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Victor Sierra : financement participatif pour leur 5ème album
 par   - 176 lectures  - Aucun commentaire

Victor Sierra est un groupe français de musique steampunk.

Jje les suis depuis plusieurs années et nous sommes devenu amis.
Ils lancent un financement participatif pour leur cinquième album sur indiegogo :
Victor Sierra's 5th album

Ils chantent dans plusieurs langues : français, anglais, un peu d'espagnol et de yiddish dans certains titres.

Vous pouvez écouter des morceaux et voir des vidéos sur leur sites https://victorsierra.net/ ainsi que sur youtube, itunes, spotify...

 

Problème d'alimentation
 par   - 107 lectures  - Aucun commentaire

Bonjour à toutes et à tous.

Désolé pour les interruptions réccurentes. Il y a un gros problème avec l'alimentation des serveurs. L'onduleur à laché.
Je les ai momentanément branché directement, mais ça eut dire qu'en cas de coupure de courant il faudra attendre que celui-ci revienne.

 


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La ligue des mangoustes recherche de nouveaux héros
 par   - 1721 lectures  - 1 commentaire [30 mai 2020 à 12:42:02]

Fan de manga et/ou de comics et écrivain dans l'âme, cette annonce s'adresse à vous !


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Animes-Mangas

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Naruto

Sous la Lune Rouge Auteur: Llevann Vue: 73812
[Publiée le: 2008-01-05]    [Mise à Jour: 2010-04-12]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/Surnaturel Commentaires : 285
Description:
Apres la Quatrieme Guerre Mondiale, les Vampires regnent sur Konoha. Haruno Sakura et Hatake Tenten entrent dans la résistance - et se voient assigner une premiere mission totalement inattendue ( et completement suicidaire) : assassiner l'Hokage.

Nouveau Chapitre : "Tandava".
Crédits:
Personnages issus de Naruto de Kishimoto.
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Complot et Rencontre

[6120 mots]
Publié le: 2008-01-12Format imprimable  
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Ha, j’ai devoir de philo!!

Autant dire – rien à réviser n.n Après une khôlle de maths particulièrement et curieusement agréable ( oh, la vieille, on se fout de ta vie) je me remets à mon passe-temps préféré – les soldes c’est trop fatiguant.

Here we go !

 

Quand je me mis au lit -  ou plutôt, après que les deux jeunes servantes m’aient bordé et la mamie bénite – je me dis que je ne pourrais pas fermer l’œil de la nuit. Effectivement, à peine couchée, je ne pus m’empêcher de ressasser les évènements de la journée.

Tout s’était passée tellement vite !

Ce matin, je m’étais levée dans mon vieil appart, les yeux rivés sur mon vieux plafond aussi lisse qu’un gruyère, couchée dans mon vieux lit. Et maintenant, j’étais couchée dans cette espèce de lit à baldaquin en bois de rose, derrière des tentures qui auraient pu nourrir Tenten et moi pendant au moins trois mois, malgré l’inflation…

Ah la vie, me dis-je en soupirant profondément.

Encore que je n’avais pas à me plaindre…étant donné que selon toute vraisemblance, je ne vivrais plus très longtemps.

Ce fut sur ces pensées joyeuses que mon esprit s’alourdit brusquement, et je m’endormis avant même de pouvoir me rendre compte que j’étais fatiguée. Tout aussi curieux, je ne fis aucun cauchemar. Pas de Uchiha me poursuivant avec une hache pour me violer, par de Conseiller Serpent me condamnant froidement à mort, ni même le cauchemar habituel – mes parents se consumant dans un bûcher.

Force me fut de constater, à mon réveil, que j’étais parfaitement reposée. Je restai un moment étendue sur le dos, les yeux fixés sur les broderies au-dessus de ma tête. À quoi pensais-je ? À votre avis ?

J’essayais de me représenter mentalement ma première rencontre avec l’Hokage. Et curieusement, alors que je me suis toujours flattée d’avoir une imagination débordante, je n’y arrivai pas. La seule chose que je voyais, c’était ces yeux noirs et neutres fixés sur moi, dans son visage pâle et splendide, n’exprimant pas la moindre émotion.

Je ne voyais que ça. Et c’était déjà suffisant pour m’effrayer.

Qu’avait dit Kakashi-sensei, déjà ? Quelque chose comme Uchiha n’est pas un petit morceau. Je voulais bien le croire. Avec des yeux pareils…des yeux qui donnaient l’impression qu’il pouvait percer vos défenses et mettre à nu votre âme – ce qui dans mon cas serait suffisant pour m’envoyer devant le bourreau le plus sadique du comté.

« Quelle joyeuse pensée le matin au réveil ! » fit une petite voix narquoise dans ma tête.

- n’est ce pas ? soupirai-je en me écartant timidement les tentures du lit.

La chambre était toujours sombre, la seule source de lumière provenant d’une lampe de chevet. Et la mamie était pelotonnée sur une sorte de divan en face de mon lit.

Ah ça, pour me surveiller, elle me surveillait, me dis-je, amère.

Je glissai machinalement une main sous mon oreiller, et en sortit la montre que j’y avais glissé la veille.

Six heures.

L’heure à laquelle je me levais six jours sur sept pour aller travailler. Quel est l’adage, déjà ? Ah oui : Les mauvaises habitudes ont la vie dure.

Je pensais un moment à réveiller la mamie – ça lui apprendrait à me surveiller comme si j’étais en prison. Mais je me ravisai. Après tout, j’étais en prison. Et ce pauvre gardien ne faisait que son boulot.

Finalement donc, je me contentai de me glisser hors du lit en essayant de faire le moins de bruit possible – il faut bien reconnaître que ce n’était pas une mission impossible, avec l’épais tapis qui recouvrait le plancher.

Par habitude, je nattai rapidement mes cheveux roses.

La question qui se posait actuellement – et pas une des moindres – était où aller ? Comme vous vous en doutez probablement, je n’ai jamais été d’un naturel très curieux. Je suis d’avis que les gens curieux s’attirent vite des ennuis qu’ils auraient pu éviter. Mais cette fois, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir l’envie de visiter ces appartements qui étaient dorénavant ma propriété…du moins pour un temps. Repoussant courageusement les mots arrestation et exécution, je me dirigeai droit vers une sorte de long rideau rose saumon, chargé de broderies dorées. Derrière le brocart, une sorte de porte coulissante tendue de papiers de riz, et décorée d’une légère estampe de montagnes.

Tenten aurait adoré.

Quand je pensai au nom de mon amie, je sentis mon cœur se serrer. Je ne pus m’empêcher de me demander où elle était, et ce qu’elle vivait…si ça se trouvait, elle avait du se donner au Hyuuga dès son arrivée.

« Mais non imbécile. » me morigénai-je, les joues brûlantes.

Le garçon blond avait dit qu’il était en réunion avec son Hokage.

Mais je ne pus m’empêcher de penser qu’il avait pu la rejoindre après…comme l’hokage aurait pu le faire.

Je me figeai.

Et si il était venu ? Pendant que je dormais, je veux dire ?

« Et il t’aurait regardé dormir, des larmes dans les yeux, époustouflé par ta grâce et la beauté de tes cheveux roses… »

Vive les consciences insolentes.

N empêche que la mienne avait – comme souvent – raison.

Je poussai doucement la porte, et grimaçai en l’entendant grincer légèrement. Derrière moi, la mamie marmonna quelque chose dans son sommeil, et se tourna.

Je retins un soupir de soulagement, et glissai un œil à travers l’entrebâillure de la porte. Devant moi, un filet de ciel bleu sombre, brillant.

En fait – comme je le découvris lorsque je passai de l’autre côté – la porte donnait sur des escaliers couverts de ganse de riz, menant à un immense jardin piégé entre deux gigantesques édifices. Malgré la sensation glacée des ganses de papiers de riz contre mes pieds nus, pas un moment je ne pensais à rebrousser chemin. Les bosquets de bambous, les poivriers d’hiver, les grands arbres et le petit étang me semblaient tout simplement…divins, tout comme la sensation de l’herbe entre mes orteils. Et je ne parle pas du petit édifice en briques rouges adossé contre une palissade en bambou.

- C’est un temple. fit soudain une voix amusée. Dis, tu te ballades souvent pieds nus ?

Je tressaillit, et tournait la tête.

Le blond de la veille était assis sur la dernière marche d’un escalier que je n’avais pas aperçu.

- T’es matinale, dis donc. dit-il, avec un sourire.

- Je vous renvoie le compliment. dis-je, avec aigreur.

Je déteste être surprise – surtout quand je fais quelque chose d’aussi puéril que me balader sans chaussures.

Il eut un large sourire qu illumina ses yeux – et je sentis mon ressentiment fondre. Pas question que mon ressentiment fonde ! me dis-je, en essayant de conserver quelques traces de colère en moi. Mais autant essayer de faire un nœud avec de la fumée.

- La vieille aura des ennuis si on sait que tu te ballades toute seule, dit-il. Mais j’irai pas le rapporter à Ino, dit-il rapidement, comme je grimaçai.

- Merci. fis-je, légèrement surprise.

Son sourire s’élargit, et il se leva.

Hum, il n’était pas très grand…tant mieux. Les collabos trop grands ont le don de me faire peur. Je n’aime pas avoir peur, et j’aime encore moins les gens qui me font peur.

- Uzumaki Naruto, hein ? fis-je, alors que son énergie bizarre me parvenait comme une effluve puissante.

- Hé ! Tu t’en souviens !

Il eut l’air enchanté.

- Oui, c’est moi ! dit-il. Tes cheveux sont encore plus beaux au soleil.

Je rougis.

- M…merci. bafouillai-je.

Mais quand comprendraient-ils tous que ce compliment ne me flattait pas du tout !

- Pas de quoi. dit-il, en m’observant. Sasuke a eu l’œil, cette fois. D’habitude, il voit jamais rien. Bon, c’est vrai que c’est Orochimaru qui t’a repérée en premier…

- Hein ?

Orochimaru ?

Je sentis mon sang se glacer. En face de moi, il éclata de rire.

- Pas la peine de faire cette tête ! s’exclama t-il. De toutes façons, t’y es pas, hein ?

Non, en effet.

Mais ça faisait un choc, tout de même. Ainsi, j’avais échappé au harem du serpent…je sentis une vague reconnaissance pour l’Hokage – mais je me repris aussitôt.

Il ne manquerait plus que ça.

Et puis, il avait bien laissé Tayuya à ce malade, non – ne relevez pas ma mauvaise foi, s’il vous plaît. Il faut bien nourrir sa haine comme on peut.

- Tes appartements te plaisent ? reprit-il, en se balançant sur un pied. Au début, c’est moi qui les avait décoré.

Juste ciel. Si je me fiais à ses vêtements…

- J’avais choisi du papier peint orange…

Exactement comme je m’y attendais. Malgré moi, j’éclatais de rire.

Il me regarda, perplexe…puis décida que mieux valait rire aussi. Intéressant, comme personnalité.

- Dis donc, t’as déjà mangé des ramens ? demanda t-il.

Vraiment mature, comme conversation.

Ramens…ce nom évoquait quelque chose dans mon souvenir…

- Ichiraku. murmurai-je avant de m’en rendre compte.

Ichiraku…c’était le nom de la fille avec qui Tenten avait discuté, et qui faisait…des ramnens ?

- Quoi ? demandai-je, mal à l’aise.

En face de moi, les yeux du blond s’étaient mis à briller de milles feux.

- Tu connais les ramens d’Ichiraku ? s’exclama t-il. Ce sont les meilleurs ramens du monde…trop, trop bonnes ! Sasuke m’en fait livrer quatre fois par semaine, et je trouve que c’est pas assez, hein ?

Sasuke.

À nouveau, il avait appelé l’Hokage par son prénom.

Ino avait dit que c’était l’Humain le plus intime à Uchiha…mais à quel point ?

- Dis…dis-je lentement, la gorge presque totalement nouée.

- Hum ?

Il me regarda de ses grands yeux bleus, coupé dans un discours plein d’emphase sur les ramens. Je me forçai à sourire.

Après tout, tôt ou tard, je devrais me lancer dans la pêche aux informations…plutôt tôt que tard, décidai-je.

- À quel point…es-tu…commençai-je.

Mais le destin décida que ce n’était pas le moment.

- Sakura !!! fit soudain une voix strident, surexcitée, nous faisant tressaillir tous les deux.

Mon cœur manqua aussitôt deux battements.

Je connaissais cette voix.

- Tenten ? murmura-je, estomaquée, en tournant la tête.

Une fenêtre était ouverte sur le bâtiment d’en face – et la tête de Tenten apparaissait dans l’encadrement. Ses longs cheveux bruns lâchés ondulaient dans la brise matinale. Je ne pus que remarquer à quel point ma meilleure amie était jolie…

- Youhou, Sakura ! fit-elle, en agitant la main. C’est trop fort ! Qu’est ce que tu fais ici ?

Ce que je faisais ici ? Ben voyons.

- Jé…j’habite juste à côté. dis-je, en désignant l’escalier. Et toi ? Tu fais quoi là ?

Nous passâmes un moment à nous regarder.

Je n’en croyais pas ma déduction. Tenten et moi…habitions face à face ?

- Ah ça, c’est trop fort ! explosa t-elle, en frappant des mains comme une gamine.

J’étais bien d’accord avec elle – aussi eus-je un grand sourire.

- Bouge pas, je descend ! fit-elle.

- Non attends !

Bon oui, j’avais envie de voir l’endroit où elle vivait.

- Je monte ! dis-je, en faisant un pas résolu vers son escalier.

- ça marche ! à tout de suite ! fit-elle, avant de refermer les battants.

- Ben dis donc…vous avez du réveiller tout le monde. fit la voix du blond.

Tiens, je l’avais presque oublié, celui-là. Me sentant vaguement coupable, je m’immobilisai.

- Tu crois ? fis-je – à défaut d’autre chose.

- Sûr. Même moi, j’évite de faire autant de bruits aussi tôt…

Il fronça un sourcil.

- Vous vous connaissez ? fit-il.

- C’est ma meilleure amie.

Je ne vois pas pourquoi je le cacherais. Effectivement, les yeux du blond s’arrondirent.

- Vrai ? s’exclama t-il. Ça doit être chouette d’être en face l’une de l’autre !

Ça, il pouvait le dire.

Je bénis mon mystérieux pic de curiosité.

Tenten et moi restions côte à côte…bien. On allait pouvoir faire un plan commun, me dis-je, mon esprit pratique reprenant le dessus.

- Elle s’appelle Hatake Tenten. fis-je. Tu…veux que je te la présente ?

J’avoue : Je m’attendais à ce qu’il décline l’invitation. Après tout, Tenten et moi devions fomenter un assassinat…

- Ça serait cool ! fit-il pourtant, avec un large sourire.

Bravo, Sakura.

Pourtant, quand il m’emboîta le pas, je ne ressentis qu’un vague sentiment d’agacement. Ce type avait le don de me désarmer…et c’était un don plutôt rare.

- Sakura ! fit la voix enthousiaste de Tenten, alors que j’avais à peine monté quatre marches.

L’instant d’après, Tenten dégringolait l’escalier dans ma direction, les pans de son peignoir voletant derrière elle.

- J’avais tellement peur de ne pas…

Elle s’interrompit en voyant le blond, et ses sourcils se froncèrent. J’en déduisis aussitôt qu’elle avait senti ce que j’avais senti – une énergie débordante et étrange.

- Salut ! dit joyeusement le blond. Alors t’es la copine à Sakura ? Je m’appelle Uzumaki Naruto ! se présenta t-il avec un large sourire.

Je souris également, et échangea un regard avec Tenten.

- Enchantée, Naruto. fit Tenten. Je m’appelle Hatake Tenten.

- Je sais…dîtes, c’est une mode d’où vous venez de vous balader en nuisette ?

Appelez moi idiote si vous voulez, mais je n’y avais pas pensé une seconde. Alors que mes joues s’embrasaient, Tenten éclatait de rire – ce qui ne l’empêchât pas de nouer son peignoir de soie.

- On peut dire ça comme ça. dit-elle joyeusement. Allez, montez…la mamie qui est chargée de me surveiller est réveillée, de toutes façons.

- Evidemment. dis-je.

Tenten n’avait jamais été douée pour se réveiller sans réveiller en même temps l’immeuble entier.

- Je suis surprise de ne pas t’avoir entendue quand tu es tombée de ton lit. ironisai-je.

Ou plus exactement, de ne pas avoir entendu le chapelet de jurons qu’elle lâchait inévitablement.

Elle me tira la langue.

- De toutes façons, vous avez probablement réveillé toute l’aile, en criant tout à l’heure. dit Naruto d’un ton docte. Les Vampires ont le sommeil léger.

Quel dommage…on ne pouvait donc pas penser à poignarder Uchiha dans son lit.

Zut.

- Pas la peine de faire cette tête ! s’exclama Naruto – qui se méprenait totalement sur mon expression. Ils ont l’habitude…moi aussi je fais beaucoup de bruit.

Tu m’étonnes, pensai-je.

- Pas autant que moi, grimaça Tenten. Je suis affreusement maladroite…

Correction : Tenten était la personne la plus adroite que je connaisse. Seulement, elle a tendance à ne pas du tout prêter attention à ce qui se passe autour d’elle…d’où l’extraordinaire chiffre de vaisselle cassée à son actif.

Je les laissai discuter activement de qui était le plus maladroit – et Naruto sembla s’être imposé en grand vainqueur lorsqu’il cassa la tasse de thé que lui avait servi la mamie de Tenten.

Comme la mienne, elle avait l’air toute rapetissée. Par contre, Tenten n’avait qu’une servante : une gamine de treize ans aux grands yeux étonnés et à la bouche charnue. Prenez le comme vous voulez, mais je ne me sentais pas flattée du tout.

Tenten était moins surveillée que moi.

Son salon était plus dépouillé que le mien, mais les tatamis et les feuilles de riz peintes sur les portes coulissantes donnaient un air solennel et impressionnant à la pièce.

- Laissez, je vais vous aider. dit Naruto, comme la mamie revenait avec une balayette.

- Mais non, ça ira…

Mais il lui avait déjà pris la balayette des mains.

Si je ne pus m’empêcher de remarquer la beauté du geste, il apparut assez rapidement qu’il n’avait jamais touché à un balai de sa vie consciente – je dis consciente parce que généralement, les bébés s’arrangent pour toucher à tout.

- C’est pas de l’aide, ça, c’est de l’aggravation. soupira Tenten en s’agenouillant près de lui pour l’aider.

- Tu fais pas mieux ! protesta Naruto.

En effet.

Ai-je déjà dit que Tenten était bordélique ?

- Laissez moi faire. soupirai-je, alors que la mamie semblait au bord de l’apoplexie en voyant des morceaux de porcelaine voler à travers la pièce.

Pas besoin d’avoir le sang d’un des nôtres sur les mains.

- C’est du joli, ça ! fit une voix lasse alors que j’essayais de réparer les dégâts.

Yamanaka Ino se tenait debout sur le seuil du vestibule. Elle avait les traits tirés, le visage comme endormi.

- Bon…commençai-je.

- Je suis allée dans votre chambre, vous n’y étiez pas. dit-elle, un reproche tangible dans sa voix.

Comme je ne trouvai rien à répondre, je décidai de me taire. Mais Naruto ne semblait pas être un adepte du mutisme.

- Bah, tu vas quand même pas te venger sur Sakura d’avoir perdu autant au poker ! fit-il.

- Hein ?

Les yeux de la blonde s’arrondirent.

- Ça n’a strictement rien à voir ! s’exclama t-elle.

- Bah ouais, on te croit…t’avais qu’à pas parier autant ! Tu perds toujours la tête quand ce type est dans les parages…ajouta t-il, avec un sourire moqueur.

- Je ne vois pas de quoi tu parles. dit-elle, en se redressant de toute sa taille.

Mais à mon avis, elle savait de quoi il parlait.

- Bien sûr…ricana t-il. Tu sais, mam’zelle Hyuuga a encore perdu plus que toi, c’est épatant…cette fille est n…

- Bon, oui. coupa Yamanaka, agacée. Je t’ai déjà dit de lui foutre la paix, Naruto. Tu l’ennuies.

- C’est sans moi qu’elle s’ennuie.

- Vive la modestie, murmura Tenten.

J’étais d’accord avec elle.

- ça se voit que vous ne la connaissez pas ! s’exclama Naruto. Elle passe son temps à…

- Bon, Naruto ! fit Yamanaka.

- Bizarre comme fille.

- Naruto, continue comme ça et Hyuuga aura ta tête. dit Yamanaka.

Elle pâlit aussitôt.

- Je voulais dire le seigneur…commença t-elle.

- Pour une fois, Ino, t’es honnête !

Le sourire de Naruto s’élargit à tel point que ses yeux devinrent deux fentes bleues et pétillantes, ce qui lui donnait l’air à mon avis d’un démon particulièrement joueur…

- Je ne veux pas te faire peur, Tenten, mais Hyuuga est à mon avis, après le serpent, le p…

- Suffit. tonna Yamanaka. Tu vas mal finir, Naruto.

- Bof.

Il haussa les épaules.

- De toutes façons, il s’en fiche. dit-il, comme si cela le mortifiait que quelqu’un puisse se ficher de lui.

- Et on devrait l’imiter. ironisa Yamanaka. Bon, Haruno.

Je me raidis intuitivement. Pas vraiment que je m’en souciais, mais je n’aimais pas être grondée.

- Konan veut vous voir.

Je m’attendais autant à ça qu’à voir des chatons tomber du ciel. Tenten se raidit à mes côtés.

- Konan ? hoquetai-je finalement.

- Je sais, c’est prématuré. soupira Yamanaka.

Encore une fois, on se méprenait sur le sens de mon trouble. Konan…hé, mais c’était pas le nom de la favorite de l’Hokage ? Qu’est ce qu’elle ne voulait ? me demandai-je alors que mes yeux s’arrondissaient.

- Je suppose qu’elle veut voir la concurrence. soupira à nouveau Yamanaka Ino.

- Hum.

Naruto avait froncé le sourcils, et me regardais sans cacher son inquiétude.

- Merci beaucoup, j’ai beaucoup moins peur, tout à coup. dis-je avec ironie.

- Hum.

Il se contenta de hocher gravement la tête.

- Je ne veux pas t’effrayer, mais…commença t-il.

- Oui c’est ça, alors tais toi. fit la voix de Yamanaka, alors qu’elle me saisissait par le bras. On va essayer de vous rendre potable, Sakura. Venez.

Je jetai un regard désespéré à Tenten, qui répondit par une grimace.

Mon amie ne pourrait rien pour moi cette fois.

Tant pis.

En courant à la suite de Yamanaka, je réfléchis à toute allure. La blonde avait raison. Cette Konan voulait probablement s’assurer qu’il n y avait pas trop de concurrence…elle allait être ravie, me dis-je, amère.

En tous cas, je ne pouvais pas me permettre de l’inquiéter.

Bon. Je ne voyais qu’une seule chose à faire – me conduire comme une idiote sans cervelle. Les idiotes n’inquiétaient pas les idiotes ( ou du moins je crois, car je ne suis pas idiote) et inquiétaient encore moins les non idiotes.

Malgré cette  - bonne – résolution, la boule bizarre au fond de ma gorge ne disparut pas, loin de là.

- Bon, écoutez moi. dit Yamanaka, dès que les deux jeunes servantes m’eurent lâchée.

- Si vous voulez me rassurez, ne vous gênez pas. dis-je aussitôt, triturant nerveusement mon obi couleur automne.

- Hein ?

Elle arqua un sourcil. Je soupirai.

- Ça va, j’ai compris. dis-je, les yeux fixés sur mes chaussures. Je vais faire attention, ne pas la mettre en colère, blablabla.

Comment, j’aurais dû être plus polie ? J’en avais assez d’être polie. Je n’avais pas été élevée pour être polie. Je ne savais pas ce que cette Konan me voulait, et puis j’avais peur, et je voulais que tout le monde le sache, et j’aurais bien aimé que le monde cesse de me parler comme si j’allais entrer en enfer.

Ce n’était qu’une concubine, que diable ! Une concubine…et moi j’étais une brillante professeur de musique déguisée en concubine en mission secrète. C’est quand même plus reluisant, non ?

D’accord, c’était la favorite de l’Hokage…et je n’avais pas intérêt à me la mettre à dos.

Yamanaka Ino ne m’avait pas quitté des yeux.

Je soupirai intérieurement.

Et voilà, je n’avais rien dit, mais j’en avais déjà trop fait…

- Dé…commençai-je.

- Oh, ça va.

Un lent sourire fleurit sur son visage agréable.

- Je me demandais quand vous feriez tomber le masque. dis-je.

- Hé ?

Cette fois ci, ma surprise n’était pas feinte.

- Hé oui, vous n’avez pas l’air d’être une gentille petite fille. dit-elle gaiement. Je ne pense pas que vous soyez aussi…disons, déchaînée que mademoiselle Hatake, mais avec des yeux pareils, vous devez avoir un sacré caractère.

Ah, quand même.

Je me sentis bêtement flattée – même si j’aurais du – et que j’étais – inquiétée par le fait que cette jolie blonde transcende les apparences. Il allait falloir être prudente…bref, rien que je ne sache déjà.

- On a fait une bonne pêche, cette année. dit-elle, son sourire s’élargissant. J’aime les gens qui ont du caractère.

Alors celle-là non plus, je ne m’y attendais pas. Elle éclata de rire en me voyant froncer les sourcils.

- Bah, pourquoi êtes vous toujours sur la défensive ? s’esclaffa t-elle.

Oh, oh. Mauvais. Très mauvais.

- Je…ahem. bégayais-je. Je…je n’ai pas eu une enfance facile, alors…enchaînais-je rapidement.

En plus, ce n’était même pas un mensonge.

- Evidemment.

Le visage de Yamanaka se renfrogna.

- J’ai entendu parler des ghettos…la plupart des filles viennent de la Plate-forme est, d’où leurs caractères insipides et mielleux. C’est bien d’avoir de la différence.

- Heu…merci, mademoiselle Yamanaka.

Je ne savais pas quoi dire d’autre. Mais je ne m’attendais sûrement pas à ce qui vint ensuite.

- Bah, appelle moi Ino, pour une fois que je m’entends bien avec quelqu’un ! dit-elle avec un sourire. Et moi, je t’appellerai Sakura, ça marche ?

- Heu…

Oui, je sais, ce n’est pas vraiment rhétorique comme réponse, mais ce qui me vint à l’esprit.

- Oui, oui, pourquoi pas. dis-je au bout d’un moment, et après une rapide analyse.

Je me trompai peut-être, mais Ino Yamanaka venait de me proposer son amitié. Et je n’étais pas en position de refuser une amitié.

- Génial, on va faire un poker ce soir pour fêter ce rapprochement historique, c’est Naruto qui va être content ! dit-elle, en se frappant dans les mains. Enfin…

Elle se rembrunit.

- Si tu survis à Konan, ce qui risque de ne pas être le cas si nous continuons à papoter. dit-elle. Allez, en route !

Et elle se mit en marche d’un pas énergique.

J’aimerais pouvoir dire que j’en fis autant, mais je n’étais pas habituée à ce vêtement lourd, à cette ceinture qui me pliait presque en deux, aux manches et à la traîne de l’obi tellement longs que je me voyais mentalement m’étaler à chaque pas…et aux chaussures. Quelle horreur, ces chaussures.

- C’est encore…loin ? haletai-je, au bord de la crise d’hypertension.

Ino me jeta un regard par-dessus son épaule, et ses yeux bleus s’illuminèrent en voyant mes joues – que je devinai atrocement rouge.

Le rouge et le rose, ça ne fait pas très bon ménage.

- Nous y sommes. dit-elle. Presque.

Presque s’avéra être une quinzaine de mètres de parquet brillant plus tard. Ino finit par s’immobiliser devant un pan de mur, dans lequel était incrusté le portrait d’une très belle femme aux yeux rêveurs.

- Le mot de passe ? demanda t-elle d’une voix douce.

Et moi, je devais me coltiner la sirène glaciale.

Ino me jeta un nouveau regard – et avec une rapidité et une adresse peu communes, elle rangea derrière mes oreilles des mèches folles et roses qui s’étaient échappées de mon chignon.

Bon sang. Je devais avoir l’air d’une dératée.

- Voilà. dit-elle. Toute mignonne !

Ouais c’est ça. Mais à cet instant, le battant pivota sur ses gonds. Ah, c’était le mot de passe. Elle ne me parlait pas.

Ino inspira profondément, et franchit le seuil.

Le cœur battant la chamade, je lui emboîtais le pas. Nous pénétrâmes dans un vestibule sombre, qu’on devinait tendu de tentures sombres, avec une atmosphère vraiment sombre. Je fus prise à la gorge par un parfum lourd, comme du musc, qui me nouait aussitôt l’estomac.

Dans l’antre de la femelle préférée du loup, youpi !

- Sakura.

- Hein ?

Je baissai la tête. Ino était agenouillée sur une sorte de coussin plat, et tapotai un coussin plat similaire posé à côté d’elle.

- Assied toi. dit-elle.

S’asseoir ? Elle appelait ça s’asseoir ?

Pourtant, je m’exécutais.

- Bon sang. jurai-je aussitôt.

Mes fesses appuyées sur mes talons me faisaient un mal de chien.

- surveille ton langage, Sakura.

Plus facile à dire qu’à faire. Décidément, les Vampires avaient des coutumes bien bizarres…

- Yamanaka Ino, fit soudain une voix fluette, nous faisant tressaillir toutes les deux, ma maîtresse vous demande de vous retirer.

- Hein ?

Ino et moi échangeâmes un regard paniqué.

Comment ça, elle devait se retirer ? Mais alors…je devais rester là…seule ?

- Mais mademoiselle Konan m’a assuré vouloir rencontré Haruno Sakura. dit calmement Ino.

- Mademoiselle a l’intention de la rencontrer, mais pas en votre présence. reprit la voix.

Malgré l’obscurité, je vis la mâchoire d’Ino se crisper.

Les doigts croisés, je me surpris à faire une prière pour qu’elle reste…Dieu, faîtes qu’elle reste !

- Très bien, dit-elle finalement, en se levant.

« Hé, Ino ! » faillis-je dire. Mais je ne le dis pas. Je suis trop fière…

- Bonne chance, Sakura, elle ne devrait plus tarder. dit-elle.

Mais à sa voix, je sentais bien qu’elle n’était pas sûre…quand j’entendis le battant se refermer, je soupirai. Génial…génial. Vraiment génial.

- Mademoiselle veut-elle boire quelque chose ? proposa la voix fluette.

- Non merci. dis-je sèchement.

Pas question de mourir empoisonnée.

Les mains crispées sur le tissu de mon vêtement, j’attendis. Je ne sais combien de temps j’attendis, mais je sais que j’attendis longtemps. Les muscles de mes cuisses m’élançaient douloureusement, et j’aurais donné cher pour pouvoir me lever…mais je n’osais pas. Parce que dieu seul savait quand mademoiselle Konan allait daigner pointer le bout de son nez…bon sang.

Apparemment, elle m’avait fait venir pour me faire poireauter. Et je n’aimais pas trop ça.

Mais si ça pouvait lui faire plaisir…je me trémoussai désespérément sur mon coussin en espérant soulager mes cuisses – peines perdues.

Soudain, une sorte de grincement attira mon attention. On aurait dit qu’une porte avait pivoté sur ses gonds. Je m’immobilisai, et tendis l’oreille.

Rien.

Evidemment, rien. Les Vampires ne faisaient pas de bruits – pas, ou peu. Un humain normal était ainsi à leur merci…j’étais bien humaine, mais je n’ai jamais répondu aux critères de normalité. La preuve : j’ai les cheveux roses et je suis nécromanciennes.

Je fermai les yeux, et commençai par dresser une barrière psychique autour de moi. On ne savait jamais, cette Konan était peut-être du genre à sentir les énergies des gens…Puis, je me concentrai, essayant d’affiner le plus possible mon ouïe à grands renforts d’énergie. Finalement, je finis par distinguer une foule de petites choses. Le glissement d’une aiguille qui traverse un tissu, des ronflements légers, le murmure de l’eau sur le feu…et pour finir, un lent soupir.

- Uchiha-sama dort toujours ? fit une voix mielleuse et lente, qui résonna désagréablement dans ma boîte crânienne.

Mais quand on espionne, on n’a pas trop le droit de se plaindre.

Un petit rire doux répondit.

- Evidemment, fit une voix suave – mais étrangement atone. Vous l’avez ennuyé avec vos histoires, Orochimaru-sama.

Je me raidis. Orochimaru. Le Serpent.

Et cette femme…je n’eus pas à attendre bien longtemps.

- Je ne fais que mon devoir, Konan-san. fit la voix suave.

Konan. La femme à cause de qui j’avais les muscles des cuisses en compote. Une partie de moi fulmina – l’autre était bien trop occupée à écouter.

- Votre devoir va finir par vous coûter cher. dit Konan. Uchiha-sama n’aime pas qu’on lui dise ce qu’il sait déjà…et il apprécie encore moins que vous lui disiez ce qu’il a à faire.

- Ce sont les ordres de son père. Uchiha-sama est trop jeune…

- Uchiha-sama a fait ses preuves. coupa Konan-sama. Et si vous tombez en disgrâce, ce qui ne tardera pas à vous arriver si vous continuez sur votre lancée, alors il ne demeurera que Hyuuga-sama et cet Humain, Nara.

Il y eut un moment de silence.

J’étais tellement concentrée que j’entendais mon cœur battre. Après tout, j’écoutais les secrets de l’Empire…

- Mais vous saviez déjà tout ça, hein ? ironisa Konan. Sinon vous ne seriez pas venues voir une simple courtisane comme moi.

- En effet.

Si la voix restait suave, le ton était sec. Cette Konan et le Serpent n’avaient pas l’air de s’apprécier.

- Ceci, reprit-il, est une liste d’une très grande importance. Il s’agit de…

Je me penchai légèrement en avant, avide.

De quoi ?

Mais le serpent ne répondit rien. Et zut. La Konan avait du prendre le papier…zut de chez zut, me dis-je, frustrée.

- Je vois. dit-elle. Je ferai ce qui est en mon pouvoir.

Elle voyait quoi ? Elle ferait quoi ?

Bon sang !

- Est-ce raisonnable de la garder ici ? fit la voix du Serpent.

Il y eut un rire léger et fluide.

- Penseriez vous à venir fouiller le salon de maquillage d’une courtisane ? plaisanta t-elle.

Aucune réponse. Apparemment, Orochimaru ne pensait pas.

- Ne vous inquiétez pas, je le ferai, je hais ces…fit-elle.

Et à ce moment crucial que quelqu’un choisit d’allumer brusquement la lumière. Surprise, je fermai brusquement les yeux, et tendis les mains en avant pour amortir tout éventuel basculement. Mais pire encore que la lumière brute, le reflux brutal d’énergie. J’eus l’impression que mes oreilles allaient éclater, et ne pus retenir un long gémissement.

C’est à cet instant que je la sentis.

Une aura froide et impersonnelle.

Mais pas d’énergie à proprement parler…juste une sorte de trace. Une trace extraordinairement puissante et polaire.

Bon sang.

Est-ce qu’ils m’avaient senti ? Ils m’avaient repéré ? Merde, me dis-je en ouvrant rapidement les yeux. Merde…merde.

Merde.

Ce mot – vulgaire au demeurant, je vous l’accorde – fut le seul à me venir à l’esprit.

Tout d’abord, je ne vis qu’une paire de jambes solidement campée. Mais je les avais à peine remarqué que je levai les yeux…et merde.

Ma gorge se contracta, mes yeux s’écarquillèrent, et comble du ridicule, j’ouvris la bouche comme un poisson rouge hors de l’eau.

Une statue de chair aux veines de glace se tenait devant moi, ses yeux neutres, couleur d’encre, rivés sur mon visage. Des mèches aussi noires que ses yeux encadraient un visage pâle aux traits fins, aussi inexpressif que son regard.

« Ne les laisse pas dériver, ne les laisse pas dériver. » me dis-je, en essayant de contrôler mes yeux.

Mais mes prunelles émeraude n’en firent qu’à leur tête. En comparaison de la pâleur de sa peau, la chemise blanche de l’homme paraissait presque grise. Mais ce n’était pas le plus frappant…le plus frappant, qui m’avait frappé à tel point que mes yeux y revinrent aussitôt, c’était que ses boutons n’étaient pas mis – et que donc un torse splendide aux muscles durs était exposé à mon regard.

Je levai à nouveau timidement les yeux, et rencontrai à nouveau les yeux noirs. Je n’avais vu qu’une seule paire d’yeux pareils dans mon existence, et je n’étais pas prête de les oublier.

Uchiha Sasuke. L’Hokage de Konoha…et accessoirement ma cible.

Je baissai aussitôt les yeux – et mon front vint heurter le parquet en signe de respect. J’essayai d’empêcher mes yeux de rester écarquillés – peine perdue. Mon cœur battait à tout rompre.

Ma cible.

Je sentais son aura glacée et sans énergie tourbillonner autour de moi, et pire que tout, je sentais son regard noir rivé sur mes horribles cheveux roses…ma cible.

- Uchiha-sama ! gloussa soudain une voix de gorge.

Je sentis l’aura glacée se rétracter, le regard quitter ma nuque – et je pus enfin respirer librement. Glissant un regard timide vers le haut, j’aperçus une femme aux cheveux noirs, des fleurs dans les cheveux. Elle aussi était vêtue d’un kimono, mais sa tenue était…beaucoup plus débraillée que la mienne : j’arrivais à voir le haut d’une de ses cuisses laiteuses.

- Vous vous êtes levé tôt, ce matin ! roucoula t-elle. Justement, Orochimaru-sama est…

- Que fait-elle là ?

Je sursautai.

Le directeur de mon école est réputé pour être un glaçon – et jusqu’à présent, sa voix était la plus froide que j’ai jamais entendu…mais celle là…totalement désincarnée, comme si l’Hokage n’éprouvait rien.

Et effectivement, pour ordonner les supplices qu’il ordonnait, il ne devait rien ressentir.

- Oh…

Et Konan la magnifique daigna baisser les yeux sur moi. Quel honneur… ! Mais je me contentai de m’incliner à nouveau, comme on m’avait appris à l’école.

- je voulais faire sa connaissance, dit Konan d’une voix suave. Cela faisait tellement longtemps que Uchiha-sama n’avait pas…

- Elle n’a rien à faire là.

Coupant, froid, et net.

Je mis un moment à comprendre que c’était de moi qu’il parlait. Comme si je n’étais pas là.

Je levai à demi les yeux, les dents serrés. Konan paraissait dans la même humeur que moi : elle avait blêmi, mais se forçait toujours à sourire.

- Effectivement…je sais bien que j’outrepasse mes droits, mais…commença t-elle.

Uchiha leva une main fine, et elle se tut aussitôt.

Un sourire aussi sincère que ceux que je faisais quand j’étais agacée fleurit sur ses lèvres, et elle tendit ses mains pâles vers le torse nu de l’Uchiha.

Si ils pensaient se tripoter devant moi, me dis-je aussitôt, mal à l’aise.

Mais cette dégradation me fut épargnée.

Konan se contenta de mettre les boutons de son Seigneur.

- Est-ce qu’Uchiha-sama me fera la grâce de sa compagnie ce soir ? minauda t-elle.

- Hn.

Il me jeta un regard en biais, et je tressaillis, avant de baisser précipitamment la tête. Manque de chance, une de mes épingles jaillit hors de ma chevelure – littéralement jailli – et une énorme touffe rose me tomba devant le visage.

Je devais avoir l’air ridicule…je serrai les dents en attendant un commentaire désobligeant de mon Seigneur et Maître. Un commentaire que j’attendis longtemps. Quand je levai finalement les yeux, je constatai entre mes mèches roses qu’il n’était tout simplement plus là.

J’en restai bouche bée.

Quand diable était-il parti ?

Mais il y avait bien pire que cette question dont je n’aurais de toutes façons jamais la réponse. Il ne m’avait pas adressé la parole. Pas même pour une moquerie. Exactement comme si je n’existais pas.

- Encore là ? grinça une voix sèche.

Konan.

Envolée la Konan suave et cajoleuse… En même temps, je n’étais pas l’hokage.

- Vous vouliez me voir, dis-je bêtement.

- Et je t’ai vu, non ? Allez, ouste.

Ouste.

Je sentis la moutarde me monter au nez – mais heureusement, je ne suis pas Tenten. Je conservai mon calme, et me mit debout…trop rapidement, car les muscles endoloris de mes cuisses me tancèrent violemment, et je manquai de m’effondrer sur mon postérieur. Levant les yeux, je vis que Konan avait l’air amusé.

La rage au bout de la langue, je m’inclinai brièvement.

- Merci de m’avoir accordé votre temps. dis-je, sans réussir à gommer le ton amer de mes paroles.

Et elle dut le sentir, car son sourire se fit narquois.

- Yukina, dit-elle d’un ton plat.

Une ombre jaillit des ténèbres.

- Escortez mademoiselle hors d’ici. dit-elle d’un ton sec.

Au moins, c’était clair. Cette femme ne m’aimait pas…donc, j’avais échoué. Mais le plus grave, c’était que je ne voyais pas pourquoi. Je n’avais strictement rien fait ( à part espionner, mais elle devait l’ignorer.)

En parlant d’espionner, j’avais manqué de me faire choper par l’Hokage…heureusement qu’il avait allumé les lumières, me dis-je, les mains soudain moites.

Mais malheureusement, il m’avait royalement ignoré…comment étais-je supposée me rapprocher d’un glaçon pareil ?

« On verra plus tard. » me dis-je, comme une migraine sourde commençait à poindre à mes tempes. « D’abord, la partie de poker de Yama…d’Ino. Ou non. D’abord, trouver son chemin. »

 

Fini !

Entre kholles et devoir, j’ai eu du mal à l’écrire, celui-à…dites moi ce que vous en penser  - j’ai un tout petit peu contourné le Sasuke problème, non ? ^^

Coms’ please !!

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