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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1703 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Animes-Mangas

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Naruto

PDJM
[Histoire Terminée]
Auteurs :
[Groupe: SerminAzerty]
Sermina & azerty
Vue: 17152
[Publiée le: 2013-03-21]    [Mise à Jour: 2014-01-24]
13+  Signaler Général/Action-Aventure/Suspense Commentaires : 24
Description:
Debout près du corps inconscient de Naruto, Sasuke se demandait comment ils avaient pu en arriver là. Personne n'aurait pu prédire que les choses iraient aussi loin. Surtout pas les auteurs… Slash
Crédits:
Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.
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Chapitre 14

[3334 mots]
Publié le: 2013-05-02Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Titre de la fiction : « PDJM »

Auteur : Sermina (chapitres impairs) Azerty (chapitres pairs)

Beta lectrice : Sermina et Azerty

Genre : Drame

Disclaimer : Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.

Chapitre 14

 

L’enfance… est une bulle de savon. Légère et insouciante, sphère protégée qui reflète le monde dans des couleurs merveilleuses et éclatantes, rêve d’eau et d’oxygène… Ephémère.

La fine membrane translucide, souvent, devient anarchique et imprévisible lorsque l’adolescence l’entraîne dans son furieux tourbillonnement, puis tout se calme, et elle retombe doucement. Les êtres s’assagissent et la bulle descend, délicatement, puis se pose au sol et s’étale, se dilue, recouvrant le monde d’un voile aux reflets féeriques, quasiment invisibles mais qui ne disparaît jamais réellement. Tout le monde reste pour toujours un grand enfant, ignorant simplement ce film d’innocence qui nous protège encore.

Pourtant, pour certain, le vol de la sphère aérienne à une chute plus brutale. Il suffit qu’un coup de vent de la cruelle réalité frappe un peu trop fort, et l’enfance éclate en milles gouttelettes brisées, aussi froides et scintillantes que des larmes.

Pour un petit renard encore bien trop jeune, cette bourrasque portait le nom de Yuki.

 

 

La première fois qu’il l’avait vue, il l’avait prise pour une de ces gracieuses dames des neiges qui peuplent les contrées nordiques, loin, bien loin des luxuriantes forêts du pays du feu. Délicate et immaculée. Pâle fantôme, qui se détachait parfaitement dans le décor sylvestre verdoyant. Et puis d’un mouvement farouche, elle avait tourné ses yeux d’un or en fusion vers lui.

Le futur Kyuubi avait légèrement penché la tête sur le côté, incrédule et fasciné, alors que ses deux queues s’abaissaient – par méfiance, par respect ? Qui pourrait savoir ? – balayant le sol, soulevant lentement une brume poussiéreuse qui scintillait au soleil comme les splendides pupilles de l’inconnue.

Entamant tout juste son deuxième siècle d’existence et les prémices de son adolescence, le renardeau était trop jeune encore pour comprendre qu’il était tombé amoureux, et trop passionné pour ne pas en être marqué à vie.

 

Elle était merveilleuse. Si douée, si agile, si vive de corps et d’esprit, si resplendissante… que cela l’exaspérait au plus haut point. L’envie, quel vilain défaut ! Le jeune démon avait été si longtemps maître de son petit univers qu’il s’était laissé envahir par cet orgueil enfantin, puéril, qui convenait à tant de jeunes mâles de son espèce ! Dominateurs nés, chaque individu masculin d’une portée partait à l’aventure dès que ses petites pattes pouvaient le soutenir, et s’élançait à la recherche d’un territoire et d’une femelle à gouverner. Notre petit renard avait trouvé son terrain de chasse, avait rencontré la belle demoiselle… Et ne dominait rien du tout !

Sanbi. Cette salle prétentieuse était une sanbi ! Ses trois élégantes queues dansaient à chacune de ses foulées, narguant le jeune Nibi du haut de trois cents ans d’expériences.

Ni Yuki, ni lui n’étaient officiellement maître de ce territoire, mais elle l’avait suffisamment envoyé au tapis pour que le plus jeune fasse semblant de ne plus penser à ce qu’il appelait « son droit fondamental et naturel de mâle ». Diplomate, elle ne revendiquait rien non plus, lui jetant des coups d’œil malicieux pas tout à fait matures, mais déjà consciente que le pouvoir se gagne plus dans le silence et les compromis que dans le combat et la fanfare. Elle regardait son petit compagnon jouer au plus fort avec un sourire condescendant, sans pouvoir cependant s’empêcher de retomber régulièrement dans ces chamailleries d’enfants que le futur Kyuubi lançait à longueur de temps.

Et invariablement, la jeune femelle remportait toutes leurs disputes, que ce soit par la force de sa langue acérée, ou celle de ses muscles véloces. Puissante, malgré son adolescence qui touchait à peine à sa fin, l’esprit aussi vif et caressant qu’un serpent. Fascinante. Elle aurait pu sans problème prendre le contrôle de cette petite région où seule une boule de poil rousse et teigneuse lui tenait lieu d’adversaire. Prometteuse, elle aurait aussi pu prétendre à un territoire plus vaste, plus foisonnant ; mais l’intrépide gamin qu’elle avait rencontré en ces lieux leur donnait un charme unique, et elle avait préféré cette forêt exiguë à la solitude des grandes vallées.

Pourtant, rien ici n’était à son avantage, et surtout pas la luxuriante verdure dont les nuances éclatantes rendaient sa fourrure immaculée bien trop visible, la contraignant à ruser pour attraper ses proies.

Elle n’était pas née pour les forêts et les vallons, et chaque fibre de sa peau se souvenait encore d’étendues verglacées saupoudrées d’une neige dont elle portait le nom. Bien plus au nord, à la frontière du royaume des esprits hivernaux, il existe d’immenses steppes qu’un blizzard dévorant avait soustraites à la convoitise humaine et où les siens vivent en maîtres. Elle aurait dû y vivre, en milieu de ses frères et sœurs. Fille de la dernière reine, une respectée Hachibi, elle avait de naissance droit à une parcelle de territoire. Stupide et téméraire, elle s’était crue capable de réclamer beaucoup plus, à la mort de sa mère, tentant de se proclamer reine à la place d’une de ses aînées. De deux cents ans plus expérimentée, cette dernière avait très mal pris l’affront, chassant sa cadette des territoires glacés sans espoir de retour.

Retour qu’elle ne souhaitait d’ailleurs plus désormais, tant son nouveau compagnon lui plaisait ! Et douze années s’écoulèrent ainsi, simple battement de paupières dans la vie de ces êtres centenaire. Ou un battement de cœur…

L’été, ce jour là, dardait furieusement ses rayons en tous sens, rendant d’autant plus flamboyantes les tintes de la nature. Jamais la petite boule de fourrure neigeuse n’avait parue aussi peu à sa place. Et jamais le rouquin ne l’avait trouvé aussi belle, conscient, enfin, de ses sentiments pour elle quoi que réticent à les admettre. Et il passait tellement de temps à l’admirer à la dérobée qu’il ne pouvait décidément pas passer à côté de cette étrange inquiétude qui marquait les traits de sa compagne.

-          Que se passe-t-il ? finit-il par lui demander, enhardi par l’idée de pouvoir faire quelque chose pour elle.

-          Les humains, lui souffla-t-elle en réponse. Ces énervants bipèdes m’ont remarquée. Il faut dire que je ne suis pas des plus discrètes…

Elle jeta un regard de reproche à sa blanche fourrure, mais détourna bien vite les yeux lorsqu’elle entendit un grognement sourd. Les poils hérissés, son jeune ami découvrait rageusement les crocs.

-          Ils t’ont prise en chasse ?

-          Bien sûr que non idiot ! Ils seraient déjà morts à l’heure qu’il est ! Non, ils m’ont juste proposé un pacte.

-          Un pacte ? Qu’est ce que des hommes pourraient bien avoir à offrir à une Kitsune ?

-          Il y a, un bord de la vallée, un vaste territoire hanté par des esprits sylvestres. Les habitants des villages voisins en ont peur, et ils m’ont demandé de les chasser, en compensation de quoi ils me cèderaient tout ce vallon.

-          Mais… c’est génial ! s’enthousiasma le plus jeune, rayonnant. Tu auras ton propre territoire, juste à côté d’ici !

-          Je ne suis pas sûre…, chuchota vaguement la renarde, soucieuse. Je veux dire… pourquoi auraient-ils moins peur de moi que des autres esprits ? Pourquoi accepter un démon renard dans un voisinage qu’ils interdisent à d’autres ?

-          Les humains s’imaginent sûrement faire de toi leur alliée ! Ils sont si pitoyables… mais c’est une occasion rêvée !

Et il la poussa tant et si bien qu’elle finit par céder, bientôt gagnée par son énergie communicative. On aurait pu croire que le démon tentait d’éloigner une rival pour garder le monopole sur son propre territoire, mais le jeune renard avait tout autre chose en tête… un nouveau siècle touchait à sa fin, et bientôt une troisième queue viendrait rejoindre les deux qu’il arborait déjà. A ce moment là, oui, dans quelques jours à peine… il se sentirait en droit de commencer une cour dans les règles. Qu’elle gagne un nouveau territoire d’ici là était une véritable aubaine !

C’est dont avec joie et impatience qu’il la regarda partir aux premiers rayons de l’aube.

C’est avec rage et désespoir qu’il ravagea un village entier au couché du soleil, avec une sauvagerie à la hauteur de sa souffrance.

Il avait retrouvé le corps de sa compagne.

Le souffle éteint, baignant dans une mare sanglante, ses beaux poils blancs à jamais souillés.

Et pourtant belle même dans la mort.

 

Subtile plan, vraiment, que d’envoyer un monstre en tuer d’autres avant de profiter de sa fatigue (tout/pour) l’éliminer à son tour.

Ces pourritures humaines… qu’il les haïssait ! Autant qu’il se haïssait lui-même. Il l’avait persuadée… il lui avait dit de partir. Et le frêle corps devant lui n’était plus qu’un tas de chair sans vie, sans elle…

Morte.

Ce jour là, l’enfance du futur Kyuubi vola en éclats.

Il connut la haine, la culpabilité étouffante et, plus que tout, la solitude.

Plus jamais il ne tomba amoureux.

(J’avais oublié à quel point c’était émouvant)

 

XXX

 

Le même corps, la même dimension : celle du rêve.

Pourtant c’est une toute autre scène qui se jouait dans l’inconscient d’Uzumaki Naruto.

Une caresse subtile effleura ses hanches, trop fugitive pour être remarquée par d’autres qu’eux. Et l’instant d’après, un contact bien moins délicat : un boulet de canon atterrissait violemment dans ses bras, brisant l’intimité discrète. Le jeune Hogake éclata de rire, avant d’ébouriffer la tignasse du garnement.

-          Nato ! bafouilla le bout de chou, encore approximatif dans son articulation. Que maman elle est pas là ?

-          Ce gosse à une mémoire de poison rouge ! siffla Sasuke à ses côtés, tentant de paraître irrité malgré le petit sourire attendri qui menaçait de faire tomber sa couverture.

Naruto plaça ses mains de chaque côté de la petite bouille ronde avant de chuchoter avec une douceur et une affection sans borne :

-          On en avait parlé hier, quand ta maman nous a invités à manger, tu te rappelles ? Sakura-chan est en mission, elle nous a demandé de venir te chercher à la sortir du jardin d’enfant.

-          Ze pourrais dormir avec tontons Nato et Suke ?

Et parce que le regard de son amant était devenu meurtrier et clamait « aucune chance, ce soir tu es à moi ! » Naruto ne put s’empêcher de sourire et répondit, avec une pointe de sadisme :

-          Évidement mon grand !

Une aura terrifiante s’écroula sur lui et le jeune Uzumaki éclata d’un rire cristallin.

 

XXX

 

 

Puissance. Ce mot suintait par tous les pores de sa peau, et sa fourrure frissonnait d’énergie démoniaque alors qu’il jetait un regard dédaigneux aux pitoyables humains à ses pieds. Un groupe d’une vingtaine d’amuse-gueules s’était spécialement déplacé pour lui permettre de se mettre quelque chose sous la dent. Que c’était aimable à eux !

Il s’étira paresseusement du haut de ses douze mètres de muscles, rendu infiniment confiant, indestructible, par la neuvième queue qui depuis peu se mêlait au ballet voluptueux de ses jumelles. A voir l’air terrifié de nombre des intrus, contre ces moustiques-là le combat ne serait même pas nécessaire. Alors le monstrueux canidé se contenta de grogner d’une voix caverneuse, dont le simple souffle faisait frissonner la ramure des hauts chênes :

-          Vous êtes sur mon territoire, humain. Les vers de terre n’y ont pas de droit de passage.

-          Ravis de l’apprendre. Si j’en croise, je ne manquerai pas de le leur signaler ! répondit un des ninjas d’un ton tout à fait dégagé. (J’adore !!!)

Moins impressionnable que ses compagnons d’armes, il se tenait sans crainte au devant d’eux, si proche que le démon aurait pu le happer d’un simple coup de gueule. « Intéressant », ne put  s’empêcher de penser Kyuubi, avec une lueur d’amusement.

Il venait de rencontrer Hashimira Senju, celui-là qui serait le premier Hokage de Konoha.

 

XXX

 

L’immense renard mastiqua tranquillement le cerf qu’il venait d’abattre puis l’engloutit en une seule bouchée. Il s’étira avec délice, ses longues griffes si acérées qu’elles creusaient des sillons dans la terre brunâtre. Soudain, il tourna la tête vers l’ouest, son ouïe d’une finesse contre nature ayant perçu un éclat de voix. Même à des kilomètres du village il surprenait souvent ainsi des marques de la présence humaine, présence à laquelle il ne parvenait toujours pas à s’habituer.

Ils ne le gênaient pas vraiment : il aurait pu tous les tuer sur un caprice, du moins en théorie. C’est juste qu’en neuf cents ans d’existence, son territoire n’avait auparavant abrité que des vies animales. Il n’arrivait toujours pas à juger si ce changement était un mieux ou un inconvénient… qu’importe : le pacte était scellé désormais !

Il se souvenait encore du jour, une décennie plus tôt, où un groupe de soldats empestant le sang et la guerre, éreintés et usés par les conflits sans fin, était arrivé dans sa forêt, et que l’intelligence vive de leur chef, soutenue par un courage sans faille, l’avait incité, lui le démon sanguinaire qui méprisait tant cette race, à supporter leur présence le temps que l’intrépide jeune homme lui propose un marcher.

En réalité, Kyuubi n’y avait pas grand-chose à gagner, mais rien à y perdre. Il avait été pris d’une curiosité malsaine qui lui disait de tester, de voir combien de temps ces êtres et lui pourraient coexister sans conflit… Il s’ennuyait tellement maintenant que ces neuf queues lui procuraient un pouvoir au-delà de l’entendement ! Il en regrettait même le temps où, Yonbi, il usait à outrance de ses pouvoirs de métamorphose pour séduire les hommes et les tuer.

Il avait donc cédé une parcelle peu exploitée de son territoire à ces fourmis visiblement avides de s’établir quelque part et de panser leurs plaies. Les ninjas, d’abord effrayés par l’idée de partager leurs terres avec un monstre si impressionnant, suivirent cependant à contre cœur leur maître lorsque son second proposa une mesure de sécurité efficace. Infaillible même ! C’est ainsi que Madara Uchiwa, deuxième homme le plus puissant de cette armée vagabonde, lia à jamais son clan au démon Kyuubi.

Cela, c’était ce qui avait le plus gêné le renard, et lorsque les Sharingans du ninja s’étaient fixés dans ses pupilles fendues, il avait réalisé qu’il donnait à cet homme et sa famille un ascendant sur lui, qu’il limitait lui-même son pouvoir face à ces yeux couleur sang. Mais qu’importe après tout : il n’en restait pas moins surpuissant, et les guerriers se rassuraient en se disant que si la bête rompait leur contrat, les Uchiwa pourraient la stopper d’un regard.

Mais les humains n’avaient pas été les seuls à demander des sécurités, et la contrepartie qu’exigea le démon était non négligeable :

Il s’appelait Yoake, et le premier Hokage avait juré de veiller sur lui.  Elle s’appelait Kouketsu, et il serait mort cent fois pour elle. Durant six mois chaque année le jeune frère du dirigeant serait l’otage du démon, garant de la paix. Le reste du temps, c’est la jeune épouse de Senju qui le remplacerait. Jamais, non, jamais le premier Hokage n’aurait toléré qu’on s’attaque à Kyuubi, qu’on condamne ce qu’il avait de plus cher au monde.

 

La griffe du renard traça un arque quasi invisible, éventrant un autre cerf. Il n’avait plus faim, mais l’idée lui avait traversé l’esprit que Kouketsu aurait peut-être envie de viande fraîche en plus de ses provisions apporté du village… Après tout, l’enfant qui grandissait en elle méritait plus que de la viande séchée !

Yuki… cette jeune humaine ne réalisait sûrement pas les conséquences du choix qu’elle avait fait, quand au prénom de sa fille à naître. Et le démon, lui, n’aurait jamais imaginé qu’un simple souvenir pouvait avoir autant de pouvoir sur lui. Mais lorsque, quelques jours plus tôt, la future mère avait laissé ses yeux dériver sur la forêt tapissée de givre, et que ce nom avait franchit ses lèvres, le Kyuubi s’était sentit frissonner de la tête aux pieds.

 

XXX

 

Il haïssait les humains. De tout son être. Chaque fibre de son corps n’était plus que rage. Rage et désespoir.

Les récents événements lui revenaient pas vagues, si atrocement douloureux qu’il crut plusieurs fois devenir fou.

La petite… plus si petite que ça. Sa précieuse Yuki. Ce petit bout d’adulte restée, au fond, une vrai gamine, et que ressemblait par tant de points à celle qui avait porté ce nom avant elle. Oui, si sa belle femelle avait eu une fille, elle aurait ressemblé comme deux goûtes d’eau à cette humaine.

… en un peu plus poilue.

Comme il avait du mal à la cacher, cette tendresse paternelle qui n’avait cessé de grandir au fil des années ! Cette petite n’était plus son otage : plus personne, d’ailleurs, ne semblait se souvenir qu’un marché avait un jour été fait dans ce sens. Les premières années, Kouketsu était venue avec son bébé pour accoutumer sa fille à la présence du démon et au rôle qu’elle devrait plus tard assumer. Enfin, officiellement. La vérité était que cette jeune mère ne voulait tout simplement pas être séparée de son premier enfant. Mais Kyuubi développa une telle affection pour la gamine que, lorsque l’épouse du premier Hokage tomba de nouveau enceinte, on laissa Yuki seule avec le démon, la mère ayant certifié qu’il ne lui ferait pas de mal. Et le monstre centenaire avait pris soin de ce petit bout d’humain avec une tendresse qu’il ne se connaissait pas, ne se connaissait plus…

La petite avait grandi. Elle était si peu traumatisée par cette vie en forêt, avec un renard immense comme tuteur, qu’elle rejoignait souvent son oncle lorsque c’était à lui de jouer aux otages. Alors lorsque Yoake était mort, Yuki, du haut de ses vingt-cinq ans, avait catégoriquement refusé que sa sœur cadette, toute juste mariée et enceinte de deux mois, soit arrachée à son époux. Enfin, officiellement. En vérité, elle se délectait de l’idée de passer sa vie entière avec « sa grosse peluche », comme elle se plaisait à l’appeler pour le faire grogner.

Et le temps avait passé, les gents les avaient oubliés, les yeux de sa presque-fille s’était constellés de légères rides alors qu’elle parlait avec ferveur de sa sœur et de sa nièce, la fameuse Tsunade, qui paraît-il devenait déjà une vrai femme.

Alors ce jour là, lorsqu’il avait entendu des pas à l’entrée de leur grotte, il ne s’était même donné la peine de rouvrir les yeux, persuadé que c’était sa petite qui revenait après être parti puiser de l’eau.

Enfin, jusqu’à ce qu’il tombe sur deux yeux rouge.

Rouge sang.

La suite n’était qu’un long cauchemar.

Pourquoi Madara avait souhaité décimer tout son clan ? Il n’en avait aucune idée, et ne cherchait pas à le savoir. Tout ce qu’il lui importait, c’est que cette pourriture avait osé se servir de son pouvoir sur lui. Jamais. Il ne lui pardonnerait jamais.

C’était humiliant de voir avec quelle facilité l’Uchiwa avait pénétré ses défenses et, grâce à ce pacte qui liait le démon à son clan, ses yeux, il était parvenu a enfermé l’esprit et la volonté de Kyuubi pour en faire un jouet uniquement diriger par cet ordre : « tuer ». Il espérait que le démon ravage toute la région, ne laissant pas un seul membre de sa famille en vie. Et il était reparti, laissant le démon accomplir son ouvrage.

Pourquoi avait il fallut qu’elle rentre à cet instant ?

Pas elle. Tout sauf elle.

Yuki avait franchi l’entrée de la grotte avec un sourire rayonnant, illuminant de sa présence leur petit « chez nous ». Elle n’avait pas remarqué le grognement roque qui roulait dans la gorge du monstre, se contentant  de plonger ses yeux débordant d’affection et de confiance dans ceux du renard.

Pas pitié non. Le monde entier s’il le fallait, mais pas elle. Pas elle.

Yuki…

Sa toute petite Yuki…

Pitié non !

Enfermé au fond de lui-même, spectateur impuissant, Kyuubi sentit tous les muscles se contracter pour bondir.

Rien ne lui fut épargné. Pas même le sourire étonnée de sa petite humaine, son absence totale de frayeur ou de mouvement de recul. Elle lui faisait confiance.

Le bruit des mâchoires qui claquent, des os qui se brisent.

Toute la conscience de Kyuuki fut ébranlée d’un effroyable gémissement. Cri de rage, de désespoir, de douleur. Déchirant.

Lorsque, mué par un instinct meurtrier qui n’était pas le sien, Kyuubi attaqua le village de Konoha… il pleurait.

Sa petite.

Sa toute petite…

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