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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 803 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Animes-Mangas

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Naruto

Hurricane Auteur: Emma-chan Vue: 3360
[Publiée le: 2014-06-09]    [Mise à Jour: 2016-07-16]
13+  Signaler Général/Romance/Action-Aventure Commentaires : 39
Description:
Grâce aux révélations de Sasori, Naruto et Sakura ont enfin retrouvé Sasuke. Mais, malgré leurs efforts, ce dernier se volatilise une fois de plus en compagnie d'Orochimaru après les avoir durement rejetés. Déçus, ils s’isolent dès leur retour au village afin de ruminer leur douloureux échec. Échec que la force des liens qui les unit aurait pu les aider à surmonter.
Sauf que Naruto choisit de déserter. Que la famille de Sakura s'effondre peu à peu. Et que Danzô semble soudain s'intéresser de près à la jeune fille.
Une tempête se prépare. Et elle est bien plus proche que ce que l'on croit.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
♦ C'est ma toute première fiction donc n'hésitez pas à me donner votre avis histoire que je puisse m'améliorer, je suis ouverte à tout : conseils comme critiques !
Crédits:
L'univers et les personnages de Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto, je ne fais que jouer avec !
<< ( Préc )
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Chapitre 5 : Réussite ou échec ?

[7744 mots]
Publié le: 2016-07-16Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Salut à tous ! Comme promis, voici le cinquième chapitre de Et si ? ^^ Finalement, c'est peut-être celui qui m'inquiète le plus (oui oui, je vais dire ça à chaque chapitre :p) donc j'espère qu'il vous plaira et correspondra à vos attentes !
(Petite parenthèse : vous ne saurez jamais à quel point j'ai galéré à le publier ! Entre la police qui changeait toute seule sur le site, la taille qui devenait minuscule, etc... J'ai cru devenir folle : je prie pour un jour réussir à comprendre comment fonctionne le site parce qu'à chaque fois c'est la guerre !)
Je ne blablate pas plus longtemps, bonne lecture :)



Chapitre 5 : Réussite ou échec ?



« Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera nécessairement mal. »

Edward A. Murphy Jr.



Sakura soupira. Déjà cinq jours d’écoulés sur les trois semaines que leur avait allouées Tsunade pour retrouver Naruto et Sasuke, leur mission officielle, et ils n’avaient que peu indices sur la localisation hypothétique de Kabuto, leur mission officieuse consistant à le ramener vivant à Danzô. Après deux jours de voyage, Saï et elle avait commencé par écumer de fond en comble les territoires du pays du Feu situés à proximité de la frontière du pays de Rizières. Ils pensaient pouvoir obtenir facilement des informations sur l’ancien bras droit d’Orochimaru puisque leur informateur leur avait rapporté que Kabuto s’était enfui en direction du pays du Feu durant le combat opposant son maître à Sasuke et Naruto. Mais loin d’obtenir des informations précises, Saï et elle avaient réuni des renseignements qui se contredisaient : tantôt ils situaient Kabuto à proximité de la frontière d’un pays, tantôt à la frontière d’un autre. Les deux membres de la Racine tournaient donc en rond depuis plus de trois jours, ne sachant à qui se fier et s’inquiétaient de plus en plus du temps perdu inutilement.

De son côté, Saï envoyait de nombreuses souris d’encre à chaque fois qu’ils s’arrêtaient quelque part afin de ratisser un périmètre plus large mais la méthode n’avait pas encore donné de résultats réellement utiles. Sakura aurait aimé l’aider en invoquant Katsuyu malheureusement elle ne pouvait se le permettre sans éveiller les soupçons de Tsunade : leur mission était de retrouver Naruto et Sasuke, pas de traquer Kabuto. Voyant Saï blanchir après une nouvelle salve de souris créée, Sakura s’approcha de lui et lui tendit une barre énergétique qu’il regarda d’un œil suspicieux.

  • Ne t’inquiète pas, ce n’est pas moi qui l’ai faite, le rassura-t-elle, bien trop au courant du goût infâme des pilules énergétiques qu’elle fabriquait régulièrement.

Saï la remercia avant de prendre la barre et d’en goûter une bouchée. Il verdit subitement.

  • J’ai dit que ce n’était pas moi qui l’avais faite, pas que c’était meilleur, dit Sakura avec un sourire sadique. Quand est-ce que les gens se décideront à comprendre que le but est de récupérer ses forces et pas de faire une dégustation gastronomique ? rajouta-t-elle avec un soupir théâtral.

Le jeune homme lui lança un regard noir, vexé de s’être fait avoir. Il fixa la barre énergétique quelques instants avant de se décider à la finir rapidement. Sakura eut pitié de la grimace dégoûtée qu’il afficha en avalant et lui tendit une gourde d’eau qu’il s’empressa de vider.

  • Il faut que l’on réfléchisse à une meilleure stratégie, annonça Saï, une fois débarrassé du goût atroce de la barre, tandis que Sakura hochait la tête.

  • On doit penser comme lui, chercher quel est son objectif, renchérit-elle. On a pu réunir un certain nombre d’informations maintenant : cela devrait peut-être suffire pour essayer de retracer son chemin si on les classe de façon chronologique.

Saï sortit le carnet dans lequel il avait noté les renseignements obtenus ces trois derniers jours et réfléchit quelques instants avant d’énoncer lentement ce qu’ils avaient appris.

  • L’information la plus ancienne que l’on ait le place à proximité de la Vallée de la Fin : c’était il y a une semaine.

  • Il a eu le temps d’aller n’importe où avec autant de temps, soupira Sakura. Mais on peut au moins exclure les pays alliés à Konoha : ce serait trop dangereux pour lui.

  • Donc le pays du Vent et le pays de l’Herbe, énonça Saï. Le pays de la Cascade peut aussi être exclu : les frontières sont bien trop compliquées à franchir discrètement, Kabuto ne prendra pas le risque d’y entrer.

  • Ce que je ne comprends pas, reprit Sakura, c’est que, si l’on remet les informations que l’on nous a données dans le bon ordre, on l’aurait aperçu dans des régions plus centrales du pays du Feu avant de le situer à proximité du pays de l’Herbe. Dans les deux cas, il prenait un risque et il n’a pas l’air de se rapprocher des pays restés neutres ou sans population ninja…

  • Je ne vois pas quel est son objectif, reconnut Saï. Son itinéraire n’est pas… remarqua-t-il avant d’être interrompu par un hoquet stupéfait de Sakura.

Le jeune homme la fixa d’un air interrogateur alors que cette dernière blêmissait.

  • Je… Je sais ce qu’il fait balbutia Sakura d’une voix blanche. Il est en train d’aller à Ame.

Saï prit quelques secondes pour accuser le coup.

  • Je vois… Ça semble logique oui, dit-il d’un air songeur.

  • Le pays de la Pluie a toujours été opposé au pays du Feu et Danzô n’y a plus d’espion depuis la mort d’Hanzô, reprit la jeune femme. Kabuto a toujours été loyal à Orochimaru, il va chercher à continuer à s’opposer à Konoha même maintenant que son maître est mort.

  • Et nous savons que Kabuto a été un espion de la Racine avant d’être sauvé par Orochimaru lorsque Danzô-sama a voulu se débarrasser de lui… renchérit Saï.

  • Il fera tout ce qu’il peut pour nuire à Danzô et à Konoha : le pays de la Pluie est le lieu parfait pour ça.

  • Nous devons y aller, déclara Saï. Il faut absolument l’intercepter avant qu’il atteigne les frontières du pays de la Pluie ou nous ne pourrons plus rien faire.

  • Il y a autre chose, le retint Sakura. Ça fait déjà quelques mois que j’y pense - depuis notre dernière mission à proximité d’Ame en fait - mais je n’avais aucune preuve donc je n’en ai pas parlé, commença-t-elle, attirant toute l’attention de Saï. Je pense que le quartier général de l’Akatsuki se trouve au pays de la Pluie.

Saï eut la réaction qu’elle attendait, réfléchissant quelques secondes calmement avant de lui demander :

  • Pourquoi ?

  • Les zones proches de la frontière du pays de la Pluie sont celles où les espions de la Racine ont relevé le plus de traces de présence des binômes de l’Akatsuki ces dernières années. Sans parler du fait qu’il s’agit du seul endroit où Danzô n’a pas d’agents : je pense que l’Akatsuki profite de la loi martiale constamment en vigueur et des frontières fermées pour se cacher. C’est aussi le seul pays qui accueille les brigands et les déserteurs ce qui pourrait assurer à l’Akatsuki une main d’œuvre obéissante. Et je ne peux pas m’empêcher de penser que Danzô a l’air beaucoup trop inquiet à chaque fois qu’Ame est impliqué : je crois qu’il cache quelque chose et à mon avis c’est le fait que l’Akatsuki s’y trouve.

Saï prit quelques minutes pour analyser ce que la jeune femme venait de lui révéler sous le regard inquiet de cette dernière.

  • Ton raisonnement tient la route mais il a une faille, déclara-t-il lentement. Si Danzô-sama connaissait la localisation de l’Akatsuki, pourquoi n’en ferait-il pas part à l’Hokage ? Qu’aurait-il à gagner en gardant le secret ?

Sakura frotta ses paumes contre ses cuisses en se mordillant la lèvre : ce qu’elle allait répondre pourrait avoir des conséquences si désastreuses qu’elle priait pour se tromper.

  • Je pense qu’il a peut-être conclu un marché avec eux. L’Akatsuki collecte les bijūs qui sont considérés comme des armes de guerre par les villages cachés. On sait de source sûre qu’ils en ont au moins déjà quatre et rien ne nous permet de savoir s’ils n’en ont pas récupérés sans que l’on ne soit au courant. Que crois-tu qu’ils vont faire lorsqu’ils les auront tous collectés ?

  • Tu crois qu’ils vont déclencher une guerre, comprit Saï.

  • J’en suis presque sûre et c’est ce que Tsunade et ses conseillers craignent aussi : elle me l’a confié à demi-mots il y a quelques semaines. Maintenant, pourquoi ce problème n’a pas l’air d’inquiéter Danzô ? Pourquoi aucun membre de la Racine n’a jamais eu pour mission de neutraliser les membres de l‘Akatsuki ? Je pense que Danzô a un accord avec eux : un accord qui le protège et qui protège la partie du village qui lui est loyale. Il est prêt à tout pour Konoha mais il est surtout prêt à tout pour devenir Hokage parce qu’il croit que seule sa manière de faire peut restaurer la grandeur passée du village. Et avec l’aide de l’Akatsuki il pourrait réussir.

  • Pourquoi tu ne m’as jamais parlé de tout ça ? demanda Saï d’un ton neutre.

Sakura comprit qu’elle l’avait blessé en lui cachant ses pensées et une vague de culpabilité l’envahit à cette idée.

  • Je suis désolée Saï… s’excusa-t-elle. Je n’avais aucune preuve et c’était… C’était juste trop énorme : je ne pouvais en parler à personne sans être sûre de ce que j’avançais. Parce que si jamais j’ai raison, et crois-moi je prie pour que ce ne soit pas le cas, tu te rends compte de ce que ça veut dire ? s’enquit-elle la gorge serrée.

  • Que Danzô-sama a trahi Konoha pour obtenir le pouvoir, répondit Saï après quelques secondes. Et qu’une guerre se prépare : une guerre où l’on ne sera pas du côté de nos camarades.

Sakura hocha la tête, la gorge trop nouée pour parler.

  • Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça maintenant ? demanda Saï. Tu n’as toujours pas de réelles preuves alors pourquoi maintenant ?

  • Parce que… commença Sakura d’une voix éraillée. Parce que, reprit-elle après s’être éclairci la gorge, je pense que Kabuto a pour projet de s’allier à l’Akatsuki tout comme Orochimaru l’a fait il y a des années. Et s’il leur apporte les techniques qu’a développées Orochimaru durant toutes ces années en échange de sa protection, ils n’en seront que plus puissants et plus dangereux.

  • Mais si tu as raison et que Danzô-sama a effectivement un accord avec l’Akatsuki, pourquoi nous aurait-il envoyés neutraliser Kabuto dans ce cas ? l’interrogea Saï.

  • Danzô est du genre à assurer ses arrières : je ne sais pas s’il avait prévu la décision de Kabuto mais je pense qu’il voulait se servir de lui comme d’un atout secret pour plus tard. Et à mon avis, il ne voudrait pas non plus que l’Akatsuki devienne trop puissante : il prévoit sans doute de se retourner contre eux lorsqu’il aura eu ce qu’il souhaitait.

  • Ça fait beaucoup d’hypothèses et de « je pense », remarqua calmement Saï.

  • Je sais, soupira Sakura. Mais c’était important que je t’en parle, même sans être sûre. Parce que s’il y a le moindre risque que j’ai raison, on ne peut pas obéir à Danzô.

  • Qu’est-ce que tu veux dire ?

  • On ne peut pas le laisser mettre la main sur Kabuto. Et on ne peut pas non plus laisser Kabuto rejoindre l’Akatsuki si c’est vraiment ce qu’il se prépare à faire.

  • Tu veux le tuer sans essayer de le ramener vivant, devina Saï.

  • Si je peux, oui.

  • Tu comptes utiliser ta technique héréditaire ?

Sakura hésita quelques instants avant de répondre.

  • Non, je pense que Danzô a raison sur ce point : je ne la maîtrise pas encore complètement et ce serait risqué de m’exposer sans savoir qui pourrait assister au combat.

Après avoir acquiescé, Saï soupira et se pinça l’arrête du nez l’air soudain très fatigué.

  • Tu aurais dû m’en parler plus tôt Sakura, bien plus tôt…

  • Je sais, je suis… Je n’y arrivais pas, j’étais terrifiée. Je le suis toujours… Je ne veux même pas penser aux conséquences si j’ai raison, dit-elle d’une vois faible. Dire que je pensais que la Racine m’avait endurcie… Au final, je suis toujours la même fillette apeurée et pleurnicharde, remarqua-t-elle d’un rire sans joie.

  • Ne dis pas ça, tu sais que c’est faux, répondit Saï en se rapprochant d’elle.

  • Vraiment ? La moitié du temps j’ai l’impression de ne pas savoir ce que je fais et l’autre moitié je m’efforce de ne pas penser à ce que j’ai fait, se confia Sakura, des ébauches de sanglots dans la voix.

  • Et au vu de ce que la Racine nous amène à faire c’est plutôt normal, rétorqua Saï. Ecoute, je sais que tu veux que je te rassure et habituellement je t’aurais dit en long en large et en travers que tu gérais plutôt bien les choses mais ce n’est vraiment pas le bon moment, la sermonna Saï. Pas avec tout ce que tu viens de me dire, insista-t-il pendant que Sakura se calmait.

  • Je suis désolée, murmura la jeune femme. Je sais que je ne suis plus la gamine effrayée que j’étais, que je suis plus forte. Et je sais aussi que c’est en grande partie grâce à toi, continua-t-elle avec un léger sourire. Mais des fois, j’ai juste l’impression que… Je ne sais pas… Que je ne maîtrise plus rien, tu vois ? Je ne sais pas comment tu réussis à garder un tel contrôle de toi quelle que soit la situation, soupira-t-elle, légèrement envieuse.

  • L’expérience ma chère, répondit Saï avec un sourire supérieur.

  • Ne te la raconte pas trop non plus, je sais parfaitement que tu es secrètement effrayé par les tentatives d’approche d’Ino ! s’exclama Sakura pendant que Saï se crispait au nom de la jeune femme blonde.

  • Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit-il néanmoins d’une voix neutre tandis que Sakura retenait un ricanement moqueur.

  • Maintenant, attaqua-t-elle avec un ton plus sérieux, que fait-on ?

  • Je crois que tu as raison, commença Saï en se redressant de façon imperceptible, il faut que l’on tue Kabuto : on ne peut pas se permettre de prendre le moindre risque si ce que tu penses est vrai. De toute manière, Danzô-sama n’avait pas l’air convaincu que nous soyons capables de le ramener vivant : sa mort ne devrait donc pas poser de problème. Le plus important est qu’une fois rentrés à Konoha, il faudra trouver un moyen de vérifier si tes hypothèses correspondent ou non à la réalité. Et si c’est le cas… La Racine est nécessaire au fonctionnement de Konoha mais elle est trop complexe pour être gérée par un homme prêt à trahir le village pour obtenir le pouvoir. Si Danzô-sama est effectivement coupable de ce dont tu l’accuses, il faudra agir.

  • Est-ce que… Est-ce que tu es en train de proposer d’essayer de neutraliser Danzô ? demanda Sakura, incrédule.

Saï se figea quelques secondes, se rendant compte de la portée de ses paroles.

  • Je… hésita-t-il, je crois que oui.

Tous deux restèrent silencieux un instant, presque abasourdis devant le tour qu’avait pris leur conversation.

  • Je pense que tu oublies quelque chose de très important, dit Sakura en brisant le silence qui s’était installé.

Saï la fixa et plissa les yeux devant le sourire cynique qui s’étalait sur les lèvres de sa coéquipière.

  • Avant de voir aussi loin, il faudrait déjà peut-être qu’on survive au combat contre Kabuto, non ? Tu te souviens de ma théorie sur les missions suicides lorsque Danzô nous convoque le premier ? demanda-t-elle en ponctuant sa question d’un clin d’œil.

Et malgré toute la tension accumulée et les sujets graves abordés, c’est bel et bien un éclat de rire qui secoua le corps de Saï.



Deux jours plus tard



Sakura grimaça alors qu’elle avalait sa troisième pilule énergétique en moins d’une heure. Saï et elle avaient fini par repérer des traces fraîches du passage de Kabuto et les souris d’encre du brun étaient parties en repérage depuis déjà plusieurs heures. Le combat était proche et, si les combats entre ninjas étaient habituellement relativement rapides, la jeune femme se doutait qu’il n’en serait pas forcément de même dans leur cas. Elle avait déjà affronté Shizune lors de combats d’entraînements organisés par Tsunade et avait entendu plusieurs fois le récit du combat entre Tsunade et Kabuto. Sakura en avait conclu une chose cruciale : les combats entre ninjas médicaux n’étaient jamais rapides et consistaient davantage en une course d’endurance qu’en un sprint. Et si Sakura avait élevé le contrôle du chakra au rang d’art, il n’en restait pas moins que sa réserve n’était que moyenne ce qui constituait un important désavantage dans ce type de combat. Impossible malheureusement d’avoir recours au sceau qui ornait son front : il n’était pas encore complet et Tsunade se rendrait immédiatement compte qu’elle l’avait rompu ce qui risquerait de lui faire deviner que la mission ne s’était pas déroulée de la façon dont ils comptaient lui faire part. Alors, malgré leur goût immonde, elle avalait les pilules les unes après les autres et s’était même accordée le luxe d’une rapide sieste pendant que Saï montait la garde. En mettant au point différents plans d’attaque ils avaient tous deux décidé que, si la ruse qu’ils avaient prévue échouait, Sakura serait en première ligne face à Kabuto tandis que Saï servirait de soutien. Tsunade aurait certainement grincé des dents -elle qui répétait à toutes les équipes que « oui, les ninjas médicaux savent parfaitement se défendre, merci pour eux, mais ils doivent rester en arrière afin de toujours avoir assez de chakra pour soigner après les combats » - mais après tout, quoi de mieux qu’un ninja médical pour en affronter un autre ?

Sakura avalait sa dernière bouchée au moment où Saï se redressa précipitamment.

  • Elles l’ont trouvé, annonça-t-il d’un ton pressant en emballant leurs quelques affaires dispersées sur le sol.

La jeune femme se releva, attrapa son sac et rangea le reste des pilules énergétiques dans l’une des sacoches accrochées à sa taille, à portée de main : elle préférait prévenir que guérir. Le ventre noué, elle s’approcha de son équipier.

  • Fais un clone puis masque ton chakra, lui demanda Saï, je vais nous transporter à quelques mètres de Kabuto et nous devons essayer de garder l’effet de surprise.

Sakura s’exécuta et quelques secondes plus tard, deux jeunes femmes aux cheveux roses se tenaient aux côtés de Saï. Ce dernier saisit le bras de chacune avant de murmurer :

  • Sumigasumi-Shunshi no jutsu (Déplacement instantané d’encre)…

Une seconde plus tard, ils avaient disparus.

* * *



Sakura retint son souffle lorsqu’ils apparurent aux frontières de la forêt qu’ils arpentaient depuis plusieurs jours désormais. En contrebas du vallon qui leur faisait face se dessinait une prairie traversée par un ruisseau. Et à l’Est de la prairie se tenait Kabuto. Malgré les conditions optimales pour Sakura -un lieu dégagé parfait pour le corps à corps et un ruisseau tout de même bien pratique pour son affinité Suiton : les dieux auraient-ils décidés de se montrer cléments ?- elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Pourquoi Kabuto restait-il immobile alors qu’il était complètement à découvert ? Elle réfléchit à toute vitesse avant de se retenir de pousser un juron.

  • Saï, chuchota-t-elle sans quitter leur ennemi des yeux, il y a un pro-

Elle s’interrompit lorsque Kabuto se tourna dans leur direction et leur adressa un signe de la main.

  • Il nous attendait, reprit-elle d’une voix blanche.

  • Tant pis pour l’effet de surprise, ce n’était pas le plus important. On s’en tient au plan, répondit Saï. Tu es prête ?

Sakura hocha la tête et quelques secondes plus tard, ils faisaient tous deux face à Kabuto. La jeune femme prit un instant pour détailler l’ancien bras droit d’Orochimaru : il ne semblait pas avoir beaucoup changé en trois ans -elle était mal placée pour critiquer ses cheveux gris mais sérieusement, ne pouvait-il pas faire quelque chose pour ses lunettes trop grandes qu’il était constamment obligé de remonter ?- mais comment savoir à quel point il avait pu augmenter sa puissance ? Elle serra les poings, essayant de se calmer : elle ne pouvait absolument pas se permettre de perdre ses moyens puisque la majeure partie de leur plan reposait sur le fait qu’ils puissent se montrer plus intelligents que Kabuto, ce qui constituait une hypothèse plutôt osée quand on savait à quel point ce dernier était brillant. Malheureusement, le sourire satisfait qu’elle voyait sur le visage de Kabuto ne l’aidait pas beaucoup.

  • Kabuto Yakushi, vous êtes considéré comme étant un traître à Konoha : nous avons pour ordre de vous ramener au village. Si vous opposez la moindre résistance, nous engagerons le combat, énonça Saï d’une voix neutre.

  • Sakura-chan… susurra celui-ci, cela faisait longtemps. Que deviens-tu ? l’interrogea-t-il en ignorant royalement Saï. J’ai entendu dire que tes coéquipiers t’avaient tous deux abandonnée, reprit-il devant son absence de réponse, sois sûre que tu as toute ma sympathie…

Sakura serra les poings, se retenant à grand peine de foncer dans le piège que Kabuto était certainement en train de lui tendre.

« Pense au plan, se morigéna-t-elle. »

  • C’est trop aimable, siffla la jeune femme.

  • N’est-ce pas ? s’enquit Kabuto, apparemment ravi qu’elle prenne part à son jeu pervers. Néanmoins, on ne peut pas leur en vouloir de t’avoir laissée derrière : ta faiblesse est malheureusement un handicap certain, déclara-t-il d’un ton faussement complaisant.

Saï se tendit de façon imperceptible. Kabuto avait mis en plein dans le mille : quiconque connaissait Sakura savait qu’elle avait depuis de longues années un gros complexe d’infériorité. Comment faire autrement lorsque l’équipe dont on faisait partie comptait le légendaire ninja copieur, l’héritier d’un clan connu par tous pour la puissance de son Sharingan et l’hôte d’un démon à queue ? Et connaissant le tempérament explosif de la jeune femme, Saï craignit l’espace d’un instant qu’il ne s’agisse de la provocation de trop.

Heureusement, songea cyniquement Sakura, Danzô s’était bien assuré durant ces trois dernières années de lui renvoyer régulièrement au visage la médiocrité de son niveau et la faiblesse constante qui la caractérisaient avant qu’il ne prenne en main son entraînement. La provocation de Kabuto ne l’agaça donc que très légèrement.

  • J’imagine que oui, sourit-elle d’un air mauvais.

Kabuto se renfrogna de manière imperceptible tandis que Saï se détendait, se sentant presque coupable d’avoir douté de sa coéquipière l’espace d’un instant.

  • Enfin, je vois que tu t’es trouvée un nouvel équipier : c’est l’essentiel. Après tout, ce n’est pas comme si tu avais la moindre chance de survivre en mission si personne n’est là pour te protéger.

Saï ne laissa pas le temps de répliquer à Sakura.

  • Effectivement, assena-t-il sous le regard vexé de celle-ci. Maintenant, recule Haruno : je m’occupe de lui, continua-t-il.

  • Très bien, répondit sèchement Sakura qui ne manqua pas de remarquer l’air satisfait de Kabuto.

La jeune femme recula de quelques mètres et croisa les bras.

  • Ma pauvre Sakura, j’ai l’impression que tu as perdu au change : Naruto avait beau être insupportable, il avait au moins le mérite d’être sympathique… soupira théâtralement Kabuto.

Son sourire s’étira davantage lorsqu’il constata la soudaine crispation de Sakura face au nom de son ancien coéquipier.

  • Oho ! J’ai comme l’impression que quelqu’un en veut à-

Saï ne lui laissa pas le temps de profiter de la faille qu’il venait de découvrir.

  • Ninpō, Chōjū Giga (Toile aux monstres fantomatiques) ! s’écria-t-il après avoir sorti un pinceau et un rouleau de parchemin vierge.

Trois énormes tigres d’encre surgirent du parchemin et s’élancèrent sur Kabuto qui se désintéressa de la jeune femme. Leur ennemi étant occupé à détruire les monstres d’encre qui l’attaquaient, Saï fit un rapide signe à Sakura qui hocha la tête : pour l’instant, leur ruse semblait fonctionner. Débarrassé des invocations de Saï, Kabuto adressa aux deux jeunes gens un sourire mauvais.

  • Malheureusement, si vous m’attaquez, je vais être dans l’obligation de vous éliminer. C’est une réelle tristesse de constater que les ninjas de Konoha sont toujours aussi faibles et stupides, cracha l’ancien bras droit d’Orochimaru.

Les mains de Kabuto s’illuminèrent alors de bleu pâle et Sakura se tendit : les choses sérieuses commençaient. Lorsque Saï et elle avaient décidé de faire croire à Kabuto que Saï serait son adversaire principal, Sakura l’avait longuement briefé sur les techniques qu’utiliserait Kabuto mais aussi sur la nécessité d’esquiver la moindre attaque. Le moindre coup qui atteignait sa cible, la moindre éraflure due à un coup de kunai pourraient être fatales. Entre les scalpels de chakra et le poison qui enduisait certainement chacune des armes de son adversaire, Saï ne pouvait se permettre aucune erreur et ce, jusqu’à ce que Sakura ait une ouverture pour frapper. Ils avaient construit leur plan en partant du principe qu’ils seraient moins puissants que Kabuto et misaient en grande partie sur la ruse pour gagner : Sakura croisa les doigts, priant pour que tout se passe comme prévu. L’un comme l’autre savait que l’échec ne serait pas toléré et Sakura ne pouvait imaginer laisser sa sœur aux mains de Danzô s’ils venaient à être tués par Kabuto.

Saï sortit son sabre. Il n’avait pas manqué de repérer le halo de chakra bleu entourant les mains de Kabuto : la partie la plus compliquée commençait. Les instructions de Sakura bien en tête, il s’attacha à esquiver la moindre attaque, bien conscient qu’ils n’auraient pas de seconde chance si leur plan échouait. Tout en esquivant, il reculait un peu plus à chaque seconde, éloignant Kabuto de Sakura et du ruisseau qui traversait la prairie. L’un des scalpels de Kabuto vint alors trouver sa pommette droite qui s’engourdit aussitôt. Saï lâcha un juron et décrivit un large arc de cercle avec son sabre afin de faire reculer son adversaire. Kabuto sauta pour éviter le coup et revint immédiatement à l’attaque.

  • Si tu crois que je n’ai pas compris ce que tu es en train d’essayer de faire, ricana Kabuto, tu fais erreur. Même si tu m’éloignes de ta charmante coéquipière, ça ne m’empêchera pas de-

Une volée de kunai l’interrompit. Blessé à l’épaule et à la hanche, Kabuto s’éloigna de quelques mètres avant de faire face à une jeune femme aux cheveux roses.

  • Ma jolie, si tu n’es pas capable de jouer convenablement ton rôle de potiche, je vais devoir m’occuper de toi, siffla Kabuto en fonçant vers Sakura.

Celle-ci bondit pour s’éloigner et composa quelques signes rapides. Un clone d’ombre apparu à ses côtés et ils s’élancèrent tous deux en direction de leur adversaire. Dissimulée derrière son clone, Sakura attendit qu’il attaque Kabuto avant de se téléporter derrière lui pour le prendre par surprise. Elle gorgea son poing de chakra et-

  • Sakura ! hurla Saï.

  • Une ruse si primaire, c’est pathétique, se moqua Kabuto au même instant en plongeant son regard dans des prunelles émeraude qui reflétaient le choc.

Sakura hoqueta, cherchant désespérément de l’air malgré ses poumons perforés par la lame de chakra. Saï se rua sur Kabuto, le forçant à s’éloigner du corps blessé de sa coéquipière. Cette dernière s’effondra sur le sol au moment où son clone d’ombre disparaissait dans un nuage de fumée blanche.

  • Vous pensiez sincèrement que votre petite comédie fonctionnerait ? Me faire croire que tu m’attaquerais seul alors que Konoha prône le travail d’équipe depuis toujours : c’était voué à l’échec, ricana Kabuto en esquivant sans difficulté les coups de Saï. Elle est morte et tu es le suivant !

  • Elle n’est pas-

  • Malheureusement pour toi, je suis un ninja médical et je peux t’assurer que l’on ne survit pas avec des poumons troués.

* * *



Cachée au fond du ruisseau dans une bulle d’eau creuse et hermétique, Sakura grinça des dents lorsqu’elle reçut les souvenirs de son clone détruit. Il n’était jamais agréable de se sentir mourir, même à travers un simple clone, mais elle n’avait pas le temps de s’appesantir sur la sensation dérangeante qui traversait son corps. A la seconde où la lame de chakra de Kabuto avait transpercé son clone, Sakura avait lancé un genjutsu faisant voir à leur adversaire ce qu’il s’attendait à voir : son corps mort allongé dans l’herbe. Saï avait alors immédiatement éloigné Kabuto pour que ce dernier ne puisse pas y regarder à trop près : Sakura avait beau désormais parfaitement maîtriser le genjutsu, mieux valait prévenir que guérir.

A l’affût, elle guettait désormais le signal de Saï qui ne devrait pas tarder : ce dernier était largement plus à l’aise avec le combat à distance qu’avec le corps à corps que lui imposait Kabuto et il ne tiendrait sans doute plus très longtemps. Les bruits de combat augmentaient progressivement ; au moment où Sakura eut l’impression de se tenir à côté des deux adversaires, elle entendit Saï crier :

  • Harigane no jutsu ! (Technique des fils de fer)

Sakura bondit immédiatement et sortit de l’eau pour se retrouver à proximité d’un Kabuto stupéfait, immobilisé parles fils d’encre que Saï avait créés. Les mains illuminées de chakra, Sakura ne perdit pas une minute et fonça vers leur adversaire tout en façonnant la lame de chakra la plus tranchante qu’elle n’ait jamais faite. Elle porta un premier coup, perforant les poumons de Kabuto de la même manière qu’il l’avait fait à son clone.

  • Sakura ! Fais vite, je ne vais pas tenir longtemps ! cria Saï, le front crispé sous la concentration.

Sa seconde lame de chakra était à quelques millimètres de l’aorte de Kabuto : plus que quelques millimètres et il serait-

Sakura bondit en arrière, essayant d’esquiver les serpents qui venaient de jaillir du bras de Kabuto. Elle ne put éviter les mâchoires de l’un d’entre eux qui se refermèrent dans un claquement sinistre sur son avant-bras tandis que Kabuto reculait de plusieurs mètres, ayant réussi à se libérer des fils d’encre de Saï. La jeune femme ne fit pas attention à la douleur qui remontait lentement dans son bras. Qu’il s’agisse de son entraînement avec Tsunade ou avec Danzö, elle avait absorbé des dizaines de poisons et de contre-poisons afin de renforcer sa résistance : une simple morsure de serpent n’allait certainement pas la freiner et elle n’allait pas gâcher de chakra pour la guérir.

  • Saï, il ne faut surtout pas lui laisser le temps de se guérir ! hurla-t-elle tout en se précipitant à la suite de Kabuto.

De nouveaux serpents lui barrèrent la route et, comme dans un cauchemar, elle entendit distinctement :

  • In’Yu Shometsu no jutsu (Technique de la régénération secrète)

Saï et elle terminèrent de se débarrasser de la dizaine de serpents que Kabuto avait invoqués seulement pour pouvoir faire face à leur adversaire, complètement guéri. Sakura retint un cri de désespoir : ils n’avaient plus qu’à recommencer et cette fois ils ne pourraient pas compter sur la ruse pour gagner. La jeune femme analysa rapidement la quantité de chakra qui lui restait et se retint de lâcher un juron bien senti : la bulle d’eau et les différents clones lui avaient coûté cher et il ne lui restait désormais qu’un peu plus de la moitié de sa réserve de chakra pour affronter un Kabuto en pleine forme.

« C’est pas bon ça. »

Inquiète, elle jeta un rapide coup d’œil à Saï et constata sans grande surprise qu’il paraissait épuisé. Ils savaient tous deux que si la stratégie qu’ils avaient choisie échouait, Saï aurait utilisé une grande partie de son chakra pour maintenir seul Kabuto à distance et Sakura risquerait de ne devoir compter que sur elle-même pour vaincre ce dernier.

« En plein dans le mille ! Dommage que l’on ne se soit pas trompé seulement sur cette partie, songea Sakura avec cynisme. »

Se plaçant devant son coéquipier, elle lui lança le paquet de pilules énergétiques qu’elle avait rangées plus tôt dans sa sacoche : il allait en avoir besoin.

  • Il semblerait que je t’ai sous-estimée, lui lança Kabuto avec un sourire mauvais.

  • Il semblerait, répondit-elle, faussement nonchalante.

Le point faible de Kabuto était son orgueil et son amour pour les discours interminables : Sakura n’avait pas hésité une seule seconde à tout miser là-dessus mais désormais elle ne pourrait compter que sur ses techniques.

  • Ça ne se reproduira pas, lui promit son adversaire, un éclat dangereux luisant dans son regard.

Sakura ne prit pas la peine de répondre et se jeta sur lui, des lames de chakra affutées recouvrant ses mains. Kabuto esquiva l’attaque et se jeta dans le combat. Plus loin, Saï avait l’impression d’assister à un véritable ballet mortel : le moindre mouvement était réalisé au millimètre prêt et le combat semblait suivre une chorégraphie si parfaitement étudiée qu’il aurait sans doute seulement gêné Sakura en la rejoignant. Il avala deux pilules énergétiques pour être prêt à aider sa coéquipière si elle faiblissait sans quitter le combat des yeux. Sitôt que l’un avançait l’autre reculait ; le premier attaquait sur la gauche, le second se déportait sur la droite. Saï comprit soudain pourquoi les combats de ninjas médicaux étaient plus longs que les combats de ninjas classiques : l’esquive constituait une grande partie de la stratégie propre à ces combats et la moindre blessure assez profonde pour ralentir l’un des deux ninjas était immédiatement soignée. S’il savait déjà que Sakura était forte, il ne put s’empêcher d’être profondément impressionné par la précision et la grâce qui exsudaient de ses gestes et surtout par le fait que, malgré les minutes qui s’écoulaient, elle ne reculait pas face à son adversaire ou ne lui laissait le temps de s’éloigner assez pour utiliser l’une de ses techniques.

Au même moment, Kabuto arriva à la même conclusion que lui.

Un instant plus tard, Sakura s’engouffra sans hésiter dans la faille apparue dans la garde de son adversaire. Elle dirigea une lame de chakra vers la carotide de celui-ci, courant ainsi dans le piège que Kabuto lui tendait.

Quelques dixièmes de seconde plus tard, la douleur explosa dans son abdomen transpercé par le scalpel de chakra de Kabuto. La main de ce dernier s’était à peine écartée de son ventre blessé que la jeune femme se soignait déjà sommairement d’une main, pestant contre la dépense excessive de chakra que la guérison allait lui coûter, tout en attaquant de nouveau de l’autre.

Sa lame de chakra ne rencontra que du vide.

Son esprit réfléchit à toute vitesse et elle se retourna presque instantanément en direction de Saï, horrifiée. Ce dernier esquiva tant bien que mal les deux premières attaques de Kabuto mais ne put rien faire contre la troisième. Sakura arriva seulement à temps pour empêcher son coéquipier de s’effondrer sur le sol, un sillon rouge et profond barrant la totalité de son torse, du haut de sa poitrine jusqu’à son aine. Kabuto reculait déjà lorsque Sakura dirigea un poing gorgé de chakra en direction du sol, transformant la prairie en un paysage apocalyptique. Elle saisit le corps de Saï et les éloigna de Kabuto le plus rapidement possible, trouvant refuge quelques centaines de mètres plus loin, vers les limites de la prairie. Elle attrapa ensuite des parchemins explosifs par poignées et les lança tout en les dirigeant avec des fils de chakra pour les disposer en cercle autour d’eux. C’était primaire mais cela leur ferait gagner quelques secondes qui pourraient s’avérer vitales.

C’est en découvrant l’ampleur des blessures de Saï qu’elle faillit s’effondrer. L’aorte tout comme le cœur étaient endommagés, le poumon gauche était perforé et les intestins constituaient un véritable champ de ruines. Alors que son chakra médical parcourait le corps de son coéquipier, Sakura se battait contre la panique : Saï était dans un état absolument terrifiant et elle avait l’impression de mettre un simple pansement sur une jambe de bois. Quant à Kabuto, il pouvait revenir à tout moment. Elle n’avait absolument pas le temps de soigner convenablement Saï - en vérité elle doutait même du fait que ce soit possible - et elle n’avait probablement plus assez de chakra pour tenir encore longtemps contre Kabuto. Et la seule solution à laquelle elle était capable de penser était tout aussi folle que dangereuse. Sans compter qu’elle n’avait absolument aucune certitude que cela marche. Elle ne maîtrisait pas encore cette technique : elle pouvait donc aussi bien réussir et les sauver qu’échouer et tous les tuer.

Un râle étouffé de Saï suivi par la première explosion de l’un des nombreux parchemins qui les entouraient la décidèrent. Elle n’avait plus d’autres options, tant pis pour les risques. Priant de toutes ses forces pour que son idée marche et que Kabuto n’arrive pas avant qu’elle ait fini, elle esquissa quelques signes de ses mains.

  • Hyōton, kuuki no kyouketsu (Technique de la congélation de l’air), murmura-t-elle en posant ses paumes le long de la plaie béante qui ornait le torse de son compagnon.

Une kyrielle d’explosion sur sa droite la fit tressaillir mais elle se força à ne pas relever la tête : il s’agissait de la seule chance de Saï et elle ne devait pas la gâcher. Elle modula avec précision la quantité de chakra qu’elle injectait à sa technique : elle ne devait surtout pas congeler les organes de son coéquipier mais seulement baisser la température de son corps au minimum viable. Le froid combiné aux soins superficiels précédents permettrait de diminuer et ralentir l’hémorragie, donnant ainsi plus de temps à Saï.

« Enfin ça, c’est en théorie, ne put s’empêcher de penser Sakura. »

Elle avait à peine terminé qu’elle sentit une présence hostile sur sa droite. Sans savoir si elle avait donné plus de temps à Saï ou si elle l’avait tout bonnement condamné, elle se retourna juste à temps pour voir Kabuto se diriger vers elle à toute vitesse. Elle ne dût sa survie qu’à la chance.

Kabuto stoppa son attaque et la dévisagea, un air stupéfait peint sur le visage.

  • Tes yeux… Roses, c’est impossible, murmura-t-il.

Sakura ne prit même pas le temps de réfléchir et utilisa la chance qui s’offrait à elle. Elle concentra son chakra dans son poing et frappa Kabuto de toutes ses forces, l’éloignant le plus possible de son coéquipier. Sans perdre un instant, elle courut à toute vitesse en direction de son adversaire qui atterrissait tant bien que mal une dizaine de mètres plus loin.

  • Le Kazukigan… bredouillait Kabuto. Comment peux-tu… C’est impossible ! Madara a détruit le clan des Harushige il y a plus de cent ans !

Sakura ne se demanda ni comment Kabuto pouvait connaître le nom de son véritable clan ni comment il était au courant d’un fait qu’elle ignorait elle-même. Elle ne fit pas non plus attention à la soudaine perte de contrôle de Kabuto. Elle n’en avait tout simplement pas le temps.

« C’est quitte ou double, songea-t-elle. »

Soit elle gardait le contrôle et Saï et elle avaient encore une infime chance de survivre soit elle échouait et ils étaient condamnés. Sakura, prit une profonde inspiration avant de réaliser quelques mudras.

  • Hyōton, hyo no sekai (Technique du monde de glace), murmura-t-elle.

Il ne se passa rien durant les premières secondes et Sakura crut qu’elle avait échoué. Elle crut que la faible quantité de chakra sur laquelle elle comptait pour ne pas perdre le contrôle de cette technique qu’elle ne maîtrisait pas totalement n’était pas suffisante. Elle crut qu’elle venait de condamner Saï et de se condamner lorsqu’elle vit Kabuto se ressaisir et s’approcher d’elle, une ultime lame de chakra illuminant sa main.

Puis la température chuta de plusieurs degrés en quelques secondes. Et Kabuto s’arrêta brusquement.

La jeune femme se concentra de toutes ses forces sur sa technique, sentant son chakra diminuer à toute vitesse, et la maintint autour de Kabuto seulement. Elle ne tiendrait pas longtemps et il s’agissait de sa dernière chance.

Kabuto était immobilisé par la sphère de blizzard glacé qu’elle avait créée autour de lui. En théorie, le froid devait l’empêcher de bouger -Danzô avait bien essayé de mesurer la température que créait sa technique mais le thermomètre avait fini par exploser lorsque le moins vingt avait été dépassé- et le blizzard le rendait aveugle : pas elle. A bout de forces, elle forma une dernière lame de chakra et pénétra dans le microclimat dont elle était à l’origine. Bien consciente que c’était grâce à ses prunelles désormais d’un rose soutenu qu’elle pouvait voir aussi clairement et que cela durerait seulement tant qu’elle aurait assez de chakra, Sakura ne perdit pas de temps. Elle repéra Kabuto en seulement quelques secondes et, sans lui laisser la moindre chance, elle enfonça son scalpel de chakra dans son cœur.

Elle perdit le contrôle de sa technique au moment précis où le corps de son adversaire s’effondra sur le sol. Impuissante, elle sentit la température chuter toujours plus, la sphère grandir et englober une surface de plus en plus vaste, s’approchant dangereusement de Saï. Le blizzard n’était plus qu’à quelques mètres de son coéquipier lorsqu’elle sentit sa technique faiblir puis disparaître : il ne lui restait plus que quelques miettes de chakra. Tenant à peine sur ses deux jambes, elle s’approcha de Saï avant de poser deux doigts sur sa nuque.

« Kami, je vous en prie, supplia-t-elle. »

Elle allait céder au désespoir lorsqu’elle sentit une légère pulsation sous ses doigts. Presque infime mais présente. Saï était encore en vie. Elle aurait pu pleurer de soulagement mais elle n’était même pas sûre d’en avoir la force. Au bord de l’évanouissement, elle récupéra la sacoche qu’elle avait lancée à Saï un peu plus tôt et termina les dernières pilules énergétiques qu’elle contenait. Elle se sentait toujours aussi mal après mais désormais elle n’avait plus l’impression d’être à deux doigts de l’inconscience.

Sakura glissa ensuite le bras de Saï sur ses épaules pour le soulever. Ils ne pouvaient pas rester là, il fallait qu’ils s’éloignent rapidement des lieux du combat : les bruits pourraient avoir attiré l’attention et elle devait trouver un endroit sûr pour soigner -ou du moins essayer de soigner- Saï. Elle ne se douta pas un instant qu’une silhouette se tenant en retrait l’observait, un sourire dément au visage et un œil d’un rouge glaçant brillant dans l’obscurité.

  • La dernière des Harushige… Bientôt, tu m’appartiendras…

* * *



Cinq jours plus tard



Assise sur une chaise de l’infirmerie de la Racine, Sakura surveillait du coin de l’œil Saï, inconscient mais tiré d’affaire, à moitié perdue dans ses pensées. Elle se repassait sans cesse le fil des événements, cherchant comment les choses avaient bien pu déraper à ce point sans pouvoir trouver de réponse à sa question. Elle avait seulement pu sauver Saï grâce à un miracle -elle ne parlerait même pas de la chance insolente qu’elle avait eu contre Kabuto- et elle se demandait encore comment ils avaient pu rester en vie sur le chemin du retour. Saï était encore inconscient lorsqu’ils avaient fini par atteindre Konoha et elle-même ne tenait presque plus sur ses jambes en raison d’une vilaine infection due aux blessures qu’elle n’avait pu soigner. Elle ne savait pas de quelle manière ils avaient pu rejoindre le quartier général de la Racine sans être vus par quelqu’un. Dans leur malheur, elle ne pouvait pas nier qu’ils avaient eu de la chance. Un autre point positif était qu’elle avait enfin pu confier à Saï tous les doutes qu’elle avait sur Danzô : et elle avait beau eu lui dire que rien ne lui permettait d’être sûre de ce qu’elle avançait, au plus profond d’elle-même elle avait la certitude d’avoir raison.

« Danzô a trahi Konoha. Malgré toutes ses belles paroles sur les décisions difficiles à prendre pour le bien du village, il a- »

Les applaudissements retentissant soudainement dans l’infirmerie la sortirent de ses pensées et eurent le mérite de réveiller Saï. Ils tournèrent tous deux la tête en direction de l’entrée da la pièce où se trouvait Danzô, un sourire glacé sur le visage et le regard empli de rage.

  • Je pense que je peux vous féliciter tous les deux pour votre mission : j’ai rarement vu une telle débâcle, cracha-t-il, furieux.

Sakura ne prit même pas la peine de réfléchir : Saï avait failli mourir, elle aussi, ils avaient tout de même réussi à tuer Kabuto et ce vieux sadique ne leur laissait pas une minute pour se remettre avant de venir les invectiver.

  • Si je peux me permettre, je trouve qu’on ne s’en sort pas si mal pour une « telle débâcle », commença la jeune femme d’un ton ironique. Kabuto est mort, nous sommes tous les deux vivants et nous avons réussi à revenir ici sans que personne ne rapporte notre retour pour ne pas éveiller les soupçons de Tsunade. Ça me-

  • Silence ! siffla Danzô, les iris étrécis sous le coup de la rage. N’ose plus jamais me répondre comme tu l’as fait : tu as tendance à un peu trop oublier que la vie de ta sœur est entre mes mains, cracha-t-il.

Sakura se tut immédiatement, mouchée, et baissa les yeux en signe de soumission.

  • Quant à vos prétendues réussites, dois-je vous rappeler que l’objectif de votre mission était de ramener Kabuto vivant ? Et au vu de l’état déplorable dans lequel tu étais à votre retour, je suppose que tu n’as pas pu t’empêcher d’utiliser ta technique héréditaire malgré mon interdiction ?

La jeune femme serra ses poings, les yeux toujours baissés. Danzô n’allait certainement pas manquer de leur faire payer son coup d’éclat et leur échec. A elle comme à Saï. Et c’était ce qui l’embêtait le plus.

  • Saï a été blessé alors tu seras punie pour vous deux, assena le vieil homme, sans faire cas de son soulagement à l’entente de ces propos. Trois jours : un pour chacun d’entre vous et un pour t’apprendre à te taire. Tu commences tout de suite, termina-t-il avant de sortir de l’infirmerie.

Sakura blêmit devant le nombre de jours annoncés. La punition typique de la Racine était d’être enfermé dans une pièce sombre et d’être soumis à d’interminables Genjutsus dans le but de tester la résistance mentale des ninjas. La pire punition de la jeune femme remontait à plus de deux ans et elle avait bien cru devenir folle ce jour là.

Saï s’empara de sa main avant de la serrer, une inquiétude sincère peinte sur ses traits.

  • Ça va aller Sakura, tu-

  • Tu quoi ? le coupa-t-elle. J’ai failli devenir folle après dix-huit heures la dernière fois et j’étais en pleine possession de mes capacités : comment veux-tu que je tienne trois jours alors qu’on revient tout juste d’une mission pareille ? dit-elle d’une voix blanche.

  • C’était il y a plus de deux ans Sakura, tu as énormément progressé depuis : je suis sûr que tu pourras le supporter.

  • Non, je… Je ne pourrais pas, je-

  • Tu le dois, l’interrompit Saï. Si tu cherches à sortir plus tôt, ce sera pire pour toi. Souviens-toi, Ume peut rester avec nous parce qu’on le satisfait : au moindre problème, c’est l’une de ses marionnettes qui s’occupera d’elle. Tu peux le faire Sakura, j’ai confiance en toi. Tu n’es jamais aussi forte que quand il s’agit de protéger tes proches. Tu y arriveras, tu-

  • Haruno-san, l’interrompit une voix froide, nous vous attendons.

Sakura tourna la tête pour apercevoir les deux anbus qui s’apprêtaient à l’escorter vers la salle de tous ses cauchemars. Un dernier regard à Saï et elle avait disparu.

* * *






Commentaire de l'auteur Et voilà, une bonne chose de faite ! Depuis le temps que je repoussais l'écriture du combat contre Kabuto, c'est enfin terminé ! (J'aime pas écrire les combats, je suis nulle à ça xD)
J'espère que le chapitre vous a plu ! J'ai hâte d'avoir vos impressions et vos avis ! On se donne rendez-vous le mois prochain pour la suite, bisous !
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