Ne pas suivre ce lien !

Fanfic Fr

Publiez et gérez vos fanfics en ligne

 Créer un compte | S'identifier.

Sommaire

Version mobile



Accueil


FANFICTIONS


Lecture


Entre Vous


Édition


Internet & Liens



Derniers Blogs Modifiés


Derniers liens


Appels à Textes

Consulter tous les AT
  • Persona non grata, (l’indésirable)
    Revue Étherval
    Nb de signes : 10 000 - 34 000 sec
    Genre : fantasy - fantastique - science-fiction
    Délai de soumission : 29/12/2019
  • Malpertuis XI
    Éditions Malpertuis
    Nb de signes : < 50 000 sec
    Genre : fantastique
    Délai de soumission : 01/01/2020
  • No limit
    Revue Squeeze
    Nb de signes : < 25 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 30/11/2019
  • Témoin de l'Apocalypse ?
    Coeur de plumes
    Nb de signes : 4 500 - 8 000 sec
    Genre : science-fiction - libre
    Délai de soumission : 25/10/2019
  • Nature et biodiversité du futur et d'ailleurs
    Arkuiris
    Nb de signes : < 50 000 sec
    Genre : fantastique - science-fiction
    Délai de soumission : 16/02/2020
  • Femmes fortes
    Réticule
    Nb de signes : < 21 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 30/09/2019
  • Le fleuve
    Revue CONGO ECRIT
    Nb de signes : 250 - 2 000 sec
    Genre : poésie - conte
    Délai de soumission : 21/09/2019
  • La ville de Somnore
    Otherlands
    Nb de signes : < 40 000 sec
    Genre : fantasy - fantastique - science-fiction
    Délai de soumission : 10/01/2020
  • Le grand jeu
    Observatoire de l'Espace du CNES
    Nb de signes : < 20 000 sec
    Genre : réaliste - théâtre - poésie - libre - pastiche - imaginaire - art visuel - contemporain
    Délai de soumission : 14/10/2019
  • Nutty Seas : débauche marine
    Nutty Sheep
    Nb de signes : < 30 000 sec
    Genre : romance - science-fiction - fantastique - fantasy
    Délai de soumission : 23/11/2019

Studio Infinite

  • ATELIER D’ÉCRITURE : création de personnage au Comics Corner (10 PLACES) [ Le 20/10/2019]
    Participez à un atelier d'écriture créative au Comics Corner dimanche 20 octobre 2019 pour créer votre personnage avec notre studio infinite !
  •  [ Le Atelier d’écriture : écrire de l’imaginaire à la librairie Le Nuage Vert (4 PLACES)]
    Venez écrire sur l'univers de votre roman et échangez avec d'autres auteurs de littératures de l'imaginaire mardi 15 octobre à la librairie Le Nuage Vert avec Caroline Viphakone-Lamache du studio infinite !

Publicité


Publicité

Votre campagne ici

Accueil des Fanfics Liste par Auteurs/Date Recherche Coup de cœur Hasard...

Animes-Mangas

 > 

Naruto

Sous la Lune Rouge Auteur: Llevann Vue: 73106
[Publiée le: 2008-01-05]    [Mise à Jour: 2010-04-12]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/Surnaturel Commentaires : 285
Description:
Apres la Quatrieme Guerre Mondiale, les Vampires regnent sur Konoha. Haruno Sakura et Hatake Tenten entrent dans la résistance - et se voient assigner une premiere mission totalement inattendue ( et completement suicidaire) : assassiner l'Hokage.

Nouveau Chapitre : "Tandava".
Crédits:
Personnages issus de Naruto de Kishimoto.
<< ( Préc )
  Commenter ce chapitre 

Tandava

[7423 mots]
Publié le: 2010-03-26
Mis à Jour: 2010-04-12
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

POV Naruto

 

- Par ici.

Le petit rouquin s’enfonça dans les marais à pas de course. Il courait vite.

Au début, j’avais été sûr de ne pas pouvoir suivre le rythme, mais à ma grande surprise je tenais assez bien.

« Youkai. » avais-je pensé.

Roi des Youkais. Moi. Un jour. Cette pensée m’aurait arraché un sourire rêveur si je n’avais pas été aussi inquiet pour Sakura.

Et le rouquin – Gaara – me donnait la chair de poule. Son regard froid me donnait envie de gerber. Il évitait généralement de me regarder, mais quand il le faisait, j’avais l’impression qu’il se demandait par quel organe commencer à m’étriper.

Et vu sa manie de lorgner mon ventre, j’avais tendance à penser qu’il préférait l’estomac.

- Accélère, murmura t-il, en enjambant d’un bond une immense étendue boueuse.

Sans hésiter, je sautai à mon tour. Traversai une grande partie de l’étendue de boue – avant de m’y vautrer pitoyablement. Le choc chassa l’air de mes poumons.

- beurk, marmonnai-je, écœuré.

Bon, y avait peut-être un ou deux progrès à faire avant de postuler pour le trône. Un chatouillis désagréable secoua la peau de mon ventre comme je me mettais lentement debout.

- ah, merde ! soufflai-je.

Mes beaux vêtements orange étaient tout tâchés de boue.

- Qu’est ce que tu fais ?

Gaara était déjà à vingt mètres de moi, et me regardant avec son regard flippant.

- tu tiens à ce qu’elles soient en petits morceaux quand on arrive ? demanda Gaara.

D’ailleurs, cette fixation sur les petits morceaux était aussi flippante. Je n’aimais pas trop l’empressement qu’il mettait à aller secourir les filles.

Vu sa tête il espérait forcément quelque chose de…glauque et de sanglant.

- Allons-y, dis-je.

Nous continuâmes à courir dans les marais. La boue me séchait dessus, et je me sentais dans la peau d’un gros porc orange aux poils blonds. Kakashi-sensei ayant pris par le désert, Gaara avait décidé de prendre par une étendue de marais puants. J’avais songé à protester, puis m’était ravisé.

Sakura et Tenten passaient avant tout.

Je revis le sourire innocent de Sakura, ses beaux yeux verts, ses étincelants cheveux roses…cette fille était un ange. Et j’étais prêt à la protéger quoiqu’il advienne.

« Je t’en prie Tenten, veille sur elle. » priai-je.

Ten était un peu plus forte, un peu moins…innocente. C’était le genre de filles sur qui on pouvait compter pour protéger toutes les autres, du genre de Sakura ou, à l’extrême, Hinata.

Mais Hinata avait Neji pour veiller sur elle. Neji, ou Sasuke, son fiancé.

« Sasuke. »

Je voulais le voir, lui aussi. Il avait probablement plein de bonnes explications à me donner. Dans un sens, j’étais sûr qu’il avait voulu me protéger.

Qui aurait aimé savoir qu’il était…à moitié démon ?

« Un peu plus qu’à moitié. » songeai-je, avec un nouveau chatouillis au niveau de l’estomac.

Puis je pensai à la photo, à ce Namikaze Minato. Mon père.

Il n’avait pas l’air d’un démon, dans le genre…dans le genre qu’il y avait sur les peintures que Sasuke collectionnait, avec des cornes, de larges bouches pleines de dents. En fait, il me ressemblait. Cheveux blonds, yeux bleus, un chapeau bizarre sur la tête et un large sourire. Je me demandai à quoi ressemblait son père, le Kyuubi que je portai en moi…

Je commençais à avoir mal à la tête.

- Assez réfléchi, en avant ! m’écriai-je en sautant haut par-dessus une souche d’arbre, avant de me mettre à courir encore plus vite.

Gaara se tourna vers moi, une flamme agacée dans ses yeux de dangereux sociopathe.

- Es-tu fou ? siffla t-il entre ses dents. Tu tiens à nous faire…

Une pluie de projectiles sifflante mit fin à sa réprimande – et un véritable mur de sable s’éleva devant lui, devant nous.

- qu’est ce qui se passe ? m’exclamai-je, stupéfait et perdu.

- Nous sommes attaqués.

Je me tournai vers lui, incrédule, et ce que je vis me donna la chair de poule.

Gaara avait un petit sourire aux lèvres, un sourire avide de sang. J’avais l’impression de sentir la chose au-dedans de lui s’agiter, de voir son aura palpiter autour de lui.

Un démon.

Et ce n’était pas beau à voir.

Pourtant, Gaara était humain.

- des Vampires, dit-il, le visage toujours aussi carnassier.

- c’est sûrement un malentendu, dis-je maladroitement. J’veux dire, ils savent pas qui on est…ils doivent penser qu’on est…

Mais Gaara était un rebelle ! Merde !

- Sasuke…commençai-je.

Je n’eus jamais l’occasion de finir ma phrase. Le mur de sable s’effondra sur lui-même, et Gaara bondit en avant. Il s’immobilisa brusquement, et adressa aux trois Vampires protégés du soleil par des combinaisons noires un sourire carnassier.

Une vague de panique m’envahit.

- Allez-vous-en ! leur criai-je. Ne restez pas ici ! Par…

Le reste de ma phrase se bloqua dans ma gorge. Sous mes yeux horrifiés le sable – ce sable que Gaara semblait apparemment contrôler – les recouvrait rapidement. Ils poussèrent des hurlements d’abord incrédules, puis déchirant, comme le sable commençait à leur couvrir le visage.

- Arrête ça ! criai-je en me précipitant vers lui.

Sans me regarder, il me décocha un coup dans l’estomac qui me renvoya loin de lui, dans la boue des marais.

Un rictus sanguinaire déformait son visage.

Je pouvais voir les traits de la bête hideuse en lui se profiler sous sa peau, son regard fou embraser le regard de Gaara.

Un démon. Comme sur les peintures.

- Arrête ! criai-je, en me mettant debout.

Les Vampires étaient à présent à plusieurs mètres au-dessus du sol, entièrement recouverts d’une gangue de sable épais. Je savais que ceux de leur peuples ne respiraient pas. Je pouvais donc toujours…

Un cri d’horreur m’échappa, alors que les formes sableuses se contractaient brusquement.

Gaara avait refermé son poing dressé.

Des gouttelettes d’un sang noir et épais en jaillirent, arrosant le sol comme la pluie l’aurait fait – nous arrosant, nous.

Incapable d’articuler un mot je regardai la substance rouge et visqueuse qui s’abattait sur le sol par petites gouttes, constellaient mes habits orange, mon visage.

« c’est un cauchemar. » me dis-je, incrédule.

Un petit rire me parvint comme à travers un voile de coton, et je vis les épaules de Gaara agitées de petits soubresauts.

Je me crispai automatiquement.

« Ce type est dingue. Il est complètement dingue. »

Il se tourna brutalement vers moi, et une affreuse certitude me remplit en voyant ses yeux fous, injectés de sang.

« Il va m’attaquer. » me dis-je, la peur se propageant dans mes veines comme du combustible enflammé.

Je sentis un bref chatouillis au niveau de mon ventre. Puis la vague me submergea.

Quelque chose de rouge, de brûlant, et la certitude de ne pas être seul. De ne plus être seul.

La silhouette de Gaara disparut, remplacé par un brouillard sanglant. Deux yeux incandescents étaient rivés sur moi, des yeux dans un visage triangulaire et gigantesque, raccrochés à un corps de renard monstrueusement imposant. La forme semblait faite de…de lumière, d’énergie, je ne savais pas, je ne voulais pas savoir. Plusieurs queues se balançaient sur le fond rougeoyant. Je n’avais pas tellement envie de compter.

Une silhouette tout à fait humaine se profilait à l’intérieur même du gigantesque renard.

De longs cheveux lisses, d’un blond solaire, un visage un peu curieux, de grands yeux bleus.

J’eus un choc en voyant ce visage.

On aurait dit celui de Namikaze Minato sur la photo. En un peu plus fin, plus…efféminé, peut-être.

Le fils de Minato, je suppose ? fit une voix dans ma tête, et je me raidis.

Mon interlocuteur – car je ne doutais pas que ce soit lui – eut un sourire, et des flammèches rouges explosèrent dans son regard bleu. Puis ses lèvres s’entrouvrirent, et une voix rauque et posée en filtra.

- Si je me tiens face à toi…je suppose que quelqu’un a été assez fou pour te dire…

Son sourire s’élargit, et il inclina la tête, comme pour me désigner quelque chose. Je réorientai précipitamment mon regard.

Le voile rouge se fendit aussitôt, les marais revinrent dans toute leur splendeur verte et puante – et avec elle une forme noire fondant sur moi à vive allure.

Ce n’était pas Gaara.

C’était un Vampire.

Il tendit la main comme pour me toucher, mais n’y parvint jamais. L’aura rouge que je voyais flotter autour de moi s’enroula autour de sa main, et avant qu’il n’ait le temps de pousser le moindre cri il gisait en petits morceaux rouges sur le sol.

Je regardai ces derniers, incrédule.

Des petits morceaux de Vampire.

-c’est…moi…qui…haletai-je, incrédule.

« Pas toi. »

La voix me fit me raidir, et un filet de sueur froide coula le long de ma joue.

« Moi » poursuivit la voix. « Cela fait un moment que je m’ennuie, fils de Minato. Je suis ravi de voir que le sort de silence a été enfin rompu. Ton papa était doué. »

Je l’entendis rire.

« Ce qui est normal, puisqu’il tenait de moi. J’ose espérer que c’est aussi ton cas, fils de Minato, parce que cette Kushina n’était pas…comment dire ?…une lumière. »

Je déglutis.

- Je m’appelle Naruto, dis-je, sans réfléchir. Et cette Kushina, c’est…ma mère ?

J’attendis sa réponse.

Elle ne vint pas.

- Monsieur ? chuchotai-je. Grand…grand-père ?

Je l’entendis s’étouffer, rire, mais il demeura silencieux.

- vieux démon, réponds ! m’emportai-je, soudain furieux, avant de réaliser que Gaara me fixait de ses yeux pâles.

Sa joue était agitée de petits tics, et je me dis qu’il devait me trouver magnifique face à ces petits morceaux rouges dont je m’éloignai à vive allure.

Un magnifique jouet à étriper, j’entends.

- ton démon ?

Sa voix était grave, empruntée, comme s’il pesait soigneusement ses mots.

- Kyuubi, chuchota t-il.

« Namikaze Natsu » corrigea la voix dans ma tête avec un petit claquement de langue désapprobateur. « Ce jeune homme porte l’ichibi ? Intéressant. »

Pas intéressant. Effrayant.

Tout cela était effrayant. Tout ce sang…

« C’est cela qui est intéressant. » soupira la voix.

- Allons-y, dit Gaara, d’une voix neutre.

Je tressaillis en pensant à Sakura, à Tenten, et je me mis précipitamment debout. J’avais une liste de priorités assez stricte, et Sakura venait tout en haut.

« Tiens bon, Sakura. » pensai-je, en évitant de regarder la fricassée de vampire.

Le renard rit dans ma tête.

 

POV Kakashi

 

Le sort de silence avait été rompu.

- intéressant…murmurai-je.

La dernière barrière que Namikaze Minato avait conçue pour protéger son fils de l’influence corruptrice de son propre père venait de céder. Elle avait considérablement été affaiblie lorsque Naruto avait apprit sa véritable identité.

Voir Ichibi à l’œuvre avait achevé le processus.

J’attendis qu’ils se soient raisonnablement éloignés pour sauter à terre. Kyuubi avait toujours eu un style assez impressionnant, et près de dix-neuf ans de réclusion n’avait pas arrangé son cas.

- Pas du tout, soufflai-je, en examinant les petits morceaux rouges.

Sans doute avait-il fait cela pour remettre Ichibi à sa place. Et il avait réussi.

Aucun des Youkais à queue n’avait jamais osé se mettre sur le chemin de Namikaze Natsu, le laissant piller et détruire à sa guise. Même après qu’il soit devenu roi de tous les Youkais, Minato avait mis du temps pour s’en prendre à son rebelle de père. Héritier du clan des renards, Kyuubi n’avait jamais rien fait pour les siens. Il ne s’était guère occupé de son fils. Il avait laissé les Araignées anéantir quasiment les Renards. C’était tellement plus amusant de détruire les villages humains, de terroriser les Vampires, etc.

Malgré tout cela Minato avait préféré traquer certaines créatures qui ne demandaient qu’à être laissées en paix, plutôt que d’affronter son redoutable père.

« Des créatures comme moi. » me dis-je en continuant tranquillement à les suivre.

Je me demandais si Kyuubi m’avait senti.

Pour Ichibi, la réponse était clairement non. Jamais nous n’avions été face à face. Kyuubi, en revanche…d’une certaine manière, et bien malgré moi, je lui avais sauvé la mise.

Il m’avait sans doute flairé. Mais le côté joueur et curieux du renard lui interdisait de faire quoi que ce soit.

« Il n y a rien de pire qu’un Kitsune. » disait Tsunade, parlant de feu Minato.

Cette phrase s’appliquait aussi à Kyuubi.

Furieux que son fils se soit entiché d’une Humaine il avait détruit le village d’Uzumaki Kushina, massacrant les siens. Minato avait répliqué en mettant sa tête à prix.

Ni le père ni le fils n’étaient connus pour avoir la tête froide.

Minato avait peut-être regretté son geste quand Kyuubi s’était mis à s’en prendre à ses sujets – en plus de s’en prendre au monde entier le même temps. Au final il l’avait scellé dans son fils, à un prix terrible – et j’étais bien placé pour le savoir.

« Allez Uchiha, montre-toi. »

Je savais qu’il était là. Je sentais sa présence dans les bois, et si je me concentrais, je pourrais sans doute le repérer. Je devais me faire violence pour attendre patiemment qu’il montre le bout de son nez.

Le prédateur est toujours plus vulnérable au moment où il attaque.

Vu l’aura que Kyuubi avait déployé avec sa joyeuse insouciance habituelle, Uchiha Itachi ne tarderait pas à attaquer.

« dépêche toi, Tsunade. » priai-je silencieusement.

Le sang-froid que m’avaient enseigné des millénaires de pratique s’étiolait rapidement.

 

POV Tenten

 

L’odeur de l’oignon et de l’air allait me fait vomir incessamment sous peu.

- c’est ça…pour rajouter l’odeur du vomi à cette odeur infecte, marmonnai-je.

Mon gardien tourna vers moi ses incroyables yeux verts, tout triste.

« Je suppose que je dois être flattée qu’il reste là pour me surveiller. » me dis-je, en lui dédiant le sourire le plus brillant dont j’étais capable étant donné la situation.

L’or de leurs stupides menottes commençait à m’entailler sérieusement les poignets. J’avais rarement porté de l’or auparavant – merci Hyuuga Neji ! – mais c’était un peu moins agréable que ce que j’avais escompté.

- Hyuuga Neiji…chuchotai-je.

Le Youkai – Kimimaro – fronça les sourcils, et se leva.

- Encore ce Vampire ? fit-il de sa voix curieuse.

Je lui jetai un regard furieux.

-Je vous remercie, j’étais au courant que c’est un Vampire, dis-je froidement.

Ce n’était quand même pas de ma faute si Hyuuga Neji était aussi séduisant. Et pour un Vampire, il avait été gentil avec moi.

« Très gentil » me dis-je, les joues chaudes.

En temps normal cela m’aurait sans doute tué de devoir reconnaître une qualité comme la précédente à un vil suceur de sang – gentil ou pas, c’était ce que restait Hyuuga Neji. Des gens comme lui avaient tué ma mère.

Mais puisque je me trouvais soudain dans une situation très similaire à la sienne - prête à être exécutée – je pouvais sans doute me permettre certains écarts.

Certes, Kimimaro avait parlé d’une affaire de mariage.

Mais après mûre réflexion, j’avais décidé que je préférais mourir plutôt que d’épouser un démon.

« Un démon comme ton père. » me dis-je, et je grimaçai.

Les sourcils de Kimimaro se froncèrent un peu plus. Il devait me trouver curieuse, peut-être un peu folle. Je lui souris. Ce ne serait pas le premier à penser cela.

Donc, puisque j’avais fait ce choix, je me préparais à mourir.

Il était temps de reconnaître les qualités des gens qui m’entouraient. J’avais l’intention de revenir hanter Hatake Kakashi pour lui faire regretter de m’avoir mentie. Avoir un père démon, immortel et accessoirement dévoreur d’âmes n’était pas quelque chose qu’on souhaitait ignorer. Bien sûr, j’espérais pour lui que c’était des mensonges.

« Ce sont forcément des mensonges. » me dis-je en déglutissant.

Sakura…Sakura serait forcément heureuse, quand l’enfer de cette mission serait terminé. Si elle y survivait.

Hyuuga Neji…

Il était gentil pour un Vampire, je l’avais déjà dit. Et comme j’allais mourir, je n’avais plus à me voiler la face. Le moindre de ses regards et de ses sourires me faisait battre le cœur. Je n’avais jamais été amoureuse, bien sûr, et j’avais cru que cette situation n’était pas prête de m’arriver. Mais curieusement je n’avais aucun doute.

Je me sentais comme cette fille stupide qui tombe amoureuse d’un type issu de la famille que sa propre famille déteste. Julianna ? Juliette ?

Bref. J’étais amoureuse de Hyuuga Neji.

Amoureuse d’un Vampire.

« Heureusement que je vais mourir » me dis-je avec un soupir.

Je n’étais pas sûre de pouvoir survivre longtemps à cette humiliation de toute façon.

- Monsieur Kimimaro ? demandai-je poliment. Pourrais-je avoir une feuille de papier et un stylo s’il vous plaît ? Je souhaiterais écrire mon testament.

Le Youkai se figea, et me fixa, quelque peu incrédule.

- pardon ? fit-il avec une politesse pouvait aisément concurrencer la mienne. Un testament ? Qui a parlé de mourir ?

- Nous n’en avons pas encore parlé, dis-je doucement.

Mais nous y viendrions bientôt.

Il inclina la tête, puis parut me comprendre car il me sourit.

- Très bien, dit-il. Mais reste le problème des menottes. Comment allez-vous écrire ?

Je n’avais pas très envie d’entendre mentionner ces menottes dont le métal doré semblait me ronger la peau.

- Peut-être pourrais-je écrire pour vous ? dit-il d’un ton mielleux, un petit sourire aux lèvres – un sourire triste, évidemment, pour rester dans le personnage – en se rapprochant des barreaux de ma cellule.

Je n’aimais guère ce que je voyais dans ses yeux.

- Je n’ai pas de menottes sur les chevilles, vous savez, dis-je du ton de la conversation. Je peux vous foutre un coup de pied bien placé.

Il s’immobilisa, visiblement surpris, et je lui dédiai un sourire ravi.

Il avait beau être assez mignon pour un Youkai – si on aimait les hommes au regard curieusement triste – je préférais quand même le Vampire.

C’était peut-être bizarre venant d’une Nécromancienne – surtout si j’avais moi aussi du sang de démon dans les veines – mais c’était comme cela.

- Je vous aime bien, décréta t-il, avec un sourire amusé – ah ! un changement ! Vous n’êtes pas comme…

Le reste de sa phrase fut noyée par un vacarme assourdissant – une voix qui hurlait, le bruit de centaines d’arbres déracinés qui chutaient sur le sol.

Je vis la stupeur passer sur son visage, et en une seconde il disparut de ma vue.

« Rapide. » me dis-je, en avançant le visage entre les barreaux de ma cellule.

De toute évidence il venait de se passer quelque chose à quoi il ne s’attendait pas. Un fol espoir me saisit.

Sakura ? Neji ?

« Non ! Non ! » me dis-je aussitôt en me mordant la lèvre.

Sakura se ferait balayer comme un fétu de paille lâché dans le vent. Quant à Neji…certes il était puissant. Mais c’était un Vampire.

Par définition, un Vampire était moins puissant qu’un Youkai – et ce Youkai aux cheveux blancs ne me paraissait pas être dans le bas de la pyramide de respectabilité de son peuple.

 « J’espère que ce ne sont pas eux ! » me dis-je, en inspirant profondément.

Pour la énième fois de la soirée, je tentai de réciter une incantation – et pour la énième fois de la soirée, je sentis l’énergie qui émana de moi être directement absorbée par ces maudites menottes. L’or devint comme incandescent, brûlant impitoyablement la peau.

La douleur me fit vaciller, et je tombai à genoux.

- Ma…lé…diction ! haletai-je.

Et c’était peut-être ce que c’était : une malédiction. Si jamais je tenais le Youkai qui avait fabriqué cette horreur, il passerait un mauvais moment.

Je tentai de me relever, sans succès.

« Cette forêt grouille de morts… » me dis-je.

Si je parvenais à les relever, je pourrais peut-être…

« Et comment les contrôleras-tu ? » fit une voix très sensée dans ma tête, une voix qui ressemblait beaucoup à celle de Sakura. « Si c’est vraiment Hyuuga Neji il se fera attaquer en même temps que les Youkais ! Et tu sais ce que les morts relevés font à ceux qui croisent leur chemin, quand le nécromant perd le contrôle. »

La première obsession d’un zombie était de manger – de manger du vivant, si possible. Sakura n’avait jamais relevé quoi que ce soit.

Moi si – sous la stricte tutelle de mon père.

Je savais donc que cette voix raisonnable avait raison. Mais…

- Et ne parlons pas du fait que relever des morts va probablement conduire ces menottes à te brûler vive, fit une voix de femme, moqueuse.

Je relevai précipitamment la tête, et restai bouche bée. De grands yeux dorés, fendus en amande, étaient rivés sur moi – des yeux appartenant à une femme blonde comme les blés, aux appas généreux.

- Tsunade… ? soufflai-je.

Je n’en croyais pas mes yeux.

La célèbre nécromancienne était devant moi ?vLa légendaire Tsunade… ?

Elle sourit – et je perçus une légère…irrégularité dans l’aura curieusement légère qui flottait autour d’elle.

Incrédule, je reportai mon regard dans le sien – et elle me sourit.

- tu es douée, chuchota t-elle.

Moi, douée ?

C’était elle qui l’était, sans doute aucun.

La forme que j’avais devant moi était une forme incomplète. Autrement dit, cette nécromancienne était capable de créer deux êtres distincts à partir d’elle-même. Il ne s’agissait pas de clones. Même Sakura était capable de créer une réplique d’elle-même, et malgré toute l’affection que j’avais pour elle, ce n’était pas une lumière.

Il s’agissait plus d’excroissance de l’énergie propre de cette femme, contrôlée à distance, aussi redoutable que la véritable Tsunade et capable de se battre jusqu’à la mort. Il ne suffirait pas d’un coup bien placé pour faire disparaître la créature en face de moi.

Son sourire s’élargit, et j’eus l’impression de voir la véritable Tsunade au fond de ses yeux, tapie quelque part.

- vraiment très douée, et bien instruite, commenta t-elle. Je n’attendais pas moins de la fille de Kakashi.

Je m’humectai les lèvres.

- c’est lui qui vous envoie ? chuchotai-je.

Une nouvelle vague de cris déferla dans la pièce, et Tsunade – ou la chose qui avait la forme de Tsunade – attendit qu’elle passe pour reprendre la parole.

- Nous avons fait un marché. Comme au bon vieux temps, dit-elle avec un sourire.

- vous…le connaissez depuis longtemps ?

Pope avait vraiment une tonne d’explications à me fournir.

- depuis…depuis qu’il est tout petit ? fit Tsunade, en agitant la main dans un geste négligent.

Les barreaux de la cellule se muèrent en sable, et s’affaissèrent sur eux-mêmes.

- Je suppose que ça veut dire que vous êtes immortelle, vous aussi, dis-je, le cœur battant. Peut-être pourriez-vous m’expliquer cette histoire selon laquelle mon père serait un Youkai ?

- Hum.

Elle fronça ses sourcils blonds.

- Je ne pense pas que le terme lui plairait. En tous cas il ne me plait pas.

- en tous cas…

Je me tu, stupéfaite. Soit j’étais une idiote qui réfléchissait de manière bizarre, soit j’avais bien compris ; et elle venait non seulement de me confirmer que mon père n’était pas un nécromant mais aussi de m’informer qu’elle n’était guère plus nécromancienne que lui.

- il ne reste plus que nous deux, à présent, dit-elle doucement. Nous deux…et nos enfants respectifs. Debout.

Sa voix s’était subitement durcie, et je réalisai compte que Kimimaro pouvait revenir d’un moment à l’autre. Je choisis de ravaler les questions qui se bousculaient sur ma langue.

Je comptais bien prendre le temps de toute les poser – plus tard.

- Vous pouvez me débarrasser de ça ? demandai-je, en tendant mes mains entravées dans sa direction.

- J’ai bien peur que non. Je n’ai pas la clé.

Mais elle venait de faire disparaître des barreaux de métal truffés de runes en agitant la main !

- Ton père a conçu cette merveille pour son usage propre. Tu pourras toujours lui demander de t’en débarrasser.

J’en restai bouche bée.

- Pope…

Elle soupira, s’avança dans la cellule et posa la main sur mon épaule.

- quelque part où tu souhaiterais aller en particulier ? demanda t-elle.

Je songeai à Hyuuga Neji, et elle éclata de rire.

- Ta mère doit se retourner dans sa tombe ! Et ne parlons même pas de ton père ! s’esclaffa t-elle.

Je me raidis.

- Merci beaucoup. Je n’avais pas encore réalisé que…je dois finir ma mission, dis-je.

Elle sourit, et se pencha sur moi.

Ses yeux dorés avaient un éclat…féroce.

- menteuse, souffla t-elle. Mais c’est comme tu veux.

Je sentis un petit tressaillement au niveau de mon nombril, et la pièce se mit à tourner rapidement autour de moi.

Puis, j’eus la sensation de chuter dans le vide.

C’était bien plus qu’une sensation, comme je m’en rendis compte lorsque je heurtai brutalement le sol mou. Je sentis nettement les squelettes accumulés sous le mucus s’agiter, mais c’était une agitation différente – comme s’ils étaient incapables de me localiser clairement alors que j’étais au-dessus d’eux.

- Tsu…nade…articulai-je, en me débattant pour me remettre debout.

Qu’avait-elle à balancer les gens dans les airs ?

Mais Tsunade n’était pas là.

Comme l’odeur de pourriture et l’humidité me l’avaient gentiment suggéré, j’étais de retour dans la forêt épaisse et millénaire du Pays des Tourbillons.

Dans le ciel nocturne, du noir intense qui précédait l’aurore, deux formes se découpaient. J’avais enfin devant moi la source du raffut qui avait alerté mon ravissant geôlier aux cheveux blancs : un crapaud et un serpent géants.

Orochimaru et Jiraiya.

Je les voyais nettement, d’une netteté qui n’avait rien de naturel même pour une Nécromancienne. Ils bougeaient rapidement l’un autour de l’autre, se livrant un combat mortel.

- Ten…ten ? fit une voix incrédule.

Je me figeai, et pivotai rapidement sur moi-même.

Tsunade avait respecté mes désirs jusque dans leur plus totale irraison. Les yeux blancs brillants de Hyuuga Neji étaient rivés sur moi.

Mon cœur bondit dans ma poitrine, et des sensations que je ne connaissais que trop bien défilèrent en moi : l’horreur, la joie, la timidité.

J’étais amoureuse du Vampire.

Et comme je ne semblais pas prêt de mourir bientôt, il était peut-être bientôt l’heure de m’ôter la vie dans un acte de bravoure et d’honneur.

« Pourquoi pas maintenant ? » me demandai-je, incapable de détourner mon regard de son visage.

Il fit un pas, et la seconde d’après, j’étais dans ses bras.

Je sentais son corps tiède, presque trop froid, ses longs cheveux soyeux…son parfum si particulier…

- surtout ne prête pas attention à l’odeur d’oignon et d’ail, soufflai-je d’une voix caverneuse. C’était la prison.

Il se figea, et me regarda.

- la prison ? Quelle prison ?

Puis ses yeux blancs se posèrent sur les menottes d’argent, et il se figea.

- qu’est ce que c’est que ça ? demanda t-il.

- Je ne sais pas, dis-je. Tu n’y arriveras pas, prédis-je, comme il levait la main pour arracher les menottes.

Il n’y arriverait pas, et moi j’allais souffrir.

Je vis la flamme du défi et de l’agacement briller dans ses yeux blancs, et anticipai son geste inconsidéré. Mes lèvres se posèrent sur les siennes.

La surprise nous paralysa tous les deux. L’ampleur de mon audace – ou de ma folie, au choix – me laissa pantelante, et je sentis de la honte à l’état pur me submerger les veines.

Que Sakura vienne dire après ça que je ne sais pas ce qu’est la honte.

Je m’écartai en catastrophe quand il ceignit mes épaules de ses bras. Sa langue effleura mes lèvres, et j’entrouvris automatiquement la bouche.

Je ne suis pas un maître de l’art du baiser, mais mes mains entravées devaient sans doute représenter un handicap.

Pourtant, son baiser me fit tourner la tête – exactement comme dans les films.

Ce fut lui le premier qui se rappela de nos obligations.

- Il faut retrouver Sakura et Sasuke, dit-il, en s’écartant légèrement, le regard trouble.

Je hochai la tête.

Au-dessus de nos têtes, les deux géants continuaient de se livrer leur bataille épique.

- je croyais que les Vampires savaient se retrouver les uns les autres, dis-je.

Il eut un petit sourire crispé, et recula.

- Je ne…parviens pas à le localiser, avoua t-il.

J’écarquillai les yeux de surprise, avant de comprendre. Et cette compréhension m’arracha un petit sourire amer.

« Merci beaucoup, Tsunade. » songeai-je.

Je ne voyais qu’elle pour pouvoir troubler les sens d’orientation d’un Vampire – même si je ne comprenais pas quel intérêt elle aurait à faire cela.

- hé bien, cherchons, dis-je doucement.

 

POV Sakura

Sasuke ne bougeait pas. Sa main serrait convulsivement la mienne alors que sous nos yeux horrifiés Orochimaru et le nécromant de légende, Jiraiya, s’affrontait dans un duel à mort, détruisant la moitié de la forêt au passage.

Le ciel commençait à pâlir au-dessus de nos têtes, après avoir été de ce noir d’encre qui précède le soleil.

- qui a le dessus ? chuchotai-je.

Sasuke ne répondit pas.

Je savais qu’il souhaitait de toutes ses forces que ce soit Orochimaru, car même s’il avait l’intention de tuer le serpent par la suite, c’était quand même un Vampire. Et l’autre était un Nécromant.

Aucun Vampire ne peut souhaiter avoir à affronter un Nécromant du gabarit de Jiraiya. Aussi ne fus-je pas surprise quand sa main serra presque douloureusement la mienne : sous nos yeux, le serpent d’Orochimaru venait de vaciller. Une pluie de gouttelettes noir se déversa sur les arbres les plus proches – puis le serpent chuta en arrière, entraînant des centaines d’arbres dans sa chute.

Une vague de poussière humide souffla à travers les bois, et je me détournai précipitamment pour protéger mon visage.

- Malédiction ! fit la voix de Sasuke au-dessus de ma tête.

Jiraiya avait de toute évidence vaincu.

Je tentai de rouvrir les yeux – mais n’en eut pas le temps. Le contact de la main de Sasuke sur la mienne disparut brutalement, et un bras froid se referma sur ma gorge, coupant sèchement ma respiration.

Mes talons heurtèrent le sol comme on me traînait – puis il y eut la sensation de ce corps froid et musclé contre mon dos.

Je rouvris les yeux, pétrifiée.

La poussière était épaisse, mais mes yeux de Nécromancienne étaient bien meilleurs que ceux d’un Humain normal. Je vis nettement Sasuke en face de moi, son regard incrédule et furieux, sa mâchoire crispée. Et, plus étonnant encore, je vis l’homme qui se tenait tout près de lui.

Jiraiya la légende.

Si la situation avait été autre, je me serais sans doute amusée de voir un Uchiha et un Nécromant être côte à côte sans s’attaquer. Mais n’eut-été la situation ils ne seraient probablement pas restés côte à côte sans s’attaquer.

Leurs mines horrifiées me donnaient une indication très précise sur l’identité du Vampire qui me retenait.

Orochimaru ne me laissa pas supposer longtemps. Sa voix s’éleva, mielleuse et froide.

- hé bien…quel charmant spectacle vous faîtes tous les deux…

Sur le fond j’étais assez d’accord avec lui – un Vampire et un Nécromant côte à côte… - mais la forme me terrifiait.

Orochimaru me retenait prisonnière.

La peur se mit à ramper sur ma peau comme des milliers de petites limaces, et je sentis les morts à mes pieds s’affoler.

- espèce de lâche ! rugit Jiraiya.

Son arcade sourcilière s’était ouverte, et du sang lui coulait sur le visage.

- Laisse-la partir ! rugit-il. Laisse-la partir et bats-toi comme un homme !

- sauf que je ne suis pas un homme, observa Orochimaru avec un rire infect.

Dire que je commençais à paniquer était un euphémisme.

Le regard de Sasuke n’arrangeait rien à la situation. Ses traits s’étaient durcis. Ce n’était pas Uchiha Sasuke, le Vampire à qui je m’étais donnée, que j’avais devant moi.

C’était l’Hokage, cette créature que j’avais empoisonné, qui me regardait.

- Uchiha-sama…fit Orochimaru de sa voix mielleuse. Quel plaisir de vous revoir…

- C’est réciproque, dit froidement Sasuke.

- Oh…je m’en doute.

Orochimaru rit, et sa pression sur ma gorge s’accentua, me faisant suffoquer. Le bout d’une lame vint égratigner ma gorge, et une perle de sang coula sur ma peau.

Mon sang empoisonné.

J’en vins à souhaiter qu’Orochimaru le boive – ce qu’il ne fit pas. De toute façon, en termes de poison, celui qui coulait dans mes veines était plutôt lent.

Les morts s’agitèrent de manière plus palpable sous mes pieds. Dans le regard de Jiraiya, je vis qu’il avait percé à jour ma véritable nature. Ses yeux m’exhortaient au calme.

Nous savions tous les deux ce qui se passerait si je laissais ma peur l’emporter : je perdrais le contrôle de mes pouvoirs ; dans quelle mesure, ça, je l’ignorais, mais ce serait sans doute une perte de contrôle suffisamment importante pour que Sasuke réalise qu’il avait couché avec une Nécromancienne.

- Uchiha-sama, je suis sûr que vous voulez récupérer votre concubine intacte. Moi aussi je m’en voudrais de devoir faire du mal à une femme que j’ai moi aussi convoité…

Il vint humer mes cheveux roses, et la pointe de sa lame s’enfonça plus profondément dans ma gorge.

Jiraiya se crispa.

Sans doute devait-il réaliser à quel point il était difficile de maintenir sa peur sous cache dans cette situation.

- Je vais donc vous demander de tuer Jiraiya-san. Et vous, Jiraiya, je vais vous demander de vous laisser tuer…après quoi je négocierai avec Uchiha-sama la libération de la jeune Humaine.

Orochimaru eut un petit rire, comme ravi par son petit scénario.

- tu veux que…je me laisse tuer ? rugit Jiraiya.

- Par négocier tu veux dire que tu comptes me demander de m’arracher la tête moi-même ? fit Sasuke, avec perspicacité.

- voyons…nous verrons en temps voulu. Vous avez devant vous Jiraiya-san…le nécromant que vous m’avez demandé de tuer. Il est normal que vous ayez envie de vous en charger vous-même…ne vous gênez pas. Quant à vous, Jiraiya, je doute que votre conscience aigue vous laisse supporter la mort de cette jeune fille.

- si tu la tues, je te tue ! rugit Jiraiya.

Sasuke ne dit rien, mais son regard soudain rougeoyant indiquait qu’il partageait le point de vue de Jiraiya.

C’était très louable.

Mais comme cela impliquait ma propre mort, je sentis ma nervosité augmenter d’un cran.

« Il ne te tuera pas. Il ne te tuera pas. » me dis-je.

J’étais la seule chose qui protégeait Orochimaru de l’assaut de ces deux-là. Il ne pouvait pas me tuer. Mais il pouvait me torturer, réalisai-je, comme la pointe de son couteau s’enfonça un peu plus profondément dans ma chair.

- vous hésitez…chuchota t-il. Cela peut-être très fâcheux pour elle…

Un hoquet de douleur m’échappa, comme le couteau traçait sa route dans le sang à travers ma chair, descendant vers mes seins.

- vous hésitez, répéta t-il. Très bien. Je vais commencer par trancher son joli sein gauche…

- Non ! crièrent Sasuke et Jiraiya dans un chœur parfait.

Sasuke pour l’amour de mon sein.

Jiraiya pour l’amour de ma couverture.

Les mots d’Orochimaru, la sensation du froid de la lame contre ma chair, la douleur dans ma gorge – tous ces éléments tombèrent sur ma conscience comme une massue sur mon crâne, et un voile sombre piqueté de blanc tomba sur ma vision.

L’air qui emplissait ma gorge prit soudain une odeur de mort, et je sentis une aura glacée flotter tout autour de moi.

« Non…non…non ! » me dis-je, en tentant en vain de lutter contre le processus.

Mais Kakashi-sensei n’était pas là pour l’endiguer d’une simple tape contre mon front.

Kakashi-sensei.

Je revis son masque, son œil morne, sentis son parfum – et eut la soudaine impression qu’il était là. Son aura, une aura aussi froide et glacée que la mort elle-même, enveloppa comme des bras maternels, et explosa violemment hors de moi.

Les morts sous mes pieds s’agitèrent, et je les sentis se reconstituer sous mes pieds. Puis la terre s’ouvrit pour les laisser passer.

J’entendis Orochimaru hurler, et je me sentis brusquement libre.

À travers le masque noir et blanc de la nécromancie, je le vis se débattre contre les formes en lambeaux qui s’accrochaient à sa chair froide de Vampire. Je sentais leur faim dans ma chair. Jamais encore je ne m’étais sentie comme cela.

C’était…grisant. Effrayant. Comme si je n’étais plus maître de mon propre corps.

- Kakashi-sensei…soufflai-je.

Mais la phrase résonna à l’intérieur de ma tête. Les lèvres que je ne contrôlais plus refusèrent de la laisser passer.

Je n’étais plus qu’une marionnette aux mains de l’aura de Kakashi-sensei.

Je ne comprenais pas ce qui se passait.

Orochimaru se dégagea des formes putrides affamées, en sang, et entreprit de s’enfuir.

- Ne le laisse pas partir ! cria la voix de Jiraiya. Achève-le ! Achève-le, Kakashi !

Ma tête se tourna vers elle – vers eux. Sasuke, les yeux dilatés par la stupeur, se raidit encore plus.

- sha…sha…ringan ? balbutia t-il, visiblement incrédule.

Je tournai la tête – ou plutôt Kakashi tourna la tête. Ses yeux – mes yeux – rivés sur la forme qui s’échappait.

Sa main gauche s’éleva dans les airs, son pouce et son index se rejoignant, sa main droite se tendit dans une posture d’offrande.

Jiraiya s’étrangla.

- Kakashi ! cria t-il. Kakashi ne fait pas ça ! Tu…

 Je n’entendis pas la suite de sa phrase.

« Sakura, non ! » fit la voix de Kakashi-sensei dans ma tête.

Puis la forme apparut – un homme à la peau blanche, presque grisâtre, comme couverte de cendres. Un croissant de lune ornait son épaisse chevelure noire. Deux de ses quatre bras avaient exactement la même posture que les miens. Ses yeux noirs étaient comme plongés dans une intense contemplation, et un troisième œil sur son front était fermé. Cette paupière close frémit, et Jiraiya cria :

- non !

« Non ! » répéta la voix de Kakashi-sensei dans ma tête.

Je le sentis lutter pour maintenir l’aura qui brûlait mes veines sous son contrôle. La paupière cessa de frissonner, l’œil resta clos.

Devant moi, Orochimaru fut comme arraché du sol, porté par un faisceau de cendres blanches.

Puis l’homme à la peau grisâtre se mit à danser. Cela ne dura quelques secondes, mais la terre se mit à trembler sous nos pieds.

- Kakashi ! hurla Jiraiya, visiblement paniqué.

Je le sentis se jeter sur moi par derrière, mais l’aura de Kakashi-sensei le repoussa.

- Tu vas la tuer ! Tu vas nous tuer tous !

La forme blanche pivota sur lui-même, et disparut.

Le souffle le plus destructeur que j’aie jamais connu balaya alors la forêt tout entière. Je sentis l’essence des morts qui s’entassaient dans cette forêt depuis la nuit des temps disparaître subitement, leurs restes tomber en poussière, inutilisables même pour le plus puissant des nécromants.

La forêt cessa momentanément de murmurer, et l’aura de Kakashi-sensei se retira brusquement de moi. Je tombai à genoux, le souffle couvert. Ma peau était blanche, couverte de petites cloques qui se résorbaient rapidement. Les cheveux qui me tombaient sur le visage n’étaient plus roses, mais du même blanc que ceux de Kakashi-sensei.

« D’abord des cheveux roses…maintenant des cheveux blancs. Quand est-ce que j’aurai une couleur normale ? »

Incapable même de m’en émouvoir, je constatai que de la couleur envahissait peu à peu mes mèches, en partant des pointes.

- gamine…ça va ?

La main calleuse de Jirayai se posa sur mon épaule.

Son visage inquiet apparut dans mon champ de vision.

- que s’est-il passé ?

La voix de Sasuke me parvint, et je grimaçai.

Ma couverture était fichue. Il était temps d’assumer les conséquences de mes actes.

- Le Non-Mort, souffla Jiraiya, sans me quitter des yeux. Elle a été possédée par un Non-Mort, et il a lancé Shiva le Purificateur et le Destructeur sur…cette forêt. On aurait tous pu y passer.

- Possédée, répéta Sasuke. Comment…

- je l’ignore.

Et dans les yeux du nécromant, je vis qu’il était sincère. Et l’inquiétude avec laquelle il me regardait me nouait le cœur.

- Orochimaru est mort, fit Sasuke, en s’avançant.

Il ne me regardait pas avec dégoût. Seule l’inquiétude emplissait ses yeux, comme il regardait mes mèches qui redevenaient lentement roses.

- Pas mort, corrigea Jiraiya. Scellé dans Shiva. Dans l’Absolu. Autant dire qu’il est pire que mort, grimaça t-il. Il n’existe plus…plus rien ne reste de lui.

Sasuke hocha la tête. Cette description n’avait pas l’air de lui déplaire.

- ce Non-Mort…a un sharingan ? demanda t-il. Qu’est-il exactement ?

Il me fixait comme s’il s’attendait à ce que je fournisse la réponse.

N’avait-il pas compris que j’étais une nécromancienne ? Ou pensait-il que j’avais été uniquement…possédée ?

- t’approche pas trop, Vampire ! fit Jiraiya entre ses dents. Je suis peut-être pas encore ton ennemi, vu que t’as l’air de te soucier de cette fille, mais ça peut changer !

- Sasuke !

Nous tournâmes tous la tête.

Neji courait vers nous. Il se figea en voyant Jiraiya, et je me figeai en voyant ce qu’il portait sur ses épaules. Tenten était blafarde, et visiblement inconsciente. Ses poignets étaient liés par un métal rouge incandescent.

Tenten.

- Qu’est…ce qui s’est passé ? fis-je, incrédule.

- Elle m’est tombée dessus, dit Neji, en détournant les yeux de Jiraiya.

Je vis sa stupeur face à ma chevelure anormalement pâle.

- Tomber dessus ? fit Sasuke, ce dont je lui fus reconnaissant car Neji cessa de me fixer.

- littéralement, dit Hyuuga. Elle est tombée du ciel. Elle avait des menottes d’or aux poignets…ceci, dit-il, en désignant le métal qui paraissait refroidir. J’ai essayé de les lui enlever quand il s’est mis à brûler, mais cela la faisait hurler encore plus. Ça…a commencé quand…quand…

- quand Shiva est apparu, murmura Jiraiya, qui semblait incrédule.

J’eus alors l’intime intuition qu’il avait compris que Tenten était la fille de Kakashi-sensei.

- Shiva ? répéta Neji. Le dieu hindou ? Un dieu hindou est apparu ?

Hindou ?

Qu’est ce que c’était que cela ?

- quelque chose qui y ressemblait, en tous cas, dit Uchiha. Quelque chose de très…puissant. De dangereux.

- c’est ce qui lui a fait perdre la tête. L’or est devenu rouge, et elle n’a pas tardé à perdre connaissance. Je n’arrive pas à lui enlever cette saleté !

Il avait l’air désespéré.

- il faut trouver le Non-Mort qui les a forgées, soupira Jiraiya.

- encore un Non-Mort ? siffla Sasuke.

- Sasuke…tu discutes avec un nécromant. T’en rends-tu compte ?

- vous voulez lui enlever ces saletés ou pas ? s’impatienta Jiraiya.

- Il faut sauver Hinata, rappela Sasuke.

En voilà un qui ne perdait pas le nord.

- Je crois que j’ai la solution, dit doucement Jiraiya. Laissez-moi emmener les Humaines. Je vous jure sur ma tête de vous les rendre quand vous serez sorti d’ici – et débarrassée de leurs menottes et cloques.

Je tournai précipitamment la tête vers Sasuke. Ce dernier était soudain très raide.

Il ne répondit pas tout de suite.

 

POV Kakashi

 

Ils l’avaient tous senti : les Youkais, les démons à queue et leurs porteurs, tous les Vampires ayant deux sous de cervelle.

Et moi.

Moi dont on avait siphonné les capacités. J’en restais sans voix.

Même de Tenten, cela m’aurait surpris. Alors de Sakura…

Elle m’avait arraché une partie de moi, dont elle n’avait pu que perdre le contrôle. Et cette partie de moi était partie en cacahuètes.

J’étais un destructeur, par nature. Il m’avait fallu toute ma volonté pour apprendre à devenir l’être patient et détaché que j’étais devenu. Mais cette chose, prise au-dedans de moi, avait rapidement assumé ma véritable nature – en allant chercher quelque chose dont la vraie nature me dépassait.

Si je n’avais pas réussi à reprendre le contrôle in extremis, Sakura l’aurait laissé ouvrir son troisième œil. Et après cela, les Youkais n’étaient pas prêt de m’oublier.

Mais comment avait-elle fait ? Et pourquoi avait-elle invoqué précisément Shiva ? Comment avait-elle pu ?

Je ne comprenais plus rien.

Je crois que j’aurais préféré qu’elle fasse appel au Shinigami ou à d’autres. Bien moins compliqué à contrôler.

Mais comment avait-elle pu…voulait-elle ma mort et celle de Tenten en même temps ? songeai-je avec une colère totalement déplacée, je le savais.

Devant moi, Gaara bondit en arrière, rapidement imité par un Naruto aux réflexes moins bons – et pourvu d’un démon beaucoup plus bavard, qui devait l’assommer avec les histoires de ses aventures sanglantes depuis cinq milles ans, se rattrapant ainsi d’un silence de presque vingt ans.

Devant eux se profilaient la silhouette d’Uchiha Itachi, suivi de trois ANBUs.

- merci, Sakura, soufflai-je.

Je n’avais pas du tout envie de me battre avec m’être épuisé à fermer l’œil de Shiva. Pourtant je sautai de mon arbre, atterrissant tout près de Naruto.

- Kakashi…sensei…souffla Naruto, incrédule.

- Gaara, prenez par l’est. Je me charge de nos visiteurs aux dents longues.

 

Commentaire de l'auteur De retour de vacances...déja.
J'ai été tres contente et surprise en voyant le nombre de vues sur mon chapitre précédent (plus de 500 en une semaine!) et je voulais dire un grand merci a ceux qui lisent et un merci plus grand encore a ceux qui ont commenté.
Tandava est le nom de la dangereuse danse de Shiva...
J'espere que vous avez aimé! Bonnes vacances a ceux qui en ont!!
  Commenter ce chapitre 
<< ( Préc )



© Fanfic Fr 2003 - 2019 / Mentions légales