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Animes-Mangas

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Naruto

Le fils Auteur: saku77 Vue: 10561
[Publiée le: 2010-06-11]    [Mise à Jour: 2010-10-09]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/School-Fic Commentaires : 46
Description:
Quand des parents n’ont pas réalisé leurs rêves de jeunesse, c’est bien connu, ils les reportent sur leurs enfants. Les attentes sont doubles, la pression est triple et les pétages de plomb sont quadruples.
Haruki Haruno le sait bien puisqu’il en a fait les frais dès sa naissance. La définition d’un garçon ? Dur et implacable, il n’a pas de cheveux longs. Déterminé et sachant imposer sa volonté, il pratique un sport pour se forger le caractère et devenir fort. Voilà comment il a été élevé. Sur ses épaules reposent les rêves brisés de ses deux parents, du moins c’est ce qu’il a toujours cru. Jamais l’idée de remettre en question tout ce qu’on lui a appris ne lui a traversé l’esprit. Il appartient au sexe masculin et ça s’arrête là.
Son quotidien est composé de la vérité mensongère qu’on lui impose, des cours à l’université et des visites en fin de semaine de sa tante. Seulement voilà, depuis quelques temps sa vie prend une tournure moins tranquille et les évènements s’enchainent : Entre cet étudiant – Sasuke Uchiwa – et l’attitude étrange de ses parents qui semblent cacher un lourd secret, Haruki ne doit pas se laisser déstabiliser. Il a un secret à protéger. Un secret mis à mal par Sasuke Uchiwa qui semble bien déterminé à en savoir plus.
A-t-il déjà deviné que le fils parfait est loin d’être parfait ?

** Ceci n'est pas du yaoi **

Crédits:
Les personnages ne m'appartiennent pas. L'univers de Naruto appartient à Masashi Kishimoto.
Seuls les personnages créés pour le besoin de la fic seront à moi.
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Douloureuse évidence

[3075 mots]
Publié le: 2010-10-09Format imprimable  
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Chapitre 9 : Douloureuse évidence.

 

Après que Sakura fut partie, Tsunade laissa échapper un long soupir. La situation se compliquait et menaçait de dégénérer si elle ne mettait pas les choses au clair avec sa famille et sa « nièce ». Avec un air distant elle contempla le paquet de cigarettes laissé sur la table. L’âge et l’expérience lui avaient beaucoup appris, notamment à analyser le comportement d’une personne et deviner la tournure que prenaient ses pensées grâce à l’expression du visage. A l’aide de cela elle avait parfaitement conscience de l’estime que Sakura lui portait et de l’image qu’elle percevait d’elle. Une image faussée. Elle abandonna sa chaise et partit fouiller dans un des tiroirs de la commode de la salle à manger. Son regard se posa sur le livret bleu rangé à l’intérieur. Ce livret retraçait sa vie durant sa période la plus difficile. D’un geste hésitant, elle s’en saisit et l’ouvrit lentement.

 

Lundi 11 juin 1989

 

Arashi dit que je ne suis plus la même, que je ne souris plus comme avant. Je ne peux pas le dire. Je ne peux rien dire. Je n’ai plus faim. Je n’ai plus envie de sortir et d’aller à l’université. Je me sens… Ecœurée et dégoûtée de moi-même. Ma peau me démange. Je hais cette peau si sensible. Je voudrais la gratter, la griffer et l’arracher jusqu’à saigner. J’aimerais y enfoncer mes ongles pour enlever toute cette saleté collée à elle. Sa blancheur ne fait qu’accentuer les marques noires qui s’y trouvent, des traces de mains. J’ai tenté de les masquer avec du fond de teint. Les cacher ne changera rien. Alors j’ai essayé de me brûler. Par-dessus les marques noires se dessinent désormais des marques rouges, mais les traces de mains sont toujours présentes.

Je me suis lavée. J’ai frotté encore et encore. De haut en bas, d’un côté puis de l’autre, dans un sens et dans l’autre. L’odeur est toujours là. Ma peau me donne la nausée. Elle est horrible. Elle est affreuse. Je la déteste ! Je me sens salie. L’eau et le savon n’y feront rien. L’évidence est là… Il m’a touchée. C’est SON odeur qui refuse de me quitter, c’est sa violence qui me détruit un peu plus chaque jour, et c’est le souvenir de ce moment odieux qui n’accepte pas de disparaître de mes yeux. Il m’a violée.

 

Vendredi 15 juin 1989

 

Qu’est-ce que je vais faire ? Toutes ces nausées, ces vertiges à répétition, ces soudaines envies… Tout ça ne peut que signifier que le pire s’est produit. Je suis enceinte de ce salaud. Combien je le hais pour ce qu’il a osé me faire ! Mais maintenant… Il y a cette chose qui grandit en moi, cadeau empoisonné.

Si seulement je n’avais pas été aussi idiote... Mais Marika insistait tellement pour me le présenter. Je ne voulais pas la décevoir, alors j’ai accepté. Marika et lui étaient ensemble depuis déjà dix-huit ans. Elle m’a expliqué qu’ils s’étaient rencontrés lorsqu’elle était en dernière année de lycée, elle avait alors à peine dix-sept ans. Il en avait déjà vingt-six et était son professeur.

Quand elle nous a présentés, quelque chose chez lui m’a immédiatement dérangé. Son faux sourire ? Son regard hypocritement chaleureux et amical ? Ou peut-être ce sentiment oppressant qu’il m’inspirait ? Quoi qu’il en soit, je ne l’aimais pas. Pour Marika, j’ai fait des efforts. J’ai accepté à contre cœur de sortir quelque fois avec eux et leur fils, Ichi.

Un midi alors que nous dinions tous les trois, un coup de téléphone a tout bousculé. Ichi venait de faire une mauvaise chute à son lycée. Marika a dû se rendre rapidement à l’établissement après s’être excusée de devoir nous abandonner. J’ai bien tenté de prétexter une excuse pour partir. Pour m’enfuir. Ca n’a pas fonctionné…

 

Dimanche 17 juin 1989

 

Comment est-ce que je pourrais regarder Marika en face ? Ou même Arashi ? J’ai honte de moi, de ce que je suis devenue. Marika aimait tellement Nakase… Pourquoi a-t-il tout brisé ? Je le hais. Je hais sa semence ayant trouvé un moyen de porter son fruit au sein de moi. Il avait une famille. Il avait Marika et Ichi. Mais il m’a violée sans aucune pitié, sur la table même où nous venions à peine de manger…

Ignoble ! Répugnant !

Quand je suis redescendue de cette espèce de bulle dans laquelle je m’étais enfermée, je me suis mise à pleurer comme une enfant. Je suis détruite. Il a violé mon intimité, brisé ma dignité de femme, piétiné ma vie et sali sans aucun remord les moments passés avec sa femme et son fils. Ma peau couverte de bleus, preuve de sa violence. Les suçons ancrés dans ma chair, marque de son désir sauvage et égoïste. Mes yeux gonflés par ma douleur, signe de sa victoire. Il m’a eue. Il a tout pris. Rien ne m’a été laissé.

Et maintenant je porte cette chose immonde. Ecœurant ! Je ne pourrais jamais supporter de donner vie à sa descendance révoltante et pourrie ! Jamais !

 

Jeudi 6 juillet 1989

 

Impossible de cacher plus longtemps mon état… Arashi et Marika savent. Je suis enceinte. Il m’a bien fallu trouver une explication. Les questions ont fusé de toute parte : Qui est le père ? Te sens-tu capable d’élever cet enfant seule ? Si tu as besoin tu pourras toujours compter sur moi, alors n’hésite pas, d’accord ?

Comment dire à Marika que son mari m’a violée ? Impossible. Je n’ose même plus la regarder dans les yeux. Je pleure tout le temps et je me dispute sans arrêt avec mon frère. Je me sens prisonnière de cette souffrance. Personne ne peut m’aider.

 

Mardi 11 juillet 1989

 

Ichi est venu me voir à l’hôpital. Il était inquiet. Quand il a appris que j’étais enceinte, il n’a rien dit et s’est réjoui. Je l’ai regardé avec curiosité. Il m’a expliqué que pour lui, donner la vie était quelque chose de beau. Il a ri en ajoutant qu’il n’aimerait pas être une femme malgré tout, car accoucher devait être douloureux. Pour la première fois depuis des semaines, j’ai souri et j’ai envisagé qu’avoir un enfant pourrait peut-être m’apporter un peu de bonheur.

 

Tsunade essuya une larme qui venait de s’échapper de ses yeux et murmura :

 

« Tu étais vraiment quelqu’un de formidable, Ichi… »

 

 

« Sakura n’est pas ta sœur »

 

Kyu dévisagea son père avec surprise. S’agissait-il d’une plaisanterie ? L’expression on-ne-peut-plus sérieuse de celui-ci eut tôt fait de lui fournir la réponse. Tremblant, il recula. Il savait que ses parents avaient quelque chose contre sa sœur mais la haïr au point de prétendre qu’elle n’était pas leur fille…

 

« Je sais… commença-t-il la gorge nouée. Je sais que vous avez quelque chose contre Sakura… Mais… »

 

Il marqua une pause et posa un regard dur sur son père.

 

« Je ne pensais pas que vous la détestiez au point de dire une chose aussi horrible ! s’écria-t-il en perdant son calme.

 

- Kyu, fit son père ébranlé.

 

- Je n’ai jamais rien dit… J’ai fait comme si ça ne me concernait pas, reprit Kyu l’air mécontent. Je continuais à considérer Sakura comme ma sœur, et ça s’arrêtait là. Pourquoi est-ce que tu dis que Sakura n’est pas ma sœur ? Parce que ça en revient au même de dire qu’elle n’est pas votre enfant ! »

 

Les poings serrés, il se dirigea d’un pas décidé vers la cuisine. Il se sentait en colère. Son cœur furieux était brisé. Sa sœur qu’il admirait, sa sœur qui le soutenait, le protégeait et parfois l’ennuyait, celle qui enfilait toujours le masque de la force pour dissimuler ses véritables sentiments et sa douleur, allait-elle encore devoir subir une pareille souffrance ? Avec un geste déterminé, Kyu attrapa sa mère par la manche de son pull et l’obligea à lui faire face. Il ne savait pas quelle attitude adopter. Devait-il crier sa colère ou bien pleurer le mal qui déchirait sa poitrine ? Sa vision s’obscurcit quelque peu, sans doute les larmes qu’il retenait. La boule formée dans sa gorge refusait de disparaître et son corps tout entier était secoué de légers spasmes.

 

« Et toi maman ? souffla-t-il d’une voix déchirée. Tu ne dis rien ? Tu te caches dans la cuisine pour fuir la réalité ?

 

- Kyu… murmura sa mère tremblante.

 

- Mais bon sang ! Et les sentiments de Sakura, vous y avez pensé ? Vous n’êtes que deux égoïstes ! tonna Kyu en s’avançant vers la sortie de la cuisine.

 

- Kyu. Attends, l’interpela son père. »

 

Ses pas se stoppèrent et il attendit.

 

« Il y a vingt ans ta mère et moi avons pris une décision. C’était celle qui nous semblait la meilleure, commença celui-ci. Nous n’avons jamais agi que pour le bien de Sakura, n’en doute pas. »

 

Son père d’ordinaire passif et n’aimant pas les confrontations se trouvait à présent derrière lui, prêt à tout lui avouer et embrasser le problème à cœur ouvert. Peut-être bien qu’il avait fait une erreur. Ses parents ne détestaient pas Sakura.

 

« C’est quelque chose que ta mère et moi avons toujours voulu garder secret, mais à vrai dire, la décision ne nous en revenait pas véritablement. Ta tante n’approuvait pas celle que nous avions prise.

 

- Qu’est-ce que tata a à voir dans tout ça ?

 

- … J’y viens, Kyu. J’y viens. Il y a vingt ans alors que ta tante n’était encore qu’une étudiante à l’université, elle a été violée par le mari de sa meilleure amie.

 

- Tata a été violée ? s’exclama Kyu choqué en se tournant brusquement pour faire face à ses parents. »

 

Son père lança un regard désolé à sa mère.

 

« Mais tata est une personne forte, remarqua Kyu en se détendant légèrement.

 

- Elle ne l’était pas tant que ça à l’époque. Ta tante était une jeune femme pleine de vie et de rêves. Elle était naïve aussi et très fragile.

 

- Tsunade et moi étions devenues amies depuis le mariage de ton père avec moi, intervint Yuuka Haruno.

 

- On dirait pourtant que tata et toi ne vous entendez pas très bien, souligna-t-il.

 

- Ce n’était pas le cas à l’époque, fit Yuuka en souriant tristement. Tsunade et moi avions décidé de prendre des cours de cuisine parce que ce n’était pas notre fort… »

 

Kyu découvrait ses parents sous un autre jour. Il observa son père retenir un vague rire à l’évocation de ce souvenir.

 

« Et à ce cours, nous avons rencontré Marika Nara. Nous sommes rapidement devenues proches, même si Marika et Tsunade s’entendaient encore mieux. Marika a décidé de présenter son mari à Tsunade pendant qu’Arashi et moi étions en voyage. Je n’ai donc pas pu me rendre à cette rencontre…

 

- Nakase Nara a saisi l’occasion quand Marika a dû s’absenter pour aller chercher Ichi à l’école. Il a violé ta tante. Au début j’ai juste remarqué un changement dans son attitude. Elle se renfermait petit à petit et ne souriait plus. Cela ne lui ressemblait pas, poursuivit Arashi Haruno. J’ai essayé d’en connaître la raison. Mais je n’y suis pas parvenu.

 

- C’est grâce à Ichi que Tsunade a réussi à surmonter son traumatisme et à mener sa grossesse jusqu’à son terme.

 

- Alors Sakura est l’enfant de tata et de cet homme ? comprit Kyu.

 

- Oui…

 

- Alors la véritable famille à Sakura, est la famille Nara ? »

 

Le bruit d’un objet tombant au sol. Des bruits de pas précipités. Une porte qui claque. Sans même réfléchir Kyu se précipita en direction de la porte d’entrée. Le cœur battant à tout rompre, il l’ouvrit et aperçut sa sœur se tenant au niveau du portail.

 

« Sakura ! cria-t-il. »

 

Elle tourna légèrement la tête pour planter son regard dans le sien. Le vide dessiné dans ses yeux verts lui broya le cœur. Un sourire déchiré étira les lèvres de son aînée tandis qu’elle prenait la parole. Ses mots ne furent qu’un faible murmure. Kyu ne reconnaissait pas la Sakura habituelle. Celle lui faisant à présent face n’était qu’un miroir brisé. Tous les morceaux qui formaient le puzzle de sa vie avaient volé en éclat. Il ne restait plus rien et il comprenait sa douleur, la partageait.

 

« J’ai besoin de réfléchir… »

 

Il remarqua que Sakura était crispée. Elle savait. Lorsqu’il découvrit des larmes s’échappant de ses yeux, un élan le poussa à aller vers elle et à jouer le rôle du grand frère même s’il n’était que le cadet. Réconfort et soutien, mots d’affection et chaleur humaine, voilà ce qu’il lui fallait en cet instant. Trop tard. Le temps qu’il ne se décide à aller vers elle, la jeune femme s’était déjà enfuie…

 

 

« La mère d’Ichi et de Shikamaru était la meilleure amie de ta mère »

 

« Il t’aimait énormément, comme sa propre petite sœur »

 

« Il y a vingt ans alors que ta tante n’était encore qu’une étudiante à l’université, elle a été violée par le mari de sa meilleure amie »

 

« Et à ce cours, nous avons rencontré Marika Nara. Nous sommes rapidement devenues proches, même si Marika et Tsunade s’entendaient encore mieux »

 

La vue brouillée par les larmes, la poitrine écrasée par une souffrance trop grande, Sakura se laissa tomber à genoux dans le parc où elle venait de trouver refuge. Sa peine sembla ne pas vouloir se tarir et la douleur la prenant à la gorge l’étouffa davantage. Après la honte et les regrets causés par l’oubli de ses souvenirs concernant Ichi, il lui fallait désormais faire face à une autre réalité. Une vérité bien plus cruelle, celle du mensonge. Celle qu’elle avait toujours pensé sincère et honnête, son modèle et son soutien, l’objet de son admiration et sa confidente, cette personne n’avait jamais cessé de lui mentir. Machinalement elle se saisit de son téléphone portable et sans réfléchir composa le numéro de Sasuke. La voix grave du brun lui parvint à l’autre bout du fil :

 

« Oui ?

 

- Je…

 

- Sa- Haruki ?

 

- Je vais passer prendre mes affaires.

 

- Ta voix a l’air bizarre.

 

- Je…

 

- Où est-ce que tu te trouves ?

 

- Dans –

 

- Dans ? »

 

Un sanglot lui échappa.

 

« Le parc près de chez moi »

 

Il lui raccrocha au nez et le monde l’entourant redevint silencieux. Son cœur pleura son mal être tandis que sa tête tentait avec peine de remettre de l’ordre dans ses pensées. Son passé n’était qu’un puzzle éclaté dont les pièces avaient été faussement emboitées. Les souvenirs se succédaient dans son esprit, se recoupaient, se mélangeaient et disparaissaient. Ses parents, elle et leur incompréhension mutuelle. La colère et la souffrance de ne pouvoir être celle au plus profond de son âme. La rancœur à l’encontre de son père pour lui avoir inculqué des valeurs écrasant sa sensibilité. L’agacement vis-à-vis de sa mère et ses questions. L’ignorance feinte de celle-ci par rapport aux problèmes causés par son travestissement en garçon. Les moments de complicité fictive entre son père et elle, les heures d’entrainements avec des exercices à répétition, des points communs superficiels et mensongers. Les moments privilégiés avec son frère. Les rires en famille. Tout devenait confus et brumeux. Elle n’était plus dans ce parc, elle n’était plus Haruki ni Sakura. Elle n’était simplement plus personne.

Aussi loin qu’elle put se remémorer, ses actes et pensées ne lui avaient jamais appartenu. Ses passions lui avaient été imposées. On lui conseillait son attitude, lui rappelait ce qu’un garçon faisait et n’aimait pas. On lui demandait d’intégrer l’équipe de football et elle s’y résignait. On lui donnait un journal intime pour évacuer les sentiments trop longtemps conservés dans son cœur et elle l’acceptait sans discuter. Il était temps de teindre ses cheveux car sa couleur naturelle revenait. Aussitôt demandé, aussitôt accepté. Quand s’était-elle perdue en cours de route ? Les larmes amères ruisselant sur ses joues redoublèrent. Elle ne pouvait s’être perdue puisqu’elle ne s’était jamais trouvée. Haruki Haruno n’était qu’une feuille blanche sur laquelle tout un chacun écrivait comment il souhaitait le voir. La feuille changeait alors de couleur, passant du rouge au bleu, se colorant parfois en jaune puis en vert sans jamais se demander quelle était sa couleur. Vide et transparente. Aucune personnalité définie.  

Le grand frère fort et ne pleurant jamais, les vêtements choisis pour elle par sa tante, l’élève modèle et sans problèmes, tout ça n’était pas elle.

« Ce n’est pas comme si ça pouvait être découvert.

- Tu plaisantes ! Si jamais la vérité était dévoilée, ce serait la fin !

- Quelle fin ?

- Parce que c’est dangereux ! Tu le sais comme moi, Arashi ! »

Ces derniers temps les énigmes se multipliaient : L’attitude étrange de ses parents lorsque sa tante l’appelait Sakura, le recouvrement de ses souvenirs concernant Ichi, le fait mystérieux comme quoi sa tante serait sa mère biologique et la famille Nara, sa famille.

 

« Haruki, l’appela une voix qu’elle reconnut sans peine »

 

Elle n’avait pas envie de répondre. Elle ne souhaitait plus répondre à ce nom.

 

« Sakura »

 

A la mention de son véritable prénom elle fit volteface, les yeux encore rougis par ses larmes. Son regard paniqué se posa sur Sasuke dont l’expression hésitait entre l’inquiétude et la froideur.

 

« Comment… bredouilla-t-elle. »

 

Elle le vit tirer un bout de papier de sa poche et le lui tendre.

 

« Je sais, annonça-t-il simplement. »

 

Une case rouge clignota dans son esprit : Danger. Elle déplia le bout de papier et découvrit l’extrait d’un article daté de février mille-neuf-cent-quatre-vingt-seize. Il relatait le cambriolage qui s’était produit chez les Haruno et le meurtre d’Ichi Nara. Son cœur se serra et sa vision se brouilla d’une souffrance refusant d’être contenue davantage.

 

« Tu as gagné le pari, murmura Sakura d’une voix étranglée. Je reprendrai mes affaires aussi vite que possible. Je garderai ton secret.

 

- Tu as intérêt.

 

- Ne dis rien sur… »

 

Elle s’interrompit et contempla le jeune homme. Son expression s’était adoucie et il lui tendait les bras.

 

« Tu sais, commença-t-il, on devrait toujours pleurer quand on en a envie.

 

- Pourquoi tu es venu aussi vite ?

 

- Parce que ta voix tremblait ?

 

- Ca ne te ressemble pas d’être aussi gentil, se braqua Sakura en reculant. Qu’est-ce que tu as derrière la tête ?

 

- Rien, admit-il avec franchise. Je me dis simplement qu’à ta place, moi aussi je me sentirai mal. »

 

Elle n’ajouta rien et se laisser aller dans ces bras qu’on lui tendait. 

 

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