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Travail scientifique: L´auteur fanfiction
 par   - 874 lectures  - 4 commentaires [16 décembre 2021 à 19:07:21]

Karl Helbig, un étudiant allemand, entreprend un travail scientific sur la fanfiction francaise comme genre litteraire. Quels sont vos opinions sur ses questions?


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Animes-Mangas

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Naruto

Sous la lune jaune
[Histoire Terminée]
Auteur: tookuni Vue: 389
[Publiée le: 2021-03-26]    [Mise à Jour: 2021-04-30]
13+  Signaler Drame/Action-Aventure/Yaoi (HxH)/Amitié/Tranche de viePas de commentaire
Description:
Naruto, comprenant qu’il n’atteindra jamais son rival s’il reste éloigné de lui, décide d’agir en conséquence : il va le rejoindre. Il vivra des moments forts et tragiques pour atteindre sa némésis, mais Sasuke est-il prêt à l’accepter à ses côtés, et à quel prix ?

TW : Violence, dépression, PTSD
Crédits:
L'univers et les personnages de Naruto appartiennent à Kishimoto Masashi.
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Chapitre 5 – Absorption

[3307 mots]
Publié le: 2021-04-23Format imprimable  
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Le combat ne faisait pas rage depuis quelques minutes que Sasuke prit sa décision. Cependant, désirant profiter pleinement du passionnant échange, il tut ses pensées et se concentra sur la lutte, se gorgeant des fragments d’aura que son rival libérait encore.

Devant l’inhabituelle configuration des lieux, il avait mis à profit son exemplaire contrôle du chakra pour jouer à chat avec son pair. Celui-ci, désarmé par les attaques imprévisibles que lançait le déserteur, jaillissant de derrière une colonnade, apparaissant soudain dans son dos et bondissant parfois du plafond, se sentait distancé par tant de technique. Incapable de donner des coups droits, il devait se concentrer sur sa défense et subir les déferlantes de l’assaillant en espérant le contrer. Toutefois, il avait remarqué un certain rythme dans la chorégraphie aérienne de son partenaire et, inspiré, l’avait appliqué à une toute autre technique de déplacement. Le temps était venu d’essayer ce qu’il avait si longuement étudié.

Créant quelques clones, Naruto les envoya à la poursuite de Sasuke, repérant lui-même les emplacements que le brun affectionnait, d’autres clones succédant aux premiers les marquant d’un kunai à l’inhabituelle forme de trident. Au bout de quelques minutes de course, lui seul restait, de nouveau ciblé par l’ennemi. L’estomac noué, certain que l’Uchiha ne retiendrait pas ses coups, il hésita un instant sur la marche à suivre, puis décida que gâcher l’effet de surprise serait stupide. Il voulait montrer à son ami que même sur le plan de la vitesse et de l’ingéniosité, il était capable de le surpasser.

Alors, il laissa le poing blanc dur comme pierre s’abattre de plein fouet sur sa mâchoire. Il avait à peine eu le temps d’amortir assez le coup pour éviter qu’elle se déboîte. L’autre, visant avec précision, ne se lassait jamais de le torturer... Glissant sur plusieurs mètres, il se redressa cependant immédiatement, prêt à subir un second assaut fulgurant ou à observer une ombre blanche se déplacer trop vite pour que ses yeux la suivent.

Il prenait visiblement son temps, se délectait de chaque coup porté un par un, et savait que le ninja blond, s’il ne pouvait que riposter, était capable de lui résister suffisamment pour qu’ils s’épuisent mutuellement. Naruto, conscient des idées préconçues de son opposant, fut heureux de percevoir les mouvements fluides entre les supports usés. Enfin, le moment était venu de l’atteindre furtivement de nouveau. Son estomac tourmenté par l’angoisse que suscitait l’attente du résultat, il composa vivement les signes du Kage Bunshin, en produisit une dizaine, et s’élança avec eux à la poursuite du feu-follet opalescent. L’un d’eux crut entendre le brun renifler dédaigneusement en constatant la piètre tentative, mais alors qu’il se dissipait dans un bruit d’os brisé, soudainement, comme guidés par un invisible fil, autour de Sasuke apparurent tous les autres. Qui de le frapper, qui de tenter de le retenir tandis que celui-ci, interloqué, se laissait tomber lourdement au sol dans le but d’échapper à la marée blonde.

« Mais qu’est-ce que... »

Le brun n’eut pas le temps d’achever sa phrase que la tornade l’avait déjà rattrapé. Sharingan activé, il esquiva quelques coups et profita du chaos que créait la mêlée pour s’en échapper, poignardant deux clones au passage. Quoi qu’il advînt, il fallait se reprendre. Son compagnon avait peut-être masqué les progrès qu’il avait fait pour le surprendre. Il devait s’être entraîné ici tandis qu’Orochimaru le gavait de savoir et connaissait sans doute le terrain par cœur. Non. Cela ne lui permettrait pas de se téléporter là où il se cachait et de sembler deviner à l’avance ses lieux de chute. Pourquoi, si subitement, Naruto parvenait-il à le suivre ? Pourquoi était-il assez vif pour avoir le temps de l’arrêter, distribuant indifféremment coups de pied et de poing, avant qu’il ne s’évade de nouveau pour subir le même sort un peu plus loin ? Même le Sharingan n’aurait su analyser ces foudroyants déplacements...


*


« Ben alors ? Tu suis pas ? » scanda le blond, deux heures plus tard, tandis qu’ils reprenaient lentement leur souffle.

Naruto se tenait les genoux, le regard gonflé de fierté, tandis que Sasuke gisait contre un pilier, le visage couvert de coupures et le corps encore contusionné de l’assaut infernal. Sa décision étant sans appel, le brun songea que s’il voulait comprendre l’événement précédent, il n’avait d’autre choix que d’interroger son coéquipier. Affichant une moue vexée, il grogna de mauvaise grâce :

« Hé, comment tu fais ça ? »

La première réponse était à ses yeux évidente : le garçon se redresserait, ricanerait d’un air benêt et hurlerait : « Aha ! Pas question que j’te l’dise, enfoiré ! ». Apaisé par l’image, il parvint même à esquisser mentalement un sourire.

Pourtant, étonnamment calme, au lieu de se mettre à rire, son compère s’approcha de lui et le fixa d’un air trop sérieux pour son visage poupin. Il détesta par avance la réponse qui allait suivre. Naruto n’était pas fait pour dégager cette impression de solitude lugubre, pas plus qu’il n’était fait pour commencer à marmonner, confus :

« Ça s’appelle le Shunshin no Jutsu. »

Les joues se teintèrent d’une infime rougeur alors qu’il avouait, gêné, le nom de la technique qui avait surpassé son contraire. Abasourdi, celui-ci ne put en revanche empêcher le coin droit de sa lèvre de remonter en un rictus sincèrement satisfait.

Il avait lu les ouvrages qui composaient la saga de la dernière guerre avec intérêt. Il y avait découvert dans quelle mesure ce Quatrième Hokage dont Naruto parlait tant était un héros inégalé et avait compris pourquoi le garçon s’y était tant attaché. On y décrivait également de façon précise les techniques utilisées par les ninjas de cette époque et certaines escarmouches en disaient long sur l’avantage qu’elles permettaient au combat. Responsable du surnom donné à Namikaze Minato, le Shunshin no Jutsu était l’une d’entre elles.

Assimilant son erreur, il tenta de tâter son dos pour y découvrir ce qu’il savait être un minuscule sceau supposé attirer à lui son créateur. Son épaule déboîtée protesta si vigoureusement qu’il ne sut retenir une grimace. Il voulut entendre l’autre en rire, mais Naruto ne broncha point de nouveau et se permit d’attraper lui-même le léger morceau de papier. Puis, d’un air trop neutre, il se plaça sous l’articulation valide et le souleva, l’aidant à tenir sur ses jambes vacillantes. Humilié, le brun se détacha de lui promptement.

Quelle ne fut pas sa stupeur lorsqu’il perçut l’œil blessé de son ami, comme si la honte l’avait plus touché que lui-même et que sa douleur était exponentielle au mal physique qu’il subissait. Affolé, il eut l’effroyable impression d’être le témoin d’une lente agonie et d’en percevoir dès lors les signes précurseurs les plus évidents.

« Hé, boulet, qu’est-ce que tu as ? » ne put-il s’abstenir de demander.

Le blond fixa ses pupilles d’un air interrogatif. Il souhaita le voir tirer la langue et se moquer de ses inquiétudes.

« Ben, rien de spécial. Je sais que ça t’emmerde que je sois le seul présent pour te retaper, mais c’est jamais sympa de se le rappeler. On a quand même été coéquipiers. »

Découvrant avec étonnement la crainte filtrant dans les paroles du déserteur, Naruto avait répondu sincèrement. Il préférait lui taire ses tourments, esquiver toute nouvelle raison de se faire mépriser ou haïr, mais son compère n’exprimait alors aucune animosité à son égard. Le concerné daigna même déformer son visage sévère en une expression neutre, proche de la compassion. L’effort lui coûta, mais il grogna en s’éloignant laborieusement vers l’infirmerie :

« Je déteste dépendre des autres. Ça n’a rien de personnel, imbécile. »

Il aurait pu ajouter qu’à bien y réfléchir, il préférait les traitements peu attentionnés de Naruto à tous les autres. Celui-ci ne s’encombrait d’aucun faste, oubliait son apparente fragilité, conscient de sa puissance, et respectait par ce biais son immense faim d’indépendance.

En revanche, le cuisant besoin d’affection du blond n’était comblé par personne, pas plus qu’on ne semblait le laisser entrer dans les cœurs inexistants de ses congénères. Les deux nécessités ne s’annulant point, le garçon n’éprouvait ni le plaisir du don, ni le bonheur de recevoir, et sombrait lentement dans la mer opaque qui finirait par détruire sa pureté. Sasuke doutait qu’il en fût averti mais, bien que Naruto le perçût pertinemment, il préférait cet état à l’insoutenable solitude qu’avait engendrée la fuite de son irremplaçable némésis.

L’infirmerie avait, pour des raisons pratiques, été établie à quelques pas de la salle aux colonnes. Le moins estropié des deux, vaguement rassuré, y fut avant l’autre et l’y attendit sagement, fouillant les tiroirs à la recherche d’une pilule médicale. Les manipulations des maîtres des lieux avaient l’avantage de fournir une impressionnante collection de remèdes, occasionnant une régénération presque instantanée de tous types de lésions physiques. Les deux garçons en abusaient volontiers et, si le plus méfiant avait rechigné à s’en droguer, il avait fini par décider que le serpent ne pouvait prendre le risque de vicier son futur corps avec des produits de seconde zone.

« C’est la bleue, bon sang, râla le brun en s’allongeant douloureusement sur la table d’opération. Tu es vraiment stupide ! Je ne comprends même pas comment tu as pu recycler tout seul ce foutu jutsu. »

Le soigneur improvisé se contenta de faire une moue boudeuse tandis que Sasuke, de son membre dispos, plaçait doucement son avant-bras sur son ventre.

« T’as eu l’air tellement flippé, quand je cherchais des indices dessus ! Ça m’a bien fait rigoler ! se moqua enfin le garçon de façon que son patient se décontracte.

— C’était tellement absurde que j’ai cru que je faisais un cauchemar...

— Hé ! protesta le blond tout en manœuvrant le bras démis. Ça devrait t’arranger que je sois moins débile que tu le croies. Moins de conneries, plus de tranquillité ! »

Alors que les mains du genin replaçaient habilement la tête de son humérus en poussant son aisselle du pouce, il rétorqua sarcastiquement, indifférent à la douleur déjà apaisée :

« Ta gueule, ta crétinerie a le seul mérite d’être distrayante. Ce serait dommage que tu perdes ton unique qualité. Merde, continua-t-il alors en se relevant, avalant le remède et tâtant son épaule maltraitée, depuis quand t’as arrêté de me la déglinguer au passage ? »

Rasséréné par les compliments masqués, l’interpellé pesta :

« Depuis qu’elle se déboîte au moindre choc ! Kabuto t’as dit de l’immobiliser un peu, faudrait peut-être l’écouter de temps en temps... Pas que j’aie confiance en ce taré de binoclard, mais il est quand même médic... »

La conversation lui semblait normale, comme s’il avait suffi d’un minuscule effort à Sasuke pour guérir son camarade. Cependant, il n’avait point changé d’idée. Soumis à sa haine, à son désir de vengeance et à la noirceur des lieux, il ne pourrait supporter de le laisser dépérir de plus belle. D’ailleurs, songeait-il, Naruto se comportait de façon trop amicale pour être honnête. Voilà qu’il l’observait vaguement, ses yeux cernés fixant le vide entre eux, semblant se gorger d’une euphorique image déformée. L’abominable maladie semblait le gagner de seconde en seconde, purulente infection rejetant indifféremment tout vaccin, tout pansement, tout baume. Quand bien même un instant Sasuke parvenait à obtenir une notable amélioration, à peine une minute s’écoulait-t-elle qu’une plaie neuve s’ouvrait en place d’une cicatrice.

S’attendant à un long dialogue qui vaudrait en inaccoutumées confessions celles de leur combat de la Vallée de la Fin, il articula froidement :

« Dégage. »

Incapable de comprendre l’ampleur de l’ordre, le concerné s’offusqua :

« Non mais c’est bon ! La prochaine fois, je te laisse crever sur place !

— Il n’y aura pas de prochaine fois, Naruto. Je te dis de dégager d’ici tant qu’il en est temps. »

Le jeune ninja, stupéfié par le comportement de son éternel rival, resta bouche bée. Sasuke s’imposa de remarquer :

« Tu ne vas pas bouger sans explication, pas vrai ? »

Le signe de tête négatif fut éloquent.

« D’accord. Ça me gonfle, mais je vais formuler ça de façon directe, pour être sûr que tu comprennes bien : t’as gagné. Tu ne me feras jamais croire que tu es assez égoïste pour te servir de moi comme d’un outil, pas après ce que tu m’as balancé quand j’ai déserté. Alors maintenant que tu as eu ce pour quoi tu étais venu, va-t’en. »

Naruto n’avait rien compris. Qu’avait-il accompli ? Sasuke ne restait-il pas hermétique à ses tentatives de rapprochement ? Comment pouvait-il avoir gagné quoi que ce soit d’autre que le précédent combat ? Incapable d’interpréter correctement la harangue de son vis-à-vis, il réagit violemment :

« Quoi ? Tu flippes parce que je t’ai démonté la figure tout à l’heure ? »

Exaspéré par la réaction attendue, l’adolescent éructa :

« Espèce d’abruti ! Tu ne vois pas que tu vas crever, si tu restes ici ? Tu crois que ça me plaît de voir mon meilleur rival se désintégrer comme ça ? Je n’ai pas besoin d’amour ou de présence humaine ! Mais toi, tu es là à me coller comme si j’étais ta seule motivation alors que tu as des tonnes d’autres personnes à protéger ! Et le pire, c’est que malgré mon isolement, il t’a suffi d’un an à peine pour entrer dans ma tête et tout bousiller ! »

Devant tant d’agressivité, Naruto ne sut retenir ses hurlements. Au vu de leur condition, l’étrange dispute aux allures de serment fraternel ne pouvait devenir joute physique.

« Bousiller quoi ? C’est vide, dans ton crâne ! Tout est sombre, y a plus d’espoir ! Je suis venu pour continuer à t’égaler, connard, et si en même temps je peux te tirer de là, je le ferai ! C’est vrai, je suis malheureux comme les pierres ici ! Le vieux serpent est malsain, les expériences de Kabuto me font vomir, et toi ! Toi ! insista-t-il, gesticulant. Je fais des efforts pour éviter de te faire chier et tu tires la gueule ! Tu supportes même pas que je te touche alors que ça t’avait jamais posé de problème avant ! Tu me dis de dégager au moment où je te surpasse enfin ! Et en même temps, tu baragouines un truc incompréhensible à propos de ta tête de dégénéré ! Pourquoi ? Pourquoi tout à coup tu m’engueules ? Tu veux rattraper tout le temps où tu m’ignores, d’un coup, comme ça ?!

— La ferme ! tempêta Sasuke, je m’en fous que tu sois devenu si important ! Je préfère encore t’avoir pour finalité que de prendre le risque d’être englouti avant d’avoir accompli ma vengeance ! Tu fais partie d’elle, maintenant ! Tu es sa suite directe. À cause de ta présence, j’ai oublié de vouloir mourir ! Tu t’es si bien immiscé dans mon cerveau que toutes ces inutilités y sont revenues, alors même que tout était obscur et monstrueux ! J’arrive même à voir une connerie de bout d’espoir dans le futur ! »

Poussé à bout, il avait saisi de sa main la plus ferme le col de Naruto et le fixait rageusement. Comment avouer à cet opposé qu’il outrepassait largement le statut qu’il lui avait attribué lors de leur précédente altercation ? Comment lui montrer dans quel état se trouvaient ces limbes autrefois si impénétrables ? Partout rayonnait un soleil doré digne des plus belles étoiles de la galaxie. Point si péniblement brûlant qu’il fut bleu, l’astre nourrissait chaque coin d’ombre, effaçait toute douleur, aveuglait résignation, solitude et haine. Pourtant, si lointain qu’il semblait inaccessible, il respectait le cosmos instauré par le propriétaire des lieux, illuminait l’endroit sinistre sans en dévorer l’espace d’une seule molécule. Le sujet, libre de haïr tout son saoul, n’en était nullement contraint et, errant dans ces ténèbres nimbées de lumière, il traversait la nuit sachant le jour poindre.

Croisant les yeux turquoise affadis par la lassitude, l’agresseur devina brusquement comment faire visiter le royaume à son roi.

« Tu es trop débile pour qu’on te l’explique. Je vais te montrer. »

Saisi d’effroi à l’instant où le sang remplissait l’iris noir, Naruto sentit ses pieds se décoller du sol et atterrit maladroitement sur un océan d’encre où ne filtrait, au loin, qu’un cercle de lumière jaune. L’insolite contrée n’eut arboré cet éclat solaire, il aurait juré reconnaître le couloir dégoulinant de noirceur dans lequel il avait vu, impuissant, Sasuke disparaître.

« C’est bien le lieu auquel tu penses, tête de nœud. »

L’interpellé fut si épouvanté par la subite apostrophe qu’il bondit sur un mètre et se rétablit difficilement, le cœur battant la chamade. Reconnaissant la silhouette et le timbre acariâtre de son émule, la victime s’irrita :

« Bordel, Sasuke ! Tu m’as fichu une de ces trouilles !

— Peuh, renifla l’opacité d’un ton rogue, il n’y a qu’un imbécile comme toi pour flipper d’un genjutsu aussi basique.

— Ben, c’est vachement glauque, comme endroit... se défendit le pleutre.

— C’est mieux éclairé depuis quelque temps, figure-toi.

— Oh. »

Flatté que son antagoniste lui fasse l’honneur d’être son hôte, le jeune homme s’assit sagement dos au lointain soleil, tandis que son pair prenait place face à lui. Le genjutsu était si élémentaire qu’ils avaient tous deux conservé leurs actuelles apparences et, sur le nez du brun, luisant dans la clarté, persistait l’intrépide coup de soleil attrapé durant la semaine. L’idée saugrenue que cette radiance improbable aggrave la rougeur traversa l’esprit du genin, et il ne sut retenir un gloussement sonore.

« Quoi ? interrogea l’Uchiha, intrigué.

— Hum, comment dire ? ricana Naruto. Avec ton nez qui pèle, c’est pas conseillé de s’exposer comme ça...

— Je m’expose si je veux, vu ? »

Oubliant le ton barbare, le garçon se retourna un instant pour observer le fantastique éclairage. La réplique de Sasuke n’avait aucun sens, conclut-il alors. Ce soleil-là était partout, donnait la même clarté à chaque endroit et, eut-il voulu le fuir qu’il l’aurait encore trouvé devant lui, tel une impérissable conscience.

« C’est débile, ce truc te lâchera jamais, tu vas finir écrevisse ! persifla-t-il encore, visualisant tant et si bien l’image de son blême compagnon devenu écarlate, pelant et fumant de toutes parts, qu’il s’en étouffa de rire.

— Fort heureusement, ces rayons-là possèdent autant d’ultraviolets que ton crâne de cellules grises... » commenta à juste titre l’incriminé.

Trop occupé à reprendre son souffle et incapable de rétorquer quoi que ce fut à une offense de si haute volée, l’idiot étudia de nouveau la scène et demanda sérieusement :

« Alors, ça, c’est ton univers tout noir. Moi, sans m’en apercevoir, je suis cette luciole au plafond qui te colle aux basques, et ça t’arrange plutôt qu’autre chose, c’est ça ?

— C’est ça.

— OK, c’est cool, faudra que je réfléchisse un peu à ce que ça veut dire, mais c’est cool, ça me plaît bien, décida le blond tandis que son homologue retenait une raillerie quant à sa capacité cognitive limitée. Après, je vois pas le rapport avec mon état vaseux d’en ce moment... »

Las des explications, Sasuke soupira longuement et exposa :

« C’est comme si le soleil si "cool", cita-t-il, que tu vois là-haut descendait tout doucement se noyer dans l’ombre sous nos pieds. Tu ne dégages plus rien, tu t’affaiblis et si tu disparais, la luciole qui me guide s’efface aussi. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui tu m’as eu par surprise que je me ferai avoir demain. Et pendant que j’apprendrai à te contrer encore et encore, tu t’effriteras jusqu’à être incapable de m’égaler. Je tiens à mon rival, figure-toi, et la luciole me déplaît pas trop. Le seul moyen de les faire survivre tous les deux et de continuer à se concurrencer, c’est que tu dégages d’ici, que tu rentres chez toi et que tu continues à faire le couillon, entouré de gens qui peuvent te rendre assez heureux pour te donner la force de me surpasser. Tu n’es pas de ce monde-là, retourne dans la lumière avant de crever. »


Commentaire de l'auteur J'ai beaucoup trop aimé donner ce coup de soleil à Sasuke =D.
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