Ne pas suivre ce lien !

Fanfic Fr

Publiez et gérez vos fanfics en ligne

 Créer un compte | S'identifier.

Sommaire

Version mobile



Accueil


FANFICTIONS


Lecture


Entre Vous


Édition


Internet & Liens



Derniers Blogs Modifiés


Derniers liens


Appels à Textes

Consulter tous les AT
  • Nutty Kyds : Oups
    Nutty Sheep
    Nb de signes : 5 000 - 15 000 sec
    Genre : science-fiction
    Délai de soumission : 25/05/2021
  • Océans merveilleux
    Fantasy Art and Studies
    Nb de signes : < 30 000 sec
    Genre : fantasy
    Délai de soumission : 25/06/2021
  • Nocturnes
    Revue Ecriture de soi-R
    Nb de signes : < 3 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 15/03/2021
  • Basse-cour
    LE SOC
    Nb de signes : < 5 000 sec
    Genre : art visuel - poésie
    Délai de soumission : 22/03/2021
  • Surréalisme
    Encres
    Nb de signes : < 12 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 28/02/2021
  • Road trip
    Revue de La Grenouille à Grande Bouche
    Nb de signes : 4 000 - 8 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 16/02/2021
  • Ode à l'indépendance
    L'Indé Panda
    Nb de signes : 3 500 - 35 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 28/02/2021
  • PEG Prix d'Ecriture descerné à Gruyère
    Editions de l'Hèbe
    Nb de signes : < 30 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 30/06/2021
  • PIJA Prix International Jeunes Auteurs
    Editions de l'Hèbe
    Nb de signes : < 30 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 31/03/2021
  • Problème
    Editions du Sagittaire
    Nb de signes : 25 000 - 75 000 sec
    Genre : théâtre
    Délai de soumission : 30/06/2021

Publicité


Publicité

Votre campagne ici

Articles

(Consulter tous les articles)

Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1519 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


Accueil des Fanfics Liste par Auteurs/Date Recherche Coup de cœur Hasard...

BD-Comics-DA

 > 

W.i.t.c.h

Du Serpent et du Félin Auteur: Chae-yun Vue: 1771
[Publiée le: 2011-10-27]    [Mise à Jour: 2014-06-08]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/Heroic Fantasy Commentaires : 35
Description:
Les WITCH et derrière elles la forteresse de Kandrakar ont remporté une victoire définitive suite au long affrontement qui les opposait à l'Alchimiste Ludmoore. Dans la paix illusoire et précaire précédent le prochain combat,il demeure une ombre de mélancolie: la guerrière Orube.
Unique dépositaire du regret quant à la perte de leur allié contre son gré, le libraire maudit Lord Cédric, magicien reptilien entouré d'ouvrages, et trahit par le monde fantasque que recelait un de ses livres.
Quand l'espoir qui subsiste encore menace de la détruire, Orube est hantée par une interrogation dont la réponse est hors d'atteinte: peut-on parler de mort dans un monde de mots? Mort à force de chercher une issue, à force de tourner les cartes du possible.
Mort d'avoir voulu renaître.

Crédits:
Les personnages appartiennent... à qui déjà? Ah mais oui, c'est à Disney, j'avais oublié^^ Le nom de la scénariste italienne de la BD? Laissez tombez^^
<< ( Préc ) ( Suiv ) >>
  Commenter ce chapitre 

Une si sombre lumière

[3161 mots]
Publié le: 2013-07-20Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur J'avais dit au début de cette histoire que nous ne verrions pas les Witch; j'ai changé d'avis, elles apparaissent durant ce chapitre.
Bonne lecture!

   La lueur se mit soudain à palpiter violemment dans le noir. Envahie par la chaleur habituelle qui parcourait ses veines, Will ouvrit un œil. Sa chambre paisible, remplie de grenouilles en peluche jetées un peu partout, était illuminée par le puissant rayonnement du cœur de Kandrakar. Heureusement, la porte close empêchait sa famille de s’apercevoir de quoi que ce soit.

-      Un appel de Kandrakar ? Mais qu’est-ce qu’ils veulent ? grogna-t-elle en se redressant.

Passant machinalement une main dans ses mèches rouge vif en bataille, elle étouffa un bâillement et sauta de son lit. Une voix retentit soudain dans sa tête :

« Will ? Que se passe-t-il ? »

Cornélia.

« Je ne sais pas. Je viens de recevoir un appel urgent de Kandrakar. Quelque chose d’important a dû arriver.»

« Le chauve est peut-être doué pour les moyens de communication express, mais il a encore des progrès à faire avec les horaires », intervint une troisième voix d’un ton boudeur et ensommeillé.

D’un élan, Will se transforma, adoptant sa tenue de gardienne tandis que son corps devenait celui d’une jeune femme ailée. Un quart d’heure plus tard, les cinq étaient réunies sur un terrain vague, à l’abri de lumières inquisitrices des lampadaires de la ville, où leur étrange apparence aurait pu être remarquée.

-      Pourquoi un appel si soudain ? demandait Hay Lin. Nous avons vaincu Ludmoore, il ne devrait plus y avoir de problème, insista-t-elle, nerveuse.

-      Peut-être une nouvelle menace, fit laconiquement Cornélia.

-      Problème ou pas problème, les sages n’ont pas la notion de ce que c’est que se lever tôt le matin, pour aller en cours… Ils ne savent pas non plus ce que c’est de se prendre un savon par la directrice, parce qu’on dort en classe.

-      Ce n’est pas le moment, Irma, dit Taranee. Quoi qu’il en soit, il faut qu’on y aille pour le savoir.

   Will matérialisa le cœur pour qu’il les transporte à la forteresse. Tout parut s’effacer  autour d’elles tandis qu’elles disparaissaient, voyageant entre les dimensions pour réapparaître au centre de l’infini dans une grande lumière blanche. Elles regardèrent autour d’elles. Elles ne se trouvaient pas dans la salle où siégeait l’Assemblée des Sages, mais à l’intérieur d’une petite pièce qu’elles ne connaissaient pas, aux murs vert d’eau couvert des habituelles fresques absconses. Le sol sous leurs pieds était constitué d’une pierre plate d’un seul tenant à la forme d’un cercle, duquel partaient quatre chemin de cette même pierre, un de chaque côté, permettant d’accédait au centre de la pièce. Le reste de l’endroit était constitué d’un bassin opaque où flottaient des fleurs de lotus. Le type de folies architecturales impossibles courantes à Kandrakar, la forteresse en perpétuelle transformation.

Devant elles, il y avait l’Oracle, l’air perplexe, comme déconcerté face une chose qu’il n’aurait pas comprise. Ce n’était pas une expression qu’il arborait souvent, si l’on considérait qu’il était en partie omniscient dans l’infinité des mondes sur lesquels veillait Kandrakar.

Il parla avant qu’elles aient eu le temps de poser les nombreuses questions qu’elles avaient sur les lèvres.

-      J’ai reçu des nouvelles très inattendues. Êtes-vous prêtes à les entendre ?

-      Très inattendues… vous voulez dire, même pour vous ? demanda Hay Lin.

-      Oui, nous avons été surpris.

-      Ce sont de bonnes ou de mauvaises nouvelles ? voulut se renseigner Irma.

-      Tout dépend du point de vue dans lequel on se place. Tout d’abord, Lord Cédric n’est pas mort comme nous l’avions cru, il est vivant et en ce moment dans le Métamonde.

Cette déclaration ne provoqua pas les exclamations consternées qu’elle n’aurait pas manqué de susciter avant l’ultime épisode à l’intérieur du dernier chapitre du livre. Irma fronça tout de même les sourcils. Les autres eurent plutôt l’air surprises, gênées et un peu indécises. Cornélia avait l’air de penser que c’était plutôt une nouvelle positive.

-      Le considérez-vous comme votre ennemi ?

-      Hum… oui  et non, risqua Taranee.

-      Il nous a menti pour causer la disparition de Matt, rappela Will d’un ton sombre.

-      Mais à la fin, il nous a aidé, non ?

-      Tu sais bien que ce ne n’est pas pour nous qu’il est devenu notre allié, observa doucement Cornélia.

Un silence plana alors avant qu’Irma n’intervienne.

-      Alors, il faut aller le dire à…

-      Attendez, l’interrompit l’Oracle, ce n’est pas fini. La seconde nouvelle le concerne également, et elle est davantage préoccupante. La reine Elyon l’a arrêté et emprisonné. Elle vient de décider son exécution.

Grand silence atterré.

-      Ce n’est pas possible, dit Hay Lin, elle a perdu la tête !

-      Qu’est-ce qui lui prends ? renchérit Irma.

-      Je vais aller lui parler, lança Cornélia en criant presque.

-      Calme-toi, lui conseilla Will. C’est dur, mais pense à ce qu’ils lui ont fait subir, lui et Phobos, à elle et à son peuple… Ce doit être pour cela qu’elle réagit comme ça.

-      Ce n’est pas une raison pour condamner quelqu’un comme ça, objecta Taranee. Quelle est la position de Kandrakar par rapport à cette décision ? dit-elle en s’adressant à l’Oracle.

-      Ce n’est pas encore décidé. J’y suis personnellement opposé, mais la question va être soumise la congrégation avant que nous entreprenions quoi que ce soit.

-      Qu’en pense ma grand-mère ? demanda Hay Lin.

-      Elle pense aussi que ce n’est pas le bon choix. Toutefois, je doute que ce soit le cas d’Endarno. La majorité des sages le considèrent comme l’ennemi de la forteresse qu’il a toujours été, l’un des plus dangereux de tous les temps avec Phobos, et nous n’avons aucune preuve que ce ne soit plus le cas.

-      Alors… vous n’allez rien faire ? insista-t-elle.

-      A priori, non. De plus, nous n’avons pas à nous immiscer dans les affaires internes des mondes, du moment qu’elles ne menacent pas l’intégrité de ceux-ci. Dans la situation actuelle, sa mort apparaîtrait à tous, y compris à la congrégation, comme rentrant dans l’ordre des choses. Il est le dernier reliquat d’une époque de trouble désormais révolue avec la Zone Obscure de Non Lieu. Je tenais seulement à vous transmettre le message.

Avant que les gardiennes n’eussent le temps de se remettre de leur stupeur, il leur tourna le dos. Visiblement, elles étaient congédiées. Avant de sortir, il leur adressa ces derniers mots, avec un coup d’œil significatif:

-      Il serait évidemment très imprudent de tenter quoi que ce soit qui aille à l’encontre de la volonté de la congrégation, ou des dirigeants du Métamonde.

 

   Heatherfield, ville de magie, de vœux et de miracles. Ville de malédictions, d’espoir déçus, et de pleurs et de vengeance. Ville de lumière et de cendres grises.

Pour le moment, plongée dans le silence d’un morne après-midi pluvieux. Dans le ciel, les nuages tourmentés dessinent des nuances sombres. Le tonnerre roule dans le lointain. Le son parvient jusqu’à la fenêtre de l’immeuble luxueux de l’appartement de Cornélia où, ses parents et sa petite sœur étant absents, les Gardiennes s’étaient réunies. Il se joignait au bruit des gouttelettes cinglantes qui heurtaient régulièrement les tuiles et les carreaux avec une constance irritée.

Taranee s’est détournée près de cette fenêtre et observe pensivement le ciel gris tandis que dans la pièce, la discussion de ses camarades s’échauffe.

-       Cela n’est pas notre affaire ! s’écriait Irma. Pourquoi ça serait à nous de nous occuper de ça ? C’est un problème qui concerne le Métamonde, point barre.

-      Nous sommes les Gardiennes ! Tout ce qui arrive dans les mondes de Kandrakar nous concerne ! rétorque Cornélia, sa traditionnelle opposante.

-      Les mondes de Kandrakar, comme tu dis, ne sont pas dirigés par la Forteresse ! Ils vivent avec autonomie. Il ne faut pas dire les mondes de Kandrakar mais les mondes qui existent dans un infini dont Kandrakar est seulement le centre !

-      Arrêtez ! protesta Hay Lin, nous nous éloignons du problème. Ce problème est qu’un ancien dirigeant du Métamonde, qui a séjourné sur Terre et à Kandrakar, est sur le point d’être exécuté par le nouveau gouvernement, résume-t-elle en tentant de rester objective.

-      Et c’est bien comme ça ! ajoute Irma.

-      Tu es cruelle, fait doucement la jeune chinoise.

-      Non, elle n’est pas cruelle, intervient Will.

Les autres se tournent pour l’observer, car elle n’avait pas dit grand-chose.

« Elle n’est pas cruelle, reprit-elle, elle dit simplement ce qu’elle pense. Cédric a tenté de la jeter vivante, ainsi que toi, dans un puits menant vers les entrailles de la Terre. Tu te souviens ? La première fois qu’on le rencontrait. Depuis, il n’a cessé de souhaiter et d’œuvrer à notre anéantissement. »

Les paroles de Will avaient ramené le silence. La Gardienne du cœur de Kandrakar poursuivit :

« Il n’est pas une de nous qui n’ait pas été mise en danger d’emprisonnement ou de mort par sa faute, assène-t-elle en jetant un regard à Taranee qui ne paraît pas l’entendre, toujours absorbée par le paysage pluvieux. Il a tenté de me séparer de Matt, ajoute-t-elle d’une voix si basse qu’elles parviennent à tout juste à l’entendre.

-      En somme, tu tentes de nous dire que sa cruauté passée justifie qu’on lui inflige à présent une mort cruelle, résume Hay Lin.

-      Elle justifie en tout cas que nous l’abandonnions à son sort, quel qu’il soit, en le laissant y faire face comme il le peut. Elle ne justifie pas en tout cas que nous nous mettions en danger pour lui venir en aide.

Cornélia s’en prend à Will :

-      Moi, je pense que ta rancune provient surtout avant tout du fait qu’il s’en est pris à Matt.

Will lui jette un regard noir.

« De plus, l’Oracle a exprimé sa désapprobation et nous invite à agir. »

-      N’importe quoi, réplique Irma, il nous a au contraire averti de ne pas tenter quoi que ce soit.

-      Comme d’habitude, il semble que tu ne sois pas capable de saisir la moindre subtilité. Sa dernière phrase était justement une incitation à passer à l’action. La congrégation approuve, il doit respecter l’intégrité des mondes et ne peux rien faire, alors il veut que nous, ses sentinelles, nous réglions le problème. Mais il ne peut nous le signifier directement. Alors il fait mine de nous donner un avertissement pour que nous comprenions ce qu’il désire.

Nul ne sut quelle aurait été la réplique d’Irma, car Taranee prend la parole, toujours tournée vers la pluie qui tombait sur la ville.

-      J’en ai assez de cette discussion. Cela dure depuis une heure pour tourner en rond. Vous avez vu comment s’est toujours comporté Cédric. Vous avez aussi entendu ses dernières paroles. Faites ce que vous voulez et informez moi de votre décision quand vous l’aurez prise.

Elle quitte la fenêtre pour se diriger vers la sortie de la chambre, avec l’intention de quitter l’immeuble. Will la retient.

-      Attends. Je sais ce qu’il reste à faire. Nous allons voter. Tout le monde est d’accord pour ce procédé ? Nous mettrons ainsi fin à la discussion. Quelle que soit le résultat, les autres devront s’y conformer.

Toutes l’approuvent avec un soulagement non dissimulé. Seule Cornélia paraît contrarié de ne plus pouvoir argumenter.

-      Que celles qui sont contre une intervention de notre part à Méridian lèvent la main.

Irma lève immédiatement la main, et Will l’imite avec moins d’empressement. La main d’Hay Lin tressaille mais elle ne la lève pas. Ce fut tout. Cornélia esquisse un sourire. Will demande d’une voix plus froide :

-      Que celles qui sont en faveur d’une intervention de notre part à Méridian lèvent la main.

Cornélia lève la main. Les trois autres observent Taranee et Hay Lin. La première, avec lenteur, comme sortant d’une profonde réflexion, lève également la main. Hay Lin jette un regard à Cornélia, puis à Will, soupire… elle pense brièvement à sa grand-mère et à l’oracle, mais se rappelle aussi la première fois qu’elle se transforma en Gardienne, en ce jour qui lui paraît si lointain. Elle se souvient des bras musculeux et écailleux qui la soulèvent, cette sensation d’impuissance, le gouffre rougeoyant sous leurs pieds… et sa main demeure baissée.

-      Très bien, conclut Will. Le vote est clôt. Nous n’irons pas à Méridian.

Une par une, les quatre filles quittent la pièce pour entrer chez elles, vers leurs parents dont les problèmes de la vie quotidienne sont si éloignés de ceux de Kandrakar, vers leurs parents et leurs familles dont elles se sentent si éloignées parce qu’ils ignorent qu’elles ne sont plus tout à fait humaines.

Seule Cornélia reste assise son bureau. Tandis que la nuit tombe lentement, l’obscurité envahit sa chambre sans qu’elle n’allume la lumière. Ainsi se fit la condamnation.

 

   A Kandrakar, il n’y avait jamais de nuit ni d’obscurité. La lumière n’émergeait d’aucune source précise et éclairait chaque objet sur tous ses angles, sans ombre. A croire qu’elle naissait de l’air. La lumière était partout et nulle part, omnisciente et éternelle.

Ce fut dans ce lieu où l’obscurité est inconnue que surgit un matin (un matin sur Terre, à Kandrakar il n’y en avait pas, ni matin, ni soir, ni après-midi, ni coucher de soleil, ni soleil ; la quiétude partout, la lumière toujours), que les ombres noires et imprécises qui peuplent les cœurs humains vinrent troubler la paix de ce lieu sacré.

Yan Lin sentit vibrer à l’intérieur de sa sphère mentale un appel provenant de la Terre. Comme l’Oracle et Endarno étaient occupés, elle décida de se matérialiser elle-même dans le monde. Elle sentait qu’il s’agissait d’un être proche d’elle.

Elle apparut au milieu d’un parc désert, un endroit visiblement choisi pour son isolement. En face d’elle, il y avait Cornélia Hale, la Gardienne de la Terre.

-      Que désires-tu, Cornélia ? Pourquoi fait-tu appel à moi ?

-      Je voudrais que vous me conduisiez à Basiliade.

-      Ce voyage peut-il t’apporter l’apaisement que tu recherches ? Ton âme est troublée.

-      Je le sais. A vrai dire, je crains qu’elle ne le soit que davantage après. Mais je tiens à faire ce que j’ai à faire.

-      Et quel est-il ?

Sentant qu’il ne fallait pas mentir à la sage, Cornélia entrepris de lui raconter les derniers évènements et de lui expliquer sa décision.

« Puisque nous avons voté, je ne remettrai pas le résultat en question et je n’irai pas à Méridian, acheva-t-elle. Mais Cédric a sauvé la vie d’une personne qui m’était chère, et probablement aussi à nous. Il me semble que j’ai une dette et que je ne peux pas la laisser dans l’ignorance de ce qui se passe. »

Yan Lin garda un silence songeur durant quelques instants.

-      Je comprends ce que tu ressens, mais malheureusement je ne peux mesurer la portée de tes actes.

Comme Cornélia ouvrait la bouche pour protester, Yan Lin fit un signe rassurant.

« Toutefois, comme je désapprouve moi aussi la décision d’Elyon, je vais te laisser agir selon ton cœur. J’assumerai avec toi, devant la congrégation s’il le faut, les conséquences de ce que nous avons accompli. Je sais que tu ne peux te rendre à Kandrakar ou vers les mondes sans le concours de la Gardienne du Cœur. Aussi vais-je effectuer ce rôle.

-      Merci, dit Cornélia.

Juste avant qu’elles ne disparaissent, Yan Lin sourit et lui adressa ces quelques mots :

-      Je sais combien il est difficile d’être écartelée entre deux devoirs que l’on sait aussi impérieux l’un que l’autre.

 

Cornélia, Gardienne de la Terre : grande, svelte, l’interminable chevelure dorée flottant derrière elle, les ailes frémissantes, tandis que les tissus aux éclatantes couleurs violettes, bleues, vertes, couvrent et parfois dévoilent un corps qui n’est plus tout à fait humain.

A son aspect, les guerriers de Basiliade baissèrent leurs armes. Dans le ciel, l’éclat des deux soleils la rendait encore plus irréelle. Le maître parût et fit rapidement signe aux guerriers de la laisser passer.

-      Quel est le but de votre visite, Gardienne ?

-      Je souhaiterais m’entretenir avec une guerrière. Elle s’appelle Orube.

-      Si votre but est qu’elle entre de nouveau au service de la Forteresse, c’est peine perdue. Elle ne sort plus guère de sa chambre et refuse à présent tout contact humain. Nous devons la considérer comme perdue.

-      Je crois que vous avez tort. En tout cas, je l’espère.

-      Même si cela est le cas, jeune Gardienne, son comportement provient d’une névrose qui la dévore et contre laquelle elle a perdu l’espoir de lutter. L’âme aussi noire et salie, elle n’est plus digne de servir la lumière de la Forteresse de Kandrakar. Elle n’est plus l’Elue et ne pourra plus jamais l’être.

-      Vous semblez penser qu’elle n’est pas non plus digne de vivre.

-      Cette question est sans importance. Elle n’a plus devant elle que la mort.

 

   Une porte de bois sombre, laqué. L’intérieur et l’extérieur, de part et d’autre. Cornélia lève la main. Dans la pièce, il fait sombre, comme si la lumière n’avait plus le droit d’y pénétrer. L’intérieur est comme une poche d’eau sombre et stagnante et pleine de mort, à l’écart d’une rivière au courant rapide dont la surface lance des éclats de soleil, charriant la vie.

Dans la pénombre, un corps blanc, nu, amaigri, se dresse. Il émerge de la baignoire de la pièce attenante où il vient d’être soigneusement nettoyé. Fait quelques pas vacillant mais résolus. Les mains qui tremblent légèrement s’emparent d’un kimono d’un blanc de neige. La peau est presque aussi pâle. Le tissu la recouvre. La silhouette s’assoit en tailleur. Reste immobile un moment. Elle prend lentement une lame mi-longue, la tend au bout de son bras.

Un coup retenti contre le panneau de la porte. Le bras s’immobilise. La silhouette ne dit rien.

-      Orube ? C’est Cornélia.

A l’intérieur, la silhouette souffle en une longue expiration silencieuse. Cornélia attend. Une vois étonnamment ferme se fait entendre.

-      Pardonne-moi. Je ne peux pas te voir.  

-      Il suffit que tu ouvres la porte.

-      Je ne peux pas.

La lame décrit un lent arc de cercle dans l’air immobile. La lame se rapproche du fin tissu, tendu contre le buste, la soie blanche, la peau blanche. Si blancs.

-      Acceptes-tu de m’écouter ?

-      Il est trop tard.

La lame froide contre le ventre, prête pour la première incision horizontale. C’était un blanc qui n’attendait que d’être rougi.

La lame recule, prend son élan, cesse un instant de se mouvoir, comme suspendue au-dessus du vide, une balafre dans l’azur, un cran d’arrêt dans le silence, une fissure dans le certain.

Cornélia défonce la porte d’un seul mouvement : le panneau se brise au lieu de coulisser comme il l’a toujours fait. La pénombre de l’eau stagnante peut enfin se joindre au lumineux courant ; et du couloir, à l’extérieur parvient une lumière qui jette un éclairage soudain et cru sur la scène, le kimono, la lame, le visage d’Orube, tandis que les ténèbres, furieuses d’avoir été détrônées après un long règne sans partage, se replient dans les ombres qui subsistent en sifflant de rage et de haine.

   Cornélia veut ôter la lame, veut éloigner la menace suspendue : Orube se lève d’un bond et son bras la place entre elle et son interlocutrice, barrière infranchissable de métal, défense.

-      Parle ! Je jugerais.

Alors, après une brève inspiration, Cornélia se met à parler.

 

 

  

 

 

 

 

 

 

Commentaire de l'auteur Le rituel d'Orube est inspiré du seppuku japonais(j'ai toujours trouvé à Orube un gros côté japonais) aussi appelé harakiri, à la différence que lors d'un vrai seppuku il peut y avoir un public et qu'un proche de la personne est censée lui trancher la tête à l'aide d'un katana pour abréger ses souffrances.
Sur ces joyeuses paroles, j'espère que je vous reverrai au prochain chapitre ou dans les commentaires (d'ailleurs vous seriez en droit de réclamer que je me fasse moi aussi seppuku pour apaiser l'offense de l'attente que je vous fais subir entre chaque --')
  Commenter ce chapitre 
<< ( Préc ) ( Suiv ) >>



© Fanfic Fr 2003 - 2021 / Mentions légales