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Changement d'adresse IP non prévue
 par   - 30 lectures  - Aucun commentaire

Fanfic Fr a été inaccessible suite à un changement d'adresse IP non prévu.
Le changement a été fait sans me prévenir, ce qui fait que les serveurs DNS n'étaient pas à jour et continuaient à rediriger vers l'ancienne adresse.

 

Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 872 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Animes-Mangas

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Naruto

Six Teens
[Histoire Terminée]
Auteur: Lorely Vue: 10714
[Publiée le: 2016-12-31]    [Mise à Jour: 2017-06-25]
13+  Signaler Romance/Amitié/Tranche de vie/Univers alternatif/Psychologique Commentaires : 78
Description:
Hinata Hyûga est morte alors qu'elle n'avait que vingt ans. On l'a assassiné, c'est certain mais la police manque de preuves. Pour cela elle interroge les suspects; les meilleurs amis d'Hinata.
Pour comprendre ce qui s'est passé cette nuit-là, ils retracent leur histoire à travers leurs témoignages. Seulement les versions divergent, parfois sur seulement un détail, et l'enquête n'avance pas aussi vite que prévu.

Six Teens c'est l'entremêlement de six histoires racontées à cinq voix. Impossible de faire autrement car, comment pourraient-ils faire parler une morte?

Crédits:
Personnages appartenant à Masashi Kishimoto
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«Je ne suis pas l'unique cachottière.»

[4110 mots]
Publié le: 2017-06-10Format imprimable  
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CHAPITRE DIX-SEPT

«JE NE SUIS PAS L'UNIQUE CACHOTTIERE.»




DOSSIER NUMERO 010123

Séance du 17/09/2017 14:02 - 15:23

Capitaine Orochimaru YAMAGUCHI, Lieutenant Jiraya GAMMA, de la brigade du commissaire Hiruzen SARUTOBI. Docteur Tsunade SENJU.

Remarque(s): Sujet qui nous a semblé franc à chaque séance. Atteint par la mort de sa petite-amie, mais surpassera certainement cet événement.

Non-suspect.


Retranscription de la quatrième séance.


On se retrouve pour notre dernière séance, c'est ça ?

Dans ce cas-là je vais essayer de ne pas dériver. Je vais vous parler de ce dont vous voulez ; c'est à dire d'Hinata. Depuis notre grosse dispute de février, on voulait recoller les six pièces du puzzle qu'on formait. Mais chacun se concentrait sur ses propres problèmes. Malgré nos efforts, plus rien n'était comme avant. Mais je restais positif. Le Bac approchait, on était tous stressés, la vie était pluvieuse, mais c'était une mauvaise passe. Je nous faisais confiance. Après tout, les pièces du puzzle étaient intactes, elles pouvaient donc toujours se recoller.

Mais il y a eu notre petite crise de rébellion la veille des vacances d'Avril. On a, disons... Euh... Cassé la voiture de l'ex de Sasuke... Je ne sais pas si je peux vous le dire. C'est quand même du vandalisme. Après vous cherchez un meurtrier donc qu'est-ce que c'est qu'une petite voiture de salo... de méchante fille à côté d'un meurtre, hein ?


[LIEUTENANT GAMMA : Nous en reparlerons plus tard. Poursuivez.]


Ouais, plus tard.

Ça nous a tous fait du bien. Même si la famille d'Ino, rentrant d'un dîner au restau, nous est tombée dessus. Heureusement que le conducteur est sorti pour nous gueuler dessus, parce qu'on pu se mettre à courir sous la pluie. S'il était resté au volant, il nous aurait sûrement poursuivi et notre casier judiciaire aurait eu une sale gueule. On avait l'air de dingues à courir comme ça sous une telle averse, en riant, mais aussi en criant, et puis en pleurant.

C'est là que le morceau de puzzle d'Hinata s'est froissé. Abîmé. Cabossé. C'était trop léger pour qu'on s'en aperçoive à temps. J'vous dit pas quand il s'est fissuré pour de bon... On avait l'air bien cons.

Au retour de vacances, je m'en étais allé au lycée, plutôt content. Pour moi, on s'était réconcilié. Tout allait recommencer comme s'il n'y avait jamais rien eu. Après deux semaines intenses de pluie et d'orage, le soleil brillait de tout son soûl. J'avais la poitrine gonflée d'espoir, le cœur léger. J'avais envie de serrer chacun de mes amis dans mes bras, et d'embrasser Hinata un peu partout. La vie était si belle ! J'avais de supers amis avec qui je partageais des souvenirs incroyables, une petite-amie de rêve, quelques idées sur mon avenir, des parents qui me soutenaient... ! Ok, mes notes ne volaient pas très haut mais j'avais la volonté pour les remonter !

J'me suis pointé au bahut et si mon cœur avait été un ballon de baudruche, il se serait dégonflé d'un coup sec en apercevant Hinata et Sasuke. Ils étaient à quelques mètres du lycée, près du Café. Elle, elle avait la tête baissée et la bouche ouverte, comme si elle essayait de parler depuis des heures. Et lui était tout pâle, les yeux hors de ses orbites, et il s'énervait contre elle. Des fois il faisait de grands gestes qui effrayaient Hinata ; elle reculait légèrement, les bras contre sa poitrine et les cheveux tristes sur ses épaules. D'autres fois il se pinçait l'arrête du nez, se massait les tempes, faisait les cent pas dans un silence religieux.

J'ai traversé la route sans réfléchir dans le but de m'interposer et de comprendre la situation et donc, notamment, de l'arranger. Mais je suis arrivé alors que Sasuke accusait Hinata sur ce ton :

Tout le monde pense que tu es gentille, que tu es bonne, et je le pensais aussi ! Hinata tu étais une des seules personnes à qui j'accordais toute ma confiance mais t'as foiré.

J'ai voulu le faire pour ton bien, Sasuke. Elle te faisait du mal mais tu ne t'en rendais pas compte. Tu ne nous écoutais plus...

Pour mon bien?! Tu trouves que j'ai l'air bien ?!

Elle a refermé la bouche. Je me suis approché sur un rythme moins vif mais les muscles tendus.

Hé, les gars, ais-je d'abord dis tout bas.

Si tu n'avais rien fais Hinata, peut-être que je serais bien maintenant. Je ne pourrais plus jamais te faire confiance.

A cet instant Sasuke a fait volte-face. Il n'a pas daigné de me regarder. Son épaule heurta la mienne tandis qu'il s'éloignait. Seule restée l'odeur de tabac froid et le fantôme d'un parfum de bougie fleurie.

J'ai tourné mon regard vers Hinata. Elle a fait non de la tête avant de fondre en larmes. Je l'ai prise dans mes bras et j'ai essayé de la réconforter.

Elle ne me dira jamais la cause de leur dispute. Je l'apprendrais le jour de son enterrement.

Si on avait loupé le début de la chute d'Hinata, on allait cependant assister avec impuissance à sa fin.



Hinata venait, ou non, encore en cours. Elle souriait peu. Son visage devenait fade, ses cheveux ternes, ses épaules tombantes et son menton baissé. On cherchait à lui remonter le moral. Tous. Sauf Sasuke. Je vais vous parler de ça, tiens. De nos tentatives de recollage de morceaux.

Par exemple, il y a eu cette fois où on fumait devant le lycée avec Suigetsu. J'avais la main d'Hinata dans la mienne mais ce geste n'avait plus rien de romantique. Ce n'était plus un besoin d'attention ou un rappel d'appartenance. C'était mécanique. Du genre il fallait qu'on se tienne la main pour faire un peu semblant.

Hé, Hina, t'as eu combien en Spé toi ? L'interrogea Suigetsu.

Je ne sais plus, a-t-elle marmonné.

Hm, ça va ?

Non...

J'ai penché la tête pour embrasser sa joue mais elle s'est reculée. Nos doigts se sont échappés et si les miens ont cherché les siens, elle, elle est restée immobile. Je me doutais bien que sa dispute inexpliquée avec Sasuke lui brisait le cœur, que l'irrégularité de nos relations la perturbait et que ce foutu genou pété foutait son âme en miettes mais... Nous aussi on souffrait, en fait. On voulait l'aider. On la voulait près de nous. Tant et si bien que ce jour-là Temari avait mis leurs différents de côté. Elle est venue nous voir, les mains dans les poches de sa veste en jean. Un coup de vent a rafraîchi ses cheveux de blés, emportant avec lui la fragrance du printemps. C'est Temari qui a dit le mot « fragrance », hier. Il cool, hein ?

Hey, a-t-elle tenté de nous approcher.

Elle n'était pas hyper proche de nous physiquement, mais le simple fait qu'elle nous fasse face nous réconforta tous un peu. Enfin, sauf Hinata qui broyait du noir dans son coin.

Hey, ais-je répondu plus confiant. Il nous a saqué le prof en Spé, hein ?

Le visage de Temari s'est éclairci, soulagée qu'elle n'ait pas à faire la conversation ou à se confondre en excuses.

Les coups durs de la vie, rétorqua-t-elle.

On va au ciné après, a lancé Suigetsu. Tu te joins à nous ?

Elle a ouvert la bouche, confuse, avant de regarder Hinata. Elle s'est pincée les lèvres, hésitante.

Je sais pas trop. Peut-être. Je verrais. Tu y vas Hinata ?

Silence.

La moindre des politesses c'est de répondre...

Le ton de Temari devint un peu plus sec. Elle ne supportait pas ce genre d'impolitesse. Avec son sang chaud, elle aurait dû déjà s'énerver. Mais pas cette fois. Elle grandissait.

Hinata, je sais que ça ne va pas, mais t'enfermer dans une étroite cellule mutique ne t'aidera pas. Tu as des amis, de la famille et de l'espoir. A ta place je-

Tu n'es pas à ma place, Temari.

Je n'avais jamais entendu cette voix-là sortir de la bouche d'Hinata. J'étais si surpris que j'ai eu un mouvement de recul. La même brise que tout à l'heure secoua la frange d'Hinata.

Temari serra les dents.

Hé, je te rappelle que c'est toi la cachottière dans cette histoire, n'essaie pas de me rendre coupable en prenant un pareil ton.

Je ne suis pas l'unique cachottière.

J'ignorais ce qui se passait, mais leur regard plein de défi était si parlant, si angoissant, que j'en frissonnais. J'aurais bien essayé de les apaiser, mais Suigetsu me retenait par le poignet depuis le début, comme s'il savait que j'allais intervenir à un moment ou un autre. Je ne comprenais pas très bien pourquoi il agissait comme ça. Puis il se pencha pour me chuchoter à l'oreille :

Des fois il faut enterrer son optimisme et laisser nos démons sortir. C'est pour ça que la colère et la tristesse existent.

C'était bizarre mais je me suis plié à sa volonté.

Hinata, reprit Temari fébrilement, écoute... Je pense qu'on est quitte là-dessus, d'accord ? Et si on faisait la paix ?

Je ne sais pas...

Ne sois pas égoïste, pense à ce que je ressens. Ce serait bien de... non... J'aimerais qu'on fasse la paix.

Égoïste, n'est-ce pas ? C'est surprenant, mais ça me fait un défaut de plus. Pas trop déçue ?

Qu'est-ce que tu racontes ?

Pardon, je ne suis pas parfaite.

Elle marmonna un vague « bon film » avant de partir, nous ignorant superbement. Je n'ai même pas cherché à la rattraper. Je savais très bien qu'elle m'enverrait chier. J'étais impuissant. J'étais putain d'impuissant. Je ne servais à rien. Je ne savais même pas remonter le moral de ma petite-amie. Je ne savais pas aider mes amis.

Comme percevant ma détresse, Suigetsu me donna une tape amicale dans le dos. Il avait l'air de dire : « tu peux pleurer tu sais ». Mais je ne voulais pas pleurer. Pas tout de suite.


Sakura s'y est mise aussi le lendemain, à la cantine. J'étais à nouveau avec Suigetsu et Hinata. Nos plateaux en mains, on cherchait une table quand j'aperçus Sasuke, dans le fond du réfectoire, tout seul comme un con avec ses spaghettis. Je me suis approché et j'ai posé mon plateau en face mais Sasuke a balayé l'air de la main comme si je n'étais qu'un mécréant tentant de faire ami-ami avec un conte.

N'essaie même pas.

Sasuke c'est ridicule, tu es mon meilleur ami. On ne s'est pas parlé de la matinée.

Tu restes seulement si elle, elle s'en va.

Hinata ne s'est pas faite priée et s'est détournée pour aller se poser ailleurs. Suigetsu a longuement hésité avant de la suivre. Moi j'ai dévisagé longtemps Sasuke. J'avais envie de lui dire plein de trucs mais rien n'est sorti. Je ne voulais pas m'engueuler avec lui. Je ne voulais pas créer de nouvelles tensions alors qu'on apaisait les précédentes. J'ai ravalé ma colère.

T'es vraiment con, lui ais-je claqué.

Puis j'ai rejoint mes deux amis. Suigetsu était assis à côté d'Hinata et il lui montrait quelque chose sur son téléphone. Il riait tandis qu'Hinata soupirait.

Hé, qu'est-ce qui est si drôle ? Ais-je demandé en prenant place en face d'eux.

J'ai retrouvé le skyblog de Sasuke.

Oh, mais tu sais que ça vaux des milliards ça !

Ce mec avait le syndrome du trois !

« Le Syndrome du trois » ?

Ouais, il remplaçait tous ses « e » par des 3. Genre, le type se présente en tant que « Sasuk3 », haha !

Je dirais plutôt qu'il était victime de la mode du kikoo, ais-je plaisanté.

Suigetsu a sur-enchérit là-dessus et on a pas mal rigolé à ce sujet jusqu'à ce qu'un plateau vert se pose à côté de moi. Une chaise se tira et Sakura s'assit, le dos droit et l'air déterminé. On l'a tous regardé avec des yeux ronds, surpris par sa démarche. Alors elle était prête à enterrer sa jalousie ? Elle était prête à grandir ?

Ne vous méprenez pas, rougit-elle. Je n'avais pas spécialement envie de vous voir, surtout toi Suigetsu. C'était juste la seule place de libre.

J'ai zieuté les alentours. Il était treize heures trente. Des places de libres, il y en avait des tonnes. Je pense plutôt que Sakura confondait le mot « libre » avec l'expression « que je voulais », mais j'étais trop heureux qu'elle se décide à pardonner. Moi-même j'avais été en colère contre Suigetsu pour s'être ainsi moqué de ma cousine, mais quand il m'eut tout expliqué, et quand il fut si honnête envers elle ... Comment lui en vouloir ?

D'abord Temari, puis Sakura... Sa blessure causait du tort à Hinata, mais elle avait rappelé à nos amis à quel point on s'aimait tous, et que c'était le plus important.

Vous faisiez quoi ? A-t-elle demandé.

On se foutait de la gueule de Sasuke.

Argh, tu trouves pas que tout seul comme ça il donne l'impression de bouder ?

J'ai fini.

C'était le ton froid d'Hinata. Elle a saisi son plateau et s'est levée tristement. Sakura a tenté de la retenir de par la voix.

Hé, où tu t'en vas Hinata ?

Je croyais que tu ne voulais plus me parler.

Tu es ma meilleure amie, c'était évident que je reviendrais te voir.

Ha bon.

Ne t'en vas pas Hinata, restes.

Elle a haussé les épaules et nous a tourné le dos.

Reste, Hinata, a insisté Sakura d'une voix qui se craquelait.

Mais elle ne l'écouta pas et s'en alla.


Ce fut à mon tour, à la fin de la semaine, d'essayer de lui remonter le moral. Je lui envoyais des textos chaque matin et chaque soir. Je lui souhaitais de bien dormir et de faire de beaux rêves. Je la complimentais, l'encourageais. Mais j'étais épuisé. Elle m'épuisait.

Un soir de mai, je décidais d'aller chez elle. Hinata allait mal alors j'allais mal. C'était comme ça que ça fonctionnait. Elle me manquait tout le temps. Même lorsqu'elle était avec moi elle me manquait. Je la voulais près de moi, je voulais l'épuiser à mon tour.

Je suis arrivée chez elle et c'est son père qui m'ouvrit. Lui aussi était blanc comme un linge. Il sembla surpris de me voir sur son perron.

Naruto Uzumaki ?

Bonsoir monsieur, je sais qu'il est tard mais je voulais rendre visite à Hinata.

C'est étonnant, elle m'a dit qu'elle allait dormir chez toi...

Putain.

Je ne la reconnaissais plus.

Elle mentait. Elle cessait de vouloir notre bonheur. Elle s'énervait contre Temari, ignorait Sakura, se disputait avec Sasuke. Lâchait ma main...

Son père s'inquiéta soudainement et c'est alors que je décidais de mentir à mon tour. J'ouvris mon visage, feintant l'étonnement et j'ai dit :

Excusez-moi.

J'ai pris mon téléphone et j'ai fais comme si je décrochais. J'ai pris un ton enjoué que j'ai mal joué :

Allô Sakura ? Je suis un peu occupé là … Ha bon ? C'est vrai ? Oh, bah justement tu ne devineras jamais ! Je suis chez elle ! Quelle coïncidence ! C'est d'accord je transmets. Bisous.

J'ai « raccroché » et puis je me suis tapé le front, béât.

C'était Sakura. Apparemment Hinata est chez elle. Son téléphone n'a plus de batterie alors... !

Pourquoi est-ce qu'elle m'a fait croire qu'elle était chez vous alors ?

Ha, euh... On s'est disputé donc bon... Elle doit pas vouloir vous le dire.

Et pourquoi Sakura vous appelle vous et non moi, son père ?

Elle veut qu'on se rabiboche. J'ai plus qu'à filer chez Sakura !

Attendez Naruto, je vais vous amener.

Voilà pourquoi je ne mens jamais. Je me suis retrouvé dans la voiture de luxe de mon effrayant beau-père, tendu comme jamais, à me demander comment j'allais m'en sortir. Si je disais la vérité à Sakura ; Hinata a certainement fugué ; elle allait se faire du soucis, et paniquer, et elle se négligerait, et ça n'irait plus. Non, je voulais endosser ça moi-même.

Heureusement, en me déposant, Hiashi Hyûga n'a pas attendu que j'aille sonner chez mon amie pour partir. Mais je me suis retrouvé quand même sur le seuil de sa maison, à m'agripper les cheveux et à vouloir ralentir les battements de mon cœur. Hinata, où étais-tu ?! Pleure, pleure avec moi Hinata ! Nous aussi on est triste ! Souris, pitié souris, sinon plus personne ne le fera !

J'ai alors commencé à courir. D'abord tout doucement, avant de carrément prendre le rythme d'une fusée. Je criais son nom dans les rues, j'hurlais à plein poumons son prénom. Ça la rendait réelle. A cet instant, c'était comme si elle savait qu'elle allait disparaître bientôt, et moi aussi je l'avais deviné.

C'est pour ça que je pleurais. Mes larmes roulaient et tombaient comme une cascade sur mes joues et craquaient avec ma voix. Ma voix pleine de larmes. Ma voix sanglotante. Ma voix qui répétait encore et encore : Hinata. Hinata. Hinata. Hinata.

Hinata.

Hinata.

Et puis l'évidence m'a frappé. Je savais où elle était.

J'ai couru de plus belle, sprintant comme un dingue. Je savais où elle était. Elle n'allait pas disparaître. Je pouvais encore la retenir. Je pouvais encore la garder. Comme si je me battais contre le temps, j'accélérais, ignorant la douleur dans mes jambes, dans mes côtes, dans mon cœur.

Et puis je suis arrivé devant la Patinoire. Quelques fenêtres étaient allumées. J'ignorais comment Hinata avait pu entrer mais...

Je poussais les doubles-portes aussi, essoufflé. Il n'y avait personne à l'accueil. Une femme de ménage fronça les sourcils en m'apercevant et lorsque je lui ai tout expliqué, elle me laissa passer.


Et alors tout s'arrêta.

La chaleur qui m'étouffais fut balayée par la fraîcheur de la patinoire. Ma respiration sifflante ralentit subitement, jusqu'à disparaître ; j'avais le souffle coupé. Ma peur tomba à mes pieds pour laisser place à une sensation que je ne peux pas vous décrire tant elle m'est inconnue. Mes sanglots se stoppèrent pour laisser place à un visage sidéré.

Elle était là, sur la glace. Elle portait le costume de son dernier concours. Celui où elle n'avait eu que la troisième place sur le podium mais la première dans mon cœur.

Elle glissait dans le silence. Elle glissait dans la paix. Elle était voluptueuse, comme de la soie. Chaque mouvement voletait.

Et puis elle ouvrit ses bras et ses patins effleurèrent la glace. Elle était si souple. Elle était dans son élément. Elle était au Paradis. Elle n'avait pas déployée ses bras mais ses ailes. Elle ne portait pas un justaucorps de compétition mais un halo de lumière. Elle ne glissait pas sur la glace mais volait entre les nuages de cotons. La Hinata triste et terne n'existait plus et ses tourments non plus.

La tristesse qui l'étouffait était balayée par ses mouvements gracieux. Sa douleur ralentit subitement, jusqu'à disparaître : son inconscient l'avait effacé. Sa peur tomba sous ses patins pour laisser place à une ivresse indescriptible. Ses sanglots s'étaient stoppés pour laisser place à une expression paisible.

Et puis son rythme devint plus déterminé. Elle fixait un point loin devant elle.

Non, ais-je murmuré.

Elle allait se lancer.

Non, ais-je dis plus fort.

Ses ailes devenaient plus grandes, plus imposantes. Elle prenait son élan.

Arrête, ais-je dit entre mes dents.

Et puis elle se lança et tenta un Saut de Valse.

Hinata ! Ais-je hurlé.

Elle sembla me remarquer et, dans un hoquet, elle chuta sur la glace. J'ai à nouveau crié son nom, inquiet. Je me suis avancé, prêt à la rejoindre mais elle a tendu son bras pour m'en empêcher.

Non Naruto, laisse-moi.

Et comme un con, je l'ai écouté.

Elle s'est relevée, tremblante. Elle toussa avant de se lancer de nouveau. Elle reprit aisance sur la glace tandis que je me mordais l'intérieur de la joue. Elle s'élança, prête à effectuer une nouvelle rotation.

Et tomba plus violemment cette fois.

Arrête Hinata ! C'est insensé, tu te fais du mal !

Au contraire, ça lui faisait du bien. C'était moi qui souffrait. Épuisée, elle toussa de plus belle mais son regard franc et motivé était plus fort. Elle se releva. Elle essaya de nouveau. Se lança, tourna, voltigea, tomba. Se mordit la lèvre, jura, se remit debout. Se lança, tourna, voltigea, tomba. Se remit debout. Se lança, tourna, voltigea, tomba.

Je t'en supplie, Hinata, ais-je gémis. Tu ne peux plus. Ne force pas les choses.

Son genou saignait, laissant une empreinte rouge sur la glace immaculée. Mais Hinata ne reculait pas. J'entendais de ma place sa respiration difficile, son acharnement, sa fatigue et sa volonté. Surtout sa volonté.

Depuis la première fois depuis des jours elle était vivante. Idiote, aveugle, auto-destructrice, mais vivante.

C'est pour ça que je me suis agrippé à la rambarde, que j'ai pris une profonde inspiration, ignorant mes poumons givrés et mes doigts glacés, avant de l'encourager bruyamment à ma façon :

Je t'aime Hinata ! Quoiqu'il arrive je t'aimerais toujours ! Tu as le droit d'abandonner parce que moi jamais, non jamais, je ne t'abandonnerais.

Elle m'a longuement dévisagé. Des gouttes de sueurs traversaient ses joues rougies par l'effort. Depuis combien de temps échouait-elle ?

Elle a murmuré mon nom avant de hocher la tête, déterminée. Elle s'est lancée de nouveau. Nos deux cœurs battaient sûrement à l'unisson. Je joignis mes mains, stressé. Les sourcils froncés, elle avançait encore et encore, elle avait peur de rater une nouvelle fois.

Et puis elle s'envola pour la dernière fois. Et elle m'éblouit. Mais pas pour la dernière fois.

Elle loupa son atterrissage alors je me suis dépêché de la rejoindre, heureux de l'avoir revu réussir ainsi. S'amuser ainsi. Reprendre des couleurs. Elle était encore à terre alors je me suis penché pour l'aider à se relever.

Bravo Hinata, tu es vraiment forte, ais-je dis de ma voix encore tremblante. Je suis fier de toi. Je t'aime, je t'aime tellement. Je n'ai jamais autant aimé quelqu'un de toute ma vie !

Je la tirais afin qu'elle se remette sur pieds mais elle est restée à terre. Sa frange barrait son regard lorsqu'elle a répondu à mon énième déclaration par :

J'aimerais mourir.





***


On s'amuse comme des dingues depuis deux-trois chapitres, non ?

Ironie mis à part, j'avais aussi ce moment en tête depuis longtemps. Je voulais absolument caser une scène d'un personnage qui a une passion, qui ne peut plus la faire, et qui essaie malgré tout sous le regard d'un proche. Avant même d'avoir l'idée de cette fic je voulais m'accorder ce caprice.

Malgré mes peu de connaissances en patinage artistique, c'est crédible ?

J'espère que ça vous plaît toujours !

Bisouilles ♥

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