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Page blanche lors de la demande de mot de passe
 par   - 185 lectures  - Aucun commentaire

Le bug de la page blanche lors de la demande d'un nouveau mot de passe est résolu.

Désolé pour ce problème très gênant...

 

Encore une conséquence du changement d'adresse IP...
 par   - 263 lectures  - Aucun commentaire

Eh bien, ce changement d'adresse IP sauvage a eu plus de conséquences que je ne le pensais.
Les mails n'étaient plus envoyés... du tout !
Je ne m'en suis pas rendu compte car ma boîte étant locale il n'y avait pas de problème.

Je remercie celles et ceux qui m'ont signalé ce problème.

 

Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1111 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Animes-Mangas

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Naruto

Shikamiaou ? Auteur: Mysteriousdeer Vue: 1731
[Publiée le: 2011-03-08]    [Mise à Jour: 2011-04-22]
13+  Signaler Romance/Animal-Fic Commentaires : 6
Description:
Une vie banale

Une haine entre deux personnes

Une malédiction

Une transformation

Et mille heures pour tout changer
Crédits:
Les personnages de Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto, merci de me les prêter !
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Une malédiction

[6595 mots]
Publié le: 2011-03-08Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Pour la journée de la femme, en espérant que vous aimerez.

Osaka, 07h45 du matin.

 

Dans une ruelle entre deux immeubles, un chat grimpa sur une poubelle et fit tomber le couvercle, découvrant des sacs malodorants qui ne le firent pourtant pas reculer. Un petit coup de dents eu raison du plastique et il commença à lécher avec appétit le fond d’une boite de nouilles.

Soudain un jeune homme fonça en skate sur la poubelle et la renversa, terrorisé, le chat s’enfuit. Celui qui l’avait effrayé se nommait Naruto Uzumaki, blond aux yeux bleus, élève renommé au lycée Konoha, mais pas pour ses notes. Deux autres garçons l’attendaient : Kiba Inuzuka et Shikamaru Nara, un châtain et un brun à catogan portant aussi l’uniforme de Konoha. Avec Choji Akimichi, ils formaient un quatuor de cancres qui rendaient dingues les professeurs de leur lycée. Kiba sentait le chien et était le roi de la fugue et du séchage de cours, Shikamaru malgré une intelligence hors norme ne semblait bon qu’à dormir en cours, Naruto était un farceur de première catégorie et Choji interrompait les cours par des bruits de mastication insupportables. Voyant que le chat revenait timidement vers eux, le Nara ramassa une pierre et visa les pattes du malheureux animal qui s’enfuit pour de bon. Il détestait ces animaux pour une raison qui lui était propre et que ses trois amis seuls connaissaient. Ils arrivèrent au lycée avec un peu d’avance, chose rare pour eux. Appuyée contre un platane, un casque vissé sur ses oreilles, quatre couettes blondes, une jeune fille lisait. C’était no Sabaku, un peu populaire elle aussi car elle avait un amour profond pour les livres que tout adolescent normal aurait trouvé ennuyeux. Plus ils étaient compliqués, plus ils étaient gros et l’écriture petite, plus elle les aimait, une autre rumeur circulait sur elle, mais elle n’avait jamais été vérifiée ou prouvée.

On la trouvait un peu bizarre, un peu ailleurs malgré le fait qu’elle soit représentante de sa classe et qu’elle ait de bonnes notes. Elle ne les regarda pas alors qu’eux la montraient du doigt en ricanant, en fait tant que la sonnerie n’aurait pas retenti elle ne lèverait pas le nez de son bouquin. Ce n’était vraiment pas une fille comme les autres, elle n’était jamais vraiment à la mode, en hiver elle était surtout vêtue de vêtements de laine tricotés main par-dessus son uniforme : bonnet, écharpe, collants, pull. Ce n’était pas moche, au contraire, mais cela laissait les lycéens penser qu’elle n’avait pas beaucoup d’argent. Une sacoche en cuir, solide et élégante, mais qui avait sûrement dû connaître la Deuxième Guerre Mondiale vu son âge. Dans son manteau vert sombre à carreaux elle était mince et très jolie, mais jamais maquillée, jamais en train de lire un magazine féminin, jamais de régime etc. Quelle différence avec Ino Yamanaka et Sakura Haruno, une blonde modèle Barbie et une fanatique du lolita rose qui étaient dans la classe des garçons en T°2, la Sabaku était en T°1. La sonnerie retentie enfin et les élèves se dépêchèrent de rentrer en classe. Shikamaru jeta un dernier regard vers la blonde à quatre couettes qui rangeait son livre et rejoignait Tenten Hitora et Lee Rock, une squatteuse végétarienne et un futur champion d’aïkido, les deux seules personnes qu’elle fréquentait. Les gens semblaient avoir peur d’elle, on racontait qu’une bien sombre histoire avait bouleversé sa famille il y’a quelques années.

 

« Shika, t’aimes les féministes maintenant ? »

 

Il sursauta, encore Naruto évidemment qui suivait lui aussi la Sabaku du regard avec un large sourire :

 

« Tu auras du mal avec elle, déjà qu’il nous a fallu deux mois pour connaître son prénom... »

 

Ah oui ! Comme elle attirait les regards, le quatuor des cancres avait voulu connaître son prénom, mais elle les méprisait et refusait obstinément de leur répondre. Ils durent l’appeler Sabaku pendant deux mois, jusqu’à ce qu’enfin le Nara tombe dessus par hasard en lisant l’étiquette sur un de ses cahiers : Temari. Un nom de soie, un nom de jeu, un nom de neige, un nom de fête...Temari, comme la jolie balle de Noël dont les doux reflets hypnotisent les enfants. Ça lui semblait étrange qu’une fille aussi froide et lointaine ait un prénom aussi charmant.

 

« Baka, les filles sont toutes chiantes. Sortir avec un paquet d’ennui, non merci ! »

 

Ils éclatèrent de rire et se dépêchèrent de rentrer en cours, ils avaient Iruka et ce n’était pas le genre qui faisait des cadeaux, au contraire il hurlait assez facilement, surtout contre le quatuor. Les seules avec qui il avait renoncé c’était Sakura et Ino, même un tremblement de terre n’aurait interrompu leurs caquetages : « fringues...Sasuke-kun...rouge à lèvres...grand amour... » Mais en ce moment elles n’étaient pas les seules à avoir des choses à dire, toutes les filles n’avaient plus que le 14 février en tête et la Saint Valentin. Shiho, une timide à lunettes bizarres, jeta un regard vers Shikamaru en poussant un soupir, deux ans qu’elle lui offrait du chocolat le 14 février et deux ans qu’il refusait poliment. Mais elle comptait bien recommencer cette année et cette fois-ci il ne lui résisterait pas ! Alors que les lycéennes voyaient la Saint Valentin comme THE journée parfaitement romantique où les garçons se transformaient tous subitement en chevaliers blancs, ces derniers voyaient ça comme une occasion supplémentaire de faire la fête. Le quatuor discutait justement de ça, Kiba textotait à toutes ses connaissances pour proposer l’organisation d’une soirée dansante et alcoolisée.

 

« On l’organiserait chez Shikamaru. »

 

Les parents du jeune Nara étaient les jardiniers d’un temple situé à côté de la ville, de ce fait ils possédaient une grande maison à l’ancienne entourée de superbes jardins, l’idéal pour recevoir beaucoup d’invités. Cela faisait longtemps que ses amis rêvaient d’y organiser la soirée de l’année. Mais Shikamaru n’était pas très fête, de plus ses parents n’auraient jamais voulu, surtout Yoshino sa mère qui n’était pas commode. Il refusa donc, malgré les mines dépités de Kiba et Naruto.

 

******

 

Le temple où vivaient les Naras n’était qu’à quelques centaines de mètres de la ville d’Osaka, mais l’on se serait cru à l’autre bout du Japon car le paysage était celui d’une vaste et verte campagne. Shikamaru aimait y déambuler et ressentait une certaine fierté à vivre dans un endroit où les autres n’étaient que touristes. Il invitait souvent Choji et les deux garçons mangeaient des chips en traversant le parc et respirant l’odeur d’herbe mouillée. Aujourd’hui Naruto et Kiba les accompagnaient, espérant encore faire changer le Nara d’avis au sujet de la fête.

 

« Allez, on pourra même inviter Sabaku si tu veux !

-Mais lâchez-moi avec cette fille, elle ne m’intéresse pas ! »

 

C’était la pure vérité, qu’elle soit différente ou pas, aucune demoiselle ne lui plaisait. De plus Sasori, un garçon de T°4 semblait avoir flashé sur elle et l’abordait de plus en plus souvent en cours bien qu’elle ne lui prête pas attention, Shikamaru était bien trop flemmard pour se battre pour une fille.

 

« De toute façon elle refuserait de venir. »

 

Ils en restèrent là. Un peu plus loin ils croisèrent Shikaku Nara dans son kimono de jardinage qui ratissait l’allée en sifflotant :

 

« Salut les jeunes ! »

 

Choji fut le seul à répondre à son salut, les trois autres regardaient une maison un peu plus loin derrière un mur de pierre, pratiquement semblable à celle des Naras : c’était la demeure d’une vieille dame qui était leur voisine depuis des années. Mlle Chiyo, mais les garçons la surnommaient impitoyablement la « Sorcière » car elle était petite, grosse, tassée et flétrie comme un vieux fruit mûr. En plus d’être laide, elle n’avait jamais fait preuve de gentillesse à l’égard des Naras, particulièrement envers Shikamaru. Yoshino disait qu’il fallait être bon pour elle parce qu’elle était vieille, mais son fils la détestait cordialement. Il la détestait parce qu’elle n’était pas conviviale, parce qu’elle passait son temps à les espionner derrière son mur et qu’elle rapportait tout à sa mère, la moindre bêtise était dénoncée. Et surtout il la détestait à cause de ses chats !

Si Mlle Chiyo n’avait jamais montré d’affection envers un être humain, elle avait en revanche faite de sa maison un orphelinat pour les chats. Qu’ils soient de pure race ou bâtards, mâles ou femelles, chatons ou vieux, si elle en trouvait un dans les rues d’Osaka sans propriétaire et affamé, elle le ramenait, le soignait et le nourrissait. Yoshino et Shikaku (qui semblaient indubitablement décidés à tout passer aux personnes âgées) trouvaient cela attendrissant et que c’était la preuve que leur irascible voisine avait un cœur. Mais Shikamaru lui ne voyait qu’une chose : le temple qu’il aimait tant, les jardins aussi étaient à présent envahis par les chats ! Non seulement elle en ramenait toujours, mais en plus ils se reproduisaient avec l’efficacité de lapins. Le jeune Nara ne pouvait plus s’allonger dans les bons coins du parc car il y’avait toujours un ou plusieurs de ces maudits félins. La saison des amours était la pire, impossible de fermer l’œil entre les bagarres et les reproductions. Il en venait à soupçonner ses parents de dormir avec des bouchons d’oreilles. Et après ça elle osait l’enguirlander parce qu’il fumait devant son portail ! Ses colères étaient aussi mémorables. Une fois, vers l’âge de dix ans, avec Naruto, Choji et Kiba ils avaient attachés des casseroles à la queue d’un chat de la voisine pour rire. Elle les avait attrapé avec une force surprenante et leur avait infligé une punition dont ils se souvenaient encore : pieds nus dans un étang dont la température ne devait pas dépassé les 4°, ils avaient dû ramasser des sangsues à la main pour le déjeuner de ses pensionnaires. Un cauchemar, ils avaient tous chopé un rhume. C’était à ce moment qu’ils avaient commencé à la traiter de sorcière.

Elle les regarda passer, toujours derrière son portail, ses yeux sévères les foudroyant, sa langue claqua comme si elle retenait une menace. Elle portait un vieux kimono gris de toile qui la rendait encore plus laide. Ils l’ignorèrent, mais ne purent éviter Miss Oni, une femelle sans âge, de la race persane, d’un beau poil angora roux. Elle se planta devant eux, ses yeux jaunes froncés comme ceux d’un fauve prêt à bondir. Elle était toujours aux cotés de Mlle Chiyo et si cette dernière n’était qu’une petite vieille méchante, Miss Oni ressemblait plus à un démon. Shikamaru en avait toujours eu peur et il détestait les chats à cause de cette femelle.

                  

« On dirait qu’elle va nous sauter dessus. » Grogna Kiba.

    

La chatte cracha dans leur direction avec hargne, puis retourna auprès de sa maîtresse qui la prit sur ses genoux. Une fois la maison derrière eux, les garçons retrouvèrent leur assurance et Kiba sortit un CD de son sac :

 

« C’est Naruntoo VS le démon cerf ! Ça vient de sortir, on va l’essayer sur la console de Shikamaru ?

-Ok ! »

 

Comme tous les soirs, le quatuor se retrouvait chez un des garçons et ils jouaient aux jeux vidéo, regardaient des films X ou d’horreur et grignotaient des cochonneries. Shikamaru s’accouda à la fenêtre de sa chambre pour regarder les nuages, il avait une belle vue sur le parc car sa maison était bâtie sur une petite colline à côté de celle où était construit le temple. Il sourit, le soleil se couchait et colorait le ciel de rose, d’orange et de violet, il ne faisait pas trop froid, mais l’air était vif et pur. Son père continuait de ratisser son allée en bas, il faisait parti du paysage comme s’il était en harmonie avec la nature et les rares touristes encore là le regardait autant qu’ils regardaient le temple. En ce tournant de ce côté Shikamaru vit soudain Temari qui descendait les marches en courant avec légèreté. Revenait-elle de la prière ? Il voyait souvent des personnes shintoïstes de son lycée venir se recueillir ici, mais la Sabaku plus souvent que les autres. Que ce soit dans le temple ou dans les jardins, elle venait régulièrement. Kiba et Naruto se moquaient d’elle depuis le jour où ils l’avaient surpris derrière un arbre en train de faire de grands mouvements bizarres. C’était certainement pour ça qu’elle ne les supportait pas tous les quatre, mais ça ne l’empêchait pas de revenir. Une fois elle était même venue prier à 05h00 du matin et s’était retrouvée nez à nez avec Shikamaru de corvée de ménage, elle avait rougi et finit par carrément le menacer alors qu’il n’avait rien fait :

 

« Si tu dis à quiconque que je suis venue t’es mort ! »

 

Il n’y avait pourtant aucune honte à venir prier, même si tôt, lui-même priait toujours un moment avant de commencer son ménage (même si ses offrandes étaient plutôt pour qu’un train renverse Mlle Chiyo). Alors pourquoi avoir tellement peur qu’on la voit ? Avait-elle l’intention de recommencer ses mouvements étranges qui faisaient qu’on la prenait pour une folle ? Il n’avait pas cherché à le savoir, il s’en fichait de toute façon.

 

******

 

Lorsque Yoshino rentra des courses, les amis de Shikamaru avaient déjà fichu le camp. Lui-même regardait la télé, allongé sur un coussin. Elle se dirigea vers la cuisine et commença à déballer ses commissions tandis que son mari rentrait et déposait une bise sur sa joue.

 

« Toutes les allées sont propres mon amour, exactement comme tu me l’avais demandé.

-Merci. »

 

Shikamaru lâcha un discret soupir, son père était toujours à la botte de sa mère, il faisait toujours tout ce qu’elle lui demandait et se contentait en récompense d’un sourire ou d’un baiser...lui s’il se mariait (parce qu’on y échappait rarement hélas) il ne serait pas comme ça avec sa femme et choisirait mieux.

On sonna, Yoshino alla ouvrir et découvrit leur voisine sur le palier, l’air furieux et sa chatte orange dans les bras :

 

« Madame Nara ! Votre garnement a encore fait des siennes !

-Comment ça ? »

 

Shikamaru se recroquevilla, pressentant que ça allait être sa fête. Mlle Chiyo darda vers lui un doigt menaçant et commença à énumérer : sa poubelle renversée, il avait encore fumé devant chez elle et ses plantes en étaient toutes intoxiquées, il avait fait un bruit impossible avec ses amis qui l’avait empêché de faire la sieste, l’un d’eux avait laissé traîner des sachets de chips et elle les avaient même surpris en train d’uriner contre un chêne centenaire. Les mots « irrespect de la nature », « voisinage impossible », « jeunesse perdue » fusèrent et s’entrechoquèrent dans la bouche édentée de la vieille dame. Yoshino eu beaucoup de mal à la calmer et referma finalement la porte sur elle en lui promettant d’accorder une punition digne de ce nom à son bon à rien de fils. Effectivement il la vit arriver vers lui en grandes enjambées et elle lui hurla dessus pendant une bonne demi-heure, le chargeant de la corvée de vaisselle pour les trois prochains mois.

 

« ET TON WEEK-END CHEZ LES AKIMICHIS TU PEUX FAIRE UNE CROIX DESSUS !!! ÇA T’APPRENDRA À TE SOULAGER SUR UN ARBRE QUE TON PÈRE ET MOI ENTRETENONS !!!

-C’est injuste ! Je n’ai jamais pissé sur cet arbre ! Elle a des hallucinations ! Et je ne peux pas fumer à quinze kilomètres sans qu’elle soit gênée ! 

-JE M’EN FICHE !!! TU N’ES BON QU’À FAIRE DES BÊTISES !!! ÇA TE SERVIRA DE LEÇON !!! »

 

Shikamaru était furieux, la moitié des fautes dont il était accusé avaient été produites par Kiba, Naruto ou Choji, mais sa mère considérait qu’il n’avait qu’à les surveiller. Et voilà qu’on le privait d’un week-end génial à Tokyo avec son meilleur ami. Tout ça parce que cette vieille bique de voisine n’était qu’une acariâtre commère qui ne supportait rien ni personne ! Il fila dans sa chambre sous le regard emprunt de pitié de son père, il s’approcha de sa femme et l’enlaça :

 

« Je te trouve un peu sévère avec lui. Chuchota t’il.

-Il n’a aucun respect !

-C’est faux, mais il aura bientôt dix-huit ans et nous sommes tous comme ça à cet âge, nous avons besoin de prouver notre force en croyant que ça nous rendra hommes.

-Shikaku...

-Et puis c’est vrai que notre voisine n’est pas irréprochable non plus. Le fait qu’elle ait connu la guerre et vécu des moments difficiles ne lui donne pas tous les droits. Personnellement je ne crois pas qu’on peut élever la jeunesse dans le respect en commençant par l’espionner et lui rendre la vie dure.

-Tu fais dans la pédagogie maintenant ? »

 

Ils rirent, puis Yoshino entoura le torse de son mari de ses bras et plongea la tête dans son cou.

 

« D’accord, j’admets que je suis parfois trop sévère, mais j’ai tellement peur qu’il fasse une bêtise irréparable un jour.

-Il n’y a rien d’irréparable.

-Je lève la punition immédiatement ?

-Non, attendons demain. Il a tout de même une part de responsabilité, alors macérer un peu ne lui fera pas de mal.

-Je déteste quand tu es meilleur parent que moi Nara. » Rit-elle à nouveau en l’embrassant tendrement.

 

Dans sa chambre, Shikamaru bouillonnait. De nouveau accoudé à la fenêtre, il observait la vieille voisine rentrer chez elle, son persan derrière elle, la queue fièrement dressée, ravie sans doute de la dispute qui venait d’avoir lieu devant ses yeux. Il décida alors qu’il ne les laisserait pas se réjouir comme ça, elles allaient payer. Demain, comme à toutes les Saint Valentin, Chiyo partirait pour Kyoto et ne serait de retour que le 15, pourquoi ne pas en profiter ? Puisqu’elle l’accusait d’être un méchant garçon et de lui pourrir la vie il aurait été dommage de la contredire, non ? Il attrapa son portable et composa le numéro de Kiba.

 

« Salut vieux, finalement pour la fête c’est d’accord.

-Super ! Combien de personnes j’invite ?

-Autant qu’il peut en venir, ce n’est pas la place qui manque. Et n’oubliez pas l’alcool et les pétards. On va se faire la soirée du siècle, un moment inoubliable.

-C’est cool de t’entendre aussi enthousiaste...bon, on sera chez toi vers 21h.

-J’ai oublié de te dire, ce n’est pas chez moi qu’on va l’organiser cette fête. »

 

******

 

Le lendemain soir Yoshino et Shikaku laissèrent un mot sur la table que Shikamaru trouva en rentrant du lycée. Bien sûr ils allaient fêter la Saint Valentin eux aussi et ne seraient pas de retour avant demain matin. Il avait donc le champ totalement libre. La vieille dame avait bouclé ses bagages et venait de partir, tout se déroulerait à la perfection. Et comble de chance, Mlle Chiyo leur laissait les clefs quand elle partait, il n’aurait même pas à forcer la porte. Toute la journée au lycée des filles et des garçons vinrent le voir pour lui demander l’adresse et de quelle manière on s’y rendait, il n’en connaissait pas la moitié, mais il répondit à tous. Il lui sembla que Temari l’observait, elle avait sans doute eu vent qu’il donnait une grande fête puisque toutes les terminales en parlaient, peut-être était-elle vexée de ne pas être invitée. En tout cas ses yeux vert émeraudes le poursuivirent toute la journée, sévères et douteux, un peu comme une conscience qui le prévenait de sa mauvaise action. Il lui en voulu pour le coup et quand ils se croisèrent dans le couloir il l’ignora superbement. Il fut agréablement surpris d’entendre Kiba déclarer que ce geste semblait avoir perturbée la jeune fille.

À 20h30 ses trois amis arrivèrent, ils ouvrirent la porte de la maison de Chiyo et commencèrent à déplacer les meubles pour faire un espace de danse. Il n’y en avait pas beaucoup, l’endroit était grand, mais pauvre. Ils rayèrent vilainement le parquet en poussant une armoire trop lourde à soulever bien qu’elle soit totalement vide. Kiba trouva la chambre, un lit tout simple et une coiffeuse. La vieille dame ne semblait pas porter d’autre vêtement que ses kimonos sombres en toile. Naruto dénicha une boite à bijoux d’art japonais visiblement ancienne. Il l’ouvrit et poussa une exclamation de stupeur :

 

« Ouah ! Venez voir ça ! »

 

Le coffret contenait dans ses tiroirs une bague de fiançailles et une paire de boucles d’oreilles en or abîmées, mais ce que sortit Naruto les laissa pantois. Un superbe collier de diamants et d’émeraudes digne des plus grandes têtes couronnées du monde. http://www.noblesseetroyautes.com/nr01/wp-content/uploads/2009/07/g_44_79833.jpg Même Shikamaru qui se fichait des bijoux ne put cacher son admiration. Comment une femme qui vivait si pauvrement et devait dépenser toute sa maigre retraite en nourriture pour chats et litières pouvait avoir quelque chose d’aussi beau ? Ils eurent soudain envie d’annuler la fête et de fouiller la maison de fond en comble comme des gamins se lançant dans une chasse au trésor. Mais deux chats sortirent soudain de sous le lit et ranimèrent la colère de Shikamaru. Ils remirent le collier en place et retournèrent dans la pièce principale.

Vers 21h arrivèrent les premiers invités, dont Sakura et Ino, les quatre garçons avaient eu le temps de tout préparer et allumaient les lumières dans le jardin pour attirer les visiteurs. Ino était au bras d’un garçon pâlichon habillé de noir. Shikamaru fronça les sourcils, jamais il n’avait vu ce drôle de type, manifestement il n’appartenait pas à Konoha.

 

« Je vous présente Sai, il est à l’Ecole d’Art d’Osaka. Il a tenu à venir.

-Pas de problème ! Assura Kiba avec un sourire.

-Seulement il est aussi venu avec quelques amis. »

 

Une dizaine quand même et qui leur faisaient de grands signes en agitants des bières. Le Nara eu un sourire qui n’était pas du tout shikamarien, il déclara :

 

« Plus on est de fous, plus on rit !

-Génial ! S’exclama Sakura. Alors je vais dire à ma sœur Konan de venir avec ses potes de l’université ! »

 

Au fur et à mesure que les invités arrivaient, les quatre organisateurs durent faire face au problème qu’on rencontrait souvent dans ce genre de fête : il y’eu bientôt plus de cent personnes dans la maison et ils n’en connaissaient pas un quart. Choji était assez inquiet, Naruto et Kiba étaient surexcités à l’idée de cette fête qui s’annonçait géante et Shikamaru était déterminé à pousser sa vengeance jusqu’au bout. Il vira d’un coup de pied Miss Oni qui essayait de circuler entre les invités. Il fut bientôt imité par tous, inventa un jeu consistant à trouver tous les chats réfugiés dans la maison et à les mettre à la porte. L’alcool avait déjà pris possession des esprits de beaucoup de personnes, la cruauté du jeu fut balayée par l’envie de s’amuser et la chasse commença. On en trouva une vingtaine, planqués un peu partout et on les jeta sur le palier sans aucune pitié. Ensuite Kiba mit sa sono à fond et la fête commença véritablement. Les invités étaient si nombreux qu’ils devaient aller danser jusque dans les autres pièces, le bruit et les bousculades renversèrent quelques objets précieux comme un vase http://images.artfinding.com/lot/_213/guest__and__gray_artfinding_japanese_satsuma_vase_12220693567290.jpg en porcelaine qui se brisa sur le sol. Les deux heures qui suivirent furent des heures où l’on bu beaucoup, où l’on fuma énormément et où l’on dansa. Ino, Sakura et d’autres filles avaient trop chaud et se baladaient en soutien-gorge sans la moindre honte. Sai, légèrement bourré, trouva très amusant de transformer, avec une pochette de feutres, une tapisserie représentant une geisha en Picasso. Quand l’atmosphère intérieure devint irrespirable à cause de la cigarette et de la sueur, on ouvrit les portes et on alla dans le jardin, piétinant les bosquets, jetant les mégots sur l’herbe. Les chats, qu’on ne finissait pas de dénicher, fuyaient. S’ils étaient attrapés, le petit copain de Konan, Pein, se chargeait de les raser avec un couteau de cuisine. Miss Oni seule ne fuyait pas, griffant et mordant ceux qui s’en prenaient aux autres chats comme une reine veillant sur ses sujets. On finit par l’attraper et la plonger dans la baignoire, on ne la laissa s’enfuir que quand elle fut à moitié noyée et la salle de bain inondée. Quelques filles se jetèrent dans la baignoire à leurs tours en riant, suivies de garçons. Choji qui cherchait un peu de calme, entra dans la chambre de Mlle Chiyo et trouva trois couples qui copulaient, un sur le lit, un sur le sol et un sur la coiffeuse.

 

« Shikamaru, ça vire au grand n’importe quoi ! » Hurla t’il en revenant dans le salon.

 

Le Nara ne répondit pas, d’abord avec la musique toujours à fond il ne pouvait pas donner de réponse claire à son ami. Et puis il cherchait à éviter Shiho qui ne le lâchait pas des yeux et tenait encore une de ses boites de chocolats qui lui étaient destinées. La maison était saccagée, en trois heures de fête c’était devenu un champ de bataille, un dépotoir de canettes et de préservatifs usagés, sans parler des dégâts matériels.

Alors qu’on brisait un dernier vase sur le sol, une sonnerie déchira la nuit, surpassant la techno que Kiba avait mise à fond. Shikamaru sortit dans le jardin et vit arriver plusieurs voitures noires et blanches surmontées de lumières rouges. Un des invités résuma très bien sa pensée en beuglant :

 

« KUSO !!! LES POULETS !!! »

 

Réagissant au quart de tour, Shikamaru empoigna Choji, Naruto et Kiba et ils filèrent par derrière. D’ailleurs, avec un peu de retard, tous les invités décidèrent de faire pareil. Mais les policiers avaient anticipés et encerclèrent la maison avant d’entrer en masse. Ceux qui tentèrent d’opposer une résistance furent menottés. Ino et Sakura, découvertes à moitié nues, éclatèrent en sanglots quand on les jeta à l’arrière d’un véhicule. Sai s’énerva :

 

« DE QUOI NOUS ACCUSE-T’ON ?!!

-Infraction dans la maison d’autrui, détérioration, état d’ivresse immodéré, brutalités sur des animaux, puis sur des agents dans l’exercice de leurs fonctions, tapage nocturne...je continue ? » Ironisa un sergent.           

 

Le quatuor qui n’avait pas été pris s’était réfugié chez les Naras. Naruto jura :

 

« Ils vont vite découvrir qui a organisé tout ça, on aura du mal à s’en sortir.

-Ouais, cracha Kiba, mais j’aimerai savoir comment ils ont été avertis et comment ils ont su que cette maison n’était pas celle de Shikamaru ? »

 

Le concerné regarda par la fenêtre et vit une personne derrière les voitures de police qui discutait avec le sergent chargé de l’arrestation.

 

« J’ai ma petite idée sur la question. »

 

Il planta ses copains là et sortit, le cafard allait certainement faire un détour par le bois afin de ne pas être vu par les gens qu’il avait dénoncé. Il ne s’était pas trompé, et lui coupa la route :

 

« Bonsoir Temari. »

 

La blonde aux quatre couettes sursauta, Shikamaru s’approcha d’elle, elle portait toujours son vieux manteau vert qui s’assortissait avec ses yeux, mais il n’éprouvait pour elle que de la colère.

 

« T’es contente de toi ? Tu as bien fait ton devoir ?

-Dégage Nara, siffla t’elle, sinon j’appelle à l’aide et tu finis au poste toi aussi !!!

-J’ai peur !

-Sale macho prétentieux !!! Tu as saccagé la maison d’une vieille dame sans défense et tu en es fier !!!

-Oui parfaitement !!! Parce que cette vieille dame sans défense ça fait des années qu’elle me pourrit la vie !!! Qu’elle me dénigre auprès de mes parents !!! Qu’elle dit que je suis le pire garçon qu’on pouvait trouver sur Terre !!!

-Non tu n’es pas le pire garçon, tu viens de le prouver !!! Ironisa t’elle.

-LA FERME SABAKU !!! TU TE CROIS SUPÉRIEURE PARCE QUE TU LIS DES GROS LIVRES ET QUE TU ES REPRÉSENTANTE DE TA CLASSE ?!! QUAND JE PENSE QUE JE TE DÉFENDAIS QUAND KIBA SE FOUTAIT DE TOI ET DE TES FRINGUES !!!

-JE NE T’AI RIEN DEMANDÉ NARA !!! ET SI TU ÉTAIS AUSSI GÉNÉREUX TU N’AURAIS JAMAIS FAIT CE QUE TU VIENS DE FAIRE !!! 

-ELLE ME POURRISSAIT LA VIE !!!

-MLLE CHIYO EST UNE PERSONNE BIEN !!!

-QU’EST-CE QUE T’EN SAIS ?!! ELLE T’A RECUEILLIE QUAND TON PÈRE  S’EST CREVÉ À L’ASILE ?!! »

 

Temari devint toute blanche, Shikamaru en conclut que la rumeur sur ses parents était vraie : le meurtre de sa mère par son père fou dangereux et l’enfermement de ce dernier en maison psychiatrique où il avait fini par se pendre avec ses draps. Sa fille tenait à rattraper cette tragédie honteuse par un comportement irréprochable en cours et dans la vie en générale. Comprenant qu’il venait de toucher un point sensible, Shikamaru remua un peu le couteau dans la plaie :

 

« Tes gestes bizarres c’est pour quoi ? Tu répètes la scène...quand il l’a éventrée ? Je crois que tu es cinglée comme lui Sabaku. »

 

Les yeux de Temari se chargèrent d’une haine si profonde, si noire que l’air autour d’eux sembla devenir plus lourd. Malgré son assurance, Shikamaru perçu les battements de son cœur qui devenaient plus effrénés. La Sabaku prononça sourdement, d’une voix grave :

 

« Je te hais Nara, je te hais. »

 

Jamais on ne lui avait dit ça avec autant de sincérité et pourtant autant de calme. Quand leurs regards se croisèrent, il vit nettement en elle l’envie de le voir mourir là sous ses yeux. Un bref instant il se demanda s’il n’allait pas avoir un arrêt cardiaque car son cœur continuait de battre d’une façon très irrégulière et il se sentait nauséeux. Se reprenant, il haussa les épaules et s’éloigna. Un instant il espéra presque qu’elle le poursuive et le frappe, elle aurait alors un comportement normal qui le rassurerait, mais il n’en fut rien. Lorsqu’il se retourna elle était partie.

 

Je n’aurai pas dû dire tout ça...

 

Sa conscience revenait lui jouer des tours, d’accord Temari l’avait dénoncé à la police et demain à la première heure il serait au commissariat et subirait un interrogatoire poussé. Il pouvait toujours affirmé qu’il n’était pas présent et que ses amis s’étaient trompés de maison, bien sûr tous affirmeraient haut et fort que c’était faux, mais ils n’avaient aucune preuve si ses trois amis voulaient bien le soutenir. Mais il n’aurait pas dû dire à Temari qu’elle était cinglée, il était allé trop loin. Il s’en voulait maintenant, pas assez pour la rattraper et s’excuser, mais il s’en voulait quand même.

 

« Alors Shikamaru, on s’est bien amusé ce soir ? »

 

Il se retourna et chercha avec frayeur d’où venait cette voix féminine calme et grinçante en même temps. C’est alors que Miss Oni sortit de l’ombre, sa belle queue orange se balançant derrière elle comme les plumes d’un paon. Un sourire cruel fit reluire ses canines tandis que ses yeux jaunes sondaient le garçon qui était trop stupéfait pour s’enfuir.

 

« Surpris ? »  

 

Il pouvait difficilement ne pas l’être devant un chat parlant la langue des humains. Shikamaru recula, il n’avait bu qu’une demie bière, il n’était pas saoul, donc il pouvait se méfier. Il rencontra quelque chose de dur, une statue de chat...comment était-elle arrivée là ? Il fit un bond sur le côté, mais une autre statue apparu et lui barra le passage. Oni se dressa sur ses pattes arrière et prit alors l’apparence d’une belle et grande femme aux longs cheveux blonds. Elle ressemblait un peu à Temari de visage, mais si la forme de ses yeux était semblable, elle les avait noirs comme le kimono qu’elle portait. Un long vêtement de soie brodée de chats rouges qui semblaient se déplacer sur le tissu. Un diadème en dent de chat était posé sur son front. Une douce musique s’élevait dans l’air en même temps que le vent, des flocons de neiges tourbillonnèrent autour d’eux.

 

« Je suis Yugito Nii, déesse des chats et leur protectrice. Je vis chez Chiyo depuis des années durant lesquelles j’ai pu apprécier son amour pour mes comparses et sa fidélité. Autant je récompense ceux qui respectent ma race, autant je puni ceux qui la maltraite ! »

 

Shikamaru ne répondit pas, il commençait à se sentir vraiment mal, son cœur tambourinait toujours à une vitesse ahurissante, mais en plus l’intérieur de son corps était en surchauffe, il avait l’impression que ses os fondaient. Oni continua comme si elle parlait de la pluie et du beau temps :

 

« Ça fait un moment que j’avais envie de te régler ton compte à toi, toi qui déteste tellement ma race...

-Mais...attendez ! »

 

Shikamaru se doutait bien qu’elle n’allait pas l’épargner, et malgré sa peur il était bien décidé à plaider sa cause.

 

« Comment pouvais-je savoir moi que les chats avaient une protectrice ? Et puis je peux encore me racheter, on peut s’arranger...

-SILENCE !!! »

 

Sa voix se fit tonitruante, les arbres tremblèrent et Shikamaru en tomba sur le sol. Une griffe de chat lui érafla l’oreille, il se mit à genoux, tout à fait terrorisé. Et il avait si mal à l’intérieur de son corps...comptait-elle le tuer ?

 

« Ne faites pas ça !!! Pensez au moins à mes parents !!!

-Ah oui, tes parents sont des gens justes et bons pour les chats, il n’y a aucune raison que je les punisse en te faisant disparaître... »

 

Shikamaru ne se réjouit pas car son sourire devenait ironique, elle éclata de rire :

 

« Mais c’est trop tard ! Je ne peux pas lever la malédiction !

-Mais si vous le pouvez !!!

-Non, ce n’est pas moi qui te l’ai infligé, ce genre de magie n’a pu être faite que par un cœur pur et innocent, une personne qui ne doutait même pas de son pouvoir. »

 

Les méninges du Nara l’éclairèrent, il revit le regard de Temari et les mots fatals sortant de sa bouche : « je te hais, je te hais ». Oui, elle l’avait maudit, et Oni s’était servie de cette haine pour donner à son sort une plus grande puissance. Ne disait-on pas que se faire haïr par une personne fondamentalement bonne attirait le malheur ? Il ressentit une nouvelle secousse et tomba dans l’herbe humide, tout l’intérieur de son être se rétrécissait et son cœur battait comme...

 

...Un coeur de chat ! Il avait maintenant un cœur de chat !

 

Il regarda ses mains, ses ongles poussaient, devenaient plus durs et recourbés. Des griffes ! Sa peau le démangeait, des poils lui poussaient sur les bras, le ventre, le visage, les jambes. Sa tête s’arrondissait, son nez devenait une petite truffe noire. Il sentit ses os fondrent, ses oreilles le tirailler alors qu’elles s’agrandissaient, sa colonne vertébrale s’allongea, devenait plus flexible. Ses dents mêmes se faisaient plus petites et pointues. Et lorsqu’il voulu appeler à l’aide, ce ne fut qu’un misérable miaulement qui sortit de sa gueule. Il était devenu si petit qu’il flottait dans ses vêtements. Il tenta de se mettre debout, mais retomba sur le sol, ses deux pattes arrière n’étaient plus conçues pour le porter seules.

 

 

Un chat, il s’était bel et bien transformé en chat !

 

Il tourna sur lui-même, espérant s’éveiller de ce maudit cauchemar. Il était un joli minou d’un an au pelage brun comme ses cheveux, les oreilles un peu grandes...et il avait même une queue ! Ce fut certainement ce qui l’affola le plus. Il passait ses pattes avant sur son museau, cherchant à s’arracher les moustaches. Il était devenu l’animal qu’il détestait le plus.

Le décor autour de lui n’avait pas changé, il était toujours entouré des potiches de chats et Yugito Nii continuait de le regarder en souriant, amusée par sa panique. Il se précipita vers elle :

 

« JE NE VEUX PAS...JE NE VEUX PAS ÊTRE UN CHAT !!! RENDEZ-MOI MA FORME HUMAINE !!!

-J’ai déjà dit que je ne pouvais pas, je ne t’ai pas maudit, j’ai seulement clarifiée un peu les choses. Et puis ça ne te va pas mal d’être un chat.

-C’EST ABOMINABLE !!!

-Et attends, ricana t’elle, tu n’as pas tout vu. J’aime mes classiques et cela te permettra de réfléchir sur ton comportement. Seul le cœur pur qui te hait pourra te rendre ton apparence humaine.

-Temari...

-Il faudra qu’elle te pardonne avec sincérité et avec...amour. »

 

Shikamaru écarquilla les yeux, ils se détestaient et elle en particulier, comment pourrait-elle l’aimer ? Surtout sous la forme d’un vulgaire félin ! Yugito Nii commençait à devenir transparente, il pressentit qu’elle allait disparaître. Elle déclara encore :

 

« Tu as mille heures devant toi, passé ce délai...

-Je resterai un chat éternellement ?

-Non, tu mourras. » Déclara t’elle simplement.

 

Ce fut comme une chape de plomb lui tombant dans le ventre, il avait mille heures, mille heures pour trouver Temari et lui demander de lui pardonner. Sinon c’était la mort. Voyant qu’il ne bougeait pas de sa place, Oni conclut :

 

« Seulement 41 jours et 16 heures, je ne perdrai pas mon temps si j’étais toi. »

 

Elle s’évapora, ainsi que ses statues. Shikamaru se retrouva seul dans le noir, au milieu de ses vêtements devenus inutiles. À défaut de se pincer, il se mordit pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. Il était transformé en chat...les mots tournaient dans sa tête sans qu’il parvienne à se faire une raison...il était devenu un chat...milles heures pour trouver une solution à son problème ou la mort...

 

Un chat...C’est du délire ! Je ne peux pas être un chat !

 

« Shikamaru ? »

 

Il vit Kiba, Choji et Naruto qui approchaient, il se précipita vers eux en clamant :

 

« Les gars aidez-moi ! Je crois que je vais très mal ! »

 

Mais les trois garçons ne virent qu’un simple chat marron qui miaulait dans leur direction. Kiba le repoussa du pied :

 

« Dégage sale bête !

-Kiba, c’est moi baka ! Je suis Shikamaru !

-Il est collant ce chat, s’énerva Naruto, qu’est-ce qu’il nous veut ?

-REGARDEZ !!! » S’épouvanta Choji en découvrant les vêtements de son meilleur ami sur le sol.

 

Ils les ramassèrent, l’Inuzuka lâcha presque malgré lui :

 

« C’était pas Temari qu’il poursuivait tout-à-l’heure ?

-En tout cas il m’avait semblé reconnaître ses couettes blondes.

-Alors ils doivent être en train de s’envoyer en l’air quelque part. »

 

Naruto et Choji sursautèrent, puis le blond éclata de rire :

 

« Sacré Shikamaru quand même !

-Arrêtez de dire n’importe quoi !!! S’affola Choji. On retrouve ses vêtements abandonnés et vous n’êtes capable d’imaginer que des trucs grivois !!!  

-Tu crois qu’il lui est arrivé quelque chose ? Demandèrent les deux autres redevenus sérieux.

-J’en ai peur !!! Il faut qu’on continue de le chercher !!! »

 

Shikamaru s’avança à nouveau vers eux en espérant que des sons humains sortiraient de sa gorge, mais il ne produisit que de malheureux miaulements. Kiba, réellement excédé lui envoya un coup de pied plus violent qui le fit bondir en arrière :

 

« Dégage !!!! T’as pas compris le message ?!! »

 

Shikamaru se sauva alors, complètement affolé. Il était devenu un chat et ses meilleurs amis ne le reconnaissaient plus, ils venaient de le chasser avec cruauté. Il galopa à travers tout le jardin à une vitesse folle, il sauta par-dessus un mur, puis une barrière et quitta le domaine sans s’en apercevoir. Il se retrouva dans la ville et s’arrêta alors pour reprendre son souffle. Il essaya de demander de l’aide aux rares passants encore dans les rues, mais il se fit chasser à chaque fois, ou on l’ignorait simplement. Il traversa une rue, mais manqua plusieurs fois de se faire renverser. Qui fait attention à ne pas écraser un chat après tout ? Epuisé, meurtri, la pluie commençant à mouiller son poil, il se réfugia sous une poubelle renversée et se pelotonna au milieu des sacs plastiques. Une larme coula sur sa joue :

 

« C’est pas possible...c’est pas possible... » Répétait-il inlassablement.

 

Puis il s’endormit, brisé de fatigue et d’émotion.

 

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