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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1972 lectures  - Aucun commentaire

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Les nouveaux Contes d'Arakïell : Le Petit Poucet Auteur: Arakiell Vue: 192
[Publiée le: 2016-06-12]    [Mise à Jour: 2016-08-18]
G  Signaler Humour/Parodie/Absurde Commentaires : 12
Description:
Une nouvelle version décapante du célèbre conte de Monsieur Charles Perrault.
Attention, ça dépote ! :-D

Crédits:
A part les personnages du conte, les autres m'appartiennent !
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Le Petit Poucet...suite

[7353 mots]
Publié le: 2016-07-13Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Avant le final en apothéose, le conte a pris quelques longueurs, histoire que je puisse intercaler quelques dialogues dont je suis très friande.
Et puis, il m'a semblé intéressant de développer quelques traits de caractères de certains de mes personnages, histoire de détourner encore plus l'histoire :)
En espérant que ce texte vous divertisse...

Petit Poucet seconde partie 

 

 

                                Le temps de disette revint s’inviter dans la vie harmonieuse de la famille Lajoie et ses sept enfants. Les parents bien affligés de ne pouvoir nourrir toutes ces bouches affamées qui piaillaient comme un nid de moineaux abandonnés, conserva la dernière miche de pain acheté au temps de la splendeur afin de préparer du pain perdu. Un dernier festin devait être offert à ces mioches encombrants avant de les abandonner, à nouveau, au plus profond de la forêt :

 

Père :      Et cette fois, la Germaine, faudrait-y voir à pas rater not’coup.

Mère :         Oiinn…mes pauvres enfants…

Père :       Cesse donc de gémir comme une truie en chaleur, j’me suis laissé dire qu’une brave famille de bûcheron habitait par là-bas, Les Thénardier   qu’y s’appelleraient donc. Des gens au poil ! Pour sûr qu’nos p’tits anges s’ront comme des coqs en pâtes.

Mère :        Mais ils sont sept ! Sept !

Père :          Ah ouais, quand même ! T’es sûre q’ j’en ai pas noyé un ou deux au passage ? Ah non, j’crois ben qu’ce sont les chatons qu’j’ai zigouillé.

 

La dernière assiette du service ménager de Madame offert par sa grand-mère feu Eustachine ,  faillit heurter la tête mal faite de son époux, mais sa malice bien faite, elle, lui envoya illico un message en express. Monsieur l’écouta vite fait, fit un écart pour éviter le dangereux projectile, et la débita à seule d’être entendue :

 

Père :          J’t’aime moi aussi ma gueuse ! Bon, c’est pas tout ça mais au boulot ma Germaine. Prépare-nous donc de belles tranches de…

Mère :       Elles ne seront que pour eux, mécréant !

Père :          Oh…même pas une miette ?

 

Le balai fut détourné de sa fonction première et utilisé par la charmante épouse, comme moyen de correction sur son abruti de mari. Pendant ce temps-là, le Petit Poucet, bien caché sous la table, en profita pour s’extirper de sa cachette, et se saisir des deux belles tranches de pain qu’il fourra dans sa petite besace, puis à l’aide de ses petites jambes, il s’éloigna bien vite de la petite cuisine. Tout chez ce petit être était bien souvent ramené à des dimensions fort modestes, sauf son envie de contrer les plans diaboliques de ses géniteurs adorés.

La mère, toute échevelée d’avoir coursé son homme détestable, retourna dans sa cuisine là où, au final, était sa meilleure place et se mit à réfléchir ou tout du moins, tenta la manœuvre.

 

Ne lui semblait-il point avoir découpé deux tranches de plus ? La mère modèle se gratta le front, puis le nez, puis à nouveau le front…

Allait-il enfin sortir de cette boîte crânienne un semblant de réflexion bien bâtie ? Que nenni, la brave femelle se contenta de rire comme une benête en s’auto persuadant qu’elle commençait à perdre la tête, chose point étonnante quand on connaissait ce qui lui faisait office de mari. Ceci dit, elle devait bien reconnaitre une chose ; malgré une carrosserie un poil cabossée, son bolide d’époux en avait encore sous la pédale et son levier de vitesse savait passer tous les rapports sans avoir à lui rajouter de l’huile pour moteur. Bon mécanicien, il effectuait ses vidanges à la perfection. Il fallait dire qu’elle possédait là, un garage de grande renommée.  Un sourire niais s’accrocha sur ses traits ce qui la rendit encore plus détestable et elle commença sa popote en sifflotant.

 

De son côté Démonia, dites Chaperon Rouge, avait appris à réfléchir…elle ! A l’intérieur de ses méninges alambiquées, s’échafaudait, tout en douceur un plan pour soutirer quelque argent profitable pour sa petite cagnotte. Il lui fallait grandir encore un peu avant d’envisager son opération d’augmentation mammaire et son médecin le Dr Barbot, ne se contenterait pas d’une poignée de cacahuètes (son nom en disait long, ancien souteneur dans un quartier chaud de la grande ville, il avait réussi son diplôme de médecine par un obscur tour de passe-passe. Un passé nébuleux entourait le grand chirurgien, mais ses doigts savaient faire de la haute couture en plus de savoir s’en servir auprès de la gent féminine !).

 

Chaperon Rose, réfléchissait, elle aussi, en compagnie des Messieurs du Bois Joli  , afin de déterminer, question primordiale, du choix de la culotte à prévoir pour le bon déroulement de cette épopée dantesque. Il allait de soi qu’un public extrêmement attentif faisait écho à ses nombreux questionnements où tout un assortiment de gloussements, de minauderies, de petits cris, accompagnaient son langage :

 

Chap. Rose :         Mes petits loulous, mes petitous, mes petits bouts, vous êtes trop chou ! Bouh ! Alors quelle culotte vais-je choisir ?

 

Ce charmant intermède ravit tout ce qui porta une paire de sphères à dix lieues à la ronde.

 

Et pendant ce temps-là…

 

                          Par un matin sublime, comme seul les contes pour enfants pouvaient en offrir, les deux parents indignes, revêtirent leurs plus beaux habits afin de commettre un abandon trois étoiles.

Show must go on !

Et pourtant, nous n’étions pas à Hollywood !      

 

Leurs godillots souffraient de quelques traces d’usures et auraient réclamé, si la parole leur avait été donnée, un ressemelage en bon et due forme, mais sans le sou, point de semelles de velours ne leurs furent offerts, aussi, du simple papier journal fit l’affaire. Marcher sur les gros titres de la presse valait son pesant de gloire, d’autant qu’une sombre affaire de disparition de petite fille secouait les villageois d’à côté, mais les deux crétins n’en avaient cure, trop occupés à parfaire leurs vilaines intentions.

 

Le Petit Poucet cligna deux ou trois, voire peut-être même, quatre fois ses mignons petits yeux en admirant sa jolie maman qui n’allait probablement pas le demeurer bien longtemps après son méfait !

Il se gratta la tête, une fois, deux fois…trois fois, jusqu’à abandonner son début de questionnement pour finir sur un laconique :

 

Petit Poucet :        Je n’ai rien compris !

 

Gageons que cette citation finirait par être gravée dans la pierre tant il lui tenait à cœur de la prononcer, inopinément, à chaque interrogation surgissant de son esprit…petit, certes, mais joli, et comme il se posait souvent la question…

 

La famille au grand complet s’enfonça dans la forêt jusqu’à ses tréfonds qui, à s’y méprendre, ressemblaient étrangement à ceux que l’on trouvait à l’intérieur du célèbre club libertin « Au trou fleuri ». Là, tout comme la première fois et tout aussi tranquillement, ils se retirèrent sur la pointe des pieds et abandonnèrent leurs sept enfants. Les félons n’avaient jamais connu la gloire d’une victoire, mais à la vue de leur course effrénée, il aurait largement mérité une couronne de lauriers tressés et pourquoi pas, quelques « hourra ».

Essoufflés, ils finirent par retrouver la chaleur de leur logis :

 

Père :           La Germaine, j’crois bien qu’cette fois-ci, on les a ben semés.

Mère :          Mes pauvres enfants !

Père :          Arrête-t-y donc d’radoter ma p’tite femme et vin-t-en par ici qu’mon attirail et moi on t’remette à niveau !

Mère :        Ne respecterais-tu rien ? Gougnafier !

Père :         Tu fais ta bêcheuse maint’nant ? C’est-y pas c’que tu disais l’aut-soir sous mes coups d’rein souverain !

Mère :        Oh…tu viens de faire une rime…

Père :        Ben tu vois ma Germaine, tu m’inspires comme y faut, et tu m’inspirerais ben mieux si tu rendais visite à ma plume de poète !

 

Un instant le temps sembla se figer…même moi, modeste auteure à mes heures, j’en restai coite, et je n’avais pas les mains moites ni les pieds poites d’ailleurs. Poètes adorés, voire maudits, rentrez dans vos logis un Maître vous devance !

 

Mère :        Et bien ça alors ! Si je pouvais me douter qu’un jour mon poète d’époux me ferait les yeux doux. Tu sais donner dans le vrai de la chose mon ami.

Père :       Ah…j’ai rien pigé, mais j’veux ben qu’tu m’donnes des cours du soir et mets-y tout ton cœur, ton estomac et ton joli fessier aussi, ah pis tant qu’t’y est la Germaine y resterait pas deux ou trois rondelles de sauciflard ? J’sens qu’avec une goulée d’pinard sur tout ça j’vais t’déblatérer une prose dont tu m’diras des nouvelles !

 

Alléluia ! Nous savions, désormais, d’où venait la citation préférée du Petit Poucet. Bon sang ne saurait mentir, les gènes venaient de s’exprimer !!

 

Mère :       L’empire que vous avez sur mon esprit, mon cher mari, me fait m’ouvrir comme une fleur.

Père :        Et ben c’est déjà un bon début, j’m’occupe de l’arrosage !

 

Et la bonne femme, en gloussant telle une dinde fière de retrouver son dindon boiteux, se mit à trottiner comme une benête mal faite. Elle qui rêvait d’épouser un poète bien né, venait de récolter le premier de la classe…classé X. Tout un programme.

 

Pendant ce temps-là, Le Petit Poucet avait un sourire niais sur ses traits. Pendant tout le trajet, il avait semé de petits bouts de pain, mais le gamin n’avait plus pensé que les oiseaux pouvaient les manger et pour le coup, les balises de secours disparurent avec perte et fracas dans les estomacs des petits oiseaux de la forêt :

 

Petit Poucet :         Quelles buses ces oiseaux ! Maudits êtres ailés ! Je vais vous jeter des pierres et vous tordre votre petit cou, et vous plumer à vif ! Pourquoi je ne me suis pas souvenu de ce que m’avait dit Chaperon Rouge ? Ah, si elle était là, elle nous sauverait tous. Bon, je vais grimper sur l’arbre et voir ce que mes petits yeux pourraient bien accrocher à leurs cils. Oh…je suis un peu poète…de qui tiens-je ceci ?

 

Alors que cette fabuleuse pensée tournait en boucle dans sa petite tête, le gamin grimpa sur l’arbre le plus haut et opéra un grand tour complet telle la lumière d’un phare. Un trois cent soixante degrés digne d’un tour de valse. Il faillit lâcher prise mais se retint à temps. Au loin, un point lumineux comme une lueur de chandelle apparut au milieu du vaste océan de verdure. Alors que ses frères pleuraient toutes les larmes de leurs corps plus celles qu’ils achetèrent à crédit au Bon Dieu bien généreux, il redescendit tout joyeux :

 

Petit Poucet :            Arrêtez de brailler, j’ai trouvé un endroit où nous serons accueillis comme des princes. Je vous promets le gîte et le couvert et peut-être même un bonbon en prime.

 

Au dernier mot énoncé, les pleurs cessèrent et tous se mirent en route. Après bien de pas avancés les uns après les autres, ils se présentèrent devant une gentilhommière qui n’avait rien de bien gentil mais les petits n’avaient rien compris, et pour cause, car bientôt on le leur appris.

 

Une dame fort gentille leur ouvrit la porte :

 

Dame (qui parait bien gentille au demeurant. Accordons-lui notre confiance.) :                  Que faites-vous dehors à cette heure ?

Petit Poucet :            Oh, vous parlez bien Madame ! Comme notre mamounette.

 

Et le petit dernier de la portée, expliqua de quoi il retournait. Les yeux de la Dame s’agrandirent de frayeur :

 

Dame (pour le coup, nous sommes encore sûrs de sa bonne foi. Cela va-t-il durer ?) :             Hélas, mes pauvres petits, vous venez de toquer sur la porte de la Maison de l’Ogre ! Il adore manger les petits enfants, comme les grands et ne fera de vous qu’une bouchée !

 

Le petitou et ses frères se mirent à trembler, mais le noir de la forêt et les loups qui y rôdaient ne leurs donnaient point envie de demeurer sous la pleine lune :

 

Petit Poucet :            Madame, j’implore votre pitié ! Nous préférons être mangés par l’Ogre que dévorés par les loups qui rôdent.

Dame (elle se gratte la tête. Serait-ce mauvais signe ?) :              Mais, mes enfants, la finalité de la chose est la même. Peu importe la nature de l’estomac qui vous recevra ! De plus, mon époux n’est guère facile, mais très tactile, et vous risquez fort de connaitre la mort !

 

Diantre, voici qui n’était guère engageant, mais tant pis, il fallait savoir prendre des risques parfois. La brave Dame, (n’en doutons point), les fit entrer et se réchauffer devant le feu de cheminée, où rôtissait un mouton tout entier.

Mais déjà, voilà que trois coups furent toqués. L’Ogre revenait de sa partie de poker et ramenait avec lui, son estomac dans ses talons. Autant dire qu’il s’empara du mouton et lui fit les honneurs de son appétit glouton. De temps à autre, il reniflait l’air ne cessant d’énoncer :

 

Ogre :       Femme, je sens la chair fraîche par ici !

Epouse :        Que nenni mon mari, ce n’est que le bœuf que j’ai mis en marinade…

 

Il reprit son festin l’air taquin et s’arrêta à nouveau humant l’air :

 

Ogre :     Et moi je te dis que je sens la chair fraîche.

 

Il se leva d’un bond, et fouilla la pièce. Là, il débusqua les sept petits qu’il entrevit comme de futurs pieds paquets avec une belle sauce au vin, et le sourire lui vint, qu’il rangea aussitôt en se tournant vers sa moitié :

 

Ogre :       Vieille carne ! Je la sentais bien cette chair fraîche et bien tendre et sûrement bien goûteuse. J’ai deux ou trois amis à qui je dois rendre la politesse de leur invitation. Nous jouerons au Poker pendant que tu nous prépareras cette viande de choix.

Dame :         Mais mon mari, soyez gentil je vous prie !

Ogre :        Pour qui me prends-tu femme ? Je suis le plus féroce des Ogres, aussi me dois-tu obéissance et accessoirement…obédience* !

 

Cessant de pleurer, un quart de seconde, le Petit Poucet lança sa fameuse tirade : je n’ai rien compris, avant de se jeter à genoux aux pieds, un tantinet reniflant, de l’odieux personnage afin de le supplier, mais il fut sans pitié et l’affaire fut scellée tout comme la prison des petits prisonniers.

Dans la forêt, les petits oiseaux qui s’étaient bien empiffrés, eurent quelques regrets. Ils suivirent la tripotée de gosses et les aperçurent entrer dans la maison de l’Ogre. Horrifiés ils filèrent à tire d’ailes prévenir la seule qui serait susceptible de tenir tête au terrible personnage sans âge, et ce fut…Chaperon Rouge !

 

Accompagnée de sa célèbre cousine Chaperon Rose, de Prince Charmant  (le libertin pensait toujours trouver de la chair fraîche à grignoter, mais tous deux ne festoyaient pas de la même façon, fallait-il le préciser !), et Alachnÿ le plus grand magicien que la terre ait porté suivit de son gros tas de chat, Matouba.

 

Chaperon Rouge :            Quels glandouillards ces morveux ! Allez se jeter dans la gueule pourrie de cet Ogre-ci !

Chaperon Rose :             Ma cousinette, nous allons faire place nette et récupérer ces pauvres petits flans d’enfants.

Chaperon Rouge :           Ouaip ! Partout où les choses bougent, apparaît Chaperon Rouge !

Prince Charmant :           Cette enfant démoniaque ferait peur à la nuit elle-même mon ami.

Alachnÿ :         Mortecouille ! La nuit promet d’être prometteuse et il est fort à parier que nous ne reviendrons point brocouille !

Prince Charmant :         Mon ami, votre sens de la rime me ravit. Exprimer avec force l’essence de la chose, m’obligerait presque à vous chanter des louanges.

Alachnÿ :        Allez-y, ne vous gênez point que tous sachent combien il en coûte de croiser ma route ! Merdasse, je me sens en veine de déclamer de la prose….

 

Et chemin faisant, le magicien récita moult poésie en éructant à loisirs. C’était un peu sa spécialité et personne en ce monde qu’il soit mal ou bien né n’aurait pu le surpasser. En chemin, ils croisèrent la route de Mic Mac, le lutin vicelard, qui se joignit à la troupe. Enfin réunis, la rouge prit la parole :

 

Chaperon Rouge :          Yep ! On est venus, on est tous là…

Prince Charmant :         Quelle entrée en matière !

Chaperon Rouge :         Hé l’prinçouille mets-là en veilleuse et écoute un peu la gueuse. Ouaip, on va tenter le sauvetage des pieds nickelés perdus dans la forêt mais ça s’fera pas gratos. Y’en a un qui va mettre la main, pas dans son calebar, mais dans sa poche, et donner d’sa personne.

Chaperon Rose :      Qu’as-tu encore en tête, ma cousinette bien faite ?

Chaperon Rouge :          On va piéger Mère-Grand avec l’pater de la mini crotte ; celui-là même qui sait tirer les feux d’artifice en allumer toutes les mèches avec ses étincelles, j’ai nommé la peau d’gland de Monsieur Poucet !

Prince Charmant :       Mais enfin, ses propres enfants vont se faire dévorer par ce vil personnage à la bouille édentée. Devrions-nous l’ôter de notre esprit ?

Chap.Rouge :          T’inquiètes Prince consort, il doit ronfler à fendre les bûches le gros tas. Ça nous laisse le temps de fomenter mon plan. Elle va pas s’en tirer aussi facilement l’ancêtre !

 

Et la petite mignonette se remit en route en faisant virevolter ses bouclettes bien nettes.

Comme elle eut le temps de l’expliquer à ses amis, le Pater familias du Petit Poucet devrait s’acquitter de ses dettes et la mignonette se chargerait de récolter les fonds. Alachnÿ fut chargé de ramener le bonze sur le chemin de la forêt, moyennant la promesse de réciter de sa petite voix, un petit bout de son répertoire d’injures bien sonnées.

Et le magicien tint parole, car pas moins de la moitié d’une heure plus tard marchait un homme un peu hagard. Arrêté en plein milieu de la route, ce dernier se grattait le front…une fois…deux fois…trois fois….

 

Père Poucet :           Que le Diable m’botte l’arrière-train…j’me s’rais donc perdu ?

 

Et là…

Là …

 

A quelques jets de pierre ou de crachats, selon l’humeur de chacun, se tenait une magnifique petite fille vêtue d’une cape rouge vermillon, avec des bas de soie, blancs, des chaussures à brides noire vernies et un charmant petit panier en osier recouvert d’un torchon à carreaux. Immédiatement, il fut frappé par la capuche, laquelle masquait son visage.

Avec une lenteur toute calculée, la jeune fille posa son cabas de roseau au sol, s’empara de sa capuche avant de la faire basculer vers l’arrière. L’homme vit alors la plus ravissante enfant qui lui eut été permis d’admirer depuis son épouse aux premières heures de sa jeunesse, ce qui, avouons-le, à quart de mots, commençait à dater.

 

De ravissantes anglaises d’un roux flamboyant, retenues de part et d’autre de son visage d’ange par deux rubans de satin rouge, montaient et descendaient, au rythme de son balancement innocent. Enfin, l’innocence n’allait pas demeurer fort longtemps. Elle offrit un merveilleux sourire au nigaud se tenant devant elle. Ses yeux verts pétillaient de malice. Non loin de là, Alachnÿ le magicien, à côté de Prince Charmant, savourait le spectacle. Il chuchota à son encontre :

 

Alachnÿ :         Si ce n’était son jeune âge, cette enfant me ferait presque avoir la gaule ! Bon sang ne saurait mentir, elle a de qui tenir et saura tirer, plus tard, son épingle du jeu !

Prince Charmant :           Je veux bien être l’aiguille toute dévouée à son ouvrage !

Alachnÿ :           Alors, nous serons deux sur les rangs !

 

Encore tout à sa vision paradisiaque, l’homme demeurait bouche bée, gobant les curieuses mouches tournoyant autour de la sainte nitouche…et la vision s’exprima :

 

Chap.Rouge :          Bonjour joli petit Monsieur. Viendriez-vous en aide à une pauvre petite fille bien gentille, laquelle s’est égarée sur le chemin de la perdition ? Je plaisante. En vérité je vous le dis, je souhaitais, de la plus i.n. no.cen.te. des façons, rendre visite à ma Chèèère Mère-Grand malade, et je me suis perdue ! C’est bête, n’est-il point ?

Père Poucet :           Et ben, c’est qu’en voici une belle bête, mignonnette égarée sur un chemin de forêt…

 

Le regard pervers du patriarche s’alluma. Son sourire s’élargit un peu plus, quant à ses vilaines intentions…seul Le Très-Haut  put les percer à jour, mais enfin, nul n’était besoin d’être devin pour imaginer les multitudes de pensées sournoises galopant à l’intérieur de ce cervelas bien gras. Le sourire de Chaperon Rouge s’étira et commença à changer de nature. Ses petites dents de laits pointues, se découvrirent et elle les fit claquer comme si elle s’apprêtait à croquer une pomme reinette. A ses yeux étincelants, l’homme eut un léger doute sur la nature exacte de cette créature. N’était-ce point une sorcière déguisée en petite fille dans le seul but de piéger son intégrité sans tâche ? Le doute vint l’habiter pour une poignée de secondes :

 

Père Poucet :             Serais-tu Gasgaroth, la sorcière dont on m’a tant vanté l’efficacité auprès de bons gars dans mon genre ? Ton sourire…il est plus ben catholique pour le coup ma mignonette !

Chap.Rouge :       Nooon !

 

La bougresse se balançait, minaudait, observant sa proie langoureusement :

 

Père Poucet :           Ah…ben alors, on va p’être pouvoir s’entendre tous les deux !

Chap.Rouge :          Le pensez-vous, mon bon Monsieur ? Et sur quel point je vous prie ?

Père Poucet :           Ben deux ou trois p’tites choses fort plaisantes ma p’tiote ! J’ai ma Germaine qu’a ben utilisé ma plumette d’écrivain, mais j’pourrai faire un tit’ effort et t’apprendre à t’en servir pour plus tard…t’es d’acco d’acc ?

Chap.rouge :           Ouaip ! …Voilà, peau d’gland, j’ai tout sur mon I Phone ! Barbe et cheveux que j’viens de t’faire mon gars.  La parole et l’image et viens pas m’parler de ton droit où j’te balance une mandale en pleine poire ! J’te tiens par tes deux sphères, l’bellâtre !

 

Enfin, l’attente prit fin pour Alachnÿ, grand amateur devant l’Eternel   du fameux répertoire bien nourri de l’enfant terrible, et Chaperon Rouge débita à la vitesse d’un paquebot de croisière, un extrait de ses injures bien loties. Gageons que ce navire-ci serait bien loin de faire naufrage, tant il paraissait bien construit et contenait un chargement fort précieux. Père Poucet en perdit son innocence, oui du moins la dernière petite parcelle qui s’accrochait laborieusement chez lui, à l’écoute de cette suite de mots tous plus osés les uns que les autres.

Une fois terminée, elle commanda d’un ton autoritaire :

 

Chap.Rouge :                Bon, maintenant on va s’caler à « L’auberge du Bûcheron couillu » et on va un peu causer tous les deux !!

 

Toujours dissimulés dans les fourrés, le magicien et Prince Charmant, n’en finissaient plus de se gausser. Bon sang, cette enfant était bien d’origine diabolique pour avoir su, aussi sûrement qu’une fermière aguerrie, plumer ce dindon :

 

Alachnÿ :            Elle a ça dans le sang cette future dominatrice !

Prince Charmant :             Tous les tenanciers des bordels alentours lui feront un pont d’or pour l’avoir en vedette dans leur établissement !

Alachnÿ :        Assurément Prince. Allons venez, nous allons leur filer le train et nous envoyer deux ou trois chopines.

Chap.Rose :          Ouuuhh ! Quelle bonne idée. J’en profiterai pour tenir à l’œil ma petite cousinette bien proprette.

Alachnÿ :         Je vous rassure ma belle enfant, personne, en ce monde, ne saurait lui être préjudiciable. Mortecouille, je dois bien reconnaitre combien la nature vous a gâter jusqu’à plus soifs toutes les deux !

Chap. Rose :            Oh, trop choupinou Monsieur le magicien coquin…

Alachnÿ :            Monsieur le magicien coquin ne sait plus comment calmer sa valseuse ma bellissima, l’autre, comme vous le savez sans doute, paix à son âme, s’est bien battu face à la roublardise d’une sorcière jalouse !

Chap. Rose :            Voyons petit chou, l’histoire de votre orpheline est aussi connue que la marque de ma culotte.

Prince Charmant :               Nom de nom ! J’atteins des hauteurs inespérées petite gourgandine.

 

 

 

 

A « L’auberge du Bûcheron couillu » …

 

                Il fallait la voir la petitoune, assise sur une pile de coussins pour être à bonne hauteur du Père Poucet, encore surpris de s’être fait piéger par cette gourgandine. Il ne décolérait point, et voulait mettre un terme à cette mascarade sur l’instant, mais la Rouge ne l’entendait pas ainsi :

 

Chap. Rouge :           J’adooooore le nom d’ce bouge ! Pas toi Casanova ?

Père Poucet :              J’vais m’plaindre à ta Mère-Grand ! Non mais, c’est-y pas un malheur d’piéger un bon gars comme moi qu’a rien à s’reprocher…

Chap.rouge :          T’as pas fini d’baver ? Tu veux mon p’tit peton sur ce qui te sert à t’assoir pour glandouiller pendant qu’ta moitié s’casse les reins à tout, faire ? Feignasse !

Père Poucet :          Quoi ?

Chap.Rouge :          J’ai tout un dossier sur toi, l’vioque, alors tu la mets en veilleuse et t’ouvre grands tes esgourdes !

Père Poucet :           Mais…je n’te permets pas…

Chap.Rouge :          Oh que si tu vas m’permettre et je vais même pousser l’bouchon jusqu’à appeler l’taulier pour prendre une belle commande. Oh là, tavernier !

 

Un tantinet agacé de se faire héler de la sorte, le patron de l’auberge demeura à ses affaires, ignorant le ton péremptoire de la petite fille. Point découragée, elle réitéra son appel en y ajoutant un soupçon de politesse de son cru :

 

Chap.Rouge :               J’ai dit Oh là, Tavernier !! Vous êtes sourdingue ? C’est comme ça qu’on traite la clientèle dans vot’bouiboui ?

 

Le tenancier du « Boui boui », souleva son gros sourcil fourni et s’approcha de la table de l’impudente :

 

Tavernier :              En voici une façon de héler les honnêtes gens ! Qui es-tu petite fille à la gouaille facile ?

Chap.Rouge :           Ben, ma gouaille a soif d’gueuler à fendre pierre, et j’me nomme Chaperon Rouge mon gars, et surtout, retiens bien ça : Partout où les choses bougent apparaît Chaperon Rouge !   Voilà, le bon Monsieur connait tout d’mon personnage. Maintenant, à vous d’taffer !

Tavernier :            Pardon ?

Chap.Rouge :           Prendre not’ commande quoi ! Alors, j’veux une grenadine, un sandwich au sauciflard pour m’caler ma dent creuse, une part de bon gâteau au chocolat et l’sourire du patron. Ça peut l’faire ?

Père Poucet :             Et moi alors ?

Chap.Rouge :             T’as des sous ?

Père Poucet :              Ben, euh, j’peux encore m’offrir…

Chap. Rouge :            Parfait, eh ben rajoutez une chopine pour mon tonton adoré, c’est lui qui régale !

Tavernier :              C’est votre nièce ?

Chap.Rouge :            Ouaip, l’une de ses nombreuses nièces. Il en a plein mon tonton des nièces. Faut dire qu’avec mes tantes particulièrement fécondes, il a d’quoi faire mon tontinet…pas vrai ?

 

Le regard du patron, passa furtivement de l’un à l’autre. L’on sentit monter…d’on ne sait où, moult interrogations, qu’il finit par laisser choir. Trop lourdes sans doute. Chaperon, elle, s’impatientait :

 

Chap. Rouge :           Et qu’ça saute l’taulier ! A fond les balloches ! C’est qu’on n’a pas la vie des rats devant nous, de plus, mon tonton a une importante mission à accomplir dès l’aube.

 

Pratiquement effrayé, le patron fit demi-tour et prit la direction du comptoir, et à mi-chemin, se retourna vers le Père Poucet et lança un laconique :

 

Tavernier :            Je vous plains mon bon Monsieur !

 

Puis il s’en fut à ses tâches. Le Père Poucet demeura la bouche ouverte, à glaner un peu d’air, à moins qu’il ne souhaitât, de la part du Très-Haut, une quelconque absolution pour la somme de ses vil pêchés. Cette petite drôlesse n’avait rien avoir avec la sorcière Gasgaroth dont on vantait tant les méfaits, oh que non ! Elle ne pouvait être que l’envoyée du  Diable  himself pour se montrer aussi tordue.

Comme si elle devinait ses pensées, la petite chaperonette lui décocha un sourire aussi pervers que ses belles intentions en mordant, à belles dents, dans son sandwich. Une fois avalé, elle entreprit de lui débiter, d’un trait, histoire de lui porter l’estocade, son plan machiavélique :

 

Chap.Rouge :           Alors voilà d’quoi y s’agit et t’as pas intérêt à stopper ma prose ou il t’en cuira et ça s’ra pas des œufs d’ferme ! J’ai un contentieux à régler avec ma mamichou  adorée, oui oui, je sais, j’suis très famille, et j’comptais un peu, un peu beaucoup même, sur tes prédispositions innées en matière de félonie et vilénie pour coincer la vieille bique. Alors voilà l’topo. L’ancêtre se rend souvent au célèbre club  « Au trou fleuri »…

Père Poucet :            Ah oui, le club libertin…

 

Furieuse d’avoir été interrompu, la petite fille frappa du plat de sa petiote menotte le bois usé de la table ce qui fit sursauté les clients attablés à côté :

 

Chap.Rouge :             Eh ! Quèque j’t’avais dit ? On n’interrompt pas La Rouge ou il vous en coûte !

 

Immédiatement, comme pour conjurer le mauvais sort, l’homme se signa. Il était de bon ton, dans un tel cas de se mettre raccord avec le Très-Haut, au cas où des événements inopinés se seraient présentés à lui :

 

Chap. Rouge :             Comprendé ?

Père Poucet :           Mais enfin, qui es-tu ? T’es pas une mouflette toi… c’est pire que ça ou alors l’enfant du démon, j’vois qu’ça !

Chap. Rouge :           Et ben voilà, c’est ça ! J’suis Démonia à mes heures, alors cesse de déblatérer des âneries et ouvre grands tes pavillons sonores. Alors comme j’disais, j’veux la tête de la Mère-Grand sur un plateau d’argent, mais y’a comme une couillette dans l’potage mon gars, parce que la mémé, est pas si facile à piéger !

 

L’homme se gratta le cuir chevelu…une fois, deux fois…trois fois…

 

Chap. Rouge :             T’as des poux ?

Père Poucet :             Quoi ? Ben non voyons. J’tentais d’réfléchir mais…j’ai rien pigé !

Chap. Rouge :           Bon sang ne saurait mentir ! T’es bien l’paternel de ton rejeton moisi ! Aussi mou du cervelas l’ père que le fils et je me demande si le Saint Esprit s’en soucie ! T’es porteur de sacrés gènes toi mon gaillard, c’est sans doute pour ça qu’tu t’reproduis comme si la fin du monde était pour demain !

 

Devant la mine interrogative du Père Poucet, la petite fille fit un geste badin :

 

Chap. Rouge :         Bah, laisse tomber ! Le temps qu’ça t’monte au cerveau, les dinosaures auront repris le pouvoir sur terre ! Bon alors toi et ton charme de Casanova, vous allez attirer ma mémé dans un piège où qu’elle va tomber ses chicots en avant. Tu vas lui proposer la botte en un mot comme en cent. On m’a conté tes talents d’arroseur et la mémé va pas résister à l’appel de la nature. Moi, planquée dans les fourrés, j’lui tirerai l’portrait dans toutes les dimensions et pas que d‘ailleurs et ensuite j’l’a f’rai chanter, et à moi les sous dans mon escarcelle. Mon opération, pour mes roploplops ne s’ront plus un mirage. Y’me manquera plus qu’à persuader mon chirurgien de vite satisfaire mes desideratas en trouvant une combine pour le faire chanter lui aussi !

 

Père Poucet :             T’adores chanter la drôlesse et faire chanter les aut’ aussi par la même occase !

Chap. Rouge :            Yep ! J’ai raté ma vocation faut croire.

 

La commande arriva servie par une toute jeune fille au poitrail conséquent. Cela rendit le sourire au Père Poucet, tout attentionné à ce qui s’offrait à sa vue. Un coup de pied sur ses mollets le fit revenir à de plus nobles pensées :

 

Chap. Rouge :             C’est pour êt’tout pareille comme elle, qu’je fomente ce mauvais coup ! Mon opération de chirurgie esthétique va m’offrir une de ces paires de gros lolos mon ami…t’auras plus assez d’tes gros yeux globuleux pour balayer l’paysage mon coco, sauf que ça coûte un bras et une demi jambe ce rafistolage !

Père Poucet :            Mais tu es trop jeune pour ça !

Chap. Rouge :            Yep, mais j’m’y prends en avance, comme ça j’s’rai prête pour le grand jour.

Père Poucet :         Et si l’docteur augmente ses tarifs d’ici là ?

Chap. Rouge :          On s’est déjà arrêté sur le prix définitif. Un accord en bon et due forme et j’ai même craché pour engager mon honneur. Si l’bonze me fait une entourloupe, il n’aura pas assez d’sa vie sur terre et d’celle en Enfer  pour encaisser le retour de manivelle !

 

L’homme but une goulée de bière en fixant la gamine empoigner son sandwich et mordre d’un bel appétit :

 

Père Poucet :           Et ben mes aïeux, j’sais pas qui est ta mère, mais pour sûr qu’elle doit regretter d’t’avoir donné le jour !

Chap. Rouge :            T’inquiètes, elle fait une retraite religieuse dans un couvent à l’écart des turpitudes de ce monde.

Père Poucet :          Turpitudes ?

 

Une fois de plus, il se gratta la tête, une fois…deux fois…

 

Chap. Rouge :             Attends, j’vais t’aider…J’ai rien pigé ! C’est ça qu’t’allais m’sortir ; non ?

Père Poucet :           Ben…comment qu’t’as d’viné ?

Chap. Rouge :            J’ai un don divinatoire, en plus d’avoir reçu deux doses d’intelligence à ma naissance ! Allez fini ta mousse, la mémé doit s’diriger vers son club favori à l’heure qu’il est. Dès potron-minet, elle a, comme qui dirait, des endroits qui la gratouille !

 

A ce discours d’une étonnante complexité teinté d’une grivoiserie latente, l’homme qui se trouvait devant elle, dû faire quelques efforts de compréhension pour en comprendre le sens caché. Sans doute un message codé par cette enfant…rectification, ce demi-monstre aux cheveux roux. Jusque-là, il décoda assez facilement sauf le passage du minet qui, selon lui, n’avait rien à faire dans cette conversation. Après tout, cet animal n’était bon qu’à chasser les souris. En revanche, les minettes…ça c’était plus de son ressort. Un sourire retord et particulièrement crétin s’afficha sur son visage, rapidement chassé par un coup de peton du petit tyran :

 

Chap. Rouge :          Allez, on met les voiles. C’est l’heure de la mémé !

 

Père Poucet suivit docilement Tyrannosaurus , dite, la Rouge et retrouva ses amis à l’orée du Bois-joli. Après une dernière recommandation, ce qui avouons-le était essentiel au vu du célébrissime cervelas de la lignée de cet homme, elle posta l’appât sur le chemin et tous attendirent cachés dans les fourrés.

Ce ne fut pas très long, car Mère-Grand avait la dalle et cavalait comme elle le pouvait malgré sa goutte, sur le chemin de sa future perdition. Soudain, elle tomba nez à nez, en attendant d’avoir les honneurs de rencontrer un autre appendice, avec Père Poucet.

Ce dernier lui sortit de derrière les fagots son plus beau sourire ravageur qui faillit faire étouffer de rire Chaperon Rose et engagea, mine de rien, mais avec un petit air d’en découdre avec cette noble Dame, la conversation :

 

Père Poucet :         Et ben, en voici en voilà une ben jolie Dame. Même dans mes rêves les plus fous, c’est-y ben qu’j’aurais jamais rêvé d’faire une telle rencontre. Ah pour sûr !

 

Dissimulée derrière son bosquet, La Rouge ne put s’empêcher d’émettre un avis des plus personnel :

 

Chap. Rouge :         Quelle peau d’gland !

 

Etonnée, la Mère-Grand stoppa sa marche et dévisagea l’homme se tenant devant elle. Ce gaillard à la robuste constitution, n’avait rien d’un Casanova, mais il paraissait dur à la tâche, ce qui laissait entrevoir des lendemains qui chantent !  Une chevelure hirsute, des oreilles un poil décollées, mais en revanche, une remarquable paire d’yeux d’un bleu clair à faire pâlir l’océan lui-même…il semblait, au final, fort plaisant.

Un instant de nostalgie s’invita à l’instant même à l’esprit de la vieille Dame. Sa jeunesse enfuit, et bien enfuit d’ailleurs, se rappelait à son bon souvenir. Ah…autrefois, les galants faisaient la queue à sa porte et ce mot faisait doublon quant à la partie de l’anatomie de ces soupirants, lesquels se mettaient au garde à vous devant ce beau brin de fille…

 

Cependant, un fleuve s’était écoulé depuis, sous le pont de sa vie et elle entrevit cette aubaine soudaine comme légèrement suspecte. Sans être un apollon, ce bellâtre aux jambes bien campées au sol, aux bras musclés, à la taille épaisse devait bien cacher un trésor sous son pantalon. Cela éveilla quelque peu, à la fois son appétit, et à la fois ses soupçons, surtout lorsque cet homme s’approcha, un sourire dévastateur, quoique incomplet, sur ses traits surmontés d’une paire de sourcils lesquels faisaient la montagne russe confinant à cette mimique un petit air grivois :

 

Père Poucet :               La jolie Dame aimerait-elle qu’j’lui conte mes talents de jardinier ? Labourer, biner, semer, arroser une bonne terre…ça m’connait, parbleu !

 

Elle faillit se laisser emporter par le chant des sirènes, tout son corps en émoi. Par ces temps de disette, tout ce qui se trouvait sur son chemin devait être cueillit sans plus attendre car le temps lui-même devenait impatient. Une furieuse envie d’accepter la proposition la chatouilla quelque peu, lorsqu’un sixième sens se mit en alerte. C’était trop beau pour être vrai…elle n’avait jamais rencontré âme qui vive à cette heure de la journée sur sa route de perdition, et là…juste aujourd’hui qu’elle avait bien du mal à clopiner avec un seul de ses bottillons, l’autre était en possession de sa diablesse d’arrière-petite fille, tout…mais voici que la clarté envahit enfin son esprit fin.

Mais oui, c’était bien sûr, il y avait du Chaperon Rouge là-dessous à n’en point douter.

 

Une colère sourde commença à poindre en elle. Ses yeux se plissèrent. Alors qu’elle fixait Père Poucet intensément, sa voix monta dans les aigus :

 

Mère-Grand :          Sors de ta cachette, infâme créature du démon, j’ai nommé ma charmante arrière-petite-fille, Chaperon Rouge !

 

La marmouflette, frappa rageusement, de son peton chaussé de rouge, la terre. Son exaspération était à son comble, cependant, question d’honneur, elle ne souhaita montrer son désappointement et sortit tout sourire de derrière son bosquet :

 

Chap. Rouge :            Ça alors…ma mémé d’amour ! Quèque tu fais là ?

Mère-Grand :          Je t’en donnerai de la mémé d’amour ! Chamelle ! Qu’est-ce que tu as encore fomenté comme complot pour me piéger ?

Chap. Rouge :          Moi ? Un complot ? Tu radotes mamichou !

Mère-Grand :          Et que fait cet homme au milieu de mon chemin avec, dans sa besace, sa belle intention de me renverser derrière un fourré ?

Chap. Rouge :         Ben tu viens d’le dire mémé, le dernier mot de ta phrase est à double emploi me semble-t-il !

Mère-Grand :          Te semble-t-il ? A moi, il me semble que tu vas te prendre une dérouillée par mes soins et pas plus tard que tout d’suite !

 

De rage, l’ancêtre ôta son second bottillon et le lança sur son infâme arrière-petite-fille, laquelle, avec la souplesse de son jeune âge, n’eut aucun mal pour l’éviter :

 

Chap. Rouge :           Yep ! Super, j’ai la paire ! Ça t’fera du bien d’trottiner pieds nu la mémé. La vieille corne faut la poncer d’temps en temps !

 

Chaperon Rose sortit de sa cachette :

 

Chap. Rose :             Bonjour Mère-Grand ! Vous ne changerez jamais toutes les deux !

Mère-Grand :             Cette petite démone croit pourvoir faire grimacer un vieux singe ? Elle se trompe !

Chap. Rouge :             Ouaip, mémé adorée, t’as tout dit là ! Un vieux singe, ça t’correspond bien. Dis, j’te conseille d’laisser ton dentier dans ton verre de lait. Les Messieurs n’aiment pas quand ça râpe !

Mère-Grand :            Morveuse ! Elle me rendra folle cette petite guenon !

Chap. Rose :            Taratata ma grand mamichette, elle est un peu coquinette, mais pas méchante pour dix sous.

Mère-Grand :           A d’autres, pourquoi penses-tu que sa mère en est encore à expier sa venue au monde dans un obscur couvent ? Hein ? Et d’abord que faites-vous tous par ici ?

 

Le magicien s’inclina respectueusement devant l’ancêtre avant de gonfler son poitrail tel un coq :

 

Alachnÿ :              Madame, votre arrière-petite-fille se trouve être entre de bonnes mains, en l’occurrence, puisqu’il faut me nommer, Alachnÿ, le plus grand magicien que la terre ait porté à ce jour et je compte bien tout faire pour qu’aucun autre ne me supplante, pour vous servir !

Mère-Grand :             Vous, magicien ? A d’autres ! Commencez par vous protéger des vilaines intentions de ce petit monstre où vous pourriez y perdre jusqu’à vos pendelottes.

Alachnÿ :         Hélas, Madame, j’ai le regret de vous informer que mon orpheline s’en trouverait bien chagrinée. L’autre a subi les foudres d’une sorcière jalouse de mon succès auprès de ces Dames. Autant vous dire combien il m’importe d’y faire grande attention.

Prince Charmant :            Oh, mon ami… vous savez présenter la chose en y mettant le sens théâtral ! Le grand Molière lui-même s’en trouverait coi !

Mère-Grand :            Vous aussi, vous traînez avec ces ramassis aux allures pas nettes ? Et votre princesse ?

Prince Charmant :         Oh…en voyage avec sa mamounette et son papounet…bon débarras ! Madame, le temps a marqué deux pas depuis que je vous attends, c’est dire s’il m’était précieux de vous revoir.

 

Un silence éloquent naquit. Prince savait rendre élégant la moindre de ses interventions :

 

Alachnÿ :            Cessez donc vos farigoulettes, mon ami, nous sommes en famille…enfin, si j’ose dire !

Mère-Grand :           C’est ça, oui ! Et bien entendu, Prince, il vous est plus aisé d’aller courir la gueuse au « Trou Fleuri » !

Prince Charmant :            Il me faut bien occuper mon temps libre, Madame !

 

Le père Poucet assistait à ces échanges la bouche bée :

 

Père Poucet :             Et ben, j’pensais pas qu’cette taule était si connue !

Prince Charmant :           Chacun de nous y a ses habitudes, mon ami, il faut bien reconnaitre que les charmants pensionnaires comme les cocottes enrubannées, savent se faire apprécier à leurs justes valeurs. Pas plus tard qu’hier…

Mère-grand :           Cela suffit, il y a une enfant ici !

Chap. Rouge :              Où qu’elle est la môme ? J’en vois pas.

Mère-Grand :             Gredine ! Bon, allez-vous cracher le morceau et me dire ce que vous fabriquez par ici ?

 

Comme pour provoquer son aïeule, la petite-fille cracha par terre :

 

Chap. Rouge :           Ben voilà, j’crache le morceau ma mémé jolie !

Mère-Grand :           Hors de ma vue !

Chap. Rose :           Ne t’énerves pas, Mamichoune, je vais te narrer toute l’affaire à ma manière.

 

Et de sa jolie voix, Chaperon Rose, lui conta toute l’histoire. Toute attentionnée, la vieille dame l’écouta en hochant la tête de temps à autre. Puis, lorsque ce fut fini, elle donna un avis tout à fait subversif :

 

Mère-Grand :           Allez-y, mettez-moi le feu à ce gros plein de soupe d’ogre à la mords-moi le…bon, la décence m’interdit d’aller plus loin, mais l’intention y est.

Prince Charmant :          Diantre ! Mais c’est de famille dirait-on !

Mère-Grand :           Quoi ? Qu’est-ce qui est de famille ?

Prince Charmant :           Cette propension à tirer à boulets rouges, sur tout ce qui bouge. Les femmes savent quel bout tenir, pour se faire respecter !

Chap. Rouge :          On s’embarrasse pas de fioriture dans la famille l’glandouillard !

Prince Charmant :          Quelle enfant adorable. Mère-Grand je compatis.

 

Et la joyeuse troupe se mit en route vers la sombre forêt aussi noire que les horizons divers de la boîte libertine ; « Le trou Fleuri ».

 

 

Pendant ce temps-là, l’ogre n’en finissait plus d’invectiver sa femme :

 

Ogre :               Fainéante ! Tu faisais traîner mon repas, dans l’espoir que mon appétit se calme afin d’épargner ces enfants ?

Madame Ogre :                Que nenni, mon époux. Je vous supplie de faire preuve de clémence pour ces touts petits perdus dans la forêt qu’un égarement a mené jusqu’à l’orée de notre bâtisse.

Ogre :              Tu fais un concours de bons mots la drôlesse ? Je vais te dire ce que je pense de tout ceci…pour une fois, tu n’as pas ouvert la bouche pour rien. Ces morveux, quoiqu’un peu maigres, feront un met d’honneur pour contenter mes potes lors de notre prochaine partie de poker. Alors tu vas, bien gentiment d’ici leur venue, engraisser ces mouflets afin qu’ils soient plus goûteux ! Et qu’ça saute !

 

Terrorisée, la brave femme installa le Petit Poucet et ses frères à la table du Maître et les incita à manger. L’appétit coupé, on le serait à moins, les enfants ne purent avaler le moindre mets et elle les envoya se coucher sous le regard aiguisé de l’ogre les reniflant à leur passage. Petit Poucet se jeta à ses pieds tout suppliant :

 

Père Poucet :             Je vous en prie, Monsieur l’Ogre, ayez un semblant de pitié pour moi et mes frangins…enfin pour moi en priorité et s’il ne vous en reste plus, ce n’est pas grave, je vous autorise à en croquiner deux ou trois. De toute façon, Pa et Ma se chargeront de combler le manque. Ils ont l’habitude !

Ogre :                Tu m’plais toi ! T’es couillu pour ton jeune âge, mais j’te ferais pas ce plaisir. Question d’honneur et l’honneur chez un ogre, c’est sacré ! C’est un peu comme un prêt sur gage.

 

Petit Poucet se gratta le front :

 

Petit Poucet :          Je n’ai rien compris !

Ogre :            Fatigue pas trop ta cervelle, ça va lui filer mauvais goût. Allez, hop, à la paillasse pour un bon repos les asticots !

 

Et l’ogre, lui-même partit s’affaler comme un gros tas sur son lit fraîchement refait, après avoir descendu une bonne dizaine de pinte de bière en éructant tout à sa gloire.

 

Le grand manitou, avaient sept petites filles. Sept ogresses, à la peau rosée par la chair fraîche qu’elles goûtaient sans se priver. Jolies comme des cœurs, toutes blondes, ce qui était gage de beauté pour plus tard, de profonds yeux noirs couleur d’encre, elles possédaient, en outre, deux belles rangées de dents pointues comme des poinçons, mais point encore trop meurtrières. Gageons que d’ici quelques années, elles finiraient par croquer leur paternel dans l’un de ses sommeils éthyliques.

Pour l’instant, les mignonettes, dormaient bien sagement dans un lit king size et ronflotaient d’avoir si bien dîner.

 

Lui faisant face, un autre lit, tout aussi grand accueillit Petit Poucet et ses frères. La femme de l’ogre, les borda, éteignit la chandelle et partit se coucher.

 

 

Devait commencer, alors, une nuit que l’on ne serait pas prêt d’oublier…

 

Mais pour cela, il vous faudra patienter un peu…

A suivre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaire de l'auteur Comment se terminera ce conte ??
J'ai comme une petite idée, mais il vous faudra encore un peu patienter...
Ceci dit, je compter bien m'amuser encore un peu avec tous ces personnages :)
A bientôt.
Merci de votre lecture.
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