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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 803 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Animes-Mangas

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Naruto

Hurricane Auteur: Emma-chan Vue: 3359
[Publiée le: 2014-06-09]    [Mise à Jour: 2016-07-16]
13+  Signaler Général/Romance/Action-Aventure Commentaires : 39
Description:
Grâce aux révélations de Sasori, Naruto et Sakura ont enfin retrouvé Sasuke. Mais, malgré leurs efforts, ce dernier se volatilise une fois de plus en compagnie d'Orochimaru après les avoir durement rejetés. Déçus, ils s’isolent dès leur retour au village afin de ruminer leur douloureux échec. Échec que la force des liens qui les unit aurait pu les aider à surmonter.
Sauf que Naruto choisit de déserter. Que la famille de Sakura s'effondre peu à peu. Et que Danzô semble soudain s'intéresser de près à la jeune fille.
Une tempête se prépare. Et elle est bien plus proche que ce que l'on croit.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
♦ C'est ma toute première fiction donc n'hésitez pas à me donner votre avis histoire que je puisse m'améliorer, je suis ouverte à tout : conseils comme critiques !
Crédits:
L'univers et les personnages de Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto, je ne fais que jouer avec !
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Chapitre 1 : Le calme avant la tempête

[7575 mots]
Publié le: 2015-01-25Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Salut à tous !
Voici enfin le premier chapitre, du point de vue de Sakura cette fois. Encore une fois peu d'action mais les choses sont enfin mises en place donc l'histoire va pouvoir réellement commencer.
Bonne lecture à tous !



Chapitre 1 : Le calme avant la tempête



« Un calme parfait est souvent le précurseur des plus violentes tempêtes. »

Sophie Cottin



Sakura ouvrit brusquement les yeux. Cela faisait plusieurs heures qu’elle cherchait le sommeil, sommeil qui semblait d’ailleurs s’obstiner à la fuir, et elle atteignait l’extrême limite de sa patience. Elle se redressa. De toute manière, elle était bien trop perturbée pour réussir à trouver le repos. Toute la journée, elle avait eu un mauvais pressentiment. Elle avait rapidement reconnu cette sensation qui lui tordait les entrailles pour l’avoir déjà ressentie, trois ans auparavant, lors du départ de Sasuke. C’était ce pressentiment qui l’avait conduite devant les portes du village le soir où elle avait désespérément tenté de faire revenir son ancien coéquipier sur sa décision avant d’échouer et le ressentir de nouveau ne lui disait rien qui vaille. Ainsi, elle s’était surprise, l’estomac noué par l’anxiété, à guetter à chaque minute l’arrivée d’un message l’informant d’une nouvelle catastrophe. Cependant, son attente avait été vaine étant donné qu’elle n’avait reçu aucune visite. Chose fort peu étonnante, la demoiselle s’étant enfermée dans sa chambre suite à son retour de mission pour ne presque plus en sortir avant de refuser toutes visites de ses amis. Elle avait entendu dire que Naruto s’était lui aussi cloîtré dans son appartement et n’avait pas fait mine d’en sortir depuis lors.

La pilule était dure à avaler pour les deux jeunes gens qui avaient toujours cru envers et contre tout au retour prochain de leur coéquipier. Espoir encore accru lorsque Sakura avait obtenu les informations concernant le lieu du rendez-vous entre Sasori et Kabuto, son espion. Dans cette situation, s’entendre dire que seule la vengeance comptait aux yeux de Sasuke et que l’unique lien qu’il reconnaissait était la haine qu’il éprouvait pour son frère n’avait été évident ni pour Sakura ni pour Naruto. En effet, s’ils s’étaient souvent rassurés avec la pensée que, dans le pire des cas, une fois sa vengeance accomplie, le dernier des Uchiwas reviendrait sagement à Konoha, ils comprenaient maintenant qu’ils avaient été d’une naïveté tristement aberrante. Si la jeune femme avait profité de cette semaine pour, en quelque sorte, faire le deuil de son ancien coéquipier et premier amour, elle se doutait que Naruto n’avait certainement pas suivi le même raisonnement qu’elle et elle attendait sa future réaction avec appréhension. Le jeune homme n’était pas considéré comme le ninja le plus imprévisible de Konoha pour rien.

Elle soupira. De fait, si le discours de Sasuke lui avait clairement fait comprendre le dédain et le désintéressement total qu’avait le brun à leur encontre, elle n’était pas sans savoir que son ami blond ne se laisserait pas abattre aussi facilement et n’abandonnerait pas pour si peu. Il lui semblait maintenant nécessaire d’avoir une discussion avec le blond : elle allait le libérer de cette promesse égoïste faite dans leur jeunesse qui n’avait cessé de les tourmenter durant toutes ces années pour leur permettre d’aller enfin de l’avant. Elle savait que leur conversation ne se ferait pas sans heurt mais elle pensait important d’essayer de faire comprendre à son ami que Sasuke ne reviendrait pas de si tôt au village et qu’ils devaient maintenant penser davantage à eux. L’essentiel était qu’ils soient là l’un pour l’autre comme cela aurait toujours du l’être. Naturellement, une fois sa vengeance accomplie, ils retendraient leurs mains à Sasuke mais pour le moment espérer son retour était aussi futile que déraisonnable.

Elle souhaitait profondément que Naruto se range à ses arguments ; ils méritaient tous deux le bonheur et se perdre dans le passé ne leur permettrait jamais de l’obtenir. Il était temps pour eux de grandir et de mettre au placard leurs rêves d’enfance pour devenir des ninjas forts sur qui l’on pouvait compter. Il leur faudrait sans doute du temps pour accepter l’idée que l’équipe 7 ne serait peut-être plus jamais rassemblée mais ils apprendraient petit à petit à construire une relation de confiance et un bon travail d’équipe avec le capitaine Yamato et Sai afin de former une nouvelle équipe unie et performante.

Forte de ses résolutions et apercevant les premiers rayons du soleil, la jeune fleur s’étira avant de se lever tranquillement. Elle prit son temps pour se préparer, son coéquipier étant bien connu pour sa paresse matinale, et elle se dirigea sans faire de bruits dans la cuisine.

* * *

Elle sirotait tranquillement une tasse de thé perchée sur un tabouret du bar lorsqu’une petite frimousse passa par l’entrebâillement de la porte.

  • Nee-chan ? Appela une petite voix.

Sakura tourna la tête pour voir s’avancer lentement sa petite sœur.

  • Salut ma puce, répondit-elle doucement en souriant. Tu es déjà réveillée ? Demanda-t-elle tout en se levant.

La petite se frotta les yeux et bailla longuement avant de répondre.

  • C’est parce que j’ai fait un cauchemar.

  • Tu veux me le raconter ?

  • Mmh… Maman était très triste. Alors je lui ai tendu Mr Lapin pour qu’elle lui fasse un câlin comme je fais quand je suis triste et elle l’a jeté par terre. Et puis elle m’a crié dessus et tu es arrivée. Et là vous vous êtes disputées, termina la petite. Pourquoi vous vous disputez tout le temps maintenant maman et toi ? Reprit-elle dans un sanglot. Maman ne nous aime plus, c’est pour ça ?

  • Oh, Ume…, murmura tristement Sakura en s’accroupissant pour se mettre à la hauteur de sa sœur. Maman nous aime, c’est juré ma chérie. C’est juste qu’elle est très triste depuis que papa n’est plus là. Il lui manque beaucoup, tu comprends ? Je suis désolée, je te promets qu’on ne se disputera plus d’accord ?

  • Mais moi aussi papa me manque, pleurnicha Ume.

  • Je sais ma puce, je sais. Il me manque à moi aussi, dit Sakura, les yeux brillant de larmes contenues. La tristesse de sa sœur lui serrait le cœur et elle se sentait impuissante face à la douleur de la petite fille qui ne comprenait pas pourquoi sa maman ne voulait plus s’occuper d’elle. Viens là, reprit-elle en tendant les bras.

Ume se pelotonna dans les bras de sa grande sœur, reniflant régulièrement, tandis que Sakura resserrait son étreinte autour du petit corps chaud pressé contre sa poitrine.

  • Je te promets que les choses vont s’arranger sous peu. Je vais parler avec maman et tu verras, bientôt tout ira bien d’accord ? Termina-t-elle tout en ébouriffant les cheveux de l’enfant.

  • Promis ? Voulu s’assurer Ume d’une voix enrouée.

  • C’est juré. Va te laver le visage maintenant, moi je m’occupe de préparer ton petit déjeuner. Tu ne voudrais tout de même pas être en retard pour ton premier jour d’école ? L’interrogea-t-elle en esquissant un sourire.

La petite fille écarquilla ses grands yeux verts d’un air épouvanté et parti en courant en direction de la salle de bains en même temps qu’elle répondait à sa grande sœur.

  • Ah non, non, non Nee-chan ! Il ne faut pas que je sois en retard ! Sinon Hiroki va encore en profiter pour se moquer de moi !

Sakura sourit tendrement face à cette réponse : Ume avait beau affronter des épreuves difficiles pour une enfant de son âge, elle n’en perdait pas pour autant son enthousiasme et son entrain qui semblaient être à toute épreuve. Son sourire se figea lorsqu’elle repensa à sa promesse. Elle devait parler à leur mère. Rapidement. Elle avait attendu patiemment que cette dernière retrouve le goût à la vie mais la situation ne pouvait plus durer : Ume avait besoin de l’attention et de l’amour de sa maman et Sakura savait qu’elle-même ne pouvait pas s’occuper de tout. Elle aussi ressentait l’absence d’une présence maternelle de façon douloureuse et il était grand temps d’essayer d’améliorer les choses. Elle décida de reporter sa visite chez Naruto à l’après-midi. Sa sœur avait besoin d’elle et elle passait avant tout.

* * *

Il était 9 heures passées lorsque la jeune femme fut de retour chez elle. Après avoir tenu compagnie à Ume pendant que celle-ci déjeunait, Sakura l’avait aidé à choisir avec soin sa tenue pour son premier jour de classe puis elle avait rassemblé la chevelure brune de sa sœur en deux longues nattes qu’elle avait attachées grâce à deux rubans assortis à sa robe verte. Elles étaient parties pour l’école sur le coup des 8 heures et demie, Ume insistant sur le fait qu’elle ne voulait absolument pas être en retard. Le début des cours étant fixé à 9 heures et l’école se trouvant à une dizaine de minutes de leur maison, Sakura choisit de passer par le parc où elles avaient l’habitude de jouer lorsque leur père était encore en vie. La petite fille sembla ravie de cette initiative et les deux sœurs discutèrent joyeusement tout en remontant les allées bordées de cerisiers en fleurs. Le mois d’avril débutait et le temps était relativement doux depuis quelques jours. Lorsqu’elles étaient arrivées en vue de l’école et avaient commencé à apercevoir quelques élèves, Sakura avait senti la main de sa sœur se resserrer sur la sienne. Sentant son anxiété, elle décida de détourner l’attention de la petite.



Flash-back

  • Dis Ume, je pensais que ce soir je pourrais peut-être venir te chercher. Nous pourrions aller acheter quelques dangos chez Dango Daikazoku pour les manger avec maman, qu’en dis-tu ? Suggéra la jeune fleur.

La petite ouvrit de grands yeux et fit un large sourire.

  • Vraiment ? Ça serait super Nee-chan ! Mais tu crois que maman voudra bien ?

  • Ne t’inquiète pas pour ça, je me charge de convaincre maman, lui assura Sakura en lui faisant un clin d’œil complice.

  • Tu es géniale Nee-chan ! Et tu crois que…

  • Ume ! Fut brusquement interrompue l’enfant. Tu viens avec nous ? Continua un jeune garçon accompagné de quelques enfants.

  • J’arrive tout de suite Hiroki ! Répondit joyeusement Ume. On se voit tout à l’heure alors ? Demanda-t-elle.

  • On se voit tout à l’heure, lui confirma sa sœur. Amuse toi bien ma puce et surtout, sois sage, rajouta-t-elle avec un sourire affectueux.

  • Oui, oui Nee-chan, acquiesça-t-elle rapidement tout en courant pour rejoindre ses amis.

Sakura regarda la fillette filer avec entrain vers ses amis sous son regard amusé. Tant pis, elle irait voir son ami plus tard dans la soirée ou le lendemain : une promesse était une promesse et ce n’était certainement pas lui qui lui reprocherait cette façon de penser.

Elle se mit alors en route : elle devait absolument parler à leur mère et faire avancer les choses.

Fin du flash-back



Elle fixait depuis maintenant quelques minutes la porte close. Depuis la mort de son mari, Genjiro Haruno, lors d’une mission 6 mois auparavant, Saeka Haruno s’était renfermée sur elle-même et restait prostrée dans sa chambre, n’en sortant que pour satisfaire des besoins élémentaires.

Sakura soupira. Elle avait beau avoir promis à sa sœur que la situation allait s’améliorer, elle n’avait aucune idée sur la façon de faire face à sa mère et elle commençait à regretter d’avoir sans doute donné de faux espoirs à sa cadette. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle avait toujours été très proche de sa mère. C’était leur relation, très complice à l’époque, qui lui avait permis de se remettre du départ de Sasuke quelques années plus tôt et elle se sentait coupable de ne pas pouvoir aider sa mère à surmonter le drame qui secouait la famille Haruno. En effet, les rares discussions qu’elles avaient finissaient toujours par tourner en dispute, Sakura reprochant à sa mère d’être égoïste, de trop se laisser aller et de lui laisser affronter tous les problèmes qui se présentaient seule alors qu’elle n’avait que 15 ans. Saeka, de son côté, lui reprochait de ne pas comprendre sa douleur.

Le fait que Saeka refuse de voir sa fille cadette qui était le portrait craché de son défunt mari n’arrangeait pas les choses et, à force d’être rejetée sèchement, la fillette en était arrivée à la conclusion que sa maman ne l’aimait plus. Sa mère n’était plus que l’ombre d’elle-même mais Sakura ne pouvait s’empêcher de lui en vouloir de faire souffrir Ume qui, bien que trop jeune pour comprendre, ressentait parfaitement la froideur de sa maman à son égard. Les diverses disputes entre sa sœur et sa mère ne faisaient que la rendre plus inquiète et depuis quelques semaines la petite fille ne cessait de faire des cauchemars à ce sujet. Sakura essayait tant bien que mal de la rassurer mais elle ne pouvait remplacer sa mère et elle se rendait amèrement compte que si elle n’agissait pas rapidement, elles auraient bientôt perdu leurs deux parents.

La jeune fleur se reprit. Elle dépassa la porte rapidement et parti préparer du thé dans la cuisine ; autant essayer de mettre sa mère dans de bonnes dispositions. Lorsque le thé fut prêt, elle en servi et une tasse et retourna devant porte de la chambre. Elle toqua alors délicatement puis attendit. Plusieurs secondes s’écoulèrent sans qu’il n’y ait de réaction.

Sakura souffla. De nouveau, elle toqua et cette fois elle appela doucement sa mère.

  • Maman ?

Elle patienta encore quelques secondes avant de recommencer.

  • Maman ? Appela-t-elle un peu plus fort. Je t’ai préparé une tasse de thé, je peux entrer ? Insista-t-elle. Ecoute, je sais que tu es fatiguée mais j’ai promis à Ume que l’on mangerait des dangos ensemble pour le goûter. Ça lui ferait vraiment très plaisir si tu acceptais.

Elle patienta une nouvelle fois et un léger murmure lui parvint la décidant à entrer.

  • Maman ? J’entre, d’accord ?

Elle ouvrit la porte. L’odeur de renfermé lui agressa les narines, elle s’avança dans la pièce, plissant les yeux pour s’habituer à l’obscurité qui régnait. Un léger mouvement sur sa gauche l’a fit s’arrêter. Elle se tourna dans cette direction et discerna la silhouette amaigrie de sa mère, prostrée sur le lit. Elle s’approcha davantage et déposa la tasse sur la table de chevet avant de reculer et de s’assoir sur le coin du lit. Le matelas s’enfonça légèrement sous son poids ; elle posa ses mains sur ses genoux et pris une grande inspiration. Sa mère n’avait toujours pas réagi.

  • Maman, s’il te plait…, murmura-t-elle. Il faut que l’on parle. Je t’en prie, j’ai besoin de toi…, termina la jeune fille, les larmes menaçant de couler sur ses joues rougies.

Elle attendit quelques instants.

  • Maman, réagis ! Je ne pourrai pas m’occuper de tout toute seule encore longtemps tu sais… Si seulement tu essayais, juste un peu ! Je ne te demande d’aller mieux dès demain, seulement d’avancer pas à pas, à ton rythme. Tu ne peux plus te laisser aller comme ça ! Ume a besoin de toi, je-j’ai besoin de toi… termina-t-elle d’une voix chevrotante.

Quelques minutes passèrent. Nouvel échec. Alors qu’elle allait abandonner, Sakura se rappela le visage profondément réjoui de sa sœur lorsqu’elle lui avait promis de convaincre sa mère de partager un moment avec elles. Une colère sourde monta en elle.

  • Tu sais ce qu’Ume m’a demandé ce matin ? Reprit-elle plus fortement. Si on se disputait parce que tu ne l’aimais plus, parce que tu ne nous aimais plus ! C’est encore une petite fille, elle ne comprend pas pourquoi sa maman ne veut plus lui adresser la parole ou la voir. Tu ne peux pas lui reprocher sa ressemblance avec papa, c’est trop cruel ! Je sais que tu souffres, mais papa nous manque à nous aussi. On est une famille, on devrait affronter ça toutes ensembles ! Je sais que je n’ai pas toujours été gentille avec toi et je regrette la majorité des choses que je t’ai dites lors de nos disputes mais certaines restent vraies. Je t’en veux de faire souffrir Ume, je t’en veux de nous priver de notre dernier parent encore présent et je t’en veux de me laisser seule face à la dure réalité des choses ! C’est moi qui ai du expliquer à une petite fille de 6 ans que son papa ne rentrerait pas à la maison, c’est moi qui ai du organiser les obsèques de papa auxquelles tu n’as même pas assisté, c’est moi qui était présente à chaque fois qu’Ume faisait un cauchemar et qui l’aidait à se rendormir. Je sais que c’est dur pour toi mais c’est dur pour moi aussi, termina-t-elle dans un sanglot étouffé. Je vais continuer à m’occuper d’Ume, des factures et de tout le reste mais en échange je voudrais vraiment que tu sois un peu plus présente. Au moins pour Ume. Tiens-lui compagnie pendant son goûter, raconte-lui une histoire, coiffe-la, écoute-la te raconter sa journée, fais ce que tu veux ! Mais s’il te plait, arrête de la priver de sa mère alors qu’elle a déjà perdu son père.

Sakura se tu, essoufflée, et elle attendit quelques instants, à l’affut de la moindre réaction chez sa mère qui indiquerait qu’elle l’avait seulement écoutée. Ne décelant rien, la jeune fille se découragea et se releva. Elle avait vraiment essayé mais il semblait qu’elle soit obligée de décevoir sa petite sœur une nouvelle fois. Elle souhaitait maintenant quitter cette chambre le plus rapidement possible.

Aussi cru-t-elle rêver, lorsqu’elle entendit une voix rauque et erraillée s’élever.

  • Merci… Pour le thé.

Son cœur se mit à tambouriner dans sa poitrine et Sakura fit volte-face, dévisageant sa mère qui s’était redressée dans son lit.

  • Ma… Maman ? Reprit-elle d’une voix un peu plus assurée. Les yeux écarquillés, elle fixait sa mère qui réagissait pour la première fois depuis des semaines. Tu m’as écoutée ? Continua-t-elle avec une voix tremblotante.

  • Je… Je suis désolée Sakura…, articula difficilement Saeka. J’ai, j’ai juste… Je souffre tellement tu sais. Gen-Genjiro, il me manque cruellement… Je pense à lui tous les jours et j’ai l’impression que la douleur ne s’atténuera jamais…

  • Je pense à lui tous les jours moi aussi, quand-quand je vois Ume principalement mais aussi pendant que je prépare le petit-déjeuner… Je me souviens qu’il faisait toujours une forme avec le riz : Ume avait droit à un cœur et moi-

  • A une fleur, termina sa mère. Une fleur de cerisier…

  • Qu’il disait ! Dit Sakura d’un air nostalgique. Ça n’a jamais vraiment ressemblé à autre chose qu’un amas de riz avec quelques pointes.

  • Ça lui a toujours fait plaisir de faire ça même s’il n’était pas très habile.

  • Tu sais, je… Non, rien, s’interrompit Sakura. Un silence gêné s’installa jusqu’à ce que Saeka reprenne doucement la parole.

  • Continue Sakura.

  • Je le fais pour Ume, former un cœur avec son riz je veux dire. Elle me l’a réclamé quelques jours après-après l’enterrement de papa… Et depuis, j’en ai pris l’habitude je pense, finit-elle timidement.

Après plusieurs secondes de silence, Saeka reprit la parole.

  • Je pense… Je pense que ça lui fait plaisir de voir ça là où il est Sakura, chuchota-t-elle en regardant sa fille.

Sakura acquiesça.

  • J’espère, répondit-elle doucement.

Elles restèrent toutes deux silencieuses plusieurs minutes jusqu’à ce que Sakura se lève et se dirige vers la porte.

  • Ça m’a fait vraiment plaisir que tu m’aies écoutée maman, commença-t-elle. J’espère que tu repenseras un peu à ce que j’ai dit. Si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis à côté.

  • D’accord…

Sakura refermait doucement la porte lorsque sa mère l’interrompit :

  • Attends Sakura… La porte, tu peux laisser la porte ouverte s’il te plait ?

  • Ou-oui, oui bien sur, balbutia-t-elle. Pas de problème.

  • Merci.

Contenant difficilement sa joie, la jeune fille se dirigea vers la cuisine afin de s’occuper de la vaisselle qui trainait et préparer le repas du midi.

* * *

S’afférant dans le salon, Sakura réfléchissait à la discussion qu’elle avait eue avec sa mère tandis qu’elle pliait le linge qu’elle venait de détendre. Elle était ravie d’avoir pu parler de ce qu’elle ressentait avec sa mère et ne pouvait s’empêcher de se sentir optimiste quant à la suite des évènements. Elle repensa au premier effort que sa mère avait fourni ce midi même. Alors qu’elle récupérait régulièrement le plateau-repas qu’elle préparait pour sa mère presque intact, elle avait eu la surprise de trouver un plateau à moitié vide en passant devant la chambre de sa génitrice. Elle avait été touchée par cet acte de bonne volonté de sa mère ; elle savait que ce serait long et difficile mais peut-être cela marquerait-il le début d’un retour vers la normalité ?

Son regard accrocha soudain l’horloge fixée au mur et elle laissa échapper un juron. Perdue dans ses pensées, elle n’avait pas vu le temps passer et si elle ne se dépêchait pas elle serait en retard pour aller chercher Ume. Elle posa précipitamment le linge qu’elle tenait et croisa sa mère dans le couloir alors qu’elle allait à sa chambre.

  • Maman, je vais chercher Ume, je ne devrais pas en avoir pour longtemps. Une demi-heure maximum, le temps de la récupérer et d’aller acheter des dangos. Si tu as besoin de linge propre, il est posé sur la table du salon.

Elle allait quitter la pièce lorsque Saeka ouvrit la bouche, surprenant sa fille une fois de plus.

  • Tu vas les acheter chez Dango Daikazoku ? Ton père les adorait…

  • Oui, c’est ce que j’avais prévu de faire.

Saeka sembla hésiter un instant puis elle poursuivit.

  • Dans ce cas, je vais préparer le thé…, dit-elle du bout des lèvres. Les dangos sont toujours meilleurs avec une tasse de thé, finit-elle en allant vers la cuisine.

Sakura resta interdite quelques secondes. Sa mère était-elle en train de lui dire que... ? Un large sourire se dessina sur son visage lorsqu’elle imagina la réaction de sa sœur.

  • Merci maman, murmura-t-elle au moment où Saeka tournait au coin du couloir.

Elle resta là un moment, bercée par la joie, avant de se rendre compte qu’elle devait se dépêcher. Elle lâcha un nouveau juron ; cette fois elle était définitivement en retard et Ume ne se priverait certainement pas de lui montrer son mécontentement. Qu’à cela ne tienne ; elle passerait par les toits. Cela avait parfois du bon d’être ninja.

* * *

  • Sakura-nee-chan ! Tu es en retard ! Râla franchement une petite fille, les mains sur les hanches et les sourcils froncés.

  • Je suis désolée ma puce, s’excusa Sakura. J’ai oublié de surveiller l’heure. Tu me pardonnes ? Demanda-t-elle en souriant devant la moue renfrognée de sa petite sœur.

  • Bon, d’accord mais en échange je veux qu’on repasse par le parc pour rentrer à la maison ! S’exclama la fillette, à nouveau réjouie.

  • C’est entendu. Mais pour l’instant, je te rappelle que nous avons quelques courses à faire !

  • J’avais oublié ! S’écria la petite. On va chercher les dangos ?

  • C’est bien ça, acquiesça la jeune fleur avec un sourire.

Ume ouvrit la bouche et hésita quelques secondes avant de finalement la refermer tout en jouant avec ses doigts. Remarquant le manège de sa sœur, Sakura décida de l’encourager.

  • Il y a quelque chose qui ne va pas Ume ? Tu sais que tu peux m’en parler si c’est le cas, n’est-ce pas ?

La petite inspira alors une grande bouffée d’air et demanda timidement :

  • Et-et maman ? On prend des dangos pour elle aussi ?

Sakura comprit immédiatement en voyant les yeux emplis d’espoir de sa sœur que c’était une question détournée pour savoir si elle avait pu convaincre leur mère de passer un moment avec elles. Elle laissa un grand sourire se dessiner sur son visage avant de répondre à la fillette.

  • Oui ma puce, on en prend pour maman aussi, lui confirma-t-elle la voix pleine de joie.

A cette réponse, l’enfant sauta de joie et attrapa la main de sa grande sœur pour l’entraîner avec enthousiasme en direction de la boutique.

  • Vite, vite Nee-chan ! On doit se dépêcher alors ! S’écria gaiement la petite.

  • Du calme Ume, rigola Sakura. La boutique ne va pas s’envoler tu sais !

  • Allez Nee-chan, plus vite !

  • D’accord, d’accord ! On se dépêche ma puce, céda la jeune fleur, faible face à tant de joie chez sa petite sœur.

* * *

Une demi-heure plus tard, les deux sœurs arrivaient au coin de leur rue lorsque Sakura arrêta Ume. La fillette était excitée comme une puce depuis qu’elle savait qu’elle allait pouvoir causer à sa mère et Sakura était un peu inquiète quant à la réaction de cette dernière face à tant d’agitation. Aussi décida-t-elle de prévenir la plus jeune.

  • Ume ma chérie, tu m’écoutes quelques minutes s’il te plait ?

  • Qu’est-ce qu’il y a Nee-chan ? Demanda Ume, visiblement intriguée.

  • Je sais que tu es vraiment contente de pouvoir passer un peu de temps avec maman mais il faut bien que tu comprennes qu’elle est encore très fatiguée. Alors ne sois pas trop déçue si elle ne te répond pas tout le temps ou si elle ne reste pas longtemps, d’accord ?

  • D’accord, mais je peux quand même lui raconter ma journée ?

  • Bien sur ma puce ! Seulement, évite de lui poser des questions. Parle-lui tranquillement comme tu le fais avec moi et tout ira bien, sourit doucement Sakura.

  • J’ai compris, je serai sage c’est promis ! On peut y aller maintenant ? Questionna-t-elle pleine d’impatience.

  • Oui oui, on y va Ume, on y va.

La petite se remit en marche sans plus tarder, pressée de voir sa mère tandis que son aînée resta sur place quelques instants. Elle était tout de même un peu nerveuse. Elle inspira profondément avant de suivre sa cadette. Après tout, sa mère avait proposé de préparer du thé en attendant leur retour : c’était forcément bon signe, non ?

« Tout va bien se passer » se répéta-t-elle plusieurs fois mentalement alors qu’elle arrivait devant le portillon du jardin. Ume l’attendait avec hâte devant la porte d’entrée et Sakura pressa le pas, peu désireuse de frustrer sa sœur davantage. Elle ouvrit la porte et pénétra à l’intérieur avec la fillette sur ses talons.

  • Ume, tu vas te laver les mains et poser tes affaires dans ta chambre s’il te plait ? Je vais t’attendre dans la cuisine.

  • J’y vais ! S’exclama gaiement la petite avant de partir précipitamment.

Sakura rigola doucement : pour le calme on pouvait repasser. Néanmoins, cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas vu sa cadette si heureuse et elle n’avait pas le cœur à lui reprocher son enthousiasme. Elle-même se sentait d’ailleurs plutôt impatiente face à ce rapprochement tant souhaité. Elle se dirigea tranquillement vers la cuisine en portant ses sacs tout en se demandant si sa mère y était encore ou si elle était retournée dans sa chambre en attendant leur retour. Elle eut rapidement la réponse à sa question : alors qu’elle passait la porte de la pièce, elle aperçut Saeka assise sur une chaise. Elle semblait perdue dans ses pensées : ses coudes étaient sur la table et son menton reposait sur ses mains, croisées. Elle leva les yeux vers sa fille lorsque cette dernière entra.

  • Le thé est prêt, dit-elle tout en désignant d’une main la théière qui trônait fièrement à sa droite.

  • D’accord, je vais aller chercher des tasses alors, répondit Sakura en souriant.

Elle passa derrière le bar, après y avoir posé ses achats, pour s’approcher des placards avant de reprendre.

  • Ume ne devrait pas tarder à arriver ; je lui ai dit que tu étais encore fatiguée et qu’elle devait essayer de rester le plus tranquille possible mais ne lui en veut pas si elle a du mal à contenir son excitation, d’accord ?

Elle se tourna pour fixer sa mère qui hocha la tête en signe d’assentiment.

  • Ça lui fait vraiment très plaisir que tu aies accepté tu sais ? Je ne l’ai pas vu aussi souriante depuis un bon moment alors merci, finit-elle en souriant de nouveau.

Elle attrapa les tasses et sorti aussi des assiettes sur lesquelles elle posa les tasses. Elle récupéra ensuite les dangos qu’elle avait déposés sur le bar et retourna vers la table sur laquelle elle posa tout. Elle mettait le couvert lorsque sa mère prit la parole.

  • Ça me fait plaisir à moi aussi, dit-elle à voix basse.

Les deux femmes se regardèrent en souriant : timidement pour la plus vieille et pleinement pour la plus jeune.

  • Est-ce que…, commença Sakura avant de se faire couper par l’arrivée pour le moins énergique de sa cadette.

  • J’ai fini Nee-chan ! S’exclama la petite alors qu’elle arrivait en courant.

Elle se stoppa net à la vue de sa mère et Sakura pu clairement voir dans son regard l’envie de lui sauter au cou et la volonté d’obéir aux consignes de son aînée s’affronter dans un combat cornélien. Finalement Ume opta pour un entre-deux assez surprenant.

  • Maman ! S’écria-t-elle sans bouger d’un pouce.

Quelques secondes s’écoulèrent dans un calme olympien avant que Saeka n’entrouvrent doucement les bras dans une invitation silencieuse. Ume n’hésita pas plus longtemps et s’élança avec enthousiasme dans les bras ouverts, synonymes d’une affection maternelle qui lui avait tant manquée.

* * *

Suite à cela, le goûter s’était déroulé dans une ambiance emplie d’amour et du bonheur de s’être enfin retrouvées. Ume avait su rester relativement sage pendant qu’elle racontait sa journée à sa mère et sa sœur et elle s’était fait une joie de répondre aux quelques questions que Saeka lui avait posées. Sakura avait assisté à tout ça le sourire aux lèvres, participant de temps en temps à la conversation. Lorsque sa mère avait semblé commencer à être fatiguée, elle s’était levée pour débarrasser avant de gentiment demander à Ume d’aller s’occuper dans sa chambre en attendant d’aller se doucher. Elle lui promit de la rejoindre rapidement pour jouer avec elle et la petite partit sans faire trop de difficultés après avoir déposé un baiser sur la joue de sa mère.

Désormais seules, Sakura et Saeka se fixèrent silencieusement jusqu’à ce que la jeune fille décide de prendre la parole.

  • Ça ne s’est pas trop mal passé non ?

  • Oui. C’était… C’était un moment agréable, répondit Saeka.

  • Je me disais que, si ça ne faisait pas trop pour toi, peut-être pourrions-nous passer tous les jours un peu de temps ensemble comme aujourd’hui ?

  • Je-je ne sais pas Sakura, dit Saeka d’une voix basse.

  • S’il te plait, je ne te demanderai rien d’autre. Seulement d’écouter Ume te raconter sa journée une fois rentrée. Je t’en prie maman, acheva-t-elle d’une voix suppliante.

Sa mère sembla hésiter quelques instants.

  • C’est d’accord, finit-elle par répondre.

Sakura poussa un long soupir de soulagement avant de parler.

  • Merci maman, vraiment, dit-elle avec un grand sourire.

Saeka lui adressa un léger sourire avant de sortir de la cuisine et de regagner sa chambre. Sakura sourit elle aussi : cette fois elle en était sure, la situation commençait à s’améliorer et elle ferait tout pour que cela dure : foi de Haruno !

Elle finit de ranger la cuisine et se dépêcha de rejoindre Ume dans sa chambre. Elle ne doutait pas que sa sœur l’attendait impatiemment, l’esprit fourmillant d’idées de jeux en tous genres, et qu’elle ne se priverait pas de râler si son aînée la faisait patienter trop longtemps à son goût. Sakura poussa un long soupir, de lassitude cette fois. Elle n’était absolument pas la seule à posséder un fort caractère dans sa famille, sa sœur semblait se diriger exactement sur le même chemin et elle se souvenait que leur mère lui avait dit, alors qu’elle était plus jeune, qu’il en était de même pour toutes les femmes de leur clan.

C’est en poussant la porte de la chambre d’Ume qu’elle se souvint soudainement qu’elle avait prévu de rendre visite à Naruto dans la soirée. Elle réfléchit quelques instants puis décida de reporter ses projets de nouveau. Elle préférait s’occuper de sa sœur ce soir et pouvoir prendre son temps avec son ami demain ; elle savait d’instinct que leur discussion risquait de s’éterniser et elle ne voulait pas laisser sa sœur seule la nuit des fois que cette dernière ait un cauchemar. Elle culpabilisa un peu à l’idée de laisser son coéquipier et meilleur ami un jour de plus dans sa solitude mais elle se reprit rapidement. Elle le connaissait bien et elle savait qu’il ne lui reprocherait jamais une telle chose. Elle sourit tendrement, elle avait vraiment de la chance de l’avoir même si elle ne lui avouerait jamais en face.

Elle fut interrompue dans ses réflexions par sa cadette qui semblait estimer qu’elle l’avait suffisamment attendue comme cela et réclamait à grand renfort de ronchonnements son attention exclusive. Sakura obtempéra de bonne grâce et elles passèrent un long moment à jouer toutes les deux jusqu’à ce que Sakura, deux bonnes heures plus tard, ne décide qu’il allait bientôt être temps de manger et qu’elle n’envoie sa sœur se doucher tandis qu’elle s’attelait à la préparation de leur dîner et du plateau de leur mère.

* * *

C’est seulement lorsqu’elle coucha Ume que celle-ci revint sur l’évènement majeur de leur journée, à savoir le goûter en compagnie de leur mère.

  • Dis Nee-chan ?

  • Oui Ume, qu’est-ce qu’il y a ?

  • J’ai été sage cet après-midi hein ?

Sakura sourit.

  • Oui ma puce, tu as été exemplaire. Pourquoi tu me demandes ça ?

  • Parce que je-je… En fait Nee-chan, c’est pas vraiment ça que je voulais te demander…

  • Je m’en doutais. Demande-moi ce qui t’intéresse vraiment alors Ume, dit Sakura en riant.

La fillette ouvrit et referma plusieurs la bouche avant de se décider à poser sa question.

  • Est-ce que maman va prendre le goûter avec nous demain aussi ? Interrogea l’enfant, les yeux remplis d’espoir.

A cette question, Sakura se félicita franchement d’avoir insisté pour que leur mère accepte. Elle avait bien vu à quel point cela avait fait plaisir à Ume et elle était ravie de pouvoir lui donner une réponse positive.

  • Oui, elle est d’accord. Mais tu dois me promettre d’être sage comme aujourd’hui parce que maman est encore fatiguée. Et moins elle se fatiguera, plus elle pourra passer de temps avec nous.

  • C’est promis Nee-chan ! Je serai sage comme une image ! S’exclama la fillette, un grand sourire sur le visage.

  • Je te fais confiance pour ça ma puce, lui répondit Sakura avec un clin d’œil complice.

La jeune fille sortit sans bruit de la chambre de l’enfant pour ne pas la réveiller. Entre sa première journée d’école et le quatre heures avec Saeka, la journée avait été riche en émotions et la petite s’était endormie beaucoup plus rapidement que d’habitude, en plein milieu de son histoire quotidienne. Sakura prit une rapide douche avant de se réfugier dans sa chambre et elle s’allongea sur son lit en toute tranquillité. Elle craignait maintenant beaucoup moins que sa sœur ait un cauchemar ce qui était synonyme pour elle d’une nuit sereine. A l’image de sa cadette elle rejoignit le pays des songes prestement, la majeure partie des problèmes tourmentant encore son esprit la veille étant réglés ou tout du moins proches de l’être.

* * *

Les doux rayons du soleil s’invitèrent timidement dans la chambre de Sakura. Cette dernière dormait paisiblement et ne semblait pas prête à se réveiller mais une personne en décida autrement.

  • Nee-chan ? Hé Nee-chan, réveille-toi ! Dit Ume en secouant légèrement sa sœur.

  • Hm… Deux minutes Ume…

Sur ses paroles, l’endormie se retourna et enfouit son visage sous la couette à l’abri de la lumière.

  • Nee-chan ! Allez, lève-toi ou je vais être en retard à l’école et Hiroki va se moquer de moi !

  • Comment ça tu vas être en retard, on a encore le temps c’est seulement… La tête de la jeune fille émergea de sous la couette et elle chercha son réveil d’un œil encore fatigué. Elle finit par trouver l’objet de sa recherche. Ah ! Tu vois bien, il est seulement… Huit heures et demie ?! Mais… Oh non, mon réveil n’a pas sonné ! File te préparer Ume, je te prépare un rapide petit-déjeuner pendant ce temps : tu le mangeras sur le chemin. Heureusement que tu t’es réveillée !

  • Mais Nee-chan, je voulais que tu me fasses un cœur avec mon riz moi ! Râla la fillette.

  • Désolée Ume mais on n’a pas le temps, je t’en ferai un demain c’est promis ma puce ! Maintenant, action !

La cadette sortit rapidement de la chambre de sa sœur, ne voulant pas risquer de subir son courroux en la contrariant : tout le monde le savait, on ne contredisait pas Sakura Haruno et encore moins de bon matin si on tenait à la vie.

* * *

Une heure plus tard, Sakura était de retour chez elle et elle passa la porte d’entrée en soupirant. Elle avait réussi à amener sa sœur juste à l’heure pour le début des cours mais en échange elle avait dû courir partout sans prendre une seconde pour elle. Elle décida de boire un café et de prendre son petit-déjeuner avant de rejoindre son ami blond. De toute façon, vu l’heure qu’il était il y avait peu de chances que celui-ci soit déjà debout.

Elle mangeait tranquillement dans la cuisine quand elle vit sa mère passer dans le couloir. Cette dernière sembla hésiter avant de finalement s’arrêter sur le seuil de la pièce. Voyant cela comme une tentative de dire bonjour, Sakura sourit et prit rapidement la parole.

  • Bonjour maman, dit-elle doucement.

Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’elle n’ait une réponse.

  • Bonjour, répondit Saeka d’une voix rauque.

  • Je suis contente de te croiser maintenant, je voulais te parler de quelque chose.

Sa mère se content de la fixer, attendant la suite.

  • Je ne serai pas là ce midi, je vais voir Naruto : il faut qu’on parle et je pense que je mangerai avec lui. Comme c’est mercredi, Ume mange chez Hiroki donc tu n’auras pas à t’occuper d’elle. Je passerai la prendre à la sortie de l’école en revenant de chez Naruto et on achètera quelques douceurs pour le goûter. Ce serait bien si tu pouvais préparer le thé comme hier d’ailleurs ! Ah, et pour ce midi, je vais te préparer un plateau et je le mettrai au frigo, tu auras juste à faire réchauffer les plats d’accord ?

  • D’accord…

  • J’ai fait du café, tu en veux une tasse ? Je peux te l’apporter dans ta chambre si tu le souhaites.

  • Je vais le boire dans la cuisine plutôt.

Le sourire de Sakura s’agrandit : sa mère ne cessait de l’étonner et elle était ravie des efforts que cette dernière faisait pour essayer de se rapprocher.

  • Dans ce cas je t’en sers une tasse tout de suite ! S’exclama joyeusement la jeune fille.

Elle finit donc son petit-déjeuner, profitant pleinement de la présence de sa mère, dans un silence qui, pour une fois, n’était pas pesant mais davantage relaxant.

* * *

Il était onze heures lorsque Sakura décida de partir pour l’appartement de Naruto ; son ami habitait à une dizaine de minutes de chez elle dans les immeubles mis à disposition pour les ninjas. Elle vérifia à la hâte qu’elle avait fait tout ce qu’elle devait faire : la vaisselle était lavée, le ménage fait et le plateau pour sa mère était au frigo. Tout était bon, elle pouvait partir l’esprit tranquille. S’approchant de la porte d’entrée, elle passa devant la chambre de sa mère et vit avec surprise que la fenêtre, d’habitude fermée avec les stores baissés, était grande ouverte faisant ainsi disparaitre définitivement l’odeur de renfermé qui y régnait encore quelques jours plus tôt. Aussi, la chambre paraissait beaucoup plus propre et ordonnée que dans ses souvenirs et l’impression lugubre de désespoir qui s’en dégageait semblait s’être évanouie. Elle sortit donc de chez elle d’une humeur radieuse et dû se retenir de ne pas sautiller sur le chemin du studio de son coéquipier. Elle était tout de même la disciple du Godaime, elle avait une réputation à tenir songea-t-elle, amusée.

* * *

Elle arriva rapidement devant chez son ami et ne perdit pas de temps avant de frapper délicatement à la porte. Elle patienta tranquillement quelques instants sans avoir de réponse. Elle toqua une nouvelle fois. Toujours rien.

« Ne me dites quand même pas qu’il dort encore ce fainéant ? » se demanda-t-elle. « Tant pis, maintenant que je suis ici, autant entrer ; je le réveillerai moi-même ! »

Elle ouvrit silencieusement la porte qui n’était pas verrouillée et pénétra dans l’appartement. Une odeur de renfermé et une sensation lugubre assaillirent ses sens. L’odeur âcre lui rappelait douloureusement celle qu’elle avait pu sentir dans la chambre de sa mère et ce fut ce qui la poussa à se ruer dans la pièce où dormait Naruto. Aujourd’hui c’était lui qui avait besoin d’elle, elle en était sûre maintenant, et elle ne l’abandonnerait surement pas. Après tout, lui ne l’avait jamais fait. Elle se précipita à l’intérieur, à l’affut du moindre mouvement, cherchant son ami dans la pénombre de la pièce. Après quelques secondes, elle dut s’avouer qu’il n’était visiblement pas là : la chambre était vide à l’image de l’appartement. Elle fit un tour rapide du reste du studio histoire d’en être certaine et revint dans la chambre une fois certaine d’être seule. Elle décida de remonter les stores et d’ouvrir la fenêtre pour renouveler l’air : elle ne pouvait plus supporter cette odeur, synonyme de tant de souffrance pour elle. Une fois l’appartement entier aéré, elle se mit à réfléchir. Où pouvait bien être son Naruto ? Elle serait étonnée qu’il soit sorti s’entraîner ou même faire une simple promenade au vu de l’humeur dans laquelle il semblait être. A moins qu’il ne soit allé manger chez Ichiraku ? Connaissant son coéquipier, c’était tout sauf impossible : cet estomac sur pattes ferait n’importe quoi si c’était pour les ramens de son restaurant préféré !

Elle décida de l’attendre, faisant un peu de rangement pour s’occuper. Cela avait toujours été ainsi : Naruto étant bien connu pour être un véritable champion en matière de désordre, la jeune fille l’aidait à ranger et à faire le ménage lorsqu’elle passait le voir. Elle se doutait que vivre seul depuis son plus jeune âge ne devait pas être facile et elle voulait aider son ami du mieux qu’elle pouvait. Elle faillit glisser sur un des vieux emballages de ramens qui jonchaient le sol et se rattrapa in-extremis au dossier d’une chaise. Elle avait beau l’adorer, parfois elle avait terriblement envie d’étrangler cet idiot blond qui lui servait de coéquipier ! Elle était passée un peu moins de deux semaines plus tôt et il avait déjà trouvé le moyen de mettre un tel capharnaüm ?!

  • Mais c’est pas possible, il doit le faire exprès cet idiot, maugréa-t-elle.

Elle se promit de lui faire la morale lorsqu’il serait enfin rentré. Sur ces bonnes paroles, elle finit de ranger la pièce à vivre et elle se dirigeait vers la chambre pour faire de même lorsque son regard accrocha une feuille de papier pliée en deux sur la table. Au beau milieu du bazar elle ne l’avait pas vue mais maintenant qu’elle avait fait un brin de rangement, la feuille attirait toute son attention. Ne sachant pas si c’était un détritus de plus, elle décida de l’ouvrir pour vérifier si elle pouvait la jeter ou non. Au premier abord, c’était une lettre de Naruto. Une lettre qui lui était adressée d’ailleurs. Mais pourquoi diable est-ce que son ami lui écrirait une lettre ? Curieuse, elle attaqua sa lecture. Elle parcourut les quelques lignes manuscrites, ses mains se crispant de plus en plus sur la feuille au fil de sa lecture.



« Sakura-chan,

Quand tu liras cette lettre je serai sûrement déjà loin. J’y ai bien réfléchi et j’ai le pressentiment que si je n’aide pas Sasuke maintenant, nous le perdrons pour toujours. Il a besoin de moi, même s’il ne s’en est pas encore rendu compte, alors je pars. Je quitte Konoha pour le rejoindre et l’aider à réaliser sa vengeance. J’ai enfin compris qu’il n’y avait aucune chance pour qu’il rentre au village avant que celle-ci ne soit accomplie alors, plutôt que de l’attendre sans rien faire, je préfère l’aider et faire en sorte qu’il atteigne son but le plus rapidement possible. Et lorsque cela sera fait, je serai là pour le convaincre de rentrer à Konoha avec moi.

Je sais que tu seras sans doute blessée par cette décision et je m’en excuse : ne t’y trompe pas, tu es toi aussi très importante pour moi et ça a été une décision vraiment difficile à prendre. Je pense que Sasuke a plus besoin de moi en ce moment et même si je regrette déjà mon acte, je sais que je fais le bon choix en partant.

Excuse-moi auprès des autres s’il te plait, si je pars comme un voleur c’est parce que je sais que vous auriez cherché à m’en empêcher pour certains et à m’accompagner pour d’autres. Je n’ai pas voulu prendre de risques, surtout que je ne peux prévoir la réaction qu’aura Sasuke lorsque je l’aurai retrouvé.

Je ferai tout pour tenir la promesse que je t’ai faite ce jour là et j’ai le sentiment, qu’un jour, l’équipe sept sera enfin réunie.

En attendant nos retrouvailles futures, prends bien soin de toi Sakura et, je t’en prie, ne m’en veux pas trop pour t’abandonner ainsi.

Avec toute mon affection,

Naruto. »



Elle sentit toutes ses forces la quitter lorsqu’elle arriva à la dernière ligne et elle se laissa tomber lourdement sur le sol froid. Elle serra la lettre de toutes ses forces, refusant de croire ce qui se passait. Elle frissonna violemment et se recroquevilla sur elle-même, affaissée sur le carrelage glacé.

Lui aussi était parti. Et une fois de plus, elle avait été laissée derrière.

Maintenant, elle était seule.



* * *









Commentaire de l'auteur Et voilà : alors que tout semblait s'arranger pour Sakura, elle apprend que Naruto est parti !
Sa réaction et les conséquences de ce départ dans le prochain chapitre m'sieurs dames !
Que dire de plus ? J'espère que le chapitre vous a plu; n'hésitez pas à commenter pour me donner vos impressions.
A bientôt pour la suite ! En attendant, bisous à tous !
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