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Naruto

Lilium. Auteur: Syowa Vue: 1132
[Publiée le: 2013-12-19]    [Mise à Jour: 2014-01-01]
13+  Signaler Général/Drame/Action-Aventure Commentaires : 12
Description:
La pluie tombe drue sur la dépouille éventrée d’Hashirama Senju. Ses yeux, las, se posent sur le ciel pour lui adresser une dernière et silencieuse prière. Il sent que sa vie s’achève et qu’il a échoué. Le surplombant de toute sa magnificence, Madara Uchiha ne sourit pas. Sa victoire a la saveur âcre de la défaite, comme si le destin n’avait pas suivi sa voie.

Naruto, officiellement nommé Drei, a été arraché à sa famille le jour-même de sa naissance. Choisi arbitrairement pour être le troisième Jinchuuriki de Kyuubi, sa vie entière semble être vouée à la mort et à la destruction. Arme de Destruction massive, il ne connait pas grand-chose du monde extérieur jusqu’à ce que son chemin croise celui du rebelle Neji Hyuuga et des héritiers du clan Uchiha, Sasuke et Itachi.
Crédits:
L'univers et la plupart des personnages appartiennent à Masashi Kishimoto.
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Les enfants de la pluie.

[3757 mots]
Publié le: 2014-01-01Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Salut & bonne année tout le monde ! Vous avez pris de bonnes résolutions ? Personnellement ça fait longtemps que j'ai arrêté... j'y arrive jamais. T_T Mais bon, ici, je suis lancer pour défi d'ajouter un chapitre chaque semaine, voire toutes les deux semaines ! J'espère pouvoir m'y tenir, maintenant. é_é

Quoiqu'il en soit, voilà le troisième chapitre. En espérant qu'il vous plaira et d'avoir quelques commentaires ( niveau motivation, c'est le top, wesh. )

Les enfants de la pluie

Quatre ans plus tard.

 

Dans un vacarme retentissant, le blond bondit vers l’avant, fendant l’air telle une torpille et désintégrant le sol sous ses pieds. Il sentait le pouvoir de la bête couler dans ses veines. Cela faisait longtemps qu’il s’était habitué à cette sensation de toute-puissance, mais les émotions que la Bête lui transmettait via son Chakra le chamboulaient toujours autant. Il avait cependant appris à taire ses propres émotions, alors en faire de même avec celles d’autrui n’était pas quelque chose de difficile pour lui. C’était devenu comme un poids sur le côté de son âme, une pulsation discrète mais bien présente, qui une fois la folie du combat passée, venait se loger dans le creux de sa poitrine et le laissait prostré. La douleur de la Bête était millénaire et incurable, mais c’était le fardeau qu’il avait à porter en échange de son immense pouvoir.

Avec toute la puissance dont il était capable, il abattit son poing sur l’énorme cage thoracique du Susanoo. Cette dernière grinça, se craquela légèrement, mais refusa de céder à son énième assaut. En sécurité derrière le rempart de côtes, Madara jubilait. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu un tel adversaire. Bien qu’il sache que l’adolescent arrêterait de combattre quand il lui demanderait, qu’il ne le tuerait pas tant qu’il ne lui en aurait pas lui-même donné l’ordre, Madara sentait l’excitation de ses combats d’antan faire bouillir son sang.

Le Dieu de la Mort balaya l’air de sa main osseuse, effleurant le torse du jeune homme. Ce dernier parvint cependant à se réceptionner de justesse en prenant appui sur les phalanges fantomatiques.

Il se remit en garde, le bras en avant et le gauche en retrait. Il ne maîtrisait que deux arts ninja – ceux qu’on lui avait permis d’apprendre – mais il les connaissait à la perfection, surclassant bien des maîtres. Il était rapide et précis au Taijutsu, habile et efficace au Fuinjutsu. Cela combiné à la puissance titanesque de la Bête, il pouvait tenir tête à l’homme aux yeux rouges, un tant soit peu.

 Madara évitait d’ailleurs de directement se confronter aux techniques de Taijutsu du jeune homme. Ce dernier était capable de réduire ses os en miette en une courte série de coups. De même, la vitesse que lui conférait Kyuubi avait déjà failli mettre ses Sharingans en échec. Cependant, l’Arme ne pouvait le surpasser une fois qu’il utilisait son Mangekyou Sharingan éternel.

 

« C’est tout ce que tu as ? »

 

Il savait qu’il ne servait à rien de provoquer le Jinchuuriki, mais ce combat le rendait tellement euphorique qu’il ne pouvait s’empêcher de faire comme s’il était vrai. Le faciès du blond restait impassible, analysant la situation de son regard placide. Il ne connaissait aucune émotion et toute celle qu’il était venu à connaître, il les avait rejeté dans un coin oublié de son esprit. Tous ces étranges sentiments venaient souvent de la Bête, qui les lui envoyait à la figure quand il puisait dans son Chakra.

Rage. Douleur. Tristesse. Lassitude.

Révolte.

Toutes ces émotions se frayaient un chemin dans sa conscience, s’accordant avec cette pensée tenace qu’il n’avait de cesse de repousser dans ce même coin oublié. Elles guidaient son poing tandis qu’il répondait avec ferveur à cet ordre : combats-moi. 

Il se plaisait alors à s’imaginer que ce combat était bel et bien réel. Qu’il se battait pour la liberté, ce mot savoureux dont il ne connaissait même pas le sens. Que s’il parvenait à briser l’armure du Susanoo, il aurait son passe-droit pour l’Extérieur.

Alors il frappait, pulvérisait, déchiquetait avec toute la hargne que la Bête possédait.

Il puisa un peu plus dans le Chakra de la Bête rousse et il se para d’un manteau pourpre constellé des symboles complexes du sceau. En surface, sa peau se désintégrait pendant qu’à l’intérieur, le Chakra de la Bête le guérissait continuellement. Il n’en avait cure cependant, ce type de douleur n’était qu’une chiquenaude comparée à ce qu’il avait déjà subi.

Il s’élança à nouveau vers le Maître, grondant comme une Bête enragée. Son poing percuta à nouveau la cage thoracique, exactement au même endroit que précédemment. L’armature osseuse grinça, ploya sous sa force avant de se fissurée d’avantage, pour finalement céder dans un bruit tonnerre. Derrière le spectre bleuâtre, Madara lui sourit à nouveau, avant de cacher son œil droit et lâcher dans un murmure le feu noir de l’Amaterasu.

Drei avait déjà goûté la puissance de ces flammes et il n’était pas prêt de vouloir recommencer. Avec toutes ses forces, il prit appui sur les os – qui se fendirent un peu plus – et se projeta plusieurs mètre en arrière, s’aplatit aussitôt sur le sol et retint son souffle. L’Amaterasu siffla à quelques mètres seulement au-dessus de sa tête avant d’heurter le mur. Le feu – qui ne dégageait aucune chaleur – rongea les briques, pareil à un acide extrêmement corrosif. Drei relâcha lentement son souffle et leva les yeux vers le Maître souriant.

 

« Si j’avais voulu, j’aurai pu t’avoir, chantonna l’Ancien »

 

Comme pour prouver ses dires, il envoya une nouvelle boule de « lumière céleste », fixant Drei d’un œil torve. Ce dernier comprit sans mal qu’il ne s’en tirerait pas à si bon compte et roula sur lui-même, se contorsionnant pour se remettre sur ses pieds. Le  feu suivit son mouvement et réajusta sa trajectoire. D’un mouvement leste et précis, le blond sortit un Kunaï de sa poche – sa seule et unique arme qui lui serait bien sûr reprise après cette passe d’arme. Il grava sur sa main gauche une série de kanji – il n’avait pas le droit d’avoir un parchemin – tout en essayant de distancer la boule de feu. Il devait aussi empêcher le Chakra de la Bête d’atteindre sa main et ainsi l’empêcher de refermer les plaies qu’il s’infligeait. Enfin, quand il eut fini, il s’immobilisa brusquement et tendit sa main sanguinolente vers l’Amaterasu. Quand celle-ci le heurta, il murmura :

 

« Fûinka Kôin. »

 

Le sceau aspira la flamme, l’emprisonnant dans son bras. Drei la sentait sous sa peau, détruisant son membre petit à petit. Utiliser sa chaire et son sang comme réceptacle n’était pas la meilleure idée qu’il ait eue, mais faute d’avoir un parchemin, il n’avait pas le choix et Madara le savait très bien. Il tendit son bras droit, secoué de spasmes infernaux vers le Susanoo et brisa le sceau. Les flammes s’échappèrent de sa peau et filèrent tout droit vers le Maître, bourdonnant comme un frelon furieux. Elles allèrent heurter la partie déjà brisée du squelette de Susanoo et la désintégrèrent en une fraction de seconde. Mais tandis que le feu allait toucher le Maître, l’air se tordit devant lui et avala les flammes jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien.

 

« Kamui. »

 

Drei n’était cependant pas à court de ressources ; il allait profiter de la brèche creusée par l’Amaterasu dans le Susanoo pour porter un coup au Maître. Il prit son essor, prêt à bondir quand...

 

« Ça suffit, Drei. »

 

De la simple injonction de Madara, Drei se retrouva immobilisé. Il avait l’impression que des mains invisible venaient de se refermer autour de son cou. Il suffoquait et cette sensation ne cesserait pas tant qu’il n’aurait pas approuvé l’ordre du Maître. Il coupa le flux de Chakra de la Bête et calma lentement ses esprits. À mesure qu’il se calmait, la sensation de strangulation diminuait. Enfin, elle cessa complétement, le laissant pantelant. Madara avait lui-même désactivé son Sharingan et s’avançait vers l’Arme, le sourire toujours aux lèvres. Quand il arriva à la hauteur du blond, il prit le temps de le contempler, fier de l’adolescent comme on serait fier d’avoir fabriqué un objet complexe soi-même.

 

« C’était amusant, finit-il par lâcher. »

 

Drei se releva lentement et s’inclina profondément avant de se diriger vers la porte.

En l’ouvrant, il se retrouva nez à nez avec « Zwei ». Deuxième arme créée par Madara, juste avant Drei, Zwei était un semi-échec. Obéissant et incontestablement puissant, il était cependant doté d’une santé fragile qui l’excluait des champs de bataille et qui grignotait sa durée de vie. Chaque fois que Drei l’avait croisé, le jeune homme portait un bandeau autour des yeux, marqué d’un sceau qui l’empêchait de l’enlever. Ses cheveux roux, presque grenat, lui rappelaient ceux de son ancien professeur, Hiro. Grand et d’une maigreur affolante, Zwei ne lui portait que très peu d’attention – encore fallait-il qu’il se rende compte de sa présence.

Mais pour le coup, il sentit les yeux de Zwei se poser sur lui à travers le bandeau et le transpercer de part en part. Ils s’observèrent silencieusement, jaugeant l’autre à la manière de deux loups. Ce fut Drei qui coupa ce pseudo-contact, balayant sa « curiosité » d’un revers de main. Il suivit tranquillement ses gardes tandis que Zwei le suivait du regard avant de lui-même pénétrer dans la salle où se trouvait Madara.

 

~

 

L’air était immobile et humide en ce début d’été, presque irrespirable. La nuit était vite tombée, sombre et dépourvue d’étoiles, seulement fendue de la silhouette fantomatique de la Lune. Les villageois, que ces journées brûlantes épuisaient, avaient rapidement fermé boutique pour profiter de l’air frais de leur climatiseur. Namura était un petit village tranquille, situé à une dizaine de kilomètres d’Iwa. Ses habitants, sans histoire, commerçaient la plupart du temps entre eux, tant il était rare d’y voir des voyageurs. Ils ne disposaient que d’une seule auberge et d’un seul bar. Pour l’heure, les rues étaient désertes.

Si on omettait les deux silhouettes encapuchonnées qui s’y glissaient, pareilles à des ombres.

Minato Namikaze marchait en tête. Ses traits étaient méconnaissables à cause d’un Henge – dans l’éventualité où ils auraient croisés un quelconque noctambule. Ses traits s’en trouvaient plus épais et ses yeux, à l’instar de ses cheveux, avaient pris la couleur des feuilles d’automne. Il savait parfaitement où il devait aller. Il avait étudié les plans recueillis par les Hyûga jusqu’à ce qu’ils hantent ses rêves. La mission n’était peut-être pas dangereuse – il n’y avait aucun ninja dans ce village – mais elle était d’une importance capitale. Leur troupe commençait à manquer de vivres et il était hors de question de laisser cela trainer.

Derrière-lui, Neji n’était pas plus reconnaissable. Ses cheveux, habituellement longs et rassemblés en une queue-de-cheval, avaient été remplacés par une coupe militaire. Ses iris était vert foncé, dans lesquels s’agitait une pupille inquiète. Il suivait Minato de près, lui vouant une foi sans égale. Ce dernier était le seul qu’il admirait et craignait avec la même force. Il y avait d’un part cet homme doux et honnête, puis il y avait ce guerrier féroce et intransigeant. Il avait mis tout le monde d’accord lorsqu’ils avaient choisis leur meneur. Même les fiers Hyûga n’avaient pas eu leur mot à dire. Minato s’était naturellement imposé comme leur meneur.

Ils s’arrêtèrent à proximité d’une grande bâtisse, en plein centre du village. Ses lourds rideaux étaient clos tandis qu’une affiche « Closed » barrait sa façade. Il s’agissait de la seule « grande » échoppe du village, là où tout le monde allait faire ses courses.

Neji croisa le regard de Minato, y lisant clairement quelques remords mais surtout une profonde détermination. Cela ne lui plaisait pas non plus de voler ces gens, mais il savait aussi qu’il s’agissait d’une nécessité et qu’ils n’avaient pas l’argent pour payer. Il y a quelques années, il faisait chaque fois la promesse de rembourser les endroits qu’il pillait, mais avec le temps, la liste de ces endroits était devenue si longue qu’il avait fini par en oublier.

Il releva le rebord de sa capuche et activa son Byakugan. Le monde se décolora en négatif tandis qu’il parcourait la maison. Deux silhouettes étaient confortablement emmitouflées dans une chambre à l’étage. Il veilla cependant à ne pas s’attarder sur leur visage ; il préférait que ces gens restent des inconnus. Il n’y avait aucune trace d’autres êtres vivants dans la pièce. Il s’attarda finalement sur le Kunai de Minato, qu’ils avaient disposé quelques heures auparavant ; ils n’avaient pas bougés. D’un signe, il indiqua à Minato qu’il pouvait y aller.

Celui-ci disparut aussitôt et réapparut à l’endroit où se trouvait son Kunai, dans la réserve. Il déploya un large parchemin sur lesquels étaient inscrits une série de sceaux. Il y disposa ensuite tout ce qui lui passait sous la main, prenant en priorité l’eau et les produits non-périssable. Il avait beau prendre le stricte nécessaire, ils étaient devenus si nombreux que les rayonnages se retrouvèrent bien vite dévalisés. Après une légère hésitation, il rajouta des paquets de biscuits qu’ils mangeraient le soir-même. Quand il eut fini, il fit le signe du tigre et les vivres disparurent dans un pouf ! sonore. Il rangea le parchemin et ni une ni deux, il se retrouva à nouveau aux côtés de Neji, qui n’avait pas bougé, Byakugan aux aguets.

Se rassurant d’un regard, ils repartirent, se fondant à nouveau dans les ombres.

 

~

 

Drei n’aimait pas Orochimaru. Une sensation d’effroi et de dégoût le saisissait chaque fois qu’il voyait la peau pâle et les yeux fendus du Sennin. Mais ce n’était pas comme s’il avait son mot à dire. Alors quand l’homme-serpent lui astreignit de retirer son t-shirt, il s’exécuta. Orochimaru émit un hm songeur avant de se tourner vers Madara, qui se tenait en retrait, près de la fenêtre.

 

« Le Noroi s’est beaucoup plus étendu que je l’avais imaginé, dit-il de sa voix sifflante. »

 

Drei baissa les yeux vers son ventre et contempla avec circonspection les traces noires qui le marbraient. Quatre ans auparavant, quand il venait d’activer le Noroi pour emprisonner la bête, le sceau se réduisait à trois cercles concentriques desquels partaient de courtes séries d’arabesques. À présent, ces arabesques s’étaient étendues et tissaient un réseau complexe de lignes. Elles descendaient sur son bas-ventre et ses cuisses et remontaient le long de son torse.

 

« Les Uzumaki n’ont pas banni ce sceau pour rien, reprit le Serpent en se détournant du jeune homme. Il fallait se douter qu’un prix était à payer pour dompter le démon à neuf queues. 

- Insinuerais-tu que j’ai été négligent ? Souffla Madara d’une voix insidieuse.

- Bien sûr que non, Seigneur, lâcha rapidement Orochimaru. »

 

Il se tourna à nouveau vers Drei qui contemplait toujours les symboles compliqués qui jonchaient sa peau.

 

« N’est-ce pas une bonne chose, en fait ? Quand le Noroi se sera étendu à son paroxysme, il ne fera plus qu’un avec le démon. Corps et âme. Ou avez-vous peur de ne plus pouvoir le contrôler, Seigneur ? 

- Ne sois pas ridicule. »

 

Un frisson remonta le long de l’échine de Drei. Il avait depuis longtemps compris que le sceau se nourrissait de ses émotions et de ses souvenirs, mais il n’avait jamais imaginé que tel serait l’issue finale. Il n’avait que faire de ses souvenirs et de ses émotions, mais il était terrorisé à l’idée d’être englouti par la folie de la Bête.

Ils furent interrompus par deux coups frappés à la porte. Madara aboya l’ordre de rentrer et un homme, vêtu de noir et masqué, ouvrit la porte :

 

« L’équipe Oméga est arrivée, Seigneur. 

- Bien, fais-les rentrer. »

 

L’homme ferma délicatement la porte tandis que Drei remettait son t-shirt et qu’Orochimaru allait se glisser dans les ombres de la pièce.

Les membres de l’équipe Oméga rentrèrent un à un, au nombre de quatre. Ils étaient tous des Uchiwa – évidement – puissants et redoutés.

Shisui Uchiwa rentra le premier. Ses courts cheveux en batailles tombaient sur ses yeux félins et son visage impassible. Connu pour avoir les yeux les plus puissants du Clan, il était autant craint qu’envié. Il avait été nommé capitaine de l’équipe Oméga, petit groupe d’élites chargés de traquer l’Aozora et d’affaiblir les villages voisins. Son regard glissa sur les trois membres déjà présents sur la pièce. Il salua Madara, s’inclinant respectueusement, ignora Orochimaru et fixa longuement Drei. Bien qu’il connaisse son existence, il ne l’avait encore jamais vu en vrai. Il ne ressemblait d’ailleurs pas du tout à ce qu’il avait imaginé. On dépeignait souvent une bête folle, sournoise et cruelle, mais ce qu’il avait sous les yeux était un jeune homme aux traits fins et élégants, vide de toute expression. Certes, s’il se concentrait un peu, il pouvait voir le flux complexe et agité de Chakra qui courrait sous la peau du blond. Il pouvait clairement voir le Chakra pourpre du démon se mélanger à celui bleu et lisse de l’adolescent. Enfin, ses yeux tombèrent sur le pendentif qui tombait dans le creux de ses clavicules. Un petit cristal pourpre s’y balançait lentement, duquel émanait le Chrakra de l’Ancien.

Itachi le suivait, fidèle à lui-même. Calme et discret, il s’inclina devant l’Ancien et plus rapidement devant Orochimaru. Puis, comme Shisui, il se perdit dans l’observation de l’Arme. Génie reconnu depuis son plus jeune âge, il avait été nommé lieutenant de l’équipe.

Sasuke entra à son tour. Si son frère était grand et mince, le cadet arborait un physique plus râblé et musclé. Mais la finesse et la douceur de ses traits étaient indéniables. Sasuke s’arrêta à la droite d’Itachi, les épaules raides et le regard fuyant. Il n’avait encore jamais vu l’Ancien et ne se sentait pas à sa place. Avec réticence, il s’inclina devant Madara avant d’être attiré par un éclat blanchâtre sur sa droite ; Orochimaru l’observait, souriant. Un frisson glacé secoua son épine dorsale tandis qu’il sentait le sceau sur son omoplate gauche le brûler. Il se détourna rapidement, sans oser regarder directement l’Arme.

Enfin vint Aika. Grande et gracieuse, elle affichait les attributs classiques des Uchiwa : yeux onyx, des cheveux ailes-de-corbeau et le faciès inaltérable. Son histoire était cependant teintée de honte, chose rare pour un Uchiwa. Elle était l’arrière-arrière-petite-fille de Madara. Son père, Kazuo, était destiné à devenir Hokage comme l’avait été le fils et le petit-fils de l’Ancien. Cependant, Fugaku, qui jugea Kazuo trop faible pour occuper un tel poste, le défia. Fugaku l’emporta et Madara tua lui-même son descendant, jugeant qu’il n’avait pas besoin d’un tel faible et que les bons gènes se perdaient de génération en génération. La honte fut jetée sur Aika, qu’on destinait à un avenir tout à fait médiocre. Cependant, talentueuse, elle parvint à remonter l’échelle sociale, pour finalement intégrer l’élite, l’équipe Oméga. Elle salua Madara, non sans raideur, ignora Orochimaru et passa rapidement Drei en revu avant de revenir sur son « arrière-arrière-grand-père ». Cela dit, ce dernier l’avait définitivement reniée et considérait qu’il n’avait plus de descendant en vie.

Madara et Drei, en retrait derrière son maître, avaient attendu patiemment que tous les membres de l’équipe Oméga soient rentrés. Chose faite, Madara s’avança, suivi de Drei.

 

« Voici, Drei, qui succèdera à Ein, de même que vous avez succédé à la première équipe Oméga. »

 

La première équipe Oméga avait été démantelée lorsqu’ils avaient accompli leur mission : récolter des informations sur les villages des pays voisins. Et quand Ein, premier Jinchuuriki de Kyuubi, avait été abattue par le Quatrième Mizukage.

Drei s’inclina. Il n’avait aucune idée de qui étaient Ein et l’équipe Oméga, il savait juste qu’à présent, il devait également écouter les ordres des nouveaux arrivants.

 

~

 

Il fallait approximativement trois heures pour relier Namura et leur lieu de résidence actuel. Trois heures dans une nuit noire et dans un silence bourdonnant, rempli de la peur du « et si on nous trouvait maintenant ? ». Neji, à l’instar de Minato, se sentait à bout de nerf tandis qu’ils arrivaient lentement mais surement à la fin de leur marche. Ils détestaient le paysage montagneux du pays de la Terre, qui les laissait trop à découvert. Le sol rocailleux était douloureux sous leurs pieds, eux qui étaient habitués aux arbres millénaires de Konoha. Mais ils gardèrent leurs pensées pour eux, se bornant à courir droit.

Pourtant, lorsqu’ils arrivèrent à la lisière du campement, leur attention se relâcha. Ce fut certes de manière infime, mais suffisamment pour engluer leurs cerveaux fatigués.

Et c’est pour cette même raison que lorsque Neji croisa le regard mordoré d’un homme à la chevelure rousse, il ne réagit pas. Il crut d’abord qu’il s’agissait d’un Uzumaki en vadrouille, jusqu’à ce que son regard tombe sur la femme qui se tenait à ses côtés. Ses yeux vert d’eau tranchaient sur le bleu nuit de ses cheveux. Elle était le genre de femme qu’on n’oubliait. De même que les manteaux noirs qu’ils abordaient, marqués de nuages pourpres. Si ce n’était cela, ils ne portaient aucun signe d’appartenance à un village.

 

« Minato ! »

 

Son chuchotement anxieux interpella immédiatement son compagnon, qui s’immobilisa, scrutant les alentours. Son regard tomba rapidement sur les deux silhouettes. Ces dernières n’avaient toujours pas bougé, se contentant de les observer avec curiosité. Bien qu’ils ne dégagent aucune animosité, l’air s’était chargé du parfum âcre du danger. Ils s’observèrent longuement, en chien de faïence.

Ce fut le roux qui rompit l’échange, s’avançant à pas lent, suivi de sa compagne. Minato sentit ses épaules se raidirent imperceptiblement, mais il n’était pas du genre à attaquer le premier. Il ne pouvait cependant pas nier le sentiment de malaise qui lui nouait l’estomac.

 

« Qui êtes-vous ? Avança-t-il finalement, tâchant d’abordeur une pose ouverte. 

- Des vagabonds ? Répondit le roux en souriant légèrement. »

 

Minato le jugea plus jeune que lui, mais plus vieux que Neji. La confiance, qu’il dégageait, dénotait une certaine arrogance qui agaça l’Hyûga. Le roux ne semblait absolument pas les craindre ; il était presque provocateur.

 

« Pourquoi ne pas enlever ce vilain Henge, qu’on puisse voir vos jolis minois ? Ajouta-t-il en s’immobilisant à quelques mètres des deux hommes. »

 

Ce manque de distance amplifia l’électricité qui chargeait l’air.

 

« Pourquoi ne pas commencer par nous donner vos noms ? dit Neji, dont l’agacement rendait la voix rocailleuse.

- Si je vous les donne, il faudra que je vous tue, s’esclaffa gaiement le rouquin. »

 

La tension monta d’un cran. Minato sentait que Neji rongeait son frein ; il décida de calmer le jeu.

 

« Eh bien, nous sommes dans une impasse. Pourquoi ne pas simplement passer nos chemins ? »

 

Le roux éclata de rire. Sur sa droite, la femme changea de position, clairement prête à entamer les festivités.

 

« Ce n’est pas comme ça que ça marche ici, Onii-san. »

 

 

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