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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1972 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Animes-Mangas

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Naruto

La poupée du Diable
[Histoire Terminée]
Auteur: chichou-sempai Vue: 11760
[Publiée le: 2010-06-28]    [Mise à Jour: 2020-11-30]
13+  Signaler Romance Commentaires : 38
Description:
Je ne suis qu’une pauvre âme humaine prisonnière d’un Seigneur éternel.
La mort ne fut que le commencement de ma vie.

Personnages légèrement OOC. UA.
Lemon soft (pour moi en tous cas) au quatrième chapitre
Crédits:
Les personnages de Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto.
Excepté les habilleuses hystériques, la "demoiselle de couloir" et tous les personnages dont la description ne correspond à aucun des personnages du manga qui sont de ma création.
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Chapitre un: La poupée du Diable

[5272 mots]
Publié le: 2010-06-28
Mis à Jour: 2012-05-02
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

La poupée du Diable

Huit ans. Cela fais maintenant huit ans que je suis morte. J’avais alors dix-huit ans, j’étais une étudiante tout à fait banale avec des amis aussi banaux que moi, une famille banale et les mêmes problèmes que tout le monde. Rien d’exceptionnel en somme. A part cette impression d’être suivie, observée alors qu’il n’y avait absolument rien aux alentours depuis quelques mois. Cette impression ne me quittait jamais. A l'université, en ville, dans ma chambre ou même dans la salle de bain, je sentais toujours la pression d’un regard malsain dans mon dos.

Puis je suis morte. Je fus assassinée serait plus juste. Un poison inconnu dans le monde humain. Mes assassins n’étaient pas humains non plus.

 

Huit ans. Cela fais maintenant huit ans que je suis enfermée dans la même pièce. Cette pièce que je déteste par-dessus tout. Je n’en sors que pour parfaire mon "éducation". Je n’ai ni vie privée, ni vie sociale. En même temps, on ne peut pas vraiment entretenir une vie sociale ici. La plupart des habitants sont plutôt sadiques et très occupés à torturer leur proie et à rire de leurs sanglantes orgies, ils ne sont pas du genre à bavarder de la pluie et du beau temps à ce que je peux observer de la petite fenêtre à barreaux de la porte de ma cellule et de celle qui perce le mur donnant sur l’extérieur pour laisser entrer la faible lumière orange des souterrains. Ici tout n’est que tunnels et cavernes, du moins c’est ce dont je me souviens de ce que j’ai pu entrevoir lors de mon arrivée il y a huit ans.

 

Vous vous demandez sûrement de quel endroit et de quels habitants je parle, non ? Mais du monde souterrain bien sûr! Un monde d’horreur et de luxure, là où vivent monstres et démons en tout genre, où l’on croise des cadavres démembrés et des femmes violées à chaque intersection, où l’air empeste la mort.

Heureusement pour moi, j'échappe à ce triste sort. J’estime que même si je suis enfermée dans cette petite chambre, j’ai de la chance. Je suis nourrie, habillée, logée, on me traite assez bien. Je ne sais pas pourquoi j’ai le droit à un traitement de faveur ni pourquoi on m’apprend à être une femme obéissante envers le Seigneur de Ténèbres.

C’est une "éducation" stricte que l’on me force à assimiler depuis huit ans. Elle consiste à m’apprendre les "bonnes manières" du monde souterrain.

C’est à dire:

-         Etre cacher dans l’ombre de son mari en public.

-         Etre à la disposition de son mari à tout instant.

-         Respecter son mari et ne rien faire tant qu’il ne vous en a pas donné l’ordre.

La bonne blague!

Les vieux démons qui s’occupent de mon "éducation" m’apprennent une chose chaque jour pendant plus d’une heure. Chose que je résume en seulement quelque mot ce qu’ils m’expliquent en un long texte argumenté: il faut être une poupée vivante aux côtés d’un mari qui fera ce qu’il souhaite d’elle. Depuis un an ils me répètent la même chose. Parce que même si je suis enfermé depuis huit ans, cela ne fait qu'un an que j’assiste à ces "cours". Je sais que d’autres femmes ont été forcées de les apprendre mais il parait qu’elles sont devenus folles et se sont suicidées ou même qu’elles ont été abattues par le Seigneur des Ténèbres lui-même parce qu’elles n'ont pas été à la hauteur de ses espérances. Mais moi je n’y crois pas, d’accord le Seigneur des Ténèbres étant, à ce qu’il paraît, du genre susceptible a pu en abattre une ou deux d’entre elles mais tout est fait de sorte que rien ne soit à portée de main afin de mettre fin aux jours d’une personne, du moins concernant les captives. Quelqu’un cherche à tuer toutes les jeunes filles ayant une chance d’intéresser le Seigneur de Ténèbres et la prochaine c’est moi…

 

***

 

Des bruits de pas dans le couloir. Au rythme régulier et trop fort pour n’être qu’une personne, je peux dire qu’il s’agit d’au moins deux soldats, je ne peux pas être sûre du nombre à cause des échos. Ils viennent me donner à manger sans doute puisque ma cellule est la seule pièce du couloir et que mon ventre commence à crier famine. La porte s’ouvre, deux soldats entrent et se placent de chaque cotés de la porte, un troisième apparemment plus gradé que les deux premiers reste dans l’encadrement de la porte et un quatrième soldat attend à l’extérieur. Il n’y a aucune échappatoire, peut-être pensent-ils que je cherche à m’échapper. Honnêtement je préfère rester enfermée dans cette cellule que d’aller me faire violer et éventrer dehors.

 

-         Lève-toi et suis-moi, m’ordonne le plus gradé.

-         Pour aller où? demande-je.

-         Tu le sauras bientôt. Allez dépêche-toi!

 

J’obéis, il est inutile de discuter avec les démons quand on est une simple âme humaine. Le chef ouvre la marche, un soldat à ma droite, un autre à ma gauche et le dernier derrière moi, ils m’emmenèrent vers une sorte de dressing immense où attendent deux démones. La première possèdent des yeux d’un brun presque noir et des cheveux allant du noir vers le rouge en partant des racines qui lui tombent sur les épaules, l’autre avait des yeux orange et des cheveux de la même couleur qui lui arrivent au milieu du dos. Toutes deux sont habillées d’un kimono court, trop court pour la décence humaine, mais vu l’endroit où nous nous trouvons, cela n'a rien de choquant.

 

-         Bonjour Mademoiselle, me saluent-elles d’une même voix.

 

Les soldats sortent en me laissant seule avec ces deux créatures dont les yeux brillent d’une lueur qui ne me dit rien qui vaille avec un sourire collé sur leurs visages qui ne me rassure en rien.

 

-         Nous allons vous habiller Mademoiselle, me sourit l’une.

-         Pourquoi? demande-je, mal à l’aise.

-         Pour le repas, me répond la seconde.

-         Je n’ai pas vraiment envie de me faire manger.

 

Elles me fixent, surprises puis éclatent de rire. Je suis perdue. Ne vais-je pas me faire manger? Alors pourquoi suis-je ici? Je demande:

 

-         Puis-je savoir ce qui vous faire rire?

-         Allons Mademoiselle, vous n’allez pas vous faire manger. Nous sommes là pour vous habiller parce que vous allez dîner avec le Seigneur, me répond la démone aux cheveux oranges.

-         Ah, est la seule chose qui réussit à sortir de ma bouche.

-         Allez, maintenant il faut vous habiller. Nous avons tout un tas de tenues à vous faire essayer pour être la plus belle! sourit la seconde.

 

Fuir. Voilà ce qui me vient à l’esprit. Je les vois s’approcher lentement de moi, trop lentement peut-être. A ce moment je ne les imagine plus comme de belles démones mais comme des créatures prêtes à tout pour arriver à leurs fins: me faire essayer toute sorte de tenues sûrement plus ridicule les unes que les autres.

Elles me font essayer toutes les robes, tous les ensembles, tous les costumes qui passent sous leur nez pour mon plus grand malheur. Elles arrêtent leurs folies sur une robe en dentelle noire seulement qui contrastait plutôt bien avec mon teint pâle. Elle s’arrête à mi-cuisse, le décolleté descend d’une façon peu décente jusqu’en bas de ma poitrine et la dentelle laisse entrevoir plusieurs morceaux de peau tout en cachant les parties les plus intimes. Vraiment aucune décence! Mais comme je l’ai déjà dit: dans ce monde la notion de décence n’existe pas. Elles me chaussent de hauts talons aiguilles et me coiffent de deux hautes tresses savamment rassemblées en un chignon complexe.

 

-         Vous voilà fin prête Mademoiselle! s’extasie la démone aux yeux orange.

-         De quoi ai-je l’air? demande-je mal à l’aise.

-         Vous êtes magnifique! N’hésitez surtout pas à revenir nous voir pour vous habiller! font-elles en même temps, des étoiles dans les yeux.

 

Une autre démone vient me chercher pour me conduire dans la salle à manger où m’attend le Seigneur des Ténèbres. De tout le trajet, elle ne m’adresse pas la parole ni même un regard. Des leçons pour être plus aimable ne serait pas de trop pour cette stupide créature démoniaque qui me regarde de haut, je lui laisserais bien ma place avec les Anciens. J’ai envie de lui arracher les yeux et de les lui faire avaler! Je commence presque à regretter l’hystérie de mes habilleuses qu’on arrive enfin dans la salle à manger. Ma "guide" me laisse à l’entrée de la salle et me dit que le Seigneur me rejoint un peu plus tard sur un ton proche de celui qui veut dire "tu n’es pas la bienvenue ici et tu vas le regretter". Charmant! Elle me laisse seule et je peux enfin me détendre un peu. Mais vraiment qu’un peu, parce que je sens de nouveau ce regard dans mon dos, celui qui ne m’avait pas lâché dans les derniers mois de ma vie d’humaine. Avant c’était désagréable mais maintenant c’est comme si ça me réchauffe de l’intérieur. Etrange…

J’attend ainsi durant quelques minutes et alors que mon ventre est sur le point manifester vivement son envie d’être remplit, une silhouette sort de l’ombre et laisse apparaître un jeune homme d’une beauté époustouflante, de grande taille, à la carrure finement ciselée, de magnifiques yeux rouges et des cheveux aussi noirs que les ténèbres dont il est sorti. Tout à fait mon genre d’homme, du moins physiquement.

 

-         Bonsoir, me salue-t-il.

-         Bon… bonsoir, bégaies-je.

 

Super! T’es la meilleure! Continue!

 

-         Je suis Sa…

-         Sakura Haruno, je sais, me coupe-t-il avec un sourire.

-         Comment le savez-vous?

 

Question stupide! Mon cerveau a dû disjoncter ou griller quand il est apparut, je ne vois que cette réponse à mon comportement.

 

-         Je sais tout sur tout. Après tout c’est mon royaume.

-         Alors vous êtes…

-         Le Seigneur des Ténèbres, me coupe-t-il de nouveau.

 

C’est fou à quel point je peux être idiote, c’en est affligeant. En tout cas il porte bien son nom avec son physique…

 

-         Cette robe te va à ravir, me dit-il.

-         Merci.

-         Mais… tu manque un peu de poitrine, reprend-il en arquant un sourcil.

 

Goujat! Il a osé! Si l’autre démone a besoin de leçons pour apprendre à être plus aimable, lui en aurait besoin pour savoir parler à une jeune femme!

 

-         Et vous de délicatesse.

 

Froncement des sourcils de sa part. Oups… je crois que j’ai gaffé. Maudit caractère! Fallait-il vraiment que je réponde moi aussi?!

Note personnelle: apprendre à tenir sa langue devant le Seigneur des Ténèbres. Le pire! C’est que les Anciens n’arrêtent pas de me le répéter. Cependant il ne fait aucune remarque, aucun geste brusque, au contraire il sourit et m’invite à m’asseoir. J’accepte parce que franchement, ces talons sont trop hauts pour que mes chevilles y survivent. Il s’installe juste en face de moi et un "serveur" nous apporte notre dîner.

 

-         Mange, tu dois avoir faim, me dit-il.

-         Pas vraiment, réplique-je.

 

Et comme pour donner raison au démon devant moi, mon estomac gronde comme pour réclamer sa ration alimentaire qui commence à tarder.

 

-         Tu disais? rit-il.

 

En faisant la moue, je commence à manger un morceau de viande. C’est délicieux! La viande est si tendre! Ca fait si longtemps que je n’ai pas aussi bien manger, je reprends un morceau en moins de temps qu’il n'en faut pour le dire. Me rendant compte de mon comportement, je me stop net et relève les yeux vers le Seigneur des Ténèbres. Il me regarde avec un sourire amuser sur le visage.

 

-         Cela te plaît-il ? me demande-t-il.

-         Beaucoup. Qu’est-ce que c’est ?

-         De l’aile.

-         Ca n’a pas vraiment le goût du poulet.

 

Il émet un rire discret qui me parait plus malsain qu’autre chose. Il me sourit de plus belle et reprend :

 

-         Ce n’est pas du poulet.

-         Qu’est-ce c’est alors ? demande-je.

 

Son sourire s’élargit, ses lèvres s’entrouvrent dévoilant ses magnifiques canines, cela ne me rassure guère et je sais que la réponse ne me plaira pas. Non ne répond pas ! Ne répond surtout pas !

 

-         C’est de l’aile d’ange ma chère.

 

Je le savais! Je savais que la réponse ne me plairait pas. Ce n’est pas étonnant que ce soit de l’ange! Comme s’ils allaient élever des poulets alors qu’il suffit d’aller chercher de la viande sur un cadavre conservé au frais! Mais je n’ai même pas envie d’aller vomir ce que j’ai avalé, je n’arrive même pas à regretter la mort de cette créature céleste qui nous sert de dîner. L’appel de mon estomac réduit tous mes remords à néant. Je me remplis donc la panse et bois jusqu’à plus soif.

Toutefois, une question me trotte dans la tête depuis un moment déjà. Je fixe le démon en face de moi, il n’a même pas touché à son assiette et me regarde encore.

 

-         Je peux vous poser une question ? demande-je.

-         Oui ?

-         Pourquoi suis-je ici exactement ?

-         Parce que j’en ai envie, tout simplement, répond-il.

 

Super! J’adore la réponse! Ca m’avance beaucoup! Toute la soirée il m'a posé des questions sur moi, ma vie d’humaine, sur tout en fin de compte. Et ce manège s'est répété plusieurs fois dans les semaines et les mois qui suivirent, et encore maintenant il me fait des avances discrètes que j’essaie d’ignorer tant bien que mal avec l’effet qu’elles me procurent malgré moi. A chaque fois ce sont les même démones qui m’habillent avec une folie démesurée et c'est toujours la même démone qui m’accompagne avec son regard hautain et son comportement désagréable. Serait-elle jalouse ? Sûrement, vu comment elle regarde le Seigneur des Ténèbres. Mais franchement, je ne la sens pas cette démone !

 

***

 

Tranquillement installée dans ma cellule, je regarde l’Enfer par ma fenêtre. Je ne vois qu’horreur, mort et luxure. Des cadavres démembrés jonchent le sol. Des gloussements et des pas comparables à de petits sauts se font entendre dans le couloir. Je devine facilement de qui il s’agit. Je ne connais que deux personnes aussi hystériques. Si je me fie au rythme rapide et désordonné des pas de mes visiteurs.

Bingo ! Ce sont bien ces deux habilleuses hystériques qui viennent me voir.

 

-         Que faites-vous ici ? demande-je.

-         Nous venons prendre vos mensurations pour vous faire la plus belle robe de tous les temps, me répond la petite démone aux cheveux orange en sautillant sur place et en tapotant ses mains.

 

J’ai gagné le gros lot! Comme si le fait de me torturer avec tous les essayages qu’elles me font subir ne suffit pas, il faut en plus qu’elles viennent prendre mes mensurations!

 

-         Pourquoi?

-         Pour la cérémo…

 

Elle fut interrompue par les mains de la démone aux cheveux rouge et noir. Qu’allait-elle dire? De quelle cérémonie parlait-elle?

 

-         Laisse-la finir s’il te plaît, lui dis-je.

-         Non Mademoiselle, me répond-elle froidement.

-         Pourquoi? Je veux savoir!

-         Nous ne pouvons rien vous dire, c’est au Seigneur des Ténèbres de vous l’annoncer.

-         Je ne sais même pas quand je vais le revoir! m’exclame-je.

-         Vous dînerez avec lui ce soir. Maintenant nous allons finir de prendre vos mensurations s’il vous plaît, m'informe-t-elle poliment.

 

Elles terminent leur travail rapidement et se retirent, me laissant seule de nouveau. Cette solitude ne me convient plus. Depuis les quelques mois où je sors régulièrement de ma cellule je me suis habituée à voir du monde, à ne plus être seule. Alors maintenant je ne supporte plus d’être isolée, mise à l’écart. Je veux que cette solitude se termine vite!

 

Hm? Pourquoi me secoue-t-on comme un prunier? On ne peut plus dormir en paix? Quelle heure est-il? Qui est l’imbécile qui me réveille en plein milieu d’un rêve et qui va se prendre la gifle de sa vie?!

 

-         Lève-toi stupide humaine!

 

Une femme. Bien, elle va regretter de m’avoir réveillé et insulter par la même occasion! Je n'ai pas envie de me lever!

Soudain, je fais un vol plané et me retrouve face contre terre et mon matelas au-dessus de moi. Elle va mourir! Je bondis sur mes pieds et me tourne brutalement vers l’opportune avec un regard, que j’espère, meurtrier. Elle ne cille pas le moins du monde. En même temps je ne dois pas faire très peur avec mes yeux à moitié fermés par le sommeil, les cheveux sûrement ébouriffés et à moitié déshabillée. La démone qui est venue me réveiller n’est autre que ma "demoiselle de couloir", je l’appelle comme ça puisque je ne connais pas son prénom et elle ne m’a jamais adressé la parole jusqu’à aujourd’hui.

 

-         Viens, me dit-elle

-         Pourquoi ?

-         Le Seigneur des Ténèbres t’attend.

 

C’est vrai que je dois dîner avec lui. Ça veut dire que j’ai dormis en plein milieu de la journée? Ça ne va pas ça! Après je ne vais pas dormir de la nuit! Ça craint! Je n’aurais même pas l’excuse d’être fatiguée pour mettre fin à la soirée.

Ah! Il faut que je me rappelle que je dois lui demander quelle est cette histoire de cérémonie! Ça m’intrigue, pourquoi m’habillerait-on pour une cérémonie qui, je suis sûre, ne me regarde pas?

Aujourd’hui mes habilleuses n’ont pas fait de folies. Je suis habillée simplement "pour ne pas tenter le diable" comme disent ces demoiselles hystériques. Etrange détournement du dicton mais vu l’endroit où je me trouve, elles ont plutôt raison. Je suis loin des tenues excessivement courtes dont elles m’affublaient les dernières fois. Je suis vêtue d’une robe très simple dans le style du Moyen-Age mais remise aux goûts du jour et de couleur rouge et noire.

Ma "demoiselle de couloirs" vient me cherche pour m’emmener dans la salle à manger. Elle me laisse en plan au bout du couloir sans même m’ouvrir la porte comme elle le fait d’habitude. Décidément elle est vraiment étrange aujourd’hui. Finalement je tire la lourde porte toute seule, porte qui ne bouge pas d’un pouce. Je pensais qu’elle était beaucoup plus légère puisque je voyais ma "demoiselle de couloirs" la faire bouger sans faire beaucoup d’efforts. Comme quoi, il y a une grande différence entre les démons et les âmes humaines comme moi!

Je suis fatiguée, j’ai faim, j’ai soif, j’ai mal aux mains, j’ai mal aux pieds… Je veux m’asseoir et manger! Moi, chochotte? Oui! Et alors? Je suis habituée à être assistée dans tout ce que je dois faire depuis plusieurs mois!

Pour évacuer cette frustration accumulée contre cette fichue porte, je lui donne un coup de pied. Bien évidemment elle ne bouge toujours pas et moi je reste dans une position absolument charmante, c’est-à-dire que j’ai le pied contre la porte à hauteur de ma taille, les genoux un peu repliés et les deux bras positionnés de façon à me maintenir en équilibre. Très sexy! Le pire c’est qu’il a fallut que le Seigneur des Ténèbres ouvre la porte alors que j’étais dans cette position pour le moins grotesque! Il arque un sourcil et me demande:

 

-         Que fais-tu dans cette position?

-         Euh… rien! Rien du tout!

-         Hn. Et que fais-tu encore derrière cette porte? questionne-t-il.

-         Elle est trop lourde pour moi, avoue-je.

 

Il ricane discrètement de ma force de mouche et m’invite à l’intérieur.

 

-         Tu as bien dormis? me demande-t-il.

-         Par... pardon? Comment savez-vous que j’ai dormis?

-         Ne me dis pas que tu as déjà oublié!

-         Quoi donc?

-         Je sais tout sur tout…

-         C’est votre royaume, achève-je.

 

Il ricane de nouveau en esquissant un léger sourire en coin. Décidément cet homme est aussi adorable que détestable ! Enfin ce n’est pas un "Homme" dans le sens humain, je dirais Démon de sexe masculin d’apparence humaine mais de constitution sûrement différente. Il faudrait que j’en dissèque un pour savoir quelles sont les différences entre un démon et un être humain. Ce pourrait être amusant! Non ce ne sera pas amusant! Evite d’avoir des pensées morbides Saku, tu vas devenir comme eux si tu continue! Mais peut être que si je deviens un peu comme les démons ici je pourrais arriver à tuer un démon insignifiant pour le disséquer! Je suis la meilleure! Mes chevilles? Merci elles vont bien!

Ah! Zut! Je me suis emportée trop vite. Comment pourrais tuer un démon si je n’arrive pas à ouvrir une porte que même une femelle démon arrive à faire bouger sans faire beaucoup d’efforts? Je suis trop bête! Je ne suis qu’une pauvre âme humaine inutile ici!

Ah oui! Il faut que je sache pourquoi je suis séquestrée dans ce monde.

 

-         Je peux vous poser une question?

-         Quelle est-elle?

-         Pourquoi m’avez vous assassinée et emmenée ici il y a huit ans?

-         Pour devenir ma femme, répond-il sur un ton si mielleux que s’en est écœurant.

 

Hein?! C’est quoi ce délire? Je ne veux pas me marier! Je suis trop jeune! Enfin, c’est vrai qu’il est pas mal… Non! Non! Non! Pourquoi moi? Pourquoi m’avoir assassinée? J’avais une vie paisible! Et il a fallut que des démons viennent m’emmener ici pour que j’épouse leur Seigneur trop beau pour être vrai… Euh non! Trop détestable pour passer l’éternité à ses cotés! Non ce n'est pas possible, il s’amuse à me faire tourner en bourrique. Pourquoi un Seigneur quel qu’il soit se serait intéressé à une banale humaine comme moi?

Comment? Les cheveux roses ce n’est pas banal? C’est vrai mais ce n’est qu’une exception parmi tant d’autres! C’est vrai après tout, qu’ai-je fais d’exceptionnel? J’étais dans une ville comme les autres, un lycée, puis une université tout ce qu’il y a de plus normal, une famille "banale" si on met à part le fait que mon père n’était jamais là et que ma mère invitait souvent des gigolos. Mes amis par contre étaient exceptionnels. Vous allez me dire "c’est normal, pour tout le monde les amis sont exceptionnels" et je vous dis que vous avez raison mais ils rendent les journées de cours vivantes et tout le train-train qui va avec. Donc ils sont exceptionnels à leur manière.

Hm? Pourquoi je parle de ça moi? Je suis en train de me perdre dans des pensées qui n’ont rien à voir avec la situation! Hum hum! Reprenons donc l’histoire à partir du début: je me suis faite assassiner par des démons, je suis séquestrée depuis un peu plus de huit ans, je me fais "éduquer" par des vieux depuis un peu plus d’un an, je suis destinée à devenir la femme d’un Seigneur sadique et je ne peux même pas m’échapper de ce monde de fous! Pourquoi moi?!

 

-         Pourquoi avoir choisi une simple humaine? demande-je au Seigneur. Il y a beaucoup de démones très attirantes dehors pourtant. Pourquoi ne pas prendre l’une d’elles pour épouse?

-         Les démones se ressemblent toutes, autant au niveau physique qu’au niveau caractériel. Les humaines sont différentes les une des autres, c’est ça qui les rendent plus attrayantes, me sourit-il.

-         Vous les choisissez au hasard je suppose.

-         Pas tout à fait. Je choisis des jeunes filles ayant une chance de satisfaire mes exigences.

-         Quelles sont-elles ?

-         Tu n’as pas encore deviné avec "l’éducation" qu’on te fournit?

-         Une poupée vivante… chuchote-je.

-         Exact, sourit-il.

-         Donc lorsque vous m’avez vu, vous avez décidé que je pourrais avoir une chance… Et je pense que c’est toujours le cas puisque je suis en vie, dis-je pensivement.

-         Non.

 

Je suis perdue. Si je n'ai pas de chance de lui convenir, pourquoi sui-je encore en vie ? Depuis le temps que l’on m'a amenée ici j’aurais du être tuée si je ne lui plais pas. Il me fixe d’une façon si intense que je me dis qu’il n'a peut-être pas fini sa phrase. Que va-t-il me dire ? Qu’il va bientôt me tuer?

 

-         Tu n’as pas une chance de me plaire. Tu es faite pour moi.

-         Pardon? Je ne comprends pas ce que vous me trouvez.

-         Tu as toutes les qualités requises pour être l’épouse d’un Seigneur comme moi. Tu n’as pas bronché quand cette démone jalouse t’a frappée, humiliée et étranglée.

-         Je m’étais évanouie.

 

C’est vrai qu’une démone a essayé de me tuer il y a quelques temps. J’ai passé un sale quart d’heure. Heureusement que des soldats passaient par-là à ce moment précis, quelques minutes de plus et je passais l’arme à gauche, une seconde fois.

 

-         Peut-être mais il n’y a pas eu que ce moment. Tu ne le sais peut-être pas mais je t’observe depuis bien plus longtemps avant même que tu ne meurs et plus le temps passait, plus j’étais persuadé que tu serais l’épouse idéale.

-         Idéale est peut-être exagérer, non?

 

J'ose le contredire. Je dois être folle pour oser le provoquer de la sorte. Je suis en train de jouer avec ma vie.

Malgré tout il garde le sourire. Qui sait tout ce qu’on peut cacher derrière un sourire.

 

-         Je ne pense pas au contraire, répond-il calmement.

-         Si telle est votre pensée je me dois de la respecter, conclus-je.

-         Je vois que tu accepte ta situation, sourit-il.

-         Je n’ai pas vraiment le choix. Je préfère être l’épouse du démon le plus dangereux que de finir comme toutes les autres âmes dehors. Et puis ce n’est pas comme si vous étiez repoussant.

-         Voyez-vous ça.

 

Son sourire qui s’élargit sur son visage inspire le sadisme à l’état pur et ses yeux mi-clos sont traversés d’un éclair de malice malsaine. Je n’aime pas ça du tout! Pourquoi sourit-il sans arrêt? Qu’il arrête ou ça va m’énerver! J’avoue que ce sourire me fait quand même un certain effet mais jamais, non jamais je ne le lui dirais! Faites que cette soirée se finisse le plus rapidement possible sinon je sens que je vais lui sauter dessus! Ne me regarde pas comme avec ses yeux là! Je vais finir par croire que je suis une friandise!

Quoique, une âme humaine pour un démon est peut-être comparable avec une sucrerie pour les humains, non? Ca a quel goût? Sucré? Salé? Acide? Amer? Non pas amer sinon ils ne les mangeraient certainement pas! Je demande? Non il risquerait de croire que je suis folle. Mais en y réfléchissant, pour eux ça ne doit pas paraître si fou. Aaaah tais-toi Saku!

A la fin de la soirée ma "demoiselle de couloir" me raccompagne jusqu’à ma cellule avec un regard encore plus mauvais que d’habitude. Mais franchement, je ne la sens pas cette démone!

 

***

 

Le parfum du sang. Une senteur que je connais par cœur maintenant.

Des coups. J’en ai tellement reçu que cela ne me fait même plus mal à présent.

Le brouillard de l’inconscience. Un délicieux moyen de me reposer un moment.

Le manque d’air et l’impression de bouillir de l’intérieure. Jamais ressentis.

Qu’est-ce qu’il m’arrive? J’ai beaucoup trop chaud d’un coup et la chaleur continue d’augmentée. J’entrouvre les yeux et là je la vois, cette démone qui ne veut pas qu’une vulgaire humaine devienne la femme du Seigneur des Ténèbres. Je savais qu’elle n’était pas nette. C’est pour ça que je ne la sentais pas.

Je ne veux pas mourir encore une fois mais je n’ai pas la force de lutter contre elle. C’est une démone et je ne suis qu’une pathétique âme humaine faible et fatiguée. Je ne veux pas être assassiné une deuxième fois !

 

-         Crève sale garce! Meurs pour avoir osé prétendre être assez bien pour Lui! crache-t-elle.

 

Son emprise sur mon cou se renforce et la chaleur qui fait bouillir mon sang augmente, je sens les larmes me montées aux yeux. Non! Je ne dois pas pleurer! Je ne lui offrirais pas le plaisir de voir mes larmes, ce serait une victoire trop belle pour elle et ce serait bien trop minable pour moi.

Un liquide chaud s’écoule le long de mes joues rougies pas la chaleur. Mes larmes ont coulé finalement. Pitoyable! Le liquide s’écoule dans ma bouche ouverte par le manque d’air. Etrange. Normalement les larmes ont un petit goût salé, là ça a un goût de fer. La pression effectuée mon cou diminue subitement, j’inspire d’un coup et l’air me brûle la gorge. J’ouvre les yeux, je vois flou, la tête me tourne mais je peux quand même apercevoir le visage ahuri de la créature des enfers dont la gorge est transpercée tout du long par une main masculine.

Son corps retombe lourdement au sol et se convulse inutilement, le sang continuant de gicler des blessures que mon sauveur lui avait infligées.

 

-         Si belle… murmure-je en la regardant.

-         Quoi donc? me demande une voix grave et suave.

-         La mort lui va si bien, lui réponds-je, ma gorge me brûlant toujours. Cette mort cruelle la rendue magnifique.

-         C’est vrai que dans ce monde, la mort ne peut qu’être belle.

 

Il me soulève et m’emmène dans une autre pièce bien plus grande, plus chaude et plus confortable que ma petite cellule obscure.

 

-         Où sommes-nous? demande-je, la gorge en feu.

-         Dans notre chambre.

-         Notre ?

-         Oui, la cérémonie devait s’effectuer ce soir mais dans les circonstances actuelles je vais la repousser.

-         Quelle cérémonie?

-         Notre mariage, sourit-il.

 

J’avais complètement oublié que c’était aujourd’hui. Comment ai-je fais? J’aurais dû m’en souvenir pourtant! Ce n'était pas difficile avec les deux hystériques qui me servent d’habilleuses qui devenaient de plus en plus folles et impatientes et avec cette démone qui a essayer de me tuer qui me regardait d’une manière plus en plus insupportable.

 

-         Lors notre mariage, je te marquerais ainsi tu deviendras une démone toi aussi. Ainsi tu pourras te défendre contre les créatures qui te veulent du mal comme cette démone qui t’a agressé. Tu feras une reine magnifique.

-         Je deviendrais une démone ?

-         Tout à fait. Tu seras presque aussi puissante que moi.

-         Presque?

-         Bien sûr! Il faut que tu puisses te défendre contre n’importe qui mais il faut aussi que j’arrive à te "dominer" si jamais tu te rebelle un jour.

 

Comment dois-je réagir? Dois-je être triste? Ou bien heureuse? Pourtant je ne serais plus une âme humaine sans aucun moyen de défense mais une créature capable d’écraser ses ennemis. Après tout c’est toujours mieux que d’errer dehors en proie à tous les dangers qui courent dans ces labyrinthes de tunnels et de cavernes. Oui, je pense que c’est le meilleur qui pouvait m’arriver ici bas.

 

-         Elle t’a laissé de vilaines marques. Elle n’y est pas allée de main morte, s’étonne le Seigneur des Ténèbres en voyant les marques sur mon corps.

-         A…

-         Ne parle pas! Ménage ta gorge, me coupe-t-il.

 

J’obéis. Je ne peux faire que ça pour le moment. Il nettoie mes plaies, les panses, mit une crème apaisante sur mes bleus et change mes vêtements tachés de sang. Le fait qu’il me voit vu nue ne me dérange pas plus que ça n'aurait dû. J’aurais dû être au moins un peu gênée, non? Pas grave, de toute façon il m’aurait vu dans ma tenue d’Eve un jour ou l’autre puisque je devrais lui donner un héritier après notre union. Je pense que c’est la logique des choses.

C’est drôle, le fait que je me laisse faire ainsi me rappelle les "cours" des Anciens. Une poupée. Voilà à quoi je ressemblais en ce moment. Une poupée abîmée par un enfant et qui se fait soigner par son propriétaire qui n’est autre qu’un Seigneur, à la fois attentionné et sadique, qui prend un malin plaisir à jouer avec moi. Oui c’est ça…

 

Je suis la poupée du Diable.

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