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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1520 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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BD-Comics-DA

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W.i.t.c.h

Du Serpent et du Félin Auteur: Chae-yun Vue: 1780
[Publiée le: 2011-10-27]    [Mise à Jour: 2014-06-08]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/Heroic Fantasy Commentaires : 35
Description:
Les WITCH et derrière elles la forteresse de Kandrakar ont remporté une victoire définitive suite au long affrontement qui les opposait à l'Alchimiste Ludmoore. Dans la paix illusoire et précaire précédent le prochain combat,il demeure une ombre de mélancolie: la guerrière Orube.
Unique dépositaire du regret quant à la perte de leur allié contre son gré, le libraire maudit Lord Cédric, magicien reptilien entouré d'ouvrages, et trahit par le monde fantasque que recelait un de ses livres.
Quand l'espoir qui subsiste encore menace de la détruire, Orube est hantée par une interrogation dont la réponse est hors d'atteinte: peut-on parler de mort dans un monde de mots? Mort à force de chercher une issue, à force de tourner les cartes du possible.
Mort d'avoir voulu renaître.

Crédits:
Les personnages appartiennent... à qui déjà? Ah mais oui, c'est à Disney, j'avais oublié^^ Le nom de la scénariste italienne de la BD? Laissez tombez^^
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Un soir comme les autres

[2484 mots]
Publié le: 2011-10-27Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Bonjours à toutes et à tous,
Je signe donc la deuxième fic de du fandom (wouhhou! nous sommes nombreux!), et je n'ai rien à dire que je n'ai pas dit dans le résumé... ah si: juste au mot au sujet du rating: pour l'instant, je l'ai mis à AP, mais je le mettrai peut-être à 13+ ensuite. Mais normalement ça ne devrait pas monter plus haut.
Après, j'ai une annonce à faire: je ne l'ai pas mis dans les catégories, mais il aura peut-être, je dis bien PEUT-ETRE, un soupçon de yaoi. Pourquoi je dis ça? Ben, juste histoire que vous soyez prévenu quoi^^
Mais oui, c'est de l'héroic-fantasy, il y a de la magie, plusieurs mondes, différentes sortes de créatures...
(whoo l'excuse à la con...)
Eh oui, même si c'est pas évident à première vue, ça reste de la romance (parfois... bon d'accord, souvent entre les lignes^^)
Une dernière chose: je n'ai pas lu l'épisode spécial concernant Orube, je ne sais donc pas vraiment à quoi ressemble le Jardin de son enfance ni les personnes qu'elle fréquentait. J'ai tout de même essayé de rester le plus fidèle possible à l'image que l'on voit de Basiliade dans les épisodes 116 et 117 de la série...
Bonne lecture!

   La lame décrivit une courbe, fusant sur sa droite. Orube para avec son propre tranchant et plongea son autre main, refermée en poing, vers le plexus solaire de l’autre, qui encaissa le coup sans sourciller. D’un mouvement félin, elle tenta alors une feinte, qui fut anticipée et souplement esquivée, tandis que la silhouette semblable à une ombre passait derrière elle. Vite. Trop vite pour qu’elle puisse réagir à temps.

Un coup de poing rapide heurta sèchement le creux de ses reins en un claquement définitif.

 

   Tandis qu’elle se contorsionnait sur le sol en crachant du sang, son adversaire la contemplait froidement, la surplombant de toute sa hauteur.

-          Tu est devenue bien faible, élue, fut la seule parole qu’elle consentit à lui accorder, après quoi elle s’éloigna sans daigner lui lancer seulement un regard de plus.

Elle quitta la salle d’entraînement en claquant la porte, et le bruit résonna longuement.

   Orube resta allongée longtemps, tout le dos douloureux, le goût du sang dans la bouche.

Au bout d’un moment, elle se releva lentement, et se mit en marche d’un pas précautionneux.

Après tout elle, s’en moquait. Elle l’acceptait même.

Elle l’acceptait la douleur, elle acceptait l’humiliation. Elle acceptait d’être rejetée de tous, elle acceptait la faiblesse.

Elle l’acceptait car elle était morte.

Mais elle restait debout.

Elle combattait pour oublier.

 

L’esprit vide, elle parcourait les couloirs, se retrouva sans comprendre comment dans le jardin. Quelle heure pouvait-il bien être ?

Un visage tenta une fois de plus de s’imposer à elle. Elle le repoussa.

Parfois, elle avait des absences, des moments de blanc où elle ne se souvenait plus de rien. Les arbres au tronc gris et aux rameaux constitués de feuillage aux formes arrondies et à la couleur sombre abondaient, à la fois torturés et élancés. Le ciel pourpre était voilé par des nuages amarante, ambrés ou écarlates. Elle ne voyait qu’un seul des deux soleils, sur le point de se coucher, énorme, au dessus de l’horizon, illuminant cette partie du ciel d’une lueur d’incendie, tandis que de l’autre côté tombait déjà l’avant-garde de la nuit indigo, qui recouvrait lentement les choses d’un fin voile d’obscurité, comme un linceul. On apercevait déjà, lointaine, boursouflée et indifférente, l’une des deux lunes pâles de Basiliade.

Il devait être tard. Comment était-ce possible ? Son entraînement s’était déroulé dans l’après midi.

La nuque douloureuse, elle ne chercha pas l’explication. Rapidement elle se dirigea vers l’ensemble de bâtiment à l’allure de pagode, surmonté plus loin de pyramides dorées et majestueuses.

 

-          Tu es en retard, Orube.

   Le maître du Jardin la foudroyait du regard dans sa tunique rouge. Toute la communauté, sois une centaine de personnes, étaient rassemblée pour le repas du soir, sur deux ou trois grandes tables de bois. Il était assis à la place d’honneur, entouré des guerriers et guerrières d’élite.

-          Pardonnez moi, maître.

   Orube prit place à l’extrémité de la table, la place des novices, des enfants et des disgraciés. Sur son passage, des murmures s’élevèrent. Orube ne releva  pas. Ne tint aucun compte. Elle savait ce qu’ils disaient. Ce qu’ils pensaient tous d’elle.

 

   Après la victoire définitive des WITCH sur Ludmoore, Orube avait quitté le monde des terriens. Immédiatement. Elle les aimait beaucoup, même si elle ne s’entendait guère à le reconnaître. Mais elle ne pouvait plus les voir. Ni elles ni même tout ce qui avait fait sa vie avec les humains. Car cela n’avait plus d’intérêt, ne représentait plus rien à ses yeux. Même cela lui faisait peur.

Elle ne  qui ne ressentait jamais la peur. Mais beaucoup de choses avaient changé depuis que n’était plus…

« Non. Je ne dois pas y penser ».

Elle était restée à Kandrakar un moment. L’Oracle lui avait laissé tout son temps pour réfléchir à son avenir, à l’intérieur des salles à l’architecture éthérée de la forteresse du centre de l’infini.  Elle avait pour toute compagnie le petit We, et les visites quotidiennes d’Himerish. Elle n’avait jamais su, finalement, si il avait compris d’où venait la douleur qui l’affectait. Certes, il était bien connu pour son omniscience, c’était l’Oracle après tout, mais tout s’était déroulé si vite. Et à moins d’avoir scruté leurs pensées au cours des longues heures passées à la librairie, ce dont elle doutait, car cela voudrait dire pénétrer dans l’intimité de chacun à son insu, ce qui n’était pas son habitude, il ne pouvait rien savoir. Quoi qu’il en soit, à aucun moment il ne lui en parla, par ignorance ou pudeur, impossible à deviner. Elle n’avait pas compté les jours passé entre les murs blancs, à fixer les fleurs de lotus immobiles sur les bassins, mais elle avait bien senti qu’il lui fallait partir. Il lui fallait partir car elle était en train de laisser la tristesse et la mélancolie s’emparer d’elle, peut-être pour toujours. Elle devenait anémique. Elle s’était soudain dit :

« Aussi difficile que cela puisse paraître, je dois passer autre chose, tourner la page. Partir ailleurs. Je dois… je dois rentrer chez moi. »

L’oracle paru heureux de sa décision.

Juste avant de s’en aller, elle avait aussi adressé une pensée muette aux WITCH, tout en triturant son anneau doré :

« Je suis désolée, les filles. Je ne reviendrais pas sur Terre. Ce serait trop difficile. Adieu. Pardonnez-moi. »

Elle laissa aussi We. Lui aussi lui faisait trop mal.

Après tout, c’était juste. Elle devait tourner la page.

Le problème, c’était qu’elle n’y arrivait pas.

Et cela durait depuis six mois.

 

A Basiliade, son retour au Jardin de son enfance avait suscité de l’étonnement. Elle l’avait quitté lorsque qu’elle avait été reçue à Kandrakar, au service de l’Oracle. N’avait-elle pas une mission à effectuer ? Puis, après la surprise, survint la consternation. Tout le monde la considérait comme une sorte de déserteuse, malgré le fait qu’elle ait précisé être disponible si l’Oracle avait besoin d’elle. Tout le monde considérait qu’elle n’avait pas à revenir chez elle. Son père, qui avait été si fier du destin de sa fille, refusa de la voir. Au fond, ce fut cela qui la chagrina le plus. Alors qu’elle n’était déjà assez déconsidérée aux yeux de tous, on prit conscience d’un fait encore plus grave. D’une manière inexplicable, l’une des meilleures élèves du Jardin perdait ses capacités de combat. Orube devenait lente et faible, se faisait surpasser par des novices. Alors la disgrâce devint totale. C’était tout juste si on la tolérait.

Pourtant Orube resta. La ténacité était l’un de ses points forts. Quand elle avait décidé quelque chose, plus rien ne pouvait la faire changer d’avis. C’était un défi, et elle allait le relever. Elle s’entraînait avec acharnement, tout le jour, pour retrouver son niveau d’antant, et progressait peu à peu, même si elle continuait à montrer de grosses difficultés ainsi qu’on le constatait tous les jours. Et la nuit, elle tombait comme une masse, et dormait d’un sommeil lourd et sans pensées. Mais si elle remontait la pente physiquement, mentalement, tout le monde avait remarqué qu’elle n’était plus la même. Elle ne parlait pas, sauf si c’était nécessaire, et ne riait jamais. Elle demeurait sans cesse grave et muette, et même si l’expression des sentiments n’avait jamais été le fort des guerriers de Basiliade, elle était passée de simplement réservée à carrément austère. Morte au fond d’elle. Mais elle avait refusé de dévoiler son secret, ni de révéler ce qu’elle avait fait depuis qu’elle avait quitté le Jardin, veillant aussi farouchement sur son passé, les lèvres serrées et le visage fermé, qu’elle avait refusé de se joindre à la communauté guerrière, bien plus jeune. Raconter à quiconque l’objet de sa douleur serait la fin de tout, l’anéantissement de sa fierté. Aussi ne parlait-elle pas.

 

Un soir qu’elle venait d’être vaincue six fois de suite, les dents serrées, le Maître lui dit :

-          Tu peux mentir et te cacher à tous, même à toi-même, ta véritable conscience ne peut garder pour elle la névrose qui l’habite. Cessera son expression sur ton corps le jour où tu la reconnaîtras, même pas au monde, mais à l’intérieur de toi, et où tu feras la paix avec ton cœur. Alors seulement tu pourras trouver l’apaisement, te retrouver et évoluer vers la paix. La seule autre alternative est la mort.

 

   Après le dîner, elle se rendit à l’entraînement commun, où elle réussit cette fois à ne pas se ridiculiser. Sous les regard narquois des novices, qui l’avaient elle ne savait pourquoi au juste pris en grippe, elle quitta la salle, abrutie de fatigue, sur un dernier commentaire sarcastique, chuchoté à mi-voix :

-          Dire qu’elle était guerrière à Kandrakar… Quelle pitié…

Mais la jeune femme n’en eut cure.

 

Elle parcourut rapidement les couloirs déserts, pour regagner son appartement. Il faisait nuit noire.

« Je ne sais jamais quelle heure il est », songea-t-elle, et cette pensée lui attira un mince sourire, absurde.

Là, dans l’obscurité tiède et réconfortante, elle s’adossa à la porte et laissa échapper un soupir de soulagement. Enfin, elle était seule, enfin elle était libre de penser, et de se laisser aller ;

« Attends, pas encore », s’ordonna-t-elle à elle-même.

Tremblante d’impatience, elle consentit pourtant à faire taire son désir. Lentement, elle ôta la longue ceinture qui lui entourait la taille, la laissant tomber à terre. Puis ce fut le tour de la chemise en soie blanche du kimono. Enfin, ses mains glissèrent sur ses hanches, et le bas tomba. Elle rangea soigneusement le tout, nue à l’exception de ses cheveux encore retenus par un lien de soie. Machinalement, elle se planta devant le miroir, et observa le corps ainsi dévoilé. Mince silhouette féline, musclée, à la peau pâle. Des hanches peu marquées, une poitrine menue. Elégante cependant, dans la posture noble et le maintien élancé, sauvage. Mais elle-même, tandis qu’elle observait celle qu’elle était devenue, se trouvait si mince, si fine, si fragile. Deux mèches de cheveux couleur de nuit plongeaient de part et d’autre de son visage. Des pommettes hautes, qui ressortaient plus qu’avant car elle avait maigri, un regard ambré et intelligent, des traits qui s’étaient durcis mais qui conservaient leur beauté d’antant. Seul le halo qui entourait ses yeux et ses oreilles pointues révélaient qu’elle n’était pas humaine.

Elle ne conserva en main que son katana et traversa la pièce pour entrer dans une salle de bain spartiate. Au passage, elle enleva le ruban de soie, qui flotta       un instant en l’air avant de retomber au sol avec un léger son de froissement, comme un pétale de rose. Ses cheveux en carré plongeant ne descendirent quant à eux pas plus bas que son menton. Posant soigneusement le sabre à poignée carrée sur le carrelage, à côté du bord, elle se glissa dans l’eau chaude et agréable de la baignoire et s’allongea. Tandis qu’elle se lavait, une jambe fuselée ramenée près d’elle en une position à la fois racée et gracieuse, la tête posée contre le rebord, elle luttait contre le plaisir de se laisser aller au souvenir.

« Non, il ne faut pas… »

Rapidement, elle sortit se sécha et revêtit sa tenue de nuit. Alors seulement, elle s’autorisa, le cœur battant,  à passer sa main sous le matelas. Là se trouvait le livre. Pas n’importe quel livre, mais le Livre, le Livre des Eléments qu’elle avait discrètement ramené avec elle. Elle observa avidement le couverture abîmée, l’œil stylisé qui la recouvrait, imperturbable, les encoches ouvertes, avant d’en caresser doucement, les coutures, comme les marques de vieilles cicatrices, prenant tout son temps. C’était dans ce livre qu’avait résidait la créature Ludmoore, ourdissant sa vengeance, dans ce livre qu’ils avaient tous été absorbés, et où la mort avait frappé… Orube ouvrit lentement la première page. Elle ne lisait jamais les mots. L’histoire que le livre racontait s’était dépourvue de son caractère magique et était maintenant devenue immuable ; alors même que le jeune Matt avait effacé son nom pour le faire disparaître, le livre contait maintenant, toujours, ce qui s’était passé depuis l’époque où Ludmoore était au service de Phobos jusqu’à son plan pour s’emparer du Cœur de Kandrakar. Bref, toute l’histoire que Ludmoore avait lui-même écrite. Seule manquait en manquait la fin, le dénouement, qu’il n’avait pas écris, et pour cause. Il avait été l’écrivain de sa propre histoire, générant un monde par son écriture, dans lequel il s’était réfugié. Mais maintenant, le Livre des Eléments était redevenu un ouvrage ordinaire, qui racontait simplement, noir sur blanc, une histoire. Mais n’est-ce pas la raison d’être d’un livre, de raconter une histoire ? Orube ne s’y intéressait pas. Bien installée dans la bonne chaleur du lit, elle observait les tâches pâles, décolorées, et les sentaient, en serrant le livre contre elle. Elle s’abandonnait enfin au souvenir.

Le souvenir de Cédric, le libraire maudit, seule véritable raison de son mal être.

Car il avait trouvé la mort dans le livre, et ces taches étaient tout ce qui subsistait de son être.

Il avait trouvé la mort pour elle.

Lui, l’être froid, manipulateur, rusé, cruel et impitoyable, ancien serviteur de Phobos et haïssant de tout son cœur, si il en avait un, la forteresse les gardiennes, tout les sentiments qui pouvaient lui rappeler sa condition humaine et le monde entier et elle, réservée, colérique, entraînée contre les ennemis de la forteresse par sa loyauté sans faille, et méfiante, qui ne se laissait jamais faire, vivant selon les principes guerriers d’honneur de Basiliade, déroutée face aux comportements humains, intégrée parmi eux sans l’être véritablement, tous les deux extra-terrestres, seuls dans la librairie remplie de livres anciens, à se surveiller mutuellement avec le plus grande antipathie, à monter la garde ensemble, ils avaient bientôt éprouvés sans le savoir ni se le reconnaître un sentiment l’un pour l’autre. Les barrières étaient finalement tombées face à l’imminence de la fin, mais il était trop tard.

Pourquoi n’arrivait-elle pas à oublier ?

La seule autre alternative est la mort.

Il lui avait pourtant bien dit de ne pas être triste.

Pour l’heure elle s’en moquait. Elle se repassait sans cesse leurs conversations, revoyant leurs attitudes, cherchant dans leurs geste ce qu’ils n’avaient dit. Elle savait qu’elle ne faisait que s’enfoncer dans sa propre douleur et s’en fichait. Même, quelque part, elle en jouissait, de sa lente descente. Les souvenirs étaient devenus sa drogue, c'est-à-dire à la fois sa raison de vivre et qui la détruisait.

Elle voyait devant ses yeux les yeux bleus glacials, le beau visage aristocratique, le nez fin et droit, le menton bien dessiné, la peau de porcelaine, les longs cheveux cendrés. Elle touchait le fond tout en s’élevant très haut lorsqu’elle se remémorait le son de sa voix.

Elle finit par s’endormir, bercée par les miasmes des poisons sournois de ses illusions, de celles qui tuent en vous donnant un bonheur coloré.

Poisons de mort, acides et pourris. Vestiges décomposés de ce qui reste des rêves et des espoirs.

 

 

 

 

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