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Fantasy

La Lame et la Pierre Auteur: elane Vue: 3088
[Publiée le: 2010-09-28]    [Mise à Jour: 2012-08-27]
G  Signaler Action-Aventure/Surnaturel Commentaires : 44
Description:
Paris, un Paris à la fois différent et semblable où magie et technologies se côtoient, où intrigues et complots se jouent presque au grand jour.
Dans ce monde empli d’intrigues et de faux-semblants venez suivre les vies croisées d’un frère et d’une sœur séparés par un évènement tragique.
Entre haine et obsession, sacrifice et amour, ils se sépareront, se croiseront, se retrouveront. Car comme l’ombre et lumière, leurs chemins seront opposés et comme la vie et la matière, leurs destins sont liés.

Prologue
Partie un : Etincelle (du chapitre 2 au chapitre 14)
Partie deux : Lame (du chapitre 15 au chapitre 28)
Partie trois : Apocalypse
Crédits:
Tout à moi :-)
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Les signes

[3153 mots]
Publié le: 2011-03-24
Mis à Jour: 2011-11-18
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Les signes

 

 

Jonas s’assit sur le sol du petit jardin de la résidence des Malya. Il contint difficilement sa rage. Il réussissait maintenant sans grand problème à faire disparaître un objet quel qu’il soit à la vue de tous, mais il ne parvenait toujours pas maîtriser le nouveau sort que Kouriakov lui avait montré deux semaines auparavant. Pourquoi arrivait-il à faire disparaître une chose aussi imposante que l’arbre qui se dressait devant lui et était totalement incapable de se faire disparaître lui-même. Pour l’instant le seul résultat qu’il avait été capable d’accomplir avait été de faire disparaître ses vêtements. Il rougît en y repensant. Dieu merci, il s’était entraîné seul dans sa chambre, et il n’était pas prêt de retenter l’expérience dans ce jardin comme il en avait l’habitude. Son maître s’était bien gardé de le prévenir qu’une telle chose pouvait arriver !

C’était comme s’il avait toutes les pièces du puzzle, mais qu’il était incapable d’en assembler les morceaux. Et cela, c’était peut être l’une des choses qui l’énervait le plus dans ce monde. Ca et le fait qu’on lui dise ce qu’il devait ou non ne pas faire.

 

Il lui revint en mémoire ce que Kouriakov lui avait demandé juste avant qu’il ne parte de la résidence, le laissant à nouveau seul pour son apprentissage.

Kouriakov avait beau être son maître, il lui avait demandé une chose bien curieuse. Il se souvenait encore du jour où il lui avait demandé ça. Il venait de lui de lui montrer ce nouveau mouvement et s’était approché de lui, comme il le faisait toujours quand il voulait lui demander quelque chose d’étrange.

-                          Dis-moi Jonas, est-ce que tu as déjà parlé à la jeune fille qui habite chez Malya en ce moment ?

-                          Vous parlez de Lame ? En fait, non. Je ne lui ai encore jamais adressé la parole, mais je l’ai déjà croisé plusieurs fois. Elle a l’air bizarre cette fille et elle a pas l’air d’aimer trop parler. Elle voit souvent Malya c’est tout ce que je sais d’elle et elle s’absente assez souvent sans rendre de compte à personne si ce n’est à Malya lui-même. Et encore…

-                          Comment ça, et encore.

-                          La première fois qu’elle est partie, Malya était très nerveux. Et quand Lame est revenue, il a eu l’air soulagé, comme s’il, il chercha ses mots incertain lui-même de ce qu’il s’apprêtait à dire, comme s’il n’était pas sûr qu’elle revienne.

Son maître eu l’air perplexe et ajouta :

-                          Jonas, j’aimerai que tu restes le plus possible éloigné de cette fille, mais essaye de garder un œil sur elle quand je ne suis pas là.

-                          Vous voulez que je l’espionne.

-                          Non, je veux juste que tu te tiennes au courant de ses déplacements, ne cherche pas à la suivre, elle te repèrerait certainement sans difficultés. Reporte-moi juste ses allées et venues.

-                          Je ferais de mon mieux, maître.

 

Un léger bruissement lui glaça l’échine. Elle était juste derrière lui et l’observait calmement, assise sur le banc de bois fatigué du jardin. Depuis combien de temps était-elle là ? Il n’aurait su le dire, il s’était de nouveau laissé submerger par ses pensées. Il était censé garder un œil sur elle, et non l’inverse. Je ferais de mon mieux, avait-il dit à son maître… Devait-il faire comme s’il ne l’avait pas remarqué ? Devait-il l’éviter comme son maître lui avait conseillé ? Tout ce qu’il aurait gagné avec une pareille attitude serait de se rendre encore un peu plus ridicule ! Que faire ? Aller lui parler comme si de rien n’était ? Encore plus ridicule ! Y avait-il une solution ?

Il retint à grand-peine un soupir et se retourna. Il alla lui aussi s’asseoir sur le vieux banc en silence. Malgré ce que lui avait dit son maître, malgré les nombreuses zones d’ombres qui entouraient cette jeune fille, il était curieusement agréable de s’asseoir en silence près d’elle. Il se détendit et fit une chose qu’il n’avait peut-être encore jamais fait jusque-là. Il regardait sereinement le temps passer et il en éprouvait un curieux et profond sentiment de bien-être qu’il ressentait pour la première fois et qu’il n’aurait brisé pour rien au monde.

 

Lame qui avait assisté aux atermoiements incessants et violents de son lya, en résonance avec toutes ces questions qu’il s’était posé sur sa présence et sur ce qu’il devait faire ne put s’empêcher un demi sourire quand il se calma et vint s’asseoir à ses côtés. Et cette fois, elle comprit mieux ce sentiment immense d’apaisement qu’elle avait ressenti la première fois qu’elle l’avait vu, dehors dans la neige en train de tracer des signes pour tenter de faire disparaître l’arbre qui se dressait devant lui. Son lya était en même temps très proche et très éloigné du sien. Il y avait à la fois une complémentarité et beaucoup de ressemblance. C’était une harmonie complexe de couleur qui se créait entre eux, et ils n’avaient pas besoin de mots pour l’exprimer.

 

 

 

D’ordinaire, il n’était pas homme à se faire du souci facilement, mais aujourd’hui il devait admettre qu’il n’était pas des plus à l’aise. C’était aussi la première fois qu’il avait à annoncer une mauvaise nouvelle à son patron. Et ce serait sûrement aussi la dernière, pensa-t-il avec une certaine ironie.

Et quelle nouvelle et ce juste après la perte du couple Solys que deux de leur infiltrés au sein du conseil des trois cent avaient été proprement liquidés. Proprement était le terme le plus adéquate pensa-t-il avec une certaine ironie, les corps des hommes ne portaient aucune trace de lutte, de coup ou même de magie. Ils n’avaient même pas eu à se débarrasser des cadavres car personne n’aurait pu conclure autre chose qu’une mort naturelle. Comment s’y était-elle prise, cela restait un mystère. Les hommes qu’ils avaient placés au sein du conseil avait subi le sort de volonté le plus puissant qui ait jamais existé, il était lié directement à leur essence et leur permettait de les manipuler comme des pantins sans qu’ils en aient conscience. C’était un sortilège des plus parfaits, car même si la victime venait à se rendre compte qu’elle était sous son emprise, elle ne pouvait s’en libérer qu’en se donnant la mort, et ce sort leur empêchait de commettre un tel acte. De plus, ce sort était absolument indétectable, du moins le croyait-il jusqu’à présent. Et dans le cas improbable où une personne les auraient démasqué, le sort prenait rapidement le dessus rendait sur son hôte, le rendant quasi invulnérable.

Comment dans ses conditions avait-elle réussi non seulement à les repérer, les traquer et les tuer? Mais il ne devait pas oublier que c’était aussi cette gamine qui avait anéanti leur plus grande arme, les Solys, ses propres parents. Ce n’était pas une gamine, c’était un véritable monstre.

Il se leva de sa chaise, résigné pour aller faire son rapport comme il en avait maintenant l’habitude depuis maintenant trois ans. Il était entré dans l’organisation par la plus petite des portes et avait su rapidement se montrer efficace et indispensable. Très vite, il avait gravi tous les échelons et se trouvait aujourd’hui à la tête du département européen de la Voylna. A ce titre, il devait faire son rapport le dernier jour de chaque mois au grand patron en personne. Bien sûr, il ne l’avait jamais rencontré en chair et en os. Qui aurait pu se vanter de l’avoir jamais vu. Il doutait même que son âme damnée, cette créature sans nom, toujours à moitié emmitouflée sous des couches de vêtements sombres et dont on ne percevait que la voix d’outre-tombe et les yeux rougeoyant ne connaisse son visage. Etait-ce autre chose qu’un autre émissaire parlant pour lui et transmettant ces ordres de sa bouche. Les rumeurs les plus folles circulaient sur cet homme qui parlait en son nom mais lui ni accordait que peu d’attention. Ils étaient très peu à avoir pu parler avec leur chef. Et de ces trois ans à la tête du département, il en avait retiré une chose que peu savait. Leur chef était une personne avant tout pragmatique et extrêmement organisé. Il n’avait rien des excentricités que ceux qui ne l’avaient jamais approché lui prêtaient.

Pour la première fois en trois ans, il se dirigeait vers la porte de la pièce qui n’avait d’autre fonction que celle de son rapport et il ne savait pas bien ce qu’il allait dire. Il avait en tête tous les faits qu’il devait lui transmettre, mais tout semblait confus. Il avait toujours su d’instinct comment arranger les choses pour en tirer l’essentiel et le chef donnait souvent l’impression derrière son masque de poussière d’apprécier ses comptes rendus. Mais pour la première fois, c’était comme s’il se sentait incapable de mettre un peu d’ordre dans tous ces évènements.

Il frappa à la porte et comme d’ordinaire, elle s’ouvrit toute seule dans un grincement déchirant. La créature avait déjà pris place, siégeant dans la salle et elle lui désigna une chaise. Il s’assit, presque surpris que ses jambes le portent sans trembler jusqu’au centre de cette petite pièce aux murs vides. Il avait plus ou moins eu l’espoir que la décharge d’adrénaline qui lui courait à l’instant dans les veines aurait pu l’aider à donner un semblant d’ordre à ce qu’il allait dire. Mais il se sentait toujours aussi brouillon dans son esprit.

Le rituel commença et la créature se mit à marmonner des mots dans une langue inconnue. Un souffle se leva dans la pièce, portant et déformant les phrases aux accents étranges de la créature et l’entoura avec une force prodigieuse. La créature retira l’une de ses couches de tissus qui l’enveloppait de la tête au pied, libérant son visage. Un voile tourbillonnant de poussière fine se plaqua sur sa peau cachant et déformant de façon grotesque ses traits. Il était là, dans la pièce, et il pouvait à nouveau parler à travers les mots de la créature.

Il était au pied du mur et ne pouvait reculer. Malgré ses craintes, les mots sortirent, sans préparation, sans ordre, il expliqua le plus calmement qu’il put la situation sans être à aucun moment interrompu.

Lorsqu’il eut fini, il attendit dans un silence lourd. Il ne disait rien, se contentant de tourner son visage vers lui.

-          Les nouvelles que vous m’annoncé ne sont guère réjouissantes. Mais avec la venue de cette Solys dans l’équation, je m’attendais plus ou moins à des choses dans ce genre. J’avoue être tout de même surpris par Malya, je pensais ce sort imparable, car je ne pouvais imaginer que Malya irait jusqu’au meurtre pour mener à bien son projet.

Il s’arrêta de parler pour de nouveau scruter son visage.

-          Mais tout ceci ne m’explique pas une chose David.

-          Qu’elle est-elle Monsieur ?

David sursauta, pour la première fois en trois ans, le chef l’avait appelé par son prénom.

Il avait presque réussi à taire les tremblements dans sa voix.

-          De quoi avez-vous peur ?

David repensa à ces deux prédécesseurs. Il avait tous deux disparus dans des circonstances bien étranges et tous pensaient qu’ils avaient un jour « déçu » le maître.

-          J’ai…

Il était incapable d’agencer ses idées.

-          Vous me croyez assez puéril pour me débarrasser d’un de mes meilleurs éléments parce que je ne suis pas satisfait de son dernier rapport. Je croyais que vous aviez appris à mieux me connaître, Mr Gail. Il y a seulement deux choses que je ne tolère pas des gens avec qui je travaille. L’incompétence et la trahison, et à ce que je sache, vous n’avez jamais fait preuve de l’une ou de l’autre de ces tares à mon service depuis ces trois ans.

-          Je… Je vous avoue que j’avais peur que vous n’imputiez cet horrible échec à mon incompétence, Monsieur.

-          C’est absurde, avec cette fille la donne est totalement bouleversée et même moi, j’ai été surpris par les choix de Malya. J’ai besoin de personnes compétentes pour tenter d’endiguer cette crise qui se profile, et pas d’une personne qui vit dans la crainte de me décevoir. J’ai besoin de vos idées, de vos opinions de tout ce que vous pouvez avoir en tête qui puisse nous sortir de cette impasse. Vous en sentez-vous capable ?

-          Oui, j’en suis capable Monsieur.

Comment avait-il pu croire à ses rumeurs ? Il croyait avoir échappé à leur influence alors qu’il venait de s’en rendre coupable. Cette horrible peur qu’il avait ressentie lui semblait maintenant totalement ridicule.

-          Bien. Vous allez recevoir un peu d’aide de ma part, je vous enverrai quelques hommes pour la protection des autres infiltrés. Il est clair que Malya ne va pas s’arrêter là. Maintenant qu’il a vu la puissance de sa nouvelle carte, il va tout mettre en œuvre pour débarrasser le conseil des trois cent de notre présence.

-          J’ai déjà renforcé la protection autour des infiltrés, Monsieur, mais sans succès. Nous ne savons que faire face à elle.

-          Ne vous inquiétez pas trop pour ça, il y a certains moyens que nous n’avons pas encore essayés. Mais je ne suis pas venu pour ça. La perte des Solys et le retour de Malya nous force à précipiter nos plans. Je suis venu pour que vous m’aidiez à mettre en place le projet San Juan.

David était sans voix. Le projet San Juan était sur toutes les lèvres depuis ces deux derniers mois, depuis le passage en force du vote au conseil des trois cent. Cependant, nul ne savait de quoi il retournait exactement dans ce projet, et personne n’avait encore été, du moins officiellement associé au projet.

-          Maintenant, laissez-moi vous expliquer ce que j’attends de vous…

 

 

Lame s’avança d’un pas hésitant vers la porte d’entrée de la résidence des Malya. C’était le sept du mois, le sept mars et comme tous les sept, elle avait fait son travail. Elle avait fait ce qu’on attendait d’elle, ce qu’il attendait d’elle.

Mais cette fois, cela avait été différent, les choses avaient mal tournées. Une onde douloureuse lui parcourra le bras pour s’échouer dans sa main droite. Le karai se faisait pressant et elle ne pouvait le faire attendre plus longtemps.

D’un geste las et d’une main peu assurée, elle poussa le lourd battant de la porte. Les escaliers menant à sa chambre semblaient interminables.

Le karai allait lui faire revivre la scène avec une acuité nouvelle, et elle ne se sentait pas prête à subir à nouveau ce qu’elle avait vécu. Dans un flash, elle revit le conseil des trois cent. Elle avait depuis un moment choisi sa proie. Il avait le masque d’un homme d’une quarantaine d’années aux tempes grisonnantes qui se trouvait sur sa gauche. Il faisait tournoyer dans ses doigts un petit stylo vert comme pour tromper son ennui.

Puis de nouveau, comme elle l’avait déjà vu les autres fois, son lya se mit à pâlir, devenir lisse et fade. Puis les bras monstrueux, membres noirs et sombres comme sortis du néant apparurent au-dessus de sa tête, jouant avec sa marionnette.

Un frisson de dégoût parcourra Lame qui pouvait difficilement détacher son regard de cette grotesque pantomime. Le conseil termina, elle se faufila derrière l’homme au regard vitreux qui n’avait déjà plus aucun contrôle sur ses gestes. Sa porte de sortie se matérialisa sous ses yeux, elle s’y glissa dans un souffle.

Encore une fois, elle se trouva dans le Taelis, en plein centre du quartier du feu. La ruelle était sombre et étroite, les tôles d’acier posées sur les toits filtraient les timides rayons du soleil. Un homme se tenait là et les attendait. Lame ne fut pas surprise. La Voylna ne faisait que de tenter de protéger ses espions du conseil. Cependant la situation était presque risible, les hommes que le Voylna dépêchaient pour assurer la sécurité de leurs pantins du conseil étaient bien moins puissants qu’eux une fois que le sort de Noblawi prenait leur contrôle.

Seulement là, il y avait quelque chose de différent. Lame se sentit oppressée par une force qu’elle n’avait encore jamais rencontrée. Une vague de terreur pure l’envahit lorsqu’elle leva la tête vers cet homme au regard de dément. Son lya n’était qu’une flamme vive, intense, démesurée et blanche.

C’était un assassin, purement et simplement un homme qui n’avait d’autre but que le meurtre et chaque parcelle de son être, chaque fibre de son corps n’était dédiée qu’à ce but. C’était écrasant. C’était terrifiant. Cette sensation de puissance absolue qui se dégageait de cet homme était dévastatrice. Lame n’avait encore jamais rencontré pareil adversaire et pour la première fois depuis qu’elle avait quitté le monde du gardien, elle éprouva une peur si vive qu’elle fit de nouveau appel au karai. Elle lui laissa prendre le contrôle total de ses gestes.

Mais, même le karai fut désemparé. Il ne pouvait instiller aucune crainte dans le cœur blanc de ce monstre.

Qui était-il ? Qu’était-il ? Etait-ce réellement un homme qui se tenait face à elle ? Le karai lui permettait de tenir, d’encaisser un à un les coups et parfois même de riposter. Mais elle n’avait pas la force de porter une quelconque attaque ou de reprendre un tant soit peu l’avantage. Elle était à sa merci. Elle ne décelait aucune faiblesse, aucune ouverture dans le jeu de son adversaire. Arriverait-elle seulement à s’enfuir ?

Quand soudain, un tremblement bouleversa sa flamme qui sembla s’éteindre comme le vent soufflant une bougie. L’homme s’affaissa comme s’il avait pris un coup et se mit à tressauter.

-          Les signes, murmura-t-il d’une voix faible qui n’échappa pas à Lame.

Il n’en fallait pas plus pour que Lame reprenne le dessus. Elle frappa vite et bien. L’homme s’effondra et sa cible ne fut pas plus dure à atteindre.

Haletante et reprenant peu à peu le contrôle sur elle-même, Lame se pencha sur l’homme, ce monstre qu’elle venait d’affronter.

Quel sortilège lui avait permis de déployer une telle puissance ? Comment et pourquoi son lya était passé en un souffle d’une flamme vibrante et incroyablement puissante à une étincelle tremblotante ? C’était comme s’il avait consumé toute son énergie, son essence pour quelques minutes d’intenses et monstrueux pouvoirs.

Elle ne connaissait aucun sort, aucune magie capable d’une telle absurdité si contre nature. Cet homme s’était-il condamné lui-même à l’instant même où il s’était mis à combattre ? Qui pouvait être si désespéré pour tenter un tel acte. La Voylna ne reculait décidément devant aucune ignominie.

Elle se remémora les mots que l’homme avait prononcés avant de mourir.

 

Les signes

 

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