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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1703 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Animes-Mangas

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Naruto

PDJM
[Histoire Terminée]
Auteurs :
[Groupe: SerminAzerty]
Sermina & azerty
Vue: 17143
[Publiée le: 2013-03-21]    [Mise à Jour: 2014-01-24]
13+  Signaler Général/Action-Aventure/Suspense Commentaires : 24
Description:
Debout près du corps inconscient de Naruto, Sasuke se demandait comment ils avaient pu en arriver là. Personne n'aurait pu prédire que les choses iraient aussi loin. Surtout pas les auteurs… Slash
Crédits:
Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.
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Chapitre 18

[3813 mots]
Publié le: 2013-05-16Format imprimable  
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Titre de la fiction : « PDJM »

Auteur : Sermina (chapitres impairs) Azerty (chapitres pairs)

Beta lectrice : Sermina et Azerty

Genre : Drame

Disclaimer : Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.

 

 

Chapitre 18

 

L'arrondi d'une dent qui mordille doucement le sommet de la lèvre : c'est tout ce que Sasuke se permit avant de reprendre implacablement le contrôle de son corps. Un autre aurait mis quelques secondes de plus, de sorte que sa mâchoire aurait attaqué nerveusement la peau tendre et charnue de sa propre bouche, mais en bon Uchiwa, Sasuke se devait d'être en toute occasion encore moins démonstratif qu'un koala atrophié soufrant de somnolence chroniques.

Pourtant, aussi maigre soit-il, le tic qui avait un instant déformé ses lèvres était déjà bien au delà de ce qu'il pouvait se permettre, surtout en temps que ninja d'élite en mission d'infiltration et sur le point de se faire démasquer. Sincèrement, ses ennemis imaginaient ils un seul instant qu'il ne les avait pas remarqués ? Il trouvait presque insultant que les trois silhouettes qui le filaient « discrètement » continues de se dissimuler dans les ombres en partant du principe qu'il ne les avait pas vus.

Certes, cette idiote en puissance de Karin, elle, n'avait rien remarqué et continuait de s'extasier avec soulagement sur la réussite de leur plan, mais Sasuke ne l'avait jamais vraiment considérée comme un modèle de perspicacité. Et puis, il devait bien concéder avoir lui-même fait un faux pas : trop préoccupé, l'esprit tout entier tourné vers sa destination qui lui paraissait désormais si proche qu'il aurait pu l'effleurer des doigts, il avait négligé ses poursuivants à l'instant même où il avait senti un regard d'une profondeur vertigineuse se poser sur lui. Il avait entendu la foule des désespérés qui murmurait le nom d'un démon, une lueur fanatique au fond des prunelles, les yeux braqués vers le haut, et il comprit qu'il était tout prêt, et qu'il n'aurait qu'à suivre les pupilles de la foule pour le voir.

Le simple fait de le savoir aurait dû lui suffire : en tant que ninja, ça lui donnait déjà toutes les informations nécessaires. La raison, la prudence, le bon sens même lui criaient de s'en contenter et de passer son chemin sans lui accorder le moindre intérêt. Cependant il y avait une chose pour laquelle Sasuke n'était ni raisonnable, ni prudent, et au sujet de laquelle il perdait impeccablement sa parfaite maîtrise. Il n'aurait pas dû.  Mais il le fit quand même : il leva les yeux.

Il s'était attendu à une vague de soulagement, à une déferlante de désir, à une joie paisible à retrouver, l'espace d'une seconde, le regard de son imbécile de coéquipier : mais c'est un frisson de fascination inquiète et de peur viscérale, instinctive, qui le secoua de la tête aux pieds lorsqu'il croisa les yeux écarlates d'un être qui n'avait rien d'humain.

Déstabilisé, il se détourna brusquement alors que de tous les pores de sa peau s'échappaient une palette de sentiments hésitants. Quasi instantanément, tous les muscles se contractèrent et il recomposa son expression, le maintien de son corps, et tout ce qui émanait de lui. Mais il était trop tard, et il le savait : les ninjas chargés de sa surveillance n'avaient décemment pas pu laisser passer une aussi grosse erreur de sa part. C'est pourquoi il agit rapidement, abattant le plus puissant de ses atouts sans prêter attention au fait qu'à la moindre faille, cette action aurait été sa plus stupide et surtout sa dernière. Entre ses paupières de porcelaine, ses pupilles étaient rouge sang. Son mouvement imperceptible pour se retourner fut d'une rapidité et d'un naturel déconcertant. Ses ennemis ignoraient encore qui il était, et il avait une chance de les piéger avant qu’il ne le comprenne. Il effleura à peine leur regard, plongeant dans les pupilles de chacun trop peu longtemps pour retenir ne serait-ce que leur couleur, mais c'était suffisant : l'illusion était jetée.

Il se rendait bien compte des risques qu'il avait pris : si un seul garde avait échappé à sa vigilance, si le moindre civil avait pris son geste pour autre chose que le regard circulaire qu'un touriste pose sur un lieu inconnu, alors il aurait gaspillé en vain la dernière et la plus puissante de ses armes. Pour ne rien arranger, ses adversaires auraient alors étés informés de son identité : on ne peut pas manquer de reconnaître le dernier des Uchiwa lorsqu'on croise son sharingan.

Mais ses sens surdéveloppés ne l'avaient pas trahi, et aucun de ses poursuivants ne lui avaient échappé : emprisonnés dans une illusion quasi indéjouable, ils allaient désormais le laisser tranquille quelques précieuses heures avant que quelqu'un ne remarque enfin l'infime décalage entre leur comportement et la réalité. Le temps restait cependant compté...

Il fut un instant tenté d'être irrité et de traiter intérieurement son imbécile de coéquipier de tous les noms, mais ce vieux réflexe n'avait aucune utilité : cela faisait longtemps qu'il avait cessé de se jouer la comédie à lui-même, et il aurait tout le temps de jouer les exaspérés lorsqu'il aurait sauvé son compagnon. Il reprendrait alors son air froid et peu concerné, comme si cette situation avait été une mission comme une autre, et en aucun cas une initiative désespérée de sa part. Il se montrerait un peu trop froid et cassant, comme pour cacher une légère gêne, et tout le monde échangerai un sourire entendu en murmurant qu'il était allé chercher son meilleur ami, mais ne voulait pas admettre qu'il tenait à son « imbécile ».

Sasuke savait que personne n'était dupe et que tenter de dissimuler toute son affection pour Naruto était voué à l'échec, et c'est d'ailleurs pour ça qu'il continuait à le faire. Cette réflexion aurait pu paraître absurde à toute personne non initiée à l'étrange tournure froide et calculatrice que prenaient les réflexions d'un Uchiwa, pourtant...

Le jeune ninja savait que, quelque soit la maîtrise de lui-même et l'attention toute particulière qu'il prêtait à la moindre de ses émotions, lorsque Naruto était dans les parages un geste, un regard, quelque chose lui échapperait un jour où l'autre. Son entourage sachant depuis des années qu'il cachait toujours ses sentiments, ces écarts ne leur échapperaient pas et quelqu'un remarquerait forcement la seule chose qu'il refusait catégoriquement d'admettre.

Il n'avait plus eu alors qu'une seule solution : leur donner ce qu’ils voulaient : il s'était forcé à jouer les ami/rival avec des réactions un peu trop vives et une froideur un peu trop boudeuse bref : à clamer si haut et fort que Naruto était le dernier de ses soucis que l'effet procuré était exactement l'inverse : tous les spectateurs de ces échanges puérils poussaient des soupirs condescendants en chuchotant qu'ils étaient amis mais trop têtus pour l'avouer, et ne cherchaient pas plus loin, fiers d'avoir percé à jour l'orgueilleux Uchiwa. Ils s'étaient si habitués à cette mascarade qu'ils ne se seraient pas douté un instant qu'elle leur était servie exprès pour détourner leur attention, leur faire croire qu'ils avaient découvert quelque chose alors que l'inavouable réalité restait cachée, à l'abri sous des idées reçues maintenant bien enracinées. En faisant semblant de vouloir nier leur amitié, Sasuke avait désigné ce sentiment comme le plus fort qu'il éprouvait pour Naruto et la seule chose à cacher.

Désormais, personne ne prêterai plus attention à un regard un peu trop chaud, à un tremblement imperceptible, nul ne penserai à interprété l'éclat de ses yeux comme autre chose qu'une rivalité amicale.

Comme il aurait aimé que ce soit le cas et qu'il n'y ait rien de plus ! Lorsqu'il s'était rendu compte, ou plutôt, lorsqu'il avait cessé de se mentir sur la vraie nature de ses sentiments, il s'était senti sali. Une sensation écœurante, révulsante, une passion contre-nature ! Jamais personne ne devait être au courant, et surtout pas l'objet de ses désirs. Naruto lui était trop précieux pour tout gâcher au nom d'une poussée d'hormones malvenue, d'un égarement passager.

C'est ce qu'il avait pensé au début, et même si tout dans son éducation et sa façon d'être continuait à revendiquer cette morale intolérante, il avait dû admettre avec le temps que ses nouveaux sentiments n'étaient pas momentanés et, pire, qu'il parvenait de moins en moins à les trouver repoussants. Il n'arrivait toujours pas à les trouver normaux ni acceptables, que ce soit pour lui ou aux yeux de la société, mais la rancœur qu'il essayait de garder contre eux fondait comme neige au soleil lorsqu'il se trouvait en présence de Naruto. Dans ses moments là, sa conscience, sa morale et son esprit cessaient tout simplement de fonctionner.

Lorsque ses yeux rencontraient ceux de son meilleur ami, son contrôle de lui-même flanchait, et ses propres pensées perdaient toute notion de bien et de mal. Comment pouvait-il être anormal d'aimer ces pupilles là ? Le monde entier risquait de tomber amoureux de lui par un seul regard, et dans un sursaut de jalousie, il arrivait au jeune Uchiwa de vouloir plaquer la main sur les yeux de son coéquipier, pour cacher cette merveille et la garder amoureusement pour lui seul. Possessif, il aurait voulu être le seul capable de provoquer et d'entendre le son carillonnant de son rire, le seul à faire défiler sur son visage décidément trop expressif la joie, la surprise, la paie douçâtre et même la fureur, toutes ces expressions qui faisaient plisser sa bouche en de ravissantes ridules bordées de fossettes boudeuses.

Il savait que ses pensées là n'étaient pas très saines, qu'il y avait dans les envies qu'il tentait d’enfouir au fond de lui une sorte de violence, un petit quelque chose de dangereux et de désespéré.

Il voulait Naruto, et le voulait pour lui seul. Ces deux faits étaient aussi inacceptables l'un que l'autre, mais prenaient racine dans une blessure trop profondément encrée en lui pour qu'il s'en débarrasse un jour. C'était peut-être le prix à payer, la punition pour ses erreurs : plus jeune, il s'était si complètement plongé dans la vengeance et avait si radicalement renié tout ce qui ne l'aidait pas à vaincre Itachi que, une fois sa vengeance accomplie, la totalité de son univers s'était retrouvé vide, achevée, terminée. Toutes les personnes qu'il avait côtoyées avaient été des outils pour atteindre son but, et se retrouvaient désormais relayées au rang d'objets vide de sens et d'utilité. Pire : lui-même, son propre corps, et jusqu'à son esprit n'avaient pas plus de cohérence que le reste du monde. Allongé sur la pierre glaciale qui happait avidement ce qui restait de chaleur à son corps, il avait senti le sang coaguler autour de ses blessures et sur sa joue, et la mort lui était apparue comme une évidence apaisante et inéluctable.

C'est là qu'il était arrivé.

Resplendissant, débordant d'énergie, de joie, de chaleur, de soulagement, véritable soleil qui rayonnait de tout ce qui manquait à l'Uchiwa. Et beau à se damner.

Dans un dernier sursaut d'instinct de survie, Sasuke s'était raccroché à lui, se gorgeant de ce que dégageait son ancien ami. Il s'était agrippé de toutes ses forces à un lien qu'il croyait disparu, mais qui redonnait tout un coup un sens et des nuances à tout ce qui un instant plus tôt était terne et dépouillé de vie.

Ce qu'il éprouvait désormais pour le jeune Uzumaki n'avait rien de raisonnable ni de raisonné, et ce n'était pas un amour sain et équilibré. Ça allait d'ailleurs bien au delà de ce qu'on entend traditionnellement par « amour ». C'était une dépendance exclusive, une fascination dangereuse et reconstructrice à la fois. Une envie compulsive de vivre, de rebâtir son être, d'échapper à l'effroyable sensation de solitude, de vide et de destruction qu'il avait ressentie lorsque, libéré de son devoir de vengeance, il avait enfin ouvert les yeux sur ce qu'il était devenu.

Et par dessus ce méli-mélo inextricable de sentiments égoïstes, protecteurs, constructeurs, de jalousie, et d'une centaine d'autres encore, au dessus de tout cela, il l'aimait. Passionnément.

Cette émotion là était d'ailleurs peut-être la plus naturelle, la plus vraie qu'il possédait encore. Si les épreuves destructrices de sa vie avaient fait de lui un être à la fois fort et fragile, inflexible et manipulable, d'une intelligence froide bordée d'une folie douce et irraisonnable, il restait encore ce sentiment là qui ne venait que de lui, sans influence, né sous la forme d'une amitié, un jour sur le bord d'un ponton, galvanisée par la rivalité, épargnée par les aléas de la vie et qui, de fil en aiguille, avait fini par muter en quelque chose d'inattendu mais d'inévitable. C'est cette partie de lui qui se réveillait lorsque, perlé de sueur, Naruto se laissait tomber sur l'herbe du terrain d'entraînement avec un sourire ravi, le soleil faisant étinceler sa peau comme une fine couche d'or couverte de gouttes de miel. C'est cette partie de lui qui se rappelait vaguement de ce qu'était la tendresse lorsque son incorrigible idiot le taquinait pour tenter de le faire sourire, et qu'il était saisi d'une fulgurante envie de le prendre dans ses bras. Et si la morale rigide, l'égoïsme, la jalousie, et surtout la peur viscéral de le perdre et de se retrouver de nouveau seul face à un monde vide de sens, si tout cela n'avait pas existé alors peut-être aurait il permis à cette partie de son cœur de s'exprimer.

Mais Sasuke était un être déchiré, un esprit brillant écartelé dans tous les sens par des émotions contradictoires. Alors, pour échapper un tant soit peu à son propre chaos, il s'était rendu sourd et aveugle à ses propres sentiments, et avait tenté de donner à son apparence la stabilité que son esprit n'avait pas : il était redevenu celui qu'on attendait de lui, avait repris le froid orgueil, les répliques sarcastiques et le silence vaniteux que tout le monde connaissait, en tentant de toutes se forces de rétablir l'équilibre d'avant.

Alors tant pis pour la sensation de chaleur, le désir naissant qu'il muselait au fond de lui. Tant pis pour le pan entier de son cœur qu'il condamnait, et qui pourtant semblait se réveiller malgré lui à chaque fois qu'il croisait le regard pétillant de son coéquipier. Il aurait tout sacrifié pour retrouver l'équipe sept dans toute sa solidité, son soutien mutuel, et pour être sûr que Naruto ne le détesterait plus jamais.

Naruto...

A l'instant où il avait vu son précieux renard se faire enlever, il avait senti les bases de son existence s'écrouler sous ses pieds. Le monde autour de lui semblait terni, comme s'il le menaçait de redevenir aussi vide et futile qu'à la mort de son frère. C'est pour ça que cette fille devant lui, qui roulait des hanches en suintant par tous les pores de sa peau la satisfaction de l'amour partagé, cette fille qu'il manipulait et qu'il allait faire souffrir, elle ne comptait pas, et ne compterai jamais vraiment. Elle était un outil pour attendre sa raison de vivre, aujourd’hui, comme à l’époque de l’équipe Hébi.

Oui mais voilà : cette personne qu’il venait de voir à la fenêtre, cet être à la silhouette parfaite et à la peau rayonnante, ce monstre n'était pas Naruto. Si libérer Kyuubi semblait être le premier objectif à atteindre, ce n'était pas le plus important, et de loin.

Il avait retrouvé le corps de Naruto, mais pas son esprit.

Anxieux, il perdit le fil des bavardages inutiles que Karin rependait sur la ville.

 

***

 

Le pouvoir. Voilà quelque chose que Kyuubi aimait ! Les yeux fixés son visiteur, il devait faire des efforts monstrueux pour ne pas jubiler : ça n'aurait pas été bon pour le rôle qu'il était en train d'interpréter.

Affalé dans son fauteuil moelleux, les épaules basses, la mine fatiguée, le puissant démon renard jouait les malades sous le regard affolé d'Akiko. A genoux près du siège, le jeune humain s'était saisit de sa main et demandait d'une voix vibrante de respect mais rendue mal assurée par l'inquiétude s'il pouvait faire quelque chose pour lui.

                   Va-t-en ! Siffla le pseudo-convalescent en retirant brusquement sa main. Laisse-moi seul ! Je ne veux pas qu'on ne voit comme ça.

                   Mais, kyuubi-sama... tenta de rétorquer l'autre.

                   Ça ne vous suffit de me tenir enfermé comme un animal en cage ? s'énerva le captif dans un subit éclat de colère. De vampiriser mon énergie ? De bafouer mon amour propre en me privant et de ma liberté, et de mes pouvoirs ? Non, visiblement, il faut aussi que vous m'arrachiez jusqu'à la capacité de me tenir seul debout, et que tu viennes tous les jours contempler mon humiliation ! J'ai l'impression d'être une larve qui...

Il s'interrompit en plein milieu de sa phrase et détourna la tête d'un mouvement las, comme pris de vertiges.

                   Kyuubi-sama ! hoqueta le ninja, horrifié.

Un léger murmure s'éleva entre les lèvres du démon, à peine audible, comme qu'il n'avait parlé que pour lui-même :

                   Qu’ai-je donc fait à la race humaine pour qu'elle s'acharne ainsi sur moi ?

Intérieurement, sa propre réflexion lui procura une incroyable envie d'éclater de rire. Qu'est ce qu'il avait fait ? Il avait tué des centaines de ces insectes par pur sadisme, il avait joué avec délectation à mastiquer ses petits êtres insignifiants en prenant garde de les faire souffrir le plus possible et il s'était vautré dans un véritable bain de sang durant sa jeunesse, après la mort de sa femelle. En vérité, il avait plus de mille fois mérité ce qui lui arrivait, mais ça, Akiko ne le savait pas et, convaincu comme il était que les démons étaient tous comme celui de sa sœur, doux et aimant, ce jeune idiot sautait à pieds joints dans le piège que lui tendait le renard.

                   Je croyais que vous deviez aller de mieux en mieux, ils avaient dit que, puissant comme vous êtes, vous reconstitueriez très vite votre réserve de chakra et que ce serait comme si on ne vous avait rien fait !

                   Eh bien visiblement, ils avaient tords, ricana faiblement son interlocuteur, désabusé.

                   Il faut prévenir mes supérieurs, les avertir que la technique n'est pas aussi au point qu'ils le croyaient et que vous...

                   Parce que tu crois qu'ils ne le savent pas ? rétorqua le démon d'un ton dédaigneux. Ouvre les yeux : ils n'en on rien à faire. Et je peux les comprendre : c'est la vie de leur village, de tous leurs concitoyens qui est en jeux. Alors même si je dois y rester, ils considèreront que c'est un prix raisonnable.

Il ferma les yeux un instant, comme terrassé par la fatigue. Puis il poursuivit dans un souffle :

         Je vais mourir demain, et c'est la dernière de leurs préoccupations.

L'effet espéré ne se fit pas attendre : Akiko tressaillit, choqué à cette seule idée, et s'écria d'une voix offusquée :

        Cela ne peut pas ce passer comme ça ! Vous êtes notre sauveur, notre dernier espoir ! Il doit forcément y avoir une autre solution, une technique moins brutale qui aboutisse aux mêmes résultats sans vous faire de mal ! Il y a forcement...

        Oh oui, je n'en doute pas ! l'interrompit son malade. Sauf que les dirigeants de Nokiana ne perdront pas de temps à la chercher.

Le visage de son jouet se décomposa lentement, prenant une teinte beaucoup trop pâle alors qu'il se rendait compte que c'était vrai, et qu'au besoin Ichiro et les autres n'hésiteraient pas une seule seconde à sacrifier leur « invité ». L'injustice de la situation le frappa de plein fouet, et il eu un violent haut le cœur. Perdu, affolé de se rendre compte que le village qu'il aimait tant avait aussi ses torts, et qu'il était sans le vouloir devenu le complice d'un sacrifice barbare et égoïste, Akiko leva vers le renard un regard égaré, presque suppliant. Ce qu'il vit alors, c'est toute la beauté rayonnante, toute la douceur des traits d'Uzumaki Naruto, encadrés par des mèches dorées qui caressaient subtilement sa peau, le tout rehaussé par le charme sauvage des pupilles écarlates. Et il fut pris d'une irrésistible envie de protéger cet être exceptionnel, normalement invincible mais dont la vie reposait à cet instant entre ses mains, fragile et sans défense.

         Je suis désolé, souffla l'humain, plus troublé que jamais. Je ne savais pas. Je suis vraiment désolé.

         Je sais, murmura le démon avec ce qui paressait être un brin de tendresse. Toi, tu es différent.

Et lorsque Kyuubi vit les joues de son vis-à-vis rougir délicatement, lorsqu'il sentit son souffle se faire rapide et vit ses paupières se fermer à demi sur ses yeux brillants de fascination, alors il su qu'il avait gagné la partie, et qu'Akiko lui appartenait corps et âme.

D'un doigt à la peau caramel, il caressa la ligne de menton de son nouveau pion, rapprochant encore leur visage et, avec jubilation, déposa un chaste baiser sur ses lèvres.

 

 

A quelques centaines de mètres de là, au milieu du tourbillon de la foule, Sasuke fut secoué d'un léger frisson alors qu'il sentait une vague de souvenirs s'immiscer en lui. Le clone qu'il avait posté sous la fenêtre du démon venait d'atteindre la limite de son temps de survie, et tout ce qu'il avait appris lui revenait désormais. Mais dans le flot d'images, une attira particulièrement son attention, se plaçant au premier plan de ses pensées, monopolisant tout son esprit. Avec un sursaut de haine, il vit un inconnu penché sur des lèvres qui n'appartenait qu'à lui.

 

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