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Animes-Mangas

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Naruto

 [Grimoire Konoha Gaiden Auteur: jainas Vue: 11204
[Publiée le: 2007-02-26]    [Mise à Jour: 2008-02-09]
13+  Signaler Général/Action-Aventure/Suspense Commentaires : 33
Description:
Mission prioritaire : ramener Sasuke. Mission 2 : survivre à la mission 1.
Il est des combats qui ne se gagnent pas kunai en main.
Ils peuvent ramener Sasuke de force. Mais peuvent-ils le faire revenir, alors que l'echo du tocsin résonne sur Konoha ?
Crédits:
Ni les personnages ni l'univers de Naruto ne m'appartiennent.
Si c'était le cas les méchants passeraient effectivement l'arme a gauche quand on leur enfonce un kunaï dans le ventre, et les fillers n'existeraient certainement pas. Ou du moins les personnages s'y commporteraient de manière IC et non comme des caricatures d'eux même.
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Tocsin

[12068 mots]
Publié le: 2008-02-09Format imprimable  
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Tocsin

 

-

 

La rumeur approche,

l’écho la redit.

C’est comme la cloche,

d’un couvent maudit.

Comme un bruit de foule,

qui tangue et qui roule,

et tantôt s’écroule,

et tantôt grandit.

            Les Djinns. Victor Hugo

 

-

 

Parfois, Hijo détestait sa vie.

Parfois non, mais c’était très souvent quand celle-ci n’avait rien à voir avec sa profession de ninja, et c’était rare. Être un ninja impliquait toute sorte de dangers, et d’ennuis, et de gens essayant de vous tuer.

S’il ne brillait pas par son courage, Hijo n’était pas non plus spécialement lâche. Il ne rechignait pas à l’effort, avait un certain talent naturel pour les techniques de Terre, des aptitudes indiscutables à la discrétion et l’esquive des ennuis-, ainsi qu’une doctrine personnelle indiquant que moins on en savait, mieux on se portait. C’était somme toute des caractéristiques plutôt appréciables chez un ninja.

Mais s’il y avait une chose qu’Hijo supportait mal, c’était la pression et les situations qui lui échappaient, celles auxquelles il ne comprenait vraiment rien, et au terme desquelles quelqu’un semblait invariablement tenter de le tuer.

Ça, et puis aussi se faire remarquer, ce qui arrivait bien trop souvent à son goût ces derniers temps, à la suite d’enchaînements de circonstance souvent nébuleux et de remarques pourtant totalement innocentes de sa part.

 

 En l’espace d’une semaine et demie, il avait failli se tuer en tombant dans un bassin –et subséquemment de mourir de froid et d’engelures diverses-, puis un piaf du Sable avait manqué de le soulager de quelques doigts et d’au moins une oreille.

Et enfin, alors qu’il montait tranquillement la garde auprès d’un prisonnier anonyme dans le coma, -a priori aucun risque-, quelque chose de très, très, lourd, de frais et de suspicieusement reptilien  lui était tombé dessus. Littéralement tombé dessus, il avait encore une vertèbre déplacée, une migraine carabinée, et un méchant hématome là où sa tête avait rencontré le carrelage.

Et il n’avait aucune idée d’à quoi tout cela rimait.

Quand il s’était éveillé par terre dans le couloir, il y avait des anbus, et l’Hokage –qu’il préférait grandement voir de loin- lui avait assuré qu’il n’avait rien de grave avant de se retirer avec de longues enjambées menaçantes tout en continuant d’aboyer des ordres, entraînant dans son sillage la calme Shizune qui lui avait adressé un sourire compatissant avant de disparaître au détour d’un couloir.

Il y avait des semaines comme ça, s’était-il dit pour se réconforter tandis que les deux infirmières qui s’occupaient de lui le pressaient de questions, cherchant à savoir s’il y avait vraiment eu un serpent géant.

Dans le doute, parce qu’il ne se souvenait pas bien, et parce que la présence de l’Hokage indiquait qu’il risquait probablement de se faire arracher la tête s’il laissait échapper une information confidentielle, il avait tout nié en bloc.

 

Si l’on mettait en corrélation sa tendance naturelle à fuir les emmerdes et la -désagréable- semaine écoulée, Hijo aurait dû être ravi de se voir assigner après cinq jour de relâche (convalescence oblige), une mission plutôt simple et a priori sans danger.

Mais c’était évidemment sans compter sa certitude -qui ne manquait d’ailleurs jamais de s’avérer malheureusement fondée- que jamais quatre sans cinq (voir plus).

 

Bon, à vrai dire, il aborda la mission sans a priori particulier, mis à part une réserve fort compréhensible vis-à-vis du froid glacial et du vent qui battait la tour de garde située au centre du village –la Tour Circulaire comme on l’appelait, ce qui ce justifiait par le fait qu’elle était effectivement ronde, et que son sommet ouvert à tout vent offrait une vue imprenable sur l’ensemble du village.

Il y avait bien un toit, mais il n’avait d’autre utilité que de protéger du soleil et devenait un rempart vain au moindre pet de vent rabattant la pluie : mieux valait ne pas trop compter dessus.

Un bon ninja se devant d’être plein de précautions et de sens de l’anticipation, Hijo décida donc d’aller refaire ses réserves de plantes aromatiques pour infusions anti-rhume, toux, nez bouché, bronchite, grippe, pneumonie et autres malheurs hivernaux. Toutes sans exception étaient d’une efficacité redoutable qui laissait les médics bouche bée. Il n’avait jamais été aussi fier de toutes les recettes maternelles que le jour où Yume, la médic de leur équipe, avait passé cinq heures à essayer de déterminer en vain la composition chimique du remède qui venait de la débarrasser du rhume carabiné qu’elle traînait depuis deux semaines.

 

-

 

La boutique des Yamanaka était agréablement chauffée, et bien plus fréquentée que ne le justifiait le stock plutôt réduit de plantes et de fleurs ayant échappé à la rigueur hivernale.

La fille d’Inochi, reconnaissable à sa blondeur et à ses yeux clairs, était accoudée au comptoir et discutait avec animation avec le jeune homme massif qui était son équipier et deux autres chuunins avec lesquels Hijo avait parfois fait équipe. Le troisième membre du nouveau trio Ino-Shika-Cho était affalé de tout son long sur un banc derrière deux pots de fougères. Il contemplait le plafond avec application, les bras croisés sous sa tête, et laissait de temps en temps échapper un reniflement pitoyable qu’il essuyait sur sa manche.

Hijo avait entendu dire qu’il était une sorte de génie, mais pour l’instant, il ne ressemblait pas à grand-chose…

 

Il faisait chaud, aussi ne se pressa-t-il pas pour faire ses achats. Après avoir salué Ino il prit le temps d’errer un peu dans l’espace restreint de la boutique, examinant les différentes plantes. La conversation interrompue par son arrivée avait repris avec force chuchotements enfiévrés… de

« Non, c’est pas vrai… »

« Si je te jure. Je le tiens de Nomiko, la sœur de sa concierge bosse à l’hôpital central, et elle m’a dit que l’information vient juste d’être déclassée. »

La blonde s’éloigna brusquement du comptoir, renversant dans le mouvement un pot de fleurs qui s’écrasa sur le sol carrelé. Le garçon Akimichi fit un geste vers elle, mais elle balaya sèchement sa main.

« Comment c’est possible ? Il est revenu ? Uchiha Sasuke ? »

« Ino… »

Elle jeta un regard meurtrier à la ronde, et Hijo se fit tout petit.

« Et comment ça se fait d’abord ? Ça veut dire que Naruto et Sakura ont réussi ? »

Derrière les pots de fougère, la voix enrouée du jeune Nara s’éleva, ponctuée de bruits de mouchages et de reniflements à fendre l’âme.

« Si Sasuke est au village, Naruto y est forcément pour quelque chose. Ils ne sont pas rentrés de mission avec de l’avance ? »

Choji pencha la tête.

« Si, mais… »

« Sakura était forcément au courant. Et quand on s’est vu avant-hier, elle m’a souri comme si de rien n’était… »

« Ino… »

«  Tais-toi Shikamaru. Je sais très bien que c’était classé et qu’elle ne pouvait rien me dire ! Mais ce n’est pas une raison ! »

« T’es galère Ino, et crie pas, j’ai mal à la tête ! Tss, t’es même pas cohérente avec toi-même… » Puis

« J’ai le droit de ne pas l’être, » siffla la blonde entre ses dents tout en ramassant les débris de pot et la terre renversée avec des gestes brusques.

 

Le consensus général chez ses collèges ninja s’accordait à reconnaître la capacité confondante qu’avait Hijo de voir arriver les problèmes avec une exactitude presque scientifique. Et en l’occurrence, ledit détecteur à emmerdes –aussi appelé instinct de survie très développé- installé dans un coin de sa  tête commençait à clignoter de manière insistante dans le rouge…  Avec discrétion, il mit un peu plus de distance entre lui et le comptoir –et Ino.

« Je suis contente pour elle, et pour Naruto aussi. Après tout ce qu’ils ont enduré, ils ont récupéré leur équipier. » Elle prit la balayette des mains de Choji et alla jeter les débris dans la poubelle, leur tournant le dos.

« Mais je ne peux pas oublier que le leur a failli tuer les deux miens. »

Au bout d’un silence suffisamment long pour qu’on puisse le qualifier d’inconfortable durant lequel la jeune femme s’activa sans les regarder, Shikamaru marmonna finalement un « Pffff, les filles… » qui manquait singulièrement de conviction.

« Ha… Mais le conseil ne le garderait pas s’ils n’étaient pas certains de lui, » embraya courageusement Toboko, l’un des chuunins.

« J’avais entendu dire que le traître Orochimaru avait placé sur lui une technique de confusion mentale pour le pousser à trahir, » renchérit Iomi. « Orochimaru est très puissant… J’ai entendu dire qu’il maîtrisait des tas de techniques interdites, il a très bien pu le forcer non ? C’est un Uchiha, il n’aurait jamais trahi Konoha volontairement quand même.  »

Un reniflement ironique vint de la porte, accompagné par une bouffée d’air froid qui provoqua une série d’éternuements derrière les pots de fougère.

« Jamais trahi volontairement ? Allez donc dire ça à Uchiha Itachi. »

 

Le ninja referma derrière lui et se dirigea vers le comptoir en soufflant sur ses mains pourtant lourdement gantées afin de les réchauffer. Il était de taille moyenne, brun avec des traits communs, et Hijo ne se souvenait pas l’avoir déjà vu. Il portait une veste de kimono s’arrêtant à mi-cuisse par-dessus des guêtres d’hiver, et le bandeau qui ceignait son front était étrange, certainement pas réglementaire : il était plus large au-dessus de l’œil gauche, formant un rabat pour l’instant relevé, masquant en partie la plaque de la Feuille.

Son regard d’aigle passa sur Choji, Hijo – dont les doigts de pieds se recroquevillèrent instinctivement dans ses sandales - puis sur les deux autres chuunins avant de retourner se poser sur Ino.

« Il me faudrait deux onces d’herbes katal et trois de filets de lune, Ino-san. Je suppose que les stocks de poudre d’opium sont dans le rouge ? »

La blonde se raidit militairement, et farfouilla avec diligence dans les casiers nettement ordonnés qui s’alignaient sous le comptoir, en tirant des sachets d’herbes déjà mesurés.

« Voilà Setsuma-san. Nous sommes effectivement à court de poudre d’opium, comme d’habitude en cette saison, mais mon père vous en a gardé quelque part. Il disait que vous alliez sans doute revenir cet hiver… » Elle disparu dans l’arrière-boutique, sa queue-de-cheval battant dans son dos.

« Tu remercieras Inochi de ma part alors, » murmura le ninja en examinant les herbes posées sur le comptoir d’un œil critique. « Bien que je ne voie pas comment il a bien pu parvenir à une telle conclusion. »

Ino reparut, un sachet de toile entre les mains. Son visage était tout à coup sérieux, sans trace de la nonchalance railleuse dont elle faisait habituellement preuve.

« Il a dit… que la saison rouge vous ramènerait au foyer comme la guerre appelle les corbeaux. » 

Le visage du ninja resta dur un instant, puis il secoua la tête avec un rire amusé.

« Tsh. Evidemment. »

Ino leva les yeux et les planta dans les siens.

« Avait-il raison ? »

Il lui rendit son regard, un regard lent et gris qui la força à détourner un peu la tête.

« À toi de me le dire jeune fille. Suis-je un corbeau de tempête ? Ce serait (indubitablement) une nouvelle corde à mon arc de réputation. »

Ino se mordit la lèvre inférieure dans une démonstration rare d’hésitation avant de se reprendre et de lui adresser son sourire le plus mielleux.

« Je ne sais pas. Mais Uchiha Sasuke est de retour. Et vous êtes là. Ça doit bien signifier quelque chose. »

 

Il eut l’ombre d’un sourire amusé en retour, et déposa quatre ryo sur le comptoir avant d’empocher les sachets. 

« Tu es bien comme ton père gamine, tu as oublié d’être bête... Mais tu devrais savoir que rassembler le fil des coïncidences éparses n’est pas tout, reste à y voir les motifs et à en tirer les bonnes conclusions… Ce qui n’est visiblement pas encore tout  à fait dans tes cordes. »

Le regard d’Hijo passa du ninja à Ino avec perplexité. Il y avait visiblement des sous-entendus –et ce type n’était probablement pas n’importe qui à la réflexion- mais il n’était pas certain d’avoir compris…

Ses réflexions furent coupées court quand le ninja fit brusquement demi-tour, et repassa la porte sans même un salut.

Le battant n’était pas encore en place que les questions fusaient.

« C’était qui ? » demandèrent simultanément Iomi et Toboko.

« Rha… Vous faites chier. Vous pouvez pas vous taire ? » La tête de Shikamaru fit surface de derrière les fougères. « Allez colporter des rumeurs ailleurs, y’en a qui veulent dormir. »

« T’es dans ma boutique Shikamaru… » Et il était bien connu que Yamanaka Ino était la grande prêtresse de rumeurs à Konoha. Ledit Shikamaru parut décider que cela ne valait pas la peine de discuter, car il sombra de nouveau derrière les fougères avec un grognement qui ressemblait à quelque chose comme « Réveillez moi quand mon infusion sera prête, snif... »

 

Ino jeta un regard hautain dans la direction de son équipier, puis, chassant de son visage l’expression songeuse qu’elle avait eu un instant auparavant en observant Setsuma, elle appuya ses coudes sur le comptoir et se pencha en avant avec l’air gourmand de la conspiratrice qui a une révélation à partager.

Hijo ne pu s’empêcher de remarquer que le mouvement soulignait sa poitrine, mais détourna prestement le regard. Des choux…

En miroir, Iomi et Toboko se penchèrent vers l’avant pour ne pas perdre une miette de ce qui allait se dire.

« Je suppose que c’est normal que vous ne l’ayez pas reconnu. Même s’il est célèbre, il ne vient pas si souvent que cela à Konoha… », disait Ino. Tout en se servant des plantes dont il aurait besoin dans les casiers, Hijo tendit l’oreille.

« Mais c’était qui alors ? »

« C’était… Kojiro Setsuma. »

Des « haaaaa » illuminés ponctuèrent la déclaration.

« Setsuma ? L’archer ? »

« Ça alors, je croyais qu’il ne venait jamais à Konoha en hiver ? »

« C’est vrai qu’il est capable de toucher une cible à un kilomètre de distance ? »

Le garçon Akimichi  secoua la tête, l’air réprobateur, et piocha dans son paquet de cacahuètes.

« Il ne révèlerait pas sa distance maximale aussi facilement… Ce ne sont que des rumeurs et des estimations. »

« Mais c’est bien lui qui a assassiné l’ancien Daimyo du Pays de la Foudre. Du moins c’est ce qu’on dit… »

« Et qu’est-ce que ça voulait dire cette histoire de saison rouge… »

« C’est vrai, qu’il soit là et qu’au même moment Uchiha Sasuke revienne, c’est louche… »

« Il n’est certainement pas revenu, c’est Naruto qui l’a forcé. Il l’avait promis… »

« Naru… ? Ha oui ! Le blond bruyant, c’était son équipier c’est ça ? »

Hijo éternua, et renifla.

En dégageant un mouchoir de sa poche, il frissonna puis éternua de nouveau.

Génial, il était malade.

Cette mission de garde s’annonçait mal.

 

---

 

Uchiha Madara revint déposer la bassine d’eau chaude sur le plateau bas, puis s’agenouilla auprès de la table de bois. Son visage aux traits fins était sérieux, incroyablement jeune malgré les années, seulement marqué par de fines rides d’expression autour des yeux –et aussi par le nœud de tissu cicatriciel autour de son orbite gauche, bien entendu, les stigmates qui allaient de pair avec son œil mort…

Itachi avait posé la question une fois, au tout début. Il ne l’avait plus jamais fait par la suite.

 

La petite pièce était sombre, les murs encombrés d’étagères chargées de rouleaux éclairés par les flambeaux au mur au-dessus d’eux. Les flammes jaunes ondulaient paresseusement, brûlant sans fumée et projetant de longues ombres noires, vacillantes au gré de l’éclat du feu. La porte entrouverte dans un coin laissait voir une partie de la chambre plongée dans l’obscurité, et la forme de l’armure de cuir rouge entreposée dans l’angle, au-dessus de l’autel.

D’où il se trouvait Itachi ne voyait que le point écarlate de l’encens se consumant lentement, mais il savait que les deux antiques sabres de cérémonie étaient là aussi, déposés face au bol de riz blanc dans lequel était planté une paire de baguettes, l’offrande aux morts. Plutôt banal dans l’absolu, mais étrange, quand on savait qui était cet homme, et qu’on se demandait lesquels de ses nombreux morts il nourrissait... Un niveau de complexité supplémentaire.

 

« Tu dois être fier de lui, » murmura finalement le guerrier en déroulant avec des gestes sûrs une bande de gaze.

Itachi ne retint pas l’infime grimace de douleur quand son aîné saisit sa main blessée dans la sienne pour l’ouvrir à plat. C’était bien plus que quiconque, même Kisame, n’aurait été autorisé à en voir dans les mêmes circonstances. Mais cela n’était pas très important à vrai dire. Pas avec cet homme-ci.

« Fier ? » Son regard tomba sur sa main blessée, les empreintes des doigts de Sasuke clairement visibles autour de son poignet, les plaies suintantes qui malgré les techniques de guérison avaient commencé à s’infecter. « Fier… Je ne sais pas. Un peu je suppose… »

Il souffla d’un coup sec entre ses dents quand la pulpe des doigts de son aîné frôla les chairs à vif. « Mais il y a encore tant de faiblesse en lui… » 

« Bien sûr », acquiesça Madara avec un haussement d’épaule. « À vrai dire tu es une grande part de cette faiblesse. Mais cela nous le savions déjà, bien entendu. A partir de la seconde où tu l’as laissé vivre il ne pouvait qu’en être ainsi. »

« Bien entendu, » convint-il platement, ignorant délibérément la douleur et se servant de sa main valide pour dénouer son bandeau frontal et le glisser dans les plis de sa robe. « Mais je ne suis plus le seul responsable de sa faiblesse. »

« Non, effectivement. »

Le guerrier brun guida la main du jeune homme avec une délicatesse surprenante, pour la plonger dans la bassine d’eau bouillante, ignorant le tressaillement et la brusque inhalation d’Itachi.

« C’était inattendu, ton frère a de bien étranges relations… Un jinchuuriki, rien de moins que le propre rejeton du Quatrième…  Justement celui que nous voulons, le garçon au Renard. Je me demande bien ce que Sasuke a pu faire pour s’attirer une telle loyauté de sa part... »

Il eut un sourire un peu lent, un peu triste, comme s’il y avait eu là quelque chose qui le touchât particulièrement. Mais cela ne dura pas, remplacé par une lueur étrange dans ses yeux. C’était un regard qui aurait été terrifiant pour bien des hommes.

Pour Itachi il était simplement fascinant, et porteur d’un étrange pouvoir hypnotique. Même après tout ce temps il gardait sur lui le même impact, toutes les promesses de pouvoir absolu et de connaissance qui l’avaient captivé des années auparavant, l’avaient poussé à suivre Madara.

Même lorsqu’ils étaient noirs comme à présent, quelque chose flamboyait au fond de ces iris, une fournaise inextinguible, brûlante comme lave et glace. 

 

Il avait depuis longtemps renoncé à comprendre réellement cet homme, à distinguer ce qui motivait ses changements d’humeur flamboyants. Il était bien trop complexe, bien trop gardé pour cela.

Cela ne l’empêchait pas d’essayer bien sûr, pas plus que ses échecs répétés à tenter de le prendre par surprise ne le décourageait d’attaquer de nouveau –on était ninja ou on ne l’était pas, et Itachi était un très bon ninja.

Le ton de Madara se fit songeur.

« Mais cela peut s’avérer utile au final, si le jinchuuriki s’obstine à suivre ainsi ton frère… Et comme Sasuke s’obstine à te chercher toi… » Il ouvrit les mains devant lui. « Sasuke … Il est déjà impressionnant, n’est-ce pas ? Alors s’il survit, imagine le dans dix ans, quand il sera au sommet de sa puissance… Il t’égalera très certainement. »

Il sourit furtivement, une fraction de seconde, et Itachi aurait presque pu être sûr qu’il y avait là une étrange étincelle de quelque chose comparable à de la fierté –ce qui était une idée trop profondément ridicule pour qu’il vaille la peine de s’attarder dessus.

« Il pourrait même me surpasser, qui sait ? » 

 

Itachi ferma les yeux, laissant son ancêtre manipuler sa main partiellement détruite, ignorant délibérément la brûlure de l’eau, la douleur électrique des doigts contre sa chair.

La chaleur de la petite pièce était un baume agréable pour sa peau gelée par le trajet sous le vent et la neige, et malgré l’inconfort de la situation, Itachi pouvait sentir son corps commencer à se relaxer. Il ne combattit pas la sensation. C’était quelque chose qu’il pouvait se permettre, ici. Dans cette pièce, et avec cet homme uniquement.

 La blessure n’avait pas été belle avant, et forcer du chakra dans les canaux déjà abîmés lors du massacre de Mailhoe n’avait pas été une décision des plus brillantes. La seule à prendre bien entendue, mais pas très maligne malgré tout, sauf s’il désirait se retrouver prématurément manchot…

Les mains de Madara se retirèrent, et il rouvrit paresseusement les yeux pour constater sans surprise que si la douleur sourde était encore là, une couche de peau neuve, lisse et blanche, couvrait la chair auparavant à vif.

« Voilà qui est fait. »

 

Le guerrier était de nouveau debout, disparut un instant pour jeter l’eau souillée puis fut de retour, plaçant sur la table un plateau ouvragé supportant deux tasses de thé fumant.

Toujours en silence, Itachi se saisit de la plus éloignée et remercia son aîné d’un signe de tête tandis que l’homme s’affairait dans la pièce étroite, déplaçant des tas de rouleaux de manière a priori aléatoire, farfouillant dans le désordre quelque peu chaotique de l’étagère qui dégorgeait sur le sol et en partie sur la table. Le masque orange de Tobi glissa du tas de papiers sur lequel il avait été déposé en équilibre instable, et bascula. Madara le récupéra au vol et le replaça sur la pile. Qui s’effondra d’un coup, provoquant un juron bien senti de la part du ninja.

 

« Ça ne marchera pas », dit soudain Itachi, en partie par provocation, en partie parce qu’il était curieux de ce que Madara aurait à répondre. « Ils n’accepteront jamais, et vous le savez. Cet accord ne nous a rien apporté depuis le début, et nous n’avons rien gagné à le laisser nous échapper de nouveau. Vous connaissez l’Hokage et il n’y a pas une seule chance qu’elle accepte. Tout cela –il fit un geste vague qui ne désignait pas vraiment la grotte- ne nous avance en rien. Pire, ça risque de les braquer. »

Madara ne répondit rien pendant un moment, occupé qu’il était à ramasser les feuilles éparpillées à terre dont certaines avaient glissé sous le meuble.

« L’esprit du Feu. » murmura-t-il soudain, prenant Itachi par surprise. « C’est quelque chose que seul Konoha possède et révère entre tous les villages ninjas. Un trait unique. Une question de principe qui prend le pas sur tout autre considération…»

« Pas complètement. Si c’était le cas le village se serait effondré depuis longtemps… »

« Bien sûr, bien sûr… » Madara se tourna vers lui et sourit. « Mais en l’occurrence, les forcer à choisir va faire sortir du bois les tenants de la raison… Et puis le peuple va avoir peur, va être en colère. Qui pourrait lui en vouloir, après le si terrible massacre de Mailhoe ? Et pourtant l’Hokage va tenir son terrain face à la vindicte populaire… »

« Je sais, c’est un plan intelligent de sa part. Mais cela ne nous concerne en rien. Cet homme… » Les lèvres d’Itachi se plissèrent en une moue méprisante.

 

Madara secoua la tête, avec juste une pointe de réprobation, mais celle-ci avait plus de poids que toute réprimande formulée à voix haute.

« Je pensais qu’entre tous tu saurais faire taire tes sympathies, Itachi-kun… Je ne l’aime pas non plus, mais en l’état actuel des choses, tout ce qui peut déstabiliser Konoha est à l’avantage de l’Akatsuki. La force que leur donne cette conviction, leur foi en la volonté du Feu –il prononça les mots en les laissant rouler sur sa langue, leur donnant un poids étrange-, il ne faut pas le sous estimer, jamais. C’est une loyauté de fous et de suicidaires, mais elle leur donne une force et une cohésion que n’a aucun autre village. Elle bride les gens comme nous, mais unit et renforce la masse… » Il sourit, un sourire sombre et amer. « Je le regrette, mais une guerre civile devrait nous débarrasser de cette menace pour un temps. »

Itachi reposa sa tasse impassiblement.

« C’est habile, » convint-il. « Mettre en place une conjoncture qui sera favorable à l’utilisation des bijuu une fois que nous les aurons tous… Que pense Pain-sama de tout cela ? »

 

Madara pencha la tête, et comme si un interrupteur avait été activé, les traits de son visage se relaxèrent en une expression plus ouverte et enthousiaste, presque naïve, si un tel terme avait été applicable à cet homme.

« Tobi ne sait pas, Pain-sama ne parle pas à Tobi… Pourtant Tobi est un bon garçon… » chantonna-t-il avec la voix du ninja masqué, un peu plus criarde et moins posée que la sienne.

Le jeu d’acteur était parfait, et seule la lueur dans ses yeux trahissait son amusement devant l’impassibilité déconfite de son descendant face à ce qui était une manière plus -ou moins- subtile de l’envoyer paître. Itachi ne laissa rien paraître, et le fixa flegmatiquement.

« Ha… Et où en est Tobi avec son propre bijuu dans ce cas ? »

Madara frappa deux fois dans ses mains, un grand sourire illuminant son visage, et Itachi dû se concentrer pour rester totalement impassible.

« Deidara-sempai a accompagné Tobi pour attraper son bijuu ! On est allé au pays de l’Eau, et Tobi a dû se battre contre un Kappa géant ! Deidara-sama était trooop cool. Même avec ses bras recousus il est tellement classe… En rentrant on s’est battu avec les Immortels, et Deidara-sempai a fait exploser Hidan-sama ! »

Itachi grinça intérieurement des dents, mais ne laissa pas paraître son inconfort.

« Ha. »

 

« Je me dois d’ajouter qu’Hidan est d’une humeur massacrante, et que si tu le croises, tu as intérêt à garder tes distances, » poursuivit Madara avec un éclat de rire audible dans la voix (mais la sienne malgré tout, et non plus celle de Tobi, merci Seigneur…) «  À moins, bien entendu, que tu ne te sente parti pour une petite séance de torture… »

« … »

« C’est bien ce que je pensais. » Il se détourna et attrapa la paire de gants glissés dans sa ceinture. «Va maintenant. »

Itachi était déjà à la porte lorsque la voix de son ancêtre l’arrêta. Madara se tenait debout devant la bibliothèque, le masque de Tobi à la main, les lueurs jaunes de flammes dansant sur son visage à demi scarifié et de nouveau totalement sérieux.

« Ne t’inquiètes pas trop pour ton frère. Il a des alliés à Konoha, il devrait parvenir à survivre… Après tout il doit encore te tuer. »

Itachi ne répondit pas, mais il hocha la tête pour lui-même en refermant la porte derrière lui. Ses doigts frôlèrent machinalement le pendentif de Shisui.

 

Madara avait raison, comme toujours. Sasuke survivrait.

Après tout, l’Esprit du Feu était une loyauté de fous, et c’était exactement ce qu’était le jinchuuriki du Renard, un fou. Il découvrirait à quel point bien assez tôt, quand même ses amis lui tourneraient le dos et que l’Akatsuki n’aurait plus qu’à le cueillir...

Restait juste à espérer que sa folie ne détruirait pas tout ce qu’Itachi avait mis tant de temps à implanter en son frère.

 

 

---                                                                                                                                    

 

Le bras de Naruto touchait celui de Sakura tandis qu’ils se tenaient tous les deux face à la porte muette de la chambre de Sasuke dans la zone HS de l’hôpital central. Elle était accroupie à ses côtés, les bras refermés autour de ses jambes et la joue appuyée contre l’épaule de son équipier.

« Dis, Sakura… »

« Oui ? »

« Tu penses qu’elle va lui casser la gueule ? »

 Sakura hésita un instant, puis laissa échapper un éclat de rire tendu.

« Je ne sais pas. Elle en a certainement très envie, mais si ça risque de le braquer, elle ne le fera pas. On ne dirait pas comme ça, mais Tsunade-sama prend son rôle d’Hokage au sérieux, et elle sait se retenir. Parfois. »

« … »

« Au pire, j’ai mon kit médical avec moi… »

 

-

 

De manière assez prévisible si l’on prenait en compte ses capacités, cela avait été Neji qui avait coincé le premier Naruto. Toutefois cela pouvait s’expliquer aisément par le fait qu’il avait été le premier à essayer de le coincer –état de fait que le passage de la journée allait rapidement rendre caduc-, mais à ce moment il avait encore été le seul.

 

L’aube éclairait à peine le ciel d’une lueur jaune pâle lorsque Naruto, encore passablement endormi, avait passé la tête puis le reste de son corps par la fenêtre à guillotine de son appartement. D’un pas quelque peu vacillant, il avait rejoint Ichiraku où un bon bol de ramen lui avait éclairci les idées de manière salutaire, lui permettant de prendre la voie aérienne sans risquer de s’écraser dans une ruelle parce qu’il n’aurait pas vu un décrochement des toits. Une journée ne pouvait décemment commencer sans ramen (c’était du moins l’avis de son estomac, et qui était-il pour lui refuser le nectar de vie ?)

 

Les premiers rayons du soleil qui coulaient sur les toits enflammaient la neige de manière presque aveuglante mais néanmoins magnifique, et les yeux de Naruto le piquaient de manière désagréable lorsque les portes de l’Hôpital Central s’étaient finalement ouvertes devant lui.

« Naruto, un mot. »

Le contraste entre la luminosité extérieure et l’ombre du hall de l’hôpital l’avait fait cligner des yeux jusqu’à ce qu’il parvienne à distinguer son interlocuteur adossé à un poteau, les bras croisés sur la poitrine et le visage de marbre.

« Neji ? »

Un sourire calme avait réchauffé le visage du Hyuuga, laissant Naruto vaguement surpris –sourire chaleureusement n’était pas quelque chose que Neji faisait beaucoup.

« J’ai entendu dire que tu avais réussi. Toutes mes félicitations, Naruto. »

Le blond avait a peine eu le temps d’esquisser un sourire que Neji s’était éloigné avec un salut discret, « J’ai mission. Mais tu me dois toujours la revanche de ce match… » le laissant planté là.

 

Avec un soupir Naruto contempla la semelle de ses sandales, et entreprit de curer du bout de l’ongle les morceaux de glace résiduels coincés dans les rainures. Sa brève discussion avec Neji lui avait étrangement remonté le moral...

Neji était l’un de ceux qui aurait pu avoir le plus de griefs envers Sasuke, et pourtant il avait été heureux pour lui du retour de ce dernier. C’était… quelque chose, décida-t-il en délogeant un glaçon.

« Naruto, arrête ça, c’est dégeulasse ! » siffla Sakura à ses côtés. « Tu mets de l’eau partout. Tu n’aurais pas pu t’essuyer les pieds avant d’entrer ? On est dans un hôpital, bon sang… Le mot “hygiène” te dit-il quelque chose ? »

« Désolé, désolé… J’y ai pas pensé. J’étais pressé… »

Sakura se calma et lui jeta un regard mi-exaspéré mi-amusé qui lui réchauffa le cœur. Qu’est-ce qu’elle était belle comme ça, les joues encore rosies par le froid extérieur… « Penses-y la prochaine fois… Et ça ne servait à rien de courir, vu que l’Hokage n’a pas encore fini… »

« M’en parle pas. Qu’est-ce qu’elle fait, la Vieille ? »

« Ne parle pas de Tsunade-sama comme ça Naruto, tu lui dois le respect, » le réprimanda Sakura avant de faire la moue. « Mais c’est vrai qu’elle pourrait se dépêcher… »

Elle lui donna un coup d’épaule qui le fit basculer par terre les quatre fers en l’air. « Hé, Naruto… »

« Quoiii ? »

Son visage au-dessus de lui était soudain sérieux. Elle lui adressa un sourire hésitant. « On l’a ramené Naruto. Grâce à toi on l’a ramené à la maison. Merci. »

Un peu hébété, il se remit en position assise, rapprochant dans le mouvement leurs visages. Avant qu’il n’ait le temps de réagir, elle avait franchi la distance et appuyé sa tête dans le creux de son épaule. Elle continua, la voix plus basse, étouffée par le tissu.

« Ça va être dur, je sais. Mais au moins il est là. On est tous ensemble, de nouveau… Et ça va aller. »

Naruto exhala lentement, et passa un bras autour de ses épaules avant de fermer les yeux.

« Oui. Ça va aller maintenant. »

 

Le grincement de la porte tournant sur ses gonds les arracha de l’étreinte réconfortante bien trop tôt, et le temps que Tsunade franchisse le seuil ils étaient l’un et l’autre au garde-à-vous dans le couloir.

Elle leur jeta un coup d’œil exaspéré, et laissa échapper un long soupir.

« Suis-je condamnée à vous trouver tous les deux dans ce putain de couloir à chaque fois que je franchis cette putain de porte ? »

« Tsunade-sama, votre langage ! » la réprimanda Shizune.

 « Bonjour à vous aussi, maître, » susurra Sakura en dissimulant mal un éclat de rire.

« Hé la vieille, j’espère que tu nous l’as pas trop abîmé, hein ? »

La Sannin soupira de nouveau, les toisa, et cala ses mains sur ses hanches.

« Hé, on peut le voir maintenant ? »

« Tsunade-sama ? »

« Bien. » Tsunade croisa les bras sous sa poitrine opulente, et Naruto fit un pas prudent en arrière. « Puisque vous êtes là, je vais trouver à vous occuper. »

Naruto et Sakura échangèrent un regard inquiet tandis qu’elle repassait la tête dans la chambre et conférait à voix basse avec l’anbu.

« Tsunade-sama ? »

« Venez avec moi vous deux », ordonna-t-elle en s’éloignant à grands pas dans le couloir.

« Hé, hé, la Vieille, Sasuke va bien ? »

Ignorant l’inquiétude dans la voix de Naruto, elle s’engagea dans un autre couloir, et après un bref regard en arrière, Naruto et Sakura s’élancèrent derrière elle.

 

-

 

« Grand-mère, on va où ? » geignit Naruto en pataugeant dans la neige à la suite de l’Hokage. À ses côtés Sakura progressait de même, mais en silence, émettant un nuage de vapeur à chaque. Tsunade n’avait répondu à aucune question –n’avait rien dit, en fait, mis à part d’autres ordres murmurés à Shizune, et une question aboyée r pour savoir s’ils avaient tout leur armement sur eux.

« On y est » annonça-t-elle soudain avec un regard satisfait autour d’elle (uniquement de la neige, des arbres, et encore plus de neige à perte de vue.)

« On est dans la zone d’entraînement des anbus » souffla Sakura les sourcils froncés. « Tsunade-sama, que… »

« Silence, ils ne devraient plus tarder. »

Comme pour confirmer ces mots il y eut deux détonations simultanées, et deux groupes se matérialisèrent au centre de la clairière dans des nuages de fumée.

 

Le premier était constitué des trois ninjas en uniforme que Naruto connaissait de vue, Izumo et Kotetsu, les larbins officiels de Tsunade, et un troisième type dont il ne se souvenait pas du nom.

L’autre groupe…

Un anbu au masque de loup se tenait raide au côté d’un Sasuke encore très pâle et à l’œil au beurre noir nettement visible. Le jeune homme était vêtu d’une veste d’hiver par-dessus la tenue bleue réglementaire des ninjas de Konoha. Il portait à la ceinture la poche d’arme de base, et à son visage inexpressif et froid, Naruto supposa qu’il ne savait pas plus qu’eux ce qu’il faisait là.

 

« Très bien tout le monde » annonça Tsunade de son ton d’Hokage, celui qui ne souffrait ni contradictions ni questionnement, et poussait les genins un peu trop émotifs à mouiller leur pantalon.

 « De nombreuses personnes ont émis des doutes face à la viabilité de la réintégration de Sasuke dans une équipe, et je dois avouer en avoir aussi, donc voici les règles. Vous trois –son regard engloba Naruto, Sakura puis Sasuke-, vous affrontez Tsumon, Kotetsu et Izumo. Je suis seule juge, et si je ne suis pas satisfaite de vos performances ou de votre travail en groupe, vous pouvez définitivement dire adieu à l’équipe 7. Il n’y aura pas de seconde chance. Compris ? »

Elle les toisa.

« Inutile de préciser que je ne veux pas de morts, pas de pertes de contrôle, et pas de cavalier seul. Izumo, Kotetsu, Tsumon, vous êtes autorisés à utiliser toutes les techniques. Et évitez de me les tuer quand même, j’ai passé suffisamment de temps à rafistoler celui-là » finit-elle avec un mouvement de tête vers Sasuke qui resta impassible.

« Bien. COMMENCEZ !! »

 

Avant même que le cri de l’Hokage ne soit retombé, les ninjas étaient en mouvement.

 

De manière à peu près simultanée, Sasuke se volatilisa, Izumo et Kotetsu dégainèrent d’énormes rouleaux d’invocation, et Sakura s’élança avec un cri, poing flamboyant de chakra, pulvérisant en un mouvement le sol de la clairière et provoquant un nuage énorme de neige en suspension.

Naruto profita de la diversion pour se mettre à couvert et produire une poignée de clones qu’il dispersa avec instruction d’attaquer tours à tours les ninjas ennemis afin de récupérer le maximum d’informations sur leurs techniques et leur style de combat.

Il en était encore à cligner des yeux pour se débarrasser des cristaux de glace dans ses cils que Sasuke apparaissait à ses côtés derrière l’arbre géant qu’il avait choisi comme refuge, à genoux dans la neige et les derniers sceaux d’un enchaînement sur le bout des doigts.

« Invocation. »

 

Avec un nuage de fumée élégamment stylisé, un énorme serpent bleu aux écailles moirées de gris se matérialisa dans la neige à ses côtés, sous les yeux arrondis comme des billes de Naruto.

« Ssss ! C’est froid ! » fut la première chose que siffla la créature d’un air furieux en se dressant pour que le moins de surface possible de son long corps fuselé n’entre en contact avec la neige. « Sasuke-kun, au cas où tu l’ignorerais, les serpents hibernent. Il est hors de quessstion que je me batte dans ces conditions. »

Seule la familiarité amusée avec laquelle le serpent s’adressa à Sasuke retint Naruto d’attaquer instinctivement, de frapper de toutes ses forces, pour tuer.

 Les serpents étaient désagréablement connotés, pour tout ninja de la Feuille qui se respectait –ou quiconque ayant déjà affronté directement le Sannin Orochimaru, ce qui était sans doute bien pire.

 

« Navré Nanigi. Mais j’ai besoin de ma Kusanagi. Tu pourras repartir ensuite, je ne te demanderais pas de te battre aujourd’hui. »

C’était étrange de voir Sasuke presque… poli.

« J’essspère bien ! Contente de te voir sur pied au fait, gamin. Tu n’en menais pas large la dernière fois que je suis venu te voir. Dois-je en déduire qu’ils t’ont laissé partir ? Ssss… Cela m’étonnerait beaucoup de la part de Tsunade-chan…  Quelle est la contrepartie ? »

 Une pointe de couleur empourpra les joues de Sasuke.

« Nanigi ! »

« Oui, oui… » Le long corps s’arqua tandis qu’elle mettait sa tête triangulaire à hauteur du visage de Sasuke, gueule grande ouverte, découvrant des crocs à venin presque de la taille d’une main. Sans sembler s’en émouvoir ce dernier plongea son avant-bras dans la gorge offerte, et en ramena le fourreau bicolore d’un katana qu’il tira du reptile d’un geste fluide et assuré.

 

« SsSh… Je déteste ça… » se plaignit le serpent géant en balançant sa tête de droite à gauche dans un geste presque humain tandis que Sasuke dégainait amoureusement son sabre, une satisfaction froide et dangereuse peinte sur le visage.

Ce ne fut qu’à cet instant que la vipère –Nanigi ?- sembla découvrir Naruto, toujours planté dos à l’arbre, là où il s’était trouvé lorsqu’elle était apparue, à la seule différence qu’un kunaï avait automatiquement trouvé place dans sa main, et qu’il était tendu en position d’assaut.

Les yeux ambrés fendus de noir se fixèrent sur lui, et la langue bifide goûta l’air.

« Sss, qu’est ce que tu fais planté là toi ? Tu n’as jamais vu de serpent ? D’invocation peut-être ? »

Le ton railleur l’arracha à son immobilité, et le fit bondir.

« Quoi ? Bien sûr que si ! J’ai des invocations moi aussi ! »

« Qui ne nous valent certainement pas, » chuinta le reptile avec condescendance. « Mais bon, tout le monde ne peut pas avoir le privilège d’être lié aux serpents… »

« Hé ! J’invoque des crapauds ! C’est dix mille fois mieux qu’un… qu’un sale reptile lié à Orochimaru ! »

Nanigi se dressa de toute sa hauteur.

« Ssss… Vassal de Gamabunta hein ? » Naruto n’était pas certain, mais si un serpent avait pu plisser les yeux en vous regardant fixement, cela aurait sans doute ressemblé à cela. C’était particulièrement désagréable, et fit se hérisser les poils de sa nuque.

« Ne serais-tu pas le fameux Naruto ? »

« Nanigi, ça suffit. »

Sasuke fixait son invocation d’un regard froid, la lame nue de son sabre dans une main, le fourreau noir et blanc dans l’autre.

 

Ce fut cet instant que choisit Sakura pour atterrir aux côtés de Naruto dans un crissement de neige.

« Sasuke, Na- ruto. » Sa voix vacilla à peine quand elle vit le serpent, ce qui était tout à son honneur, de l’humble avis de Naruto. « Il faut mettre un plan au point. »

« Sss… Bonjour à vous aussi, jeune demoiselle, » siffla Nanigi avec amusement, provoquant un sursaut et des excuses empressées de la part de la kunoïchi. « Hum… Si l’autre bipède ici présent est Naruto, tu dois forcément être Sakura. Sss… C’est… approprié, même si tes parents n’ont visiblement pas été chercher bien loin… »

« Bipède ? Hé ! »

« Non mais… »

« Nanigi, ça suffit ! »

Sasuke avait rengainé, et regardait le serpent avec une exaspération perceptible même pour Naruto. « Ce n’est pas le moment. »

« Bon d’accord. Mais ce n’est que partie remise. Porte-toi bien, Sasuke-kun, et tâche de ne pas t’enrhumer.» 

Et sur ces mots le serpent géant disparut comme il était arrivé, laissant Naruto et Sakura fixer un Sasuke dont l’expression glaciale ne masquait pas totalement l’embarras.

 

« Pas de commentaire, » prévint ce dernier en jetant un coup d’œil au-delà de l’arbre, vers le champ de neige immobile, et au-delà la forêt, troncs noirs et bruns sur fond blanc, sans fin. « Concentrez-vous sur le combat. »

Étrangement ce fut Naruto qui répondit en premier, se calant contre le tronc de l’autre côté de Sasuke, le regard brillant de détermination.

« Si on doit gagner pour pouvoir reformer l’équipe Sept, alors on va gagner. Et je tiendrais ma part du marché. »

Sasuke soutint son regard sans répondre, le temps de deux battements de cœur, puis il hocha simplement la tête.

« Alors je tiendrais le mien. Battons nous. Et j’espère pour vous que vous êtes au niveau. »

Sakura finit de remplacer ses mitaines de laine par ses gants noirs de combat, et lui adressa un sourire très froid, qui ne semblait pas à sa place sur son visage. 

« J’espère que tu sais travailler en équipe… Nous allons montrer à Tsunade-sama de quoi nous sommes capables. »

Sasuke posa sur eux ce regard froid, presque mort, qui gelait Naruto à l’intérieur, et seule sa promesse le retint d’aller lui mettre son poing dans la gueule, pour le forcer à réanimer ce feu qui avait été présent lorsqu’ils s’étaient battus à Mailhoe, ce feu dont il se souvenait, mais qui avait été celui de quelqu’un que Sasuke n’était plus vraiment...

Puis soudain il sourit, un sourire terrible et hautain tandis qu’il dégainait de nouveau le katana noir et blanc, et ses yeux s’embrasèrent du rouge sang du sharingan. Ils se firent face, les trois pointes opposées d’un triangle, et Naruto sentit son cœur s’accélérer.

« Allons-y, alors. Inutile de faire attendre les larbins d’Hokage-sama »

 

-

 

« STOP ! »

Le poing de Sakura s’immobilisa en plein mouvement, armé pour frapper le ninja qu’elle tenait agrippé par l’avant de sa veste.

« Ca suffit. »

Elle relâcha sa prise, fit trois pas en arrière en se forçant à réguler sa respiration. Ses épaules étaient contractées, et elle avait une longue estafilade sur la joue gauche, là où l’acier d’une lame avait mordu et tranché une mèche de cheveux roses.

Avec une grimace imperceptible le troisième ninja, Hijiri machinchose, roula lentement sur lui-même et se poussa en position assise contre l’arbre dans lequel elle l’avait envoyé s’encastrer. Dégainant un kunaï, il  entreprit de découper l’embrouillamini de corde fine et transparente entortillé autour de ses chevilles.

 

« C’est fini ? »

La voix de Naruto était un peu rauque, distraite, alors qu’il ne quittait pas des yeux son adversaire –sa proie. Il avait lui aussi interrompu son attaque à l’ordre claquant de l’Hokage, mais à sa posture il était évident qu’il était près à bondir de nouveau.

Et parce qu’il ne l’avait pas côtoyé depuis si longtemps, et qu’il savait pour le Renard, Sasuke n’avait aucun mal à lire dans ses mouvements cette tension presque sauvage, à voir la pointe de quelque chose qui n’était pas complètement humain dans son langage corporel.

L’Hokage se décolla de l’arbre contre lequel elle était appuyée, et hocha sèchement la tête, regard glacial.

« Le test est terminé. »

Et comme si ça avait été un signal, la tension et la férocité disparurent soudainement de la posture de Naruto, comme si elles n’avaient jamais été là.

Avec un gémissement, il se laissa tomber assis dans la neige, la tête dans les mains.

« Aouuuuh… J’ai maaaaal… »

Les paquets de neige emmêlés dans ses mèches blondes se teintaient de rosé par endroits, et des traînées de sang et de neige fondue suivaient ça et là les lignes de son visage, disparaissaient le long de sa nuque dans le col de sa veste d’hiver. Les oiseaux invoqués par le ninja ne l’avaient pas loupé, constata Sasuke avec satisfaction.

« Saaales piaaafs ! Ils ont failli me crever un oeeeil…  Sakura-chaaan, j’ai été picoré à mort !»

 

C’était apparemment bel et bien fini, et après un bref coup d’œil en direction de l’Hokage, Sasuke consentit à enlever la lame de la Kusanagi du cou contre lequel elle reposait.

Là où le fil tranchant de la lame avait touché la peau, le sang coulait d’une coupure fine comme un cheveux. Ce n’était rien de plus qu’une égratignure, mais elle était la preuve de sa victoire incontestable : aurait-il poursuivi son mouvement ne serait-ce que de quelques centimètres, la tête de son adversaire aurait volé pour de bon.

Il inversa sa prise sur la poignée de son katana, et fit un pas en arrière, ignorant royalement le regard mauvais que lui lança le ninja.

 

 D’un pas égal et tout en essuyant le sang sur sa lame contre sa manche, il se dirigea vers ses… vers les autres. Pas équipiers. Il ne voulait pas penser équipiers. Son chemin était solitaire, impraticable pour plus d’une personne.

Équipiers était deux de trop.

Il ne voulait pas d’eux, mais malheureusement il n’avait pas le choix. Ca avait été cela, ou périr, et il n’avait pas le droit de mourir. Pas tant qu’Itachi vivrait.

Ils étaient le moindre mal, mais tenter de s’en convaincre était étonnamment difficile.

Ils feraient l’affaire, supposait-il, d’un point de vue strictement pratique. Sakura avait changé, le nier était impossible. Lui-même et Naruto n’avaient fait que continuer sur leur lancée, mais elle… Elle était plus que compétente à présent, elle se battait bien, et du peu qu’il en avait vu, le mental avait suivi… –elle l’avait frappé.

Quant à Naruto… Il n’arrivait pas à décider à quel point Naruto avait changé, réalisa-t-il en emboîtant dédaigneusement le pas à l’Idiot qui rejoignait Sakura face à l’Hokage.

 

S’il n’avait pas été aussi certain de la qualité de leur prestation, il aurait pu s’inquiéter de l’expression et du regard sombre de l’Hokage. Mais en l’occurrence, même lui était forcé d’admettre que leur travail d’équipe avait été…‘efficace’.  C’était un terme. ‘Putain d’impressionnant pour des ninjas ne s’étant pas battus côte à côte depuis trois ans’ en était un autre, sans doute.

Même avec la plus mauvaise volonté du monde, la Sannin au Limaces ne pourrait le nier… Enfin presque.

C’était la théorie pour un monde dans lequel la bonne volonté existait. S’il croyait en cela, autant se convertir tout de suite à l’orange, et attendre qu’Itachi vienne s’embrocher de lui-même sur son katana.

Mauvaise volonté ou pas, promesses de test ou non, la réalité était que la vieille femme était Hokage, et eusse-t-il uniquement s’agit de lui, Sasuke n’aurait pas été aussi certain de l’issue.

Mais il y avait Naruto, et aussi invraisemblable que cela paraisse, les désirs de l’Idiot semblaient avoir quelque poids sur les décisions de la femme la plus puissante du pays du Feu –un signe certain que Konoha était voué tôt ou tard à l’annihilation. 

 

Tsunade pinça les lèvres, et les toisa tandis que leurs adversaires boitillants s’alignaient derrière eux. Sasuke retint sa réaction première de paranoïa qui le poussait à ne pas rester dans cette position une seconde de plus, et força son souffle à rester égal. Les chuunins ne feraient rien sans ordre de l’Hokage, mais avoir des ninjas dans son dos le rendait nerveux, d’autant plus lorsque lesdits ninjas pouvaient ajouter au grief légitime de la désertion le fait que le déserteur en question était de dix ans leur cadet et venait de leur ramasser la gueule.

« Kakashi, qu’en penses-tu ? C’est ton équipe après tout.»

Sasuke ne parvint même pas à être surpris quand le jounin se laissa tomber d’une branche pour atterrir aux côtés de l’Hokage, et peu importe qu’il n’ait pas un instant senti sa présence. Il avait probablement été là depuis le début.

Salaud.

 

« Joli katana, Sasuke. »

Il ne répondit pas, et continua à fixer un détail de l’écorce de l’arbre au-dessus de l’épaule gauche de l’Hokage.

Kakashi haussa les épaules, l’air dédaigneux malgré son masque.

« C’était passable. Sasuke, Sakura, il y a eu un instant de flottement quand vous avez échangé vos positions. Naruto, c’était une idée intéressante, mais après avoir supprimé tes clones tu te figes un instant pendant que tu assimiles leur expérience. Ton adversaire aurait été plus rapide, tu serais mort. »

À sa droite, l’Idiot ne répondit rien, ne fit même pas une grimace et Sasuke réalisa soudainement –mais non à vrai dire, il l’avait su depuis le calme anormal dans la chambre d’hôpital- que quels que soient les aspects de Naruto qui étaient restés les mêmes, stupide et intrusif, et si désespérément incapable d’accepter la défaite, il avait malgré tout changé, plus qu’il ne pouvait probablement l’imaginer.

Et il aurait voulu pouvoir s’en moquer, n’en n’avoir rien à faire, mais s’il voulait survivre dans ce village qui n’était plus le sien, il allait devoir découvrir un minimum les motivations et les leviers des gens qu’il côtoierait, qu’ils aient changés ou non, qu’il le veuille ou pas.

Kakashi se tourna vers Tsunade.

« Ils devraient faire l’affaire, Hokage-sama. »

La femme haussa les épaules.

« C’est bon alors. »

 

Et vraiment, Sasuke n’aurait pas dû se sentir si soulagé.

 

---

 

« Et vous pensez qu’il sera entreposé là Seigneur ? »

Yume appuya son menton dans le creux de sa main droite, et se pencha de nouveau sur le parchemin presque illisible déroulé devant elle, et les descriptions qu’il contenait. Le vélin était usé, en certains endroits cloqué par l’humidité, et l’encre brunie des kanjis se mêlait parfois aux enluminures à l’encre verte qui illustrait le document.

À vrai dire, elle n’arrivait pas à lire ce qui était écrit. D’après Daisuke-sama, c’était une langue morte depuis plus d’un siècle, et si certains kanjis semblaient familiers, leur organisation globale et leur signification lui échappait totalement. Le seul symbole qu’elle reconnaissait avec certitude pour l’avoir déjà vu gravé dans la roche de temples dédiés à des sectes disparues était le kanji du renard, encadré des neufs spirales symbolisant les queues.

Son seigneur soupira, et interrompit son va-et-vient préoccupé d’un bout à l’autre de la pièce pour revenir s’asseoir dans le fauteuil qui lui faisait face de l’autre côté de la table basse.

« Si la Godaïme a laissé les choses telles qu’elles l’étaient sous le règne du Sandaïme, il devrait se trouver dans la Bibliothèque Interdite, à la tour de l’Hokage. La Bibliothèque n’a pas changé d’emplacement depuis le premier Hokage, et le rouleau y était la dernière fois que j’y ai pénétré... En théorie c’est donc là que tu le trouveras. Tu as vu les plans. »

« Oui, et … joie on ne peut y pénétrer que par le bureau de l’Hokage… »

Elle se mordilla nerveusement la lèvre, et étendit le bras pour frôler le parchemin du bout des doigts, avant de regarder de nouveau son maître.

 

« Je sais, » grogna-t-il en se laissant glisser un peu plus profondément dans son siège. « Je sais. Si tu y vas ce ne sera pas sans risque. Mais j’ai mes raisons de croire que tu bénéficieras d’une diversion de taille, pour peu que nous choisissions bien notre jour. Et puis Takeo t’accompagnera… »

Elle le fixa sans ciller, et il ouvrit les mains devant lui en signe d’impuissance.

« Tu sais que je ne te le demanderais pas si ce n’était pas de la plus haute importance Yume-chan. Tu le sais. Si seulement j’avais su à ce moment-là ce que contenait ce fichu rouleau… »

Elle haussa les épaules. Bien sûr que c’était important. Mais ce qu’il lui demandait de faire –leur demandait de faire- n’en risquait pas moins de les faire tuer tous les deux, sans aucune garantie de succès.

« Vous n’avez trouvé le parchemin qui décrivait le rouleau et son contenu que cet automne, » convint-elle finalement en croisant ses mains fines devant elle.

Il approuva distraitement.

« Et je n’aurais su qu’en faire à l’époque de toute manière. Ce n’est qu’à présent que les Neufs sont presque rassemblés qu’il prend toute sa valeur. Maintenant… le savoir qu’il contient est sans prix –ou du moins c’est ce que je ne peux que supposer, puisque je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion de le consulter. Quelle pitié.»

Il rit.

« Et dire que ceux de la Feuille ignorent quel trésor ils laissent pourrir sur les étagères de leur bibliothèque … Un tel savoir, mais inutile sans le code… qui par le plus grand des hasards s’est finalement retrouvé est en la possession de mon humble personne...»

 

Deux coups légers frappés contre le chambranle l’interrompirent, et Takeo pénétra dans la pièce.

Après une courbette pour la forme, il se glissa de son pas silencieux jusqu’au centre du salon, où il s’immobilisa derrière le fauteuil qu’occupait Yume. Elle se retourna un instant, le temps de lui adresser un sourire, puis fit de nouveau face au Seigneur, tandis que les mains de Takeo trouvaient le chemin de ses épaules en une caresse légère, qui désamorça une partie de la tension qu’elle n’avait pas eu conscience de ressentir jusque-là.

« Vous aviez raison Seigneur, » annonça-t-il. « Ils bougent. »

 

Le sourire satisfait de Daisuke plissa les rides d’expression au coin de ses yeux, et ses mains s’immobilisèrent un instant sur ses genoux, avant de reprendre leur mouvement.

« Ahhh… Je le savais. Orochimaru-sama n’est certes pas homme à rester inactif lorsque l’on s’en prend à ce qui est sien… Il va falloir se dépêcher, si nous voulons en profiter. »

Il se leva soudain, surplombant Yume de toute sa taille. Elle dut lever la tête pour maintenir le contact visuel, et les doigts de Takeo glissés dans son col se crispèrent un instant contre ses épaules.

« Yume, Takeo. J’ai besoin de savoir si vous irez chercher le parchemin pour moi. »

Pas d’ordre, ni d’argument, juste la simple demande, sérieuse. Il savait tout aussi bien qu’eux ce que cela impliquait. Le pouce de Takeo effleura le creux de sa nuque en une caresse réconfortante quand elle se tourna de nouveau vers lui, pour chercher confirmation, et que leurs regards se croisèrent.

 Elle regarda son Seigneur, l’homme auquel ils devaient tout, pour lequel ils étaient tous deux près à mourir si besoin était –parce qu’ils savaient que jamais il ne le leur ordonnerait-, et hocha la tête, une fois.

« Nous irons. »

 

---

 

La chambre d’hôpital était la même que deux jours, une heure auparavant. Ou presque, c’était tout comme.

Mêmes murs d’un gris poussiéreux déprimant, même lit aux montants de fer solidement boulonnés dans le sol, même vue imprenable sur les écailles de peinture qui pelait par plaques lépreuses sur le métal de la porte.

Seules deux choses avaient changées : il était maintenant libre des contentions, et pouvait se moucher ou se gratter le nez sans l’aide de l’omniprésent anbu qui jouait les ombres dans un angle de la pièce (si ce n’était pas le même, rien ne permettait de le deviner. Ils étaient aussi interchangeables que les gobelets en cartons dans lesquels on lui donnait à boire de l’eau trop froide au goût de produits chimiques.).

L’autre différence était qu’à présent, la chambre était pleine, et s’il fallait être honnête, il préférait presque les contentions à la perspective de Naruto et Sakura installés sur le pied de son lit à discuter le bout de gras et à refaire verbalement le combat.

Certainement, il n’avait rien fait pour mériter cela ?

Même la désertion ne méritait pas une justice immanente aussi radicale.

 

C’était l’idée de Naruto –bien entendu.

Au lieu de retourner s’empiffrer de ramen au terme du test et de lui foutre la paix, il leur avait adressé un sourire éclatant, avait baragouiné quelque chose comme quoi si Kakashi-sensei trouvait qu’ils avaient été passables c’est qu’ils avaient tout déchiré, et avait unilatéralement décidé –une fois de plus- de pourrir un peu plus la vie de Sasuke en le raccompagnant à sa chambre-cellule à l’hôpital.

Sakura avait un instant hésité, son regard avait couru de l’un à l’autre, sans qu’il ne parvienne à y lire ce qu’elle pensait, et puis elle avait soudainement acquiescé. Ils avaient suivi l’anbu quand à un geste de l’Hokage celui-ci les avait de nouveau téléporté jusqu’à l’hôpital, et moins d’une minute après son arrivée, ils frappaient à la porte blindée de la chambre.

 

Et à présent ils étaient dans sa cellule comme au salon de thé, et Naruto s’était mis à babiller avec enthousiasme sur dieu sait quoi, sans sembler remarquer l’hostilité ouverte de Sasuke, ni la gêne de Sakura, qui glissait à ce dernier de coups d’oeils censé être furtifs tout en jouant machinalement avec ses gants noirs.

Seigneur, comme il les haïssait tous les deux à cet instant précis… Pas autant qu’il haïssait son frère, mais…

Quel besoin avaient-ils de faire cela, de le poursuivre, encore et toujours alors qu’il était déjà défait, qu’il était en leur pouvoir ? Malgré les mots de Sakura tu devrais comprendre, toi qui vis dans le passé, leur obstination désespéré lui était incompréhensible, étrangère. C’était une conception des choses qui lui était inaccessible.

Il n’avait rien fait pour mériter cela, il n’en voulait pas, et pourtant ils persévéraient dans leurs tentatives de l’attacher à eux, dans l’entretien de ce lien débilitant et illusoire. Ne voyaient-ils pas le poids qu’ils étaient ? La futilité de leurs espoirs ?

Il n’aurait pas dû avoir à s’en plaindre, car c’était après tout ce qui l’avait gardé en vie. Mais malgré lui cela le perturbait profondément : ils étaient des ninjas. Comment pouvaient-ils se permettre de s’accrocher à ce genre de chance, qu’est-ce qui les poussait à vouloir son retour si désespérément qu’ils soient près à prendre tous les risques, à lui faire confiance à lui, qui les avait trahis, avait tenté de tuer Naruto ? Qui ne vivait que parce qu’Itachi vivait aussi.

Il n’avait rien à offrir que des paroles mordantes et l’abandon à plus à moins long terme, rien à apporter qui puisse expliquer leur présence sur le pied de son lit alors qu’il avait exprimé plus que clairement le fait qu’ils n’étaient pas les bienvenus…

Et pourtant.

 

« Vous êtes pathétiques. »

Sakura sursauta, et se tourna vers lui, suivi avec un peu de retard par Naruto. Il n’avait pas parlé fort, juste assez pour se faire entendre, mais ça avait été amplement suffisant. Ils étaient tellement réceptifs au moindre souffle passant ses lèvres, c’en était écoeurant, presque.

Naruto grimaça, et son regard bleu s’assombrit.

« Quoi ? »

« Tu cumules la surdité avec l’idiotie ? J’ai dit que vous êtes pathétiques. »

Naruto grimaça.

« Ça vaut mieux que d’être un sale crétin arrogant. »

« Que tu t’obstines à vouloir garder à tes côtés. Ce qui en dit long sur ta crétinerie, » siffla-t-il avec dédain.

Le masque calme et détaché du nouveau Naruto ne faisait pas long feu dès qu’on poussait un peu, constata Sasuke avec une étincelle de satisfaction vicieuse quand l’expression du ninja blond se tendit, et qu’il découvrit les crocs dans un mouvement de menace inconscient qui aurait plus convenu à un Inuzuka.

Puis le masque perturbant glissa de nouveau en place, et le sourire se fit plus mordant, féroce.

Sakura lui jeta un très bref coup d’œil, et posa sa main sur son bras.

« Ça suffit… »

« Imbécile, c’est toi qui ne comprends rien à rien. T’es qu’un-»

« Trou du cul, t’es vraiment un cas encore plus désespéré que je ne le pensais… »

« Dit le type qui a déserté pour proposer son corps à un Sannin pédophile… »

« Ça suffit comme ça j’ai dit. »

Sakura s’interposa entre eux, le regard menaçant, et une fraction de seconde s’imposa le souvenir d’une scène semblable, sur un toit, une éternité auparavant.

À la différence que cette fois-ci, il lui suffit d’infuser le chakra dans son poing droit pour capter toute leur attention –parce qu’avec ledit poing, elle pouvait facilement les tuer, et que même sans cela ils savaient qu’elle n’hésiterait pas à frapper, et à faire mal.

« Je n’y crois pas. Vous n’avez pas changé d’un poil, c’est affligeant. »

« Hé, Sakura, » protesta Naruto en battant en retraite à l’autre bout du lit –mauviette.

« Ne me forcez pas à vous frapper. »

« Mais Sakura-chan, c’est lui qui a commencéééé… »

Sasuke envisagea une réplique au vitriol sur sa mauvaise foi affligeante, mais préféra finalement les foudroyer du regard.

« Naruto… »

« Non, mais c’est vrai, il nous a traité de pathétiques, c’est pas de la provocation ça ? »

« Si tu appelles l’expression de la vérité de la provocation, tu es mal parti, imbécile. »

« Arrêtez vous deux, on a mieux à faire que de s’engueuler. »

« On s’engueule pas, on- »

« s’engueule, » termina Sasuke à sa place avec une pointe de sarcasme mordant qui provoqua chez Naruto une nouvelle grimace. Puis, adressant à Sakura un regard évaluateur. « Mieux à faire ? Tu veux dire mieux que de vous regarder pinailler sur des sujets encore moins intéressants que vous ? »

Elle lui  jeta un coup d’œil acide avant de se laisser glisser du bord du lit sur lequel elle était assise.

« Si on doit être une équipe, tu devrais laisser tomber les tentatives de te faire détester –ou casser la gueule à coup de poing- Sasuke. Si on veut qu’ils donnent une vraie chance à l’équipe Sept pour retrouver un minimum de liberté de mouvement et pouvoir t’aider à rattraper ton frère, il faut qu’on soit exemplaire. Alors si vous pouviez éviter de détruire la chambre en me forçant à vous frapper ou en vous pourrissant mutuellement la gueule, ce serait bien. »

 

Au lieu de réagir par une protestation du type “Maaaaaais, Sakura-chaaaan !”, Naruro se contenta de faire la grimace, et de rentrer la tête dans les épaules. Sasuke, lui, resta parfaitement immobile là où il se trouvait, le visage soigneusement inexpressif.

Il le savait, bien entendu, mais que ce soient eux qui jouent l’apaisement, qui soient près à le supporter pour qu’il puisse atteindre ses objectifs… Il ne comprenait toujours pas, cela le perturbait, et sous la surface bouillonnait une colère impuissante.

Mais Sakura avait raison, et il n’avait pas le choix.

« Bien. Mais qu’une chose soit claire. Ce n’est pas parce que nous sommes équipiers que nous sommes amis. »

Et Naruto, au lieu de protester comme il l’aurait fait deux ans ou une semaine auparavant, se contenta de hausser les épaules avec une étrange expression, un pli amer à la commissure des lèvres.

« Bien entendu. »

 

Et Sasuke n’aurait su dire d’où venait l’indéfinissable sentiment de trahison qui se mêla au soulagement.

 

---

 

D’une manière générale, les ninjas ont très peu de certitudes.

La mort est l’une d’elles, la toute première, immédiatement suivie par sa sœur jumelle, son ombre : la promesse de la douleur.

A elles deux, elles résument de manière efficace et brillamment concise ce qu’un ninja peut espérer avec certitude de son avenir, à n’importe quel moment de sa vie.

La troisième certitude d’un ninja était, du moins au Pays du Feu, que Shiranui Genma trichait au jeu.

 

Mais à vrai dire celle-là n’était pas fondée, pour la bonne et simple raison que personne n’avait jamais réussi à le prouver. Toutefois il gagnait, c’était une certitude. Et s’il gagnait le corollaire évident était qu’il trichait. Donc cela revenait au même.

 

Quelque soit la partie, dés, osselets, tuiles, jeux de mains, de cartes ou une quinzaine de variantes plus ou moins retorses du poker ninja, Genma arrivait, air affable et sembon aux lèvres, jouait, perdait parfois un peu, mais finissait toujours par rafler la mise.

Il trichait, c’était forcé. Tout le monde trichait, cela faisait parti des règles : tous les coups étaient permis tant que l’on ne se faisait pas prendre. Et nul n’avait jamais pris Genma la main dans le sac, pas même Ibiki qui était pourtant unanimement considéré comme un maître suprême dans l’art de la tricherie, pas même Kakashi au sharingan duquel rien n’échappait... Ce qui laissait ouverte la possibilité certes fort improbable que Genma ne trichait finalement pas, et qu’il soit simplement un joueur doué et très chanceux, et rien de plus.

Ce à quoi, bien entendu, personne ne croyait.

 

Cela aurait pu sembler tout aussi improbable que le ninja au sembon trouve encore des adversaires disposés à tenter leur chance, et il était vrai qu’au terme de quelques cruelles expériences, Hijo avait opté pour l’option fuite à chaque fois que Genma et un paquet de cartes se trouvaient dans la même pièce.

Mais mis à part quelques individus dotés d’un bon sens bien ancré et d’un fort instinct de conservation (de leur paye), le jounin spécial n’avait pas de mal à trouver des adversaires. Le refus viscéral de ses collègues d’accepter que l’on puisse rester en veine près de vingt ans sans aucune tricherie faisait sa fortune. Si ce ne pouvait décemment pas être de la chance, c’était forcément de la triche. Et si c’était de la triche, il devait exister un moyen de découvrir le subterfuge.

C’était mathématique, c’était un défi qu’un ninja digne de ce nom ne pouvait ignorer.

Ce qui n’empêchait pas Genma de continuer à gagner, pas à tous les coups -et si on jouait intelligemment et qu’on se retirait suffisamment tôt on pouvait s’en mettre plein les poches-, mais de manière éhontément régulière, et toujours à la fin, quand on en était arrivé à quitte ou double.

 

Certitude numéro trois donc : Shiranui Genma trichait, et gagnait.

 

-

 

Raidou passa la tête brièvement par la porte, la retira, et se tourna vers Shizune qui fulminait dans un silence d’autant plus dangereux à ses côtés.

« Elle est là, mais… »

Sans écouter la suite, la kunoichi poussa à son tour la porte de la salle de repos des jounins, et il la suivit avec fatalisme, et la décision de se faire le plus discret possible. Et il buta contre elle parce qu’elle s’était immobilisée net dans l’encadrement de la porte.

 

La salle était éclairée par la lumière hivernale qui filtrait des fenêtres à demi obscurcies par les rideaux en longs rayons blafards, dans lesquels dansait la poussière.

Kakashi zonait vaguement le long d’un mur, livre vert en main mais ayant oublié de faire semblant d’être plongé dedans, Kotetsu, Izumo et une poignée d’autres jounins étaient massés entre les armoires d’archives (transformées depuis longtemps en garde-manger privé, réserve de sachets de thé, de la cafetière, de petits gâteaux et de saké à l’occasion) et l’un des divans défoncé.

D’un geste souverain, Genma, assis à la table au centre de la pièce, dévoila une Quinte Flush. Le souffle collectif des jounins se relâcha, avant de se bloquer dans un silence choqué lorsqu’en face de lui la Cinquième Hokage de Konoha –aussi connue sous le surnom peu laudatif de “Pigeon Légendaire” pour son incapacité chronique à gagner ne serait-ce qu’à pile ou face- abattit tour à tour un Dix, un Valet, une Dame, un Roi. Et pour finir un As.

Tous rouges. Suite Royale.

Le silence qui tomba sur la pièce était de ceux qui précédent ou suivent les moments historiques, lourd et plein de stupéfaction contenue, comme si un certain laps de temps était nécessaire pour appréhender toute la portée de l’événement.

Raidou se fit la réflexion que le reflet blanc sur l’un des angles de la table ressemblait presque à un dragon, si on penchait un peu la tête sur le côté, et qu’on louchait.

Puis, livide, Genma poussa vers Tsunade la totalité de la confortable montagne de ryo qui s’entassait devant lui.

« Vous avez gagné, Hokage-sama. »

 

« Shizune. »

La voix de l’Hokage était calme –anormalement calme. Raidou sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale, tandis qu’à ses côtés, Shizune se tendait.

« À vos ordres Tsunade-sama. Passage en alerte jaune. »

 

L’aigle en provenance de Mailhoe se posa dans la volière à peine dix minutes après.

La rumeur, elle, avait déjà bien atteint plus de la moitié du pays du Feu, et n’allait plus tarder à toucher Konoha.

 

---

 

TBC

 

The note in the end :

Tout d’abord, je m’excuse pour le temps qu’a mis ce chapitre à arriver, et celui que mettra le prochain (je ne me fait pas d’illusions).

Les raisons sont toujours les mêmes : vraie vie, boulot, autres fics, inspiration capricieuse. Je ne suis pas resté inactive, et j’ai posté sur six autres projets depuis le dernier chapitre de KG (des Drabbles et One-shot, Clair-Obscur, De Sabres et de Sang… etc.)

Toutefois, pour ceux qui ont posé la question et la reposeront, la réponse est : ne vous inquiétez pas, je n’abandonne nullement Konoha Gaiden. Je l’aime, cette fic. J

 

Ensuite, petit disclamer : la partie avec Madara a été écrite avant que les scans qui nous en apprennent plus sur lui ne sortent (avant même qu’il ne devienne officiel qu’Itachi savait qui il était d’ailleurs.) J

Setsuma appartient à mon cher et tendre, et j’ai emprunté Hijo à Arakasi (a ce propos, pour ceux qui ont remarqué que ce n’était originalement pas lui sous le serpent, ce détail a été modifié, je n’ai juste pas eu le temps de reposter vu que le formatage ff.net prend une éternité.

 

Vous l’aurez peut-être remarqué, j’ai à présent une bêta-lectrice. Donc merci à Sevee qui a traqué les fautes et incorrections qui restaient dans le texte. :)

 

Et enfin, merci pour toutes vos belles reviews qui font chaud au cœur, mention spéciale à Tookuni, Cel-chawal, et Angua qui a très gentiment pris le temps de corriger tout un tas de fautes !

 

 

A la prochaine !

 

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