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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1519 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
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BD-Comics-DA

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W.i.t.c.h

Du Serpent et du Félin Auteur: Chae-yun Vue: 1773
[Publiée le: 2011-10-27]    [Mise à Jour: 2014-06-08]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/Heroic Fantasy Commentaires : 35
Description:
Les WITCH et derrière elles la forteresse de Kandrakar ont remporté une victoire définitive suite au long affrontement qui les opposait à l'Alchimiste Ludmoore. Dans la paix illusoire et précaire précédent le prochain combat,il demeure une ombre de mélancolie: la guerrière Orube.
Unique dépositaire du regret quant à la perte de leur allié contre son gré, le libraire maudit Lord Cédric, magicien reptilien entouré d'ouvrages, et trahit par le monde fantasque que recelait un de ses livres.
Quand l'espoir qui subsiste encore menace de la détruire, Orube est hantée par une interrogation dont la réponse est hors d'atteinte: peut-on parler de mort dans un monde de mots? Mort à force de chercher une issue, à force de tourner les cartes du possible.
Mort d'avoir voulu renaître.

Crédits:
Les personnages appartiennent... à qui déjà? Ah mais oui, c'est à Disney, j'avais oublié^^ Le nom de la scénariste italienne de la BD? Laissez tombez^^
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Un éveil aussi providentiel qu'improbable

[3323 mots]
Publié le: 2012-07-18Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Voilà donc le cinquième chapitre, prêt depuis samedi (je me permet d'insister). Et comme le sixième est presque terminé, vous devriez l'avoir très bientôt aussi. Histoire de me faire pardonner de l'attente =)

Méridian. Dans une petite maison, à quelques rues du palais. Maisonnée en pierre de taille, elle ne se distinguait en rien de ses voisines : étroites fenêtres, porte sombre, forme trapue et moyenâgeuse, bardeaux en grosses poutres de bois, toit pointu aux tuiles en céramique grise ardoise, boutique sombre et étroite au rez-de-chaussée

L’intérieur avait en revanche de quoi déconcerter, et ne ressemblait certainement pas à celui de ses voisins de la rue.

Au premier étage, on avait abattu les murs pour créer une sorte de grand espace ouvert sous le toit, que les vieilles poutres traversaient. Un épais tapi coloré recouvrait le sol ; les murs étaient ceints d’objets de toutes sortes, tableaux, teintures, tapisseries, masques, étagères, etc. L’impression générale qui se dégageait de la pièce était celle d’un invraisemblable bric à brac, encombré de choses et d’autres, multiples et disparates : sofa, poufs, commodes, statuettes, fauteuils, commodes, tables basses, horloges…. Il y en avait tant que l’œil ne savait où se poser, étourdi par les couleurs chaudes et tapageuses qui émanaient du bazar. L’endroit paraissait à la fois servir de salon, de salle de loisir et de chambre à  coucher. Le plafonds n’était pas en reste, abritant lustres à pendeloques, attrape – rêves indien, sonnettes en bambou ou en cristal tel qu’on en trouve sur le pas des portes, et même quelques plantes balançant leurs tiges. 

Au milieu de tout cet amalgame, un petit bonhomme rondouillard, à la peau bleu-vert et à la tête pourvue de protubérances cornues, sautillait sur place. Il poussait littéralement des petits cris de ravissement, et montrait tous les signes d’excitation en observant quelque chose posé sur une sorte d’établi devant lui, sculpté d’inscriptions étranges et ésotériques (l’établi, pas la chose posée dessus). Malgré ses petits bonds, il réussissait à ne rien heurter, ce qui était déjà un exploit en soi. L’habileté presque inconsciente avec laquelle il évitait les meubles sur son chemin tandis qu’il parcourait la salle à grands pas dénotait une longue pratique de l’endroit ; l’on pouvait donc supposer qu’il lui appartenait.

Mais revenons à ce qui le rendait si enthousiaste. Pour le savoir, il faut effectuer un léger retour en arrière dans la matinée.

 

Le même jour, six heures quatorze du matin. L’aube commençait tout juste à poindre, mais l’essentiel du ciel demeurait dans l’ombre. Aux abords du palais, vers les arrières cours, les colporteurs commençaient à rôder, tournant près des poubelles comme des chiens, avançant courbés, ramassés. Du temps de Phobos, il y en avait des dizaines ainsi, chaque jour, de pauvres hères mendiant leur croûte. A présent que les temps étaient meilleurs, ils n’étaient plus que quelques uns. Mais notre ami n’était pas l’un d’eux, il n’était pas là pour chaparder le pain qui lui manquait ; lui en disposait raisonnablement. Il était là pour chercher une occasion, et il allait la trouver.

Les lourds battants d’une porte digne de celle d’une forteresse basculèrent avec lenteur, heurtant le mur avec un claquement qui résonna longuement dans l’air frais du petit matin. Ils laissaient passer sous l’arche basse de pierre que constituait l’ouverture vers la grande cour intérieure un énorme chariot débordant de ballots de foin, nécessaires pour nourrir les chevaux. L’homme profita de la situation pour se glisser par la dite ouverture et pénétrer dans l’enceinte proprement dite du palais. Sa silhouette courtaude passa discrètement, dans l’ombre du chariot. Il s’en détacha ensuite rapidement, sans attirer l’attention de son conducteur. Il ouvrit une porte au hasard, courut dans une coursive. Il haletait d’excitation.

« J’ai réussi à entrer dans le palais… depuis le temps que j’attends ce moment ! »

Voyez-vous, ce monsieur était antiquaire, et par conséquent, son passe temps favori consistait à amasser le plus d’objets anciens, magique, précieux ou simplement singuliers qu’il pouvait rencontrer. Il les exposait et les vendait dans sa boutique. Mais il préférait conserver ses pièces préférées dans son atelier, à l’étage. A ses heures perdues, il était également pratiquant amateur de magie.

Or, il avait eu du mal à renouveler son stock lorsque les temps avaient été durs. A présent, le pays allait mieux, et enfin il pouvait prendre le risque de se rendre à l’endroit qui selon lui devait receler un grand nombre de précieuses trouvailles telles qu’il les recherchait : le palais royal. Ce qui aurait été impensable du temps de Phobos.

Il progressait peu à peu à travers l’immense édifice, tout d’abord dans de sinistres et crasseux couloirs, puant le renfermé et encombrés de seaux et d’échafaudages en bois sans intérêt. L’odeur de poussière fut progressivement remplacée par celle de la peinture, de la cire et de la fumée tandis qu’il traversait les quartiers des domestiques, où il eût à se méfier des multiples allées et venues. Enfin, les importuns se firent plus rare à mesure qu’il gagnait les quartiers centraux. Les sols furent recouverts de moquettes et les murs tapissés ; plus loin, le marbre et l’or firent leurs apparitions, les plafonds s’élevèrent. Il sut qu’il touchait au but. Gravissant rapidement un escalier majestueux, taillé dans une pierre semi-précieuse de couleur bleu vert, il se cacha ensuite derrière un pilier afin d’éviter de se faire repérer par deux gardes qui passèrent en discutant. Il savait que la nouvelle reine serait nettement plus clémente que son prédécesseur, et qu’il ne risquait pas la peine de mort, mais ce n’était pas une raison pour prendre des risques. Quand les deux hommes se furent éloignés, franchissant une arcade, il gagna la salle du trône, qu’il eût la chance de trouver déserte. La reine était sûrement au conseil ou ailleurs.  Longeant le tapis rouge, il lorgna tout autour de lui et fureta à droite à gauche. Si il devait trouver quelque chose d’intéressant, ce ne pouvait être qu’ici. Mais il ne trouvait rien de viable : louvoyant entre les colossals piliers de jade, il ne voyait de précieux que de lourds meubles qu’il lui était impossible d’emporter, quand aux rares artistiques éléments de décoration, il n’osait s’en emparer de peur que l’on ne remarque leur disparition. Un bruit lui fit relever la tête. Il ne devait pas traîner ici. Il hésita, se mordit la lèvre… il ne pouvait repartir bredouille.

Alors qu’il piétinait sur place, en proie à la plus vive indécision, cherchant désespérément du regard un bibelot digne d’intérêt, il tomba sur un guéridon à l’écart, tout près de l’ouverture du balcon, avec dessus posé un livre. Des pas se rapprochaient par le couloir derrière la porte de la suite. Jouant le tout pour le tout, il plongea. D’un bond étonnamment leste pour quelqu’un de son poids, il se saisit du livre, et fit demi-tour en courant et en le fourrant dans sa besace. Il repassa derrière l’une des colonnes. Il était temps. Un jeune homme brun entra, seul. C’était peut-être un combattant de la garde. Notre ami ne s’attarda pas pour vérifier et fila aussi vite qu’il pu. Il avait des palpitations chaque fois qu’il pensait être aperçu. Enfin, le cœur battant, il quitta le palais et se faufila à travers les rues obscures. Les rares passants ne lui accordaient pas un regard.

Ce n’est que plus tard, lorsqu’il fut revenu dans la sécurité de son atelier, qu’il pût enfin examiner ce qu’il avait déniché. Globalement, il était assez déçu. Tout cet effort, tout ces risques, la chance de pénétrer dans le palais, pour seulement mettre la main sur un livre ! Enfin, songea-t-il avec un soupir, peut-être aurait-il la chance que l’ouvrage serait exceptionnel. Il en connaissait un rayon sur la question. Le livre pourrait rejoindre sa bibliothèque consacrée à la magie et à l’histoire.

Il ignorait que c’était beaucoup, beaucoup mieux que ça.

Sans prêter attention au bazar qui l’entourait, il sortit l’in-quarto de sa besace et l’observa d’un œil expert. Le livre était plutôt beau. Ancien, sa couverture s’ornait d’un œil, si finement réalisé qu’il avait l’air vivant, autour duquel s’entrelaçait deux serpents rouges du plus bel effet sur le cuir travaillé de sa reliure. Ornements supplémentaires, il était pourvu de renforcements rigides aux arrêtes, de couleur foncée, qui s’achevaient par des encoches sur la tranche, pour le moment ouverte mais que l’on devait pouvoir fermer à la manière de cadenas. Il faudrait alors un sortilège spécifique pour l’ouvrir, ou bien moyennant un enchantement particulier, ce qui prouvait que ce livre recelait des informations de valeur.

L’antiquaire n’imaginait pas à quel point.

Hochant la tête avec approbation, il se plongea dans la lecture du livre.

 

C’était ce qui causait la joie que l’on observait, et le faisait tressaillir d’émoi : il avait compris qu’il s’agissait du journal personnel de Ludmoore, le légendaire Livre des Eléments. Quelle chance il avait eu de mettre la main sur ce trésor, sûrement hérité à  la Reine lors de la disparition de son frère ! Le sort lui était favorable. Il n’en revenait toujours pas. Cependant, il finit par se calmer. D’une main apaisée, il caressa la couverture, en appréciant le grain travaillé et usé à la fois. Il fallait qu’il termine sa lecture ; quant à la suite, il hésitait entre le revendre à un prix plus élevé que le double de tous les objets de sa boutique et de son atelier réunis, un prix si considérable (qu’il pourrait tirer d’un collectionneur), qu’il lui faisait presque peur (après tout il avait volontiers l’âme voleuse, et personne ne pouvait savoir que c’était lui, encore moins la Reine), ou bien le garder pour lui, ce qui était moins risqué en terme de dénonciation, et il aurait le plaisir de le posséder… C’était ces deux perspectives, aussi agréable l’une que l’autre, qui emplissaient son visage rond d’une expression de contentement serein, tandis qu’il effleurait son nouveau bien.  Soudain, il s’arrêta et rompit le contact, perplexe. L’espace d’un instant, il avait cru sentir… un genre de picotement au bout de ses doigts. Il crut aussi entendre, mais très, très faiblement, une sorte de vibration. Déconcerté, il observa ses doigts. Engourdissement ? A moins que cette sensation ne vienne du livre. Il réitéra l’expérience       . Rien dans ses mains, ni aucun son. Cependant, au niveau de ses pensées, il pensa sentir une sorte de présence. Comme une voix, qui appellerait au loin. A moins que ce ne soit qu’un effet de son imagination.

Il haussa une épaule, failli laisser tomber, mais fut rattrapé par un remord consciencieux. De par son expérience de magicien il lui semblait qu’un phénomène étrange se produisait ; il devait donc vérifier, même si les probabilités que soit effectivement le cas étaient faibles. Peut-être que le Livre des Eléments avait encore des surprises à lui offrir… Des surprises qui ne feraient qu’augmenter sa valeur.

Il rassembla son matériel de magie parmi ses possessions, introuvable pour quelqu’un d’autre que lui tant il ne se distinguait pas des autres objets divers  entassés partout, replaça le livre au centre de l’établi, un objet acquis dans des provinces lointaines et possédant des propriétés très utiles. Qu’est-ce que cela lui coûtait de s’en assurer ?

Quelques minutes plus tard, tout était en place pour le rituel.

Il cherchait à détecter un sortilège quelconque, ou bien la présence d’objets magiques cachés (Les fameuses « faces sombres » des éléments ? Il n’osait l’espérer.) à première vue. Tenant d’une main ferme son manuel, il lança des syllabes en une langue ancienne. Un nuage scintillant apparut, puis se contracta au dessus de l’ouvrage ouvert, dont certaines pages (il ne l’avait pas vu au début) étaient couvertes de tâches d’encre décolorées, comme très vieilles. Des étincelles naquirent dans le nuage et une forte odeur de sorbier envahit la pièce. L’antiquaire était tout excité. Ca marchait ! Il y avait donc quelque chose ! Il poursuivit ses incantations, percevant une présence de plus en plus forte. Il y avait une entité là dedans. Il fallait lui donner les moyens de se matérialiser. Il lança en l’air une poudre rougeâtre, qui était un mélange de résidus de certaines herbes broyées entre des pierres et de pétales de fleur (une fleur très spéciale, qui poussait uniquement sur les hauteurs d’une certaine chaîne de montagne) réduites en poudre. Elle disparut aussitôt, mais une forte rafale de vent sembla passer en trombe et repousser les vêtements du magicien, tandis qu’un miroitement faisait vibrer les carreaux. Une lueur apparut au dessus du livre. Le commerçant plissa les yeux. Ce n’était pas exactement… A travers la légère fumée, on aurait dit que l’encre bleu pâle se détachait des pages en volutes, tournoyant lentement dans l’air, avant de se rassembler, se concentrer, pour former un objet de plus en plus compact, d’un bleu de plus en plus foncé… Une silhouette. Ce serait donc un être à part entière. Le galahot* sourit, abaissant les mains, et attendit que les derniers miroitements du nuage se dissipent.

Lorsque cela fut fait, lorsqu’il vit le visage de celui qui était devant lui, une expression de peur envahit son visage rond, habituellement gai. D’ordinaire le visage de quelqu’un de gros prête à sourire car ses traits ronds et aisés ont quelque chose de comique, mais tout humour avait disparu sur celui-ci. Il tomba à genoux.

La haute silhouette devant lui était celle d’un homme, d’un escanor* à la peau blanche et à l’apparence humaine. Mais ce n’était pas un membre de la lignée royale. Pas du tout. Ses cheveux blond foncé, un peu châtain, lui tombaient presque jusqu’à la taille. Les traits fins de son visage, aussi impeccables que ceux d’une statue de porcelaine ou d’ivoire, et la mortelle froideur de ses yeux bleus lui firent savoir qui il était.

Il avait devant lui Lord Cédric, connu dans tout le royaume pour la terreur qu’il y avait exercée au service de Phobos.

 

C’était impossible. Il avait disparu après la défaite de Phobos à Kandrakar, où le tyran s’était jeté dans le vide, se condamnant à une errance éternelle, disait-on.

Mais ce qu’il voyait était indéniablement réel.

 

Ceci dit, pour l’instant le dangereux seigneur ne semblait pas menaçant. Il semblait plutôt déconcerté, comme si il ne savait pas où il était. Ses yeux étaient vitreux et il ne paraissait rien voir de ce qu’il y avait autour de lui. L’antiquaire songea à fuir avant qu’il ne s’en rende compte. Avant qu’il ait pu le faire, il y eut un déclic ; les sourcils du Lord se froncèrent tandis qu’il percevait le brouhaha environnant et l’observait avec circonspection. Puis, ses yeux se posèrent sur le commerçant. Ce dernier cru sentir son cœur s’arrêter de battre.

 

Cédric ne parvenait à saisir ce qui se passait. Il lui semblait émerger d’un profond sommeil. Que se passait-il ? Il saisissait peu à peu une réalité autour de lui, un bric à brac d’objets divers qui n’avaient pas de signification pour lui. Il ne comprenait pas. Cependant, certains de ses objets étaient de nature magique, même dans son état de confusion extrême il pouvait le remarquer. Sans même savoir pourquoi, il sentit son cœur faire un sursaut douloureux dans sa poitrine, sensation étrange et assez désagréable, dont il ne pouvait cependant nier l’évidente réalité. Comment disaient les humains déjà ? L’espoir ?

Il eut la confirmation de ce qu’il pensait en regardant droit devant. Le galahot, petit, rondouillard et cornu qui s’y trouvait ne pouvait signifier qu’une chose : il était de retour au Métamonde.

Une vague de satisfaction comme il en avait peu connue passa comme une vague de feu dans ses veines. Pour une fois, il appréciait les sensations de son corps humain.

Le Métamonde? Qu’est-ce que c’était que le Métamonde ?

Il commença à retrouver ses souvenirs, et à trouver la logique de ce qui lui arrivait.

« J’ai du rester dans le livre sous la forme d’une entité sans conscience, à part quelque bribes fugaces, comme ces rêves… Je retrouve mon propre esprit. »

Peut-être un sortilège empêchait-t-il de mourir dans ces pages, ou bien que son essence n’avait pas été toute entière matérialisée dans le monde du Livre, empêchant ce fragment d’être détruit. Et puis une créature d’encre pouvait elle mourir ? C’était absurde.

La dernière chose qu’il se souvenait avant sa mort, ou du moins sa disparition était…

 

Terrorisé, l’antiquaire observait le seigneur qui lui faisait face et qui lui rendait son regard. Dans un premier temps, quand il l’aperçut, Lord Cedric afficha un fin sourire de triomphe, tranchant comme une lame. Puis il parut songeur, se plongeant dans ses pensées et ne le voyant plus. Ses yeux partirant dans le vague.

-          Orube, dit-il soudain à mi-voix.

Toujours à genoux, le propriétaire des lieux bafouilla.

-          Qu… Quoi ? Que dites-vous ?

Le lord releva la tête comme si il émergeait d’une profonde rêverie. Son regard retrouva toute sa dureté. Il fit un mouvement sec de la main.

-          Oublie le, conseilla-t-il d’un ton froid. Qui est-tu ?

-          Je m’appelle Yagdrasil, seigneur.

-          Comment m’as-tu trouvé ?

Yagdrasil savait qu’il n’avait aucune chance de lui mentir. Le maître du mensonge, c’était lui.

-          J’ai volé ce livre au palais, dit-il en désignant l’ouvrage d’un mouvement de la tête. Puis j’y ai appliqué un rituel magique afin de déterminer si oui ou non il contenait quelque chose.

Et, pensa désespérément le magicien, il avait en effet contenu quelque chose.

Le seigneur se retourna lentement et pris le Livre des Eléments, toujours posé sur l’établi. Une fugitive lueur de colère et même de haine passa dans ses yeux, et le commerçant crut qu’il allait le détruire. Mais il se contenta de le prendre sous son bras. Il nota que Lord Cedric portait des vêtements étranges : un pantalon en toile et un haut ajusté, bleu soutenu. Couleur de la royauté, pensa-t-il, mais il ne pouvait savoir qu’en réalité c’était le hasard.

-          Tu as donc des talents de magicien.

Reprenant du poil de la bête, Yagdrasil se redressa.

-          Oui.

Le lord hocha lentement la tête comme en réponse à une pensée dont il était déjà certain.

L’antiquaire ressentit une bouffée de panique. Il fallait qu’il trouve un moyen d’avertir la Reine et le conseil du retour du chef des armées de Phobos.

 

Cédric se demanda s’il avait encore ses pouvoirs. Aucun doute là-dessus. Il sentait les ondes de puissances familières le parcourir. Néanmoins, il continuait bizarrement de ressentir les émotions humaines, comme le lui prouva la soudaine bouffée de joie qu’il éprouva. Il allait falloir qu’il fasse attention. Ces émotions contradictoires et embarrassantes pouvaient corrompre son esprit et déformer son jugement, comme le passé l’avait déjà prouvé.

Mais n’avait-il pas choisi, durant les derniers instants qui avaient précédé sa mort, d’accepter ces sensations ? Ne pouvait-on pas dire qu’il était même mort pour elles, justement ?

Il repoussa cette pensée désagréable. Trop dangereuse pour lui. Pour le moment.

Pourtant, il ne pouvait échapper à cette évidence : sensation étrange ou pas, il fallait qu’il retrouve Orube. C’était même plus important que de rester à Méridian, et de conquérir le Métamonde, ce dont il rêvait depuis si longtemps. A présent, cela ne lui semblait plus si nécessaire. Il s’inquiéta de ne même plus en avoir envie.

Où était-elle ? Restée sur Terre, revenue à Basiliade ou à Kandrakar ? Qu’avait-elle fait depuis son départ ? Il ne souhaitait pas qu’elle ait eu mal, mais l’image d’une Orube insouciante et qui l’aurait oublié, lui, lui déplut également. Il chassa ses projections gênantes pour se concentrer sur le problème. Combien de temps était-il resté dans le Livre ? Se pouvait-il que ce soit trop tard ? Quant au lieu, où que ce fut, il ne pouvait s’y rendre. Le seul moyen aurait été de contacter Kandrakar ou les WITCH en leur faisant croire qu’il s’était amendé. Après tout, il avait été leur allié, à la toute fin. Comment justifierait-il une telle chose ? Il n’en savait rien. Il aviserait sur le moment.  Pour l’instant, il fallait trouver le seul intermédiaire possible.

La Reine Elyon.

 

 

 

 

 

 

 

Commentaire de l'auteur Le chapitre suivant et sans doute une bonne partie de celui d'après seront également assez focalisés (psychologiquement) sur Cédric. Je suis en train de réfléchir pour le changement de rating éventuel (13+).
* et **: petit rappel de l'histoire du Métamonde. A la base, comme on peut le voir, les habitants de Méridian ne sont pas humains et ne leur ressemble pas du tout (peau verte ou bleue, cornes, proportions, apparence de lézard, de serpent...). On les appelle les galahots. A l'inverse, les membres de la lignée royale, les escanors, type Elyon, Phobos ou leur parents, sont humains (les rois du Métamonde ont une origine terrienne).
Pour plus de détails, voir le hors-série n°... euh, j'ai pas le numéro en fait^^
Bref, c'était pour la compréhension.
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