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Animes-Mangas

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Naruto

Sous la Lune Rouge Auteur: Llevann Vue: 73343
[Publiée le: 2008-01-05]    [Mise à Jour: 2010-04-12]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/Surnaturel Commentaires : 285
Description:
Apres la Quatrieme Guerre Mondiale, les Vampires regnent sur Konoha. Haruno Sakura et Hatake Tenten entrent dans la résistance - et se voient assigner une premiere mission totalement inattendue ( et completement suicidaire) : assassiner l'Hokage.

Nouveau Chapitre : "Tandava".
Crédits:
Personnages issus de Naruto de Kishimoto.
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Retour En Enfer

[6340 mots]
Publié le: 2008-11-22
Mis à Jour: 2009-02-01
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Taille du Texte: (+) : (-)

24

 

Hinata avait froid.

Recroquevillée contre un mur, elle essayait tant bien que mal de ne pas trembler, ce qui était plus facile à dire qu’à faire. La soif tordait ses entrailles à intervalles réguliers, la pliant presque en deux. Jamais elle n’avait ressenti pareille douleur physique. Des larmes avaient séché sur ses joues, et elle se sentait sale, pathétique.

Mais ces deux émotions ne valaient rien à côté de celles qui la taraudaient : la certitude qu’elle allait mourir, là, dans cette cellule immonde, sinon de soif, brûlée par le soleil, ou encore tuée par ces créatures infâmes qui se faisaient appeler Youkais. Elle déglutit péniblement, et le goût amer de sa salive lui donna un haut-le-cœur.

Etait-ce ce que les prisonniers d’Itachi à l’époque où il régnait sur Konoha, ces Nécromanciens tellement bizarres, avaient ressenti en sentant venir leur fin ?

« Neji… » se dit-elle, en fermant les yeux.

Son cousin si protecteur, et si froid en même temps…elle n’avait jamais compris la haine qu’il lui vouait enfant, et qu’il continuait probablement à lui vouer adulte, sous ce visage poli qui était le sien. Lui avait réussi là où elle avait échoué. En devenant l’un des hommes liges d’un Uchiha, il avait pris son indépendance vis-à-vis du clan qu’il haïssait, et dont Hinata était prisonnière.

Elle n’épouserait jamais Sasuke.

Elle ne reverrait jamais Naruto. Cette pensée lui fit si mal qu’elle en oublia momentanément les grondements de son estomac.

Naruto…si gai, si optimiste alors même que les morsures répétés de Sasuke devaient lui faire vivre un enfer. Elle s’était souvent demandée comment il survivait en donnant son sang à Sasuke chaque soir. Plus d’une fois, elle s’était faufilée dans ses appartements, certaine de le trouver inconscient. Ou pire : mort.

Certes, il se disait ami de Sasuke, et Sasuke le traitait bien…mais Sasuke était avant tout un Uchiha, et elle savait à quel point ils pouvaient se montrer cruels.

Naruto était peut-être mort, et elle n’en savait rien…cette pensée lui arracha de nouvelles larmes.

À cet instant, la porte de la cellule pivota sur ses gonds, la faisant sursauter.

Le jeune Youkai répondant au prénom de Kiba, si ses souvenirs étaient exacts, se tenait dans l’encadrement de la porte. Il avait l’air passablement agacé, et tenait une sorte de gobelet à la main. En la voyant ainsi recroquevillée, il eut un juron.

- Hé bien, miss Hyuuga, on a un coup de pompe ? dit-il, en se dirigeant vers elle d’un pas prudent et puissant à la fois. Heureusement que je me suis souvenu de toi…sinon tu nous aurais probablement claqué entre les doigts, et on aurait eu l’air fin devant Kimimaro.

- Hana ne sera pas contente. fit une voix derrière lui.

Son ombre fidèle, Shino, s’avançait à son tour dans la pièce.

- Elle ne sera pas contente si cette pauvre gamine crève. Tiens.

Il fourra entre les mains tremblantes d’Hinata le gobelet chaud. L’odeur du sang lui fit tourner la tête, et son estomac gronda vulgairement.

Sans se soucier du regard moqueur du Youkai, elle porta vivement le gobelet à ses lèvres. Le sang avait un goût âcre qu’elle ne connaissait pas, mais peu importait. Ses entrailles se contractèrent brutalement, comme pour lui reprocher de se nourrir aussi promptement après un aussi long jeûne, mais elle n’en avait honnêtement pas cure. Elle était assez lucide pour comprendre que ses ravisseurs n’auraient peut-être pas pitié d’elle plusieurs fois de suite.

Pitié d’elle…

Cette idée lui hérissa le poil, et elle retira le gobelet de ses lèvres.

- Je ne vous épouserais pas.

Sa voix, d’ordinaire si fluette et si hésitante, n’avait pas tremblé, cette fois.

« Je n’ai rien à perdre. » se dit-elle.

À côté d’elle, le Youkai s’esclaffa.

- Parce que moi, je t’ai dit que je veux t’épouser ? De quel couple on aurait l’air, tous les deux ? Sans blague !

- Votre sœur a dit qu’ils comptaient nous marier. dit-elle, ignorant son hilarité.

Kiba cessa net de rire.

- C’est à ça que tu pensais, à ton amoureux ? dit-il, après une petite pause. Sasuke…non…

Il scruta son visage de ses yeux brun clair. Hinata sentit ses mains se crisper sur le gobelet, mais elle était résolue à l’ignorer.

- Ne me dîtes pas que c’est un Humain ? s’exclama t-il finalement.

- Ça ne vous regarde pas ! riposta t-elle.

Il éclata à nouveau de rire.

- Décidément différente des autres ! dit-il, entre deux hoquets.

Il se redressa d’un mouvement souple.

- Je n’ai pas l’intention de t’épouser, miss Hyuuga. dit-il. Perso, je préfère les filles qui ont…comment dire…plus de…heu…caractère ? Le prend pas mal, surtout, mais t’es vraiment pas mon genre de nanas.

Il eut un long bâillement ennuyé.

- T’as beau être une Vamp, j’ai envie de tuer personne. déclara t-il. Espérons que ton clan sera suffisamment intelligent pour nous donner…

- Konoha est à nous.

Elle avait levé les yeux. Ses mains tremblaient, mais elle tenait à dire la vérité. Elle voulait dire la vérité, pour une fois…

- Ah ouais ? Je croyais qu’à la base c’était une ville humaine ? ironisa Kiba.

- Nous prenons soin des Humains, nous…

- En faisant quoi, en les massacrant ? T’es vraiment cruche, toi !

Il s’accroupit devant elle, pour la fixer dans les yeux.

- T’as rien dans la caboche ? dit-il. Ou alors, miss Hyuuga n’est jamais sortie hors de son palais pour voir comment vivaient vraiment les Humains ?

Hinata ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. Adieu, sa belle assurance. Le regard courroucé de ce Kiba la faisait frémir.

Elle n’était pas comme Naruto, elle n’avait pas sa force…

- Et…et vous croyez faire mieux que nous ? bégaya t-elle.

- Nan. dit-il, avec un sourire carnassier. Mais nous au moins, on ne prétend pas le contraire.

Il se redressa à nouveau, et lui tourna le dos. Hinata resta un moment tête baissée, fixant le fond rouge de son verre.

- Pour-pourquoi avez-vous attaqué Konoha ? dit-elle finalement. C’était…pour moi ?

- T’a rien dans la caboche, mais t’as des chevilles immenses. dit Kiba, en jetant un petit regard par-dessus son épaule. C’était pas pour toi, ma belle. C’était pour retrouver…

- Kiba…prévint Shino.

-…pour retrouver…s’entêta Kiba.

- Mon cousin. acheva une voix moqueuse.

Les deux Youkais tressaillirent, et Kiba ouvrit de grands yeux.

- Deidara ? s’exclama t-il. Mais quand es-tu…comment es-tu…quand es-tu arrivé ? bégaya t-il.

- Je suis arrivé à l’instant. Le train m’a conduit jusqu’à Konoha, ensuite j’ai pris un bateau, et puis, j’ai fait de l’escalade…oh, mais tu ne sais probablement pas ce qu’est un train, Kiba ?

L’inconnu enfouit ses mains dans les cheveux bruns de Kiba.

- Si. siffla le Youkai.

- Tu devrais essayer d’en prendre un…enfin, j’ai entendu dire que vous aviez une invitée de marque, et je suis venu présenter mes respects…oh, mais c’est que c’est mignon tout plein ! Comment ça s’appelle ?

Il vint s’agenouiller devant Hinata. Il avait des cheveux blonds emmêlés par le vent, une sorte de grâce androgyne marquée…des yeux d’un bleu éblouissant.

Naruto, pensa t-elle aussitôt.

- Elle s’appelle Hinata. dit froidement Kiba. Hana ne voudrait pas te voir ici.

- Oh ? Elle m’en veut toujours de l’avoir abandonnée devant l’autel ? ironisa en contrefaisant une voix aigue. J’ai cru entendre dire qu’elle s’était bien consolée.

- Pourquoi tu sors de ta retraite maintenant ? s’exclama Kiba. Je croyais que la politique ne t’intéressait pas ! Mais dis quelque chose, Shino !

- Cette fois ça m’intéresse…j’ai un compte à régler avec les Uchiha, non ? Alors, ça s’appelle Hinata…

Il effleura la joue de la jeune Vampire, qui frissonna. Ses yeux avaient exactement la même teinte que ceux de Naruto, mais ils étaient froids.

Incroyablement froids.

- Dis moi, Hinata Hyuuga, tu es bien la femme qui traînait toujours derrière Naruto, n’est ce pas ?

Hinata sursauta.

- V-vous connaissez Naruto ? Vous me connaissez ? demanda t-elle stupidement.

Il eut un sourire torve.

- J’ai toujours eu un don avec les femmes délaissées…qu’elles s’appellent Kin, Tayuya, ou Karin.

Les yeux d’Hinata s’écarquillèrent comme elle reconnaissait ses noms.

Karin ?

- Qu’est ce que vous lui avez fait ! s’exclama t-elle. Qu’est ce que vous leur avez fait ?

- Pendant que les Vampires évacuaient en catastrophe, avant de revenir comme des lâches ? ironisa t-il. Je n’en suis pas sûr, mais je crois bien qu’elles sont mortes. Evidemment, je ne suis pas omniscient…et il est possible que je me trompe. Je n’ai pas vérifié avant de les quitter.

Hinata sentit son estomac se révulser.

Il les avait tuées…et il en parlait comme ça.

« Je vais mourir. » se dit-elle. « Je vais mourir… »

- Effrayée ? Il n y a pas de quoi. dit-il froidement. Je ne suis pas comme certains Uchiha, qui massacrent tout sur leur passage…mais dis moi, Hinata, à quoi ressemble Naruto ?

- Vous le connaissez ?

Elle se trouva pitoyable, à gémir de la sorte. Mais elle se sentait si…si vulnérable ! Plus encore devant ces yeux trop bleus que devant ceux de Kiba.

- Evidemment, c’est mon cousin. dit-il joyeusement. Du côté de ma mère.

Hinata eut l’impression qu’un camion lancé à pleine vitesse venait de la heurter de plein fouet. Ce Youkai…le cousin de Naruto ?

- Deidara ! aboya une voix furieuse, dans le couloir. Toi…ici !

Le blond eut un soupir résigné.

- C’était le palais de mon oncle, Hana. dit-il, en se mettant debout. J’étais juste venu voir votre chose…ah tiens, Kimimaro n’est pas avec toi ? Et dire qu’on jouait aux cerfs-volants ensemble…je n’arrive pas à croire qu’il ait bondi à cette vitesse sur mes restes…

Il y eut un glapissement furieux.

- Sur tes quoi ?

- Essaie de pas trop cogiter. fit une voix douce contre l’oreille d’Hinata.

Elle tressaillit, et découvrit Kiba. Il s’était rapproché d’elle sans qu’elle le voie.

- Personne ne laissera Deidara te faire du mal tant que…

Il parut hésiter, et finalement, lui prit le gobelet des mains.

Après quelques secondes, Hinata entendit la porte claquer. Alors, elle se laissa glisser contre le mur, secouée de tremblements. Elle se sentait encore plus mal qu’avant manger.

 

**

 

POV Sakura

 

Shikamaru me fixait depuis trois minutes. Je ne savais pas si c’était mauvais ou bon signe, mais j’essayais d’éviter son regard froid, en me concentrant sur le bout rougeoyant de sa cigarette.

Il avait demandé à me parler, un quart d’heure auparavant. Seuls.

Le bureau dans lequel nous étions était une pièce exiguë, aux murs fissurés. Mais même dans cet environnement délabré, ce Shikamaru parvenait à garder cette allure impressionnante.

Ou peut-être le voyais-je ainsi parce que je savais qui il était, enfin. Même si ce que j’avais vu avec Naruto me donnait plus envie de vomir que d’applaudir.

- Alors ? dit-il finalement. Tu ne m’arraches pas les yeux ?

- Pardon ?

Je levai les yeux. Il eut un sourire moqueur, et tira sur sa cigarette.

- Je m’attendais à un truc du genre – mais pourquoi as-tu menti ou à quelque chose d’aussi galère. Mais t’es plutôt cool, comme fille, en fait. Ça me change.

Mes mains se crispèrent sur mes genoux.

- Je ne risque pas la cour martiale si je vous contredis ? dis-je froidement.

- Ouais…en théorie…comme si les deux blondes et ta copine brune étaient du genre à s’en soucier.

Un point pour lui.

- T’es futée, Sakura. reprit-il. C’est pourquoi je t’ai choisie, et aidé dans le palais de Konoha

- Choisi ?

Je me raidis.

- Je ne crois pas. dis-je. C’est moi qui…

- Je t’ai repéré, et je t’ai envoyé un de nos hommes. coupa t-il.

J’encaissai l’information avec un battement de cils.

Me repérer ? Pourquoi ?

- j’étais sûr que tu plairais à l’Hokage. dit-il, comme si il avait lu dans mes pensées. Tes cheveux roses, tes yeux verts, ton air innocent…ça le change des filles qui tournent autour de lui d’ordinaire.

Il tira rêveusement sur sa cigarette, l’air profondément agacé.

- Pff…j’avais pas prévu que tu craquerais sur lui. murmura t-il. C’est vraiment galère…

Je tressaillis, avec l’impression qu’il m’avait giflé.

- Pardon ? coassai-je stupidement.

- Tu nies ? ajouta t-il, en me lançant un regard nonchalant.

- Pourquoi dites vous ça ?

Ma voix me paraissait bien trop nerveuse. Je me retins à grand-peine d’inspirer un bon coup. Il avait tort.

« Et le baiser, alors ? » fit une petite voix dans ma tête.

On ne m’embrassait pas souvent, voilà tout.

- Je…ils ont tué mes parents. rappelai-je. Comment pourrais-je…

- Ce n’était pas lui, tu sais ? C’était son frère. dit-il avec un sourire.

- Un Vampire est un Vampire. Je veux venger mes parents. 

Mes phrases sonnaient désagréablement comme une leçon apprise par cœur à mes propres oreilles. Mais je les pensais. Je les pensais. Certes, Sasuke Uchiha était beau.

Très beau, même.

Mais il avait manipulé Naruto. Et si il savait que j’étais une Nécromancienne, alors…

- C’est tant mieux. dit Shikamaru.

Il sortit une petite fiole de sa poche, et la glissa sur la table. Mes yeux se fixèrent automatiquement sur le vulgaire récipient de verre.

Mon cœur s’emballa. Je dus me retenir de triturer mes cheveux roses.

- Qu’est ce que c’est ? dis-je au bout d’un moment, me résignant à poser la question qu’il attendait.

- D’après nos informateurs – autrement dit, d’après moi-même…

Il eut un bâillement ennuyé.

- D’après moi-même, reprit-il d’une voix pâteuse, Sasuke Uchiha et Hyuuga Neji se préparent à se rendre au Pays des Tourbillons pour libérer Hinata, désobéissant ainsi au Conseil dirigé par Madara Uchiha.

Je sursautai, surprise.

Le Vampire qui avait exploité Naruto, moi, et tous les Humains de Konoha, étaient en train de désobéir au chef de sa famille pour sauver la douce et fragile Hinata ?

Je n’en revenais pas.

Cette attitude désintéressée, voire loyale, ne cadrait pas avec l’image que j’avais eu de lui en tenant la main de Naruto, trois heures plus tôt.

- Cette attitude stupide et inconsidérée en temps de guerre va nous servir. reprit Shikamaru, me ramenant brutalement à la réalité.

Stupide et inconsidéré ?

- Hinata est innocente, et…commençai-je.

- Pour copier Tema, aucun Vamp’ n’est innocent. dit-il, vaguement moqueur. Sa désobéissance va déstabiliser les Vampires de Konoha pendant un instant, puisqu’il tombera momentanément en disgrâce. Alors, nous prendrons la ville. La dernière fois, nous avons dû nous retirer parce que prendre Konoha seule équivalait à un suicide. Mais cette fois, nous prendrons Kiri, Hazun et Gon en même temps. Puis, nous prendrons Suna. Je me fatigue à tout t’expliquer pour que tu comprennes que tu n’as pas le droit à l’erreur, Sakura. Quand les combats auront commencé, tu boiras cette potion. Pierre de soleil, racines de muguet, et opium.

Les yeux rivés sur lui, les mains tellement crispées que j’en avais mal, je décortiquai ses ingrédients. Racines de muguet, masquer. Opium, illusion…

- Alors, et alors seulement, tu te donneras à lui. dit Shikamru. Pas avant. Dans son plaisir, il te mordra sans doute.

Racines de muguet et opium, masquer l’odeur de mon sang de Nécromancienne et des pierres de soleil. Qui le tueraient.

J’eus l’impression que la température de la pièce chutait de plusieurs degrés.

- Je suppose que perdre ta virginité ne te pose aucun problème, dit Shikamaru. Tu savais à quoi tu t’engageais en te joignant à nous.

Ma virginité.

Je n’y avais même pas pensé. Toutes mes pensées étaient focalisées sur cette fiole dont le contenu devait mettre fin à la vie de Sasuke. Mes mains tremblaient.

« Ces assassins doivent payer…ils doivent payer. » me répétai-je.

Mais mes mains tremblaient toujours.

- Que…se passera t-il ensuite ? demandai-je finalement.

- il ne mourra pas tout de suite. Il vivra même assez longtemps pour prendre le commandement d’une fraction de l’armée Vampire.

Qui se retrouverait brutalement sans chef, et serait ainsi perdue pour Suna. La finesse du raisonnement me coupa le souffle.

- J’ai parlé à ton amie. dit Shikamaru. Elle tiendra Hyuuga loin de toi quand il le faudra.

Du Tenten tout craché. Je me demandai comment elle avait réagi. Avait-elle été aussi mal à l’aise que moi ?

- Si quelqu’un d’autre prenait le commandement de Konoha en l’absence de l’Hokage ? repris-je. Orochimaru ? fis-je, prononçant le nom de la première personne qui me vint à l’esprit.

Shikamaru soupira.

- Ouais…il a réussi à échapper à cet abruti de Jiraiya, mais il n’en a plus pour longtemps. dit-il. D’excellents limiers sont à sa poursuite. Cet abruti de Jiraiya, mais il ne compte pas. Tsunade-sama. Elle a un compte à régler avec lui. Le Mange-Mort également, mais je compte le rappeler très vite.

- le…

J’écarquillai les yeux, et me fit debout.

- Kakashi-Sensei ? fis-je. Il a rejoint la Rébellion ?

- Rejoint ?

Shikamaru eut un sourire moqueur.

- C’est lui qui m’a formé. dit-il.

Je pensai un instant à retomber sur ma chaise, les bras ballants, le regard hagard, comme l’aurait fait n’importe quelle fille civilisée. Mais étais-je seulement une fille civilisée ?

- Il disait qu’il n’en faisait pas partie. me rappelai-je.

- Il a toujours eu une façon particulière de voir les choses. dit Shikamaru, impassible. Si tu mènes ta mission à bien, tu devrais pouvoir le voir à Suna. Il s’occupera probablement de Naruto. Une autre question ?

Kakashi-sensei et Naruto. Une vague de soulagement me souleva le cœur. Si Naruto serait entre les mains de Kakashi, je n’avais plus rien à craindre.

Après tout, il m’avait élevé…

« On croit connaître les gens… » fit une petite voix dans ma tête.

Effectivement, jamais je n’aurais imaginé que la Rébellion pourrait mentir aussi effrontément. Mais pour Kakashi-sensei, c’était différent. C’était le père de Tenten.

- Non. dis-je.

- Très bien. La fiole. Prends la.

J’hésitai stupidement, comme si j’avais le choix. Quand mes doigts se refermèrent sur le verre, je frissonnai.

- Temari vous attend. dit-il froidement. Vous devez avoir rejoint la petite ville de Lian dans trois heures. Temari vous expliquera toouuuuuuuuut, conclut-il dans un long bâillement.

Je hochai la tête, et sortit sans me faire prier.

La petite fiole me brûlait la peau dans la poche de ma tunique.

Tuer Sasuke Uchiha.

Bien sûr que je pouvais y arriver. Ce type était une ordure…

« Qui essaie de sauver Hinata. Ce que Shikamaru n’aurait pas fait. » fit la voix dans ma tête.

Parce que Shikamaru avait entre les mains l’avenir de l’Humanité, ce qui n’était évidemment pas le cas de ce Vampire d’Uchiha, et…

Je soupirai, et secouai la tête. Qu’avais-je à discuter ainsi avec moi-même ? Une mission était une mission. J’étais en train d’hésiter à tuer un cafard, dont la famille avait tué mes parents. C’était ce que certains appelaient l’ironie du sort.

- Alors ? Comment ça s’est passé ?

Temari avait surgi devant moi de je ne savais où. Son éventail était lacé dans son dos, menaçant et intimidant.

- Bien. dis-je, après une légère hésitation.

- Hum.

Temari fronça les sourcils, et fit me signe de la suivre.

- il ne faut pas en vouloir à cet abruti. dit-elle, au bout d’un moment. Je sais qu’il peut te paraître malhonnête, mais…

- Il a menti à Naruto. C’est ce que j’appelle être malhonnête. dis-je froidement.

- Il n’a pas le choix. dit Temari. Il a quelques années de moins que moi, et il se trouve à la tête de la majeure partie des forces humaines de la Rébellion. Même les Nécromants le respectent. Shikamaru est un abruti misogyne et paresseux, mais…

Je lui jetai un regard en biais. Ses yeux verts s’étaient faits rêveurs.

- Tu es amoureuse de lui. dis-je, sans réfléchir.

Elle sursauta si haut que ses pieds quittèrent momentanément le sol.

- Mais c’est quoi cette histoire ? s’exclama t-elle. Tu ne vas pas t’y mettre aussi ! Je ne suis pas…j’ai bien le droit de l’admirer, non ?

- Excuse moi. dis-je précipitamment.

- Hum.

Ses joues étaient devenues toutes rouges.

Définitivement amoureuse.

Je retins à grand-peine un sourire mi-triste mi-amusé. Pourquoi le cacher ? Après tout, ils étaient du même camp.

- De toutes façons, ce n’est pas le moment de se soucier de ce genre de futilités. dit-elle d’un ton militaire, en glissant une clé magnétique dans une serrure. Quand vous serez partis, Kankuro et moi avons l’ordre d’abandonner cette retraite avec les troupes.

- Vous n’êtes pas des voleurs ? m’exclamai-je, stupéfaite.

Je croyais que Temari se contentait de détester les Vampires, pas qu’elle aussi faisait partie de la résistance.

- Evidemment que non. soupira Temari. Mais je ne suis pas sous les ordres de Shikamaru. Je suis dans l’armée des Nécromanciens…et je vais escorter Naruto.

La porte magnétique se leva, dévoilant une sorte de grand garage ouvert sur le désert. Les dunes de sable ressemblaient à des montagnes d’or pilé.

À la fois magnifique et effrayant.

- Hé, Sakura !

Naruto était assis sur une sorte de vieille mobylette hors d’usage. On lui avait prêté de nouveaux vêtements, orange et noir, qui juraient toujours horriblement avec ses cheveux jaune or. Vu ainsi, à contre-jour, avec pour fond les dunes ensoleillées…il ressemblait vraiment à un Youkai.

Une espèce de démon solaire.

- Bonjour, Naruto. Tu as l’air en pleine forme. dis-je d’une voix plate, mécanique.

- Pas toi, en tous cas.

Tenten m’observait d’un air critique. Quelqu’un avait fiché une fleur orange dans un de ses sempiternels macarons. Ses vêtements étaient toujours lacérés, couverts de poussière.

- Tu es pâle à faire peur. observa t-elle. C’est ton entrevue avec Shikamaru ?

- Je ne voyais pas de quoi tu te plains. fit Naruto d’une voix d’enfant pleurnichard, m’évitant ainsi de devoir mentir une nouvelle fois. Ce n’est pas toi qui va voyager avec une espèce de psychopathe…aïe !

Temari venait de le frapper sur le sommet du crâne.

- Tu parles de mon frangin, abruti !

- Et alors ? riposta Naruto. Ton frangin ne dort pas. Je le sais, j’ai passé la nuit avec lui…AÏE ! La liberté d’expression, tu connais ?

- C’est pas pour les sbires des Vampires, ça ! répliqua Temari.

- Tu ferais mieux de faire attention, tu parles au futur roi incontesté de tous les Youkais de l’univers !

Temari parut désarçonnée un instant, et Tenten éclata de rire.

- Son nouveau but. dit-elle, entre deux hoquets.

- Un but très honorable. dit Naruto.

- Mais tu rêves !

- Aïe !

Temari l’avait à nouveau frappé.

- Tu crois que c’est facile ? aboya t-elle. Tu n’as aucune idée de…

- Si je vais avec vous, c’est bien pour devenir plus fort, non ?

Naruto riva ses yeux bleus sur moi, et je tentai un faible sourire.

- ça ne va pas être facile. dis-je. Je connais celui qui va t’entraîner, et c’est un…

« Pervers. Retardataire et incomparable flemmard. Je comprends qu’il ait été le professeur de Shikamaru. »

- …professeur exigeant. dis-je à la place.

Naruto écarquilla les yeux.

- Tu le connais ?

- Oui. Tu ne vas pas t’ennuyer, promis-je. C’est un Humain, mais des fois on se pose des questions.

Je surpris le regard inquisiteur de Tenten, et décidai de lui en parler en privé. Inutile de faire une scène sous le regard de Naruto.

La porte magnétique s’ouvrit à cet instant précis, et le psychopathe aux cheveux rouges s’avança, suivi de son frère. Il avait beau être plus petit de taille que ce dernier, Gaara du Désert dégageait une aura beaucoup plus palpable.

Peut-être à cause du démon qui dormait en lui.

Il posa ses yeux verts froids sur moi, et je me figeai.

- Sakura, n’est ce pas ? dit-il d’une voix glacée.

Je vis Temari se raidir.

- Heu…oui. dis-je.

Il jeta un regard à Naruto, qui le soutint sans flancher.

- Il serait peut-être temps d’y aller. dit-il.

- Oui…oui, bien sûr. fit Temari.

- Ino ne vient pas ? fit Tenten.

Sa voix guillerette eut, comme toujours, le don d’alléger considérablement l’atmosphère.

- Non. Elle est partie pour Kiri ce matin. Une mission.

En entendant parler d’Ino, je vis Naruto se crisper. La trahison devait être quelque chose de tout nouveau pour lui.

- On va prendre un glisseur. dit Temari. Je vous explique la mission en bref.

- la mission ? s’exclama Naruto.

- Oui, messire Youkai. C’est une mission. Le désert est ratissé par les Vampires…espérons pour eux que nous ne nous rencontrerons pas. Sinon…

Elle caressa amoureusement son éventail, arrachant une grimace à Naruto.

- Nous déposerons Tenten et Sakura à deux kilomètres de Lian, avant de continuer notre chemin vers le sud. Des questions ?

Aucune.

Temari hocha la tête, et se dirigea hors du garage, immédiatement imitée par ses deux frères.

- Ça va pas ?

Tenten posa la main sur Naruto, qui paraissait vaguement nerveux. Mais bien sûr, n’importe qui l’aurait été à sa place.

- Ça va. C’est juste que…j’étais jamais sorti de Konoha. Et je n’ai jamais voyagé aussi loin.

- Oh, ça !

Tenten éclata de rire.

- Nous non plus, si tu veux tout savoir ! s’exclama t-elle. Konoha ne laisse pas sortir ses esclaves facilement.

- Ouais…tu connais vraiment ce type, Sakura ? Celui chez qui on m’envoie…tu ne mens pas pour me rassurer, hein ? ajouta t-il, clairement défiant.

- Parce que je suis une menteuse ? m’insurgeai-je. Si je te dis que je le connais, c’est que je le connais.

- Et comment il s’appelle ?

- Tu verras…c’est une surprise. dis-je, avec un sourire.

- Hé ! hurla Temari. On n’a pas l’année entière !

Son glisseur était un appareil d’époque. Impossible de dire où s’arrêtait la rouille et où commençait la poussière solidifiée. Mais il glissait sur le sable avec une facilité et une rapidité impressionnante.

- Ouah ! s’exclama Naruto, extatique, alors que mes cheveux emmêlés par un vent mêlé de sable me battait le visage comme des mini-fouets. Ça déchire ce truc ! Où vous l’avez eu ?

- C’est moi qui l’ai remis en état. dit Kankuro, une once de fierté dans sa voix. C’était un appareil dont se servaient les Nomades qui vivaient dans ce désert avant l’arrivée des Vampires. C’est mon arrière-grand-père qui l’a fabriqué. Il en vendait, à Suna.

Avant que la ville ne devienne le fief vampire, ajoutai-je mentalement.

Ces gens avaient détruit nos vies. Ils ne méritaient que d’être détruits. Ma main se glissa dans ma poche, et mes doigts effleurèrent le verre.

Parmi tous, les Uchiha méritaient le plus grand châtiment. Alors pourquoi diable hésitais-je ?

- Super géant, en tous cas ! s’exclama Naruto. Et comment ça se pilote ?

- Avec une cervelle. répliqua Temari, qui était à la manivelle. Ce qui semble te faire défaut.

- ça ne va pas ? s’exclama Naruto, alors que certains éclataient d’un rire sonore. Je suis tout à fait capable de piloter ce machin, si tu y arrives…c’est avec ça qu’on va aller au sud ?

- Sûrement pas. fit Temari. On va le laisser près d’une de nos bases, à la limite du désert et de la mer du Sud. Puis, on prendra un aqua-glisseur…on y est presque, les filles.

Je sentis aussitôt mon cœur se serrer, et Tenten eut un sourire crispé. La bonne humeur s’évanouit aussitôt des yeux bleus de Naruto.

- Pas la peine de faire cette tête. dis-je. Chacun a son propre chemin, c’est tout.

- Et puis, tu dois devenir un roi digne des Youkais. ironisa Tenten.

- Rira bien qui rira le dernier. promit Naruto, qui semblait toujours nerveux. Tu…veilleras sur Sasuke, n’est ce pas, Sakura ? Ça a toujours été ma seule famille, même si il…

« t’a menti pendant des années par omission. » achevai-je silencieusement.

Et ce n’était pas moi qui allais changer la donne, puisque je continuais à mentir. Toujours mentir.

Pour le bien de l’humanité.

- Ça y est !

Le glisseur s’immobilisa dans un long jet de sable.

Temari se tourna vers nous, ses yeux pétillant derrière le verre épais des lunettes qui lui protégeait les yeux.

- Marchez vers le nord pendant une heure, et vous y serez. dit-elle. Je suppose que vous n’avez pas besoin d’une boussole.

- Tu nous prends pour des Nécromanciennes de pacotille ? riposta Tenten.

- On ne sait jamais. Allez, zou. Soyez prudentes, et n’hésitez pas, surtout.

J’eus l’impression de sentir le regard de Temari peser sur moi.

- Vous non plus. dit Tenten, en sautant sur le sable meuble. À la prochaine, futur roi des Youkais !

- Prend soin de toi, Naruto. dis-je. Je suis sûre que tu seras cent fois plus fort quand nous nous reverrons.

- Sakura…

- Je veillerai sur Sasuke, promis-je.

Il parut se détendre, et je croisai le regard froid et méprisant du dénommé Gaara. Mal à l’aise, je me glissai dehors. Le sable crissa sous mes chaussures.

- Au revoir. dis-je, avec un sourire.

Temari nous fit un petit signe, et réactiva sa manivelle. J’eus le réflexe de reculer avant d’être ensevelie vivante sous un nouveau jet de sable.

La dernière chose que je vis fut le regard angoissé de Naruto. Angoissé, mais confiant.

Il me faisait confiance.

Une boule se forma dans ma gorge.

- Tu as parlé à Shikamaru ? dis-je, comme Tenten époussetait ses vêtements.

- Il t’a remis le poison ? dit-elle.

J’acquiesçai.

- Dans quelques mois, tout cela sera fini. dit-elle.

Mais sa voix manquait de conviction. Je fronçai les sourcils. Le soleil tapait si fort qu’on se serait cru dans un four à charbon.

- Nous serons libres. dit-elle.

- Ou mortes. observai-je, en me tournant enfin vers elle.

- Libres de toute façon, dit-elle. Je ne doute pas une seconde que nous allons réussir.

Son regard décidé me fit sourire.

- Tu disais la vérité quand tu disais que tu savais qui allais s’occuper de Naruto ?

Mon regard suivit la direction par laquelle avait disparu le glisseur.

- Tu ne devineras jamais qui. C’est ton père. dis-je.

- Quoi ?

Tenten ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes.

- pap’ ? Avec les rebelles ? s’exclama t-elle. Mais il a dit…

- Il a formé Shikamaru.

-Quoi ?

Son visage était devenu tout rouge.

- C’est impossible ! s’exclama t-elle. Je veux dire…il me l’aurait dit !

- Apparemment pas. fis-je, lugubrement.

- Et c’est lui qui…

Elle regarda le désert.

Quelques instants s’écoulèrent. Tenten semblait furieuse contre son père.

- On devrait se mettre en route, tu ne crois pas ? Sinon on va cuire. dis-je prudemment.

Tenten étendit la main d’un geste sec, et murmura nord.

Une flèche se traça aussitôt dans le sable, indiquant la direction.

- Il va me le payer. dit-il. Je déteste quand il me fait des cachotteries, comme ça.

Oh, la, la…dire que je ne lui avais toujours pas dit pour son frère !

- Il estimait juste que ce n’était pas important…

- ne lui cherche pas d’excuses, hein ! Avec lui, jamais rien n’est important. Tu sais à quel âge il m’a dit que ma mère ne reviendrait pas ?

- Shikamaru dit que pour lui, il ne fait pas partie de la rébellion. dis-je. Tu connais ton père, Tenten.

- Dis tout de suite qu’il est fou. En plus, c’est vrai. marmonna Tenten. C’est mon père, mais je pense ne pas avoir hérité de son caractère impossible…ni de son talent, non plus, ajouta t-elle. Ils ont trouvé un sacré professeur à Naruto.

Un type réputé immortel, allé savoir pourquoi.

- Hum.

- Tu crois qu’il va lui apprendre les techniques qu’il a toujours refusé de m’apprendre ?

- Ne me dis pas que tu es jalouse…pourquoi il ferait ça ?

- Parce que c’est un abruti impossible à comprendre.

C’était une vérité incontestable.

- Hé ! fit soudain Tenten, retrouvant sa gaieté enfantine. On fait la course jusqu’en ville ?

Courir sur deux kilomètres ?

Elle ressemblait bien plus à son père qu’elle n’aurait voulu l’admettre.

 

Nous arrivâmes à Lian au bout de quarante cinq minutes, exténuées et surtout assoiffées. La peau de mes mains me brûlait. Il ne manquait plus qu’un coup de soleil, me dis-je, en regardant autour de nous.

Cette ville ressemblait à une…

- C’est une ville fantôme. murmura Tenten.

- Exactement. dis-je.

Le dôme anti-UV de la ville avait une couleur jaune abominable. Les rues étaient presque désertes, balayées par la poussière du désert. Quelques mamies nanties d’un caddy se dépêchaient de traverser la route…en fait, il n y avait que des mamies et des papys.

Cette ville ne semblait pas avoir de jeunes.

- Qu’est ce qui s’est passé, ici ? dis-je.

- Je ne sais pas, mais j’ai soif. Viens.

Tenten me tira sans ménagement. Quelques vieux se tournèrent sur notre passage, visiblement choqués par nos vêtements déchirés, couverts de poussière.

Tenten finit par trouver un bar, et en poussa la porte sans ménagements.

- Tu as de l’argent ? murmurai-je.

- j’en ai emprunté un peu à Temari avant de partir. dit-elle, d’une voix assurée. Tu imagines ? Nous faire partir sans un sou ?

- On est supposée s’être fait détroussé par des brigands. rappelai-je.

- Je dirais qu’ils ont pris nos affaires mais qu’ils n’ont pas pensé à nous fouiller plus intimement…oh, encore des vieillards.

Même le barman était vieux. Encore robuste et fort, mais incontestablement âgé.

- Bonjour. dit Tenten, comme il nous dévisageait, peut-être scandalisé par nos tenues, peut-être choqué de voir des gens jeunes. On vient du désert…des brigands, vous comprenez…on pourrait avoir quelque chose à boire ?

Elle posa quelques pièces sur le comptoir. Le barman les compta sans les toucher, puis les fit disparaître dans sa main fripée.

- À votre place, je disparaîtrais. dit-il d’une voix rocailleuse, en nous servant deux immenses verres de jus de fruits.

Je ne répondis rien tout de suite, m’autorisant une longue gorgée. Je me sentis aussitôt renaître.

- Pourquoi ? dis-je. Et si ce n’est pas trop indiscret…

Je regardai autour de moi.

- Où sont…

- les jeunes ?

Le barman eut un rire qui découvrit des dents encore présentes, mais affreusement gâtées. Mais même cette vue ne pouvait couper ma soif.

- Lian est sur le chemin entre Suna et Konoha. reprit-il. Beaucoup de gens sont morts pendant la guerre contre les Vampires. Puis, petit à petit, les Vampires ont mis en esclavages les plus jeunes. Dans leurs bétails.

J’eus soudain un accès de nausée, et détachai mon verre de mes lèvres. Tenten fit de même.

- Tous les jeunes ? fit-elle.

- Presque. dit le vieux. Certains ont essayé de s’échapper. Mais il y a seulement un an, la ville était sous la juridiction de Suna. Peu réussissait à sortir sans se faire prendre. Ceux qui réussissaient se sont pour la plupart ralliés aux Rebelles. Les raids ont cessé il y a trois mois. Mais on dit qu’un Seigneur Vampire se rapproche de la ville…les quelques jeunes qui restent sont allés se cacher dans le désert.

Je jetai un regard à Tenten.

Ces seigneurs Vampires étaient probablement ceux que nous cherchions.

- Cette ville n’est plus que l’ombre d’elle-même, mais j’imagine que c’est pire à Konoha. murmura t-il.

Effectivement. Ici au moins, les gens pouvaient se permettre d’exprimer leurs rancoeurs. Pas à Konoha, où nous étions tous sur écoute, tout le temps.

Les Vampires se disaient sans doute que la révolte était plus dangereuse dans les grandes villes millionnaires que dans ces villages, et ils avaient sans doute raison.

- À votre place, je déguerpirais. insista t-il. Ces Vampires…

Un long clairon lui coupa la parole. Son front se fit immédiatement blême.

- Trop tard, dit-il. C’est sans doute la garde.

Il nous jeta un regard angoissé, mais Tenten se contenta de lui sourire.

- Gardez la monnaie. dit-elle.

- Attendez ! s’exclama t-il. Ma cave…

- On ne met personne en danger. dit-elle.

- Ne vous inquiétez pas pour nous. ajoutai-je.

Même si ces gens étaient effectivement les gardiens des garde-manger des Vampires, nous appartenions à Sasuke Uchiha et Neji Hyuuga.

Autant dire que nous étions intouchables.

Ignorant les regards lourds qui pesaient sur nous, nous nous précipitâmes dans la rue. À chaque pas, mon cœur s’emballait un peu plus.

Je me surpris à espérer que ce n’était pas Sasuke Uchiha.

Nous parvînmes enfin dans la grande rue, poussiéreuse et déserte, à l’exception de cheveux harnachés, le museau recouvert d’une de ces bandes que j’avais vu dans mes livres d’enfant – des livres que seuls les Hatake avaient, et qui traitaient de la vie des nomades de Suna. Les turbans bleus des cavaliers accentuèrent encore cette impression. Ils me firent penser à ces hommes bleus de mes livres, disparus avec la guerre.

Ils avaient peut-être l’air de ces majestueux humains dont descendaient probablement Temari et sa famille, mais mes sens de Nécromant crièrent aux Vampires. Et pas à n’importe quel Vampire…

La fiole dans ma poche se mit à peser des tonnes.

Malgré le voile bleu, je devinai sans peine le regard noir de Uchiha Sasuke, et ma peau se mit à brûler comme si j’avais des coups de soleil sur tout le corps.

L’un deux mit pied à terre, et retira son turban.

Les cheveux bruns de Hyuuga Neji se déployèrent sur ses épaules, ses yeux blancs se rivèrent sur Tenten.

Celle-ci vira au rouge écrevisse, et avant que j’aie eu le temps de faire un geste, elle avait fait un pas dans sa direction, avant de se raviser. Finalement, c’est lui qui se déplaça vers nous.

Parvenu à quelques centimètres d’elle, il étendit la main, et effleura la joue de Tenten du bout de ses doigts.

- Vous avez survécu. dit-il.

- Evidemment. répliqua t-elle, en reculant. Pour qui vous me prenez ?

- Excusez nous de vous avoir sous-estimé.

L’autre cavalier venait d’enlever son turban.

Je frissonnai aussitôt.

Les cheveux d’ordinaire impeccablement coiffés de Uchiha Sasuke étaient légèrement emmêlés, et barraient sa joue blafarde.

Ses yeux noirs étaient toujours aussi profonds.

« Je ferai ma mission. » me dis-je.

Pour cette ville fantôme, pour tous les morts…pour moi-même.

- Naruto n’est pas avec vous ? demanda t-il.

-Non. répondis-je. Nous l’avons…perdu dans le désert.

- Comment vous êtes vous échappées ? demanda Neji.

- C’est une longue histoire. dit Tenten. Et vous ? Comment avez-vous traversé le désert en plein soleil ?

Sasuke eut un sourire moqueur.

- C’est une longue histoire.

Ce sourire me fit frissonner.

De retour dans la gueule du loup. J’étais foutue…

 

 

Beaucoup de retard…car beaucoup de boulot.

Je suis allé voir les gens de HEC…on dirait qu’ils ont un soleil qui rayonne autour d’eux. J’en aie eu les larmes aux yeux. Moi aussi, je veux rayonner !

Mais enfin, trêve de rêves. Je m’excuse du retard, sincèrement, mais j’ai vraiment eu énormément de travail ces temps-ci. J’espère que la suite vous plaira, et que ben…heu…je ne vais pas le dire, mais vous savez que j’espères en avoir !

Horrible ou potable ?

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