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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1519 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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BD-Comics-DA

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W.i.t.c.h

Du Serpent et du Félin Auteur: Chae-yun Vue: 1777
[Publiée le: 2011-10-27]    [Mise à Jour: 2014-06-08]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/Heroic Fantasy Commentaires : 35
Description:
Les WITCH et derrière elles la forteresse de Kandrakar ont remporté une victoire définitive suite au long affrontement qui les opposait à l'Alchimiste Ludmoore. Dans la paix illusoire et précaire précédent le prochain combat,il demeure une ombre de mélancolie: la guerrière Orube.
Unique dépositaire du regret quant à la perte de leur allié contre son gré, le libraire maudit Lord Cédric, magicien reptilien entouré d'ouvrages, et trahit par le monde fantasque que recelait un de ses livres.
Quand l'espoir qui subsiste encore menace de la détruire, Orube est hantée par une interrogation dont la réponse est hors d'atteinte: peut-on parler de mort dans un monde de mots? Mort à force de chercher une issue, à force de tourner les cartes du possible.
Mort d'avoir voulu renaître.

Crédits:
Les personnages appartiennent... à qui déjà? Ah mais oui, c'est à Disney, j'avais oublié^^ Le nom de la scénariste italienne de la BD? Laissez tombez^^
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Une mission psychologiquement dangereuse

[3683 mots]
Publié le: 2012-02-04
Mis à Jour: 2012-02-04
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Commentaire de l'auteur Voici enfin le quatrième chapitre promis. Enjoy!
---

Trois coups secs à la porte.

-          Orube, le maître veut te voir.

 

La jeune femme agissait machinalement. Elle remis son kimono de soie, qui bruissa contre sa peau, et dont le doux contact familier lui était agréable. Renouer sa longue ceinture, remonter ses cheveux. Autant de gestes qu’elle accomplissait sans y penser.

Enfin, elle sortit de sa chambre sans même s’accorder un coup d’œil dans le miroir.

Elle marchait d’un pas égal dans les couloirs, en accordant qu’un dédain superbe aux regards acérés comme des lames qui la tranchaient sur son passage. Pourtant, cela ne signifiait pas qu’ils ne l’atteignaient pas, et elle était comme épuisée à son arrivée dans la salle du Maître.

Celui-ci se tenait debout, très droit, dans un cercle ensoleillé provenant du pan de paroi ouvert sur le jardin. A le voir, si vénérable, si serein, Orube eut l’impression qu’il appartenait à un autre monde, et bien qu’il soit à deux mètres d’elle, plus lointain qu’une étoile. Elle en éprouva un grand respect et s’inclina plus profondément que d’habitude

-          Orube.

-          Maître ?

   Un silence passa, qu’elle n’interrompit naturellement pas. A vrai dire, elle se demandait pourquoi il l’avait fait venir. Elle ne voyait plus en quoi elle pouvait représenter le moindre intérêt pour quiconque, même pour la critiquer.

-          Je viens de recevoir un message de Kandrakar. L’Oracle veut te voir.

   Elle n’arrivait pas y croire. Qu’avait-elle fait pour être maudite à ce point ?

-          Ce doit être une erreur.

Le maître réussit à paraître à la fois agacé, las et un peu triste.

-          Tu sais bien que ce n’en est pas une. Il ne peut pas en faire. Et toi, tu ce que tu dois faire, c’est de t’y rendre sans plus tarder pour répondre à son appel.

-          Non.

-          Quoi ?

   Malgré toute la retenue dont avait été entraîné le maître à faire preuve, il ne put maîtriser sa stupéfaction, Orube le voyait bien. Et elle n’en avait cure.

-          Je ne veux pas y aller, articula-t-elle lentement d’un air buté.

-          … Il est impossible de refuser une convocation de Kandrakar. Pour qui te prends-tu ?

   Son interlocuteur avait tellement de mal à exprimer son ébahissement et à rester calme que sa voix était presque montée dans les aigus. Comme elle ne réagissait pas, il insista :

-          Tu n’as jamais cessé d’être un enfant capricieuse. Quand deviendras-tu une adulte responsable ?

   D’un coup, Orube releva la tête et le fixa avec des ardents. Elle répondit durement :

-          Je suis adulte, je l’ai toujours été, et c’est moi qui décide de ce que je fais de ma vie et personne d’autre, fusse  l’Oracle du centre de l’infini ou le maître de mon Jardin. J’ai décidé que je n’irai pas et personne ne pourra m’y contraindre.

   L’autre secoua doucement la tête d’un air désabusé.

-          Pauvre enfant, tu crois vraiment que ce sera si facile ? Si les sages ont exigée ta présence à leur côté, quelque soit leurs raisons, leurs requête ne peut être refusée. Veux-tu que nous recevions la visite d’un hérault blanc ?

   Le ricanement d’Orube lui découvrit les dents.

-          Qu’il vienne.

-          Sache que si tu ne te rends pas sur le champ à Kandrakar, tu es bannie de ce Jardin.

-          Très bien.

   Sans plus attendre elle tourna les talons pour aller récupérer ses affaires. Le maître la regardait d’un air navré.

-          Comment peux-tu faire passer tes intérêts personnels au-delà de ta loyauté pour l’Oracle ?

   Cet argument parut enfin de poids à Orube qui s’arrêta. Le maître continua :

« Vois-tu, j’ai toujours pensé que tu redeviendrais celle que tu avais été, que ton âme était restée la même malgré tout les changements que tu accusait. Cependant, je découvre aujourd’hui que c’est moi qu’il faut accuser de naïveté et de manque de discernement. Ce que tu as vécu, quoi que ce fût, a véritablement altéré ta nature même. Tu n’es plus une guerrière des Jardins de Basiliade

Il s’en alla. Orube resta debout, immobile, un long moment. Enfin, sans retourner dans sa chambre, elle se glissa dans le Jardin.

 

Elle en arpentait les allées tout en réfléchissant, tournant et retournant les paroles du maître dans sa tête. Si elle n’avait pas voulu partir pour Kandrakar… en fait, elle n’expliquait pas vraiment la violence de sa réaction. Simplement, la simple idée de revoir l’Oracle, les murs blancs, les tuniques délavées des sages et leurs visages pâles, tout aussi délavés, et tout ce que cela symbolisait, la rendait malade. Elle ne voulait plus retourner là-bas. Jamais. Elle se souvenait des jours muets qu’elle y avait passé, seule.

Mais est-ce qu’elle pouvait ne plus être une guerrière de Basiliade ? C’était sa raison d’être, depuis toute petite, si elle n’était plus une guerrière, elle n’était plus rien. Comment avait-elle pu laisser le sentiment la transformer à ce point ?

Alors qu’elle se posait cette question avec angoisse, une lueur étrange apparut au milieu du chemin où elle se trouvait. Elle s’arrêta, tous les sens en alerte. Etait-ce une attaque ?

La lueur grandissait, prenait forme, devenait éblouissante comme celle du soleil de cette matinée, et au centre du cercle de lumière se dessinait une silhouette qui était…

-          Sage Yan Lin !

   Orube s’agenouilla devant la petite femme femme vénérable. Le visage ridé comme une pomme, le teint un peu jaune, ses grandes oreilles dépassaient de ses longs cheveux argentés qui tombaient le long de sa tunique. Il se dégageait de son visage une expression de bonté exceptionnelle et de sérénité tout aussi grande.

Yan Lin la fit relever.

-          Orube, mon petit, tu sais bien que les sages de Kandrakar n’ont jamais eu vocation à contraindre qui que ce soit… Nous avons seulement besoin de toi.

-          Je comprends, murmura Orube. Je sais, je… Pardonnez moi mon attitude.

-          Ce n’est rien, nous savons que tu as été durement éprouvée par les épreuves que tu as subi durant la bataille contre Ludmoore.

A l’inverse de l’Oracle, il était possible d’affirmer que Yan Lin était sans doute au courant de la perte de Cédric et de ce qu’elle représentait pour Orube.

-          Peux-tu simplement me faire la faveur de venir avec moi à Kandrakar ?

-          Bien sûr, répondit Orube, attendez-moi, je vais chercher mes affaires.

-          Va.

 

Rapidement, elle rassemblait dans une besace en cuir ses principaux effets personnels. Peut-être lui faudrait-il partir en mission, plusieurs jours; après tout, elle était encore au service de Kandrakar. Elle aurait besoin de son nécessaire. Elle rassembla ses armes, quelques habits, glissa le tout à son épaule. Juste avant de quitter la pièce, elle s’arrêta saisie d’un doute. L’expression incertaine, elle revint sur ses pas, souleva le matelas et glissa le livre parmi ses affaires. Alors seulement elle put s’en aller sans se retourner.

 

Tandis que la lumière se dissipait doucement, elle put de nouveau distinguer son environnement. Sculptures aérées, lignes épurées et aériennes, couleurs irisées. A vomir. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle ne supportait plus cette vision d’ordinaire apaisante, qui agissait au contraire sur ses propres nerfs comme une irritation permanente. Non, plus qu’une irritation, un dégoût et même presque… une peur. La peur du vide de l’éternité, qui pour tous représentait paisible plénitude enfin atteinte, pour elle l’enfer d’une vie amenant chaque matin la même journée vide de sens.

Même pas, il n’y avait pas de matin.

 

Toutes ces pensées lui traversaient à présent l’esprit, fulgurantes. Elle se demanda fugitivement si l’Oracle les percevait ; ce qui était bien possible, vu qu’il affichait un air un peu sombre malgré sa neutralité permanente. Enfin, il déclara :

-          Sage Yan Lin, je te remercie d’avoir été cherché Orube à Basiliade.

Cette inclina la tête sans mot dire, en souriant, avant de regagner sa place. Le triumvirat avait beau avoir été mis en place après l’ultime bras de fer contre le tyran Phobos, l’Oracle n’en conservait pas moins un statut décisionnaire prioritaire sur elle et Endarno. 

-          Orube, tu te doutes de la raison pour laquelle je t’ai fais venir ici.

-          Non.

-          Nous avons besoin de toi pour effectuer une mission.

-          De quel ordre est-elle ?

 

L’Oracle sentait son âme troublée, malgré l’apparente sérénité reflétée par les lieux. Pour une fois, il ne pouvait compter sur le soutien de Yan Lin et Endarno, car cela concernait des erreurs qu’il avait réalisé seul. Il avait noté le froideur inaccoutumée d’Orube, le terne de son regard, et savait que cela venait des instants qu’elle avait passé ici après son départ de la Terre, mais également d’autre chose, quelque chose qui était arrivé sans qu’il ne l’anticipe, ni même qu’il ne le comprenne, ce qui était inhabituel.

Sa sagesse entendait les émotions humaines telle que l’attachement, qu’il pouvait lui-même ressentir, et l’amour ; mais cette fois-ci ce dernier avait frappé de manière incompréhensible.

Il se prépara à répondre à Orube,  tout en songeant qu’il s’était adressé en des termes tout à fait semblables à Lord Cédric, lorsque celui-ci avait été fait prisonnier à Kandrakar.

-          Je vais te demander une chose qui ne va pas te plaire, mais tu dois savoir qu’il s’agit de ton intérêt.

Les yeux d’Orube ne reflétaient que le vide, mais traduisaient une réserve mâtinée d’hostilité dans leur manière de fixer obstinément le mur.

-          Peut-être trouvera ma décision arbitraire, injuste ou inutile, mais je te prie de comprendre que mes intentions ne sont pas de te nuire mais bien de t’aider, et sinon au moins de respecter mon souhait même si tu n’en vois pas la raison.

Orube leva les yeux vers lui, et une lueur de surprise apparut au dessus de son irritation, elle parut décontenancée.

-          J’irai là où je dois aller, si telle est ma mission, répondit-elle néanmoins.

Sa voix morne et sans conviction résonnait curieusement dans l’espace aérien.

A présent que l’ancien serviteur de Phobos était mort, la situation aurait du être réglée, mais inexplicablement, elle ne le paraissait toujours pas. Quelque chose interférait encore. 

-          Tu devras la réaliser dans le Métamonde, et plus précisément à Méridian ! laissa-t-il tomber d’un ton définitif et impressionnant.

Et comme pour l’ex officier de Phobos, l’oracle ne vit dans les rares pensées qu’il percevait, les autres lui étant rageusement inaccessibles, aucune acceptation ni sérénité, seulement la colère et l’incompréhension. Il s’était passé quelque chose qui avait rendu Orube imperméable à la sagesse vers laquelle elle tendait, la ramenant vers les anciennes colères de son adolescence contre lesquelles Yuba l’avait pourtant mise en garde. Elle s’opposait même aux tentatives pour l’aider.

Elle ouvrait déjà la bouche pour protester, et l’Oracle dit alors :

-          Ce n’est pas un ordre, mais une demande.

Déstabilisée par la réaction de l’Oracle qu’il était impossible d’entraîner sur le terrain de l’affrontement, Orube se tut.

Le Métamonde avait été le royaume originaire de Cédric, elle le savait bien. Longtemps considéré, avec toute la Zone Obscure de Non-Lieu, comme un territoire ennemi voire maudit du fait du règne du prince Phobos depuis la capitale Méridian, là où Cédric suivait ses ordres et commandait aux Murmurants. A présent, le royaume avait été pacifié, et la lumière de Méridian, Elyon, la petite sœur de Phobos, qui avait été l’amie des gardiennes et même d’Orube qui l’avait rencontrée, régnait sur le pays, aidée en sa tâche par Caleb, un ancien rebelle du temps de Phobos et Vathek, lui ex serviteur de Cédric ; chacun appréciait la justesse de ses actes. Jamais des temps n’avaient été si heureux.

Il n’empêchait que la jeune femme n’éprouvait aucune envie d’aller en ces lieux qui elle en était certaine lui seraient trop douloureux.

Elle fit néanmoins fi de sa détresse ; le Maître avait eu raison, il ne fallait jamais faire passer ses intérêts personnels avant sa loyauté, quel que soit le déplaisir qu’elle éprouvait actuellement pour Kandrakar. Elle obtempéra.

-          Si tel est votre souhait.

-          Il ne s’agit simplement que de porter un message à la reine. Nous ne disposons pas de Hérault Blanc pour s’en occuper, et j’ai pensé que tu pourrais représenter Basiliade dans cette affaire.

Ce n’est pas la vraie raison, se dit-elle en son for intérieur. L’Oracle poursuivait :

-          Il s’agit d’une sorte de pacte, pour organiser des tournois amicaux entre quelques mondes qui possèdent la culture guerrière. Le tien et celui de la Zone Obscure de Non-Lieu sont concernés.

-          Très bien.

Cela ne l’intéressait pas, mais elle demanda tout de même :

-          Pourquoi organiser de telles rencontres ? C’est étrange. Cela ne risque-t-il pas de créer des conflits ?

Durant des millénaires, les différents mondes vivaient chacun à part, sans contact les uns avec les autres. Les personnes pouvant voyager entre les mondes étaient extrêmement rares, et seuls les habitants de Kandrakar, le centre de l’infini, en connaissaient l’ensemble, qui était… infini.

-          Au contraire, je pense que ces la méconnaissance mutuelles entre ces peuples qui ont créé la peur et le ressentiment pour la Terre et la Zone Obscure de Non Lieu, et qui ont failli les conduire au désastre. Cette situation peut-être aisément exploitée par le mal, comme nous l’a montré le passé. Il est tant d’accepter la leçon qu’il nous a faite et de renouer les contacts, la découverte des uns des autres, les liens de l’amitié. Ainsi toute catastrophe pourra être évitée.

L’Oracle n’avait pas perdu son goût pour les grandes phrases et les tirades grandiloquentes, songea Orube avec une causticité qui la surpris elle-même.

Peut-être Himerish saisit-il cette pensée fugitive car une ride se creusa dans son front éternellement lisse et jeune. Il n’en montra cependant rien d’autre et lui tendit la missive, un rouleau de papier épais serré dans un sceau officiel.

-          Est-tu prête ?

-          Oui, répondit Orube, ne sachant pas où il venait en venir.

-          Très bien.

 

Lorsque la salle fut vide, l’Oracle se retira dans ses appartements, voulant rester seul pour méditer. Il demeurait pensif de son entrevue avec la jeune Orube. Visiblement, son retour dans son monde ne lui avait pas fait du bien, au contraire, elle s’était refermée sur elle-même et sur ses névroses. Pire, elle refusait le soutient de la forteresse. Cécric étant mort, la situation aurait du être définitivement close, mais inexplicablement elle ne l’était pas. Quelque chose interférait encore. Il espérait que ce n’était que le refus d’Orube à faire son deuil, mais c’était comme si… Il avait la curieuse impression de ressentir une présence…

Coupant court à ces suggestions, il se concentra sur le but de son initiative, qui avait été de guérir Orube par le choc en la menant là où avait vécu son ancien ami. Initiative qui ne lui paraissait soudain plus si bonne…

 

Les lumières vives qui l’entouraient se mirent à palpiter, puis disparurent, laissant derrière ses paupières une vive réminiscence lumineuse, qui flottait devant ses yeux. L’endroit où elle se trouvait lui paraissait donc obscur, et il lui fallu donc quelques secondes pour s’habituer au changement de luminosité. Quand sa vue se fut accommodée, elle distingua un parvis majestueux, constitués de grandes dalles qui surplombaient un grand escalier qui se trouvait derrière elle. Devant, il y avait une immense porte ornementée, à la hauteur du bâtiment auquel elle faisait partie. Malgré elle, Orube, qui n’était jamais venue dans le Métamonde était curieuse. Il fallait reconnaître que la ville de Méridian était magnifique, malgré le poids des années de misère dont on sentait encore les marques, et l’aura mélancolique, un peu sombre qui en émanait, les maisons de style moyenâgeux rivalisaient de beauté, une beauté froide et sérieuse, adulte. C’était beau dans le registre imposant, et l’endroit plaisait à Orube. Quant au palais, c’était une merveille architecturale, un monument élancé de style gothique, dont les hautes tours pointues aux grandes fenêtres, reliés par de fines passerelles, paraissaient toucher le ciel. Il contrastait radicalement avec les massives maisons, carrées et large, même lorsqu’elles s’élevaient en hauteur. Pas étonnant que le tyran l’ait choisi comme résidence. Il dominait la capitale. Au loin, des corbeaux s’envolaient, lançant leurs cris rauques vers le ciel voilé.

 

-          Bonjour ! 

   Une voix cordiale venait d’interrompre ses réflexions. Elle se retourna.

La porte colossale venait de s’entrouvrir pour laisser passer un jeune homme brun qui lui faisait face. Son regard était franc et ouvert, mais on pouvait distinguer sur ses traits les traces d’une ancienne méfiance, ou une ancienne colère, qui montrait que tout n’avait pas du être facile pour lui. De petites marques vert foncé se dessinaient autour de son visage, signalant son appartenance à la race non humaine.

« Êtes-vous l’émissaire de Kandrakar ? »

-          Oui. Je me nomme Orube.

Le visage de son interlocuteur se troubla.

-          Est-ce qu’il y un problème ? Nous avons été prévenus de votre arrivée, mais nous ignorons ce qui la provoque. Une mauvaise nouvelle ? s’enquit-il en voyant le rouleau scellé.

Les anciennes épreuves du royaume avaient beaucoup marqué les esprits

-          Non, rassurez-vous. Il n’y a rien de grave.

Le garçon hocha la tête, soulagé. Il l’introduisit à l’intérieur.

-          Je suis Caleb, annonça t’il. La lumière de Méridian vous attend.

Orube observait les couloirs aux hauts plafonds qui se perdaient dans l’ombre, les tapis cramoisis. C’était un intérieur luxueux, pourvu de moulures dorées, mais sobre, peu de meubles qui étaient assez lourds, de grands colonnes de pierres sculptées, impassibles ; avec une prépondérance assez marquées pour les couleurs froides.

« Ainsi c’était ici que vivait Cédric…. Cet endroit lui correspondait. »

Elle se serait giflée pour cette pensée intempestive, qui lui était venue spontanément.  Elle n’avait pu s’empêcher d’y songer.

Enfin, elle pénétra dans la salle du trône. Caleb s’effaça après avoir accompli son office, mais resta dans les envions, vigilant. La salle était aérée, soutenue par de grands piliers vert jade abondamment sculptés en forme de torsade. De lourdes rideau, eux verts émeraude, encadraient le fond de la pièce comme des teintures, retenus par des cordons dorés. Un tapi rouge menait jusqu’à une surélévation discrète, de quelques marches bleus pâle, qui menaient à un trône sans ostentation, qui ressemblait plus à une sorte de grand fauteuil nacré. Derrière s’ouvrait un balcon, d’où parvenaient des bouffées d’air rafraîchissantes.

Dans le trône se trouvait la jeune reine, la couronne de lumière négligemment posée à côté d’elle.

-          Bonjour, Orube.

La guerrière se souvenait d’Elyon, la frêle adolescente amie des gardiennes. Durant la crise d’Endarno, elle avait même vécue avec elle, son altesse s’étant réfugiée sur Terre. Les capacités de son esprit étaient prodigieuses ; cette intelligence se mêlait à une vive sensibilité, venant de son côté rêveur et mélancolique. Cependant, sa charge de souveraine lui avait fait du bien en la maintenant dans la réalité. Elle avait appris à aimer ce monde qui était le sien.

Orube ne put s’empêcher de penser qu’elle ressemblait énormément à  son frère Phobos. Elle portait une tunique bleue, sans ornement particulier. Les longs cheveux cendrés roulées en deux nattes dont le bout était attaché à deux cercles de métal, les yeux bleus gris, le menton anguleux…. Elle paraissait à la fois très jeune et très âgée.

-          Salut, Elyon. Comment vas-tu ?

-          Très bien. Tout se passe bien à Kandrakar ? Les filles m’ont dit que tu étais revenue à Basiliade. Tu ne te plaisais pas, sur Terre ?

-          Si… J’avais simplement envie de rentrer chez moi.

-          Je comprends, dit Elyon.

Durant toute la conversation, la reine ne fit plus allusion à cette situation. Mais certains coups d’œil lui faisaient se demander si elle n’y pensait pas encore. Orube commençait à en avoir marre de se demander ce que les gens savaient à son sujet.

Après tout, comment aurait-elle pu le savoir ? Elyon avait appris la mort de Cédric, et y avait manifesté des sentiments mitigés d’après les gardiennes. En effet, elle lui gardait rancune de l’avoir abusée auprès de son frère.

Elles s’étaient avancés en parlant jusqu’au balcon qui surplombait la ville aux rues creusées comme des cicatrices dans l’étendue des toits sombres, peuplée de créatures étranges aux regards d’un humain. Orube n’étant pas plus humaine qu’eux, cela ne la dérangeait pas. Aux pieds des murailles, les anciens jardins des Murmurants se desséchaient, et les dernières fleurs noires répandaient suavement leur ultime fragrance empoisonnée.

La brune crut soudain se rappeler d’une conversation avec la gardienne du coeur de Kandrakar. D’après ses dires, Elyon aussi aurait eu une relation assez particulière avec le lieutenant de Phobos. Subjuguée par lui, son intelligence aigue et sa beauté aristocratique, elle s’était laissée entraîner sur la pente du mal. Il était devenu son confident et son mentor, celui qui lui avait découvrir ses véritables origines et ses pouvoirs.  Et lui avait finit par éprouver admiration et respect pour la puissance de celle qui était après tout la sœur de son maître, une escanor de la noblesse métamondienne.

Toute la journée, cette idée lui tourna dans la tête obsédante. Stupidement, elle sentait le fer brûlant de la jalousie lui fouiller la poitrine.

Ce ne fut que le soir, une fois retournée au Jardin, qu’elle se rendit compte de son erreur.

A un moment donné, Elyon lui avait proposé de demeurer un jour ou deux à Méridian. Orube avait promptement décliné cette offre, mais posé son sac et en avait sorti ses affaires pour montrer à la reine les différentes armes de Basiliade, en vue du tournoi.

Elle avait oublié le Livre à Méridian.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

Commentaire de l'auteur Ne faisons plus de mystères: les deux prochains chapitres seront consacrés à Lord Cédric, le libraire maudit.
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