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Animes-Mangas

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One Piece

Memento Mori
[Histoire En hiatus]
Auteur: Linksys Vue: 28951
[Publiée le: 2013-01-11]    [Mise à Jour: 2015-04-08]
R  Signaler Romance/Amitié/Lime/Lemon Commentaires : 53
Description:
[Souviens-toi que tu vas mourir.]

Zoro et Perona. Deux ans de cohabitation sur une île pas très grande. Mais qu'a-t-il bien pu se passer ? En voilà le récit !

NEWS 08/04 : Vous n'y croyiez plus ? Eh bien, voici venir le chapitre 57 ! Banzai !

♦ AVANCEMENT :
Chap. 58 : 10%
Crédits:
Tout l'univers décrit et les personnages présents sont la propriété de Eiichiro Oda, sauf quelques personnages et lieux inventés par mes soins.
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Un jour d'âme, un jour de corps

[3753 mots]
Publié le: 2013-04-05Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Chapitre plus long que le précédent et très important pour la suite, lisez bien ! Bonne lecture !

Le lendemain au réveil, Zoro quitta son lit avec un sentiment d'immense ennui. Il allait passer sa journée, toute sa journée, en compagnie exclusive de Perona, suite à une soi-disant promesse qu'il avait faite la veille. Dans le fond, ça ne le dérangeait pas, mais il se demandait quel serait le programme de la journée. Une fois levé et habillé, il sortit et descendit directement à la salle commune. Lui et Perona avaient convenu de s'y retrouver pour petit-déjeuner, ce qui s'annonçait d'ores et déjà lassant. Non pas que Zoro fuyait la compagnie de Perona, loin de lui toute idée de ce type.

La jeune femme s'y trouvait déjà et (fort heureusement) était seule. Elle vit Zoro sortir des escaliers, et lui sourit.

- N'oublie pas qu'aujourd'hui, tu dois rester avec moi, lança-t-elle quand il arriva à portée de voix. Tu l'as promis.

- Je suis pas encore abruti, merci.

- J'ai envie qu'on aille voir le marché, ce matin. C'est dans la rue piétonne.

Mais le bretteur n'écoutait que d'une oreille. Un discret détail retenait son attention. Sous le haut rouge rayé de blanc (à moins que ce ne fût l'inverse), il jura avoir vu l'infime déformation causée par les mamelons. Déduction immédiate : Perona ne portait pas de soutien-gorge. Il n'y avait probablement rien entre le vêtement et la peau, et il n'y avait rien non plus dans la tête de Zoro, à part ça. Il était comme arrêté sur image. Une voix finit par l'atteindre

- Hé, tu m'écoutes ou quoi ?

- Hein ? Euh, ouais.

Perona remarqua tout de suite le regard absent du bretteur, mais en ignorait sincèrement la cause. Elle n'aurait jamais pu imaginer que porter un haut sans soutien-gorge pût avoir un tel effet sur Zoro, qu'elle pensait éloigné de toute pensée lubrique.

- Je remonte chercher mes affaires, et on y va, annonça la jeune femme.

- Je t'accompagne, je tiens pas à sortir sans mes sabres. Y sont restés dans ma chambre.

Une fois que tout fut réglé, ils s'empressèrent de sortir. Dès qu'ils sortirent de l'hôtel, Perona se jeta au bras de Zoro, et se résolut à ne pas lâcher prise.

- Arrête de me coller comme ça, on va croire qu'on est mariés sinon, protesta Zoro.

"Et c'est exactement ce que je veux !" Répondit Perona par la pensée, dominée sur l'instant par sa personnalité sentimentale.

- Hé, j'ai le droit de marcher comme je veux.

- Ouais, mais me colle pas trop non plus.

Il voulut lui jeter un regard implacable, implacable coup d'œil qui dérapa dans le décolleté. Ses narines frémirent et le sang lui afflua à la tête. Comme Perona, décidée à jouer le jeu, s'éloignait, il se rattrapa :

- Nan, reste, en fait. C'est ... Pas plus mal.

Il s'efforça de ne pas la regarder alors qu'elle revenait, toute souriante, moins pour dissimuler son trouble que pour ne pas déraper à nouveau. La route était glissante et dangereuse, et il faudrait faire attention pour passer le virage sans casse.

Ainsi donc, ils marchèrent une dizaine de minutes, tout en discutant de tout et de rien. Depuis peu, à vrai dire, depuis le début des vacances, les derniers murs étaient tombés, et Zoro et Perona se parlaient presque aussi librement qu'un frère à une sœur, quand ils étaient trop enthousiastes pour ressentir de la gêne. Ça s'était fait tout seul, à force de se voir. Peu à peu, ils étaient devenus confidents, discutant chacun des petits tracas de l'autre. Le partage du lit, dans le ferry, avait sans doute joué un important rôle dans l'affaire. Toutefois, l'un comme l'autre ne savait presque rien de leurs passés respectifs. Perona avait plusieurs fois voulu entendre un récit complet des extraordinaires et fabuleuses aventures de Zoro et de ses camarades, mais le talent de conteur de celui-ci était équivalent à son sens de l'orientation. Et inversement, quand Zoro questionnait Perona sur son passé à elle, il n'obtenait pas la moindre réponse (il avait juste eu un vague "j'ai pas envie d'en parler", une fois), comme s'il s'évertuait à faire tomber à coup de boules de neige les remparts d'une vieille forteresse. La seule chose dont il était sûr (fait qu'il avait déduit après de longs mois d'observations), c'était qu'elle était née dans une grande famille de West Blue. Une fille de bonne famille et un "simple" épéiste de basse extraction. Drôle de couple !

Le marché d'Holiday Island était plus un repaire de charlatans vendant du toc et de vendeurs à la sauvette faisant leur commerce sous le manteau, plutôt qu'un authentique marché fermier. Toutefois, cela n'empêchait pas la présence de marchands honnêtes, et aussi d'une ambiance légère et agréable.

Zoro ferma les yeux, et s'escrima à retrouver la fragrance de Perona, parmi toutes les effluves de nourriture (si Luffy avait été présent, il serait devenu fou) plus qu'alléchantes, qui assaillaient l'odorat de toutes parts. Soudain, Perona lui tira le bras très fort, et avec des piaillements surexcités, indiqua l'étal d'un marchant de bijoux. Pourquoi tant de violence pour un simple stand recouverte de pacotilles et de verreries ?

- Je vais aller voir, là-bas, tu viens ?

Mais ça n'était qu'une question de forme, car en s'approchant, elle entraîna Zoro avec elle. Celui-ci réussit à se dégager de l'étreinte qui lui serrait le bras droit, et, les bras croisés dans le dos, salua le marchand avec un signe de tête gêné. Ils restèrent plusieurs minutes à communiquer par les yeux, l'air de dire "on se comprend". Ledit vendeur avait un étrange air de famille avec Guar, la barbe en moins.

- Alors, t'as choisi ? S'enquit Zoro, quelques instants plus tard.

Penchée sur les bagues, Perona lui répondit avec le ton occupé d'un homme, enfin d'une femme d'affaires plongée dans un rapport économique.

- Oui.

Elle tira deux bagues et un bracelet de leurs présentoirs ouverts. Le marchand les prit dans ses mains, les emballa. Il ouvrit la bouche pour donner un tarif, mais Zoro le devança.

- Combien je vous dois ?

- Trois mille six cent berries, je vous fait grâce des sept berries restant.

Zoro voulut abondamment protester, car cela représentait approximativement quatre-vingt-quinze pour cent du pécule qu'il avait sur lui (heureusement, il lui restait dans sa valise quelque vestiges des vingt mille berries donnés par Mihawk). Mais il s'était mis en tête tout seul d'offrir à Perona les bijoux.

- Tu me les offres ? S'étonna la jeune femme, stupéfaite.

- Ouais. Je ...

Il voulut sortir à ce moment une réplique cinglante, la fameuse "phrase qui tue" qui aurait fait fondre Perona d'admiration, mais rien ne sortit. Un geste d'impatience du marchand le rappela à sa tâche de saignée du budget

À contrecœur, il sortit des billets de mille berries, et de la mitraille pour compenser le tout. La monnaie lui fût rendue, et il était triste de constater qu'un des rares régimes au monde réellement efficace était celui des portes-monnaie.


Ils continuèrent à errer entre les stands, se tenant la main. Zoro s'efforçait de ne pas y penser, cette situation le mettait dans un embarras extrême.

Quand vint le temps de manger, ils marchèrent vers la plus proche baraque à frite, laquelle avait un avant-toit protégeant une demi-douzaine de tables et de chaises de jardin. Il y avait déjà du monde.

Perona refusa catégoriquement de manger les aliments mortellement caloriques servis dans la cahute, mais Zoro la convainquit de faire un à-côté. Après tout, par sa faute, elle n'en était plus à ça près, sur ce point.

Ils étaient assis près du comptoir, et sirotaient leurs boissons fraîches en attendant que le chef ne termine leur commande. Soudain, une menace apparut dans le champ de vision de Perona. En face d'elle, juste dans le dos de Zoro, marchait l'intrus de la veille. Il approchait dangereusement de la baraque à frites, sans y entrer pour autant.

Tétanisée, Perona se força à réfléchir à une solution. Elle craignait grandement que l'intrus ne vienne la saluer, auquel cas Zoro aurait immédiatement remédier, ou bien que le bretteur ne voie simplement l'indésirable et ne se jette dessus. Et la seule issue qui délivrerait de manière assez forte le message "je suis déjà amoureuse", s'imposa assez vite aux yeux de la jeune femme. Tremblante, elle se pencha sur la table et embrassa Zoro sur la bouche, tendrement.

"Qu'est-ce que je fais ???"

Ce fut une standing ovation. Les quelques clients attablés, ainsi que le personnel, applaudissaient la démonstration d'amour que venait de se faire le couple assis près du comptoir.

- Tournée générale ! S'exclama le patron, en levant une bière.

- Depuis quand le patron offre une tournée ? Demanda sa femme, amusée.

- Oh, arrête, Mida, c'est rare de nos jours, les couples qui s'aiment vraiment. Et puis, c'est ma baraque à frites, alors si je veux offrir une tournée, j'offre une tournée !


Zoro, qui s'apprêtait à porter son verre (rempli d'une boisson non-alcoolisée, fait plutôt exceptionnel), sentit la table bouger sous ses coudes. L'ombre de Perona monta sur lui, et avant qu'il n'ait eu le temps de s'interroger, il y avait, sur sa bouche, celle de la jeune femme. Et ça n'était pas qu'un simple smack d'adolescents. C'était plutôt le genre de baiser qu'échangerait un véritable couple transi d'amour. Sans même se rendre compte de ce qu'il faisait, Zoro répondit à la jeune femme avec ses lèvres, puis avec sa langue. C'est alors que, terrifié, il comprit ce qu'il se déroulait. Ses mains se crispèrent sur les accoudoirs de sa chaise. Il voulut se dégager, mais à ce moment, Perona perdit l'équilibre (il n'était pas très prudent de se balancer avec des chaises de jardin), bascula par-dessus la table, et tomba sur Zoro. Quelques-un applaudirent, d'autre sifflèrent, et le patron mit encore plus d'entrain à remplir les pots de bière. Mida accourut pour ramasser les verres renversés, et en remplir de nouveaux.

Ainsi mis, les deux jeunes gens avaient les jambes qui se croisaient. La stupéfaction et la gêne les tétanisaient, et ils n'osaient bouger. Alors, Perona se recula, et fit de son mieux pour garder son calme et ne pas hurler sa rage à la face du monde. Elle avait une furieuse envie de répliquer qu'elle et Zoro n'étaient pas deux souris de laboratoire qu'on observe dans une cage en verre.

Zoro. Ah, que n'aurait-il pas donné pour se volatiliser, disparaître subrepticement, se gommer de la réalité ? La confusion régnait dans sa tête, autour de la question "Mais pourquoi est-ce qu'elle m'a sauté dessus comme ça ?". Quelques vagues hypothèses se perdaient, à peine nées, dans les remous du chaos mental. Pour le moment, tout ce qu'il voyait, c'était que Perona et lui semblaient être le centre d'attention de tous les gens alentour, et aussi qu'il avait terriblement hâte de recommencer ce baiser.

Les deux jeunes gens restèrent à se fixer, tout rouges, pendant plusieurs minutes. Perona voulait absolument se justifier, car le regard béat que braquait Zoro sur elle montrait clairement qu'il s'était mépris sur les causes du geste. Mais le problème était qu'il prendrait sûrement mal d'apprendre que ce baiser avait eut lieu uniquement pour tenir à distance l'intrus, et la jeune femme voulait aussi éviter la crise que cela provoquerai. L'autre échappatoire était de jouer le jeu jusqu'au bout, et de lui faire croire que c'était un baiser d'amoureux, longuement prémédité. Sauf que cette seconde issue allait totalement à l'encontre de ses principes (remarquez, elle n'en était plus à cela près, pour ses principes). Elle avait toutes les cartes en main, et il lui fallait jouer finement pour empocher la mise.

Ce furent sur ces entrefaites que le patron, après avoir distribué les choppes, arriva à la table des "amoureux" avec deux plats dans les mains. Ils se hâtèrent de manger, trop confus pour balbutier plus de trois syllabes de suite.

Quand il fut temps de se lever, ils quittèrent l'endroit sous les applaudissements nourris des autres clients.

- Et n'oubliez pas de faire des enfants ! Si le pays va mal, c'est parce que la natalité baisse ! S'exclama le patron, en joie.

Sa femme le corrigea rudement, tandis que Zoro et Perona étaient si gênés qu'ils auraient été capables de se creuser un trou et de s'y enterrer entièrement.

- Les enfants ! Entendirent-ils une dernière fois, s'éloignant à grandes foulées.

L'intrus, accoudé juste en face sur la façade d'une haute maison blanche, se mit en mouvement quand le couple fut à une quarantaine de mètres en aval.


Ils marchèrent plus de deux kilomètres sans prononcer une seule parole, chacun perdu dans ses pensées. À première vue, Zoro se comportait comme s'il ne s'était rien passé, mais dans sa tête, la situation était comparable à celle qui règnerait dans un observatoire venant de découvrir une nouvelle planète.

"Bon, c'est pas comme si c'était la première fois, mais ... Là, c'est elle qu'il l'a fait, et elle s'est pas contenté d'appuyer avec ses lèvres ! Et surtout, pourquoi est-ce qu'elle a fait ça ?"

Toutefois, quelque chose refroidissait grandement son enthousiasme, et c'était ce qui lui permettait de rester calme et lucide. Il était tout à fait sûr d'avoir aperçu l'intrus, l'indésirable, le parasite, la tique, la sangsue, le ver solitaire, le ... (il était à court d'idées pour le nommer).

"Cette saloperie. Je l'ai vu. Et le pire, c'est qu'il ressemble étrangement à Mihawk. Bon, je sais que c'est pas lui, je suis encore capable de reconnaître mon maître, mais je sais par contre qu'il y a un sacré air de famille, surtout avec cette foutue barbichette."

Perona, elle, hésitait à dire ce qui lui brûlait les lèvres (en plus de l'empreinte du contact), c'est-à-dire, justifier son acte. Elle pensait avoir trouvé une formulation qui rendrait la juste part des choses, mais n'arrivait pas à trouver le courage de le dire. Toutefois, au bout de plusieurs minutes, elle parvint à assembler la bravoure nécessaire.

- Tu sais, je ... Zoro ... Tout à l'heure ... Marmonna-t-elle.

C'est alors que quelque chose se rappela au bretteur. Voilà pourquoi il se sentait si léger, depuis quelques instants.

- Saleté ! J'ai oublié ma bourse à la baraque à frites !

Il laissa Perona sur place, et rebroussa chemin en courant, n'ayant pas pensé au risque de se perdre s'il allait seul, ni au fait qu'il allait plus ou moins directement à l'encontre de la promesse qu'il avait formulée la veille. La jeune femme, voyant cela comme une fuite devant les responsabilités, lui hurla, sans penser plus loin que le premier degré :

- C'est ça ! Tire-toi, je veux plus te voir !

Les larmes perlèrent, et elle fit son possible pour garder son calme et rester digne. Mais devant la centaine de regards de passants arrêtés sur elle, elle craqua et fondit en larmes. Elle rentra à l'hôtel en pleurant, folle de rage et assez triste. Comment les événements avaient pu tourner ainsi ?

Zoro fendit la foule à toute allure, et il n'eut aucune pensée pour Perona, ni pour la promesse qu'il n'avait pas scrupuleusement respectée, avant d'avoir retrouvé son porte-monnaie (par miracle, il retrouva la baraque à frites sans se perdre). Ladite bourse était restée sur la table, jusqu'à ce que le patron s'en aperçoive et ne la mette en sûreté sur le comptoir, dans le but de la rendre à son propriétaire. Une fois son bien en main, le bretteur se hâta de rejoindre Perona. En chemin, il ouvrit fébrilement le sachet de cuir, et s'assura de ce que la bague à l'améthyste qu'il y avait laissée, pour en faire don à tout moment à la jeune femme, s'y trouvait encore. Heureusement, le bijou n'avait pas bougé.

Après une dizaine de minutes de recherche, il commença à penser qu'il s'était de nouveau perdu. Aucune trace de Perona aux alentours. Mais, même s'il ne s'était pas perdu, il ne l'aurait pas retrouvée, étant donné qu'elle était rentrée à l'hôtel. C'est alors qu'un peu plus avant dans la foule qui faisait le tour du marché, il revit l'intrus. Toute autre chose disparu de son esprit que de le rejoindre et de s'expliquer avec lui.


Clansey se répandit en excuses auprès d'une vieille dame, qu'il venait de bousculer malencontreusement. Il reprit son chemin, pensif, tout en se tortillant le bouc. Il était bien curieux d'en savoir plus sur ce fameux Roronoa Zoro, dont il avait entendu parler tant et plus. Sans oublier que la belle inconnue aux cheveux roses, qu'il avait abordée à l'hôtel, éveillait son intérêt. Mais, après avoir vu la fougue que les deux jeunes gens donnaient à s'embrasser, il avait vite compris qu'il n'aurait pas à s'infiltrer dans les affaires du couple. Il aurait bien tenté sa chance avec la jeune femme, mais il était aussi un honnête type, et ne comptait pas détruire de couple, quel qu'il soit. Et puis, il avait des consignes à suivre. C'est alors que, toujours immergé dans ses considérations, il se vit gratifié de la visite de Zoro.

- Roronoa Zoro ? Demanda Clansey, avant même que le bretteur n'aie pu ouvrir la bouche.

- En personne, connard, cracha-t-il.

- Vous aurais-je porté un quelconque préjudice ? Vous m'en voyez terriblement désolé.

- Joue pas au plus fin avec moi, tu sais aussi bien que moi ce que je te veux. Je te préviens, je te revois encore une fois à moins de quinze mètres de Perona, et je répondrai plus de mes actes.

- Perona ?

- Tu veux jouer au con, maintenant ? On va jouer, mon gars. Perona, c'est la fille avec les cheveux roses, que t'as essayé de draguer à l'hôtel, l'autre jour.

L'affaire prenait des proportions surdimensionnées.

- Et de quel droit profères-tu une telle interdiction à mon encontre ? Il ne me semble pas qu'elle soit ta propriété.

- Arrête, je vais pas me contrôler plus longtemps, prévint Zoro qui n'en voulait pas plus entendre.

Il posa une main sur la poignée du Wadô Ichimonji. C'est à ce moment qu'il prit enfin le temps de regarder à quoi ressemblait son adversaire. C'était un homme, qui avait peut-être vingt-cinq ou vingt-six ans, avec de courts cheveux noirs partants en mèches, et un bouc soigneusement travaillé. Il avait les yeux verts, mais son regard perçant rappelait instantanément Mihawk, Oeil-de-Faucon. Il portait une chemise à carreaux rouge, blanche et verte, et un épais pantalon noir, usé par le temps, tenu par une paire de bretelles vert forêt. Il aurait très bien pu être un bûcheron, sa carrure le permettant. Mais le détail qui intriguait le plus Zoro, mis à part l'étrange ressemblance avec son mentor, c'était la branche de cerisier en fleur qui était accrochée dans le dos de son adversaire. Quel en était l'usage ?

- D'ordinaire, je suis pacifiste, mais quand on me cherche, c'est plus fort que moi, j'ai envie de m'énerver, rétorqua-t-il. Au fait, mon cher Zoro, sache que je m'appelle Clansey. Le nom de famille, ça n'a aucune importance.

- Content de l'apprendre, Clansey.

Le silence se fit dans l'assemblée de badauds qui s'était formée à l'entour des deux jeunes hommes. Lesquels se fixaient avec intensité. Jamais ils n'avaient eu de meilleur adversaire dans un duel de regard.

Lentement, Clansey porta ses mains vers la base de la branche, dépassant de son épaule. Il la brandit brusquement, et l'immense bourrasque fit rouler Zoro au sol, ainsi que quelques spectateurs. Quand le bretteur eût retrouvé ses esprits, il n'y avait plus aucune trace de son adversaire dans les environs.

"Mais c'est quoi, ce bordel ?"

Autour de lui, les gens reprenaient leurs activités, discutant encore bruyamment de ce qu'il venait de se produire.


- Capitaine, on va avoir un souci. Roronoa Zoro vient de rencontrer Petit Coq. Ils ont failli se mettre sur la tronche, mais s'en sont abstenus au dernier instant.

- J'espère que Grand Coq n'est pas derrière tout ça, sinon, on est dans la merde, bien profond, répondit la voix inquiète d'Illjoe. Bon boulot, continue comme ça. Et te fait pas griller. Okay ?

- Vu.


Perona s'enferma dans sa chambre. La première chose qu'elle fit fut de trouver son tee-shirt portant ses initiales sur l'étiquette, et de le déchirer brusquement. En larmes, elle s'effondra sur le lit. Tout cela prenait une ampleur disproportionnée. Elle faisait une crise de nerfs pour un simple oubli de porte-monnaie, ce qui montrait à quel point elle était à fleur de peau par moments. Comme quelqu'un qui fouisserait la vase d'un étang calme et limpide, de malheureux souvenirs lui revinrent.


- Bien, les gars. On va se bouger. C'est l'heure de s'y mettre. Petit Coq est là, et même si Grand Coq ne doit pas être loin de lui, on ne peut pas rater une telle occasion de mettre le grappin sur le Troisième Sabre Saisonnier. Et pis, ça nous permettra de les retarder un peu. Souvenez-vous, pas de morts, on est ici pour dire bonjour. Okay ?

- Compris, répondit le chœur de ses hommes, alignés sur le pont du bateau.

Illjoe et son équipage quittèrent le navire, et se répandirent dans les rues de la ville comme le poison dans les veines.

- La chasse est ouverte, dit Illjoe.

Il caressa le fourreau d'Umi.

- Et on ne tire que le gros.

Commentaire de l'auteur Voilà pour ce chapitre, capital pour la suite de l'histoire. Je pense qu'avec quelques secondes de réflexion, vous devinerez qui sont Petit et Grand Coq, mais il en sera question bien plus tard, pas avant le chapitre 16 (qui est bien parti pour passer la barre des 7000 mots, à l'heure actuelle). L'action s'accélère un peu, avec la mise en route d'Illjoe, mais il faudra attendre encore un peu pour ravoir du sang et des combats. A part ça, j'espère que vous ne trouverez pas les événements de ce chapitre trop farfelus, parce que moi, si. Enfin, comme dirait l'autre, il faut ce qu'il faut ! (Même si Zoro et Perona vont encore se tourner autour pendant plusieurs chapitres, je vous le dit tout de suite) Bref, je crois avoir tout dit pour ce treizième chapitre, alors à la semaine prochaine, et merci d'avoir lu !

PS : La semaine prochaine, un seul chapitre, sinon ma belle avance va être totalement sabotée ! (j'ai conservé cette avance d'un mois de parution, et je compte bien continuer comme ça).
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