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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1519 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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BD-Comics-DA

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W.i.t.c.h

Du Serpent et du Félin Auteur: Chae-yun Vue: 1772
[Publiée le: 2011-10-27]    [Mise à Jour: 2014-06-08]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/Heroic Fantasy Commentaires : 35
Description:
Les WITCH et derrière elles la forteresse de Kandrakar ont remporté une victoire définitive suite au long affrontement qui les opposait à l'Alchimiste Ludmoore. Dans la paix illusoire et précaire précédent le prochain combat,il demeure une ombre de mélancolie: la guerrière Orube.
Unique dépositaire du regret quant à la perte de leur allié contre son gré, le libraire maudit Lord Cédric, magicien reptilien entouré d'ouvrages, et trahit par le monde fantasque que recelait un de ses livres.
Quand l'espoir qui subsiste encore menace de la détruire, Orube est hantée par une interrogation dont la réponse est hors d'atteinte: peut-on parler de mort dans un monde de mots? Mort à force de chercher une issue, à force de tourner les cartes du possible.
Mort d'avoir voulu renaître.

Crédits:
Les personnages appartiennent... à qui déjà? Ah mais oui, c'est à Disney, j'avais oublié^^ Le nom de la scénariste italienne de la BD? Laissez tombez^^
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De pâles obscurités

[4825 mots]
Publié le: 2014-06-08Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Ce chapitre est enfin achevé. J'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à donner votre avis en commentaire. Comme cela fait longtemps, je précise : on se retrouve au moment où Cornélia annonce à Orube la vérité sur notre libraire, alors que celle-ci était sur le point de se suicider.



Un fracas retentissant fit tressaillir Cornélia. Il s'agissait de la lame qui s'était écrasée au sol. Orube l'avait lâchée. La jeune femme, ressemblant plus que jamais à un félin, se ramassa sur elle-même. La Gardienne de la Terre comprit sur-le-champ qu'il était inutile de vouloir la retenir. D'un seul bond, elle atterrit au delà du panneau de bois détruit de la porte, et ses pieds nus frôlèrent le tranchant de la lame étendue au sol. L'instant suivant, elle n'était plus là. Son élan formidable, sur ses jambes qui touchaient à peine le sol, l'avait portée jusqu'au au bout du couloir.

Elle parcourut encore une dizaine de mètres avant de s'effondrer.


- Cédric est vivant. Il se trouve au Métamonde, où il a été emprisonné par Elyon, et condamné à mort.

Cédric est vivant. Il se trouve au Métamonde, où il a été emprisonné par Elyon, et condamné à mort.

Deux phrases. Dix-neuf mots. Trente et une syllabes. Cinq secondes à prononcer.

Deux phrases qui peuvent détruire un monde.

Ou le faire naître.


- Le choc, diagnostiqua le médecin du jardin d'un air sombre. Elle a subi un bouleversement psychologique de très forte ampleur. Pourrais-je savoir quelle sorte de nouvelle êtes-vous venue lui annoncer ?

Il se trouvaient à l'intérieur de l'aile réservée aux soins, où récupéraient les guerriers qui avaient été blessés lors de combats ou dans l'accomplissement de leur mission. Orube était étendue sur une couche entre eux. Ses yeux étaient clos.

- Non, répondit doucement Cornélia. Je m'excuse mais il s'agit d'une raison d'ordre privé.

L'homme leva la tête vers la gardienne. Une certaine irritation se lisait sur son visage.

- Vous ne semblez pas avoir été déléguée en mission officielle par Kandrakar. Quel est le but de votre venue ? Vous n'avais pas d'autorisation pour interférer à l'intérieur des affaire de Basiliade et pour vous en prendre à un guerrier du jardin.

- Je suis envoyée par la sage Yan Lin, rétorqua aussitôt Cornélia, et nous ne nous devons d'aucune...

Un faible son se fit entendre et Cornélia s'interrompit. Les paupières d'Orube battirent puis lentement s'ouvrirent.

- Vous feriez peut-être mieux de partir, dit le soigneur à voix basse, c'est vous qui avais provoqué le choc, et vous voir pourrait...

- C'est bon.

Ils sursautèrent tous deux. Orube sourit. Son regard était neutre, sans expression.

- Je souhaiterais m'isoler un instant.

- Mais...

Sans cesser de sourire, la jeune femme se leva et quitta la pièce.

Un

Dès qu'elle fut hors de vue, Orube laissa disparaître son sourire. Elle fit encore quelques pas et s'appuya du bras contre le mur. Elle suffoquait. Ses traits se crispèrent et des sanglots étouffés secouèrent sa poitrine. Elle fondit en larme. Des larmes brûlantes, pénibles, irrépréssibles. Son coeur ne se brisait pas, il lui donnait l'impression de fondre et brûler, il palpitait à l'intérieur de sa cage thoracique comme un oiseau affolé.

Toute la douleur qui avait été comprimée en elle éclatait. Elle n'avait jamais tant pleuré sur Cédric qu'à présent qu'elle savait qu'il était en vie. Au fond, l'on ne pleure que lorsqu'il y a de l'espoir. On ne peut se laisser aller à toute sa douleur lorsqu'il n'y a pas d'espoir, car cela serait sans fin; pour continuer à vivre, il est nécessaire de réprimer sa peine en avançant. L'espoir revenu, la douleur peut enfin s'exprimer et avouer toute son intensité.

Elle finit par prendre sur elle-même à la pensée que le temps manquait, et que si elle se laissait trop aller, cet épanchement durerait des jours. Au prix d'un effort considérable, elle parvint à se calmer.

La guerrière reparti dans la salle commune. Cornélia ainsi que le médecin du jardin l'observaient d'un air inquiet.

Elle se rassit sur la futon où ils l'avaient allongé, s'adossa au mur et ferma les yeux. Elle entendait les bribes de leur conversation frébile comme un bruit de fond. Elle prit plusieurs profondes inspirations. Rouvrit les yeux et fixa le vague. Après le choc du premier moment, elle sentait que son émotion se fondait en réflexions d'où n'étaient pas absente, au fond, la peine et la douleur.

Le plus triste, c'était qu'elle comprenait que ce retour n'était pas et ne serait pas l'éblouissant bonheur qui efface tout, tel qu'on l'imagine lorsque l'on croit qu'il n'y a pas de retour en arrière. Elle avait tant souffert que sa personnalité avaient été irémédiablement changée. Tout ce qu'elle avait vécu depuis la mort de Cédric, même la résurrection de son amour ne pourrait l'effacer. Elle était devenue une autre personne, avec esprit autre. Elle avait grandi, peut-être même avait-elle commencé à vieillir. La douleur et le regret sont de bons pédagogues. Quand elle poserait les yeux sur lui, elle verrait quelqu'un d'autre, et lui retrouverait une femme qui avait changé au delà du réparable.

Mais cela n'entrait-il pas dans l'ordre des choses ? Au fond, elle n'aurait pas voulu que disparaissent tous ces mois de chute sans fin, cette douleur se mêlait à l'amour qu'elle éprouvait, lui donnait une dimension supérieure, plus complète, une densité de couleurs et de sentiments différente. C'était triste, certes, mais dans sa peine résidait une sorte de beauté. Elle chérissait cette douleur comme une part inestimable d'elle-même.


Elle se releva. Cornélia s'attendait à ce qu'elle se dirige vers la sortie et lui emboîta le pas, mais la guerrière opta vers le couloir qui menait à la salle commune.

- Où vas-tu ? Il n'y a pas de temps à perdre.

Orube prit la gardienne à part et dit :

- Je pars et je ne sais pas si je reviendrai un jour. Il y a des personnes à qui je veux dire au revoir. Je prendrai peu de temps. Ensuite nous nous en irons.

- Bien sûr, rougit la jeune fille un peu confuse, va parler à ta famille.

- J'aurais aimé ne pas intervenir, car je n'ai plus d'avenir en commun avec eux, et les choses seraient plus simple comme ça, en évitant le pathétique d'un dernier contact. Mais au final, cela reviens à de la lâcheté d'agir ainsi.

"Elle parle toujours comme un livre, pensa Cornélia. Au moins, les gens d'ici ont le sens de l'honneur, comme dans notre monde autrefois. Pourquoi est-ce que je ne peux pas être comme ça ? Est-ce que c'est la société des hommes d'aujourd'hui qui en est responsable ou est-ce de ma seule faute ?"

Orube la rejoignit quelques minutes plus tard devant l'entrée des temples. Son visage était, comme toujours, indéchiffrable.

- Peux-tu nous emmener à Kandrakar ?

- Nous pouvons nous rendre directement au Métamonde. Yan Lin m'a confié un orbe de transport.

- Yan Lin ? Je vois. Mais pourquoi...

Orube s'interrompit et hésita. Elle paraissait plongé dans ses pensées. Elle releva ensuite la tête et déclara :

"Cornélia, je te remercie de m'avoir avertie en bravant le désavoeu des tes compagnes ainsi que la désapprobation de l'Oracle. Aller contre sa volonté est un crime, et par ce geste je romps mon service de la Forteresse. Aussi longtemps que je vivrai, je suis ton obligée, ainsi qu'à la sage Yan Lin. Dès que tu sera en proie au moindre problème, je te fais le serment de te venir en aide autant qu'il le faudra pour que tu sois en entièrement libérée, et ce tout au long de ta vie.

Toutefois, je ne veux pas que tu m'accompagne. Il s'agit d'une affaire entièrement personnelle et je ne peux permettre que quelqu'un d'autre que moi accomplisse ce que j'ai l'intention de faire."

- Euh, je comprends, fit Cornélia désapointée par tant de solennité.

Elle renonça à protester car elle savait que rien ne pourrait faire changer Orube d'avis.

Elle mit ses mains en coupe devant elle et une sphère lumineuse qui palpitait apparut. Ses mains s'écartèrent de plus en plus et la sphère grandit.

"Bonne chance", dit-elle.

La guerrière de Basiliade s'inclina devant la Gardienne de la Terre et sourit doucement.

"Sauve le", faillit ajouter Cornélia. Elle ne dit rien et la silhouette d'Orube s'effaça de ce monde.

La phrase lui restait sur les lèvres. Ele ne considérait plus Cédric comme un ennemi et au fond, l'aimait bien.

Elle n'avait rien à regretter. Elle cherchait une phrase, un voeu de bonheur qui conclurait tout cela, et ne trouvait rien, des banalités sans intérêt.

"Vivez, finit-elle par prononcer à l'adresse des arbres pourpres, des fleurs tombantes à la grâce épuisée, qui répandaient leur parfum entêtant, des oiseaux aux multiples paires d'ailes azurée, qui peut-être l'écoutaient (qui sait?), vivez, et n'appartenez plus jamais à personne."

- Comment ? demanda le maître du Jardin qui passait là, pour voir ce que devenait son hôte et la guerrière.

- Ce n'est rien, sourit Cornélia, et elle se détourna, avant de quitter à son tour le monde aux deux soleils, le monde des guerriers et des fleurs.


Orube courait. L'orbe, à laquelle sa pensée n'avait pas suffisemment précisé l'endroit où elle désirait se rendre, car elle pensait davantage à la personne qu'au lieu, avait été imprécise. Du coup, elle avait été décalée de quelques kilomètres par rapport au palais de Méridian, tel qu'elle s'en souvenait. Elle parcourait les rues tortueuses à fond train. Sur son passage, les gens poussaient des cris de stupeur, et même de terreur. Elle allait à une telle vitesse que personne n'avait le temps de la regarder à deux fois pour vérifier qu'elle était bien réelle. Les humanoïdes pourvus d'écailles, de cornes, ou encore de griffes s'écartaient d'un bond et commentaient l'étrange apparence de cette femme qui ressemblait à une escanor.

La jeune guerrière sentait toujours son chagrin pulser dans sa poitrine comme un coeur lancinant, mais à présent, c'était un autre sentiment qui se levait en choeur dans son esprit. Sa rage. La rage qui l'habitait depuis toujours, celle qui l'avait poussée enfant déjà à se dresser contre la volonté de sa famille qui voulait faire d'elle une guerrière. Elle l'était pourtant devenue finalement. La rage qui la soutenait au combat, malgré les réproches de Luba à ce sujet, arguant qu'elle devait trouver la sérennité pour atteindre la plénitude. Avec le temps, elle s'était pourtant calmée, apaisée, elle avait avait accepté de remplacer l'une des gardiennes. La rage qui la dressait contre la mentalité des terriens, contre leurs façons de vivre sans honneur. Par la suite, elle avait fini par comprendre leurs sentiments, par s'adoucir, prendre leurs habitudes. Aimer... Sa rage contre la mort qui avait emporté l'extraterrestre possédant une rage contre la vie encore plus grande qu'elle.

Sa haine contre l'implacable destin qui toujours fait de nous ce que nous ne voulions pas devenir. Et qui peu à peu, s'emploit à briser notre volonté, notre être, notre existence et notre souvenir.

Telle était la vie. Orube rejetait la sérénité, la paix. Elle voulait d'un être qui l'aimait pour sa défiance, pour son refus de l'abandon. Elle voulait d'un être auquel elle s'opposerait, dans la mésentante et la fierté mutuelle. Elle refusait la bonté, la gentillesse, voulait d'un être mauvais et torturé. Elle aimait.

Elle voulait d'un destin de frissons et de feu.


Enfin en accord avec elle-même, elle prit la décision que cet amour qui lui été imposé par quelque invisible dieu serait la dernière chose qu'on lui imposerait. Elle le choisirait comme l'axe de sa vie et rejetterait tout le reste. Et, tandis qu'elle courait, elle sentait sa colère, nette et chantante, s'élever en elle.


Le parvis de palais de Méridian était tel qu'elle s'en souvenait, majestueux et mélancolique. Elle en franchit les marches presque d'un seul bond, et rien, ni murs, ni gardes, ni sort ne saurait l'arrêter.


Quand la Reine Elyon entendit Caleb lui faire un rapport selon lequel un intrus s'était introduit dans le palais, elle ne put pas se dire qu'elle était vraiment surprise. Non, c'était différent. Elle était consciente qu'elle aurait dû être surprise, mais elle ne l'était pas.

"... et, le plus étrange, c'est que cette personne ressemble à un émissaire de Kandrakar. Vous savez bien, la jeune femme qui est venue nous rendre visite il y a quelque temps cela."

Orube ? Orube pénétrait dans le palais de Méridian? Elyon était en proie à de la curiosité plus qu'au ressentiment ou à la crainte. De toute façon , il y a quelque chose que je n'ai pas compris dans cette histoire, depuis le début. Le comportement de Cédric n'obéit à aucune logique.

" Quels sont vos ordres ?"

Elyon soupira. De toute façon, il n'y avait guère de choix.

- Laisse la entrer. Je pense que c'est moi qu'elle désire rencontrer. De toute façon, je ne pense pas que nous parviendrons à l'arrêter.

Caleb parvint à dissimuler sa surprise, mais voulut s'inquiéter de la sécurité de la Reine. Elle leva la main pour parer à son objection avant même qu'il ne prenne la parole.

"Ne t'en fais pas, je ne crains rien."

C'était vrai. Les pouvoirs de la Lumière de Méridian la garantissaient contre toute attaque.

- Et qu'en est-il de l'exécution ? Faut-il poursuivre la sentence ?

- Non.

A l'extérieur, une foule immense attendait, muette et solennelle, avec le regard grave d'un enfant qui retient son souffle devant un objet qu'il découvre pour la première fois de sa vie et dont on lui avait toujours parlé. Une concentration presque religieuse émanait de la masse assemblée là, silencieuse. Il avait été annoncé que l'ancien officier de Phobos serait exécuté à la façon les nobles escanors s'étant parjuré : par décapitation, une mise à mort considérée comme plus digne que le bûcher ou pire encore, la pendaison, réservée au gibier de potence.

"Non, reprit Elyon, car je pense que ce problème est lié. Interromps le processus. Ce ne sera pas long."

L'Intendant sortit sans chercher à dissimuler, cette fois, sa perplexité et son mécontement.

Elyon fit demi-tour et vint s'asseoir sur son trône peu ostentatoire. Elle mit ses mains sur ses genoux comme une petite fille sage, le dos droit, le regard sur la porte. Elle n'eut pas à attendre longtemps.


Quand Orube franchit la porte de la salle du trône, elle n'avait plus rencontré de résistance depuis les ailes exrérieures du palais. Elle poussa les battants en même temps, avec détermination mais sans force superflue, et entra résolue, presque calme; rien sur son visage ne laissait deviner le tumulte de son coeur.

La Reine l'attendait tranquillement, assise. Elle donnait une curieuse sensation de vulnérabilité, à la voir ainsi, sans surprise, presque résignée. Sa position laissait la sensation de quelqu'un qui a commis une faute ou une erreur , qui a accepté sa culpabilité et qui s'apprête à en recevoir les reproches avec humilité. Toutefois, justement, l'idée qu'Elyon avait délibéremment choisi une telle position était révélateur. Elle ne craignait pas de paraître vulnérable car elle ne l'était pas, à l'inverse de quelqu'un dont la crainte pousserait à fanfaronner pour paraître plus fort. Cela, associé à la mortelle froideur des yeux de la jeune fille, acheva de convaincre Orube, avant même qu'elle ne parle, que jamais Elyon ne se laisserait dissuader. Cette exécution, c'était la sienne, elle aurait lieu, voilà la certitude qui se lisait dans ces yeux bleu-gris.

Orube sourit intérieurement. Voilà qui rendait les choses plus simples. Le but d'Elyon était cette mort, Orube la vie. Quelqu'un l'emporterait. C'était une situation qu'elle comprenait et qu'elle aimait: un combat. Or, elle avait toléré une fois qu'on lui ôte cet être, occasionnant la plus grande douleur qu'elle eût connu; et jamais, jamais, elle ne permettrait que cela se produise une seconde fois.

- Bonjour, Orube.

Une petite voix froide. Une pointe de lassitude, rien de plus. Comme face à une tâche un peu ennuyeuse que l'on ne peut éviter.

- Tu sais la raison pour laquelle je suis ici.

- Non, je l'ignore, justement.

- Ne te moque pas de moi.

- Je ne me moque pas de toi, répliqua calmement Elyon, avec cette voix lente et patiente que l'on prend pour expliquer un problème à un enfant un peu lent d'esprit.

"Tu es entrée sans aucune permission, j'ai demandé à ce que te laisse venir jusqu'à moi, et je t'écoute. Il me semble que je te prends très au sérieux. Alors, maintenant, je voudrais savoir pourquoi tu es venue. J'allais de te poser la question"

- Je ne sais pas si tu ment délibérément ou si tu es sincère en disant cela. Je vais quand même te le dire pour que les choses soient claires et que tu ne puisse plus prétendre l'ignorer plus longtemps. Je suis venue pour chercher Cédric.

A ce stade, Elyon pencha la tête en un mouvement alangui et étrangement distant, elle hochait la tête d'un pensif.

- Je me doutais que ta venue avait un rapport avec lui. Mais j'avoue que je ne comprends pas pourquoi. Pourquoi veux-tu le chercher? En quoi son sort t'intéresse-t-il personnellement?

Elle semblait toujours aussi détachée par rapport à l'issue de la confrontation; en revanche la raison de la présence d'Orube avait l'air de sincèrement la préoccuper. D'une façon théorique et peu impliquée, comme si elle désirait connaître la solution d'un problème d'algèbre particulièrement ardu. Orube l'estima capable de lutter éternellement. Alors qu'elle-même était prodigieusement agaçée par son attitude. Rien de plus désagréable que que d'entamer un combat avec quelqu'un qui ne se prête pas au jeu et qui n'offre pas de prise.

- Tu me demande pourquoi ? Tu l'a condamné sans même un simulacre de procès. Tu es pourtant censée être la reine de justice, la lumière du pays. Tu ne sais rien de ce qu'il est devenu depuis qu'il a quitté la Zone Obscure de Non Lieu, ni de ce qu'a donné son processus de réhabilitation. Même si tu as eu des preuves de son manque de loyauté, tu ne connais pas tout les faits, loin de là. Pourtant, pour faire plaisir à ton peuple qui te réclame sa tête en souvenir d'une époque qui n'existe plus, tu a décidé de l'exécuter comme on se débarasse d'un souvenir gênant auquel on a pas envie de repenser. Trouve-tu que ce soit une décision digne de...

- N'es-tu pas aveuglée par l'amour que tu éprouves pour lui?

La phrase fut comme un coup à l'estomac, explusant l'air de ses poumons. Au pied du mur, avec un éclair de lucidité extrême, la guerrière de Basiliade comprit que si elle reculait à cet instant, elle perdrait tout. La vie de Cédric.

- Oui, tu as raison. C'est au nom de l'amour que je suis venue. Je défierai ce royaume tout entier s'il le faut.

Elle l'avait dit. Ce que longtemps elle refusait de se reconnaître à elle-même. Ce qui aurait mis en danger de mort celui qui l'aurait suggéré devant elle autrefois. Elle l'avait craché à la face d'un monde.

Cela sembla atteindre Elyon au travers de sa hiératique indifférence, tant elle s'attendait à une réponse contraire. Elle se redressa en ouvrant un peu les yeux, tel le serpent prêt à frapper.

- Ainsi c'est donc bien cela. Incroyable. Je suppose que si tu le dis, c'est que tu ne mens pas, car si tu étais dans ton état normal, tu refuserais que l'on envisage une telle chose par rapport à toi.

A ce moment, un conseiller vint, traversa la pièce en ignorant plus totalement Orube qui si elle avait été un meuble et dit quelques mots à l'oreille de la Reine. Instantanément, celle-ci lui répondit de la même manière.Il repartit de la même façon rapide et discrète.

Elyon poursuivit comme si elle n'avait pas été interrompue.

" Tu es tombée si bas. Tu te fais comme des illusions sur Cédric, tu te laisse dominer parce que tu ressens. Je ne te reconnais pas là. Comment cela a-t-il été possible ? "

La question avait l'air de réellement la déconcerter.

- C'est possible. Comme tu l'as fait auparavant. Ton intelligence est louée dans tout le royaume. Pourtant, tu n'as pas résisté davantage à ce sentiment.

Orube avait pensé que l'évocation de l'époque où elle aimait son mentor ébranlerait Elyon; peine perdue. La Reine reprit immédiatement la parole.

- Entre mes égarements et les tiens, quelle différence sinon que moi j'ai retrouvé mon chemin? Si tu viens de me demander sa grâce en étant consciente de cela, c'est la preuve que tu n'es plus toi-même. C'est pourquoi je ne te l'accorderai pas. Plus tard, tu me remercieras.

- Il y a une différence. Moi, je ne me suis jamais perdue.

Soudain, un soupçon terrible éclot dans l'esprit de la Reine. Elle eut un petit hoquet. Se pourrait-il...

"Ou plutôt, pourquoi pense-tu que tu étais perdue à l'époque? En tout cas, si tu l'étais, tu l'es aussi maintenant."

Une sensation glacée se répandait dans les veines d'Elyon. C'était impossible... Orube continuer de parler mais sa voix lui semblait distante de centaines de mètres.

"C'est l'orgueil qui te fait parler, qui te dresse devant moi, c'est lui qui te pousse à tuer. L'orgueil offensé. Tu ne lui as jamais pardonné sa trahison, n'est-ce pas ? Tu n'as jamais supporté qu'il t'ait menti du début à la fin. Tu lui en veux à mort de t'avoir fait connaître cette douce illusion. Ce n'est pas l'amour pour ton peuple qui te pousse à accomplir cet acte, c'est l'amour pour toi-même, et dans une certaine mesure, l'amour qui te lie encore à lui."

Jamais de sa vie Orube n'avait tant de fois prononcé le mot amour. Elle assena le coup de grâce.

"Aujourd'hui... Serais-tu jalouse ?"

- Si tu penses, même un instant... Si tu crois que ce sentiment est réciproque, tu es folle.

Elyon suffoquait presque et éprouvait toute les peines du monde à ne pas le montrer. Il y avait du vrai dans le discours de la guerrière, mais cela n'était pas le pire. Depuis Matt, elle n'avait plus... Matt... Matt qu'elle aimait tant, son idéal, son rêve. Si loin, si peu réel. Cédric, son mentor, son âme soeur, son chevalier servant d'autrefois. Cédric le traître, le manipulateur, le meurtrier. Cédric. Jamais ! Jamais ! Jamais! criait son coeur, cela ne pouvait être ! Car si vraiment cela était réel, si vraiment il aimait ce chat... Elle avait été abusée par un être qui était capable, finalement, d'éprouver l'amour désinteressé. Que lui restait-il... alors?

Elle n'était rien.

On frappa à la porte, elle n'entendit pas. Au paroxisme de son angoisse, elle cria :

" Cédric... Cédric n'aime personne ! "

La porte s'ouvrit. Elyon sursauta et se tourna comme une folle, la bouche ouverte, mais il était trop tard pour annuler l'ordre qu'elle avait donné quelque minutes plus tôt, quand elle ne savait pas que la situation prendrait ce tour. Deux gardes s'inclinèrent et repartirent prestement, en laissant dans l'encadrement le prisonnier qu'ils avaient été chargé de conduire dans la salle du trône, Lord Cédric.


On s'attendrait à ce que le silence se prolonge indéfiniment suite à cette entrée en scène. Il n'en fut rien.

- Pourquoi penses-tu que je n'aime personne, Elyon ?

Il avait dit cela à mi-voix, mais il ne la regardait pas. Il regardait Orube, qui le regardait aussi. Ils se tenaient face à face. Sept mètres les séparaient. Ils ne les franchirent pas, pas encore. Ils se contemplèrent ainsi pendant des instants qui s'étirèrent, devinrent des minutes surpendues. L'un et l'autre, il ne comprenaient pas. Ils ne comprenaient pas comment le destin avait pu les emmener l'un en face de l'autre. Et à chaque instant, ils savouraient ce rêve qui les avait hanté, harcelé, frappé, ce qui avait toujours été promis et refusé et qui était là soudain, aussi simplement que de tendre la main devant soi.

Elyon compris en posant son regard sur eux. Qu'il aurait été inutile de répondre quoi que ce soit à Cédric, car il n'aurait pas entendu. Et que c'était vrai. Bien vrai. Un sensation d'accablement au delà de toute mesure fondit sur elle.

Cédric se mit à avancer simplement vers Orube. Ils ne pouvaient pas encore parler. Ses mains tremblaient imperceptiblement. Trois pas, deux pas, un. Alors, gauchement, ils se penchèrent l'un vers l'autre, et Cédric serra maladroitement Orube dans ses bras. En sentant la jeune fille appuyer sa tête d'oiseau contre son épaule, toujours revêtue d'un kimono blanc, il sentit que pour la première fois depuis le jour où il était mort, les larmes lui venaient aux yeux. Orube avait appuyé son poing serré contre son torse, et il passa son bras contre son dos pour l'attirer davantage. Ils demeurèrent dans cette position, tendus, gênés, les bras figés et le corps crispé, fabuleusement heureux, pendant qu'Elyon se demandait s'il fallait tuer Cédric ou Orube, les tuer tous les deux, ou ni l'un ni l'autre.

Ils s'écartèrent un peu et Cédric demanda :

- Comment es-tu venue ?

Orube avait la gorge si serrée qu'elle ne put lui répondre immédiatement.

- Cela n'a pas d'importance. Je l'ai appris et je suis venue, c'est tout. Je serais toujours venue.

Il hocha lentement la tête.

- Alors je dois te...

Elle lui mit une main sur les lèvres.

- Non. Tu m'as sauvé la vie.

Elle retira doucement sa main. C'est alors que sans le moindre signe avant coureur, Elyon tendit le bras et un jet de lumière jaillit de la couronne de lumière pour aller envelopper Cédric. Orube se jeta sur elle, mais avant même qu'elle ne l'atteigne, la Reine avait déjà relâché son emprise. D'un bond, elle fit demi-tour pour soutenir Cédric qui vacillait.

- J'ai compris... mumura Elyon, j'ai compris.

Toute colère, tout ressentiment et toute tristesse avait disparu de son visage. Elle semblait calme, du calme qui retombe lorsque tout espoir s'est envolé. On est paisible, c'est fini.

- Qu'as-tu compris ? demanda Cédric.

- Je lève ma sentence. Vois-tu... je me demandais comment tu avais pu survivre dans le Livre de Ludmoore. Les créatures intégrées dans le texte deviennent d'encre et si elles succombent, elles ne susbsistent pas.

Orube émit un sifflement sourd de colère tel un chat qui feule, à l'évocation de ce souvenir.

"De fait, je n'ai pas besoin de te tuer. Tu es déjà mort. La hache qui attend dehors se serait plantée dans le vide avant de retomber sur le bois de l'échaffeau. Le bourreau n'aurait traversé qu'une ombre. Il n'y a rien à tuer que du vent. "

- Que racontes-tu ? cria Orube, et de nouveau elle s'élança vers elle, mais Cédric la retint.

- L'être que j'ai connu sous le nom de Cédric s'est éteint. Je préfère qu'il en soit ainsi; ma haine ne pourra pas l'atteindre. Tu as peut-être bien une existence physique, mais au niveau de ton principe d'existence, tu es indéterminé. Je n'ai jamais rencontré un être comme toi. Tu as reçu les souvenir d'un être qui fut réel et tu sembles être devenu sa continuité.

Elyon pencha la tête sur le côté et sourit, d'un sourire nouveau, plein d'une étrange douceur.

"Tu croyais vivre un rêve, Cédric? C'est toi qui est le rêve d'Orube. C'est son désir qui constitue ta présence, ce sont ses yeux qui te rendent visible, c'est son amour qui fait battre ton coeur qui n'existe plus."






























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