Ne pas suivre ce lien !

Fanfic Fr

Publiez et gérez vos fanfics en ligne

 Créer un compte | S'identifier.

Sommaire

Version mobile



Accueil


FANFICTIONS


Lecture


Entre Vous


Édition


Internet & Liens



Derniers Blogs Modifiés


Derniers liens


Articles

(Consulter tous les articles)

Travail scientifique: L´auteur fanfiction
 par   - 2868 lectures  - 5 commentaires [08 mai 2022 à 23:21:27]

Karl Helbig, un étudiant allemand, entreprend un travail scientific sur la fanfiction francaise comme genre litteraire. Quels sont vos opinions sur ses questions?


Lire la suite...

Accueil des Fanfics Liste par Auteurs/Date Recherche Coup de cœur Hasard...

Animes-Mangas

 > 

Naruto

Parce qu'elle le veut.
[Histoire Abandonnée]
Auteurs :
[Groupe: Fubuki]
akimoto & Etsukazu
Vue: 11647
[Publiée le: 2010-05-31]    [Mise à Jour: 2010-08-20]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure Commentaires : 38
Description:
L’amour… Qu’est-ce ?

Ou plutôt… Les sentiments… Qu’est-ce ?

Fuu, réputée kunoichi de Taki gakure no satô ne connait pas la réponse à cette question. Pourquoi ? C’est une Jinchuuriki… Réceptacle du légendaire et craint démon scarabée à sept queues, Fuu a uniquement été conçue dans l’objectif de consolider la force militaire du village caché de la cascade.

Dans un monde incarné par la violence et le sang, une chose aussi futile que les sentiments ne peut exister. Et pourtant… qui peut vraiment vivre sans sentiments ?

Vivant telle une arme de la mort, on ordonne à Fuu et elle exécute. Pourtant, le quotidien de la terrible kunoichi va basculer d’un jour à l’autre.


Un beau jour, alors que celle-ci part en mission, un autre Jinchuuriki fait son apparition. C’est alors le début d’un renouveau… Dans quel sens ?

Je vous conseillerai de tourner la page pour en savoir plus.

Romance, action et bien d’autres ingrédients seront au rendez-vous… Venez découvrir ce mélange explosif qui vous fera connaitre ce monde de ninjas sous un autre jour.
Crédits:
L'univers Naruto est la propriété de Masashi Kishimoto et des studio Perriot.
<< ( Préc )
  Commenter ce chapitre 

Partie V.

[7545 mots]
Publié le: 2010-08-16
Mis à Jour: 2010-08-20
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Comme convenue, voici le nouveau - et attendu - chapitre de "Parce qu'elle le veut."

J'espère que notre travail vous plaira, aussi, je tiens a remercier nos fidèles lecteurs jusque là ; akimoto tout autant. C'est à votre honneur en sachant que nous avions délaissé simplement l'équipe un moment.

Akimoto et moi espérons bien sûr reprendre notre travail très rapidement, et je pense qu'en avançant doucement, nous reprendrons un rythme certainement assez régulier.

Bonne lecture.

Après cette réunion d’un caractère des plus étranges, un bel homme aux cheveux ébène marchait inconsciemment parmi les rues de la cité militaire. Il ne savait que penser de cette situation dont l’Hokage lui avait fait part.

 

- Refonder mon clan… » répéta-t-il songeur. « Refonder mon clan… »

 

Il savait que la dirigeante de Konoha n’avait pas tort. Il était déjà parfaitement en âge de se procurer une femme. Mais il avait beau y penser, cette idée lui semblait toujours aussi étrange.

 

Lui, Sasuke Uchiha, marié ? Comment était-ce possible ? Lui, celui qui, pendant quinze ans de son existence, avait dévoué sa vie à la vengeance et à rien d’autre. Non… Pas une seule fois… Pas une seule pensée n’avait détourné Sasuke de son objectif. Et aujourd’hui, on lui parlait de mariage. La situation n’avait rien d’hilarant et pourtant le noble ne put s’empêcher d’esquisser un sourire à cette pensée. Il avait déjà refusé beaucoup de demandes. Beaucoup trop pour un homme sensé… Tant d’avances avaient déjà été faites, mais aucune n’avait abouti. Non, aucune. Pas une seule de ces nombreuses femmes n’en avait eu l’honneur. Pas une seule de cette cohue de gente féminine n’avait pu accéder à autre chose qu’un sourire ou qu’un mot d’excuse en guise de réponse.

 

Quelle ironie ! Aujourd’hui, il n’avait plus le choix. Sasuke allait bien être obligé de s’enquérir d’une femme et ce, pour le bien du village.

 

Mais en était-il capable ? Cette question pouvait sembler absurde pourtant au fin fond de l’âme de l’héritier du clan des Uchiha, le doute et la peur grandissaient, petit à petit. Que diraient les shinobis du village caché des feuilles s’ils apprenaient que Sasuke, l’un des personnages les plus craints et redoutés sur les champs de batailles ninjas, hésitait à l’idée d’affronter l’union sacrée du mariage ?

 

En réalité, il y avait une raison à toute cette abstention, mais le jeune Uchiha était bien trop orgueilleux et fier pour se l’avouer.

 

Il déambula donc parmi les rues de la cité militaire, sans prêter attention aux passants qui s’écartaient à son passage ou encore aux quelques shinobis qui le saluaient, de par le statut que l’Uchiha possédait depuis la fin de la guerre. Il était absent au monde extérieur, et absorbé par les paroles de la vieille hokage.

 

- Mon devoir de noblesse ! » fit-il à haute voix. « Mon devoir de noblesse… »

 

Une voix alors étrangement familière le tira de sa rêverie.

 

- Ah ! Bonjour Sasuke ! »

 

Cette voix… Il pouvait la reconnaître entre mille. Ne pouvant oublier la chaleur et la douceur qui la caractérisaient, Sasuke répondit à l’appel. Il leva la tête et vit son ancienne coéquipière vêtue de son habituelle tenue rose qui lui adressait un sourire sincère que celui-ci n’avait plus croisé depuis longtemps.

 

- Sakura. » répondit-il comme si tout autre mot était inutile.

 

Quand la concernée entendit son nom, bien que cela puisse sembler humainement impossible, le sourire s’élargit d’avantage.

 

***

 

Ne sachant pas vraiment pourquoi il avait atterri là, Sasuke fixa un instant Sakura. Il resta ainsi pendant quelques minutes pour obtenir une réponse au beau milieu de ses prunelles claires, mais il n’en fut rien. La concernée se contenta de lui répondre par un simple sourire. C’était étrange... Quelques années auparavant, la fleur de cerisier aurait dû insister des heures durant pour inviter Sasuke à un bar, seul avec elle. Elle aurait insisté encore et encore, pour obtenir après tant d’insistance, une dénégation, comme tant d’autres. Mais là, la situation avait bien changé. Comment cela était possible ? Sasuke n’en savait rien… Mais sans en connaître la raison, c’était bel et bien lui qui l’avait invité à venir prendre un verre pour parler du bon temps, et non la disciple de l’Hokage. Alors que celui-ci était encore en proie à ses réflexions, sa coéquipière prit finalement la parole.

 

- Tu es bien songeur ces temps-ci… Tu es sûr que ça va ? » fit-elle.

 

- Ça va… Ça va… » répondit le brun machinalement, les doutes qui lui assaillaient l’esprit étant déjà suffisamment compliqués pour une seule personne.

 

Aucun des deux ne parlait, et pourtant, cela ne semblait pas déranger la kunoichi le moins du monde. S’était-elle finalement habituée à son asocialité ? Le jeune Jônin la fixa à nouveau en quête de réponse. Mais quand la belle femme s’en rendit compte, celle-ci lui adressa un sourire d’une douceur sans égale. Mal à l’aise, Sasuke se vit obligé de détourner le regard. Décidément, plus rien n’allait. Le monde entier semblait s’être métamorphosé à son retour. Mais pourquoi ?

 

- Alors, qu’est-ce que tu deviens ? » demanda Sakura. Cela faisait bien longtemps qu’on ne se parlait plus. J’imagine qu’on t’a donné beaucoup de missions ces derniers temps.

 

- Tu n’as pas vraiment tort. Depuis que j’ai été promu Jônin, l’Hokage me surcharge de travail… » répondit-il.

 

- Ce n’est pas une mauvaise chose, tu sais… Au contraire, je dirais plutôt que c’est bon signe. Cela veut dire que tu es enfin remonté dans l’estime du village et que Tsunade t’accorde sa totale confiance. »

 

- Mais bien sûr ! » fit Sasuke esquissant un sourire qui accusait bien plus que du sarcasme.

 

- Ne réagis pas comme ça… » sermonna Sakura en haussant légèrement le ton. « Te rends-tu compte de tout ce que tu as traversé depuis ton retour ? Je te rappelle que tu étais considéré comme un… »

 

Mais la jeune Haruno se retint de poursuivre la phrase, craignant de blesser son ami.

 

- Comme un traître ? » poursuivit Sasuke. « C’est ce que tu allais dire ? »

 

Mais la kunoichi ne répondit pas, les mots encore bloqués dans la gorge.

 

- Ne t’inquiète pas… Je suis au courant de ce que pense la majorité du village. Mais je suis revenu, non ? Un traître ne le ferait pas, je pense. »

 

Voyant le regard étrange que lui portait son amie, l’héritier du clan marqua une pause. Pendant l’espace de quelques secondes, il hésita à dévoiler son Sharingan et déchiffrer son expression, mais la réponse était si évidente que ce ne fut pas nécessaire.

 

- Revenu ! » répéta-t-il méditant sur ce mot. « En réalité, je ne suis pas revenu, c’est cela ? » demanda-t-il.

 

Mais la kunoichi aux yeux verts ne répondit toujours pas, ce qui confirma les pensées du brun.

 

- C’est ce que tout le village pense, n’est-ce pas ? » demanda-t-il sachant que Sakura comprenait sa question. « En réalité, je ne suis pas revenu… Pas de mon plein gré, en tout cas ! N’est-ce pas ? C’est Naruto qui m’a battu et qui m’a ramené que je le veuille ou non… » fit-il dans un sourire amer. « C’est ce baka qui est devenu un héros, c’est cela ? »

 

- Ne parle pas comme ça de Naruto ! » corrigea Sakura. « Il t’aime comme un frère, Sasuke ! Et tu le sais. »

 

Honteux d’avoir craché sur celui qu’il considérait également comme son frère de cœur, le jeune Uchiha se tut à son tour. Il savait qu’il devait beaucoup à Naruto, voir énormément. Mais sans savoir pourquoi, l’idée de l’avouer devant Sakura le dérangeait plus que toute chose.

 

- Je sais… Mais c’est moi qui ai voulu rester dans le village. Il n’a pas décidé pour moi. Naruto est… »

 

Mais la kunoichi l’interrompit à nouveau.

 

- Arrête, Sasuke ! Sans Naruto pour plaider ta cause jour et nuit, tu n’aurais jamais pu réintégrer les forces du village. Il a… »

 

Mais cette fois-ci, ce fut Sasuke qui l’interrompit à son tour.

 

- Il n’y avait pas que Naruto, que je sache. Tu as aussi plaidé ma cause, non ? Vous devriez arrêter de lui décerner des lauriers pour tout et n’importe quoi. Ce n’est pas « Shinigami » non plus. »

 

- Tu as raison, ce n’est pas « Shinigami ». Mais aujourd’hui, il a plus d’impact que quiconque à Konoha. Moi, je n’ai aucune influence quoi que je dise. Crois-moi, si Naruto n’avait pas plaidé ta cause, tu serais encore en train de passer tes jours en cellule. »

 

A ces mots, les deux amis se turent. La conversation s’était amorcée d’une tournure bien différente de celle qu’elle devait prendre. Tout était allé bien trop loin. Finalement, ce fut Sasuke qui se décida à briser ce silence pesant.

 

- Je suis désolé… » dit-il très sincèrement.

 

- C’est moi qui suis désolé ! » répondit Sakura. « Je n’aurais pas dû m’emporter de cette façon. »

 

- Ce n’est rien. » la rassura-t-il. « Je n’y accorde pas d’importance... »

 

Voyant que sa coéquipière n’allait pas reparler d’elle-même, Sasuke enchaina sur une note plus légère.

 

- Et sinon, toi ? Qu’est-ce que tu deviens ? » demanda-t-il.

 

- Moi ? Et bien… rien de très intéressant, pour tout te dire. Aujourd’hui, c’était mon jour de repos. »

 

- Ah ! Je vois… » répondit le brun comme intéressé. « Tu n’es pas donc pas allé à l’hôpital à ce que j’en comprends. »

 

- Non ! Tsunade-sama m’a dispensé de travail, prétextant que je passais beaucoup trop de temps à l’hôpital ces derniers temps. »

 

- Tu as dû t’ennuyer, j’imagine. »

 

- Et bien, pas vraiment ! » répondit-elle d’un sourire toujours aussi radieux.

 

Intrigué par sa réponse, Sasuke la fixa, le sourcil gauche arqué. Voyant son expression, la fleur de cerisier s’empressa de poursuivre sa phrase.

 

- En fait, j’ai croisé Iruka-sensei dans la matinée. »

 

Il sourit. Malgré toutes les années qui s’étaient écoulées et le grade qu’elle avait obtenu, Sakura s’obstinait à continuer à appeler ses anciens professeurs de ce suffixe.

 

- Pourquoi souris-tu ? » lui demanda la kunoichi, effaçant son sourire si charmant.

 

- Moi ? Pour rien… » balbutia-t-il embarrassé.

 

- Bon. Je reprends, alors ! » continua-t-elle n’y prêtant pas plus attention. « J’ai croisé Iruka-sensei ce matin qui avait l’air plutôt pressé. Je lui ai demandé ce qui lui arrivait et il m’a dit qu’il devait partir en mission, et qu’il n’avait personne pour le remplacer à l’académie. Je lui ai donc proposé mon aide ce qu’il s’est empressé d’accepter. En fait, je crois que je n’étais pas vraiment consciente du boulot que cela représentait… » dit-elle, le regard perdu dans ses pensées.

 

- Ah bon ? A t’entendre, on dirait presque que s’occuper de jeunes bambins est une chose difficile… » fit Sasuke moqueur, un sourire aux lèvres.

 

- Tu ne te rends pas compte… ! » répliqua Sakura gênée. « Ce ne sont pas des bambins, ce sont des vrais petits démons. J’ai vraiment eu du mal, crois-moi. Franchement, je laisserai ce travail à Iruka-sensei à l’avenir. Je ne sais d’ailleurs pas comment il fait pour être si patient. »

 

Un sourire discret se dessina à nouveau sur les lèvres de Sasuke. Sakura avait beau avoir grandi, elle n’avait pas changé. Malgré son savoir de kunoichi qui augmentait à la même vitesse démente que ses courbes généreuses, elle restait toujours aussi jeune d’esprit. Pendant l’espace d’un instant, Sasuke envia cette insouciance. Il pensa à elle, se remémorant tous les moments qu’il avait passé en sa compagnie. Que serait-il sans elle ? Il n’en savait rien… Il se dégagea pourtant de cette pensée quand il se rendit compte que d’incroyables yeux verts émeraude le fixaient d’un air inquiet et interrogateur.

 

- Euh ! Je suis désolé. » fit-il. « Qu’est-ce que tu disais ? »

 

- Je te demandais si tu avais vu Naruto aujourd’hui. » répéta Sakura d’un étrange regard.

 

- Naruto ? » répéta Sasuke. « Euh, oui. Je l’ai croisé tout à l’heure dans le bureau de l’Hokage, mais nous ne nous sommes pas parlé. Pourquoi cette question ? »

 

- Oh ! Pour rien de bien important. J’ai juste une drôle d’impression … » annonça Sakura songeuse.

 

- Ah bon ? Laquelle ? »

 

- Justement, je ne sais pas exactement ce dont il s’agit. Tu ne trouves pas qu’il est plutôt distant vis-à-vis de nous, ces derniers temps ? »

 

Cherchant à obtenir une réponse, Sasuke se remémora les dernières attitudes de Naruto dans sa tête. Il en arriva à la même conclusion. Son ancien coéquipier avait effectivement changé ces derniers temps. A vrai dire, depuis bien longtemps, même. Depuis le fameux jour où l’héritier des Uchiha avait été remis en liberté, Naruto avait radicalement changé d’attitude. Il ne le harcelait plus pour telle et telle raison. Il ne lui rendait plus visite. Plus rien… Toujours occupé par une mission quelconque, Naruto semblait s’être dévoué corps et âme à l’art shinobi, et ceci en s’éloignant de ses amis. Au bout de quelques minutes, quand Sasuke croisa à nouveau le regard inquiet de Sakura, il lui répondit.

 

- Je ne sais pas. » avoua-t-il. « C’est peut-être une impression. Il a beaucoup de missions et de responsabilités à sa charge, tu sais ? »

 

- Tu as peut-être raison… » soupira la jeune Haruno le regard rêveur.

 

Sasuke la considéra un instant, surpris de l’attitude de la femme, mais il se retint de dire quoi que ce soit. Sakura, elle, n’était pas devenue plus distante qu’avant. Mais dieu ! Ce qu’elle avait changé. Il avait beau chercher à le nier, Sasuke ne pouvait échapper à l’évidence. Sakura s’était embellie. Bien qu’encore une très jeune femme, elle était devenue incroyablement séduisante. La simple idée d’imaginer le nombre de prétendants à son cœur effraya l’héritier du clan des Uchiha.

 

- Il a changé, hein ? » demanda Sakura, extrayant Sasuke de ses rêveries.

 

- Qui ça ? » demanda l’homme encore surpris.

 

- Naruto, pardi ! » répondit la femme.

 

- Hn. » acquiesça Sasuke jugeant qu’il ne devait pas trop en parler.

 

- Je sais qu’on n’est pas supposés en parler, mais je le trouve bien mystérieux ces temps-ci. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression qu’il est devenu ANBU… »

 

- Hn. » répéta-t-il de la même neutralité.

 

- Tu crois que c’est possible ? » demanda Sakura.

 

- Je n’en sais rien, Sakura. Naruto a… changé… Voilà tout ! Je pense que tu ne dois pas chercher à voir plus loin que ce que tu es supposé voir. » répondit impassiblement le brun.

 

Mais la rose ne l’entendait pas de cette oreille. Aussi, elle continua à parler comme si celle-ci n’avait pas entendu la dernière remarque de son ami.

 

- Mais tout coïncide, Sasuke ! Regarde… C’est aussi clair que de l’eau de roche ! » Insista-t-elle.

 

- Ce qui est clair comme de l’eau de roche, c’est que tu passes une grande partie de ton temps à construire des hypothèses sur la vie privée de Naruto, Sakura ! » fit Sasuke, cette fois d’un ton bien plus accusateur.

 

Instinctivement, Sakura rougit. Le fait d’être mise à jour avec une telle facilité était particulièrement embarrassant. Après quelques secondes de silence, elle réassura contenance et reprit sa tirade.

 

- Je te dis que tout coïncide, Sasuke ! Réfléchis, il n’y aurait rien d’étrange au fait que Naruto ait été promu. Regarde l’importance et l’envergure qu’il a gagnée pendant la guerre. »

 

- Hmmm… » approuva Sasuke dans un grognement, voulant témoigner son insatisfaction.

 

- Tout a un sens, je te dis. On ne voit pratiquement plus Naruto. Et en plus, à chaque fois qu’on le voit, il a l’air fatigué, voire exténué. »

 

- Et alors ? Ce n’est pas une preuve. Je suis bien fatigué moi aussi quand je reviens de mission et je ne suis pas ANBU, que je sache ! » répliqua Sasuke, un air de satisfaction accroché au visage.

 

- Tu as raison… Mais tu connais Naruto. Tu te rappelles de son comportement… Et pourtant, regarde-le, aujourd’hui. Il est taciturne. Il ne parle presque plus. Est-ce vraiment le Naruto que l’on connaît ? »

 

- Je ne sais pas, Sakura. » répondit Sasuke fléchissant. « Tout le monde change, tu sais… »

 

- Je sais…. Mais regarde ! » insista-t-elle. Aujourd’hui, il est devenu Capitaine des Chuunin, de la division infiltration ! On ne le voit presque plus. Il est toujours en mission, ou dans son bureau, au siège du commandement… Rappelle-toi de la dernière fête organisée par Lee et Kiba. Il n’est même pas venu ! » s’exclama-t-elle d’un ton plus fort comme pour faire entendre raison au shinobi aux cheveux ébène.

 

- Il était peut-être tout simplement fatigué. » répondit-il toujours impassible.

 

- Mais pourquoi refuses-tu tant de croire qu’il ait pu accéder à ce grade ?! » s’emporta Sakura.

 

- Je ne cherche pas à nier. » répondit-il. « Mais regarde les arguments que tu me présentes… Es-tu vraiment sûre que ce soient des preuves suffisantes, Sakura ? »

 

- Mais… Il est toujours en dehors du village sous prétexte que de nombreuses missions lui sont assignées. Et en plus, pour combler le tout, les missions qu’il mène ne sont jamais d’un rang inférieur au A… »

 

- Et comment peux-tu savoir quels sont les types de missions qu’il mène, Sakura ? » demanda Sasuke irrité de l’insistance qu’affichait son amie.

 

- Je le sais tout simplement parce que je suis tombé sur sa fiche de missions l’autre jour quand j’aidais Tsunade-sama à ranger des dossiers dans son bureau… » répliqua la belle Haruno irritée par le manque d’enthousiasme que lui témoignait Sasuke.

 

- Je vois… » consentit le jeune homme. « Et bien, que veux-tu que je te dise ? »

 

- Si c’est vraiment le cas… » poursuivit Sakura. « Il doit être devenu sacrément fort ! Je n’ose même pas imaginer. »

 

Surpris par cette phrase, Sasuke s’arrêta. Il examina plus attentivement sa coéquipière. La concernée était rêveuse. Beaucoup trop rêveuse ! Son regard était perdu et même s’il se trouvait juste devant elle, Sasuke se sentit invisible. C’était comme si celle-ci ne pouvait pas le voir. Son regard était distant... Comme culminant à une distance accessible… Sasuke aperçut quelque chose dans ses yeux, mais il fit comme s’il ne l’avait pas vu. Il préférait ne pas la comprendre. Il se leva, puis jugeant qu’il valait mieux ponctuer cette conversation, il prit la parole.

 

- Et bien… » fit-il. « Je pense qu’il est temps que je m’en aille. J’ai certaines choses à régler. »

 

- Encore surchargé de travail à ce que je vois. » constata Sakura. « Restaurer un clan au sein d’un village ne semble pas de tout repos. »

 

- Tu ne crois pas si bien dire… » chuchota Sasuke pour ne pas qu’elle l’entende.

 

Il la salua. Puis, après avoir payé l’addition malgré les nombreuses protestations de la jeune Haruno, il s’éloigna songeur, assailli par de nouvelles et sombres pensées.

 

***

 

Une journée ensoleillée. C’est ce qu’il se disait, tout en marchant. En effet, le ciel de la région était dépourvu de nuage, à la grande joie de Naruto qui profitait pleinement des rayons réchauffant du soleil. A l’image d’un certain Nara, le blond marchait, en fixant le ciel, vaquant à ses pensées. Le repos lui faisait beaucoup de bien. Assurément, durant le séjour de sa nouvelle amie, il en avait profité pour s’accorder des jours de pause amplement mérités.

 

Il reporta son regard sur la jeune femme qui le suivait docilement, dans un silence qu’on aurait senti apaisant et reposant. Fuu, qui flânait en observant avec plus ou moins d’intérêt ce qui l’entourait, lui rendit son regard dans une expression que Naruto aurait interprété comme de la surprise, ou du malaise. En effet, Fuu n’avait jamais vu une personne la regarder de la sorte, avec de la joie dans les yeux. Elle ne connaissait la joie que depuis peu, c’étaient de toutes nouvelles sensations pour elle.

 

Elle l'avait connu sur le champ de bataille, comme un ennemi. Mais là, il était complètement différent. Celui-ci lui désignait la plupart des maisons qui constituaient la route principale de Konoha tout en esquissant d'incroyables sourires. N'importe quelle fille ne pouvait d'ailleurs pas être insensible à cette joie de vivre et à ce charme. Et elle s’interrogeait, le regard ailleurs, perdue au sens propre, comme au figuré. Elle ne savait plus où elle en était.

 

Naruto avait détruit tout ses repaires, et occupait ses pensées à un point qu’elle n’arrivait plus à discerner les choses comme elle les discernait avant. Avant… Avant, Fuu tuait pour un oui et un non. Elle ne supportait aucun regard, et était toujours prête pour voir le sang couler et l’horreur dans les yeux des autres. Elle voulait se venger éternellement de toute présence. Maintenant… Maintenant, elle n’arrivait plus à avoir de rancune. Elle n’arrivait plus à désirer se venger le plus bestialement possible. Etrangement, même l’affront de Nobuo n’avait pas déclenché en elle ces pulsions qui l’auraient incité à le tuer dans la minute.

 

Elle redressa la tête, fixant le Chuunin de Konoha devant elle avec inquiétude. C’était entièrement de sa faute… Ou grâce à lui. Elle ne savait plus… Elle devait lui en vouloir pour l’avoir rendu si faible, si hésitante… mais elle voulait pourtant le remercier. Comme si elle avait ouvert les yeux, comme si… Elle s’était adoucie. Qu’était-elle en train de devenir ? Elle ne remarqua que trop tard que le blond la fixait. Elle savait, qu’il savait. Il était un Jinchuuriki, tout comme elle, il était disposé à sentir son manque de repaire, son ressentiment.

 

Elle allait tenter de s’excuser quand il la précéda. Il posa son index ivoire sur ses lèvres halées, lui intimant de ne rien dire, et il fit partager toute son émotion, toute sa pensée, par un simple sourire, qu’elle comprit aussitôt. Il était là, pour l’aider. Et rien ne lui fit plus plaisir à cet instant que cette main tendue pour elle, pour qu’elle puisse continuer son chemin, à ses côtés. Son cœur battit plus fort, alors qu’elle reconsidérait, une énième fois, ce visage blanc et ovale qui lui semblait si beau en cet instant. A chaque instant.

 

- Eh Fuu-chan regarde ! » s’exclama-t-il en pointant du doigt ce qui sembla être une échoppe. « C’est Ichiraku Ramen ! Teu’chi, le patron, il y fait les meilleurs ramens du monde ! » 

 

Elle le regarda, étonnée de la prise de parole du jeune homme. Il s’était excité à la mansion d’une simple échoppe de ramen… Elle se mit à rire doucement, avant de partir dans un fou rire interminable en voyant la tête de Naruto. Ce dernier se demandait, avec un air pour le moins intrigué, tel un détective, ce qu’il y avait d’aussi drôle. Elle en eut les larmes aux yeux, riant de bonheur pour la toute première fois de sa vie. Et elle arbora un sourire si radieux et si nouveau que le blond ne put que lui répondre. Si elle se sentait heureuse, alors il était heureux, lui aussi.

 

- Mais tu sais, Fuu. Mis à part les ramens, c’est surtout parce que ces gens là sont les seuls à m’avoir accepté par le passé, que j’adore y aller. »

 

Elle se calma très vite, et lui sourit à nouveau. Oui, elle le comprenait. S’il considérait ces gens précieux comme elle le considérait précieux, alors oui, elle comprenait entièrement. Elle s’avança et lui prit la main, n’assumant elle-même pas le fait qu’elle l’avait fait intentionnellement. Elle l’attira à sa suite, vers l’échoppe.

 

- Allons donc les goûter ces fameux ramen ! » dit-elle d’un ton détaché, faisant rire le blond.

 

Elle sentit le rose monter aux joues, en réalisant qu’elle avait réussi à arracher un rire à son ami. Ils entrèrent tout deux dans l’échoppe, et s’assirent aussitôt, l’un à côté de l’autre, sur deux tabourets.

 

- Eh Ojii-san ! » s’exclama joyeusement Naruto, avant qu’un homme d’âge mur ne sorte des locaux du restaurant.

 

- Bonjour Naruto-kun. Comment vas-tu aujourd’hui ? »

 

- Et bien… ça va patron. Ca va… » répondit Naruto en étirant un sourire nuançant entre la lassitude et la mélancolie, lui donnant un air si mature que le cœur de la jeune fille à ses côtés se mit à battre plus fort.

 

- Oh mais je vous que tu nous as ramené de la visite. Qui est donc cette ravissante jeune fille Naruto ? »

 

Surprise, et intimidée, Fuu ne put s’empêcher de rougir devant cette remarque inhabituelle.

 

- Ah. C’est mon amie ! » s’empressa de répondre Naruto. « Elle s’appelle Fuu. »

 

- Fuu ? Mais c’est là un très joli nom ! Que puis-je donc vous servir, demoiselle ? »

 

- Ce sera comme moi ! » répondit Naruto tout sourire. « Deux grands bols de ramen patron ! »

 

Il y eut un silence. Teu’chi s’était tue, et regardait maintenant Naruto. Son sourire s’étira quelques secondes après la réponse du blond. Il voyait là une réponse assez peu commune, surtout venant de la part de son meilleur client, et jeune ami. Il le connaissait bien.

 

- Comme toi ? répéta l’homme un sourire moqueur se dessinant sur son visage quelque peu ridé. « Hmmm… Je vois… Il n’y aurait pas de l’amour dans l’air par hasard ? »

 

A cette réplique, les joues de Fuu s’empourprèrent totalement. Jamais encore elle n’avait connu l’amour, et jamais elle avait pensé qu’on lui énoncerait un tel sentiment. Pourquoi rougissait-elle et perdait-elle ses moyens à ce point à la simplement pensée qu’elle puisse être… amoureuse de… de Naruto. Elle n’était pas amoureuse, c’était impossible ! Et pourtant… Elle doutait.

 

Que représentait Naruto à ses yeux ?  Il était très fort. Il était le seul à l’avoir battu en duel jusqu’à aujourd’hui avec autant de facilité. Il était confiant. Idéaliste. Désintéressé et attentionné. Pourtant, elle ne le connaissait que depuis moins d’un mois, et ne l’avait vu que deux fois… Mais il représentait pour elle… Un véritable espoir. Une véritable lumière parmi les ténèbres. Il rayonnait parmi tous de sa force et de sa joie. Il était parfait, c’était ce qu’elle pensait de lui. Oui, parfait…

 

A sa droite, Naruto était lui aussi devenu pourpre, de gène. Oui, il l’assumait. La belle Chuunin de Taki lui avait pour ainsi dire tapée dans l’œil. Elle était belle et forte. Elle voulait s’en sortir, de ce cercle vicieux de la haine que représentait le système shinobi, et souffrait de son état d’hôte. Et lui, il était comme elle, et lui tendait le bras, la tirant vers le haut pour l’élever au dessus des autres, la faire s’épanouir. C’était un véritable coup de foudre, accompagné de sa condition de gentilhomme héritée d’un certain ermite défunt…

 

- Je… Allons, Ojii-san. Moi et Fuu ne sommes qu’amis… » dit-il avec hésitation, en laissant s’échapper un rire gêné, et se passer une main dans les cheveux, éternel manie héritée de ses parents.

 

Ces paroles lui avaient pesées. Oui. Il aurait bien aimé dire le contraire, mais ce n’était pas le cas, loin de là. Fuu n’avait pas besoin de lui à ce point. Il était juste son repaire. Le regret luisant dans les yeux de Naruto se remarqua très bien, lorsqu’il prononça ces quelques mots. Teu’chi fronça les sourcils, légèrement inquiet pour son jeune ami, tandis que Fuu partagea sa déception. Les émotions du blond étaient contagieuses.

 

Ayame arriva dans la pièce, et posa deux bols fumant devant les deux jeunes. La fille de Teu’chi adressa un sourire radieux à ses deux clients.

 

- Bonjour Ayame-nee-chan. » prononça doucement Naruto, effaçant subitement sa peine sous un sourire qui à leurs yeux sonna très faux.

 

Naruto était compliqué. Fuu réalisa très vite qu’il n’avait jamais oublié son enfance, rien qu’à en voir la mélancolie constante dans son regard d’azur, qu’il tentait tant bien que mal de dissimuler, mais en vain. Les personnes attentives le remarquaient bien. Ce regard épuisé qui sonnait comme une cicatrice, ou plutôt, une blessure à vif qui ne se refermerait sans doute jamais. Un blessure que Fuu n’avait pas non plus refermé, ou sinon pansé grâce à l’oubli et la haine.   

 

Les orbes saphir du garçon se posèrent sur elle, et elle les réchauffa d’un joli sourire. Un sourire sincère qui attira celui du blond. Oui. A bien y réfléchir, elle était peut-être la seule à pouvoir l’aider. Teu’chi remarqua l’échange, et rit discrètement, repartant au fond du restaurant. Les deux Chuunin reportèrent leur attention à leurs bols, et se portant un dernier regard, ils cassèrent leurs baguettes. « Itadakimasu. » prononça Naruto. « Itadakimasu. » répéta Fuu.

 

Ils s’étaient mis à manger, plus ou moins lentement. S’il y avait bien une chose que le blond avait su faire, cela avait été d’être poli et de soigner son apparence. Aussi, ce fut sans surprise pour Ayame que l’Uzumaki mangea normalement. Ils avaient tout deux pris leurs bols d’une main, et de l’autre, ils s’aidaient des baguettes pour aspirer leurs pattes. Fuu s’arrêta. Elle n’était pas grande mangeuse. Le minimalisme était porté commun chez les ninjas, plus encore lorsque toute sa vie, on avait été contraint de survivre sur de très maigres rations. Soupirant, elle reposa son bol de nouilles sur le bar, et reporta son regard à son ami réceptacle.

 

Naruto mangeait tranquillement, le dos droit et la posture noble. Peu après la défaite de Pain, il avait décidé d’être à la hauteur de ce qu’attendait son père. Il avait pris de bonnes résolutions, et par conséquent, il avait endossé une nouvelle attitude. Il était devenu sérieux et calculateur pour les besoins de la guerre. Il n’hésitait plus à se salir les mains quand il jugeait que c’était une nécessité, il savait être impitoyable tout en étant bon et tolérant, tout en pesant ses chances et chaque pourcentage. Shikamaru et lui avait été d’ailleurs très sollicité. Et ils étaient devenus tout deux des légendes de la guerre de l’œil de la lune. Il était mené très courant pour eux deux d’être convié à des réceptions académiques pour parler aux futurs défenseurs du Pays du Feu et du Vent. Et bien que ce fût étonnant et voilé de mystère, une certaine leader de la Pluie méconnue du monde avait plusieurs fois demandé l’Uzumaki. Aussi, ce fut sans surprise qu’il prit le titre d’ambassadeur de Konoha en Ame-gakure – Bien que peu de personne furent au courant d’une telle histoire. Et sa tenue avait donc résulté de son expérience en tant qu’image… Même si la rancune avait ressurgit dans beaucoup de foyer. Il était un Jinchuuriki, après tout. Il termina alors son bol, et le reposa en se léchant les lèvres dans un sourire.

 

- Pour sûr, les ramens, c’est toujours aussi bon. » prononça-t-il plus pour lui que pour un autre.

 

Fuu laissa s’échapper un petit rire attendri. D’ailleurs, elle s’en étonna. Attendrie, elle ? Elle ne se reconnaissait plus.

 

- Tu n’as pas fini Fuu ? Tu oses ne pas finir un légendaire bol de ramen de Teu’chi ? » dit-il, l’ironie dans la voix.

 

Il se sentait l’âme de plaisanter. Il se pencha vers elle, et la scruta avec méfiance, les yeux plissés et une expression plus ou moins sérieuse comme donnèrent une envie de rire à la Chuunin. Ses yeux se reportèrent alors sur le bol de Fuu, et cette fois, le fixant, il haussa un sourcil – Comme s’il eut lancé un duel de regard aux ramens. – Ayame, qui regardait la scène étrangement, se mit à rire aux larmes, et Fuu ne tarda pas à la rejoindre. Quittant toute expression théâtrale, le jeune homme les regarda, surpris. Puis affichant un sourire de vainqueur, il en rit, lui aussi.

 

Ils se calmèrent enfin, et replongeant dans des pensées heureuses, le blond afficha un regard ailleurs, axé au plafond. Soudain, il sentit quelque chose près de son visage, il se tourna à sa gauche. Les lèvres frôlant une cuillère pleine de nouille. Il croisa le regard timide de Fuu, une touche d’obsession transparaissant, et s’en interrogea. « Mange. » lui dit-elle en fronçant les sourcils. D’abord légèrement gêné, au vu du rose sur ses pommettes, il mit la cuillère en bouche.

 

Fuu n’en montra rien, mais elle sentit une bouffée de chaleur rien qu’en faisant ce geste. Le fait qu’il ait accepté, qui était déjà assez impressionnant pour elle, ne fut rien lorsqu’elle retira le couvercle, et qu’elle réitéra son action plusieurs fois sous la moue de l’Uzumaki. « T’es mignon, baka. » osa-t-elle dire en le voyant tel quel. Il esquissa un sourire tout en mordant la cuillère. Et il plongea dans ses yeux orange, à nouveau.

 

Ils ne se doutaient pas, trop occupés à se fixer, que non loin de là, une certaine jeune femme aux cheveux roses les observait. Complètement bouleversée par la vue qui s’offrait à elle, la spectatrice ne put en supporter d’avantage. Que faisait-elle là ? Celle-ci n’en savait plus rien. En son âme, les sentiments fusaient à une telle intensité que la belle femme ne savait plus ce qui lui arrivait. Elle était… dépitée… Désabusée, désenchantée, rongée, brisée… Sakura Haruno sentait son château de carte s’écrouler au même moment.

 

Elle nourrissait une affection, un amour immense pour le Chuunin Naruto Uzumaki, et là, le voir en compagnie de cette fille, si intime… Lui brûlait la conscience. Elle ne le croyait pas. Les larmes se mettant à couler le long de ses joues, elle fit un pas en arrière, niant la vérité en secouant la tête de droite à gauche. Pas lui… Il ne pouvait pas… être amoureux d’une autre… qu’elle… Elle s’enfuit, se retenant d’éclater en sanglot. Elle venait de perdre l’amour de sa vie. Elle savait que tout était fini et qu’elle, simple spectatrice, ne pouvait plus rien y faire.

 

Loin de se douter de quoi que se soit, Naruto et son amie continuaient de se fixer sans ciller. La situation était si étrange que même Ayame en était toute… Intriguée. En effet, l’échange silencieux et pourtant palpable entre la jeune femme et son compagnon était bien là, et Ayame se demandait ce qu’ils faisaient. Il lui était venu à l’idée que les deux shinobis communiquaient autrement, comprenant que Fuu était une kunoichi au bandeau à l’effigie de Taki-gakure qui serrait son bras droit.

 

Non, Fuu et Naruto étaient juste en train de se contempler. Ils se disaient là un nombre incalculable de pensées et de messages, rien que par leurs regards intenses. Une symbiose parfaite alors qu’ils ne se connaissaient que depuis très peu de temps. Mais, ils étaient pareils, et cela faisait toute la différence.

 

Naruto se décida à rompre le contact avec la sulfureuse Chuunin, ce qui la ramena par la même occasion à la réalité. Elle se gifla intérieurement pour s’être autant dénudée devant Naruto, et finalement, le regarda à nouveau, n’ayant rien d’autre à faire qu’attendre. Naruto se leva, et déposant quelques ryos sur la table, il annonça à Ayame qu’ils partaient. Elle hocha la tête dans un sourire, et tendant sa main à Fuu, il lui intima de se lever.

 

Saisissant de sa fine main celle de son ami, ils quittèrent l’échoppe, tout sourire. La visite ne s’achevait pas là, elle était même loin d’être finie, et ils en avaient pour plusieurs jours certainement. « Allons vers le grand parc du village, Fuu-chan. » Elle acquiesça muettement, toujours tenue par la main de Naruto. En évoluant dans Konoha, elle croisait le regard de certains villageois. Elle serra sa main libre de colère naissante, en reconnaissant là le même regard que les villageois de Taki lui vouaient.

 

- Ne t’inquiète pas Fuu-chan. Ce n’est pas toi qu’ils regardent mais moi. Et ces regards ne me font plus rien maintenant. Si ces gens là ne sont pas capables de me reconnaître à ma juste valeur, ils ne valent pas la peine que je me soucie d’eux. »

 

- Si tu le dis, Naruto-kun… » 

 

Ils ignorèrent alors les regards. Ceux emplis de rancune, comme les curieux ou admiratifs, lorsqu’ils déambulaient dans les rues. Mais si Fuu et Naruto avaient remarqué la tension hostile dans l’air à l’intention du blond, jamais ils ne firent de remarque sur le fait qu’ils se déplaçaient à travers Konoha… main dans la main.

 

Naruto lui présenta alors plusieurs endroits connus, allant d’un simple bâtiment à un monument ancestral. Fuu l’écoutait, acquiesçant doucement, écoutant le timbre de sa voix plus ou moins grave. Ils quittèrent Konoha pour sa périphérie, traversant alors le parc, tandis que le soleil commençait déjà à décliner dans le ciel. Naruto semblait vouloir l’attirer quelque part, aussi Fuu se laissa faire. Cela pouvait paraître étrange, mais elle lui faisait entièrement confiance.

 

Ils arrivèrent sur une grande clairière, coupée d’un chemin de terre qui se stoppait au fond, sur une grande pierre noire. Une stèle. Lâchant la main de Fuu, brisant un contact, un équilibre qu’elle avait ressenti, il s’avança vers la stèle, vite suivie de son invitée. Elle comprit très vite que cette stèle était un monument réservé aux héros morts pour Konoha. Il y eut un long silence, dans lequel Fuu en profita pour retenir chaque trait et chaque détail infime du visage ivoire de l’Uzumaki.

 

- Je me demande ce qu’ils deviennent là-haut. »

 

- Qui donc ? »

 

- Tout ces shinobis qui se sont sacrifiés. »

 

Naruto baissa la tête, de dépit. Il laissa ressurgir ses émotions.

 

- Tu as perdu un être cher Naruto ? » demanda-t-elle en constatant l’extrême tristesse, mêlée de colère et d’impuissance, qui emplissait ses yeux bleus.

 

Elle n’eut comme réponse qu’un silence long et pesant, avant que des larmes ne coulent dans un silence extrême des yeux de l’Uzumaki. Des larmes qu’il n’avait osé laisser couler jusqu’à aujourd’hui qu’en compagnie de la solitude. Des larmes d’intense fureur, témoins d’une frustration infernale et incessante. D’une blessure s’amoncelant sur la première qu’était son enfance réduite à la terreur. Naruto avait cumulé les horreurs de la vie d’un ninja, et avait survécu. Et Fuu ne savait pas quoi dire pour rétablir la situation.

 

Elle ne comprenait pas la raison de l’avoir amené avec lui pour lui montrer cette facette de sa personnalité. Et elle souffrait, pour lui, pour ces yeux normalement si attirant, qui là, détruisaient la joie qu’elle avait accumulée depuis sa retrouvaille avec le blond. Et elle ne voulait plus qu’il pleure, que les larmes coulent.

 

- Beaucoup trop. » dit-il, la voix rauque suite au chagrin. « J’en ai perdu beaucoup trop. Car souvent j’ai du faire des choix qui les ont mis en danger. Des choix qui donnent à mes nuits de cruels cauchemars… Et ça me rappelle que c’est moi et moi seul qui les ai envoyés mourir. »

 

Accablé par sa tristesse, il préféra s’agenouiller lentement, fixant, les yeux vides de toute émotion, la stèle noire gravée des noms des valeureux défenseurs de Konoha. Oui. Si Naruto était devenu un héros de la guerre, si Shikamaru et lui étaient connus comme piliers de la victoire contre l’Akatsuki, ils avaient tout les deux payé le prix fort, en perte, et en culpabilité. En particulier le Chuunin. Il avait vu la plupart de ses proches disparaître durant son enfance, et ils étaient tombés en masse durant les affrontements contre la mystérieuse mais terrifiante Lune Rouge.

 

- Bee-sensei et Jiraiya-sensei… Je ne les reverrais plus… Ainsi qu’un nombre incalculable d’autre… Tout ça à cause de ces foutues guerres… »

 

Il jura, et donna un coup au sol de son poing en tirant une grimace, les dents serrées. Il regrettait le temps passé. Il regrettait l’académie, puis l’époque où il fut un fougueux et insouciant apprenti. Il regrettait l’avant guerre. Aujourd’hui, la vie lui semblait si délavée… Qu’il aurait pu s’en suicider un millier de fois si son honneur – son orgueil – et Kyuubi ne lui avaient pas hurlé le contraire. Il se calma quelque peu, et fixa tristement la stèle. Avant de la sentir, elle.

 

Fuu n’avait pas du tout apprécié. Elle avait souffert à cette vue, et comprenait maintenant à quel point elle tenait à lui. N’en supportant pas d’avantage, elle s’était agenouillée à son tour, et avait pris le blond dans ses bras, le serrant très fortement contre elle. Elle se fichait bien des conséquences, elle se fichait de l’éthique, ou des normes qu’elle s’était autrefois imposée. Là, ce qu’elle voulait, c’était que le blond sache qu’elle était là, avec lui. Elle voulait qu’il réponde à cette étreinte, qu’il lui ouvre son espace, son monde. Ce que Naruto fit.

 

Silencieux, mais déchaînant sa peine et sa douleur, il serra Fuu comme si elle eut été son seul espoir, son attache. Ce qu’elle était, bien évidemment. S’il était la prise à laquelle Fuu devrait se raccrocher, c’était bel et bien réciproque ; il avait besoin d’elle, plus qu’il s’en serait douté. Il était amoureux d’elle. Il était amoureux d’elle. Il avait besoin d’elle… C’était indispensable. Incontournable. Aucun mot n’aurait été capable de définir la dépendance qu’il ressentait maintenant, en compagnie de cette femme qu’il ne connaissait qu’à peine, mais bien plus que quiconque, à un point que personne n’aurait soupçonné.

 

Ils étaient liés. Eternellement liés. Un lien unique, un lien inébranlable. Et ils le savaient tout les deux.

 

La pluie se mit à tomber, très rapidement. Le ciel auparavant limpide était maintenant gonflé d’ombre et de tempête, et bientôt ce fut sans surprise que les trombes d’eau les arrosèrent. Mais ils ne bougèrent pas, trop occupés à se serrer l’un contre l’autre, chacun pleurant pour leurs vies détruites, surtout Naruto, qui faute de haine, avait accumulé faiblesse et culpabilité. Il reposa son front sur celui de celle qu’il aimait, et la fixa avec tout le regret qui régnait dans ses yeux.

 

- C’est la douleur que l’on ressent… Lorsqu’on perd une personne que l’on aime. J’en ai perdu tellement… que je ne suis maintenant que l’ombre de moi-même. Je n’ai plus rien. J’ai tout perdu. »

 

Elle en fut totalement bouleversée, et elle n’eut qu’une réaction à l’écoute de ses paroles. « Tu n’as pas tout perdu Naruto ! » fit-elle en lui prenant les joues pour le forcer à la regarder dans les yeux. Son regard sévère et déterminé croisa celui absent du blond. Et sous la pluie torrentielle qui naissait sur Konoha, ici devant cette stèle, elle l’embrassa. Ce fut nerveux, et possessif. Elle avait agi sans réfléchir, les yeux fermés, avec pour unique but que de stopper ces larmes atroces. Elle ne voulait plus qu’il souffre.

 

Naruto tenta de se retirer, prit au dépourvu par la réaction de Fuu, mais elle le retint clairement des mains, ne lui offrant aucune possibilité de fuite. Elle exprimait clairement là qu’il était à elle, aussi, il la laissa faire. Si bien qu’arrêtant de se débattre, elle put l’enlacer de ses bras, sans pour autant arrêter son baiser sauvage. Déséquilibré par le poids de la belle Chuunin, il tomba sur les fesses, avant qu’elle ne se loge sur ses jambes. Dans larmes coulèrent de ses yeux, de répit et de joie. Il saisit alors la taille fine de la jeune fille, et avec une timidité naissante, qu’il ne se reconnaissait pas, il répondit à son baiser.

 

Quelques minutes après, Fuu retiraient ses lèvres, en y faisant le contour avec sa langue comme pour vérifier qu’elle l’avait réellement embrassé. Elle avait agi d’instinct, et si avant sa rencontre avec Naruto elle en aurait été dégoûtée et déshonorée, aujourd’hui, elle en était fière. Car elle avait stoppé ses larmes. Naruto était confus, très confus. Le baiser de Fuu avait été très clair, et il avait ressenti dans cet acte toute l’admiration inconditionnelle et la compassion qu’elle éprouvait pour lui. Le rose aux joues, le rendant adorable aux yeux de la jeune femme, il tourna la tête dans un sourire rêveur.

 

Elle se serra d’avantage contre lui, et cala sa tête sous son menton. « Je suis là moi…  Naruto-kun… » murmura-t-elle.

 

- Et… Etait-ce une raison pour… Pour m’embrasser comme ça… ? » dit-il tout aussi bas.

 

Elle émit un petit rire, et lui mordilla le cou en remontant jusqu’à l’oreille. « Oh ça… c’était pour me venger de m’avoir volé mon premier baiser… » Il se mit à rougir, à la fois parce qu’elle lui avait rappelé son audace lorsqu’il lui avait montré que la haine n’était pas une solution, et aussi car son ton sensuel et le fait qu’elle lui morde l’oreille lui avait envoyé des frissons tout autres que ceux qu’il avait à cause de l’eau gelée ruisselant sur eux.

 

Elle revint à hauteur de son visage, et colla de nouveau ses lèvres à celles de celui qu’elle aimait, et lui adressa un regard sévère et froid.

 

- Ne reperds jamais espoir comme ça. Car je te jure que ça va mal aller ! Tu ne peux pas savoir ce que j’ai ressenti en te voyant… Pleurer ! » le gronda-t-elle, alors que baissant les yeux, il affichait la mine d’un enfant qui venait de faire une bêtise. « Et puis… Il fait vachement froid là… »

 

Il eut envie de rire à ce changement de comportement et cette remarque si spontanée. Le blond la serra, comme pour s’assurer que cette situation existait vraiment. Il fut rassuré, quand il constata qu’elle lui rendait son étreinte.

 

- Viens Fuu-chan. Rentrons. »

 

Il se leva avec sa belle, et regarda le ciel orageux. C’était hallucinant comme le temps pouvait être instable et capricieux. Ils étaient tout les deux trempés de la tête aux pieds, et le temps était particulièrement sombre. Demain, au vu de ces nuages, il pleuvrait sûrement encore. Fermant les yeux, tentant d’oublier les gouttes d’eaux qui ruisselaient sur son visage, il soupira, laissant la traînée argentée de la buée derrière son souffle.

 

Alors main dans la main, accélérant leur marche, ils repartirent en direction de la Feuille…

Commentaire de l'auteur J'espère que notre chapitre vous aura plu.

On tient sincèrement à ce que vous nous fassiez part d'éventuelle question ou avis, n'hésitez donc pas, nous serons cette fois là pour vous répondre !

Bonne continuation,
Nerwan.
  Commenter ce chapitre 
<< ( Préc )



© Fanfic Fr 2003 - 2022