, des soldats de la guilde de la Lame noire et des lancatas montaient un camp.

            - Je ne pensais pas réellement que la guilde de la Lame noire existait, souffla Helyo, plus abasourdi qu'effrayé.

            - La situation est bien plus grave que je ne le croyais, dit Kassiopée. Il va falloir faire très vite.

La nuit tombant, ils profitèrent de l'occasion pour subtiliser une tunique de la guilde, afin de prouver leurs dires, après quoi, ils s'éloignèrent sans bruit. Au moment de sortir du camp improvisé par la guilde, une sentinelle les arrêta :

            - Halte-là ! Qui êtes-vous et où allez-vous ?

Paralysé, Helyo se retourna. Kassiopée était déjà partie. D’un mot, il changea son apparence et se retourna vers le soldat.

            - J'ai entendu du bruit par-là, dit Helyo en désignant un fourré. Si tu faisais mieux ton travail, c'est toi qui irais voir !

            - Je n'ai rien entendu, dit le garde d'un air incrédule.

            - Alors écoute !

Il lui fit signe de se taire.

            - Tu n'entends pas ?!

            - Tu as peut-être raison.

L'homme s'avança d’un pas qui dénotait une démarche expérimentée. Helyo tenta alors de l'assommer d'un coup brusque sur la nuque, mais il se retourna très vite et para le coup en disant, un sourire mauvais aux coins des lèvres :

            - Tu pensais sérieusement m'avoir avec un tour aussi éculé !

A cet instant, Kassiopée sortit de la forêt et le frappa d'un coup bref et précis.

- Non… mais avec celui-là certainement, répondit-elle ironiquement au soldat inanimé.

Regardant Helyo, dont la surprise avait été aussi grande que celle du garde, elle dit :

- Dépêchons-nous, les soldats de la guilde ne sont pas réputés pour leur courtoisie.

Ils chevauchèrent à toute vitesse vers Pays de Goln pour rejoindre Skalan et les autres au point de rendez-vous.

 

Gaena, capitale du Pays de Goln

 

Gaena, la capitale de Goln, s'étendait sur des lieues et des lieues. C'était la plus grande cité du royaume et de toute la Telesea. Véritable enchevêtrement inextricable de rues, ruelles et avenues cosmopolites, tous les styles y étaient présents, des plus somptueux palais aux plus infâmes coupe-gorges. Le point culminant du quartier mal famé de la ville n'était autre que l'auberge de la Rose Noire, lieu de rencontre de tous les mercenaires, assassins et autres voleurs un tant soit peu sérieux ou inconscients du pays de Telesea, idéal pour passer inaperçu ou obtenir des informations.

Gansim s'avança les nerfs tendus, prêt à bondir à tout moment : les rixes étaient monnaie courante et la vigilance plus que nécessaire. C'était un jeune homme, grand et mince, au regard posé, d'un vert émeraude limpide. Sa démarche dénotait une grande aisance malgré son allure dégingandée. Il avait reçu un étrange message lui donnant rendez-vous dans ce taudis à vingt-trois heures précise. Anonyme évidemment.

 En tout cas, qui que ce soit, donner rendez-vous à la Rose Noire, c'était suspect, et s'y trouver à onze heures du soir, c'était suicidaire. Qui était le plus fou : celui qui donnait un tel rendez-vous ou bien celui qui l'acceptait ?

 C'est sûrement un piège, avait pensé Gansim, mais de qui et pourquoi ?

Il devait en avoir le cœur net. La curiosité était son plus grand défaut, l’un de ses plus grands défauts se reprit-il un petit sourire amusé sur le bout des lèvres et la personne qui avait écrit ce message devait le savoir.

Les onze coups de la vieille horloge raisonnèrent lugubrement dans la pièce principale. Il attendait, mais qui ou quoi ? Une jeune serveuse s'avança d'un air décidé. Elle portait une robe plus qu'osée pour un tel endroit, mais il fallait reconnaître qu'elle lui allait plutôt bien. Soudain, il se figea :

- Massilia !

            - Je me demandais combien de temps tu mettrais à t'en rendre compte, dit-elle à mi-voix.

            - C'était toi, j'aurais dû m'en douter.

            - Tu en doutais ? Mais moins fort, s'il te plaît, je dois être prudente, je suis un peu trop connue dans le coin. En plus, je crois qu'on me file depuis un moment. Attends-moi une seconde.

Elle disparut dans les couloirs de l'auberge. Une minute plus tard, elle revint emmitouflée dans une grande cape noire, seyante, dont elle rabattit la capuche :

- Viens, dit-elle à Gansim, ce que j'ai à te révéler ne doit pas tomber dans des oreilles indiscrètes.

Ils sortirent le discrètement possible.

            - Tu ne changeras jamais, dit Gansim, ces rendez-vous étranges, tous ces déguisements…

            - Déformation professionnelle, répondit-elle. Mais promis, la prochaine fois, je ferais ça dans un endroit plus conventionnel. Je suis sûre qu'on obtient d'aussi bons renseignements dans les salons de thé.

Gansim préféra ne rien rétorquer. De toute manière, il n’avait jamais le dernier mot avec Massilia. Et il fallait bien avouer que tout ce décorum dont son amie aimait s’entourer n’était pas forcément déplaisant.

La nuit était glacée, les ruelles mal éclairées. Ils progressaient rapidement.

            - Il faut sortir de la ville au plus vite pour retrouver Skalan, Helyo et Kassiopée, expliqua Massilia. Ils doivent déjà nous attendre.

            - Ça doit être grave, demanda Gansim.

            - Plus que tu ne l'imagines, répondit-elle, et sûrement plus que je ne puis le faire moi-même et sans commune mesure avec les autres fois.

Et elle ajouta sur un ton désinvolte :

            - Mais avant, j'ai un dernier petit détail à régler.

Elle entra dans une ruelle plus sombre encore et s'y tapit. Gansim l'imita aussi vite qu'il put. Invisibles, ils guettèrent la ruelle qu'ils venaient de quitter précipitamment. Gansim comprit aussitôt que quelqu'un les avait suivis. Les minutes passaient… Cinq, puis dix…

Il commençait à douter et fit mine de sortir de leur cachette, mais Massilia le retint avec fermeté. Enfin, il arriva : un jeune homme brun, grand, svelte et nerveux. Il avançait avec précaution, jetant des regards dans toutes les directions. Il avait manifestement perdu leurs traces. Quand il eut dépassé leur position, Massilia se déplaça en silence, à la façon d'un fauve qui vient de repérer sa proie. C'est alors qu'elle dit à haute voix :

            - Tiens, mais c'est Morgan ! Que le monde est petit !

Le jeune homme se retourna vivement, visiblement surpris.

            - Quelle coïncidence ! Vous ici, dit-il avec une feinte curiosité qui ne trompait personne.

Massilia paraissait un peu en colère :

            - Gansim, voici Morgan, un, elle hésita une seconde, un ami. Je crois qu'on a des petites choses à se dire, n'est-ce pas ? Mais ce n'est ni le moment, ni l'endroit. Morgan, vous aller nous suivre sans discussion. Nous règlerons nos comptes plus tard…

Gansim s'était rapproché et examinait le nouvel arrivant à la dérobée. Il jugea qu'il était âgé d'une vingtaine d'années comme Massilia, mais il était sûr de ne l'avoir jamais vu auparavant.

            - Un ami, dit-il d'un air prudent, je ne crois pas t'avoir entendu dire ce mot si souvent, Massilia. Mon cher Morgan, reprit-il en se tournant vers lui, je ne sais pas trop ce que vous avez fait pour éveiller sa colère, mais je vous plains.

Puis il ajouta très bas :

            - De même que je vous félicite, il faut être très habile pour l’avoir filer ainsi depuis Sissal.

Morgan lui tendit la main.

            - Monsieur, votre nom parsème les rapports ussiens les plus confidentiels avec une régularité de métronome, c’est un honneur de vous rencontrer.

            - Je l'aime bien, ton "ami", dit Gansim en se tournant vers Massilia.

            - Non mais je rêve ! Une once de flatterie et il t'a déjà dans sa poche ! répliqua-t-elle en lui lançant un regard noir.

 

            Après une heure de route, les trois voyageurs avaient quitté la ville, prenant la direction de la montagne. C'était là que les autres les attendaient, chez Skalan. Il habitait une grande ferme à la sortie de la ville avec toute sa famille. L'atmosphère y était toujours conviviale et chaleureuse, et tout le monde était accueilli de la même manière, avec une franchise et une gentillesse déconcertantes.

            Alors qu'ils continuaient leur chemin, Gansim remarqua que Massilia jetait fréquemment des regards perplexes et interrogateurs vers Morgan. Tout en marchant, il pensait : Qui était-il ? Un ami… ce mot semblait si étrange dans la bouche de Massilia, du moins en dehors des membres de leur petit groupe.

            Une vague de jalousie aussi soudaine qu'irraisonnée l'envahit. Il se mit à étudier Morgan plus en détails : démarche assurée mais discrète, paraissant toujours à l'affût : le stéréotype du parfait petit espion ussien. Pourtant, il y avait quelque chose d'autre, qu'il ne parvenait pas à définir, une chose qu'il percevait aussi dans l'attitude de Massilia, une tension inhabituelle, bien supérieure à celle d'un espion ordinaire. Il avait l'impression que, par cette attitude, ils partageaient quelque secret dont il n'avait pas connaissance. Cette seule pensée lui était insupportable.

 

 

 

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