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Travail scientifique: L´auteur fanfiction
 par   - 875 lectures  - 4 commentaires [16 décembre 2021 à 19:07:21]

Karl Helbig, un étudiant allemand, entreprend un travail scientific sur la fanfiction francaise comme genre litteraire. Quels sont vos opinions sur ses questions?


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Animes-Mangas

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Naruto

Sous la lune jaune
[Histoire Terminée]
Auteur: tookuni Vue: 392
[Publiée le: 2021-03-26]    [Mise à Jour: 2021-04-30]
13+  Signaler Drame/Action-Aventure/Yaoi (HxH)/Amitié/Tranche de viePas de commentaire
Description:
Naruto, comprenant qu’il n’atteindra jamais son rival s’il reste éloigné de lui, décide d’agir en conséquence : il va le rejoindre. Il vivra des moments forts et tragiques pour atteindre sa némésis, mais Sasuke est-il prêt à l’accepter à ses côtés, et à quel prix ?

TW : Violence, dépression, PTSD
Crédits:
L'univers et les personnages de Naruto appartiennent à Kishimoto Masashi.
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Chapitre 3 – Le prophète et le malin

[3128 mots]
Publié le: 2021-04-09Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

Le terrain numéro trente-trois était connu pour son état de délabrement extrême. Il était relativement éloigné des autres et avait même servi par le passé à quelques examens chûnin. D’innombrables bosquets parsemaient la zone et le chiendent avait dévoré tout autre type de végétation. Les arbres, étouffés par la mauvaise herbe qui avait absorbé toute ressource alentour, ressemblaient à des cadavres de ninjas pétrifiés dans des poses grotesques.

Excentrée, dépouillée de tout intérêt, la petite plaine avait vu les murets de pierre qui la parsemaient produire en cascade des couches de salpêtre que l’unique artificier du village utilisait pour ses bombes. Il n’errait parmi les arbres à l’énergie drainée par les graminées qu’une fois par mois, et sa présence n’avait jamais dérangé personne.

Il aimait profiter par moments de la sensation d’inexistence que procurait la solitude. La boutique qu’il tenait ne lui permettait que trop peu de tranquillité et, il devait l’avouer, sa femme et ses enfants ne faisaient pas partie des éléments les plus calmes portés à sa connaissance.

Par beau temps, il visitait donc avec bonheur les lieux désertés et, après un copieux dîner, s’étalait sereinement au milieu de l’odeur de terre et de mousse pour faire la sieste jusqu’à la nuit tombée, bercé par le seul bruit de la nature.

Aussi le technicien manqua-t-il s’évanouir de peur en rencontrant, dans sa paisible retraite, un jeune ninja fou furieux qui détruisait avec ardeur ses précieuses cultures naturelles de nitrate de potasse.

Le garçon avait immédiatement flairé sa présence, exacerbée par la terreur qui l’avait un instant saisi. Face à l’attitude agressive de l’être aux vêtements déchiquetés, il ferma les yeux, sentant déjà son crâne fracassé à l’image de ces énormes briques. Cependant, un petit rire guilleret parvint à ses oreilles et transperça de soulagement sa cervelle tétanisée. Il tenta un coup d’œil vers le son inattendu et perçut son corps se dégonfler tel un ballon percé.

Des dents blanches fièrement alignées étaient apparues entre les lèvres qui fendaient à présent le visage balafré d’un sourire torride. Les joues, creusées par la fatigue, avaient repris un semblant de couleur sous la crasse accumulée et, par-dessus tout, semblant refléter le soleil couchant, les yeux d’un bleu royal faisaient jaillir de leurs pupilles des flots de bienveillance.

« Hé, le vieux ! scanda une voix criarde emplie d’une chaleur démentielle. Désolé de t’avoir fait peur ! »

Le vieux, rasséréné par l’image plaisante que s’était instantanément composée le jeune homme, râla :

« C’est ça, t’es pas désolé du tout, mon p’tit. Tu te poiles comme c’est pas permis, oui ! »

Le visage poupin se crispa légèrement et les dents mordillèrent significativement les lippes. Dans le but de se contenir, l’étrange farfadet se concentra sur sa présentation déplorable. Levant les mains pour atteindre ses cheveux, brunis par les monceaux de terre qui s’étaient sournoisement logés dans leurs nœuds, il constata que leur état n’était pas plus avancé. Le sang coagulé aux jointures de ses phalanges s’était acoquiné avec la verdure locale et donnait l’illusion que sa peau mutait en un lichen cramoisi.

Constatant l’air sceptique du gobelin, l’homme chercha par réflexe un point d’eau où il puisse se débarrasser de son costume végétal. Malheureusement, si la steppe gisait dans l’état lamentable dans lequel il l’avait découverte, la raison principale en était sans doute qu’aucune source ne l’avoisinait.

Quelle ne fut pas sa stupeur lorsque, tandis qu’il se résignait à dévisser le bouchon de sa gourde pour permettre au joyeux lutin de se débarbouiller, son geste fut interrompu par le bruit d’un boulet de canon crevant la mer. Interdit, il tourna la tête en direction du vacarme et crut une fois de plus défaillir d’étonnement.

À l’emplacement même de l’un de ses plus beaux nids à salpêtre, dans une mare d’eau douce au naturel indiscutable, barbotait un pygmée blond à la peau ravagée de cicatrices. L’artificier dût s’asseoir, défait, et ne sortit de sa torpeur décontenancée qu’au moment où l’apparition, poussant sur la surface à l’aide de son pied droit, s’extirpait de l’eau.

« Ouah ! C’est vrai, c’était pas là, avant ! C’est un de mes profs qui m’a gentiment fait jaillir ça du sol. Quand je lui ai dit que je voulais m’entraîner loin du village, il a insisté pour que j’aie un minimum d’hygiène. Comme tu peux le constater, ça me sert plutôt à travailler mon contrôle du chakra ! »

Le pauvre homme ébahi acquiesça d’un hochement de tête. À présent qu’il était propre, l’identité du ninja qui se dirigeait vers lui ne faisait aucun doute : Uzumaki Naruto, réceptacle de ce démon qui avait détruit le village treize ans plus tôt, arborant cette expression d’innocence bornée que lui seul avait l’art de dégager.

« Tu... bégaya-t-il, effaré. Tu es... »

Dans les yeux du garçon parut alors glisser une tempête de douleur. Il venait sans doute de comprendre de quelle hallucination son vis-à-vis avait été victime. Les prunelles se voilèrent partiellement, l’orage gonfla doucement dans les iris azur, dégradant la pureté de leur ciel en un gris-bleu comme un cocon de solitude. Les lèvres craquelées esquissèrent un sourire entêté d’une sincérité déroutante et le paria murmura :

« Ah, ben. Décidément, j’te fais flipper ! Tu peux te tirer si tu veux, je vais pas te manger. »

Tandis que le jeune ermite se retournait, le technicien se releva lentement, prêt à s’éloigner, cependant qu’un gargouillement sonore démentait à point nommé l’affirmation rassurante. Après un léger frisson, l’adulte observa le profil boudeur de l’enfant. La rougeur embarrassée sur ses pommettes rebondies ne daignait pas disparaître. Cette fois, ce fut à lui de retenir un gloussement.

Uzumaki Naruto se retourna vivement, vexé, se tenant le ventre des deux mains, et hurla :

« Hé ! C’est pas drôle ! J’ai pas bouffé depuis trois jours ! »

La remarque et la pose pittoresques brisèrent les derniers remparts de méfiance qui enserraient le cœur de l’homme et, éclatant d’un franc rire, il se rapprocha de l’affamé.

« Allez, gamin. Assieds-toi là. J’ai un bon gros stock de victuailles qu’on peut se partager. »

Naruto observa l’ordre avec étonnement. Jamais un étranger ne lui avait fait une proposition si sympathique.

« Tu veux pas me torturer en me mettant ta nourriture sous le nez, quand même ? demanda-t-il, circonspect.

— Hé, pour qui tu me prends ? s’offusqua l’artificier. Mon fils aîné a ton âge, figure-toi, et je ne laisserais jamais aucun gosse qui ne le mérite pas avec un ventre aussi creux que le tien ! »

Naruto fut convaincu incontinent par le réchaud et les boîtes de râmen instantanés qui apparurent sous ses yeux.

« Au fait, pourquoi tu as décidé de t’entraîner dans un endroit pareil ? s’enquit son vieux compagnon en entamant un onigiri fait maison.

­— J’attends quelqu’un qui doit se faire discret, avoua Naruto, décidant qu’il n’aurait jamais l’air suspect face à un vieux civil qui ramassait de la poudre de caillou.

— Oh ! Tu es en mission, alors ?

— Plus ou moins, oui, concéda-t-il de nouveau. Et toi ? »

Après que le vieux se fut acharné à lui expliquer comment on confectionnait une bombe, Naruto avait approximativement saisi qu’il était question de mélanger avec du charbon ce précieux salpêtre qu’un certain Yamato avait partiellement noyé dans l’étang.

On acheva alors le dîner par une pâtisserie occidentale dont seule la femme du patriarche avait, paraissait-il, le secret. La brioche imbibée d’alcool et surmontée d’une cerise confite fit le bonheur du garçon. Enfin, tandis que tous deux sombraient dans un sommeil réparateur, le vieux souffla à son nouveau camarade :

« Tu sais, petit, je t’ai mal jugé. Tu es quelqu’un de bien, et tu es sûrement promis à un grand avenir. Quand on a un peu vécu, rencontré pas mal de monde et observé beaucoup les hommes, on se rend compte que c’est de gens aussi gentils que toi que ce monde de sauvages a besoin.

» Tu es encore jeune, alors il va sûrement t’arriver des tas de choses très moches qui vont faire de toi un adulte aguerri. Mais si tu peux, garde toujours cette belle indulgence qui anime ton cœur... Tiens, il y avait un type incroyable qui passait dans les rues de Konoha avec le même sourire de demeuré que toi. Tu me fais penser à lui. Il est mort en héros, en bienfaiteur ! Tu sais, un jour, comme lui, ta bonté pourrait bien sauver le monde... »

Ce disant, il se tourna vers le jeune garçon, souriant. Il constata que celui-ci dormait déjà à poings fermés, repu. Face au peu d’intérêt que l’on portait à son discours, l’artificier ne put empêcher un accès de colère vexée et, frappant le crâne vide de son compère, il hurla :

« Et on écoute ses aînés, espèce de mal élevé ! »


*


Onze heures n’avaient pas pointé que Naruto se relevait lentement de sa couche naturelle. Le vieux reposait profondément, son nez dégageant de légères vapeurs dans la fraîcheur du soir, et ses ronflements couvraient le bruissement de l’herbe titillée par la brise. Adressant un regard reconnaissant à son nouvel ami, le garçon disparut dans la nuit.

L’heure approchait où, enfin, il aurait la sensation de faire quelques pas en avant, se réunifiant par procuration avec ce rival sans qui il se trouvait si impuissant. À présent que l’aura paisible du dormeur n’était plus palpable, il flairait l’odeur de moisissure qui ravageait les lieux, percevait l’état sauvage dans lequel ils avaient été abandonnés, s’y sentait lui-même égaré.

Aux aguets, il ne sursauta nullement lorsqu’une figure tremblotante se matérialisa à quelques mètres de lui. Le claquement d’un coin de cape et l’émanation malsaine qui se dégageait de sous le vêtement le renseignèrent suffisamment sur l’identité de l’homme camouflé. Retenant un frisson de dégoût, il scruta la silhouette, à la recherche, à défaut d’yeux, du reflet des verres qui les masquaient. La lumière de la lune l’éblouit soudain, réfléchie par les lentilles et, comme si la réaction avait correspondu à un sourire satisfait, de l’ombre s’éleva une voix.

« Naruto. Je n’aurais jamais imaginé que tu découvrirais si habilement comment me contacter. Mais j’oublie évidemment que tu es un garçon plein de ressources. Preuve en est cet endroit désert que tu as choisi comme terrain d’entraînement. Aucun soupçon à ton égard n’a dû être soulevé. Mes félicitations. »

L’interpellé grimaça. L’idée était de lui, l’emplacement découvert par Hinata. Sakura lui avait suggéré d’obtenir l’aide d’un Hyûga afin de dénicher le poste idéal. Il avait longtemps hésité entre utiliser la crédulité de la timide héritière, ou tenter d’abuser le perspicace Neji. Décrétant qu’aucun risque ne devait être pris, il s’était résigné à se servir de la jeune fille qui, bégayante, après avoir étudié pendant de longues minutes les alentours, lui avait indiqué ce point.

« C’est pas pour me complimenter que t’es venu jusqu’ici, Kabuto, non ? » scanda-t-il, cherchant à connaître les motivations de son vis-à-vis.

Le manteau sous lequel se cachait le sbire fut secoué d’un ricanement.

« Tu es toujours aussi impatient, mon pauvre Naruto. C’est simple, pourtant. Je suis venu parce que tu m’as appelé. Par extension, je suis venu parce qu’Orochimaru éprouve un intérêt certain pour ta personne, et que manquer une occasion de te contacter serait parfaitement stupide... Mais toi, mon cher Naruto, pourquoi m’as-tu invoqué ? »

Le timbre s’était encore assombri depuis leur précédente rencontre. Naruto déglutit puis articula :

« Si ton Orochimaru de merde est si intéressé par moi, pourquoi il essaie pas de me recruter ? »

Un éclair de lucidité sembla transpercer les fixités qui scrutaient toujours avidement l’enfant, tel un serpent sa proie future, immobile et fulgurant.

« En aurais-tu l’envie ? »

Naruto hésita un instant. Il n’avait pas prévu d’être si nerveux face à l’ombre. Cette masse difforme dont il ne discernait que trop vaguement les mouvements les plus anodins l’angoissait. Il avait imaginé une sorte de rencontre au sommet, de ninja à renégat, de futur déserteur à éternel traître.

Le tableau le mettait pourtant en position de faiblesse extrême. Après tout, la faveur viendrait de l’autre, la supplique serait entendue par ses oreilles et il aurait un pouvoir décisionnel absolu sur son avenir. C’était lui, Naruto, jeune genin en manque de défis, qui devrait supplier l’autre de l’emmener. C’était lui qui devrait ramper à ses pieds s’il le fallait pour que l’autre accède à sa requête. C’était lui qu’incarnait l’impuissance.

« Oui. »

L’aveu lui fut plus douloureux qu’il ne l’aurait cru. Par cette affirmation, il déclamait son besoin de Sasuke. Il se pardonnerait difficilement un tel acte, fût-il isolé, exceptionnel et nécessaire. La cape glissa vers lui, engloutissant l’herbe sous elle dans un bruissement étouffé. Les verres jumeaux toisèrent le faciès de marbre que Naruto s’était composé, ne laissant transparaître que sa volonté démente, preuve de la confiance que l’autre pouvait accorder à ses propos.

« Pourquoi ? »

Défaillant, l’adolescent s’attarda une fois de plus.

Pourquoi ? Cet homme était responsable de l’exil de sa machine à grandir et lui demandait pourquoi il tenait à la rejoindre ? Mais en était-il seulement conscient ? Que fallait-il rétorquer ? Que Sasuke était ses ailes et son boulet au pied ? Qu’il tenait à lui plus qu’à la prunelle de ses yeux ? Qu’il sombrait dans l’impuissance depuis que sa présence s’était estompée et que toute rage de vaincre avait déserté sa volonté avec celui qui l’avait si exponentiellement exacerbée ? Que sans Sasuke, il n’était que loques dépourvues de jugement et qu’il avait besoin de lui pour avancer dans la voie qu’il s’était choisie ? Que sans Sasuke, de toute manière, aucune voie n’était envisageable, pour l’unique raison qu’il les occupait toutes et les avait condamnées de son absence.

Quel que soit le rêve, sa réalisation était impossible si ses chemins restaient dévorés par la solitude. Quelle que soit la puissance qu’il puisse acquérir, elle resterait obsolète si elle n’était pas continuellement comparée à celle de sa Némésis. Mais comment pourrait-il avouer cela ? Comment oserait-il confier tel caprice à cet homme qui lui demandait pourquoi il souhaitait rejoindre son maître et, à son tour, sombrer dans les ténèbres ?

Soudain, cependant qu’il serrait furieusement son poing, il ressentit ce désir de puissance qui le poussait chaque jour plus avant malgré la séparation. La raison se fit évidente dans son crâne malmené et, sautant à la parfaite conclusion, il statua :

« Pour devenir plus fort. »


*


Ils couraient à travers les paysages les plus fous depuis plusieurs jours. Naruto avait vu défiler trois forêts, une mer et deux montagnes tandis que la masse écœurante que constituait Kabuto bondissait sous ses yeux, infatigable.

L’homme avait beaucoup parlé. Imbu et de nature bavarde, il lui avait dépeint les méthodes de camouflage utilisées par son maître pour rester introuvable. Préconisant les lieux aux sous-sols friables, il y creusait des galeries telles des taupinières, utilisait des vestiges à l’histoire oubliée, transformait les tombeaux en prison et les salles d’armes en laboratoires. L’inattendu composait son quotidien, l’insalubrité son mode de vie.

Le garçon décida que les antres d’Orochimaru elles-mêmes ne pouvaient errer dans un état pire que son appartement à l’abandon. Le simple fait qu’il n’y fasse que dîner de temps à autre avait rendu l’endroit sombre et poussiéreux, comme si son propriétaire avait disparu depuis des mois. Cependant, la sauce des boîtes de râmen s’accumulant avait attiré cafards et mouches et les odeurs pestilentielles qui se dégageaient de sa tuyauterie à l’agonie dénotaient d’une vague présence humaine. Les grottes humides où le serpent établissait ses quartiers étaient sans doute bien plus accueillantes que ce chez-lui morbide où il détestait rentrer.

Bientôt, son guide montra des signes évidents de nervosité. Naruto ne devinerait sans doute jamais s’il s’agissait de l’excitation de lui faire découvrir cette œuvre d’art qu’était la cache où il le menait s’enfermer, ou s’il angoissait simplement de retrouver un supérieur et un élève qui n’apprécieraient peut-être que moyennement son nouvel investissement. Il était bien placé pour savoir que Sasuke pouvait être infiniment plus impitoyable qu’Orochimaru et qu’être responsable de son ire était passible d’une mort d’une violence inouïe.

Après que l’être camouflé l’eut fait patienter hors d’une faille fichée au milieu du mur d’un haut plateau, le garçon fut accueilli en son cœur par un ricanement malsain résonnant dans une immense clé de voûte.

Mais le rire s’étouffa soudainement au son d’une porte s’ouvrant lentement, fendant le mur face à lui d’un trait noir, dégradant la faible luminosité de la pièce. Tel un souffle, la présence jaillissant de l’ombre balaya le champ de perception de Naruto, détruisant l’existence du maître, du traître, ne laissant place qu’à une puissante aura de guerrier. Les yeux encore écarquillés de la découverte des lieux, il ressentit l’onde comme un fil aurait tranché son corps à hauteur des intestins, si vivement que les deux morceaux formés se seraient instantanément recollés.

Il était là. Le frisson associé s’était ancré en lui et voyageait depuis ses orteils jusqu’à la racine de ses cheveux, inlassablement, réveillant ses instincts les plus primaires, déclenchant un tic nerveux au coin de sa lèvre. Ses pupilles dilatées tentaient encore de discerner la silhouette dans l’obscurité mais, mues par l’intempestif sursaut de satisfaction qu’avait soulevé le son d’une lame dégoulinant lentement le long d’un fourreau, soudain, elles se fendirent. L’échine électrifiée par le frisson, le ninja se courba légèrement, fléchit ses genoux raides de leur longue course, ferma ses mains en un craquement d’os pour composer sa garde. Après le souffle meurtrier viendrait l’agression. Après avoir si clairement signifié son désir de violence, il n’attendrait point de réponse.

Si Naruto n’avait été si galvanisé par la respiration placide et vive qu’il savait être celle de Sasuke, s’il n’avait tout à coup senti son corps et son âme s’éveiller au contact de leurs présences qui s’opposaient, il aurait perçu le sourire carnassier fendant les lèvres grises de son hôte. Il n’en aurait eu cure. Il savait, en se présentant en ces lieux, qu’il ne constituerait qu’un outil de plus pour façonner le corps parfait que le serpent se forgeait en Sasuke. Il avait eu raison d’y croire : Orochimaru était satisfait. Pour faire écho au sentiment de son maître, le sbire, qui s’était défait de sa mante, susurra avec cynisme :

« Bienvenue, Uzumaki Naruto. »

Tandis que la pointe de l’épée gouttait du bord du fourreau, un pas claqua sur le sol de pierre. Enfin, un vent fulgurant fouetta le visage des deux opposants alors qu’ils se jetaient l’un vers l’autre pour de sanglantes retrouvailles.

Ils allaient exister à travers ce combat, salut de leurs âmes assoiffées de puissance, compensation de leurs corps trop limités. Ils allaient frapper, de nouveau, parce que leur avenir en dépendait. Sasuke de toute sa haine, Naruto de tout son amour.



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