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Animes-Mangas

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Naruto

 [Grimoire Tinckled pink
[Histoire En réécriture]
Auteur: Flo' Vue: 13357
[Publiée le: 2010-12-26]    [Mise à Jour: 2014-04-18]
13+  Signaler Général/Romance/Amitié Commentaires : 45
Description:
On était bien. On avait rien demandé à personne. Et puis, on a grandi. Là, ça a changé la donne. Et peut-être que c'était mieux comme ça. Peut-être qu'il fallait qu'on se quitte pour devenir adultes. Peut-être que c'est ça la vie : tant de coups à prendre dans la figure à force d'aimer avec un pied dans le présent et l'autre dans le passé. Alors, oui, c'est clair, ça me rend triste. Bien sûr que je suis dégoûtée. Evidemment que je ne comprends pas comment on a pu se perdre sans même s'être dit au revoir.

Et ce qui est terrible sur cette Terre, c'est que tout le monde a ses raisons.

REECRITURE
CHAPITRE 2 REECRIT
Crédits:
Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.
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Chapitre 4.

[3015 mots]
Publié le: 2011-01-30
Mis à Jour: 2012-06-25
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Commentaire de l'auteur Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolée pour le retard.

Lee.

-

Trop proche de l’erreur. Vœu de sourire. Besoin de force. En manque de bonheur. A la recherche de soutien. Je fais partie de cette génération qui se prend la tête sans arrêt. Pour tout. Pour rien. Pour pas grand-chose au final. M’accrocher ? Ok. Mais à quoi ? Compter les jours en attendant que ça passe. Et après ? Et si ça passe pas ?

Tenir debout était devenu un combat permanent contre les autres et contre moi-même. Noyée dans mes soucis, j’avais coulé et bu la tasse.

Retour en arrière.

-

Récréation.

J’avais perdu Ino. Volontairement. Pas trop branchée par son programme, je m’étais contentée de continuer mon chemin alors qu’elle s’arrêtait pour discuter. Sans un regard en arrière alors qu’elle criait mon nom – par pitié, qu’elle ne réussisse pas à me retenir ; ne la laissez pas attraper mon bras ou je ne réponds plus de rien -, je m’étais planquée entre mes camarades de classe qui marchaient. Droit vers la sortie. Besoin d’air. Besoin de voir du monde. Besoin que des brutes de lycéens me bousculent un peu le cœur. Envie d’entendre parler fort de sexe, de sodomie, de fêtes à l’Ibiza, de paradis alcoolisés et de voir des jupes trop courtes. Si je n’allais nulle part dans ma vie, ça me réconfortait de voir que beaucoup n’allaient pas tenir bien plus loin que moi.

Mauvaise idée. Tentée de faire demi-tour.

A la simple vue de Naruto adossé à un muret de pierres, j’avais voulu prendre mes jambes à mon cou. Tracer vaillamment à contre-sens au milieu de ceux qui se précipitaient dehors au risque de me faire piétiner, pour aller me cacher loin. Très loin. Me battre pour fuir. Voilà, j’allais faire ça dès que mes jambes m’obéiraient.

« Quand t’aimes quelqu’un, tu veux pas le voir souffrir. Quand t’aimes quelqu’un, est-ce que tu l’aides à se détruire ? Pose-toi la question Sakura et fais le tri dans tes fréquentations. Choisis ceux qui ne feront pas qu’embellir tes erreurs car celui qui t’appelle au mal n’est pas un ami. Pas un vrai, en tout cas. Ceux qu’on aime vraiment, on les empêche de faire des conneries. Tu ne crois pas ? Et parfois, quand le bien se tait, la trahison se déguise en silence. »

Derrière moi, Lee était sérieux, juste. Il ne cherchait pas à me faire du mal, ni à causer du tort à Naruto. Il énonçait juste une vérité que je fuyais pitoyablement. Il me mettait juste face à ce que je refusais d’affronter. Sous mes yeux, une fille venait de se jeter dans les bras de Naruto. Dégoutée et pourtant incapable de détourner le regard, je m’imprégnais le cœur de désespoir. Ça faisait trois mois que j’étais fâchée avec Naruto, qu’on ne s’adressait même plus un simple bonjour et j’étais devenue une parfaite étrangère à son existence. J’avais juste envie de gerber tellement je me sentais minable. Tellement j’avais envie d’étrangler cette fille. Qui était-elle, merde ? Qui était cette fille qui occupait désormais le temps qu’on me consacrait avant ? Qui était cette fille qui faisait la bise à Sasuke en souriant ? Qui était cette fille qui avait pris ma place ? Qui était cette fille qui avait volé mon monde ? Qui était cette fille qui s’appropriait mes journées ?

Qui était cette fille qui vivait ma vie ?!

La main de Lee se posa fermement sur mon épaule et il m’emmena. Il venait de sauver de justesse ma fierté.

« Tu as faim ? »

Noyer toute cette histoire dans de la bouffe ?

Sans même attendre de réponse, il enchaîna :

« Allez, je te paye un truc à la pâtisserie. »

C’est comme ça que tout a commencé.

-

J’avais passé six mois à côté de Lee sans jamais l’avoir remarqué. Enchaînée à Naruto et Sasuke, ses mots ne m’avaient pas tout de suite touchée. Les garçons me suffisaient. Les autres, j’en voulais pas, j’en avais pas besoin, je m’en foutais et je n’avais même pas la patience de prétendre le contraire. Et puis un jour, mon monde s’est écroulé. Et là, j’ai cessé de simplement vivre à côté de Lee sans le voir. Alors que je sombrais, il m’avait remontée à la surface. Plus qu’un gilet de sauvetage. Plus qu’une bouée de naufragé. Lee était l’équipe de secours que j’attendais, perdue dans le brouillard de mes journées, en apnée dans mes nuits.

On trichait aux contrôles avec sa TI-89. Ses blagues douteuses me faisaient rire. De ces rires qu’on ne peut pas imiter en se forçant. Du genre qui vous prend au plus profond de vous-mêmes, comme si c’était votre âme entière qui se tordait. Ses hurlements me foutaient la honte : les gens le regardaient souvent comme s’il devait aller se faire interner d’urgence et franchement, je les comprenais. Mais lui, il s’en amusait et sa bonne humeur était contagieuse. Son sourire parfait avait fait la différence. Sa gentillesse excessive m’avait prise de court.

Lee était devenu bien plus qu’une belle rencontre.

Retour en arrière.

-

Une queue immense s’était formée devant l’entrée du réfectoire. On était les derniers arrivés et on allait sûrement se taper encore une fois les plats dont les autres n’avaient pas voulus. Je me plaignais. Ino cherchait bruyamment sa carte de cantine dans son énorme et horrible sac à main Dolce&Gabbana. Le ventre de Lee gargouillait.

Un sourire débile. Il venait d’avoir une idée qui lui semblait lumineuse. Dos à la foule, Lee pouffait déjà de rire alors qu’il ne nous avait même pas encore raconté sa blague. Qu’est-ce qu’il avait bien pu inventer cette fois ?

Prout. Sans aucune discrétion. Lee venait de péter. De péter comme une grosse vache qui aurait des troubles digestifs depuis trop longtemps. C’était lui… Ça se sentait.

D’un même mouvement, les lycéens devant nous s’étaient retournés en cherchant le coupable et en un instant, le chemin vers la cantine s’était dégagé. Lee rigolait, fier de son effet et Kiba était prêt à le mordre tellement il empestait. Je me tenais le nez. Ça chlinguait vraiment et m’écriai :

« Lee, tu déconnes. »

-

Naruto et Sasuke étaient passés de « sont » à « étaient » sans que j’aie eu le temps de prendre mon petit-déjeuner. Je me sentais comme quelqu’un qui vient d’apprendre que sa chanson préférée parlait en fait d’un sandwich cornichons-salade-tomates. Une réflexion pas très pertinente, certes, mais explicite. Les garçons étaient mon sandwich. Même pas un hamburger d’après Lee. Sans sauce. Fade. Périmé selon Ino. Un sandwich entamé que j’avais remis dans son emballage plastique sans pouvoir me résigner à le mettre à la poubelle et qui était en train de gâter, de moisir pitoyablement.

Retour en arrière.

-

Une heure de permanence perdue en plein milieu de la matinée. Un horrible trou dont on ne savait jamais quoi faire, semaine après semaine. Je sortais rejoindre les autres devant le lycée. Un peu à la bourre – pause-pipi oblige –, je pressai le pas en montant les marches et poussai la grille. A          l’extérieur de l’enceinte de l’établissement, Sasuke et Naruto étaient là. A vélo. Un vieux tableau que je connaissais par cœur. Un souvenir qui se jouait devant moi. Sans moi.

Dilemme qui n’avait pourtant pas lieu d’exister. Il y avait encore quelques mois, je me serais instinctivement dirigée vers les garçons, sourire aux lèvres. Aujourd’hui, tout était différent. Il n’y aura aucun sourire. Naruto ne me racontera pas sa soirée. Sasuke ne grognera pas contre nous. Résignée ou habituée, je traçais désormais ma route. Je me retournai pour poursuivre mon chemin vers mes camarades de classe, posai mon sac à dos près de Lee et m’installai à côté d’Ino qui déclara :

« Sasuke et Naruto sont là. »

Merci. Je n’avais pas remarqué. Surligne ma peine au fluo pour que tout le monde soit au courant. Tu as raison.

 

Dans la vie, c’est comme ça. Il y a ceux qui attendent et ceux qui en ont eu marre. Il y a ceux qui sourient et ceux qui ne savent plus comment faire. Avec les garçons, les choses étaient devenues trop rock’n’roll pour moi. Je ne suivais plus le mouvement. J’avais perdu le rythme. J’avais finalement oublié les pas qu’il fallait danser et je ne tentais plus de me souvenir, soulagée d’être enfin libérée de cette dépendance malsaine. Comme une piste de danse bondée où s’est accumulée trop de chaleur dont on s’échappe pour pouvoir enfin respirer convenablement. Et oui, je croyais à toutes ces foutaises que je me racontais, à toutes ces excuses que je me cherchais.  

Abusée par la vie. Habituée à la peine. J’avais enfin une chance de m’en sortir. Et Naruto s’était avancé piétinant mes espoirs.

« Sakura. »

Non. Je ne voulais pas. Mais Ino ne démordait pas :

« Sakura, il vient par là. »

Non. Je ne voulais pas. Mais j’avais simplement répondu :

« Je sais. »

Naruto s’arrêta à quelques mètres, me fixant et je me levai. Il était inutile de nous donner en spectacle. Rien n’aurait été pire qu’il vienne me chercher jusqu’ici parce que j’avais refusé de le rejoindre et qu’on discute devant tous mes camarades de classe.

Fébrile. Hésitante. Heureuse. Chamboulée. Je transpirais d’émotion.

Je le rejoignis, m’arrêtai devant lui et l’air de rien, comme si on ne se faisait pas la gueule depuis des mois, il lâcha :  

« Salut.

Salut. »

Droit dans les yeux. Droit dans le cœur. Naruto sondait mon regard qui lui tenait tête comme jamais. J’avais quelque chose à démontrer. Question de fierté personnelle. Je voulais qu’il se rende compte qu’il m’avait blessée et que je m’étais relevée loin de lui. Sans lui. Je voulais prouver que j’avais changé, grandi et que j’étais heureuse. Sans lui. Vengeance sournoise d’un abandon mal encaissé. Gaminerie ou maturité ? Rien à battre. J’avais besoin de cette reconnaissance qu’on ne m’avait jamais accordée et je lui ferai la guerre pour l’avoir s’il fallait.

« C’est frustrant de ne plus croiser ta confiance. »

Une voix résignée. Un air de martyre.

« C’est frustrant de se croiser tout court, Naruto. »

Il soupira face à mon ton cassant, sec.

« C’est une manière de voir les choses. Sasuke ne dira rien, tu sais ?, affirma-t-il sérieusement.

C’est exactement ce que j’attends de lui : rien.

Tu t’es coupé les cheveux ? »

La réconciliation n’était pas prévue dans mon agenda et la tournure légère que prenait la discussion ne me convenait pas. Je ne voulais pas de ses nouvelles, ni parler de ma nouvelle coiffure. Moi, j’avais envie de faire la guerre, de prendre les armes et de lui asséner : et toi, j’ai appris que tu avais une copine. Mais pourquoi ça ne sortait pas ? Pourquoi la méchanceté gratuite me coûtait tant, à moi ?

« Oui. Tu es venu pour me parler de mes cheveux ?, demandai-je froidement.

Tu es toujours fâchée. »

Parce qu’il en doutait ?

Mon sang ne fit qu’un tour, un vrai tour, une montagne-russe même ; et énervée, je décrétai presqu’en hurlant :

« Tu as disparu de ma vie ! Tu croyais peut-être que j’allais sauter de joie en te voyant débarquer ?

Non mais j’avais imaginé qu’on aurait au moins pu discuter ensemble.

Et bien non. Tu vois, on ne peut pas. Ça ne marche pas comme ça. »

La clarté de mon refus sembla l’affliger.

« Et ça marche comment Sakura ? »

Calmé par le ton posé de sa question, mon emportement disparut et je lui répondis un peu plus sereinement :

« Pas comme ça. »

Ça marche pas comme ça.

Un crocodile. Deux crocodiles. Trois crocodiles. Quatre crocodiles. Un vide. Une absence dans ses yeux bleus. Naruto se pencha et passa son bras derrière ma nuque, m’attirant à lui. Ça devenait une manie chez les hommes de ma vie de se barrer après m’avoir embrassée sur le front. L’idée de le repousser et de faire un scandale ne m’était même pas venue à l’esprit. Je m’étais laissée faire, les yeux grands ouverts. Le cœur aux aguets.

« On ne t’a jamais dit adieu, Sakura. Moi, je n’ai rien dit. »

Des étoiles dans les yeux, de la haine dans le cœur, j’avais regardé Naruto repartir et j’avais serré les dents. Contente de l’avoir croisé, je me sentais pourtant encore plus seule qu’avant. Non, je ne suis pas si forte qu’il n’y paraît et la nuit, je ne dors pas. Je n’y arrive pas. Et lui, Naruto, il le sait ça. Il sait que puisqu’il ne m’a pas rejetée, je finirai inévitablement par revenir vers lui. Enfoiré.

Mais je ne me laisserai pas faire.

« Les absents ont toujours tort de revenir. » - Jules Renard.

-

On peut convaincre la Terre entière qu’on a changé mais jamais soi-même. Ma peine était authentique et ne me lâchait pas d’une semelle. Les absences de Sasuke et Naruto ne me faisaient que plus penser à eux. L’amitié de Lee n’était pas la réponse à tout. Je ramais.

Retour en arrière.

-

Mardi. Levée à 14h. « Quatre appels manqués de Lee. »

Mercredi. Le dernier film Pokémon en exclusivité. « Sept appels manqués de Lee. »

Jeudi. J’avais réussi à perdre mon téléphone dans mon lit. Entre les taies d’oreiller qui traînaient et les draps défaits, je fouillais nerveusement, guidée par le bruit étouffé du vibreur. Un peu paumée, habillée n’importe comment et la tête en vrac, la vie semblait m’avoir tapée un peu trop fort.

« Allô.

Quand on est vivant, on répond au téléphone ! Ça fait bientôt une semaine que t’as pas mis un pied en cours.

Lee ?, interrogeai-je.

Ou tu te connectes au moins à MSN pour qu’on voit que t’es pas morte. »

Alors que mon regard s’attardait sur le traversin qui gisait sur le carrelage de ma chambre, au bout du téléphone, Lee soupira. De toute façon, comme à chaque fois qu’il pleuvait, ma connexion Internet faisait trempette et j’avais plus de réseau. D’un ton sérieux, il reprit :

« Quand les temps sont durs Sakura, il s’agit d’être aussi dure qu’eux.

Rien à voir. ‘Y avait Pokémon qui passait à la télé hier. 

      Et avant-hier ? Tom Sawyer ou l’Inspecteur Gadget ? »

Mais ses railleries ne m’atteignaient pas. Ma tête tournait. Je n’arrivais plus à trouver le sommeil. J’allais mourir d’insomnie. Mes yeux piquaient. J’étais crevée. Et je dormais pas. Ni le soir, ni le matin, ni en journée. A part ça, la vie est belle et avant-hier, rien. Avant-hier, je touchais le fond du verre à deux heures du matin avec les pieds par terre. Vide de sens. La vie m’avait semblé trop ci, trop ça pour m’y attacher lorsqu’on m’avait proposé du rhum Charrette* pays. Le cœur qui allait éclater, avant-hier, que dalle.

« Les seules personnes capables de te mettre dans cet état…

Sasuke et Naruto, le coupai-je sans attendre qu’il prononce l’évidence.

Lequel ?

Peu importe. »

A l’autre bout du fil, Lee soupira une énième fois.

« Sakura. Ils osent te pisser dessus et n’essayent même pas de te faire croire qu’il pleut. »

Effectivement, vu sous cet angle, ils se payaient bien ma tête.

« Enfin… Voilà quoi. Tu vois ce que je veux dire ? »

 

Prends ce que tu veux sans jamais rien donner. Jamais. La loi du plus fort. Marche ou crève. Chacun pour sa pomme. Les autres se lavaient les mains des merdes dans lesquelles ils vous avaient foutu. Bande de monstres. Lee répétait sans cesse que même les méchants aiment leur maman – ne me demandez pas le rapport. Pourquoi est-ce que ce monde était aussi déglingué alors ? Pourquoi est-ce que mon monde ne tournait-il pas autour de moi comme il aurait dû ? C’était parce que ces méchants qui aiment leur maman se déguisaient en gentils, que les inconnus se confondaient avec les ennemis et que j’étais de ce genre de personnes qui n’étaient pas faites pour être les protagonistes. J’étais de ceux qu’on regarde, mais qu’on ne remarque pas. Celle qu’on ne rappelle pas quand elle se tire. Celle qu’on observe s’en aller sans la retenir.

Demoiselle des temps modernes qui avait perdu le contrôle de ses émotions, qui se recevait la vie en pleine poire sans avoir appris à prendre des coups. Je défilais dans un monde qui ne me convenait pas. L’amitié de Lee n’avait pas suffi. Ne m’avait pas suffi.

« Lee, il faut que je te laisse.

Qu’est-ce que tu vas faire ?

A demain. »

Aussitôt la communication coupée, je commençai à taper un message :

« Salut Naruto. »

La réponse se fit attendre. Une minute. Cinq minutes. Une heure. Deux heures. Mais arriva.

« Qu’est-ce qu’il t’arrive ? ‘Y a un problème ? »

Un pincement au cœur, je réalisai qu’il avait l’habitude que je lui écrive uniquement pour lui demander de l’aide quand ça n’allait pas mais m’accrochai à mes résolutions :  

« Je viens juste reprendre mon optimisme. Je peux passer chez toi ? »

-

Je faisais des allers-retours dans ma vie. Des allers-retours entre mon passé et mon présent. Entre mes amis d’avant et les actuels. Je ne sortais plus ; sans les garçons, dehors, c’était même plus la peine. Seule dans mon malheur. Seule face à ma détresse. Incapable d’aller mieux.

Naruto, Sasuke et moi, on s’était soutenus dans notre dépression collective. On s’empêchait d’avancer plus qu’on s’aidait et on se complaisait inlassablement dans le rôle des victimes. On stagnait. On se détruisait à petit feu.

Aujourd’hui.

BAC. Sakura Haruno. Tale scientifique, option maths. Aujourd’hui, je passe mon BAC. La première épreuve, la philosophie. Un rien stressée à côté d’Ino qui se rongeait la peau des doigts vu qu’elle n’avait plus d’ongles. Un rien étonnée que Naruto essaie de me détourner de la voie que j’avais choisie, de gâcher la chance de ma vie.

« T’as pas le droit de me faire ça, Naruto. »

 

Note :
Rhum Charrette :
Rhum arrangé à partir de spécialités réunionnaises. 49°. C’est très fort mais tous les créoles le connaissent. C’est le plus vieux rhum commercialisé à la Réunion.

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