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Animes-Mangas

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Naruto

Il n'est jamais trop tard pour avancer Auteur: Encens Vue: 789
[Publiée le: 2008-09-01]    [Mise à Jour: 2008-09-07]
G  Signaler Romance/Humour/School-Fic Commentaires : 5
Description:
Univers Alternatif
Réponse au défi de Kmille
Nouvelle version

Les amitiés sont éternelles, même les plus improbables.
Les histoires vivront toujours, qu'elles durent un an ou un jour.
Les aventures, enfin, restent dans les coeurs. A jamais.

Il leur faudra trois ans pour comprendre des faits aussi fondamentaux.
Eux, les acteurs d'un tel théâtre.
Hinata, qui pense qu'elle n'aura pas assez de ce temps pour prendre forme et s'éveiller.
Shikamaru, qui considère que son intelligence est à la fois un don, une malédiction et, après réflexion: Qu'est-ce qu'il s'en fout.
Naruto, Lee, Chôji...
Tenten, que ses rêveries n'aideront jamais sauf pour immortaliser sur le papier ces instants qu'elle ne saurait oublier.
Gaara, qui n'a jamais su faire la différence entre le bien et le mal mais qui, au risque de s'égarer, cherchera peut-être à instaurer une frontière entre les deux, sait-on jamais.
Temari, Kankuro, collés à lui par les joies de la génétique.
Kiba, Sasuke... L'éternel gamin, la beauté fatale -qui n'a jamais rien demandé à personne mais qui se retrouve avec des filles scotchées à ses baskets.
Sakura, intelligente frisant le génie. Le sait. En use au machiavélisme.
Hana, la soeur qui aurait préféré rester invisible.
Ino, qui n'a jamais su l'être.

Sauront-ils employer cette dernière offre d'insouciance avant de plonger une bonne fois pour toute?
Crédits:
Les personnages de Naruto ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de leur auteur, Masashi Kishimoto
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Chapitre 1

[7199 mots]
Publié le: 2008-09-01
Mis à Jour: 2008-09-07
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Chapitre 1

 

Si on demandait à Sakura Haruno pourquoi elle n’aimait qu’elle-même, elle vous répondrait d’un sourire enjôleur tout en déclarant : « Voyons ! Vous ne vous posez quand même pas sérieusement la question ?! C’est évident pourtant ! »

A l’entendre, il était clair que les autres n’étaient pas assez parfaitement bien foutus pour seulement attirer son attention.

 

  La petite ville de Tenzaku, située près de la grande capitale de Konoha, n’était pas à proprement parler une ville connue. Mis à part son petit charme historique qui n’attirait que les rares touristes passionnés d’édifices sans anecdote notable, elle était, comme bien d’autres villes de la banlieue, mortellement ennuyeuse pour sa jeunesse en pleine croissance.

Or, en ces temps de haute canicule de la fin Juillet, absolument insupportables pour l’être humain, l’ennui se faisait de plus en plus sentir.

Cela tenait en deux points : d’abord, le simple fait de sortir relevait de la pure mission suicide et, malgré la climatisation poussée au maximum, les transats installés dans le réfrigérateur et le nudisme recommandé, personne n’était fichu de sentir un poil de brise fraîche.

Pourtant, comme dans chaque ville, Tenzaku avait ses héros, ses fous furieux, ses malades mentaux et, bien entendu, ses téméraires 100% suicidaires, ceux-là même qui, actuellement, s’amusaient de tout leur soûl dans une aire de jeux déserte et poussiéreuse, habituellement réservée aux enfants de moins de six ans.

-Nom d’un chien ! Qu’est-ce qu’il fait chaud ! Beugla justement l’un d’eux à l’intention du ciel sans nuages et de l’éclat brillant qui l’aveuglait et qui n’était autre que le soleil. On n’a pas idée de sortir par un temps pareil !

-Naruto, la ferme, lui répondit obligeamment l’un de ses compagnons, assis dans le bac à sable parsemé, çà et là, d’ordures et de mauvaises herbes.

Naruto lui tira la langue, prouvant ainsi sa maturité et fonça droit vers le toboggan.

Il grimpa un à un les échelons qui menaient au sommet et se laissa glisser tout en poussant un cri de joie fortement exagéré qui montrait son ennui profond.

-Si je rentre chez moi maintenant, maugréa le deuxième en faisant jouer sa canette fraîche entre ses mains, je suis bon pour les cartons mais au moins, là-bas, on se sent pas fondre comme de la foutue neige.

Le troisième des larrons, assis à côté de lui, se mordilla pensivement la lèvre inférieure.

En temps normal, il aurait proposé un concours de celui qui buvait le plus rapidement sa canette –même si Kiba gagnait à tous les coups- mais il ne s’en sentait pas l’envie.

-Ta joie de vivre est telle qu’elle en est contagieuse, répondit-il finalement avant de finir sa boisson gazeuse qui commençait à tiédir. Je ne dis pas ça pour t’offenser mais, pour une fois que ta mère te laisse sortir, tu vas pas geindre comme un gamin auquel on aurait retiré sa sucette. Et puis t’es pas le plus malheureux ! Pense donc à Shikamaru, coincé avec la sienne pour toutes les vacances.

-C’est vrai ! Il a raison ! Renchérit Naruto qui, sitôt sa descente achevée, s’était rué vers le filet de grosse corde pour atteindre la plate-forme en bois, le soleil tapant dans son dos mince. On est avec toi, mon vieux ! Ajouta-t-il pour leur ami commun en se frappant théâtralement la poitrine, le poing levé.

Sans même jeter un œil à la distance qui le séparait du sol, il sauta de son perchoir  et atterrit dans le sable. Sur ce, il rejoignit ses deux amis au pas de course.

-Lui, au moins, il a pas à déménager dans un coin perdu pour que ses parents puissent élever des chiens, répliqua Kiba.

Naruto croisa les bras, une moue désapprobatrice collée à son visage encore juvénile.

-Ta frangine reste bien dans le coin, non ? Pourquoi ils te laissent pas avec elle ?

Le brun leva les yeux ciel à la manière d’une fille de façon si exagérée qu’ils pensèrent tous automatiquement à Ino.

-« Franchement Naruto », fit-il avec une voix suraiguë supposée reprendre celle de leur amie qui fit s’étrangler de rire l’intéressé, « est-ce que tu as idée du nombre de fois où Kiba a séché ? Non ? Pourtant tu devrais le savoir, tu étais constamment avec lui ! »

-Ça, ça veut dire que ses parents refusent de le laisser seul sous prétexte qu’il n’est pas digne de confiance, expliqua patiemment Lee. Par contre, elle est culottée de dire ça, dans ce domaine Ino ne vaut pas mieux que nous tous réunis.

-«Et d’ailleurs, il n’a que ce qu’il mérite », poursuivit Kiba de son pépiement insupportable qui, définitivement, leur faisait penser à la jeune fille, en agitant la main dans un mouvement parfaitement calculé du poignet pour achever son imitation, « c’est ça de sortir avec la moitié des filles de l’école et de draguer l’autre moitié ! On finit toujours par avoir des retombées ! C’est le Karma ! » D’ailleurs, quand on y pense, c’est totalement faux ce qu’elle raconte, je ne me suis, globalement, pas attaqué à toutes les filles de l’école ! Primo, je touche pas aux moches et il y en avait à profusion, secundo, les rats de bibliothèque ne connaissaient même pas mon existence et enfin tertio, elle, je l’ai jamais approchée que je sache !

-C’est sûr que Sasuke t’aurait adressé son regard glauque de merlan frit mort-vivant, commenta Naruto entre deux hoquets de rire en imitant dans une grimace celui qui s’avérait être en fait son meilleur ami. 

Kiba renversa la tête en arrière et rit à gorge déployée, entraînant un Lee hilare dans son sillage.

Ils n’avaient cure de faire trop bruit puisqu’il n’y avait aucune vieille folle pour les regarder sombrement et aucun parent pour écarter leur enfant. Il fallait qu’ils en profitent, c’était probablement l’une des dernières fois qu’ils étaient réunis tous les trois comme si de rien n’était.

Naruto finit par soupirer après avoir enfin repris son souffle et regarda ses deux amis tour à tour, un sourire idiot aux lèvres. Kiba le remarqua et ricana.

-Quoi ?

Naruto haussa les épaules et ricana à son tour.

-Je me demandais juste comment tu allais bien pouvoir faire pour sortir avec des filles sans moi pour te donner un coup de main.

Le rire de Kiba s’amplifia.

-Il faut que je t’avoue un truc, mon vieux : En fait, tu étais plus un boulet qu’une aide. Là, je vais car-ton-ner ! Acheva-t-il en chantonnant à moitié.

-Peuh ! Elles vont fuir en sentant ton odeur de chien mouillé !

Lee se frotta pensivement le menton.

-Et toi, Naruto, tu es toujours convaincu que se ramener avec des yeux au beurre noir et des marques de coup fait tomber les filles, déclara-t-il en pointant l’une des cicatrices violettes qui se voyait sur le front bronzé de son ami, derrière ses fines mèches blondes.

-Bien sûr ! Ça rate jamais !

-Jusqu’à ce qu’il leur avoue qu’il s’est encore pris les pieds dans le tapis de sa salle de bain et qu’il s’est mangé le mur d’en face, commenta Kiba en donnant une bourrade amicale à Lee.

Celui-ci éclata d’un rire sonore et finit par se lever, un sourire désabusé aux lèvres. Il épousseta son pantalon avant de se passer une main dans son imposante chevelure de jais coupée au bol.

 -Faut que je passe chercher un truc chez Sasuke, on y va ? J’en ai pas pour longtemps. 

Avec un grommellement, Kiba obtempéra.

Il avait commencé à se faire à la chaleur pourtant insoutenable.

 

Dans une des nombreuses rues de la ville bordées de maisons de taille moyenne toutes plus semblables les unes que les autres, s’en trouvait justement une qui abritait un être unique en son genre. Une perle rare.

Un garçon très intelligent, probablement le détenteur du Quotient Intellectuel le plus fort de sa génération.

Il s’avérait aussi qu’il était de même celui qui s’en fichait comme d’une guigne.

Sa mère, ô combien sympathique et compréhensive, s’y intéressait pour deux.

Shikamaru Nara émergea de sous sa couette dans un soupir et contempla longuement le plafond immaculé de sa chambre.

Il finit par jeter un coup d’œil à son réveil et un nouveau soupir franchit ses lèvres.

Déjà quinze heures.

Si ça continuait comme ça, il allait être en retard.

Le soleil perçait en raies lumineuses à travers ses volets fermés, évitant miraculeusement l’îlot qu’était son lit.

Dans un geste las et vaguement empreint d’une motivation toute relative, Shikamaru rejeta sa couette, celle qui le comprenait mieux que personne, et posa lourdement ses pieds sur le sol.

Par où commencer donc ?

Ah oui. S’habiller serait un bon début.

Il se dirigea vers sa commode, serrée contre le mur, entre un coin de sa chambre et son bureau sur lequel se trouvait des liasses de papier, toutes noircies d’une écriture brouillonne et illisible. Son écriture.

Ce même meuble était d’ailleurs situé sous sa fenêtre, juste en face de son lit bien-aimé, son meilleur ami.

Il était d’ailleurs assez fier d’avoir présenté le lit en question à sa couette : Un mariage parfait qui durait depuis ses trois ans.

 Il farfouilla dans les tiroirs pour finalement trouver un tee-shirt froissé et un pantalon de toile noire qu’il enfila en vitesse, sans se soucier de paraître « négligé, débraillé et pas du tout fréquentable ». Tels étaient les mots de sa mère, qu’il n’écoutait pas mais enregistrait bien malgré lui.

C’était ça d’être naturellement doué. On se souvenait de tout même ce qu’on ne voulait pas.

Après un brin de toilette qui se résumait à l’essentiel –Paresseux, égoïste et blasé certes, mais sa mère lui avait inculqué les bases de son éducation –il se mit en quête d’un objet fondamental et important : son paquet de cigarettes.

Il ne sortait jamais sans et devenait de très mauvaise humeur –signe de stress intense dans son cas –quand il n’en avait pas un dans la poche.

Le brun se concentra un instant, rien ne servait de chercher dans tous les sens et de s’épuiser à la tâche pour rien.

Bon, il se souvenait clairement l’avoir posé sur son bureau or il s’était, comme par magie, volatilisé.

« Comme par magie » signifiait en d’autres termes : Sa mère.

Sa chère génitrice.

Celle qui l’avait nourri de son lait maternel, qui l’avait aimé, cajolé et on en passe et des meilleures.

Celle qui, surtout, lui avait fait passer ce fichu test de Q.I à l’âge de sept ans pour vérifier qu’il n’était pas idiot comme le laissaient supposer ses résultats de dictée et les mauvaises notes qu’il récoltait pour n’avoir pas fait ses additions.

Égoïste, paresseux et blasé, certes, mais surtout rancunier.

C’était de notoriété publique dans son entourage : Shikamaru n’oubliait jamais.

Le paquet de cigarettes donc…

Allait-il tenter le Diable et récupérer son bien auprès de Nara Yoshino, la terreur de la famille, ou  bien irait-il s’en racheter un tout en allant chez Sasuke ?

La deuxième possibilité lui sembla moins risquée, il décida donc de suivre cette idée très intelligente.

Restait à sortir de la maison sans se faire attraper par sa mère –laquelle, décidément, occupait toutes ses pensées sans qu’il puisse y faire grand-chose.

Il attrapa son portable et ses chaussures, fourra son briquet dans sa poche, ne se jeta même pas un œil dans le miroir de la salle de bain en face de sa chambre et se dirigea jusqu’au palier de l’escalier.

Il évalua rapidement la distance –sept mètres –qui le séparait de l’entrée, entendit vaguement le son de leur télévision, signe que sa mère était plongée dans son feuilleton de l’été et démarra sa mission.

A pas de loup rapides, il descendit les quelques marches jusqu’au rez-de-chaussée tout en prêtant bien attention à celles qui craquaient malencontreusement.

Une fois en bas, il enfila silencieusement ses chaussures et appuya lentement sur la poignée de la porte d’entrée pour éviter qu’elle ne fasse son couinement habituel –le jour où son père prêterait attention à tout ce qui déraillait dans cette maison n’était pas encore arrivé.

Une fois dehors, il respira profondément. Rares étaient les fois où il s’investissait autant.

La voisine le regardait avec un demi sourire, appuyée à la clôture de bois blanc qui séparait leurs deux maisons.

-Eh bien jeune homme ! L’interpella-t-elle d’une voix forte, on sort en douce ?

Il se contenta de la saluer d’un bref signe de la tête et se dirigea le plus rapidement qu’il pût vers l’arrêt de bus au bout de sa rue.

Parfois, il avait vraiment l’impression de s’échapper de prison.

 

Sabaku No Temari et le plus vieux de ses deux petits frères n’étaient pas ce qu’on pouvait appeler des êtres du commun des mortels.

La première était d’un calme si froid qu’elle pouvait vous glacer le sang d’un simple regard. D’ailleurs elle ne s’en privait jamais et, quand la simple envie lui en prenait, elle remettait à sa place le plus malheureux des importuns avec un mépris qui frisait l’indécence.

Kankuro quant à lui était, aussi sûrement que Shikamaru Nara se trouvait être le plus intelligent de son époque, le garçon auquel il ne fallait définitivement pas chercher de noises sous peine de se retrouver, et sans rire ou exagérer, à l’hôpital avec multiples blessures portées à mains nues. 

Bien entendu c’était seulement si on excluait son cher cadet, lequel était le plus effrayant du trio sans avoir besoin de proférer une seule parole. C’était là un art où il était passé maître.

 Le petit dernier de la famille Sabaku No déambulait justement dans l’immense mégalopole qu’était Konoha sans se soucier du monde qui l’entourait.

Indifférence.

C’était probablement le maître mot qui le caractérisait.

Il ne souciait pas du monde qui l’entourait, il n’en avait même pas conscience.

Le peu d’humanité qui subsistait en son sein avec le courage du dernier souffle avant l’expiration finale, se trouvait enseveli sous un profond ressentiment et une intense part de haine glaciale qui n’apparaissaient que lors de ses grands délires de folie durant lesquels il frappait à mort ceux qui avaient osé troubler le sommeil du démon intérieur qui reposait en lui.

Chacun des psychanalystes qui, sous le sceau du secret, avaient eu à l’étudier, s’étaient trouvés formels : Sabaku No Gaara était la rancœur, le désir de vengeance personnifié sous cette carapace vierge de toute émotion.

Lorsque justement, et ça ne loupait jamais, l’un de ces psychiatres demandait ce qui avait pu donner naissance à un tel être, Temari devenait brutalement acerbe tout en faisant preuve de son légendaire parler, Kankuro se mettait à menacer à grands renforts de métaphores morbides et le père de cette famille si unie dans la douleur répondait d’un « mêlez-vous de vos affaires » avant de retourner à une importante réunion de travail.

De ce fait, personne n’avait jamais su ce qui pouvait troubler la paix du jeune Gaara.

Personne si ce n’étaient ces trois personnes qui faisaient tout pour garder ce secret qui avait brisé leur famille.

Gaara arriva devant l’hôpital central de la ville mais ne s’arrêta pas et poursuivi sa route.

Si on cherchait son oncle, il n’était plus médecin.

Non, il était mort et reposait désormais à côté de sa sœur, la mère de nos trois mystérieux protagonistes.

Cette mère que Gaara avait tant aimée.

 

-C’est de ta faute !

-Non ! De la tienne !

Ino enfouit son visage dans un coussin en maugréant des paroles inintelligibles.

Si seulement sa vie avait été un mauvais feuilleton, ses parents ne seraient plus en train de se disputer pour un oui ou pour un non et la séparation aurait déjà été prononcée par un juge charismatique qui aurait une vie sexuelle mouvementée.

D’ailleurs, si sa vie avait été ledit mauvais feuilleton –celui qui la mère de Shikamaru regardait était d’ailleurs pas trop mal dans le genre, songea-t-elle avant de se remettre à supplier silencieusement ses géniteurs de cesser leur boucan –elle aurait déjà roulé dans la paille avec un mannequin complètement fou d’elle –ça, ça aurait été on ne peut plus normal, commenta-t-elle intérieurement –et ses amis ne seraient pas une bande de mecs complètement barjots mais des sex symbols, drôles et subtils de surcroît.

Sa vie, malheureusement, n’était pas un mauvais feuilleton donc elle ne venait pas non plus de signer un contrat pour devenir une chanteuse honteusement riche grâce au talent qu’elle se serait découvert tout à fait par hasard en fredonnant un air de musique country –juste à ce moment-là un chasseur de talent l’aurait remarquée et aurait pleuré toutes les larmes de son corps de dieu forcément grec tellement il aurait été ému par sa prestation.

Non, sa vie était, somme toute, banale.

Amie avec une espèce de sociopathe sarcastique au sens de l’humour absolument inexistant pour ne pas dire moins, attirée par des hommes qui ne l’aimaient que pour ce qu’elle montrait et non pour ce qu’elle était –ce n’était d’ailleurs pas faute que Naruto lui rappelle qu’un mec n’en avait « strictement rien à cirer de ce qu’une nana pouvait avoir dans la caboche » du moment que c’était « un coup d’enfer », mais elle avait cessé de l’écouter depuis belle lurette –et, pour finir, dotée d’une longue et abondante chevelure blonde qui, bien que n’étant, après mûre réflexion, pas banale, lui valait nombre de plaisanteries graveleuses sur les « blondes et leur cervelle de pois chiche » ce qui la ramenait à ce que Naruto lui répétait sans cesse comme quoi les femmes, leur caboche, etc.

La jeune fille jeta un coup d’œil à sa montre et soupira de contentement.

Enfin.

Sur cette pensée elle s’extirpa de son oreiller et fila hors de la maison sans demander son reste pendant que ses parents continuaient sur leur merveilleuse envolée sans se demander qui avait bien pu claquer la porte d’entrée avec une telle force.

Bénit soit Kiba, parfois.

C’était une chose qu’elle disait plus que rarement.

 

Pendant qu’Ino, Shikamaru, Lee, Naruto et Kiba semblaient tous se diriger vers un même point, une jeune demoiselle regardait le ciel éclatant, accoudée au rebord de sa fenêtre grande ouverte.

Elle poussa un profond soupir tandis que son regard de nacre errait dans le jardin aux parterres de fleurs parfaitement entretenues et aux buissons taillés au millimètre par le jardinier qui s’affairait justement à couper les branches mortes d’un arbuste.

Tout était parfait dans ce jardin: Le tapis de pelouse était d’un vert éclatant, les dalles incrustées dans la terre pour former un petit chemin étaient irrégulières tout en gardant une indubitable perfection et sa jeune sœur dont elle devinait la silhouette sous l’ombre d’un arbre centenaire, semblait un modèle prenant la pose tant elle était gracieuse et pure alors qu’elle se contentait de lire un livre.

Quant à elle, Hinata, elle ne pouvait que regarder cette scène digne des peintures de renom sans pouvoir y prendre part.

Car Hinata n’était pas parfaite et, parce qu’on le lui avait souvent répété, elle ne le savait que trop bien.

On frappa à la porte ce qui la fit se retourner dans un sursaut comme le voleur pris sur le fait et un serviteur entra à pas silencieux.

Même lui savait se fondre dans le moule, songea-t-elle avec tristesse.

-Mademoiselle, votre père vous demande. Il souhaiterait que vous le rejoigniez dans la grande bibliothèque de l’aile Est.

La jeune fille hocha la tête et congédia l’homme d’un mot poli.

Elle savait exactement ce qu’on lui voulait, ce qu’on allait lui demander : Ne pas faire honte à sa famille. En tant que héritière de la puissante firme Hyûga, c’était un luxe qu’elle ne pouvait s’accorder.

 

Hinata pénétra dans la pièce où son père l’attendait et, comme chaque fois qu’elle y mettait les pieds, son regard fut délicieusement happé par les mur immenses incrustés d’étagères croulant sous les ouvrages aux titres aussi divers que variés.

L’odeur du vieux qui s’échappait parfois des pages de ces livres qu’elle aimait tant, lui titilla délicatement le nez.

Des fauteuils se perdaient un peu partout dans les coins de la pièce, tapissés d’un velours rouge et défoncés mais elle ne s’y assit pas et fit quelques pas pour se retrouver au centre la bibliothèque, entourée de ces amis qui lui faisaient découvrir des mondes qu’elle n’aurait jamais soupçonnés.

Des escaliers en spirale, tous de bois vernis et de cuivre rutilant, menaient à des allées supérieures qu’elle voyait de sa place et où s’étendaient encore des rayons de livres parfaitement alignés.

Légèrement étourdie, Hinata se laissa tomber sur l’un des deux canapés, positionnés l’un en face de l’autre sur un tapis de fourrure sombre et ses yeux se détachèrent un instant de ce spectacle qui ne se lassait jamais de l’émerveiller pour se poser sur l’immense baie vitrée entourée de lourds rideaux défraîchis par le temps.

 Des pas sur parquet la sortirent de sa rêverie et Hinata se redressa précipitamment pour saluer poliment son père, lequel s’installa en face d’elle sur l’un des vieux canapés.

-Sais-tu pourquoi je t’ai fait venir ici ? Demanda-t-il de sa voie basse et grave.

La jeune fille hocha la tête mais s’abstint de prononcer une seule parole pour ne pas bégayer lamentablement.

-Dans moins d’un mois, tu feras ton entrée au lycée privé de Konoha afin d’y terminer tes études.

Hinata baissa les yeux. Ses joues s’étaient teintées d’un rouge vermillon qu’elle ne pouvait contrôler et elle se mordit involontairement la lèvre inférieure.

Ce n’était pas que fréquenter un établissement huppé la dérangeait –après tout, elle n’y pouvait pas grand-chose –mais la perspective de retrouver la plupart de ses camarades de l’an dernier n’avait pas de quoi la faire sauter de joie.

Étant la plus riche parmi eux, elle avait eu, au début de sa scolarité en maternelle –ce qui remontait à fort loin – la possibilité entre deux perspective : dominer ou s’écraser. Or il était clair pour quiconque croisait la demoiselle dans la rue, qu’elle n’avait pas la fibre du meneur.

Résultat des courses, elle était à présent condamnée à subir les brimades et les sarcasmes de ses camarades riches et beaux.

Tout un programme qui allait de la simple remarque méprisante à la persécution pure et simple.

-Tu es l’héritière de notre famille, reprit son père après s’être assuré que Hinata l’écoutait attentivement, chose qu’elle s’efforçait de faire, et tu devras donc faire preuve d’un comportement exemplaire que ce soit en public ou dans tes études.

Voilà où se trouvait la faille, Hinata était une bonne élève mais elle ne le serait jamais assez pour son paternel.

-J’entends par-là que je ne veux pas entendre parler d’une enfant faible et timide qui se laisse marcher sur les pieds. Tu as passé l’âge de tels enfantillages, Hinata et il serait temps que tu prennes conscience que l’avenir de notre entreprise repose sur toi.

La jeune fille, si elle en avait eu le courage, aurait soupiré de lassitude.

Elle n’avait que trop conscience du futur qui l’attendait et c’était bien ce qui l’effrayait.

 

Au rang des riches jeunes demoiselles de Konoha, s’en trouvait une autre qu’il eût été impoli de négliger.

Pas la plus riche mais non la moindre, Sakura Haruno avait, comme qui dirait, son caractère et c’était bien ce qui agaçait son entourage –sa famille comme le plus simple serveur de restaurant qui avait eu à lui apporter sa commande.

Une lubie fort peu commune venait justement de naître dans son esprit tordu et elle se délectait intérieurement de la mine qu’arborerait son père quand elle lui en ferait part.

Allait-il se mettre furieusement en colère comme elle l’espérait ou la laisser agir sans un mot ?

Là était toute la question.

 

-Shino ! M’sieur Aburame !

Tenten leva le bras au-dessus des buissons touffus des broussailles pour indiquer sa position à deux individus étrangement affublés de petites lunettes noires opaques, penchés au-dessus d’un nid de fourmi rouges, en pleine forêt au Nord de Konoha.

Le plus jeune des deux se redressa, légèrement courbaturé tandis que la jeune fille venait à leur rencontre avec un sac en plastique rempli de sandwiches et de boissons.

-Ça a été l’épopée pour trouver une épicerie ouverte et ensuite un bus qui venait par ici mais miracle ! J’y suis arrivée ! Expliqua-t-elle en riant aux éclats.

Le père de Shino lui adressa un sourire, rendu énigmatique à cause de ses lunettes avant de la décharger de son paquet.

-Vous avez trouvé des bestioles intéressantes ? Demanda la jeune fille en se penchant vers le nid.

L’adolescent préféré ne pas tiquer sur l’appellation et lui montra le nid.

Après quelques explications sur la race, le nom et tout ce qui s’ensuivait, Tenten finit par se désintéresser de la chose –ce qui ne surprit pas son ami, habitué à un tel revirement d’intérêt –et s’en alla se poser dans un tronc d’arbre creux pour déballer un carnet de croquis de son sac à dos et un crayon qu’elle tira de la poche arrière de son jean.

Ainsi, pendant que le père et le fils retournaient à leurs observations, la jeune fille s’amusa à faire leurs portraits, les croquant plusieurs fois sous différentes figures.

 

Chez Sasuke Uchiwa, l’ambiance aurait dû être à la fête.

« Aurait dû » seulement.

Car, plutôt que de fiesta intégrale, il s’agissait plutôt d’une réunion de l’amical des déprimés chroniques.

Ino, finalement arrivée en deux temps trois mouvements car sa maison ne se situait qu’à une centaine de mètres de l’immeuble des deux frères Uchiwa, s’était affalée dans le canapé aux côtés de Chôji qui avait amené divers gâteaux et pâtisseries pour l’évènement qu’ils étaient supposés fêter, lesquels se trouvaient rapatriés au frigo.

Evènement qui s’avérait en fait être la soirée d’adieux de Kiba avant qu’il ne s’en aille pour d’autres horizons.

La sonnette de l’appartement leur vrilla à nouveau les tympans et Sasuke ouvrit sa porte au nouvel arrivant qui ne prit pas la peine de lui adresser autre chose qu’un signe de la tête.

Shikamaru enleva ses chaussures en les envoyant valser parmi les autres près de l’entrée et partit se poster à la fenêtre de la cuisine pour fumer une cigarette.

Il aperçut vaguement Ino et Chôji se disputer sur le programme qu’ils allaient regarder mais ne s’arrêta pas, ne voulant pas subir l’ennui d’être pris à partie.

-Sérieusement Chôji, tu tiens vraiment à regarder cette saleté d’émission culinaire ? Celui qui présente ce machin est d’un ennui affolant et je parle même pas de la nana qui l’assiste ! Même pas capable de faire la différence entre un œuf et un cornichon !

-Je préfère encore regarder quelqu’un qui ne sait pas cuisiner plutôt que d’avoir à subir une nouvelle fois un épisode de ta série.

-Mais c’est pas pour moi, c’est pour la mère à Shikamaru !

Malheureusement pour elle, le Shikamaru en question l’avait entendue.

-Te laisse pas faire Chôji, prévint-il depuis la cuisine en faisant négligemment tomber sa cendre par la fenêtre ouverte, ma mère était justement en train de regarder cette chose quand je suis parti.

Le jeune Akimichi adressa un sourire victorieux à son amie et s’empara de la télécommande sans plus attendre.

Ino, qui n’était pas du genre à se laisser faire, se jeta sur lui pour la lui prendre mais c’était oublier la force herculéenne du garçon qui la repoussa sans mal contre l’accoudoir d’où elle lui adressa un regard noir de colère.

 

Quelques minutes plus tard, après avoir étouffé dans un bus, Lee et ses deux comparses arrivaient finalement devant chez Sasuke. Ils entrèrent sans prendre la peine de frapper et Naruto se précipita dans le salon, ayant entendu des dialogues étouffés en provenance de la télévision.

Juste quand il arrivait, Ino tentait un deuxième assaut sur Chôji qui étouffait un rire en l'écartant une nouvelle fois. 

-Assise, le caniche, fit la voix narquoise du blond depuis le seuil. Sale bête, va !

Les yeux de la jeune fille lançaient des éclairs quand elle tourna la tête vers lui.

Naruto lui répondit d’un sourire plein de dents et la poussa un peu pour s’asseoir à côté d’elle sans lui demander son avis.

-Alors saleté, se moqua Kiba en s’approchant de la jeune fille pour poser une main importune sur sa chevelure blonde, encore de mauvaise humeur ?

Nouveau regard noir de la demoiselle, nouvel éclat de rire du brun qui la souleva sans peine pour prendre sa place.

-Va voir ailleurs, j’ai envie de regarder la télé !

-Kiba ! Rends-moi cette foutue place ! S’insurgea Ino en le tirant par le bras pour essayer de le tirer hors de canapé.

Elle eut beau employer toute sa force dans cette entreprise, pareil à Chôji, le jeune homme ne bougea pas d’un centimètre et adressa un sourire narquois à la demoiselle pour le plaisir.

-Pour la peine, je vais aller voir Shikamaru, déclara-t-elle tout net en levant le nez d’un air méprisant. Mais je te jure que tu me le paieras.

Et, pendant qu’elle quittait le salon avec la grâce d’une reine, le jeune Nara se demandait avec un air fataliste ce qu’il avait bien pu faire au bon Dieu pour écoper d’une punition pareille. Non pas qu’il n’appréciât pas Ino, loin de là –après tout, il avait fini par s’y faire –mais, franchement, si Kiba pouvait la fermer de temps à autre ça arrangerait ses affaires, d’une part et de l’autre, ça lui éviterait ce genre de galère.

 

Kiba, quant à lui, riait toujours, affalé contre le canapé.

Il savait que c’était sa dernière soirée avec eux, que très à la fin du mois prochain, il prendrait la route pour une ville de campagne afin que ses parents puissent assouvir leur lubie de faire un élevage de chiens.

Le rêve de toute une vie pour eux mais, pour sa part, il aurait bien aimé s’en passer.

Pour l’instant, et comme à son habitude, il préférait pourtant ne penser qu’à l’instant présent, les évènements auraient bien le temps de le rattraper plus tard, quand il se retrouverait dans une voiture surchauffé, coincé à l’arrière avec Akamaru pendant que ses parents essaieraient de retrouver leur chemin dans une de ces cartes qu’ils n’arrivaient jamais à déchiffrer.

Pour l’instant, donc, il préférait se moquer royalement d’Ino, lancer des répliques idiotes à Sasuke et entrer dans des fous rires monstrueusement contagieux avec Naruto.

C’était tellement plus intéressant que de s’enfermer dans son coin pour ruminer son énervement croissant.

-Allez Ino ! Reviens ! Je te rends ta place ! Promis !

-Je ne te fais pas confiance ! Répliqua la blonde en passant la tête dans l’encadrement de la porte.

-C’était pour t’embêter ! Répliqua-t-il avec un grand sourire –celui-là même qui lui attirait bon nombre de numéros de téléphones de jeunes filles de la gente féminine.

Hélas pour lui, la force des années avait voulu qu’Ino y devienne complètement insensible.

-N’essaie pas de me faire marcher avec ta tête de Casanova ! Tu ne sauras pas quand mais je te jure que ce soir je vais me venger !

Sur ce, elle claqua la porte de la cuisine d’un geste vif tandis que Kiba éclatait à nouveau de rire.

 

La journée s’épuisa d’elle-même entre une mystérieuse princesse aux cheveux rose bonbon, un groupe d’amis, qui semblait se suffire à lui-même, une gentille demoiselle qui portait le poids du monde sur ses épaules, trois jeunes gens poursuivis par leur passé et un duo fort intéressant partagé entre un allumé des insectes et une croqueuse de visages.

 

Sakura, justement, alors qu’elle venait d’avaler une bouchée de salade verte, posa délicatement ses couverts sur le bord de son assiette, avala une gorgée d’eau de son verre à pied puis adressa un sourire resplendissant aux deux personnes qui partageaient son repas. D'abord à papa. Puis à maman.

-Vous savez, aujourd'hui je suis allée terminer les derniers préparatifs pour ma rentrée en Septembre.

Haruno père s'arrêta de manger, s'éclaircit la gorge et une servante sortit de l'ombre pour lui servir un peu de vin.

-Tu as rencontré le proviseur? C'est un vieil ami à moi, il me devait un...

-Ah mince! Je savais que j'avais oublié de te dire quelque chose à propos de ça.

Haruno mère jeta un œil à son mari avant de se concentrer plus particulièrement sur sa fille.

Celle-ci d'ailleurs, ménageait son suspense avec un délicat sourire accroché à ses lèvres.

-J'ai changé d'avis, déclara l'adolescente avec une mimique tout à fait coupable, une décision de dernière minute, certes, mais qui s'appuie sur des arguments tout à fait plausibles.

Le seul qu'elle avait en tête était sûrement le suivant: "J'en avais terriblement envie. Et tu sais que voir ta tête se décomposer quand je te désobéis et n'en fais qu'à ma guise est un plaisir jouissif dont je ne me lasse pas, cher pater."

Entre autres mots...

-Voilà, poursuivit la rose en croisant ses mains sur la table et en arborant une mine des plus sérieuses qui contrastait passablement avec les pensées qui l'accaparaient actuellement, j'ai tout d'abord décidé d'intégrer un établissement public afin de...

-Tu as bien dit "public"? Accusa son père en reposant brutalement ses couverts.

La colère grandissante qu'il semblait retenir et qui se traduisait par le froncement perceptible de ses sourcils sa mâchoire qui se serrait considérablement, plut énormément à sa fille qui se garda bien de le lui faire remarquer.

La chose était très simple: Un Haruno quel qu'il soit, n'allait jamais se frotter aux élèves d'une école publique même s'il se retrouvait sans le sou pour cela car il avait ce que Haruno père appelait de la dignité.

-Oui, répondit Sakura en retenant un sourire carnassier ainsi qu'une voix féroce qu'elle remplaça par un ton velouté tout à fait exquis, je me suis dit que ce serait une expérience profitable pour mon avenir. De plus, n'aie crainte, le niveau est tout ce qu'il y a de correct.

La père et la fille se contemplèrent dans le blanc des yeux avant que Sakura n'achève avec son arme fatale. Celle à laquelle son paternel ne résisterait pas: Ce que cela amènerait à sa carrière d'homme politique.

-Pour finir, conclut-elle en plantant son regard vert dans celui du quinquagénaire, cela te ferait une bonne publicité auprès des électeurs, cela prouverait que tu essaies de te rapprocher d'eux.

Imbattable: Sensibilisation auprès du citoyen moyen en se concentrant sur sa morveuse progéniture.

Sakura était intelligente et son père était un politicien qui, au fil des années, lui avait enseigné les rouages de ce monde de charlatans.

A présent, elle le battait à son propre jeu, l'élève était en passe de dépasser le maître.

Haruno père hocha la tête.

-Très bien. Une voiture t'amènera tous les matins.

Sakura acquiesça. Au fond d'elle, la demoiselle n'était pas satisfaite du manque de piment de cette conversation.

Mais c'était oublier que son père s'était toujours fait un devoir de masquer ses émotions.

Qu'importe, le spectacle ne faisait que commencer.

 

Hinata soupira une nouvelle fois avant de se laisser aller dans un moelleux fauteuil avec un bon livre pour passer la soirée.

La jardin parfait était désormais éclairé par de discrètes lampes cachées par les feuillages, désert, empreint d'un mystère presque inquiétant.

Il ne fallait pas être devin pour savoir que Hinata n'aimait pas sa vie.

Mais elle ne se plaignait pas et faisait avec.

A quoi cela servirait-il de faire des reproches?  Elle n'était même pas capable de parler correctement.

 

A quelques dizaines de kilomètres du manoir Hyûga, dans un appartement qui n'en était pas à sa première fraîcheur, travaillait un jeune homme qui ressemblait à la demoiselle en de nombreux points physiques.

Mêmes cheveux noirs de jais, même regard de nacre presque blanc, même corps fin et pâle.

Fin de la liste. En tout autre point, il était son opposé absolu.

Neji Hyûga était froid, déterminé,  renfermé.

Et surtout, il était en colère.

Une colère qui ne datait pas d'hier.

 

Tenten récupéra son plat préparé dans le réfrigérateur, le fourra à la va-vite dans le micro-ondes et retourna se coller devant la télé.

Sa mère ne rentrerait pas ce soir.
Anko Mitarashi était une femme diablement occupée.

 

Il n'y avait eu ni vengeance ni disputes acerbes, ni cris stridents ce soir-là.

Non, rien de tout cela.

Et Ino le regrettait passablement.

Étendue sur son lit, elle se repassait la soirée en boucle et, elle devait l'avouer, elle trouvait que quelque chose ne tournait pas rond.

Ils avaient ri, ils s'étaient lancés des blagues vaseuses, s'était gentiment chamaillés entre eux.

Mais ils avaient agi sans y mettre du cœur.

C'était pour ça que Naruto n'avait pas entamé de bataille de nourriture dans la salle à manger de Sasuke et Itachi, que Lee et Chôji n'avaient pas fait de concours du plus gros mangeur -la détermination battrait elle la force de l'estomac?- que Shikamaru n'avait pas déclaré au bout d'un quart d'heure qu'il se faisait chier, et qu'enfin, elle-même, n'avait pas assouvi ladite vengeance.

Parce que la perspective du départ de Kiba signifiait tourner une page de leur histoire et qu'ils n'étaient pas prêts.

Le seraient-ils jamais?

Ino se retourna sur le ventre et soupira.

Ce grand abruti allait lui manquer et elle n'aimait pas ça.

 

Fin Août. Le pire temps de l'année.

Des nuages, du soleil, des nuages.

Et cette chaleur lourde qui coupait le souffle, les faisait suer à grandes eaux.

Pourtant, ils étaient tous sortis.

Même s'ils ne voulaient pas y assister, ils ne manqueraient pas ces adieux.

Aucun d'eux ne s'était mis sur son trente et un. Il ne fallait pas rêver non plus.

Ino avait quand même mis une jolie jupe pour l'occasion, Sasuke s'était passé une vague main dans les cheveux histoire de ne pas trop ressembler à un épouvantail humain avec sa coiffure indomptable, Naruto avait enfilé une chemise propre, Chôji aussi, Lee s'était bien soigné et Shikamaru... Shikamaru échappait à la règle, une fois de plus.

Quand il les trouva tous les sept sur le pas de sa porte, Kiba se contenta d'arquer un sourcil.

La voiture était chargée, ses parents faisaient leurs dernières recommandations à Hana et Akamaru s'occupait de dire adieu à son jardin.

Il ne restait plus qu'à partir.

-Tu... Commença Naruto en se frottant l'arrière de la tête, gêné.

Dame, il n'avait jamais été très doué pour les grandes déclarations. Jamais.

-Oui, on... Tenta de poursuivre Lee en fixant lamentablement ses chaussures.

Le troisième comparse en manque de mots ne se fit pas attendre:

-Faut que...

Chôji n'ont plus n'avait jamais apprécié ce genre de chose.

-Si vous voyiez vos têtes, commenta Kiba avec un grand sourire.

-Tu vas pas me faire croire que tu t'en sortirais mieux pour dire au revoir? Souligna Sasuke, les mains dans les poches.

-Bah toi tu deviens foutrement plus bavard dans ces moments-là, commenta Ino en regardant son ami du coin de l'œil.

Kiba éclata de rire et frotta gentiment la tête de la blonde qui s'insurgea pour la énième fois depuis leur rencontre à la petite école.

-On va y aller là, alors dépêchez-vous de trouver de l'inspiration pour vos adieux larmoyants, crut-il bon d'ajouter en évitant de justesse une claque malvenue.

-Essaie de pas te faire tuer, fit simplement la blonde en haussant les épaules, j'apprécierais qu'on ne me souffle  pas ce privilège.

-Tu te surpasses là, répliqua Kiba, son sourire allant en grandissant.

-C'est sa manière à elle de dire "Tu vas me manquer, mon choupinet", chantonna Naruto en passant son bras autour des épaules de son amie. Tu sais qu'Ino est mentalement atteinte.

-La ferme, lui rétorqua automatiquement la blonde.

-Elle a quand même raison... ajouta Chôji.

-J'ai toujours raison, coupa Ino.

-...Essaie de ne pas t'attirer d'ennuis, compléta le gros garçon en faisant de gros yeux comiques à la jeune fille.

-Bah, ils viennent sans que je les appelle.

-Généralement, ils font du D, plaisanta Naruto avant d'éclater d'un grand rire, rapidement suivi de Kiba et Lee.

-Ne laisse jamais rien tomber, ajouta celui-ci en levant son pouce vers lui. Même si ça vire à l'obstination.

-Et ne nous fait pas honte, renchérit Sasuke, son visage de porcelaine ne reflétant aucun sentiment.

Nouveau silence. Moins gêné, perdu dans les limbes du souvenir, de la nostalgie.

Ino, la gorge serrée, n'avait pas envie de lancer des provocations de peur que s'échappent quelques sanglots malvenus.

Lee ne se sentait pas l'âme de faire revenir la bonne humeur.

Naruto, lui-même, se sentait abattu.

Derniers adieux. Derniers regards.

Les parents de Kiba l'appelèrent depuis la voiture après avoir mis Hana au courant de toutes leurs recommandations.

Le jeune homme grimpa dans le véhicule, leur adressa un ultime signe de la main depuis la vitre ouverte.

Ils démarrèrent.

Disparurent au coin de la route dans la chaleur étouffante qui pesait sur les épaules de ceux restés derrière.

Voilà. C'était tout.

Ils n'avaient jamais aimé les larmes, les adieux déchirants, les adieux tout court.

Se contenter d'un au revoir, était bien suffisant mais au plus profond d'eux-mêmes, ils savaient, les uns et les autres, que ce ne serait jamais suffisant.

Car Inuzuka Kiba était un ami franc et sincère, ils venaient de perdre un compagnon de valeur.

La petite compagnie resta plantée au milieu du trottoir, devant l'ancienne maison familiale des Inuzuka.

-Vous voulez boire quelque chose? Demanda Hana depuis le pas de la porte. Il n'ont pas encore coupé l'eau, je ne pars que demain.

Ils se regardèrent les uns les autres puis acquiescèrent, vidés de leur énergie.

Shikamaru referma la porte derrière tout ce petit monde et les suivit dans la cuisine vidée de ses meubles.

 

Septembre enfin.

Septembre et son dernier souffle de chaleur.

 

Naruto enfila vite fait une chemise.

Sasuke finit de se brosser les dents.

Ino lissa sa jupe devant son miroir.

Sakura ajouta une dernière touche à son maquillage.

Shino ferma la porte d'entrée derrière lui, Tenten l'attendant au coin de la rue.

Shikamaru termina son bol de céréales.

Hinata s'inclina poliment devant son chauffeur.

Temari pénétra dans le lycée de Konoha, Kankuro sur ses talons.

Gaara tourna la tête vers le jardin qui s'étendait sous la fenêtre de sa chambre avant de s'en désintéresser complètement.

 

Septembre.

Ou le début de l'aventure.

 

 

Free Talks:

 

Bon, c'est l'énième School-fic sur ce site. Sauf que c'est une réécriture. Et toc!

Je suis pas très fière de ce chapitre et je ferai une MAJ demain pour les fautes et autres (elles doivent pulluler, tsss)

 

Enjoy!

 

Encens

 

Edit: Fanfiction corrigée! Après relecture, le chapitre n'est pas top, top... Mouais

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