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Questionnaire auteur.ices et lecteur.ices de fanfictions !
 par   - 882 lectures  - 4 commentaires [3 décembre 2022 @ 16:04]

Bonjour tout le monde,

Je me permets de poster sur ce site afin de m'aider dans une étude que je mène actuellement sur les auteur.ices et lecteur.ices de fanfictions. Nous nous appelons Lucie, Maud, Pauline et Manon et sommes en master 2 de Médiation et Création Artistique à l'Université Sorbonne Nouvelle.
Dans le cadre d'un cours sur la Conception de projet et la participation culturelle, nous nous intéressons au public (lecteur.ices et auteur.ices) des fanfictions en France.
Si vous habitez en France et que vous êtes lecteur.ices et auteur.ices de fanfictions, ce questionnaire est pour vous !

Les données recueillies ne seront utilisées qu'à des fins d'analyse et ne seront divulguées qu'à notre professeur.

Voici le lien si vous êtes lecteur·rice·s :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSc6_1itz9IVJhUfLejHlxD4zotRwUFU8wl2bTlfC_hHKzoRWg/viewform?fbclid=IwAR2T-hRSCR1g2Sys-LUqyEU4M4KA9uNKNmUB0gWXr_cnSXosVq_gsro6_qQ

Voici le lien si vous êtes auteur·rice·s :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSccZedHtCGfet4edRy2iPPhTXYEUusmsZU2feTEqGByRPrgDQ/viewform?fbclid=IwAR1RkBx6Fj1ZZ9_oH1I2L1-YaoMUg6fCZPWZbjH4nkF-BOC5rNctEsmCPqI

Vous pouvez bien entendu répondre aux deux questionnaires si vous vous sentez concerné.es par les deux.

Merci pour votre aide qui nous sera précieuse !!

Lucie, Maud, Pauline et Manon

Travail scientifique: L´auteur fanfiction
 par   - 4043 lectures  - 6 commentaires [1 septembre 2022 @ 23:42]

Karl Helbig, un étudiant allemand, entreprend un travail scientific sur la fanfiction francaise comme genre litteraire. Quels sont vos opinions sur ses questions?


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Défis

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Défi : Pas D'idée de Titre xD
Les Plus belles années de ma vie Auteur: Florana Vue: 27405
[Publiée le: 2008-04-12]    [Mise à Jour: 2010-08-29]
13+  Signaler Romance/Humour/School-Fic Commentaires : 97
Description:
« Les plus belles années de ma vie », c’est ainsi qu’on nomme les années de lycée. Assez mature pour être pris au sérieux, suffisamment jeune pour ne pas avoir trop de responsabilités, que demander de plus ? Peut-être un rêve à réaliser, quelque chose à changer…
Quand Sakura Haruno, fille richissime de sénateur, arrive à Sarutobi, lycée public de Konoha, peut-être aura-t-elle enfin une chance de découvrir la véritable valeur des choses ? Et si Sasuke Uchiwa arrivait à sortir de son mutisme habituel ? Quant à Hinata Hyûga, il est temps pour elle de s’ouvrir au monde extérieur. Plus facile à dire qu’à faire, mais, en trois années de lycée, bien des choses peuvent changer.

Voilà ma réponse au défi de Kmille. Je suis la troisième à y répondre, j'espère que ma fic ne ressemblera pas trop aux deux autres (que je n'ai pas lues afin de ne pas être influencée).

Si vous voulez savoir les couples finaux, sachez que je garderai les mêmes que ceux imposés par Kmille (c'est-à-dire les classiques) car non seulement je réponds à un défi mais en plus ils me plaisent bien.

Bonne lecture à tous !
Crédits:
Non, les personnages de Naruto ne m’appartiennent pas et, si je disais le contraire, personne ne me croirait !
Quant à l’idée de départ, elle vient de Kmille. Alors dans ce cas, qu’est-ce qu’il me reste ? Bah, les évènements, les réactions des personnages… enfin bref, le déroulement de l’histoire ^^.
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La jalousie est un vilain défaut

[8986 mots]
Publié le: 2009-06-22Format imprimable  
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Chapitre 15 : La jalousie est un vilain défaut

 

Ce jour-là, à la sortie des cours, Naruto tenta de rattraper Lee. Celui-ci n’avait pas quitté son air effondré depuis qu’il leur avait annoncé, à lui, à Kiba et à Temari que son histoire avec Tenten venait de prendre fin. Il avait ajouté également qu’il ne viendrait pas à la fête, et ce malgré les vives protestations de Naruto qui voyait déjà son plan s’effondrer.

– Lee, faut qu’on parle ! cria-t-il en s’approchant de son camarade, à l’arrêt du bus.

Lee tourna ses yeux mélancoliques vers Naruto. Contrairement à d’habitude, il n’avait pas envie de discuter.

– Ecoute, je n’ai pas envie de faire la fête, je te dis, grogna-t-il à l’approche de Naruto.

– T’inquiète, je ne vais pas te forcer, le rassura Naruto en essayant de sourire. Mais je voulais savoir… qu’est-ce qui n’allait pas entre toi et Tenten pour qu’elle décide de te quitter ?

Lee resta un moment silencieux et son regard vide se fixa sur les parois de l’abribus. Pourquoi Tenten et lui s’étaient-ils quittés ? Qu’est-ce qui avait mis fin à leur relation ? Il n’en savait strictement rien. A la vérité, il n’avait rien vu venir, il n’avait que ressenti les prémices d’une catastrophe sans pouvoir préciser laquelle.

– Tenten est tombée amoureuse d’un autre, répondit-il finalement, la tête basse.

– Un autre ? Qui ça ?

Par respect pour l’intimité de son ex-copine, Lee ne répondit pas. Il repensait à toutes les occasions où il avait, sans le vouloir, poussé Tenten et Neji à se fréquenter.  Dans sa tête, défilèrent les images de toutes le fois où il les avait trouvés tous les deux parce qu’il était sorti, comme d’habitude, en retard du cours de sport. Il revit comment il avait lui-même poussé Neji à aider Tenten en sciences, comment il l’avait brusquement délaissée durant la fête, même s’il ne s’en était aperçu qu’à la fin.

A la fin de sa réflexion, Lee soupira tristement en pensant que tout était de sa faute. Il avait l’impression d’avoir lui-même poussé Tenten dans les bras de Neji. A ses côtés, il sentait que Naruto avait envie d’insister et qu’il se retenait fortement pour ne pas le blesser. Heureusement, le bus arriva, mettant un terme à leur discussion.

– A demain, Naruto, lui dit Lee.

– A demain Lee ! Et n’hésite pas à m’appeler si t’en as envie, on se regardera un DVD ou on ira faire un bowling avec les gars !

Lee le remercia d’un signe de tête. Les tentatives de Naruto pour le divertir étaient touchantes, mais pour l’instant il n’avait qu’une seule envie : se retrouver seul.

 

De son côté, Tenten non plus n’affichait pas une mine réjouie. La tête baissée, elle commença à s’éloigner du lycée en traînant des pieds. Elle avait l’impression d’avoir vécu la pire catastrophe de sa vie et son cœur se sentait encore meurtri par l’effroi qu’elle avait lu dans le regard de Lee en lui annonçant la triste vérité.

– Tenten.

Oh non, pas lui.

Tenten se figea et tourna légèrement la tête. Neji était là. Il se tenait droit, impassible, les mains dans les poches de sa superbe veste en cuir, ses cheveux noirs volant légèrement sous le vent d’hiver. Pourquoi la fixait-il ainsi ? Et pourquoi venait-il la voir alors qu’il l’ignorait superbement depuis une dizaine de jours ? Tenten se sentait sur le point de pleurer et n’avait pas envie de lui parler, mais Neji s’approcha avant qu’elle n’ait pu protester.

– J’ai appris, pour toi et Lee.

– Qui te l’a dit ?

– Kiba. Il m’a dit que tu avais l’air effondrée.

Tenten ne fit rien pour le contredire. A présent, elle se rappelait vaguement d’avoir croisé Kiba, au bras de Hinata, à la fin de la récréation. Il avait une mine inquiète, signe qu’il était au courant de ce qui s’était passé.

– Je suis désolé, ajouta Neji.

Tenten leva ses yeux bruns jusqu’à ses pupilles blanches et n’en crut pas un mot. N’était-ce pas Neji qui avait lui-même suggéré la semaine précédente qu’elle n’avait rien à faire avec Lee ? Elle était sûre qu’au fond il se sentait satisfait de la situation, satisfait parce qu’il avait enfin le champ libre.

– Je n’en ai pas l’impression, répliqua-t-elle froidement.

– Tenten, ce n’est pas ma faute si tu as rompu avec Lee ! J’ai respecté ce que tu m’as dit et je ne t’ai pas embêtée davantage !

Tenten sentit la colère monter en elle. Non seulement Neji se montrait vraiment effronté, mais en plus il insinuait que Tenten ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même.

– Tu ne m’as pas embêtée ? répéta-t-elle, furieuse. Tu m’as ignorée, Neji ! Tu as tout fait pour ne pas me parler et, surtout, tu n’as pas voulu qu’on redevienne amis, comme avant !

– Je ne voulais pas redevenir ton ami, répliqua froidement Neji.

– Tu ne voulais pas ? Mais est-ce que je compte au moins un peu dans cette histoire ? Neji, je sais que t’es content, parce que, maintenant que t’as viré le stupide Lee de ton chemin, je ne peux plus te sortir cette excuse ! C’est ce que tu croyais, hein ? Eh bien, tu as tort ! Ce n’est pas la peine de venir avec des airs désolés alors que je sais parfaitement que t’es tout simplement content de toi ! En fait, c’est à se demander si tu n’avais pas tout prévu depuis le début, si tu n’avais pas carrément tout décidé dès l’instant où tu m’as embrassée au bal ! Je te hais, Hyûga, je te hais !

Après lui avoir beuglé cette longue tirade à la figure, Tenten sentit les larmes venir et s’éloigna à grands pas. Neji était trop choqué pour la retenir. D’abord, c’était la première fois qu’elle lui criait dessus ainsi, avec autant de chagrin et de colère. Ensuite, elle l’avait appelé Hyûga, signe qu’elle ne le considérait plus comme son ami. Cette pensée lui fit serrer les dents. Même s’il ne sortait plus avec elle, Lee était encore un obstacle entre eux. Furieux, il fit demi-tour et alla rejoindre Hinata qui devait probablement l’attendre à la voiture.

Quand il arriva près de la voiture, Hinata ne paraissait aucunement pressée de rentrer, puisqu’elle souriait de contentement, serrée dans les bras de Kiba. Une légère rougeur apparaissait sur ses joues, mais elle était trop heureuse pour laisser la timidité l’emporter. Neji, qui était trop en colère pour laisser le bonheur de sa cousine le calmer, ouvrit la portière avant d’aboyer :

– Hinata, dépêche-toi, je n’ai pas envie de traîner !

Hinata fut surprise du ton de son cousin. S’il lui parlait ainsi, c’était que quelque chose n’allait pas. Elle quitta à regret les bras de Kiba et lui déposa un timide baiser sur les lèvres avant de dire :

– Je demanderai ce soir pour samedi, mais il ne devrait pas y avoir de problème.

– D’accord, ma princesse. A demain !

Kiba l’embrassa à son tour et Neji, qui attendait toujours en tenant la portière ouverte, trouva un air bête à sa cousine quand elle entra dans la voiture.

– Qu’est-ce que vous faites samedi soir ? demanda-t-il alors que le chauffeur démarrait.

– Kiba et moi allons au cinéma ! dit-elle d’un ton enjoué.

– Seuls ? Je ne sais pas si mon père…

– Non, on y va avec Ino et Sasuke. Ça devrait rassurer ton père !

Neji hocha la tête. Il savait que ses parents, qui considéraient Hinata comme leur fille, allaient être ravis de la voir aussi épanouie. Elle qui ne pointait jamais son nez dehors, elle allait sortir un samedi soir ! C’était une grande première, mais Neji faisait confiance à Kiba pour lui ramener Hinata en un seul morceau, et non pas en larmes. Ce n’était pas comme avec cette peste de Sakura Haruno.

D’ailleurs, tandis qu’il y repensait, il se remémora la conversation qu’il avait surprise entre Sasuke et Itachi et un bref sourire de satisfaction étira ses lèvres. Il était toujours furieux et blessé par les propos de Tenten, mais au moins, le monde entier ne semblait pas contre lui.

 

On était jeudi soir et, comme tous les jeudis, Tenten s’était rendue à son cours de théâtre. C’était une activité qu’elle adorait par-dessus tout, non seulement parce que c’était un endroit où rien ni personne ne paraissait ridicule, d’où il ressortait une ambiance joviale et chaleureuse et où les gens riaient, discutaient et s’amusaient pour un rien.

Tenten avait espéré que ce fameux cours de théâtre puisse lui éviter une dépression, mais elle s’aperçut bien vite qu’elle n’avait pas le cœur à rire avec les autres. Elle n’avait pas encore digéré la catastrophe de la journée. Certes, c’était elle qui l’avait provoquée. Elle avait elle-même dit à Lee qu’ils devaient se quitter, mais ce n’était pas pour autant qu’elle ne se sentait pas accablée de chagrin. Le dernier regard que Lee lui avait adressé était empli d’une tristesse sans nom. Elle avait fait souffrir un proche. Assise dans les coulisses, elle se prit la tête entre et commença à se traiter intérieurement de monstre.

– Hé, Tenten ! Ça ne va pas ?

Une main douce et potelée lui tapota l’épaule. Elle n’eut pas besoin de lever la tête pour savoir qui c’était. Elle connaissait trop bien son groupe de théâtre. Cette voix inquiète et attentive, ni trop grave ni trop aigue, et cette main appartenaient à Chôji Akimichi. Elle leva finalement la tête vers lui. Chôji était un garçon massif, imposant par son poids, qui la dépassait d’une bonne tête. Ses cheveux châtain clair étaient coiffés vers l’arrière, ce qui lui donnait l’allure d’un lion. Cependant, malgré son apparence peu commune et son surpoids, Chôji avait le cœur sur la main, bien que celle-ci tienne plus souvent un paquet de chips qu’autre chose.

– Tenten, tu pleures ? Qu’est-ce qui ne va pas ?

Il vint s’accroupir à côté d’elle. Tenten ne s’était même pas aperçue qu’elle pleurait. Lentement, elle posa son front sur son épaule et laissa quelques larmes couler avant de balbutier :

– Lee… Lee et moi c’est fini.

– Quoi ? Mais comment est-ce possible ? s’étonna Chôji en manquant de s’étrangler. Vous vous entendiez super bien !

– Je sais, soupira Tenten. C’est ma faute. C’est moi qui l’ai plaqué.

– Oh. Et… pourquoi ? Si ce n’est pas indiscret, bien sûr !

– Je… je crois que je suis tombée amoureuse d’un autre garçon.

– Tu crois ?

– Eh bien… c’est difficile à dire en fait. Avant les vacances, je m’entendais très bien avec lui. Il m’aidait beaucoup en maths, et il est… excessivement beau ! Il m’a embrassée au bal de Noël et… j’ai beaucoup aimé.

– Et maintenant ?

– Maintenant je me suis disputée avec lui. Je… peut-être que j’aimerais sortir avec lui, mais pas tout de suite… Je… Il faut que je m’habitue à ce que ce ne soit plus Lee, tu comprends ?

– Oui, je comprends, mais je pense que le garçon dont tu es tombée amoureuse n’a pas dû apprécier ton refus.

– Non, pas du tout même. Je suis vraiment un monstre. J’ai fait atrocement souffrir Lee et… je ne suis même pas capable de faire plaisir à Neji !

Voyant que ses larmes recommençaient à couler, Chôji passa un bras sur ses épaules.

– Eh, c’est pas la fin du monde Tenten ! Si t’as pas envie de sortir tout de suite avec ce Neji, bah c’est pas grave ! Même si lui en a envie, il faut qu’à toi aussi ça te plaise ! Bon, c’est vrai que je ne suis pas un pro dans les problèmes de cœur, mais si ce garçon t’aime vraiment, il t’attendra, point barre ! Et puis, s’il n’est pas d’accord, j’irai moi-même l’écraser ! Je suis sûr qu’il n’est pas capable de me battre au catch !

En disant ceci, Chôji avait levé le poing d’un air triomphant. Son attitude redonna le sourire à Tenten. Chôji était vraiment quelqu’un de remarquable.

– Merci, t’es adorable.

Elle décolla sa tête de son épaule et le remercia d’un autre sourire. Chôji parut satisfait et les rideaux des coulisses s’écartèrent à ce moment-là pour laisser passer un autre garçon, plus grand que Chôji, avec des cheveux noirs de jais et une peau encore plus pâle que celle de Hinata.

– Tenten, on joue dans cinq secondes ! Tu connais ce rabat-joie d’Ebisu-sensei, si on n’entre pas au bon moment, il va encore dire qu’on discute trop en coulisse !

– J’arrive, Sai !

Tenten se releva d’un bond. Sa conversation avec Chôji l’avait revigorée et elle allait oublier ses soucis, au moins le temps de donner la réplique à ses partenaires de théâtre.

 

Le samedi soir suivant arriva avec une lenteur exécrable pour Hinata. Elle passa son samedi après-midi à tourner autour de Neji en essayant de trouver une activité pour s’occuper. Son cousin, désespéré de ne pas avoir un instant de paix, finit par lui proposer un jeu de société. Hinata accepta avec joie, soulagée d’avoir trouvé de quoi tromper son impatience.

Chose inouïe, Neji, qui avait pour habitude de toujours tout faire pour gagner – question d’honneur, jeu de société ou pas – afficha une mine complètement désintéressée pendant toute la partie. Hinata, qui le connaissait suffisamment bien pour savoir que rien n’allait plus très bien pour lui depuis quelques temps, entreprit de l’interroger, alors qu’elle était sûre de gagner :

– Tu n’as pas l’air dans ton assiette.

Sa voix avait été douce, presque craintive – elle avait effectivement peur de réveiller la colère de son cousin – et elle eut pour effet de sortir Neji se sa torpeur.

– Bof, répondit-il.

Hinata soupira. Neji se montrait toujours aussi peu explicite. Il s’inquiétait facilement pour elle, mais dès qu’il s’agissait de lui, il demeurait muet.

– C’est… c’est à cause de Tenten ?

Neji fronça les sourcils. Il pensait que Hinata, complètement obnubilée par Kiba, n’aurait rien remarqué. Apparemment, elle prêtait plus attention à son entourage qu’il n’y paraissait.

– Ouais, on peut dire ça.

Hinata hocha la tête en se demandant comment elle allait s’y prendre. Finalement, elle s’éclaira la gorge et dit :

– Tu sais, elle a peut-être besoin de faire une pause, si elle vient tout juste de rompre avec Lee.

Neji fronça les sourcils et parut soudain irrité.

– Qu’est-ce qui te fait dire que je veux sortir avec elle ?

– Mais… mais je n’ai rien dit, c’est toi qui viens de le dire !

Neji baissa la tête et se tapa le front. Ça y est, il s’était vendu ! Hinata le dévisageait avec des yeux ronds emplis de surprise et un petit sourire malgré tout satisfait sur les lèvres.

– Tu es… amoureux de Tenten ? risqua-t-elle.

Et avant qu’il n’ait pu répondre, elle rougit et posa un doigt sur sa lèvre inférieure en prononçant d’une voix à peine distincte :

– Que c’est mimi…

Neji leva la tête et ce fut son tour d’être étonné. Il ne s’était pas attendu à une telle réaction de la part de Hinata.

– Ce n’est pas mimi ! répliqua-t-il. Elle m’a envoyée bouler !

– Ce n’est pas étonnant, elle vient de blesser quelqu’un qui lui était cher. Tu crois vraiment que c’est le moment pour elle de construire une relation avec toi ?

Neji fronça les sourcils. Les paroles de sa cousine avaient beau être sensées, il ne s’en sentait pas moins blessé pour ce que Tenten lui avait dit, trois jours plus tôt. Il s’attendait à ce que sa cousine ajoute autre chose, mais elle demeura silencieuse en avançant son pion. Avec un léger sourire, elle annonça qu’elle avait gagné et Neji, exaspéré, se leva de la table de la salle à manger.

– Tu ne m’aides pas à ranger ? demanda-t-elle.

– Je monte dans ma chambre, répliqua-t-il en marchant vers les escaliers.

Hinata soupira. Elle n’avait jamais vu sou cousin amoureux et, à vrai dire, cela la rendait heureuse. Parce qu’elle savait que Tenten éprouvait malgré tout de l’attirance pour lui – ça se voyait comme le nez au milieu de la figure – et que, malgré toutes leurs disputes, il avait encore du temps pour se réconcilier avec elle, elle ne s’inquiéta pas davantage et entreprit de ranger leur jeu.

 

Ce soir-là, on frappa chez les Hyûga vers dix-huit heures. Quand Neji alla ouvrir, il ne fut nullement surpris de voir Kiba, un grand sourire aux lèvres.

– Bonjour Neji ! le salua-t-il. Je viens chercher ma princesse, elle est prête ?

– J’arrive ! cria une voix depuis le premier étage.

– Entre, je crois qu’elle finit de se préparer, dit Neji en s’écartant de la porte. Tu sais combien les filles peuvent être longues !

Kiba ne put s’empêcher de rire. Il n’avait jamais entendu Neji parler ainsi de sa cousine. Tandis qu’il entrait, Neji jeta un coup d’œil dehors pour apercevoir une voiture garée devant la maison.

– Ce n’est quand même pas toi qui conduis ? s’inquiéta-t-il en se retournant vers Kiba.

– Non, je n’ai pas l’âge d’avoir le permis ! rit Kiba en voyant l’air effaré de Neji. C’est ma sœur qui conduit, elle a vingt-et-un ans. Comme elle va rejoindre des amis pour la soirée, elle a accepté de nous déposer au cinéma.

Tandis que Neji soupirait devant sa propre bêtise – penser que Kiba aurait osé prendre le volant sans avoir reçu une seule heure de conduite ! – Hinata descendit enfin des escaliers. Elle s’était très légèrement maquillée pour l’occasion et avait fait attention à sa tenue. Alors que d’ordinaire elle portait des couleurs tristes et ternes – toujours cette volonté de passer inaperçue – elle s’était vêtue d’un petit haut pourpre et d’un gilet blanc.

Neji se sentit impressionné par sa tenue, mais sa surprise fut à son comble quand il aperçut le petit sac à main accroché à l’épaule de Hinata. Il fronça les sourcils, sachant pertinemment que sa cousine n’avait jamais porté une telle coquetterie.

– Il te vient d’où ce sac ? lui demanda-t-il alors que Kiba l’aidait à enfiler son manteau.

– Oh, heu… c’est ta mère qui me l’a prêté, répondit-elle en rougissant.

Kiba, qui la trouvait adorable ainsi, lui plaqua une bise sur la joue puis l’emmena dehors. Neji resta à la porte d’entrée tandis que Hinata le saluait avant de s’engouffrer dans la voiture. Il avait oublié la réaction de ses parents quand Hinata leur avait demandé la permission de sortir samedi soir. Hizashi, le père de Neji, avait commencé à parler d’heure à ne pas dépasser, mais sa femme avait adressé un grand sourire à Hinata en lui disant de ne pas hésiter à lui demander quelque chose si elle avait besoin.

 

Quand Hinata s’installa à l’arrière de la voiture avec Kiba, elle entendit une voix claironnante la saluer :

– Bonjour Hinata ! Heureuse de pouvoir enfin faire ta reconnaissance !

Hinata leva les yeux vers la conductrice et fut presque étonnée de voir une jeune femme brune, aux yeux aussi rieurs que ce de Kiba.

– Bonjour… Hana, c’est bien ça ? répondit-elle de sa petite voix.

– C’est ça ! Bon, on passe prendre Ino et je vous dépose !

Hinata se détendit aussitôt. Hana Inuzuka semblait très gentille et, d’après ce que Kiba lui avait dit, il était très complice avec elle. Cela ne l’étonnait pas, cette jeune femme avait l’air d’un naturel chaleureux et bienveillant.

– Tu as finalement réussi à convaincre Ino ? s’informa Hinata en se penchant vers l’oreille de Kiba.

– Oui, je suis passé la voir cet après-midi. On a discuté un peu et puis je lui ai demandé si elle voulait venir avec nous au ciné ce soir. Elle a aussitôt accepté. Je pense qu’elle est prête à sauter sur n’importe quelle occasion pour se changer les idées.

Hinata approuva d’un signe de tête ; elle pensait exactement la même chose. Elle n’avait jamais connu de chagrin d’amour, mais elle était à peu près sûre de ne pas s’en remettre si un jour Kiba et elle venaient à se séparer. A cette pensée, un frisson lui parcourut l’échine et elle préféra oublier.

– Et Sasuke, il vient comment ? demanda-t-elle.

– Il a emprunté le scooter de Shikamaru, apparemment. Il n’aime pas dépendre de quelqu’un pour être ramené. Je trouve que c’est mieux ainsi, au moins ils ne seront pas confrontés l’un à l’autre dans la voiture.

Hinata hocha vivement la tête. Il était clair qu’avec le caractère fort d’Ino et l’air buté de Sasuke, la situation pourrait tourner au vinaigre s’ils étaient ainsi obligés de s’asseoir côte à côte.

– Et puis, il faudra faire comme si on n’avait pas fait exprès de les inviter en même temps, sinon Ino va péter un câble, ajouta subitement Kiba. On n’a qu’à dire que tu as invité Sasuke sans savoir qu’Ino viendrait et que j’ai fait de même.

Hinata accepta, une fois de plus. Elle redoutait elle aussi d’avoir à affronter la colère d’Ino et le plan de Kiba semblait être le plus judicieux.

Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent dans un quartier résidentiel rempli de petites maisons semblables les unes aux autres. Hana gara la voiture à côté du trottoir et klaxonna. Quelques secondes plus tard, Ino sortit de chez elle, un sac à la main et des boucles brillantes pendant de ses oreilles. Elle poussa la portière de devant pour s’asseoir à côté de la conductrice.

– Bonjour Hana ! dit-elle d’un ton enjoué. Salut Kiba, salut Hinata ! Vous allez bien ?

– Bonjour ma belle, lui fit Hana avec un grand sourire. T’as raison, viens t’asseoir à côté de moi, je suis sûre qu’ils sont en train de se bécoter à l’arrière !

– Hana ! s’offusqua Kiba tandis que Hinata s’empourprait malgré elle.

– Ça va, je te taquine !

La voiture avait à peine redémarré qu’Ino et Hana entamèrent une conversation. Apparemment, les deux filles se connaissaient bien. Hinata soupira légèrement en songeant que, au fond, Ino connaissait Kiba depuis bien plus longtemps qu’elle. Elle devait sans doute déjà s’être habituée à sa famille. Cette pensée ramena Hinata à une réalité plus dure : comment allait-elle faire pour présenter Kiba à sa propre famille ? Son oncle et sa tante, les parents de Neji, étaient au courant de sa relation, mais elle avait demandé à son oncle de ne rien dire à son père. Elle attendait le bon moment et ne voyait vraiment pas quand il pourrait venir.

Tandis que Hinata se mordait les doigts en tâchant de trouver une solution, Hana arriva enfin aux abords du cinéma, placé juste à côté du centre commercial de Konoha.

– Bon, je dois repasser vous prendre vers quelle heure ? demanda-t-elle alors que les passagers descendaient.

– Vingt-deux heures, s’il te plait, Hinata ne doit pas rentrer trop tard.

– Ça marche ! A tout à l’heure les amoureux et tâchez de ne pas trop gêner Ino !

Hana redémarra sur ces mots, tandis que Hinata rougissait à nouveau. Ino ne put que rire devant les yeux furibonds que Kiba accordait à la voiture de sa sœur.

– Allez, venez, au lieu de rester sur le trottoir ! les sermonna-t-elle. Le film commence dans dix minutes !

Elle entra dans le cinéma et Kiba et Hinata lui emboîtèrent le pas. Il y avait de la queue dans la file d’attente, mais Ino ne manqua pas cependant de remarquer un détail qui la cloua sur place : Sasuke se tenait contre le mur, les bras croisés, son air toujours aussi sombre collé au visage.

– J’ai failli attendre, dit-il en voyant Hinata et Kiba. Ah, Ino. Bonsoir.

Ino ne lui répondit pas. Elle était trop choquée pour réagir. Elle sentait son cœur battre la chamade au fond de sa poitrine. Sasuke, celui qu’elle cherchait tant à oublier, se tenait à moins de deux mètres d’elle. Hinata prit la parole, d’une petite voix timide :

– Ah, heu… oui, je suis désolée, Ino, mais j’ai invité Sasuke et… je ne savais pas que tu viendrais, en fait.

Hinata paraissait vraiment gênée. Ino, ses yeux bleus toujours écarquillés, reprit lentement contenance et répondit d’une voix qu’elle voulait neutre :

– Ce n’est pas grave. On y va ?

Sans plus attendre, elle avança vers la file d’attente. Hinata soupira de soulagement et alla la rejoindre. Sasuke, lui, avait l’air plutôt mécontent.

– C’est une idée de qui, ça ? demanda-t-il en prenant Kiba par la manche.

– Mais de personne ! Je te jure que je ne savais pas que tu venais !

– Kiba, pas de ça avec moi ! Hinata ne serait jamais allée m’inviter d’elle-même !

– Il faut croire que si ! Tu sais, Hinata a du caractère quand elle le veut.

Sasuke fronça les sourcils, peu convaincu. Finalement, il lâcha la manche de Kiba et bougonna :

– Je ferais mieux de rentrer.

Cette fois-ci, ce fut au tour de Kiba de s’agripper à lui.

– Non, attends ! Ça nous fait plaisir que tu sois là, tu sais.

– Ça fait souffrir Ino ! répliqua Sasuke entre ses dents. Elle me déteste, je lui ai brisé le cœur ! Tu crois que c’est facile à vivre pour moi ? J’aime beaucoup Ino et je suis en train de perdre son amitié !

Kiba demeura silencieux durant quelques secondes. C’était bien la première fois que Sasuke lui avouait qu’une personne comptait pour lui. Bien sûr, Kiba savait qu’il appréciait Ino, mais il ne l’avait jamais dit.

– C’est peut-être l’occasion de recoller les morceaux ? proposa-t-il. Ecoute, viens, si tu veux, Hinata et moi on se mettra entre vous deux pendant le film et après on ira dîner tous les quatre !

– J’ai juste l’argent pour le cinéma, rétorqua Sasuke.

– Alors je t’invite ! Allez, ça nous fait plaisir !

Sasuke soupira et finit par céder. Satisfait, Kiba l’entraîna avec lui dans la file d’attente pour rejoindre les filles. Il prit cependant soin de ne pas coller Sasuke à Ino pendant qu’ils faisaient la queue. Hinata, elle, essayait de détendre la grande blonde en la complimentant sur sa tenue, mais Ino ne répondait que par monosyllabes, signe qu’elle était de mauvaise humeur.

Finalement, la séance se déroula sans anicroche, puisque Kiba et Hinata se placèrent au milieu. Quand ils sortirent de la salle, deux heures plus tard, Hinata parla avec enthousiasme du film à Sasuke qui, apparemment, avait apprécié lui aussi. Kiba resta un peu en arrière pour accompagner Ino.

– On va manger, ça te dit ? proposa-t-il.

Ino hésita. Dîner avec Sasuke n’était pas ce dont elle rêvait, mais elle devait bien admettre qu’elle mourait de faim. Et puis, passer du temps avec Kiba et Hinata allait peut-être lui faire du bien. Finalement, elle accepta et ils suivirent Hinata et Sasuke vers le centre commercial où ils choisirent de s’arrêter à une pizzeria.

Quand ils s’assirent, Kiba était bien trop préoccupé par le peu d’argent qu’il lui restait pour payer son repas et celui de Sasuke pour se préoccuper de leurs places et Hinata s’installa tout naturellement à côté de lui. Il ne resta à Sasuke et à Ino que les deux places d’en face, côte à côte. Quand Hinata et Kiba s’en aperçurent, il était trop tard pour reculer.

– Alors, Ino, tu as aimé le film ? demanda Hinata dans un élan de courage.

Ino ne répondit qu’un grognement. Kiba savait que, pour avoir ainsi perdu sa langue, Ino devait se sentir réellement mal à l’aise. Heureusement, un serveur arriva rapidement pour prendre leur commande et l’atmosphère se détendit sensiblement quand, finalement, les plats arrivèrent. Kiba ne put s’empêcher de penser que les gens se montraient toujours de meilleure humeur lorsqu’ils avaient l’estomac plein.

Du moins, c’était ce qu’il espérait de tout cœur. Au début, son impression se confirma. Ino acceptait de parler et Sasuke écoutait en silence. Tout semblait se passer pour le mieux. Rassuré, Kiba se détendit et ponctua le repas de ses nombreuses blagues auxquelles Ino et Hinata riaient volontiers, tandis que Sasuke se contentait de temps à autre de remonter légèrement le coin de ses lèvres.

Tandis qu’il écoutait une énième plaisanterie de Kiba, Sasuke tendit la main vers la carafe d’eau posée au milieu de la table. Sans qu’il ne s’en aperçoive, Ino en fit de même et leurs deux mains se touchèrent à mi-chemin. Sasuke mit quelques secondes à comprendre que, faute de s’être refermés sur le verre de la carafe, ses doigts touchaient à présent la peau douce et soignée d’Ino. Confus, il retira sa main d’un mouvement brusque.

– Je ne porte pas la peste, fit remarquer Ino, acerbe.

Hinata tressaillit. Elle savait que depuis l’incident du bal de Noël, Ino était particulièrement susceptible, en particulier quand il s’agissait de Sasuke. Cependant, sa rancœur dépassait ce qu’elle avait imaginé. Il était clair à présent qu’Ino en voulait à Sasuke.

– Désolé, bredouilla celui-ci, déstabilisé par cette soudaine pique d’agressivité.

– Oh non, je t’en prie, ne sois pas désolé ! Après, c’est encore moi qui vais avoir le rôle de la méchante qui en veut à tout le monde.

Cette réplique, tout aussi acide que la première, fit frissonner Kiba et Hinata. Sasuke demeura de marbre, mais il en était profondément touché.

– Ino, tenta Hinata d’une toute petite voix – si petite à vrai dire qu’on l’entendait à peine – Sasuke ne voulait pas dire ça. C’est simplement que…

– Oh toi, je t’en prie, ne commence pas à jouer les saintes-nitouches ! la coupa Ino, de plus en plus en colère. Tu crois que je n’ai pas remarqué votre manège à tous les deux ? Vous avez vu que je n’étais plus en bons termes avec Sasuke, alors vous vous êtes dits « Oh, le pauvre chou ! Ino lui en veut alors qu’il ne lui a rien fait de mal ! On va essayer de les réconcilier ! ». Mais qui vous dit que j’ai envie, moi, de me réconcilier ? J’ai mal, mal à en pleurer chaque soir, toute seule dans mon lit ! C’est une torture de voir Sasuke tous les jours ! Vous n’y aviez pas pensé, hein ? Ou alors, vous y aviez vaguement songé, mais vous préfériez jouer les bons samaritains et tenter de réparer la situation pour Sasuke ! Sakura avait raison, Hinata, t’es qu’une hypocrite !

Cette fois-ci, c’en fut trop. Tandis que Hinata baissait la tête, rouge de honte, Kiba se leva, le regard furibond.

– Je t’interdis de lui parler comme ça ! beugla-t-il.

– C’est ça, vas-y ! Défends ta copine ! l’encouragea narquoisement Ino. Après tout, on ne se connaît que depuis la sixième. Que suis-je devant l’ange Hinata ? Qu’une pauvre traînée qui ne veut plus voir Sasuke, c’est bien ça ?

– JE N’AI JAMAIS DIT ÇA !

– Non, mais tu le penses sérieusement, bouffon !

Sur ce dernier cri, Ino attrapa son sac et quitta la pizzeria au pas de course. Elle s’éloigna trop vite pour que quiconque puisse apercevoir les larmes qui dévalaient ses joues. Hinata, rattrapée par ses anciennes habitudes, ne put s’empêcher de sangloter discrètement. Kiba, énervé, se rassit près d’elle et l’entoura d’un bras pour tenter de la consoler.

Dans le silence pesant qui venait de s’installer, Sasuke déposa négligemment ses couverts, les faisant tinter contre son assiette.

– Je n’aurais jamais dû accepter, soupira-t-il. Merci pour le dîner, mais je crois que je vais y aller, Kiba.

Kiba n’eut pas la force de le retenir. Sasuke avait une voix brisée, loin du ton indifférent qu’il utilisait communément. Tandis que Hinata se calmait contre son épaule, Kiba caressa doucement l’une de ses mèches sombres, avant de se lever.

– Je vais payer et ensuite on va se mettre à la recherche d’Ino. On ne peut pas la laisser rentrer toute seule.

Hinata hocha la tête en séchant ses larmes. A présent, Kiba ne se préoccupait même plus de l’addition. Il avait l’impression que le groupe auquel il appartenait depuis si longtemps venait de se briser sous ses yeux. La fracture était douloureuse et irrémédiable.

 

Dès qu’elle fut hors de vue de cette maudite pizzeria où elle venait de laisser éclater le chagrin qui l’accablait depuis plusieurs semaines, Ino quitta le centre commercial. Dans la rue, l’air vif et froid de janvier figea ses larmes sur ses joues. Elle ne s’en préoccupa pas. Laissant le vent s’engouffrer dans sa queue de cheval et faire voler ses mèches blondes, elle marcha d’un pas rapide, sans même se demander où elle irait. Tout ce qui comptait, c’était s’éloigner de cet endroit de malheur.

Alors que les réverbères se faisaient moins nombreux et que les bruits des voitures s’éloignaient doucement, Ino s’aperçut que ses pas l’avaient menée dans l’un des parcs de la ville. Le chemin de gravier sur lequel elle errait sillonnait entre les cerisiers plongés dans la noirceur de la nuit et les bancs à l’aspect glacial.

Ino soupira et une larme acheva de couler sur sa joue pour s’écraser par terre. Elle fixa ses pieds durant un bon moment avant de s’asseoir sur l’un des bancs du parc. Comme prévu, le bois était froid, mais elle n’avait aucune envie de se relever. Ino se sentait abattue, brisée.

Au loin, dans la faible lueur d’un lampadaire, un couple s’embrassait à coups de petits baisers successifs. Ino sentit son cœur s’écraser dans sa poitrine, comme si on l’avait pressé jusqu’à lui faire mal. Elle avait elle aussi envie d’amour, de quelqu’un là pour l’aimer et la comprendre. Cette personne, elle avait espéré que ce fût Sasuke. Elle avait longuement imaginé leurs balades en ville, leurs embrassades sur un canapé devant la télé et leurs repas en tête-à-tête. Malheureusement, tout avait viré au cauchemar.

Ino repensa à ce qu’elle avait ressenti quand elle avait vu Hinata et Kiba, heureux, assis l’un contre l’autre. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle avait été jalouse. Ino détestait ce sentiment. Elle le savait ignoble et malsain et, pourtant, ne réussissait pas à s’en débarrasser. C’était comme une plaie qui se serait infectée et qui ne parviendrait pas à guérir.

Le couple se quitta enfin. La silhouette plus petite, la fille, d’après ce qu’Ino put en juger, s’éloigna d’un pas joyeux en adressant des signes de mains à son copain qui restait figé sous la lumière du lampadaire. Ino distinguait à peine ses traits, mais il paraissait grand et bien bâti. Il adoptait dans sa pose un air décontracté qui lui semblait familier.

Enfin, le garçon se détacha de la lumière du lampadaire et s’en éloigna. Ino mit quelques secondes avant de s’apercevoir qu’il se dirigeait vers elle. Dans le noir de la nuit, elle avait à peine remarqué ses mouvements. Il ne restait plus que quelques mètres entre eux et, bientôt, il serait éclairé par le réverbère planté près du banc d’Ino.

La lumière blafarde révéla peu à peu un pantalon noir, une veste négligée et, enfin, un visage fin, encadré de cheveux longs, où les traits étaient si prononcés que deux longues lignes reliaient la bouche au nez. Ino demeura stupéfaite en découvrant ce visage. Le garçon s’arrêta et parut aussi surpris qu’elle.

– Ino ? demanda-t-il de sa voix grave et impénétrable. Qu’est-ce que tu fais là ?

Ino frémit. Elle ne se sentait pas particulièrement rassurée par cette présence. Elle avait soudainement envie de sortir son portable, d’appeler Kiba à la rescousse et de le supplier de la pardonner pour toutes les méchancetés qu’elle avait dites. Cependant, elle n’osa pas esquisser un seul geste.

– Je… je…

Elle ne savait que répondre. Le garçon pencha légèrement la tête dans un signe d’impatience et, finalement, s’assit près d’elle. Ino sentit son corps se glacer complètement. Pourquoi cette personne venait s’installer aussi près d’elle ? Elle n’était pas habituée à recevoir de l’attention de sa part et ressentait plus de la crainte qu’autre chose.

Cependant, le garçon ne fit aucun geste brusque. Il plongea une main dans sa poche, en sortit ce qui ressemblait à une cigarette sans en être une et un briquet. Il tendit le bâtonnet vers Ino qui comprit sa question implicite.

– Je ne fumerai pas cette merde, rétorqua-t-elle en retrouvant son aplomb.

Le garçon émit un petit rire sarcastique avant d’allumer le joint et de le porter à sa bouche. Ino grimaça quand l’odeur lui agressa les narines et se retint de tousser. Cependant, son dégoût ne sembla pas déranger le garçon.

– Que fais-tu toute seule dans la nuit ? Je crois que tes amis n’aimeraient pas te savoir là.

– Je crois que je n’ai plus d’ami, répliqua Ino en sentant la tristesse l’étreindre à nouveau.

Alors qu’il avait jusque là affiché un masque d’une neutralité implacable, son interlocuteur sembla enfin réagir. Une imperceptible vague de compassion passa sur son visage le temps d’une seconde.

– Comment ça ? Il me semblait pourtant que vous formiez une sacrée bande, non ? Je veux dire, toi, Sasuke, Naruto, et les autres…

– On en était une, avoua Ino en sentant les larmes revenir à l’assaut. Mais plus maintenant.

Alors, sans savoir si c’était sa solitude prolongée ou le fait de n’avoir trouvé personne à qui se confier qui la poussait à faire cela, Ino raconta tout ce qui s’était passé depuis le bal de Noël. Comment son cœur s’était brisé en mille morceaux, comment elle s’était sentie seule et délaissée, comment elle éclatait en sanglots tous les soirs dès qu’elle se retrouvait seule dans sa chambre, comment les autres avaient cherché à la réconcilier avec Sasuke sans se préoccuper de ce qu’elle ressentait. Le garçon l’écouta avec attention tout en tirant quelques bouffées de ce qu’il fumait. Quand elle eut fini, il écrasa son joint contre le banc avant de répondre :

– Je comprends, Ino. Je comprends que tu ne veuilles pas revoir Sasuke. On peut mettre du temps avant de se remettre d’un chagrin d’amour et chacun soigne ce genre de choses à sa manière. Si ne plus voir Sasuke te fait du bien, alors ne le vois plus.

Ino acquiesça à ces paroles. Pour une fois, son interlocuteur lui paraissait faire preuve d’une grande sagesse.

– Ecoute, ça m’embête de te voir comme ça, reprit le garçon. Je ne savais pas que tu te sentais aussi mal. Si t’as envie de te changer les idées, trouve-moi, on ira faire quelques sorties avec mes potes. Tu verras, ils ne sont pas méchants, contrairement à ce que certaines mauvaises langues osent dire. En attendant, je ne vais pas te laisser mourir comme ça dans le froid. Envoie un message à Kiba pour pas qu’il s’inquiète et suis-moi. J’ai une voiture garée un peu plus loin. Je te ramènerai chez toi.

Ino ne chercha ni à savoir d’où venait la voiture, ni si le garçon avait le permis de conduire. Trop reconnaissante pour se soucier de ce genre de détail, elle prit son portable et composa un rapide message à l’adresse de Kiba avant de se lever pour suivre le garçon. Alors qu’ils marchaient côte à côte vers la sortie du parc, elle ouvrit à nouveau la bouche :

– Merci beaucoup, Itachi.

***

Note de l'auteur : Enfin, enfin je réussis à publier ce chapitre ! Il m'en a fallu du temps ! Pas parce que je ne l'avais pas fini, au contraire, celui-là a été écrit avec une rapidité surprenante, mais parce que ma connexion internet ne marchait pas depuis plusieurs semaines. Heureusement, mon très cher père a tout arrangé ce week-end ! Bref, j'espère que vous apprécierez ce chapitre, le prochain ne devrait pas trop tarder.

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