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Travail scientifique: L´auteur fanfiction
 par   - 291 lectures  - 3 commentaires [05 décembre 2021 à 21:22:58]

Karl Helbig, un étudiant allemand, entreprend un travail scientific sur la fanfiction francaise comme genre litteraire. Quels sont vos opinions sur ses questions?


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Animes-Mangas

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Naruto

Naruto : A la recherche d'une nouvelle vie
[Histoire Terminée]
Auteur: oceans realm Vue: 215923
[Publiée le: 2010-02-11]    [Mise à Jour: 2011-12-07]
13+  Signaler Action-Aventure Commentaires : 483
Description:
Naruto n'a jamais vécu à Konoha.
Elevé sur un continent où l’art ninja est inconnu de tous, il brillera par ses capacités sur le champ de bataille. Soldat remarquable dès ses débuts, il dévoilera des pouvoirs incommensurables lors de l’effondrement de son royaume.
Plus tard, il entrera en contact avec le démon Kyûbi, qui lui révèlera de nombreux secrets, notamment celui de ses origines, puis décidera de partir pour le continent où les ninjas sont rois. Là-bas, il devra se confronter à de puissants adversaires, dissimulant contre vent et marée ses secrets.

Car après tout, il est de notoriété publique que le neuvième démon repose six pieds sous terre, en compagnie d’un quatrième Hokage sans descendant.

Quelques spoils mais sans plus.
Ps: le chapitre 0 ne fait pas partie intégrante de l'histoire.
Crédits:
L'histoire se déroule dans le monde de Masashi Kishimoto.
La fic est de moi et certains personnages également même si la plupart appartiennent à l'auteur de Naruto.
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L'art est explosion

[8259 mots]
Publié le: 2011-02-04
Mis à Jour: 2011-02-06
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Bonjour (je me cache en même temps pour éviter les tomates). Comment allez-vous ? Pour ma part, je viens tout juste de rentrer de vacances et je vous sors un nouveau chapitre (enfin). Comme je sais que vous avec attendu longtemps, et que vous voulez peut-être me menacer, je publie ce chapitre pour... vous refroidir ?
Enfin, lisez et vous verrer bien. J'en suis assez fier je dois dire car... plusieurs choses nouvelles apparaissent, et les rouages de l'histoire commencent enfin à se mettre en place.

 

 

-Alors ?

 

-Il n’est parvenu qu’à retenir trois des quatre gamins, répondit une voix. Le quatrième ainsi que tous ceux de Konoha sont passés.

 

Le silence plomba instantanément l’atmosphère, chacun craignant presque de reprendre la conversation là où elle s’était arrêtée. Pour tous, même s’ils connaissaient le caractère impétueux de leur compagnon, le fait de savoir qu’il s’était fait intercepter par quelques genins était impensable. La situation venait de basculer du mauvais côté de la balance.

 

-… Il va falloir être très prudents, murmura le chef de l’assemblée. Si Deidara s’est fait stoppé par seulement trois gosses, ils ne doivent pas être n’importe qui.

Il s’interrompit un moment, réfléchissant intensément à la suite des opérations.

Makkura et quatre corps de Kakuzu sont en route, mais si des genins ont suffi pour retenir Deidara, je doute que cela suffise. Zetsu blanc, accompagne-les sans te faire remarquer. Tu nous tiendras au courant de la situation.

Kizame, prépare-toi pour la technique spéciale. Parmi nous tous, tu es celui avec la plus grande réserve de chakra. Tu iras les soutenir grâce au transfert d’esprit. Et au cas où, tu ferais bien de te préparer également, Sasori. Il n’est pas certain que nous aurons besoin de toi, mais je préfère parer à toutes éventualités.

 

Sous ses mots, une silhouette acquiesça tandis qu’un hologramme se dissipa lentement. Il ne restait désormais plus que six ombres dans la pièce, dont deux étaient matériellement présentes. Dans les airs, à mi-chemin entre le sol et la gueule béante d’une statue à neuf yeux, le corps de Natsune lévitait doucement entouré d’un halo blanc. Seuls deux globes oculaires étaient ouverts alors qu’un troisième l’était presqu’entièrement.

 

 

 

Dans une plaine dégagée à l‘orée d’une forêt de pins, un simple filet d’eau s’écoulait au milieu des protagonistes. Pas le moindre bruissement ne venait troubler le silence qui s’était installé depuis l’interruption du membre de l’Akatsuki. Les oiseaux ne chantaient plus, le vent était tombé et les animaux alentours n’osaient émettre le plus infime murmure tant la pression se trouvait omniprésente.

Les deux camps se jaugeaient réciproquement, aucun n’étant très enclin à entamer les hostilités. D’un côté du cours d’eau, Deidara esquissait un sourire à la fois satisfait et contrarié. Son art allait bien sûr pouvoir s’affirmer sur ce futur champ de bataille, mais le fait de s’être fait avoir de la sorte par seulement trois gamins de Kiri n’étaient pas pour lui plaire. Ils avaient beau paraître largement au-dessus du niveau de simples genins, son esprit d’artiste s’en voyait tout de même fortement émoussé. Il n’avait aucun mal à imaginer les moqueries et réprimandes qui fuseraient dès son retour auprès de ses collègues.

De l’autre coté de la rivière, le trio de Kiri observait sereinement l’adversaire qui leur faisait face. Un criminel de rang S se situait à un niveau bien supérieur à ce à quoi ils étaient habitués, mais rien n’était impossible. Avec l’avantage numérique, ils se trouvaient en position de force vis-à-vis du camp opposé. De plus, étant un combat à mort, aucune retenue de coup n’était nécessaire dans ce genre d’affrontement. Le plus fort achevait l’autre. Et ce bien sûr sans oublier qu’ils étaient tous les trois accoutumés à collaborer. Bien que n’étant que deux en cet instant, les frères Kitsune étaient principalement reconnus au village de la brume, non pas pour leurs capacités individuelles, mais pour leur impressionnant travail d’équipe. On disait que lorsqu’un d’eux pensait une chose, les autres l’exécutaient. Et Kimimaro et Haku se doutaient que Mahiro pourrait remplacer sans difficulté la place manquante de leur benjamin.

Une pierre roula dans la rivière, marquant sans transition l’ouverture du match.

 

Un sourire provocateur aux lèvres, Deidara pencha sa main droite vers le sol avant qu’un petit oiseau d’argile ne tombe de sa manche, engendrant bientôt un épais nuage de fumée.

En un instant, l’équipe de Kiri put apercevoir un large volatile aux allures de chouette s’élever dans les cieux, transportant sans mal celui qui lui avait donné vie. Impassibles, ils se reculèrent d’un pas, chacun se préparant à partager un combat sans pitié.

Quelques dizaines de secondes s’écoulèrent avant que ne tombe du ciel une véritable cohorte d’oiseaux de proie, tous fabriqués dans la même terre glaise que celui sur lequel reposait leur créateur. À une centaine de mètres de hauteur, Deidara croisa les doigts avant de prononcer un unique mot de libération.

 

La première explosion déchira le silence comme le chant d’un beffroi à l’aube d’une guerre. Un mur de glace s’érigea pour protéger l’équipe de la brume du souffle ardent. Ils savaient que la détonation, ayant eu lieu à une dizaine de mètres au-dessus d’eux, ne constituait qu’un simple avertissement et camouflage afin de dissimuler celles qui suivraient.

Une araignée d’argile toucha la paroi de cristal qui se brisa instantanément sous une nouvelle crépitation, ses éclats transparents se dissipant lentement en poussière gelée au gré des courants aériens. Au sol, Haku effectua un pas de retrait tandis que Kimimaro et Mahiro venaient tout juste d’achever leurs propres enchaînements de sceaux respectifs.

Un toit d’acier vint s’interposer avec la chute des créatures d’argile. N’ayant rien perdu de son sourire, le membre de l’Akatsuki laissa exploser quelques uns de ses ouvrages avant d’exécuter à nouveau un unique mudra.

Au dessus de l’abri de fer, trois cygnes déployèrent leurs ailes avant de s’élancer à une vitesse vertigineuse sur les côtés, contournant sans peine l’obstacle qui leur barrait la route. Ils dévièrent dans leur trajectoire à quelques centimètres à peine du sol et filèrent sans ralentir en direction de leurs cibles immobiles.

Ils ne virent même pas la paroi d’os qui monta depuis le sol comme une digue face à un courant trop important. Simultanément, chacun s’éclata contre le rempart opaque qui s’élevait jusqu’à la couverture d’acier, formant quatre murs blafards soutenant un toit gris métallique.

Lorsque la première salve fut rendue, la demeure d’os et d’acier s’enfonça d’elle-même sous le sol, dévoilant trois shinobis de Kiri indemnes, les visages toujours paisibles.

 

Les traits de Deidara se crispèrent légèrement d’agacement. Bien au-delà du rang de simples débutants, il avait affaire à trois véritables prodiges, chacun héritier d’un gekkai kekkai de très haut niveau. La prudence s’imposait face à de tels adversaires et rien ne devait être laissé au hasard dans ce genre de combat. Une unique maladresse ou la plus infime erreur pouvait être fatale.

Finalement, les adversaires à qui il s’opposait pourraient bien l’obliger à employer son art à son paroxysme. Désormais, ce n’était plus une question de gagner du temps ou non pour ses collègues qui se jouait.

Il voulait vaincre et ce à n’importe quel prix pour glorifier la raison même de son art.

 

-Voyons ce que vous pourrez faire maintenant face à ceci, murmura le déserteur d’Iwa d’une voix trop faible pour être entendu.

 

Un air satisfait et intéressé traversa son regard tandis qu’il rejoignait ses deux mains, les langues qui y siégeaient se mettant à malaxer l’argile qui leur était apporté. Bientôt, une chouette aux ailes repliées se forma entre ses doigts, sa taille de quelques centimètres démentant sa puissance destructrice.

Deidara fit glisser sa langue sur ses lèvres et laissa tomber son œuvre en terre glaise. Aussitôt, il exécuta un unique signe, faisant déployer à sa création ses larges ailes tandis qu’elle grandissait de plusieurs mètres au déroulement de sa chute désormais ralentie. Cette fois, ce n’était pas une simple défense, qu’elle soit de glace, de fer ou d’os, qui pourrait parer à la déflagration qui allait se produire.

 

Sans difficulté, ses trois ennemis analysèrent la quantité de chakra qui émanait de la créature qui leur tombait dessus. Le niveau de l’attaque était bien plus élevé que celle qui avait précédée et il ne faisait aucun doute qu’ils n’en réchapperaient pas aussi facilement.

Les deux frères Kitsune sourirent sous l’ombre qui se profilait dans le ciel, s’agrandissant au fur et à mesure de la chute du volatile d’argile. Ils devinaient sans peine le discours qu’aurait pu tenir leur benjamin s’il avait été présent. La meilleure défense contre ce genre de technique… c’était l’attaque.

Sans un seul mot partagé de leur part et avec une synchronisation parfaite, Kimimaro et Mahiro se reculèrent de la plaine, se jetant au travers des frondaisons qui les entouraient. Désormais seul, Haku effectua un unique signe, se préparant à la riposte qu’ils avaient chacun échangé d’une parole silencieuse.

 

-Hyôton, les démoniaques miroirs de glace, lâcha-t-il dans un murmure sonnant comme le glas pour celui qui subirait son courroux.

 

Un rectangle de verre apparut sur le sol, engloutissant en quelques instants le rescapé des purges de Kiri. Immédiatement, un second miroir se forma à plus d’une centaine de mètres de hauteur à la verticale, juste au dessus de l’oiseau de proie sur lequel reposait Deidara.

Le regard baissé, le membre d’Akatsuki ne vit son opposant derrière lui qu’à la dernière seconde, une lame de cristal étincelante entre ses doigts. La surprise s’imprima sur ses traits tandis qu’il se jetait sur le côté, le coup d’estoc tranchant en deux le hibou sur lequel il se tenait. La cassure, nette, laissa sa création s’effondrer en boue molle pendant qu’il entamait une chute vertigineuse.

Dans les airs, Haku effectua un retourné sur lui-même et porta un second coup d’épée vers le bras droit de son ennemi. Ce dernier serra les dents en sentant sa chair à vif et prit appuie sur le sabre transparent pointé vers lui pour précipiter sa descente et se mettre hors de portée des coups aériens du jeune brun. Tête la première et son regard braqué vers la terre ferme, il ouvrit grand les yeux en voyant la deuxième salve fondre sur lui. Montant dans sa direction, Kimimaro laissa apparaître sur tout son corps une ossature des plus impressionnantes.

Deidara croisa une première fois les doigts avant l’impact et effectua un second signe.

Toujours en chute libre, la chouette qu’il avait envoyée vers ses adversaires au début de l’échange explosa dans une intense déflagration.

 

Déconcentré et poussé par le souffle brûlant, Kimimaro bascula en arrière, ne pouvant plus stopper la course folle et désordonnée vers son ennemi. L’artiste esquissa un sourire en rattrapant le corps de son opposant, sentant les os dépassant de ses côtes déchirer son manteau noir bordé de nuages rouges avant de s’enfoncer au travers de son abdomen. Sans attendre, son corps commença à gonfler, ses joues et ses traits se déformant comme ceux d’un ballon de baudruche sous une trop grande injection d’hélium.

Le Kitsune, son regard émeraude toujours de marbre, laissa ses os dorsaux se détacher de son enveloppe et ainsi l’éloigner du clone d’argile. En un instant, il effectua un retourné acrobatique et balaya le corps le plus loin possible.

Une nouvelle explosion forma un épais nuage de fumée à plus de cinquante mètres de hauteur, entraînant dans sa tempête le plus âgé des trois frères de la brume qui disparut dans le brouillard de poussière.

 

Ayant effectué plus tôt une technique de permutation avec la création détruite qui lui avait servi de monture, Deidara tombait toujours vers le sol, contemplant avec émerveillement son art emporter son adversaire un peu plus haut. Également ballonné par le choc causé, il ne put qu’écarquiller les yeux, impuissant, en voyant la troisième salve arriver sous la forme d’une silhouette féminine aux reflets métalliques. Le corps retourné et penché sur le côté, il sentit douloureusement le poing recouvert d’une limaille de fer percuter de plein fouet son côté droit, lui disloquant directement deux ou trois côtes de sa cage thoracique.

 

Dans un craquement sourd, Deidara s’écrasa au sol, soulevant dans son impact un épais nuage de particules de poussière.

À une cinquantaine de mètres du cratère causé par la chute du membre de l’Akatsuki, Mahiro se réceptionna sans mal sur la terre ferme, le filet de métal qui lui recouvrait le corps s’enfonçant peu à peu sous sa peau. Un petit sourire apaisé au bout des lèvres, elle ne daigna même pas se retourner quand deux échos se firent entendre derrière elle. À sa gauche, Haku se tenait accroupi, un toboggan de glace ayant amorti sa chute vertigineuse pour le poser en douceur aux côtés de sa compagne. Plus loin, Kimimaro venait tout juste de se poser, ses pieds enfoncés dans la terre molle et un cartilage fumant lui assurant une enveloppe protectrice. Légèrement essoufflé, le Kaguya s’avança d’un pas et laissa ses bras pendre négligemment le long de son corps.

 

Haku promena son regard sur son frère de cœur. L’enchaînement qui d’ordinaire l’aurait laissé totalement indemne l’avait affaibli bien plus qu’il n’y laissait paraître. Il était bien sûr en mesure de lancer de nouvelles combinaisons d’attaques, mais le risque qu’il tombe se faisait plus grand à chaque minute passée.

Le Kitsune se mordit la lèvre inférieure. Son ainé n’avait toujours pas totalement récupéré de sa défaite contre Natsune qui l’avait amenée au bord du gouffre. Malgré ses capacités étonnantes de régénération, Kimimaro était toujours en convalescence.

Sans en avoir vraiment conscience, le manipulateur de glace s’avança d’un pas pour se placer exactement au milieu du segment qui les séparait de leur adversaire, qui venait d’ailleurs tout juste de réapparaitre hors du cratère qu’il avait creusé. Derrière lui, le Kaguya ferma les yeux dans un léger soupir.

 

-Je ne suis pas encore bon à mettre à la casse, Haku-chan, lança doucement le plus âgé des frères Kitsune.

 

Son benjamin s’autorisa l’ombre d’un sourire inquiet.

Le visage fermé et déformé par une rage sans nom, Deidara toisa du regard tous ceux qui lui faisaient face. Jamais… non, jamais il ne pourrait leur pardonner d’avoir bafoué l’art ultime. Toujours accroupi, il laissa sa main gauche contre le sol et tata son abdomen, analysant les dégâts qu’il venait de subir avec une seule attaque de la part de ses ennemis. Trois côtes brisées ainsi qu’une longue estafilade sur le membre supérieur droit…

Une minute s’écoula sans que rien ne se produise. Lentement, le membre d’Akatsuki se relava, se débarrassant de son manteau déchiré qu’il jeta au loin, dévoilant un filet de mailles noir recouvrant l’intégralité de son torse. Pour la première fois depuis le début du duel, l’équipe de Kiri put apercevoir les deux langues entre ses paumes malaxer une terre glaise gorgée de chakra.

 

-L’art est explosion, annonça-t-il comme une vérité première, une ferveur authentique et éclatante dans le regard. Moi, Deidara, vais vous prouvez que vous ne valez pas plus que de simples vermisseaux devant la magnificence de mes créations. Maintenant, nous pouvons passer au C2.

 

Instantanément, il laissa la miniature entre ses doigts tomber au sol avant qu’un grand nuage de fumée ne voile la zone. Devant le groupe de la brume, un second oiseau aux allures de dragon, plus gros et volumineux que tous ceux qui avaient précédés, commença son élévation vers les cieux.

Ne désirant pas le laisser s’échapper une nouvelle fois, Haku exécuta une série de signes tandis qu’une lance de glace émergeait depuis la terre friable devant lui pour fuser en direction de la silhouette quittant le sol.

Sourire malin aux lèvres, Deidara composa un unique sceau avant qu’une explosion ne retentisse à terre, brisant net le sceptre de cristal en pleine course.

Les trois du pays de l’eau écarquillèrent les yeux, n’ayant pour aucun d’entre eux put apercevoir l’argile source de la déflagration.

 

-Nous allons voir comment vous vous en sortirez face aux bombes que j’ai enterré sous vos pieds, ricana d’une voix forte le déserteur d’Iwa. Chacune d’entre elles est capable d’annihiler totalement une zone de plusieurs mètres. Tous vos mouvements seront extrêmement limités. Avec ça, il vous sera impossible de refaire le coup de tout à l’heure.

 

Tout au long de son discours, le dragon sur lequel il siégeait avait pris de l’altitude pour se positionner à une cinquantaine de mètres au-dessus des plus hauts arbres.

Sans attendre, il exécuta un unique mudra avant qu’une partie de la queue de sa création ne disparaisse pour se reformer sur son palais. Aussitôt, l’œuvre d’argile cracha une multitude de volatiles semblables à celui duquel ils bondissaient en format miniature. Au sol, Mahiro serra les dents, se mordant la lèvre inférieure jusqu’à en saigner. Acculés comme ils l’étaient et sans possibilité de se déplacer, elle et ses compagnons pouvaient bien sûr toujours recourir à des moyens défensifs extrêmes. Néanmoins, elle doutait de pouvoir tenir bien longtemps, chacune de ses murailles lui consumant une quantité de chakra faramineuse. Avec ce genre de procédé, ils seraient vite à cours d’énergie s’ils continuaient à poursuivre le combat comme ils l’avaient fait plus tôt.

Avec une coordination sans faille, Haku et elle commencèrent une série de signes tandis que Kimimaro reculait ses membres supérieurs. Ses muscles gonflèrent, des veines et os venant les entourer pour augmenter sa puissance.

Ses compagnons toujours en mouvement, le Kaguya brassa violemment l’air devant lui, projetant dix phalanges qui sifflèrent vers les œuvres en terre glaise. Quatre explosèrent en plein vol, les autres ayant réussi à esquiver l’attaque. Plus en altitude, Deidara observa les six phalanges restantes fuser dans sa direction. Il afficha une mine légèrement étonnée. Malgré sa position et son incapacité à se déplacer, son adversaire était parvenu à aligner ses créations ainsi que lui-même. Sans oublier la projection de ses os à plus d’une soixantaine de mètres de hauteur.

La chimère en terre glaise sur laquelle il reposait battit des ailes pour esquiver cinq phalanges, la dernière lui arrachant une plume.

Au sol, Haku annonça dans la seconde qui suivit sa future attaque.

 

-Hyôton, pluie d’aiguilles mortelles.

 

À ses pieds, la glace de son attaque précédente se mit en mouvement, se divisant en des centaines d’éperons aussi acérés que la lame d’une épée. Le Kitsune frappa du pied, projetant ses armes fraichement créées en contre des six dragons miniatures qui chargeaient toujours. Tous reçurent une dizaine de pics dans leurs thorax ou leurs ailes, les faisant basculer tandis que plus bas, les ninjas de Kiri s’affairaient toujours.

Les explosions retentissant à mi-chemin entre eux et leur opposant, Mahiro acheva enfin son enchaînement de sceaux.

 

-Koton, renforcement par le fer, proclama t’elle d’une voix grave.

 

Les muscles de ses membres se contractèrent, adoptant des éclats métalliques à leur paroxysme. Sous ses pieds, le sol s’enfonça légèrement.

Dans une impulsion soudaine qui déchira la terre molle, elle sauta horizontalement dans les airs en direction d’Haku. Ce dernier ne se retourna même pas quand il sentit la poigne puissante de son allié le comprimer entre ses bras avant qu’elle n’effectue un retournée acrobatique, projetant avec une puissance insensée son compagnon à une trentaine de mètres d’altitude. Sans aucun écartement, l’ancienne disciple du quatrième Mizukage prit appuie sur l’endroit exact où se tenait auparavant le manipulateur de glace et plia les genoux. De nouveau, un cratère se creusa tandis qu’elle s’élançait à son tour dans les airs, rejoignant le cadet des trois frères Kitsune.

À une quarantaine de mètres plus haut, le membre de l’Akatsuki observa l’enchaînement des événements, s’interrogeant sur le pourquoi de la manœuvre sordide. Si ses opposants souhaitaient l’atteindre par un procédé de ce genre, c’était perdu d’avance.

Désormais seul sur la terre ferme, Kimimaro rassembla la plus grande partie du chakra qui lui restait avant d’apposer sa main droite au sol.

 

-Shikotsumyaku, la danse des grandes fougères arborescentes, articula le Kaguya, détachant précisément chacune de ses syllabes.

 

Avant que ne surgissent les premières épines de la forêt mortuaire, une série d’explosions déchira le sol, les bombes sous-terraines percées de part en part au contact des pics blafards qui s’élevaient. Un épais nuage de fumée s’éleva rapidement dans l’atmosphère, dissimulant la totalité de la surface de combat.

Haut dans les airs, Mahiro et Haku contemplèrent d’un œil légèrement soucieux leur compagnon disparaître derrière le voile de poussière.

Encore plus en altitude, Deidara serra les dents. Ainsi, le but de ses adversaires n’était pas lui mais plutôt le champ de mines qui les empêchait de se mouvoir convenablement. Et pourtant, il semblait inconcevable que ce genre de techniques de rang supérieur soit à la portée de simples gamins. Il ferma les yeux et exécuta un unique mudra, paré à répliquer. Si les deux ninjas de Kiri qui s’étaient échappés dans les airs pour tenter de se mettre à l’écart du danger se croyaient saufs, ils allaient bientôt déchanter. De nouveau, une partie de l’extrémité de son dragon aérien se résorba pour former trois miniatures entre ses crocs. Sans attendre, le monstre volant cracha les bombes à retardement qui ne demandaient qu’à arriver à proximité des ennemis de leur artiste.

 

-Shikotsumyaku, croissance de la flore, s’éleva une voix grave, criée, depuis la terre ferme.

 

Dix piliers osseux d’un mètre de diamètre montèrent rapidement pour encadrer Mahiro et Haku, leur octroyant un couloir blanc aux reflets éclatants. Sans faillir, ils interceptèrent la volée de créatures piégées qui chutait des mains de leur ennemi et continuèrent leur ascension. Le manipulateur d’argile ne put qu’écarquiller les yeux. Désormais à plus de soixante-dix mètres, la chimère en terre glaise sur laquelle il siégeait se vit transpercer en plusieurs points sans espoir de riposte.

Les yeux rageurs, Deidara se laissa choir dans l’atmosphère avant de mettre à jour un simple volatile d’une taille juste assez respectable pour lui permettre de le porter sans s’écraser. Au centre du cercle que formaient les dix arbres érigés par son opposant au bout desquels s’écroulait le dragon de terre, le déserteur d’Iwa grinça des dents avant d’entendre l’ultime coup qui allait lui être porté.

 

-Shikotsumyaku, la dernière danse. Caractère buissonnant de la lignée. Expansion et évolution du monde squelettique *.

 

À la surface des colonnes claires, des branches se rejoignirent pour tisser un filet solide, ses bourgeons se démultipliant à une vitesse sans précédent pour bientôt encercler le déserteur du pays de le Terre. Voltigeant et se démenant pour esquiver chacun des assauts, l’oiseau sur lequel il reposait se voyait rapidement acculé aux confins de la toile qui lui était tendue. Deidara déglutit, sentant le piège se refermer sur lui. Dès qu’il esquivait une attaque, cette dernière se scindait en dix autres pour l’engloutir encore plus entre ses mailles. L’envergure de le technique héréditaire était inimaginable et sa puissance destructrice aurait tôt fait de le prendre entre ses anneaux s’il n’agissait pas immédiatement. Il esquissa un rictus de colère, ne voyant qu’un seul choix de recul qui se présentait à lui.

 

Se laissant glisser entre les ramures de l’arbre blanc de leur coéquipier, Mahiro et Haku atterrirent sans encombre sur une surface épargnée par les bombes au sol, rejoignant leur troisième partenaire de bataille. Les traits crispés, Kimimaro portait son entière concentration sur l’action qui se déchainait plus haut, ne prêtant même pas une quelconque attention à ceux qui venaient tout juste de le rejoindre. Ses veines se tendaient à en éclater et son nez perlait de sang tant la puissance déployée était colossale. Ses pupilles émeraude n’étaient plus de marbre, plissées et fermées au possible. Son souffle, rapide et entrecoupé, trahissait toute l’énergie qu’il déployait ainsi que l’épuisement qui le gagnait à la vitesse d’un train lancé à pleine vapeur. Tout ce qui lui restait de chakra passait dans l’exécution de cette ultime attaque.

Haku se contracta, craignant les conséquences physiques de la technique auquel avait recours son frère de cœur. Doucement, il promena son regard sur le bras gauche déchiré recouvert de cartilages qui gisait à terre auprès du Kaguya, probablement emporté par les explosions précédentes. Il ferma les yeux et reporta son attention dans les cieux. Maintenant que le plus âgé du trio Kitsune avait déployé la dernière arme de son arsenal, rien ne pourrait plus l’arrêter excepté la mort de son adversaire.

 

Une explosion résonna à une cinquantaine de mètres au-dessus, brisant une partie du filet qui s’était tissé. Dans la seconde qui suivit, une seconde se déclencha, son souffle puissant projetant Deidara hors du cercle que délimitaient les pylônes. Le torse à nu, en sang, et un bras emporté par sa propre technique, le membre de l’Akatsuki commença sans attendre à manipuler un peu de l’argile qui lui restait.

Au sol, Kimimaro poussa un cri d’acharnement et maintint les yeux clos pour porter sa concentration à l’extrême, puisant dans ses réserves les dernières ressources qu’il y restait. Aussitôt, les branches d’os s’étirèrent en direction de leur proie maintenant hors de sa zone. La portée, la puissance et l’étendue de l’attaque venait à nouveau d’augmenter d’un cran. Ce n’était plus une toile qui se dressait maintenant. C’était un ciel d’épines.

Le déserteur d’Iwa ouvrit grand les yeux, la stupéfaction prenant le pas sur sa colère et son appréhension. La terreur s’installa dans son esprit. Sa monture aérienne détruite, il ne possédait pas assez de temps pour en créer une nouvelle et esquiver. Il resta totalement paralysé quand la centaine de pics qui le poursuivait fut à un mètre de sa personne.

Sans prévenir, toutes les branches d’ivoire se stoppèrent dans leur élan à moins d’une dizaine de centimètres de leur cible. Certaines étaient si proches qu’elles lacérèrent un morceau du tissu qui recouvrait l’artiste.

Rouvrant les yeux, Deidara sentit une pointe acérée chatouiller sa gorge à nu, faisant s’échapper une petite perle de sang le long de sa peau claire.

 

Derrière Haku, le corps du Kaguya s’écroula sans résistance, les pupilles écarquillées. Des spasmes montèrent depuis sa cage thoracique tandis que son souffle s’accélérait à l’extrême, comme s’il requérait un besoin vital de respirer. Expiration et inspiration n’étaient séparées que par quelques dixièmes de secondes, son regard toujours grand ouvert et le moignon de son membre supérieur gauche en sang. Des vaisseaux sanguins avaient teinté d’une couleur écarlate le blanc de ses yeux et sa peau recouverte par un cartilage avait virée vers un noir bien trop sombre pour être naturel.

Quand le manipulateur de glace le retourna sur le dos pour le porter entre ses bras, des toussotements de sang jaillirent de la gorge du blessé.

Au-delà d’une simple inquiétude, Mahiro déchira une partie de la manche de sa tenue blanche pour en faire un garrot au dessus du membre manquant de son coéquipier. Le sang s’arrêta rapidement de couler tandis qu’Haku effaçait les différentes plaies qui ornaient le corps de Kimimaro au moyen d’une technique primaire de soin.

Il s’affola en sentant le pouls et la respiration ralentir, les yeux de jade du plus âgé des frères Kitsune se voilant derrière ses paupières.

 

-Ça ne va pas ! Paniqua le Yuki en reposant le corps de son camarade à terre. À ce rythme, il ne tiendra jamais le coup.

Il serra les dents et leva les yeux, croisant le regard onyx de l’ancienne apprentie du quatrième Mizukage. Une étincelle d’espoir traversa ses traits.

Recule-toi ! Ordonna-t-il.

 

Mahiro obéit et s’écarta de quelques mètres. L’air concentré, le rescapé des purges de Kiri posa sa main sur le buste de son compagnon. Au contact de la paume glacée, le corps allongé se cristallisa dans une convulsion soudaine avant de stopper tout mouvement, pris dans l’étreinte de verre. Sans attendre, Haku fit un pas en arrière et effectua une série de sceaux, érigeant par là-même un immense cercueil de glace polie et transparente. Après quelques instants, la demeure de verre s’enfonça doucement entre les entrailles de la terre, plongeant en profondeur pour se mettre hors de portée de toute attaque.

 

-… Je mets sa vie entre tes mains, Naruto, murmura au vent le jeune homme.

 

Mahiro détourna les yeux et reprit son expression faciale imperturbable. Haku se plaça immédiatement à ses côtés. Aucun d’eux ne laisserait les actions de leur camarade vaines.

À vingt mètres, Deidara darda un regard austère sur ceux qui se tenaient toujours face à lui. Depuis l’échec de la technique osseuse, un deuxième volatile était apparu pour le transporter. Il avait vu la mort de près quelques secondes plus tôt mais ne ferait pas deux fois la même erreur. Il ne fallait surtout pas sous-estimer ses opposants à cause de leur jeune âge. Cette fois, il se donnerait à fond sans hésitation.

Mais tout de même… Déployer son art à son paroxysme pour ces quelques jeunots lui laissait un arrière goût amer au travers de la gorge.

Un rictus irrité sur les lèvres, il dévora une partie de son précieux argile. Jamais il n’aurait cru devoir faire appel au C4 pour ces gamins. Il devait bien l’avouer, chacun d’entre eux valait le détour.

Le ventre du déserteur d’Iwa gonfla disproportionnément avant qu’il ne recrache toute la terre glaise qu’il avait ingurgitée.

Aussitôt, une gigantesque réplique de lui-même se dressa sur le champ de bataille, imposant sa vue à des kilomètres à la ronde. Mahiro et Haku déglutirent. Si cette œuvre colossale avait une capacité de destruction proportionnelle à celles qui avaient précédées, nul doute qu’elle se ferait sentir à des kilomètres à la ronde. Immédiatement, tous deux se lancèrent dans la forêt qui bordait l’espace de combat, courant hors de portée de la future attaque.

 

-Il est inutile de vouloir échapper à mon Garuda C4, éclata de rire Deidara au-dessus de son chef-d’œuvre. Vous êtes finis !

 

Sans transition, il forma de sa seule main restante le sceau du serpent, sa réplique de lui-même en taille démultipliée commençant à gonfler comme une baudruche. Pourtant, son explosion n’engendra pas le moindre souffle ou soulèvement de poussière, à la plus grande surprise de ses opposants qui stoppèrent leur retraite, dubitatifs.

 

-… Un raté ? proposa Mahiro sur un ton qui laissait transparaitre son scepticisme.

 

Elle ne croyait pas. La quantité d’énergie déployée pour la technique était bien trop importante pour n’aboutir à aucun résultat. Il y avait forcément une anguille sous la roche.

 

-Nous allons savoir cela tout de suite, fit son partenaire de combat.

 

Un miroir de glace apparut devant lui avant qu’il n’appose sa main sur la surface polie. À son contact, des runes se tracèrent sur la vitre tandis qu’une paisible lumière venait troubler son éclat.

Le jardin de cristal était en œuvre. Des créatures diverses s’échappèrent, leurs structures transparentes laissant les rayons du soleil les traverser sans se courber. Le visage calme, Mahiro observa la nuée de volatiles et de rongeurs se lancer vers l’endroit où avait explosé le clone d’argile aux dimensions gargantuesques.

Au bout d’une trentaine de mètres, les premières commencèrent à se décomposer à vitesse accélérée, comme rongées par un acide invisible. Certaines s’arrêtèrent pour connaître quelques secondes plus tard le même sort que les précédentes, se désagrégeant sans rien laisser derrière elles.

 

-… Des explosions à un niveau microscopique, souffla Haku, ses traits se crispant d’appréhension. Et elles se rapprochent à toute vitesse.

 

Sans tergiverser davantage, les deux ninjas de la brume poursuivirent leur retraite dans les frondaisons, pourchassés par une horde de bombes invisibles à l’œil nu en lévitation. La nuée d’oiseaux de verre qui avait réchappée à l’extermination se mit derrière eux à distance variante, ce pour évaluer la marge qui les séparait du nuage destructeur. Quelques secondes s’écoulèrent avant que la dernière effigie de cristal ne s’écroule, la propagation de l’attaque étant bien plus véloce que celui de la fuite du duo du pays de l’eau. Haku se mordit la lèvre inférieure. Sans possibilité d’esquive ou de contre-attaque, la technique auquel ils se confrontaient se positionnait à un rang S dans les manuels d’instruction. Une attaque sans possibilité de fuite… Impossible à contrer car microscopique.

Il s’arrêta soudainement, faisant arquer un sourcil à sa compagne. Dans ce cas…

Ses traits se froncèrent, un globe de chakra bleu venant l’entourer pour le préparer à la technique qu’il s’apprêtait à lancer. L’atmosphère se refroidit, la buée se formant à chaque expiration de sa part. Il serra les dents, fermant les yeux pour accroitre encore plus sa concentration et exécuta une courte série de mudras.

Une partie de sa tunique commença à disparaître sous les explosions microscopiques.

 

Soudain, l’air se cristallisa et une barrière sembla s’ériger pour stopper l’expansion du brouillard dévastateur. Derrière le manipulateur de glace, Mahiro put observer les minuscules créatures d’argile englouties sous une paroi transparente, chacune prisonnière dans une bille de la taille d’un grain de sable.

Une perle de sang roula sur les lèvres du Kitsune tandis les veines venaient creuser ses traits. Bientôt, des milliards de cristaux se formèrent dans l’atmosphère, produisant un semblant de bruine extrafine.

 

Deidara se raidit de stupeur. Une technique héréditaire était certes puissante, mais elle ne faisait pas tout. Son adversaire avait dû accomplir un travail acharné pour parvenir à cristalliser jusqu’à l’air ambiant, et ce avec une précision si délicate qu’il réussissait à cibler des créatures de la taille du micromètre. Il se crispa, sentant le flux de chakra qui parcourait son corps s’affaiblir. Si les événements continuaient dans cette direction, la victoire risquait bien de lui échapper. Avec un bras en moins, quelques côtes brisées ainsi qu’un manque d’énergie croissant, son état lamentable l’empêchait de poursuivre l’affrontement avec la même vigueur qu’auparavant.

La fuite semblait être la meilleure solution, mais jamais il ne supporterait le fait d’avoir dû baisser les bras contre de simples gamins.

Un frisson lui remonta l’échina, autant causé par le froid que par la sensation de danger qui émanait de derrière son dos. Un rectangle de glace se dessina dans les airs, laissant aussitôt apparaître le reflet de son ennemi. Il écarquilla les yeux avant qu’une pluie d’aiguilles n’entame sa peau, lui transperçant torse et membres. Avec un mouvement de dernier instant, il était parvenu à esquiver les blessures létales mais déjà, son adversaire surgissait de son miroir pour fuser dans sa direction.

La peau de son bras restant se tordit, comme étirée par des centaines d’explosions à petite échelle. L’homme d’Akatsuki tendit son membre supérieur pour intercepter son opposant, qui le lui trancha d’une lame gelée. Aussitôt, le bras découpé gonfla pour atteindre la taille de plus d’une dizaine de mètres, emprisonnant Haku à travers ses chairs élastiques.

 

Deidara s’autorisa un sourire de triomphe en sautant dans les airs, quittant le lieu de l’explosion qui allait bientôt survenir. À une vingtaine de mètres, il serra les dents et articula un cri de libération, prononçant ainsi les paroles silencieuses qui scelleraient le destin de son adversaire. Le bras disproportionné éclata dans une simple vibration, n’engendrant aucune détonation caractéristique à l’argile.

La stupéfaction traversa un instant le visage du manipulateur de glace, qui s’empressa de cristalliser à nouveau l’air comme il l’avait fait précédemment. Ses traits se déformèrent quand l’intégralité du haut de son kimono se désagrégea.

La bruine de glace réapparut, chacune de ses perles contenant les créatures invisibles à l’œil nu qui flottaient autour du Kitsune.

Une minute s’écoula sans que rien d’autre ne se produise. Haletant, Haku s’écroula en arrière, quittant l’oiseau de terre glaise fabriqué par son ennemi.

Il s’écrasa au sol vingt pieds plus bas, rejoignant l’endroit où venait tout juste d’échouer Deidara. Ce dernier, sourire toujours aux lèvres malgré son corps détruit, criblé d’aiguilles et les deux membres supérieurs absents, se tenait debout face au ninja de la brume.

Tremblant, Haku se releva à son tour, toisant sans vergogne l’homme qu’il affrontait. Et dire qu’un seul criminel de rang S pouvait causer autant de dégât. Mais cette fois, il sentait bien que son ennemi était à bout. La victoire était à portée de main.

À ses côtés, Mahiro vint s’agenouiller, le regard soucieux mais toujours dirigé vers l’ancien ninja d’Iwa.

 

-… Je dois reconnaître que vous n’êtes vraiment pas mauvais pour des gosses, concéda le déserteur, souffle court et cassé en balançant sa tête en arrière. Tu as réussi à trouver une parade à ma technique et ce en un temps record. Puis, et ce dans la foulée, tu es parvenu à me porter une contre-attaque qui aurait bien pu m’être fatale.

Il s’arrêta un instant, reprenant une bouffée d’air, puis afficha un rictus encore plus grand que tous ceux qui avaient précédés.

Néanmoins, si tu crois pouvoir échapper aussi facilement à mon art…

 

Une étincelle de terreur traversa le regard de Mahiro qui reporta immédiatement son attention sur le brun à ses côtés. L’interrogation qui se reflétait à travers les prunelles d’Haku se modifia, se figeant dans une expression de saisissement extrême. Il cracha une bouffée de sang et s’écroula en arrière. Son corps qui ne présentait pourtant aucune blessure toucha le sol dans un bruit sourd, soulevant un petit nuage de poussière qui s’effaça rapidement sous une brise légère. Les yeux tournés vers le ciel, un filet écarlate suinta depuis ses oreilles.

 

-Comment… ? murmura doucement Haku, sentant ses muscles se détendre comme lorsqu’il se plongeait dans un profond sommeil.

 

-Peu importe ta puissance, tu n’as pas pu parer entièrement l’explosion de mon bras qui s’est produite à une distance zéro, ricana légèrement le membre de l’Akatsuki en se reculant. Mes bombes miniatures ont infiltrées ton organisme par les voies respiratoires et ont contaminées tout ton corps. Et lorsqu’elles ont explosées, bien que la puissance ne fût pas suffisante pour te tuer directement du fait du trop petit nombre, elles ont totalement détruit tes organes internes. En bref, il ne te reste plus que quelques minutes à vivre. Mon art triomphe, vois-tu ?

 

Deidara se recula encore, profitant du fait que la dernière en liste à l’affronter s’était agenouillée auprès du corps bientôt mort de son coéquipier. Titubant, il rejoignit l’endroit où était tombé le premier bras qui lui avait été tranché. 

Ignorant totalement les actions de leur ennemi, Mahiro porta toute son attention sur le jeune Kitsune étendu à terre, les larmes s’accumulant sans interruption autour de ses prunelles sombres. Haku ne bougeait déjà plus et seuls ses battements de cils témoignaient encore de son statut de vivant. Lorsqu’il mit en mouvement sa main droite pour la porter au visage de l’ancienne disciple du quatrième Mizukage, un torrent de douleur s’écoula depuis tous les pores de sa peau. Il chassa une larme sur la joue claire de la jeune fille et toussa un instant, le sang continuant de jaillir à chacune de ses expirations.

Un petit sourire désolé vint étirer ses lèvres sèches au goût cuivré par le liquide pourpre.

 

-… C’est bête, hein ? Souffla doucement le Yuki, chacune de ses paroles lui coûtant un déchirement des chairs dans la poitrine. Et dire que c’est seulement maintenant que je me rends compte de ce qui est vraiment. C’est étrange tout de même…

Il toussa, crachant une nouvelle flopée de sang et reprit sa respiration.

Je te comprenais mieux que quiconque. Je t’admirais. Te respectais. Et finalement, mes sentiments sont apparus pour se muer en amour.

Il se tut, fermant les yeux tandis que son sourire grandissait encore plus.

… Je t’aime.

Sa voix baissa en intensité tandis que son pouls venait à ralentir.

J’espère juste ne pas te retrouver trop tôt là-haut. Et que je ne croiserai pas Kimi… chan.

Ses traits s’étirèrent dans une expression amusée, contrastant avec le rouge qui lui souillait le visage.

Dis à Naruto que… je suis désolé pour tous les problèmes que j’ai pu lui causer.

 

Son regard s’éteignit comme le souffle d’une bougie sous le zéphyr. Sur son torse à découvert, les larmes de Mahiro s’écoulaient en cascade, se mélangeant au sang frais qui imprégnait sa peau claire.

Sous les poings serrés de la jeune fille, le pouls du manipulateur de glace venait de se suspendre dans un dernier battement.

 

Tristesse. Rien d’autre n’occupait l’esprit de la ninja de Kiri que cet immense sentiment de peine qui lui lacérait la poitrine à en étouffer. Son chagrin était palpable, engloutissant toutes les autres émotions qui naissaient en elle. La haine, la colère, l’espoir, la rage de vaincre… tout venait de se faire submerger par cette ultime émotion.

Lentement, elle se repositionna debout, laissant ses bras ballants pendre le long de son corps poussiéreux. Devant elle, Deidara souriait toujours, un de ses bras recousu à la va-vite pour lui permettre de tenir. Elle était la dernière à lui faire face. L’ultime obstacle à son chef-d’œuvre. Cinq créatures d’argile fusèrent en direction de la jeune femme, qui n’esquissa pas le moindre geste d’esquive. Simultanément, toutes explosèrent dans un épais brouillard de poussière.

 

Le membre d’Akatsuki écarquilla les yeux de stupeur en voyant son ennemi émerger, indemne. Une couche d’acier l’avait recouverte des pieds à la tête et ses reflets argentés éblouissaient sans mal son opposant. Plus fin, plus rigide, plus dur, plus léger, le métal qui l’englobait se mélangea à sa peau, son sang se durcissant comme atteint par une véritable gangrène. Impératrice de fer, elle commença sa course vers Deidara qui se recula expressément en projetant une dizaine de miniatures d’argile. Elle déchira la série d’explosions comme une simple couche de beurre, sa vitesse n’ayant pas failli malgré les impacts. Des protections d’acier étaient venues entourer tout son visage, se collant sans ménagement à chaque pore de sa peau. Sa tête n’était plus qu’un simple ovale gris à trois fentes pour ses yeux dépourvus de pupilles et sa bouche fermée. Sa chevelure sombre avait disparue sous la couche de métal, de même que les vêtements qui la recouvraient d’ordinaire. Tout son corps miroitait de milles feux, transformé en arme infaillible.

 

Le regard ébahi, Deidara reculait toujours, tentant en vain de ralentir celle qui lui fonçait dessus en se jouant des centaines d’explosions qui détonnaient à même sa peau. Ses créations avaient la capacité de venir à bout des plus imposantes portes de métal, et pourtant, pas la moindre égratignure n’était venue entailler la couche qui recouvrait son opposante. Totalement insensible, elle semblait ignorer chacune des tentatives que provoquait son adversaire. Comme si cela ne la concernait pas.

Sans demi-mesure, le déserteur du pays de la Terre s’arracha son bras fraîchement recousu et l’envoya au contact de la téméraire. En plein vol, le membre gonfla pour éclater en milliards de bombes miniatures, qui vinrent infiltrer les conduits respiratoires de leur cible. Le criminel rassembla ce qui lui restait d’énergie avant de la libérer soudainement.

 

En pleine course, Mahiro s’arrêta, de la fumée s’échappant de l’ouverture qui venait tout juste d’apparaître devant sa bouche, puis reprit son avancée, enchaînant sans problème un pas devant l’autre. Sa halte n’avait durée que quelques secondes à peine et son armure était demeurée intacte, sa surface polie et lisse ne s’étant nullement déformée. Deidara sentit un frisson lui remonter l’échine tandis qu’il contemplait son antagoniste s’approcher, complètement pétrifié dans sa position. Même le C4 à bout portant n’avait su venir à bout du monstre qui lui servait d’ennemi. Il ne savait comment c’était possible. Le niveau était tout simplement irréel.

Il ne cilla même pas quand le poing d’acier percuta avec une violence inouïe les côtes qu’il lui restait, lui désarticulant le reste du corps. Il traversa plusieurs arbres, creusant sur son passage un sillon de plus de cent mètres, et s’encastra finalement dans l’écorce d’un tronc qui stoppa son vol plané. De nouveau, il était revenu sur le terrain où avait débuté le duel. À une dizaine de mètres plus loin gisait le corps d’Haku, dénué de son étincelle de vie. Un peu plus à gauche, la terre remuée qui avait servie de tombe au corps gelé de Kimimaro.

Marchant à pas lent à travers la tranchée qu’avait causé la chute de son ennemi, Mahiro sortit de la forêt, toute expression de son visage dissimulée sous son armure de fer. Deidara l’observa d’un regard dément, souriant dans sa folie. Sur son torse à nu, il saisit de ses dents les ficelles d’un sceau gravé juste au-dessus de son cœur. Tout ce qu’il lui restait de chakra se rassembla au creux de son abdomen, prémisse à une ultime explosion. Sa peau se fissura, une boule de quelques centimètres se matérialisant à l’endroit même où se trouvait la marque.

 

-Ton corps a beau être fait du composé le plus indestructible qui soit, il ne te servira à rien contre ce qui t’attends, prononça le criminel sur un ton fier, amusé. Mon corps va s’autodétruire et générer une explosion telle que tout sera balayé dans plusieurs kilomètres à la ronde, et ce sans que quiconque n’ait le moindre espoir de survie. Je vais mourir et devenir une ultime œuvre d’art, laissant à jamais mes séquelles dans ce monde. L’humanité n’aura d’autre choix que de s’émerveiller devant mon art. Contemple, admire et hurle de désespoir car bientôt, tout ne sera plus. Mon art…

La sphère noire de jais se rétracta sur elle-même.

… C’est l’explosion.

 

Mahiro ne broncha pas, indifférente à ce qu’il survenait. Doucement, elle se rapprocha du corps d’Haku étendu au sol et s’agenouilla à ses côtés, prenant en étreinte le manipulateur de glace. Sur sa peau, son armure miroita la lumière intense qui émanait depuis Deidara. Le sourire sadique sur le visage du membre d’Akatsuki s’évanouit dans l’immense déflagration qui suivit, un dôme de poussière s’élevant peu à peu dans les cieux. Les arbres alentours s’évaporèrent comme un brouillard du petit matin. La puissance découpa l’espace, érigeant une coupole blanche de chaleur. Un immense cratère se creusa, toute la zone se retrouvant entièrement annihilée.

Sur un cercle de plus de quatre kilomètres de rayon, la Terre garderait en mémoire le souvenir de l’immense explosion qui fut provoquée.

 

Lorsque toute la poussière fut retombée, seules deux formes transperçaient l’horizon du champ d’apocalypse. Toujours entre les bras de Mahiro, le corps d’Haku se posa doucement au sol tandis que la maîtresse d’acier commençait à ralentir ses mouvements, ses traits se crispant derrière son casque. Son armure, souillée par la terre et fumante, n’arborait pas la moindre égratignure. Elle contempla derrière son heaume le visage du jeune Kitsune avant de se figer totalement.

La technique de la reine de fer était ultime. Sans faille, procurant une attaque et une défense au Taijutsu invincible, elle transformait le corps de son utilisateur en acier brut. Dès lors, ses veines, son organisme et toute autre partie de son corps se modifiaient en métal indestructible. Que se soit de l’intérieur ou de l’extérieur, aucune attaque, aussi puissante soit-elle, ne pouvait entamer sa surface.

L’ancienne apprentie de la quatrième ombre de l’eau s’immobilisa, chacune de ses articulations se pétrifiant instantanément. Telle était le prix à payer pour ce pouvoir qui ne disparaissait qu’après la mort de celui qui l’avait invoqué.

Elle ferma les yeux, l’armure de métal s’effritant alors qu’elle rendait son dernier souffle de vie. Ses membres se détendirent, relâchant la pression qui les avait maintenus et redevenant de chair et de sang.

Lentement, Mahiro s’écroula sur le torse d’Haku dans un bruit sourd, sa tête venant se poser au creux de son cou. Au milieu du paysage de désolation qui s’étendait à perte de vue, sa main vint saisir dans la mort celle du jeune homme.

 

 

 

-Vous avez entendu ? Souffla Itachi, décontenancé par la quantité de chakra phénoménale qui avait en un instant transpercé l’atmosphère.

 

-Ça venait précisément de là où ils se trouvaient, murmura sombrement Kakashi. Il s’interrompit un instant, se tournant vers Naruto qui supporta son regard sans faillir.

Tu es sûr que tu ne veux pas aller voir ?

 

L’hôte de Kyûbi chassa l’inquiétude qui lui rongeait le visage et se retourna vers le chemin qu’empruntait Pakkun, chien ninja traceur. Ses compagnons étaient forts. Ils pouvaient s’en sortir sans son aide, même contre un ninja de classe S, et ils l’avaient d’ailleurs prouvé à plusieurs reprises déjà. Sans un mot, il continua la route où l’odeur de Natsune était imprégnée sous les indications de l’invocation canine.

Son cœur se serra d’anxiété, un mauvais pressentiment le prenant d’assaut à la vitesse d’un cheval lancé à plein galop. Imperceptiblement, il baissa la tête, l’image du Démon Renard à ses côtés n’osant le troubler dans ses noires pensées.

Les ninjas de Konoha n’émirent pas le moindre commentaire, suivant leur benjamin sans toutefois remonter à son niveau d’avancé. Le visage de Kushina s’était fermé, de même que ceux de Tsunade, Jiraya, Itachi et Kakashi. Aucune parole ne s’éleva pour briser le silence étouffant qui s’imposa rapidement dans le groupe.

 

Lorsqu’une sensation à la fois glaciale et réconfortante caressa sa joue, le Kitsune s’arrêta dans sa course. Au-dessous de son œil gauche, un flocon commençait à fondre, la larme d’hiver glissant entre les méandres de sa peau. Immobile sur l’arbre où il avait stoppé sa marche, il croisa du regard une fleur blanche aux couleurs éclatantes. Ses pupilles s’ouvrirent légèrement quand les pétales se flétrirent, la lumière du végétal se fanant. En quelques instants, la fleur de camélia avait adopté une couleur jaunâtre, malade.

Cette fois, l’étau qui lui comprimait le cœur aurait pu l’étouffer si son bijû ne l’avait pas retenu.

 

À sa droite, le groupe de Konoha se posa sur la même branche que lui. La tension qui se dégageait de leurs auras étonna légèrement Naruto sur le coup, qui ne comprit que quelques secondes plus tard le pourquoi de cette soudaine pression.

Devant la troupe des forces d’élite de la feuille accompagnées du jinchuriki du Roi Démon, trois silhouettes se présentaient, leurs manteaux noirs bordés de nuages rouges et leurs larges chapeaux de paille dissimulant le moindre de leurs traits.

 

 

 

 

*Technique inventée bien évidemment. Je me suis basé sur deux idées pour la mettre au point. La première est le monde de la limaille qu’utilise Sasori au travers de la marionnette du troisième Kazekage. La deuxième est tirée d’un épisode hors-série de la première saison où un homme affronte Naruto avec des fils d’acier. Et après, j’ai tout fait à ma sauce selon les capacités de Kimimaro.

Et en en plus, j’en profite pour faire un petit clin d’œil aux esprits scientifiques qui me lisent.

 

 

 

 

Commentaire de l'auteur Pas taper, je vous prie.
A part ça, vous êtes libres de commenter, toute critique sera la bienvenue. J'espère ne pas avoir rouillé en même temps et que le chapitre vous aura plu. Je publierai d'ici peu (je pense) un nouveau chapitre dans l'héritier (qui est déjà bien avancé) ainsi que dans d'arme à monstre (pas mal avancé également).
En ce qui concerne ce chapitre-ci, il était assez costaud à écrire, je dois l'avouer. Un combat à quatre était différent de mes habituels, sans oublier les morts tragiques qui jalonnent le récit. Enfin bref, j'espère que vous avec tout de même pu apprécier.
Sur ce, je vous dit à la prochaine !
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