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Naruto

La dingue au calepin
[Histoire Terminée]
Auteur: Madison Vue: 1312
[Publiée le: 2013-10-10]    [Mise à Jour: 2014-07-14]
G  Signaler Romance/One-Shot Commentaires : 5
Description:
"Combien mets-tu de sucre dans ton café ?"
"Tu ne me demandes pas mon prénom ?"
"Etant donné que je m'en fous, non."

Shikamaru haussa les sourcils, bouche ouverte.

UA, aucun spoil, Shikamaru/Temari. One-Shot en parallèle à L'Originalité de l'Esprit n'est pas Folie.
Crédits:
Les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto. L'histoire est à moi.
<< ( Préc )
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La dingue au calepin

[6780 mots]
Publié le: 2014-07-14Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Voici une suite qu'on m'a demandée. J'espère qu'elle vous plaira !


-Tu es vraiment certaine de vouloir m'accompagner ?


-C'est la cinquième fois que tu me poses cette question. Tu radotes, café sans sucre, rétorqua-t-elle.


Shikamaru leva les yeux au ciel, priant il ne savait quelle divinité de venir l'aider. Il avait appelé Temari en début de semaine, histoire d'avoir de ses nouvelles. Celle-ci avait semblé ravie et avait immédiatement demandé ce qu'il comptait faire le week-end suivant. Le jeune homme avait décliné en assurant qu'un tournoi de Shogi l'occuperait. Temari avait sauté sur l'occasion et insistait pour le voir.

Perplexe depuis ce jour, Shikamaru se demandait ce qui pouvait la motiver ainsi alors qu'observer des joueurs réfléchir silencieusement était d'un ennui mortel. Il observa pensivement les nuages tout en marchant d'un pas tranquille, mains dans les poches. Il jeta un coup d’œil discret à la blonde à sa droite. Elle n'avait fait aucun effort vestimentaire particulier, ses cheveux semblaient toujours aussi rêches. Il fut satisfait de ce qu'il voyait. Il ne voulait pas d'une fille compliquée.

Plus ils avançaient et plus Shikamaru se rendait compte qu'il se rapprochait du tournoi. Le stress qu'il était parvenu à endiguer la veille revint sourdement dans sa poitrine. Il inspira discrètement pour se détendre. Rien à faire.


-Tant que j'y pense, commença-t-il, mine de rien. Les questions que tu m'as posées le jour du speed dating, tu les as posées à tous les gars qui sont passés devant toi ?


Temari lui jeta un coup d’œil avant de sourire doucement, l'air malicieux :


-Pas du tout. Je juge à la tête.


Shikamaru plissa les yeux en réfléchissant.


-Et j'avais quelle tête pour subir des questions pareilles ? l'interrogea-t-il, incertain.


-Rassure-toi, tu as une bonne tête. Ce n'était pas les pires questions.


Le jeune homme ferma brièvement les yeux, évita une poubelle au sol et sut d'avance qu'il regretterait ce qu'il allait demander :


-Quelles étaient les pires questions alors ?


Temari plongea sa main dans son sac en bandoulière pour en sortir une épaisse liasse de feuilles. Elle tourna une page, retourna le feuillet puis lut à haute voix :


-Est-ce que si je ne m'épile pas l'hiver, ça pose un problème ?


Elle releva les yeux vers Shikamaru et vit son air horrifié.


-Tu as sérieusement demandé ça à des mecs que tu ne connaissais pas ?


-Ben ouais.


Shikamaru cligna des paupières.


-Et c'est vrai ?


Temari sembla percevoir la supercherie et eut un sourire vicieux :


-Je suis frileuse l'hiver.


Le jeune homme la coupa dès qu'il vit qu'elle allait en rajouter :


-Je ne veux rien savoir de plus !


La jeune femme plissa les lèvres pour s'empêcher de rire. Elle rangea ses feuilles en vrac dans son sac et ils poursuivirent tranquillement leur route. Shikamaru sentait peu à peu l'angoisse grimper dans sa poitrine. Il avait déjà participé à bon nombre de tournoi mais à chaque fois, le stress revenait le hanter. Il souffla silencieusement en observant un chat courir sur la route.


-Tu vas bien ? s'enquit soudain Temari.


Le jeune homme tourna un regard surpris vers elle et se renfrogna en comprenant qu'elle se doutait qu'il n'était pas serein.


-Oui.


Temari plissa les yeux. Ils atteignirent enfin la devanture du club de Shogu. Shikamaru s'arrêta et scruta l'intérieur, l'estomac noué.


-Je croyais que ta plus grande peur, c'était ta mère, lança Temari.


-Tu ne l'as clairement jamais vue en colère, rétorqua-t-il avant de l'observer.


-Sans doute, admit-elle.


La jeune femme sembla pensive quelques instants avant de plonger sa main dans son sac à nouveau. Elle sembla fouiller longuement après quelque chose qui ne semblait pas vouloir sortir. Enfin, son visage s'éclaira dès qu'elle trouva l'objet. Fièrement, Temari sortit un globe terrestre miniature qui tenait facilement dans sa paume. Shikamaru haussa haut les sourcils. Il allait lui faire part de sa surprise quand Temari le coupa net :


-Tu vois ce globe ?


Le jeune homme se laissa prendre au jeu. Il prit la petite sphère dans sa main et l'observa. C'était le monde en miniature quoi.


-Hum.


-Où nous trouvons-nous en ce moment même ? l'interrogea-t-elle.


Shikamaru soupira avant de tourner le globe dans sa main. Il trouva rapidement le Japon et plissa les yeux. Il tendit l'objet à Temari et pointa du doigt un endroit :


-Très approximativement ici.


Alors que le jeune homme allait lui demander à quoi rimait ces questions, il fronça les sourcils. Il rapprocha la sphère de ses yeux. Shikamaru eut soudain le sentiment profond qu'il n'était rien sur la surface du monde. L'insignifiance de sa petite personne le frappa de plein fouet si bien qu'il tourna doucement le globe dans sa main. Sept milliards et quelques. Le jeune homme se rendit pleinement compte du nombre de gens qui habitaient la planète et surtout qu'il pouvait tout aussi bien ne pas exister que cela ne ferait aucune différence. Cette prise de conscience fit disparaître son stress. Shikamaru releva les yeux vers la devanture d'où il voyait l'intérieur à travers la vitrine. Ses adversaires attendaient déjà, observant d'un air critique les plateaux de Shogu.

Un peu hébété, le jeune homme reporta son attention sur Temari. Celle-ci plissait les yeux, l'air concentré sur lui.


-Tu as déjà compris ? l'interrogea-t-elle.


-Compris quoi ? répéta Shikamaru.


-Que nos angoisses et petits problèmes personnels prennent très souvent une ampleur démesurée. En regardant la carte du monde, ça remet les choses en perspective, répondit-elle.


Le jeune homme se sentit profondément stupide à cet instant et n'en comprit pas la cause. Il regarda Temari remballer la sphère du monde dans son sac. Son angoisse avait disparu. Il cligna des yeux plusieurs fois.


-Comment tu fais pour comprendre … ça ? lui demanda-t-il de façon très claire.


Temari détourna le regard vers la vitrine.


-Mon frère est un angoissé. J'ai dû trouver quelques parades pour le rassurer, expliqua-t-elle brièvement. On y va ?


La jeune femme poussa la porte et rentra à l'intérieur. Shikamaru tint la porte mais ne pénétra pas immédiatement dans le local. Il était censé être intelligent, se dit-il. Et une fille était parvenue à lui faire réaliser quelque chose … de tellement évident.


-Elle est dingue, se murmura-t-il, agacé. Elle est juste dingue.



Shikamaru avait gagné trois parties sur quatre. A chaque tournoi, il tombait sur le même gars et systématiquement, ils en arrivaient à une lutte acharnée. Ils gagnaient de manière aléatoire et, même si Shikamaru ne le connaissait pas, il appréciait chacune de leur partie.

Temari avait observé silencieusement toute l'après-midi les plateaux, sortant de temps en temps prendre l'air. Shikamaru l'avait même vu discuter avec un de ses coéquipiers. Finalement, il avait décidé de l'emmener visiter son appartement, histoire de mieux finir la journée. Il était toujours persuadé qu'elle s'était fermement ennuyée et comptait quand même lui faire apprécier la journée. Un minimum du moins.

Ils purent s'y rendre à pied, le jeune homme habitant à une place stratégique entre le club de Shogi et sa faculté. Shikamaru montait d'un air las les escaliers de son immeuble et souffla en arrivant au troisième étage. Il sortit ses clés, déverrouilla la porte puis laissa Temari entrer.


-Est-ce que tu as conscience que tu as de bonnes manières ?


La question désarçonna le jeune homme. Il referma lentement la porte de son appartement puis demanda, perplexe :


-J'ai de bonnes manières ?


Temari réprima un sourire et observa la pièce. Son regard descendit sur le sol.


-La peur que tu as de ta mère t'a peut-être aidé à respecter les femmes, songea-t-elle à haute voix tout en prenant ses aises.


Shikamaru grimaça dans son dos et se jura de ne jamais faire se rencontrer Temari et Naruto. Cet idiot serait capable de ruiner l'image flatteuse que la jeune femme semblait construire de lui. Il enleva ses chaussures en observant Temari enlever son lourd manteau pour partir à la découverte du salon. De l'entrée, il entendit un éclat de rire soudain.

Shikamaru réfléchit rapidement à la cause de cette moquerie et soupira en songeant qu'il n'avait rien fait pour rendre son appartement plus ordonné.

Il vit Temari réapparaître au coin du mur alors qu'il se dirigeait vers la cuisine.


-En fait, tu m'as menti, déclara-t-elle, tout sourire.


-Souvent, quand ma mère commence une phrase comme celle-ci, j'ai droit à un bon quart d'heure d'engueulade. Alors abrège mes souffrances, s'il-te-plaît, expliqua-t-il.


-Tu gardes tes chaussettes parce que ton appartement est très mal isolé, mais aussi parce que c'est dégueulasse chez toi.


Shikamaru se retourna vers elle, l’œil critique. Il observa son parquet, quelques moutons de poussières se baladaient ça et là, une tâche de café résidait près de la table basse. Du linge sale traînait sur le dossier du canapé-lit tandis que des jeux vidéo aux boîtiers ouverts ornaient le cadre de la télé et le meuble sur lequel elle reposait.

Globalement, le jeune homme trouvait son chez lui présentable. Du moins, il avait vu pire.


-Je ne t'ai pas menti, je considère mon appartement désordonné mais propre, tenta-t-il de se justifier.


Devant le sourire malicieux de Temari, Shikamaru préféra changer de sujet.


-Café ? demanda-t-il.


-Sans sucre, rétorqua-t-elle.


Le jeune homme se retourna vers elle, un sourire complice aux lèvres. Quand il enclencha la machine, il alla s'installa lourdement à côté de Temari sur le canapé.


-Dis-moi que tu n'as pas voulu me revoir juste parce qu'on boit le café de la même manière, fit-il, un vague sourire aux lèvres alors qu'il repoussait un boîtier de la table basse du pied.


-Ça y a participé, fit Temari, espiègle.


Il la vit jeter un coup d’œil aux jeux vidéo et elle s'enquit soudainement :


-On fait une partie ?


-Tu sais jouer ? s'étonna-t-il.


-J'ai grandi avec deux petits frères. Fallait les occuper, expliqua-t-elle simplement.


-La dernière fois que j'ai joué avec une fille, elle a fait planter le jeu, ajouta-t-il, suspicieux.


-Comment elle a fait ? s'enquit Temari, ahurie.


-Pour gagner, elle a appuyé sur tous les boutons.


Temari sembla compatir et grimaça en imaginant le désastre. Finalement, Shikamaru démarra le jeu et alla chercher les cafés, sans sucre.



-Tu bloques la sortie à gauche là.


-Non, je suis à l'Ouest.


-Oui, mais tu es à gauche de l'entrée principale, s'agaça Shikamaru.


-Je te dis que ce n'est pas moi, s'enflamma Temari.


-Il n'y a que toi à cet endroit !


-Non, il y a aussi ton idiot de copain ! Et cet abruti s'amuse à bloquer la sortie !


Shikamaru plissa les yeux et dévisagea la télévision. Temari était venue à l'improviste et avait souhaité rejouer en ligne comme ils l'avaient fait deux semaines auparavant. Avec curiosité, Shikamaru avait observé une fille jouer avec une manette et avait adoré leurs petits conflits. Jusqu'à ce que Naruto vienne intégrer le jeu et leur partie. Et comme d'habitude, il faisait le crétin.


-Oh, je n'avais pas vu, maugréa Shikamaru en courbant l'échine, les yeux fixés sur l'écran.


Le jeune homme lança un regard en coin à la jeune femme. Celle-ci faisait de même, l'air bravache, et lorsque leurs regards se croisèrent, ils se sourirent légèrement avant de reprendre leur partie.

Shikamaru attrapa sèchement le casque avec micro, activa la commande et le menaça calmement :


-Naruto, dégage de cette putain d'entrée ou je vais voir ta copine.


Il y eut un bref silence durant lequel Temari jeta un regard surpris au jeune homme à côté d'elle. Shikamaru la vit se relever après avoir mis en pause le jeu pour aller chercher du café. Un soir, ils s'étaient tous deux jetés le défi de boire le plus de tasses de café noir et sans sucre d'affiler. Évidemment, ils l'avaient fait et avaient passé une nuit blanche à bavasser, incapables de s'endormir après la dose de caféine ingurgitée. Le lendemain, Shikamaru avait dormi lors de son cours d'économie.

Temari revint à l'instant même et déposa un mug rempli de cette substance noire et amère. Shikamaru lui fit un petit signe de tête. Naruto répondit alors à travers le casque, d'une voix brouillée par la distance :


-Et qu'est-ce que tu ferais devant Sakura ? Elle te fait peur !


La moquerie était claire dans sa voix ce qui agaça Shikamaru et amusa Temari. Il maugréa quand il remarqua son regard hautain et moqueur.


-Je lui dirai par exemple ce que tu as fait à cette soirée, il y a deux mois chez Sasuke, répondit tranquillement Shikamaru.


Il y eut un long silence à nouveau.


-Qu'est-ce que j'ai fait ? s'enquit alors Naruto, la voix tendue.


Shikamaru arbora alors le sourire propre aux hommes politiques lorsqu'ils venaient de faire un beau et long discours sur la magnificence de leurs actions.


-Dégage de là, asséna-t-il une dernière fois.


Shikamaru déconnecta le micro et le casque, le jeta sur le canapé vide près de lui et reprit la partie. Il vit sur l'écran le personnage de Naruto s'éloigner de l'endroit où il se trouvait. Il eut un sourire victorieux.


-Qu'est-ce qu'il a fait ? s'enquit soudain Temari.


Shikamaru lui lança un coup d’œil, sourit puis répondit :


-Rien. Mais le faire douter suffit toujours.


-Tu es machiavélique, rétorqua-t-elle, un rictus aux lèvres.


La jeune femme se réinstalla sur le canapé et ramassa ses pieds sous ses fesses.


-On a de la compagnie au Nord, l'informa-t-elle.


-Non, ce sont les troupes alliées.


-Et ben vu leur couleur, elles ont viré de bord, grimaça-t-elle.


Shikamaru constata qu'effectivement elle avait raison. Il se pencha pour atteindre son café et en but une longue gorgée.


-Au fait, demain je ne viendrai pas, fit Temari.


-Ah. Pourquoi ? demanda distraitement Shikamaru.


-Je dois conduire mon frère.


Le vague de sa réponse attira l’œil de Shikamaru sur elle. Temari fixa obstinément l'écran. Elle poussa un cri victorieux puis se reconcentra. Elle se rendit compte que le jeune homme ne suivait plus et l'observa à son tour, sérieusement.

Shikamaru dévisageait ses yeux verts, la paille qui lui servait de cheveux, son nez retroussé, son teint mat.


-De quelle maladie souffre ton frère ? s'enquit soudain Shikamaru.


Temari haussa un sourcil et lui sourit narquoisement :


-Je te demande pardon ?


-Je te demande de quelle maladie souffre ton frère, répéta-t-il tranquillement.


La jeune femme perdit lentement son sourire, scrutant le visage de Shikamaru.


-Mais de quoi tu parles ? fit-elle, incertaine.


Le jeune homme soupira. Il aurait voulu que ça vienne d'elle mais apparemment, Temari ne cherchait pas à lui parler. Il braqua son regard sur l'écran de télévision, relança son personnage à l'attaque et tandis qu'il éliminait les ennemis un par un, il expliqua alors d'une voix rapide mais lasse :


-Au speed dating, tu m'as demandé ce que je ferais si je trouvais tes frères bizarres. Étant donné que toutes les questions que tu m'as posées avaient un fond de vrai, j'en déduis qu'effectivement, tes frères sont bizarres. Le jour où j'ai participé à ce tournoi de Shogi, tu m'as parlé de ta manière de calmer les angoisses de ton frère avec le globe terrestre. Il est donc du genre anxieux et tu t'occupes de lui. Ensuite, plusieurs fois, tu as changé d'avis et au lieu de venir chez moi, tu es allée « conduire ton frère » quelque part sans rien préciser. A la limite, j'aurais pu penser que tu ne voulais simplement pas me parler d'eux mais tu fais souvent référence à tes deux frères, donc tu aimerais en parler davantage mais tu ne peux pas. La semaine dernière, tu as ramené ton café africain et en le sortant de ton sac, tu as fait tomber une boîte de médicaments. J'ai vu le nom, j'ai recherché de quoi il s'agissait puis j'ai compris que ces médicaments étaient des anxiolytiques. Vu que tu ne sembles pas spécialement anxieuse pour une nana, je me suis dit que ça n'était pas pour toi mais pour quelqu'un de proche : un frère par exemple. Et pour prendre ce genre de médicament, il ne suffit pas d'être stressé occasionnellement. C'est pathologique. J'en ai donc déduit qu'un de tes frères était atteint d'une maladie psychologique.


Un lourd silence enveloppa l'air d'une chape de tension. Shikamaru se doutait que la jeune femme risquait de très mal le prendre. Il ne l'avait pas regardée une fois pendant ses déductions et attendait une quelconque sentence. Peut-être même un hurlement.


-Café sans sucre, ça ne te va pas. J'aurais du t'appeler Einstein.


Il risqua un coup d’œil vers elle. Temari arborait un sourire contenu. Elle réprimait sans cesse son amusement ce qui provoquait souvent des regards complices entre eux. Shikamaru haussa les sourcils.


-Euh … je m'attendais à ce que tu sortes en claquant la porte en fait.


Temari lâcha un bref rire avant de se réinstaller correctement sur la canapé et de regarder la télé.


-Pourquoi ? Parce que tu as raison ?


-C'est ce que les gens font généralement, grimaça Shikamaru.


-En traînant avec toi, je me doutais que ton cerveau sur-développé risquait d'émerger à un moment donné, dit-elle, l'air condescendant. Pour sortir le dernier théorème de Fermat à un gars qui veut te frapper en pleine rue, tu es soit d'une stupidité sans limite, soit d'une ingéniosité rare.


Shikamaru ne sut pas vraiment comment prendre cette dernière phrase. Il préféra choisir un entre-deux et fit mine de rien :


-Et donc ?


Temari tourna la tête vers lui, un large sourire aux lèvres.


-Schizophrène.


-Moi ?


-Mon frère.


-Ah. Lequel ?


-Le plus jeune.


-Oh.


Ce court échange provoqua une brusque montée d'hilarité en Shikamaru. Cependant, il se retint. Rien n'était vraiment risible excepté le bref quiproquo dont il fut victime quelques secondes auparavant. Il regarda le plafond.


-Ca dérange les gens parfois, se justifia Temari.


-Pas moi.


-Qu'est-ce qui te dérange vraiment ? fit-elle de manière rhétorique.


-A part ma mère …


Ils se regardèrent mais détournèrent vite la tête au risque de partir dans un fou rire. Shikamaru caressa la manette de jeu distraitement puis lança :


-Et je fais quoi si je les rencontre ? Tes frères, ajouta-t-il.


-Tu n'es pas obligé de les rencontrer, remarqua-t-elle.


-Si tu veux rencontrer ma mère, va bien falloir.


-Qui te dit que j'ai envie de rencontrer ta mère ?


-Quand je parle d'elle, tout le monde finit par vouloir rencontrer ma mère.


Temari sourit plus largement en attrapant la tasse de café sur la table basse. Elle en avala une gorgée puis avoua :


-J'aimerais effectivement la rencontrer. Mais je ne voudrais pas t'embarrasser, ajouta-t-elle en lui lançant un coup d’œil.


-Pourquoi tu m'embarrasserais ? s'enquit-il, perdu.


Temari secoua la tête, amusée. Elle ne put répondre, le téléphone portable de Shikamaru vibra sur le sol. Le jeune homme se pencha pour l'attraper, jeta un regard au nom qui apparaissait sur l'écran et soupira tout en décrochant :


-Qu'est-ce qu'il y a, Naruto ?


-Qu'est-ce que vous foutez ? cria-t-il dans le téléphone.


Shikamaru dut éloigner l'appareil de son oreille, la voix du blond s'entendait de loin quand il s'y mettait.


-Ca fait dix minutes que vous ne bougez plus, je me suis fait canarder !


Le jeune homme fronça les sourcils, perplexe tout en observant l'écran de sa télé. Il vit effectivement que Naruto était mort. Il n'eut pas le temps de rapprocher le portable de son oreille que la voix de Naruto résonnait encore :


-T'es en train de conclure ou quoi ?


Shikamaru écarquilla les yeux et n'osa même pas tourner le regard vers Temari, mortifié. Il rapprocha le portable de son oreille et grogna :


-La ferme, espèce d'idiot. Va fricoter avec ta copine.


-Oh, râle pas, Shikamaru. Cette fille est une geek, qu'est-ce qui pourrait mieux te convenir ? Si je n'étais pas avec Sakura, j'en aurais sûrement chercher … oh, Sakura ?


La voix de Naruto s'éteignit progressivement tandis que celle de Sakura s'approchait. Shikamaru entendit perceptiblement la question de la jeune femme aux cheveux roses :


-Qu'aurais-tu cherché au juste ?


L'appel fut coupé au même instant. Shikamaru fut alors partagé entre rire et pleurer. Le silence de la pièce l'interrogea si bien qu'il tenta un coup d’œil vers Temari. Celle-ci cachait sa bouche de ses deux mains, au bord de l'hilarité.


-Je t'en supplie, ne dis rien, lui demanda le jeune homme, dépité.


Temari lâcha un bref rire et minauda :


-Tu veux conclure ?


-C'est pas ce que tu crois, tenta-t-il.


Temari ne le supporta plus et éclata de rire, renversant sa tasse de café par terre.



-Globe terrestre ?


-J'ai.


-Café oriental ?


-J'ai.


-Fleurs ?


-J'ai.


-Sourire ?


-Paré.


-Protège-genou ?


-Tu te fous moi là ? s'exclama Temari, l'air outré.


-Est-ce que j'ai l'air sérieux ? fit-il en réponse, tentant d'alléger la situation.


Temari sembla pourtant considérer cette question initialement rhétorique. Finalement, elle fit la moue et répondit :


-Tu as l'air inquiet.


-Comme tu dis. C'est un air. Prête ? reprit-il, l'observant de haut en bas.


Sans grande surprise, Temari n'avait pas fait beaucoup d'effort pour le jour de sa rencontre avec la mère de Shikamaru. Cela dit, il appréciait le fait qu'elle ne se prenne pas la tête.


-Moi oui. C'est toi qui ne l'es pas, sourit-elle en lançant un coup d’œil à la porte devant eux.


Shikamaru soupira. Cela faisait bien dix minutes qu'ils étaient devant la porte de chez ses parents et il récapitulait les cadeaux que Temari devait offrir à sa mère. Il devait s'avouer au moins à lui-même qu'il était quelque peu angoissé quant à cette rencontre. Ce serait dommage de faire fuir la jeune femme à cause du tyran qui se faisait passer pour sa génitrice. Il aimait beaucoup Temari et une présence plus féminine à ses côtés lui était très agréable, même si la fille avait tout l'air d'être une dure à cuire. Évidemment, en tant qu'homme, il n'avait pu s'empêcher de loucher à ses heures perdues sur elle et il s'était rendu compte, sans grand effort d'ailleurs, qu'elle était bel et bien une femme. Mais vraiment.

Le jeune homme soupira une nouvelle fois pour éviter de trop y penser puis leva une main pour toquer à la porte. A peine eut-il fait ce geste qu'il entendit les voix de ses parents à travers le bois.


-Tu te fiches de moi ? cria une voix de femme.


-Pas du tout, chérie. Tu sais bien que je sors de temps en temps avec …


-Mais j'en ai rien à faire ! Tu m'avais promis d'arrêter de te saouler avec eux !


-Oui, ma chérie. Et je compte bien …


-Pas de mensonge, je te connais. Tu vas encore aller les voir, picoler et … où vas-tu ? s'exclama la femme.


La porte d'entrée s'ouvrit à la volée sur un homme immense qui ressemblait trait pour trait à Shikamaru. Temari lança un coup d’œil aux deux hommes, la mine ébahie.

L'homme les vit tous les deux sur le pas de la porte et se figea dans son mouvement, surpris. Une femme brune accourut alors derrière lui, armée d'un torchon et s'arrêta également. Shikamaru baissa lentement la main, encore prêt à frapper à la porte et se racla la gorge. Le silence l'embarrassait.


-Hum … bonjour, p'pa. Je voulais vous présenter Temari, fit-il enfin, hésitant.


Le père la dévisagea, toujours avec ce même air surpris. Sa femme le rejoignit alors et se glissa entre son épaule et l'encadrement de la porte. Elle observa à son tour Temari, l'air critique puis demanda, la voix tendue :


-Qui est-ce ?


Shikamaru se décomposa doucement en ouvrant la bouche. Temari le devança aisément :


-Je suis sa petite amie. Enchantée de vous rencontrer enfin. Shikamaru m'a dit que vous aimiez les bégonias, fit-elle d'une voix enthousiaste en présentant le bouquet à sa mère.


Shikamaru sentit sa nuque craquer quand il tourna la tête pour dévisager Temari, choqué par la qualification qu'elle s'était donnée. Sa mère le prit doucement, examina les fleurs puis s'exclama, la voix joyeuse :


-Oh, je suis ravie de faire votre connaissance. Entrez, je vous en prie.


Shikamaru sentit sa mâchoire se décrocher et lança un regard atterré à Temari. Celle-ci lui fit un clin d’œil amusé puis lui passa ostensiblement devant pour entrer à la suite de la mère du jeune homme. Shikamaru la laissa faire en entendant Temari lui marmonner :


-Toujours aussi galant.


Et elle s'engouffra dans la maison du diable. Shikamaru resta sur le pallier en compagnie de son père, jusque là figé. Le jeune homme passa une main dans ses cheveux, un peu perdu. Son père se pencha vers lui et lui chuchota rapidement :


-Tu as une copine ?


-Je viens de l'apprendre, répondit-il sur le même ton.


Son père haussa les sourcils et se mit à rire sourdement. Shikamaru soupira et entra dans la maison, suivi par son père. L'homme rejoignit sa femme dans le salon et Shikamaru constata, un peu hébété, que Temari et sa mère semblaient très bien s'entendre. Le jeune homme resta un peu à les observer converser aussi facilement. Il pensait que son dragon de mère allait lui hurler qu'elle n'était pas une fille fréquentable, qu'il devrait s'investir dans ses études et qu'il aurait bien le temps plus tard de se faire des amis. Cela dit, Temari s'était d'emblée présentée comme étant sa copine. Shikamaru sortit de ses pensées quand il entendit la voix de sa mère dire :


-Vous êtes la première copine de Shikamaru. J'espère qu'il n'est pas un goujat avec vous.


En deux phrase, sa mère venait de révéler qu'il n'avait aucune expérience avec les filles et qu'il était un porc avec elles. Merci maman.


-Si j'avais su qu'elle réagirait comme ça, j'en aurais ramené une avant, marmonna Shikamaru, blasé.


-Shikamaru ! claqua sèchement la voix de sa mère.


Bizarrement, Temari lui lança un coup d’œil de travers, les lèvres serrées. Si Shikamaru la connaissait moins bien, il aurait cru qu'elle était en colère. Mais elle se mordait présentement la langue pour ne pas partir dans un fou rire incontrôlable. Cette fille s'amusait à ses dépends, constata-t-il.

Un coup de coude de son père l'interrompit :


-Où l'as-tu rencontrée ?


-A un speed-dating, répondit-il.


Son père haussa les sourcils. Shikamaru balaya de la main sa surprise :


-C'est une longue histoire.


-Et … vous vous entendez bien ? Je sais que les filles et toi …


Il ne poursuivit pas sa phrase. Shikamaru murmura en retour, distrait :


-C'est une geek, elle adore le café et elle ne se prend pas la tête.


Sa réponse sembla particulièrement plaire à son père qui lui offrit un grand sourire plein de fierté. Shikamaru se demanda pourquoi il réagissait ainsi. Son père lui frappa virilement l'épaule, l'air de dire qu'il était content de voir son garçon devenir un homme. Shikamaru détourna le regard, embarrassé et croisa le regard moqueur de Temari.


-Pitié, tuez-moi, souffla-t-il en regardant le plafond.



-Ta mère n'est pas si horrible que ça, commenta Temari en marchant près de Shikamaru.


Il lui lança un regard blasé. Elle ne rétorqua rien mais sourit narquoisement.


-Je ne pensais pas qu'elle réagirait aussi bien, dit-il distraitement.


-Apparemment, elle était ravie de voir que tu t'étais enfin casé, fit-elle en souriant.


-Si seulement je l'avais su avant, déplora-t-il en soupirant.


Temari se mit à rire et ils cheminèrent jusqu'à chez lui. Sur le chemin, la jeune femme s'engagea sur un terrain miné en abordant le sujet principal :


-Au fait, je suis vraiment ta première copine ? s'enquit-elle, l'air de rien.


-Techniquement, non. Puisqu'on n'est pas ensemble, rétorqua-t-il.


En s'entendant répondre cela, Shikamaru se traita d'imbécile. S'il fallait jeter une fille, il savait toujours très bien s'y prendre curieusement.


-Ah mais s'il ne te faut que ça ! s'exclama-t-elle.


Elle pila net, pivota sur elle-même pour faire face à Shikamaru et attrapa doucement sa mâchoire pour l'attirer vers elle. Le jeune homme, surpris, se vit au ralenti s'approcher du visage de Temari et rencontrer ses lèvres. Son cœur s'affola soudainement et il resta figé, incapable de bouger. Curieusement, il se sentait tétanisé par ses lèvres chaudes posées sur les siennes. Temari sembla sentir son trouble car elle recula doucement son visage du sien et l'observa dans les yeux, l'air ravi d'elle.

Shikamaru se détendit lentement en voyant combien elle semblait contente. Il lui offrit un petit sourire auquel elle répondit en embrassant rapidement le coin de ses lèvres.


-Tu es … sûre de toi ? demanda Shikamaru, gêné.


-J'ai l'air de douter ?


-Pas vraiment, c'est pour ça que je me questionne, commenta-t-il, la voix faussement blasée.


Elle se mit à rire et rétorqua :


-Je t'avoue que j'ai eu des doutes. Mais quand j'ai vu ton père, je me suis dit qu'il fallait tenter la chose.


Temari recula, attrapa au vol la main du jeune homme et elle reprit sa route. Shikamaru la suivit, ahuri, jusqu'à ce qu'il comprenne enfin et s'exclame, outré :


-Tu as attendu de voir mon père pour savoir à quoi j'allais ressembler dans vingt ans ?


Temari éclata de rire.



-Je suis sûre que la nana, c'est la fille du riche propriétaire. Et là, elle va lui dire qu'elle l'a trompé, déclara Temari en fixant intensément la télévision.


-Non, elle va lui dire qu'elle est tombée enceinte, rétorqua Shikamaru.


-Pari ? lança-t-elle.


-Tenu.


Shikamaru claqua sa main contre celle que lui tendait Temari, allongée sur son canapé, la tête sur une de ses cuisses. Le jeune homme s'était très rapidement fait à sa nouvelle situation de couple. Il avait longtemps pensé que ça serait davantage une contrainte, voire une corvée dont on s'habituerait finalement. Mais il avait l'impression qu'il s'était trompé. En fait, se reprit-il, il pensait toujours que c'était une sorte de contrainte mais il n'était pas tombé sur une fille agaçante dont la principale préoccupation serait d'aller faire les magasins le samedi. Temari semblait de plus s'être calée sur le rythme d'adaptation du brun, ce qu'il avait particulièrement apprécié.

Le film qu'ils regardaient ensemble était d'une mièvrerie écœurante mais qu'ils s'étaient plu à commenter en attendant que le café passe. Ils avaient prévu de commencer le nouveau jeu vidéo acheté par Shikamaru mais finalement, le café refroidissait dans la cafetière et le jeu était toujours dans sa boite.

Temari lui tapota le genou pour attirer son attention. Elle tendit la main vers la télévision pour lui indiquer ce qui l'interpellait. Shikamaru écouta attentivement.


-... j'attends un enfant …


-Oui ! Je le savais, s'exclama Temari en roulant sur le dos pour voir le visage de Shikamaru.


Le jeune homme lui accorda ce point. Alors qu'elle allait ajouter quelque chose, la télévision attira encore l'attention de Shikamaru. Il posa rapidement sa main sur la bouche de la jeune femme pour la faire taire et écouta :


-… il faut que je te dise … l'enfant n'est pas de toi …


-Ah ! J'avais raison, elle l'a trompé, rétorqua Shikamaru, fier.


Temari lança un regard mauvais à la fille qui passait à la télévision, enleva la main de Shikamaru de sa bouche et répondit :


-Forcément, tout lui arrive en même temps.


-Le gars va accepter la situation, lança Shikamaru.


-Non, il va la jeter, rétorqua-t-elle.


-Pari ? fit le jeune homme, amusé.


-Si je gagne, tu sers le café. Si tu perds, je ne sers pas le café.


Le jeune homme allait accepter rapidement lorsqu'il comprit le sens de sa phrase. Il faillit s'étrangler en lâchant :


-Hey, je ne suis pas une bille, répondit Shikamaru, l'air mauvais.


Temari roula encore sur le dos et minauda faussement :


-J'aurais essayé.


Le jeune homme lui sourit légèrement, en posant sa main sur sa joue. Ils entendirent à cet instant :


-... je veux bien élever l'enfant … mais j'ai besoin de m'éloigner pendant quelques temps.


Les deux jeunes se tournèrent brusquement vers la télé et s'exclamèrent :


-J'ai gagné ! Il garde l'enfant.


-Tu as perdu, il veut partir !


Alors qu'ils se regardaient dans le blanc des yeux pour savoir qui allait flancher en premier, Temari se redressa soudainement pour embrasser Shikamaru à pleine bouche. Perdu, il en oublia le pari et y répondit rapidement. Alors qu'il allait demander l'accès à sa bouche, la jeune femme se recula et chuchota :


-Ton portable sonne.


Shikamaru cligna des yeux une fois, deux fois. Puis sursauta en entendant enfin sa sonnerie de portable. Il bascula sur le côté pour attraper son téléphone sur le sol. Il entendit Temari rire puis elle se leva pour aller chercher le café. Le jeune homme l'observa du coin de l’œil se déplacer avec aisance dans son appartement tout en décrochant :


-Ouais.


Immédiatement, la voix de Naruto retentit dans l'appareil. Shikamaru l'éloigna de son oreille en soupirant lourdement :


-Hey ! Shikamaru, Sakura me demandait si tu voulais venir cet après-midi chez moi.


Perplexe, le jeune homme demanda :


-Pourquoi ta copine veut me voir chez vous ?


-Bah … en fait, je lui ai avoué que j'aimais pas son chaton. Elle l'a très mal pris et du coup, elle veut le montrer à tout le monde pour avoir vos avis ! Alors comme je suis un super petit copain, je voudrais que tu passes pour voir que son putain de chaton est en vérité un monstre sanguinaire.


Shikamaru soupira en levant les yeux au ciel.


-Tu pouvais pas la fermer au lieu de lui dire un truc pareil !


Temari posa alors deux tasses de café sur la table basse et observa le jeune homme, l'air sérieux.


-Oh, allez Shikamaru ! Tu as juste à passer chez moi et je t'emmène chez Sakura. Tu regardes le monstre et tu lui expliques gentiment que c'est pas possible.


Le jeune homme plissa les lèvres et rétorqua :


-Non, je suis occupé aujourd'hui. Je ne vais pas pouvoir.


Un silence s'abattit à l'autre bout du téléphone avant qu'un cri s'exclame :


-Ah ! Alors, ça y est ? Tu as conclu avec ta geek ?


Shikamaru écarquilla les yeux en entendant ça et gonfla les joues devant de telles bourdes. Cependant, il fut surpris de voir Temari tendre le bras pour attraper le téléphone. Elle y colla son oreille et répondit tranquillement, presque moqueuse :


-En fait, chéri, c'est moi qui ai conclu avec lui. Pour le chat de ta copine, dis lui gentiment que tu apprécies les animaux mais qu'elle a tendance à t'occulter lorsqu'elle le voit. Elle pensera que tu t'es mal expliqué et qu'elle a une part de responsabilité. Sur ce, je te rends à Shikamaru.


Temari replaça fermement le téléphone dans les mains de Shikamaru, éberlué, qui le remit à son oreille, les yeux fixés sur sa copine. Le jeune homme ne sut quoi dire suite aux explications prodiguées par Temari. Il réfléchit vivement à ce qu'elle venait de faire lorsque la voix de Naruto s'écria dans le téléphone :


-J'adore ta copine ! Garde la surtout ! Et file moi son numéro de portable, il faut qu'elle m'explique pourquoi Sakura s'échine à se colorer les cheveux en rose alors que je veux la voir en brune.


Shikamaru grimaça et plaça deux de ses doigts sur son nez pour le pincer doucement, les yeux fermés. Il soupira et coupa le blond quand il sentit qu'il allait reprendre :


-Naruto, on se rappellera une prochaine fois. Et non, tu n'auras pas le numéro de Temari.


Shikamaru coupa la communication et balança son portable sur le tapis au sol. Il souffla lourdement et tourna la tête vers la jeune femme qui n'avait pas bougé, assise sur la table basse près des mug de café. Elle le regardait moqueusement, comme quand elle était fière d'elle.


-Tu viens de couvrir Naruto auprès de Sakura. Tu risques maintenant de te faire harceler, lui apprit-il, sombrement.


La jeune femme lui offrit un sourire profondément narquois tout en posant les coudes sur ses jambes croisées.


-C'est donc uniquement de peur que je me fasse harceler que tu n'as pas voulu lui donner mon numéro ? lui demanda-t-elle, sarcastique.


Shikamaru plissa des paupières tout en la dévisageant. Il attrapa la main qui tenait le menton de Temari et l'attira sur le canapé.


-Je te vois venir, femme. Et je t'interdis de continuer.


-Oh, mais tu peux bien m'interdire ce que tu veux, ce n'est pas ça qui va m'empêcher de faire ce que je veux, rétorqua-t-elle rapidement, plus sèche.


Shikamaru se rendit compte de la façon dont il lui avait parlé en l'entendant répliquer et il perdit de sa superbe. Il se mit à bafouiller un peu avant de parvenir à répondre :


-Je ne t'interdis rien … c'est juste que Naruto peut être envahissant, tenta-t-il de se rattraper.


Il lui jeta un coup d'oeil en coin, incertain et vit qu'elle semblait s'être adoucie. Elle lui fit un petit sourire.


-J'avais bien compris.


Comme en gage de paix, Temari se pencha pour attraper leurs mug et en donna un à Shikamaru. Elle s'installa mieux contre son côté et marmonna :


-Quand tu m'as parlé de Naruto et de sa copine, tu m'as bien précisé qu'il en était dingue. Alors ne t'affole pas.


Le jeune homme détourna le regard, gêné quand il réalisa qu'elle avait compris qu'un bref élan de jalousie l'avait saisi aux tripes. Il acquiesça mollement, sans s'attarder davantage sur le sujet et apprécia au passage la subtilité de la jeune femme. Il se serait vexé si elle lui avait clairement exposé sa brève jalousie. Il se trouvait d'ailleurs ridicule puisqu'il savait, et ce de manière logique, qu'il n'y avait aucun risque. Surtout avec Naruto, se dit-il.

Il sentit la jeune femme embrasser doucement sa joue ce qui le détendit. Un léger silence, seulement entrecoupé par la série télévisée, berça le jeune homme. Cependant, Temari cria soudain :


-Ah, c'est son père !


Shikamaru sursauta, brusqué par son cri suraigu. Surpris par son intérêt pour un film niais à souhait, il lui lança un regard choqué, comme s'il se rendait enfin compte que Temari était vraiment une fille. La jeune femme sembla s'en rendre compte quand elle se tourna vers lui, un large sourire aux lèvres. Elle se décomposa doucement, se racla la gorge pour reprendre un air plus posé en se calant l'air de rien contre le canapé. Shikamaru se pencha pour attraper la télécommande et marmonna :


-Je crois qu'on va changer de chaîne.


-Hum, ça serait dommage que Fermat me tombe dessus, affirma-t-elle, prête à rire.

Commentaire de l'auteur Je me suis rendue compte que systématiquement, je parle de schizophrénie dans mes fics ...
Peu importe. Le coup du globe terrestre marche vraiment, j'ai "développé" cette technique pour passer mes partiels plus sereine. Essayez !
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