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Fantasy

La Lame et la Pierre Auteur: elane Vue: 3264
[Publiée le: 2010-09-28]    [Mise à Jour: 2012-08-27]
G  Signaler Action-Aventure/Surnaturel Commentaires : 44
Description:
Paris, un Paris à la fois différent et semblable où magie et technologies se côtoient, où intrigues et complots se jouent presque au grand jour.
Dans ce monde empli d’intrigues et de faux-semblants venez suivre les vies croisées d’un frère et d’une sœur séparés par un évènement tragique.
Entre haine et obsession, sacrifice et amour, ils se sépareront, se croiseront, se retrouveront. Car comme l’ombre et lumière, leurs chemins seront opposés et comme la vie et la matière, leurs destins sont liés.

Prologue
Partie un : Etincelle (du chapitre 2 au chapitre 14)
Partie deux : Lame (du chapitre 15 au chapitre 28)
Partie trois : Apocalypse
Crédits:
Tout à moi :-)
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это – убийца

[3702 mots]
Publié le: 2011-11-18
Mis à Jour: 2011-11-18
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этоубийца 

 

 

Mäeve s’éveillait doucement, chaque jour la douleur se faisait un peu moins présente. Elle s’extirpait non sans mal de la douce chaleur des draps. C’était aujourd’hui qu’ils allaient devoir rejoindre Kouriakov. Le grand fauteuil de velours rouge qui se tenait non loin sur la droite de son lit était vide depuis longtemps. Kaelys était debout depuis des heures, par la fenêtre, elle pouvait le voir assis sur le petit banc du jardin. En face de lui, encore une fois, Jonas se trouvait devant le petit arbre blanc. Sa concentration était telle qu’elle doutait même qu’il se rendait compte que Kaelys était juste derrière lui. Maëve esquissa un sourire, il y avait une certaine ressemblance entre ces deux-là. Pas physique, ils étaient autant à l’opposé l’un de l’autre qu’un brun à la peau claire et qu’un blond au teint hâlé. Mais ils dégageaient la même énergie, la même obstination envers les obstacles qui se dressaient sur leur route.

Elle ferma les yeux et la lente litanie qui l’avait tenue dans un demi-sommeil des mots inconnus que lui murmurait la jeune fille lui emplirent les sens. Elle ne les avait pas seulement entendu, ces mots avaient peuplés ses rêves, elles les avaient vu, goûté, touché. Ils l’avaient transporté dans un monde étrange et nébuleux où la douleur n’existait plus. Il lui suffisait d’y repenser pour s’y replonger et se recentrer sur elle-même. Le vertige fut vite oublié et elle n’avait pas besoin de lever les yeux pour s’avoir qu’elle était de nouveau là. Maëve se força à rouvrir les yeux, dissipant l’illusion. Les souvenirs de l’attaque qu’elle avait subie avec Kaëlys et leur maître restaient confus dans sa tête mais elle savait que cette jeune fille qui se tenait en face d’elle leur avait sauvé la vie. Elle l’avait soigné, restant des heures à son chevet. Elle pouvait ressentir sa présence comme une onde bleutée vaporeuse qui envahissait la pièce.

-          Bonjour, je venais voir si vous vous sentiez assez en forme pour vous lever toute seule.

Maëve se surprit à penser que sa voix avait la même couleur que sa présence, un bleu à la fois clair et sombre, plein de nuances. Cela faisait des jours que cette jeune fille passait ses jours et ses nuits à s’occuper d’elle et elle n’avait encore jamais entendu sa voix. Elle leva les yeux et eut l’impression de la voir pour la première fois. Elle était bien plus jeune qu’elle n’aurait cru, elle semblait presque fragile avec sa peau blanche et ses cheveux noirs si fins. Elle n’avait pas plus de quatorze ans ou quinze ans. Mais ses yeux et son regard clair démentaient son jeune âge. Sa puissance emplissait toute la pièce, mais Maëve ne se sentait ni oppressée ni en quelconque danger. Bien au contraire.

Une lueur d’étonnement traversa son regard limpide. Elle lui tendit la main pour l’aider à se relever. Elle jeta un rapide coup d’œil à la fenêtre en direction du jardin où Jonas et Kaelys se trouvaient.

-          Allons donc faire un petit tour dehors, peut-être arriverons-nous à trouver ce que ce petit arbre à de si passionnant.

 

 

Entre l’université des écritures et le quartier de l’eau siégeait le conseil diplomatique du Taelys. Cette étroite enclave s’étendait autour d’une petite avenue où chaque géant y tenait pignon sur rue, reléguant les pays de moindre importance aux ruelles adjacentes. Le premier sur la droite, la France, pays hôte se dressait sous la forme d’une immense bâtisse dans le plus pur style baroque où dentelles de pierres et arches grandiloquentes se disputaient la moindre parcelle de vide.

            Kaelys et Maëve dont la démarche ralentie trahissait leur état tentaient de ne pas perdre Jonas des yeux dans le passage incessant de cette foule bigarrée qui arpentait sans relâche cette avenue. Les façades des plus grands pays s’offraient avec fierté à la vue de tous clamant haut et fort leur nationalité : Etats-Unis, Italie, Grande Bretagne sur la droite, Chine, Inde et Japon sur la gauche. Lorsque le Taelys s’est proclamé indépendant chacun des grands  pays de ce monde lui avait réservé une place de choix près des grandes capitales. Le Taelys de Paris, Londres, Washington furent les premiers suivis par ceux de Berlin, Rome, Moscou et de New Delhi. Quiconque avait un don reconnu dans les arts répertoriés du Codex du Taelys qui regroupait aussi bien les sept arts principaux que ceux des Autres pouvait demander la nationalité du Taelys et voyager sans restriction entre tous les Taelys du monde. En échange, ce nouvel état hybride s’engageait à la neutralité vis-à-vis des affaires d’état du pays hôte, assurait leur aide à l’état dans certains cas bien précis et acceptait pour chaque pays qui en faisait la demande une ambassade dans le quartier diplomatique. Cette partie du Taelys était le siège d’une agitation permanente où nuit et jour, coursiers, diplomates, journalistes et espions de toute sorte cohabitaient de façon de plus ou moins heureuse. Et tous tentaient de démêler vrai et faux dans ce réseau inextricable d’informations et de rumeurs inépuisable.

            Comme un poisson dans l’eau, Jonas serpentait au milieu de cette fourmilière avec une aisance remarquable que Kaelys et Maëve avait bien du mal à suivre. Tout au bout de l’avenue, le palais de l’ambassade russe surplombé de coupelles éclatantes d’or semblables aux anciens édifices religieux orthodoxes ne faisait pas exception à l’atmosphère encombrée de l’avenue. Devant l’entrée, deux sentinelles russes à l’allure peu commode saluèrent sobrement Jonas avant d’ouvrir grand les deux lourds battants de la grille monumentale menant à un petit sentier menant au palais. De part et d’autre de l’allée, les jardins à la française s’étendaient agencés et ordonnés avec une minutie impressionnante. 

            Lorsqu’ils arrivèrent, l’ambassade de Russie donnait une grande réception et ils durent slalomer dans le hall central entre les serveurs, qui faisaient preuve d’une agilité remarquable avec leur plateau à la main et une foule d’invités qui se donnaient tous des airs importants derrière leurs costumes hors de prix et leur robe de soirée haute couture.

            Enfin, Jonas les introduisît dans une pièce qui tenait plus de la bibliothèque que du bureau d’un diplomate. C’était une grande salle ronde entièrement tapissée d’étagères pleines à craquer de livres, manuscrits de toutes tailles dans toutes les langues qui avaient l’air de couvrir un nombre incroyable de sujets. Au centre, un immense bureau en verre tentait de ne pas sombrer sous l’avalanche de papiers, de notes et de livres qui le recouvrait. Kouriakov, prit par ses invités, ne pouvait pas encore les recevoir et Jonas leur demanda de patienter pendant qu’il allait le chercher. Kaelys ne connaissait que peu Jonas, mais il sentait chez lui une tension inhabituelle. C’était comme s’il avait peur de se confronter à son maître.

A peine Jonas eût-il fermé la porte du bureau que Maëve prit un bout de papier et traçait un signe discret dessus avant de le placer dans un des nombreux livres d’une des étagères. Kaelys fut sans voix devant l’audace de son amie. Un sort d’écoute dans le bureau du diplomate… Il n’eût pas le loisir de dire quoi que ce soit car déjà Kouriakov faisait son entrée, suivi de son disciple qui tentait de dissimuler au mieux sa gêne.

            Kouriakov était l’image même de l’aristocrate russe du siècle dernier, tiré à quatre épingles dans son costume rétro mais des plus élégants, avec ses cheveux blonds impeccablement coiffés, ses yeux d’un bleu nordique glacé et son allure de gentleman des plus courtois. Il se dégageait de sa personne une bienveillance distinguée qui aurait pu mettre en confiance n’importe qui. N’importe qui sauf son élève qui le suivait la tête basse avec la tête d’un enfant qui a fait une bêtise et qui attendait avec anxiété sa correction. Qu’avait donc pu faire Jonas pour redouter à ce point une entrevue avec son maître ?

            Il se présenta de façon charmante, s’excusant de ne pouvoir les recevoir plus longuement et prit congé assez vite car il avait de nombreux invités à voir. Il avait réduit au maximum l’entretien, pressé par le temps et pria Jonas de bien vouloir les amener à leurs quartiers. Et Jonas leur fit traverser au pas de charge les différents étages de l’ambassade avant de les laisser dans une suite des plus luxueuses avec un petit salon, une salle de bain gigantesque et deux immenses chambres aux lits démesurés.

-          Kouriakov aime bien votre maître, dit Jonas comme pour s’excuser de tant d’opulence. Vous pourriez loger dix fois ma chambre dans votre suite… Il se pourrait même que je vous demande asile bientôt, dit-il d’un air absent.

Quand il ferma la porte, Maëve ferma le loquet de la porte et poussa la table du salon afin de pouvoir reformer le signe qu’elle avait laissé dans le bureau de Kouriakov. Elle levait les yeux vers Kaelys.

-          Je ne sais pas pour toi, mais je meure d’envie d’en savoir un peu plus. Et comme visiblement, on ne nous dira pas grand-chose, il va falloir commencer à nous débrouiller par nos propres moyens….

 

Il ne fallut pas moins de cinq minutes pour que Jonas regagne le bureau de son maître.

-          Maître ?

Le silence oppressant qui fit suite était plus qu’éloquent.

-          Je…

-          Tu quoi ?! Tu crois que ta petite excursion dans le quartier des Autres avec elle allait passer complètement inaperçue ! Dois-je te rappeler que j’ai des yeux et des oreilles partout ! Dois-je te rappeler que je t’avais formellement interdit d’essayer de la suivre ! Surtout en pleine nuit, dans ce quartier ! Est-ce que tu as seulement réfléchi deux secondes aux conséquences de tes actes !

-          Maître,…

-          Non, ne m’interromps pas ! On ne peut pas avoir confiance en elle, pas une seule seconde. Elle est plus dangereuse que tu ne pourrais l’imaginer. Tu…

-          Maître, je pense que vous vous trompez sur elle. Nous n’avons que…

-          Quoi. Moi, je me trompe. N’ajoute pas l’impertinence à ton comportement ! Je sais très bien ce que vous avez fait cette nuit-là. Vous avez joué aux justiciers amateurs en éliminant cette petite racaille de racketteurs du quartier des Autres, vous. De quel droit…

-          Non, ce n’était pas nous…

-          Pas vous…. Qui alors ?

-          Une créature, faites d’un tourbillon de sable sur un visage plus ou moins humain. Un messager de la Voylna. Il a exécuté ces cinq hommes en quelques minutes. Il les pétrifiés en statue de sable et quand il est parti il ne restait plus rien. Nous étions cachés dans une armoire mais la créature nous avait repérés. Mais elle n’était pas intéressée par nous. Je crois qu’elle avait peur de l’affronter, elle. Elle m’a sauvé la vie, je ne sais pas trop comment.

-          Une créature, une créature qui utilise le sable…

Maëve et Kaelys furent frappés par la vitesse à laquelle le ton de Kouriakov avait changé. Jonas lui apportait une information nouvelle, une information que personne d’autre ne possédait. Et cela seul pouvait le sauver de la colère de son maître.

-          Oui, Maître. Il s’est présenté comme un messager et je pense que quelqu’un parlait à travers lui. Il connaissait Lame et il l’a appelé Mlle Solys. Elle s’est mise dans une colère noire en entendant ce nom. Puis il a disparu.

Il y eut à nouveau un nouveau silence, Kouriakov assemblait les éléments un à un dans sa tête.
- Maître…

-          Je te conseille de te taire, je suis toujours terriblement en colère. Tu m’as désobéis, tu n’as pas tenu compte de mes avertissements. A partir d’aujourd’hui, tu vas rester ici, tu n’iras plus voir Malya que s’il y a urgence. Tu ne t’approches plus d’elle sauf si je t’en donne expressément l’ordre. Est-ce clair ?

-          Maître, je ne crois pas qu’elle soit si dangereuse que vous le pensiez.

-          Tu ne connais rien d’elle.

-          Elle m’a sauvé la vie !

-          Jonas, этоубийца !

 

La conversation prit fin sur ces deux mots prononcés en russe par Kouriakov que ni Maëve, ni Kaelys n’avaient compris. Mais Jonas ne trouva rien à rajouter et sorti sans un bruit. Kaelys en mémorisa la sonorité et se promit de déchiffrer le plus vite possible cette phrase.

 

La chambre de Jonas se trouvait au même étage que leur suite, dans l’aile ouest. Ils décidèrent de lui rendre visite peu après son altercation avec son maître pour tenter d’en savoir plus. Ils toquèrent à la porte de Jonas, sachant pertinemment qu’il avait déjà regagné sa chambre depuis quelques minutes. Mais il fit la sourde oreille et refusait de répondre. Entre temps, ils avaient plus ou moins reconstitué les événements qu’ils avaient découverts sur « cette nuit ».

« Elle », ce devait être Lame, la jeune fille qui leurs avait porté secours, qui d’autre. Il avait du la suivre une nuit dans le quartier des Autres et avait été entraîné dans une histoire invraisemblable qui s’était soldé par la mort de 5 escrocs du quartier des Autres. Apparemment ni Jonas ni Lame n’en était responsable, c’était une créature au visage « plus ou moins humain » qui avait fait le coup. Ce passage était loin d’être clair. Et à en croire Kouriakov, on ne pouvait faire aucune confiance à Lame. Mais après avoir passé un certain temps avec elle et vu la façon dont elle s’était occupé de Maëve, ils avaient tendance à adopter la version du garçon. De plus, elle leur avait à tous sauvé la vie. A Jonas aussi, apparemment. Comment expliquer la réaction de Kouriakov ? Elle semblait tout à fait excessive.

  En regagnant leur chambre, ils croisèrent un des gardes de l’ambassade et Maëve s’approcha de lui et lui demanda poliment :

-          Pardon Mr, j’ai entendu une phrase en russe et je me demandais si vous pouviez m’aider à la traduire.

-          Mais certainement répondit-il avec un fort accent russe. Si je peux vous aider.

-          этоубийца

L’homme fronça les sourcils faisant mine de ne pas avoir bien compris la phrase.

-          Où avez-vous entendu ça ? Vous êtes sûre de bien avoir entendu « этоубийца »

-          Je….

-          C’était dans un film Mr, ca avait l’air vraiment important, mais ça n’a pas été traduit, expliqua Kaelys devant l’air paniqué de Maëve.

-          Dans un film ! Ah, je comprends mieux ! Cela veut dire : c’est un assassin.

 

 

  Kouriakov regarda partir son élève avec beaucoup de peine. Il s’était attaché à elle non pas parce qu’elle lui avait sauvé la vie, mais parce qu’elle l’intriguait. Et contre ça, il n’y avait rien à faire. Plus il lui interdirait d’aller la voir, plus il en aurait envie. Il avait dû se résoudre à lui avouer ce qu’elle était. Mais il savait que son premier instinct serait d’aller vérifier par lui-même cette information. Au moins maintenant, il savait à quoi s’attendre.

Tel Maître, tel Disciple.

            Si seulement il pouvait lui faire comprendre à quel point elle était dangereuse tant qu’elle ne maîtrisait pas le karai. Elle avait failli tuer son propre frère ! Et c’était devenu une des cibles prioritaires de la Voylna. Ce que lui avait appris Jonas lui prouvait cependant deux choses. Tout d’abord la Voylna la prenait au sérieux. Et que si elle n’avait pas engagé le combat avec la créature, c’était certainement dans le but de protéger Jonas. Elle devait commencer à prendre conscience de ses faiblesses et c’était encourageant.

            Quant à la Voylna, elle n’avait pas appréciée qu’une bande de petits escrocs usurpe son nom. Mais pourquoi avoir envoyé son messager principal pour régler ce problème. Voilà qui restait un mystère. Voilà trois ans que le chef de l’organisation avait changé et celle-ci était en train de changer du tout au tout, en réorganisant toute sa hiérarchie et sa chaîne de commandement, elle était devenue plus flexible, plus adaptée, plus efficace. Elle avait de plus totalement réorganisée ses priorités et les basses besognes comme le racket ne l’intéressait plus. Elle visait ailleurs, elle visait plus haut et pour la première fois depuis longtemps, elle commençait à lui faire singulièrement peur.

            Avoir envoyé Son messager pour montrer à tous que cette branche n’était plus la bienvenue dans l’organisation… C’était possible.

 

Il manda un de ses assistants dans son bureau.

-          Vous garderez un œil sur Jonas. Je lui ai interdit d’aller chez Malya et il est évident que la première chose qu’il va faire sera…

-          D’aller chez Malya

-          Evidemment.

-          Vous n’avez pas idée à quel point vous lui ressemblez.

-          Je ne l’ai pas choisi complètement au hasard, cette tête de mule… Au passage, ramenez-moi cette journaliste.

-          Du T. Times.

Il acquiesça d’un geste impatient.

 

Tess avait passé un temps fou à passer d’une personnalité à l’autre, à débiter des platitudes comme seules les gens trop bien habillés dans une soirée mondaine savaient en dire autant en un laps de temps si court et elle s’ennuyait ferme. Elle avait même perdu Mat’ de vue qui devait chercher à faire une photo pas trop mauvaise ni trop banale de cette énième réception à l’ambassade de Russie.

Cependant, elle avait reçue à nouveau un message, un message qui venait de la même provenance que ceux qu’elle recevait avec les coupures de journaux du sept du mois. Il devait y avoir quelque chose à glaner dans cette réception aux premiers abords des plus insipides. Elle espérait tomber sur Kouriakov en personne. Elle n’avait pas oublié la conversation qu’elle avait surprise entre lui et Kouriakov, c’était même sa seule piste convaincante et la seule chose qui lui permettait de croire que tout ceci n’était pas qu’une gigantesque blague à ses dépens.

Mais pour l’instant, pas de Kouriakov en vue. Où pouvait-il bien être ? Du regard, elle croisa Mat’ qui tentait de faire la conversation avec un des serveurs qui semblait paniqué à l’idée d’être le centre d’attention d’un des invités. Il essayait de s’en dépêtrer comme il pouvait et Tess se mit à le plaindre. Il n’était pas vraiment facile à décontenancer son « petit » photographe. Mais il fallait bien avouer qu’en une seconde, ses pitreries avaient réussi à lui redonner le sourire.

            Surgissant de nulle part, un homme l’interpella dans la foule :

-          Vous êtes la journaliste du T. Times ?

Tess sentit son instinct de journaliste se réveiller d’un coup. Quelque chose allait enfin se passer, enfin.

-          Oui, Monsieur…

-          Mr Kouriakov aimerait avoir un entretien privé avec vous, dans son bureau.

Elle cherchait à voir Mr Kouriakov depuis le début de la soirée sans succès et voilà qu’il désirait un entretien privé avec elle. Les choses étaient presque trop faciles et elle avait appris à se méfier des choses trop faciles.

-          J’en serai honorée, Monsieur.

-          Bien, suivez-moi.

Il la mena à toute vitesse dans le dédale des couloirs du premier étage, elle n’eût même pas le temps de jeter un œil en direction de Mat’. Elle fût introduite dans le bureau du diplomate qui l’attendait assit en face d’un immense bureau, entouré d’une montagne de livres qui encombraient tout de cette grande pièce ronde. Il leva les yeux vers elle lorsqu’elle se présenta, il avait l’air des plus contrariés.

-          Je sais qui vous êtes, mais vous savez vous pourquoi je vous ai demandé de venir ici.

La question était des plus abruptes, mais Tess ne s’en formalisait pas. C’était lui, elle en était sûre à présent, qui lui avait envoyé ses coupures de journaux. Il s’attendait à ce qu’elle réponde du tac au tac, elle le sentait aussi.

-          Vous me testez Mr, et cela depuis que j’ai mis un pied au T. Times. Vous me faîtes parvenir des coupures de journaux toutes datées du sept du mois avec à chaque fois un nom entouré. Une personne à priori des plus banales mortes sans raison apparente.

Et là, sous l’effet conjoint du stress et du regard incisif du diplomate, tous les éléments du puzzle se formèrent. C’était devenu évident.

-          J’ai mené mon enquête et ses personnes bien que des plus ordinaires avaient toutes un point commun. Elles faisaient toutes parties du Conseil des trois cent.

Tess n’avait aucune preuve de ce qu’elle avançait mais cela ne l’empêchait pas de l’affirmer haut et fort. Les brides de la conversation qu’elle avait surprises entre Kouriakov et Immamura la poussaient dans cette direction. Elle regarda avec anxiété le visage impassible de Kouriakov dans l’attente d’une réponse.

-          Vous avez bien sûr des preuves de ce que vous avancez ?

-          J’ai mes sources, répondit-elle d’un air qu’elle aurait souhaité plus assuré.

Et l’une d’elle est en face de moi, pensa t’elle non sans une certaine ironie.

-          Je dois avouer que c’est assez impressionnant, Mlle. Je vous prends à l’essai, je dirais à votre patron que dorénavant vous travaillez en étroite collaboration avec moi. Vous devrez rendre des comptes autant à moi qu’à Mr Harris. Vous recevrez vos instructions et les détails sur vos missions de la façon dont je vous aie déjà contacté. Est-ce bien clair ?

-           Tout à fait Mr. Puis-je vous demander une faveur ?

Vassily écarquilla les yeux car c’était bien la première fois qu’un des journalistes qu’il prenait sous son aile lui demandait une faveur. Surtout lors du premier entretien. Elle avait du cran, il fallait bien l’admettre et il était curieux d’écouter sa requête.

-          Et qu’elle est-elle cette faveur, Mlle ?

-          Je souhaiterai continuer à travailler avec Mat’, Mr.

Vassily se fendit d’un sourire digne de celui du chat d’Alice.

-          Mais il travaille déjà pour moi depuis longtemps. Mais je ne vois donc pas d’objections à ce que vous continuiez ensemble.

 

 

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