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Animes-Mangas

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Naruto

Foutue
[Histoire Terminée]
Auteur: Encens Vue: 5407
[Publiée le: 2008-12-26]    [Mise à Jour: 2009-03-13]
13+  Signaler Romance/Humour/School-Fic Commentaires : 21
Description:
Pour être foutue, ça Temari l'était et pas qu'un peu. Dans la panade jusqu'au cou, même !
Elle n'avait jamais cru au coup de foudre, n'y croirait jamais et était bien décidée à faire sa fête au premier qui oserait lui dire le contraire. Seulement, Destinée semblait bien décidée à lui fourrer des bâtons dans les roues.
Mieux encore, tout semblait porter à croire que la blonde ne s'en relèverait jamais.
La voilà vaincue par K-O dès le premier round et sans possibilité de prendre sa revanche.

[Fanfiction UA School-fic en deux... non trois parties, donc, sur la nana la plus barge du manga et le misogyne préféré de ces dames.]

[Deuxième partie séparée en deux pour une meilleure digestion. Bon appétit !]

[Fanfiction en correction : mise en forme du texte, fautes restantes]
Crédits:
Les personnages de Naruto ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de leur auteur, Masashi Kishimoto.
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Foutue

[8681 mots]
Publié le: 2008-12-26
Mis à Jour: 2009-03-13
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

 

Foutue

 

Foutue. Elle était foutue. Absolument, complètement, indubitablement, irrémédiablement foutue.

Plus foutue qu'elle, on ne pourrait pas trouver même en cherchant dans tout l'Univers, se disait Temari en faisant les cent pas dans sa chambre bardée de posters et de tableaux.

Elle s'arrêta un instant, se frappa le front avec un « Mais quelle conne ! » retentissant pour elle-même.

S'ensuivit l'envoi brutal d'un coussin contre son mur dans un bruit sourd. Aussitôt Gaara frappa de l'autre côté de la cloison pour lui intimer de se calmer ou du moins de s'énerver en silence et surtout sans le déranger lui.

La jeune femme ne lui prêta aucune attention et se remit à faire les cent pas.

Comment avait-elle pu s'y prendre pour faire une bêtise pareille ?

Elle était plutôt intelligente comme nana. Sûre d'elle, pas toujours contrôlable, certes mais quand elle était complètement folle, c'était qu'elle le souhaitait. Nom d'un chien, elle n'était pas comme ça!

Sakura ou Ino, d’accord, ça pourrait leur arriver, après tout il n'y en avait jamais une pour rattraper l'autre et puis elles étaient des filles.

Temari s'arrêta de nouveau et se frappa une nouvelle fois.

« Abrutie, t'es une fille toi aussi »

Mais, comme s'il s'agissait d'un débat sans queue ni tête avec sa conscience, elle eut l’impression qu’on lui répondait et la réponse fusa dans l’instant : « Mais toi tu es différente ».

Elle hocha la tête pour elle-même et reprit ses grandes enjambées à travers sa chambre.

Pour être différente, ça elle l'était ! Plutôt deux fois qu'une même ! Jamais une idée aussi saugrenue ne lui serait venue à l'esprit ! Elle dirait même plus : Jamais de la vie.

Et pourtant, cette idée saugrenue était bien là. Et la perturbait au plus haut point.

Elle avait beau ne pas se peinturlurer la figure comme une voiture volée, ne pas se faire les ongles, ne pas fondre devant les beaux garçons qu'elle voyait passer devant elle, préférer se battre avec Tenten qu'aller faire du lèche-vitrine avec Ino et Sakura, cette idée saugrenue ne la quittait pas.

La jeune fille rugit en s'accroupissant sur le sol, la tête entre ses mains.

C'était pas possible d'être aussi conne, nom d'un chien !

Elle ne pouvait pas... C'était contraire aux lois de la nature, merde.

Plutôt que d'être diplomate comme Hinata, elle choisissait la solution forte et tabassait ceux qui devaient l'être.

Plutôt que de vérifier les calories d'une barre de chocolat, elle préférait l'engouffrer sans se poser de questions.

Quand Ino allait se refaire une beauté dans les toilettes, Temari commandait une deuxième tournée de sodas sucrés et de gâteaux à la crème.

Et quand Sakura coiffait ses cheveux pendant des heures pour les rendre doux et soyeux, Temari se contentait de les coiffer à l'arrachée en quatre couettes pétantes qui n'avaient rien de féminines et qui lui permettraient de ne pas avoir à ramener son impétueuse chevelure blonde quand elle s'entraînait.

Toujours agenouillée sur le sol, Temari sourit tristement, un peu calmée.

Elle faisait vraiment une drôle de fille, elle qui pouvait étaler ses frères à terre l'un après l'autre, qui riait fort et ne pleurait jamais, criait quand l'envie l'en prenait et ne retenait jamais ce qui la taraudait.

Cela expliquait d'ailleurs pourquoi elle faisait un boucan infernal plutôt que de se morfondre sur son lit en maugréant contre ces choses qu'on ne pouvait pas contrôler.

Elle faisait vraiment mais alors vraiment une drôle de fille.

Et pourtant, c'était là au fond d'elle. Ça y avait peut-être toujours été et elle ne savait pas si ça en sortirait jamais. Elle l'espérait secrètement sinon elle était pas sortie de l'auberge.

Elle tenta de réfléchir au comment qui primait sur le pourquoi mais ses pensées s'embrouillaient et se mêlaient pour lui donner un foutu mal de crâne comme elle n'en avait pas eu depuis longtemps.

Temari se laissa complètement tomber sur le sol et, allongée sur le parquet, elle contempla le plafond immaculé de sa chambre.

Comment avait-elle pu tomber aussi bas ?

Comment avait-elle pu tomber amoureuse de Nara Shikamaru ?

La jeune fille se redressa comme sur un ressort, le cœur battant et les joues cramoisies à l'évocation de ce simple nom.

Elle posa une main sur sa poitrine pour tenter de calmer son rythme cardiaque mais des images du garçon l'envahissaient déjà pour lui faire perdre la tête. Comme si ça ne suffisait pas…

Elle se laissa retomber sur le sol tout aussi brusquement qu'elle s'en était relevée et se cogna si lourdement la tête qu'elle en gémit de douleur.

Comment avait-elle pu être si cloche, vraiment ? Geignait-t-elle en se massant le crâne. Un crétin pareil...

 

« ...Ri.

La jeune fille ouvrit un œil.

Temari !

Cette fois la blonde se réveilla complètement et, clignant des paupières, elle remarqua que l'ensemble de la classe la regardait avec insistance. L'ensemble de la classe ainsi que Mitarashi Anko, le professeur le plus sadique de l'ensemble de l'école.

Je te remercie d'avoir sorti Blanche-Neige de son profond sommeil, Haruno, fit la jeune femme à l'intention de Sakura, la voisine de Temari avant de se tourner vers cette dernière avec un sourire conciliant. Alors, mon trésor, minauda-t-elle avec une voix faussement maternelle, la nuit a été si dure que tu ne peux même plus suivre mon cours ?

Je... Commença Temari d'une voix pâteuse.

Tu as bien dormi au moins, j'espère ?

La blonde fut tentée de lui répondre « Comme un loir » mais elle n'était pas assez échauffée pour soutenir une joute verbale avec son professeur.

Aucun mordant aujourd'hui ? Fit celle-ci avec un sourire qui allait en s'élargissant. Comme c'est dommage ! Histoire de te remettre d'aplomb tu me copieras dans le livre les pages du chapitre que nous sommes en train d'étudier et que tu as décidé de passer afin de t'accorder une bonne sieste. Pour demain

Temari acquiesça en soupirant, les yeux baissés.

A côté d'elle, Sakura la considérait avec un air inquiet. Jamais encore Temari n'avait laissé quiconque la remettre à sa place et ses disputes avec le prof Mitarashi étaient légendaires.

Pourtant la blonde acceptait la remontrance sans broncher, visiblement encore perdue dans les limbes de sa sieste improvisée.

Nous pouvons reprendre le cours maintenant que Blanche Neige a décidé de se joindre à la partie, ajouta le professeur en se retournant vers son tableau pour y noter une formule mathématique que Temari ne chercha même pas à comprendre.

Dans la salle elle avait entendu un ricanement et elle savait parfaitement à qui il appartenait.

D'un bloc, elle se retourna et adressa un regard sanglant à Nara Shikamaru qui s'était confortablement installé au fond de la classe, bras croisés derrière sa tête dans une position qui démontrait clairement qu'il était venu ici en touriste.

Quand il lui répondit d'un de ces sourires narquois dont il avait le secret elle se détourna aussi vite, les joues en feu.

Gros crétin.

Temari ? Souffla Tenten de l'autre côté de la jeune fille, tu te sens bien ?

Tout en parlant, la brune notait la formule et sa solution. Elle glissa ensuite son cahier vers Temari qui l'accepta gracieusement, sans desserrer les dents.

Je me porte comme un charme, marmonna-t-elle finalement en essayant de ne pas sentir la présence de Shikamaru dans son dos.

Sakura arqua un sourcil et jeta un œil derrière elle vers Ino et Hinata qui attendaient visiblement le fin mot de cette histoire.

Mais elle ne put que leur répondre d'un haussement d'épaules.

 

Ce petit manège durait déjà depuis trois jours. Temari ne dormait plus la nuit, terrifiée à l'idée de s'être complètement entichée du garçon qui, non content d'être le plus intelligent qu'il lui ait été donné de connaître, était aussi le plus moqueur, le plus nonchalant et le plus misogyne.

Elle s'assoupissait en cours, ne mangeait plus aux repas alors qu'elle était un véritable ventre sur pattes, n'écoutait plus ce qu'on lui racontait, restait sur la touche en sport parce qu'elle se prenait trop de ballons dans la figure et n'était même plus fichue de rattraper une passe, se surprenait à se regarder dans un miroir et à chercher ce qui pourrait bien la mettre en valeur aux yeux d'un mec qui n'en avait rien à faire des filles et qui était aimable comme une porte de prison et, surtout, elle ne frappait plus Naruto ni ne s'engueulait avec Kiba quand elle les croisait dans les couloirs.

Les seules fois où elle avait du mordant, c'était pour être désagréable et le dernier à en avoir fait les frais était Akimichi Chôji, le type le plus gentil qu'on puisse rencontrer.

Temari claqua la porte de son casier pendant qu'autour d'elle régnait le désordre d'un vestiaire de filles après deux heures de basket.

C'était à celle qui piaillerait plus fort et qui donnerait le plus mal à la tête à la pauvre blonde en mal d'amour.

Pendant que certaines se racontaient des ragots en changeant de débardeur, que d'autres s'asseyaient sur les bancs entre les rangées de casier pour mettre chaussures et pantalons, des déodorants volaient au-dessus des têtes de même que des bâtons de rouge à lèvres et des brosses à cheveux.

Temari contemplait ce spectacle dont elle était l'absente alors qu'elle attendait ses quatre amies qui prenaient leur temps pour se changer.

Soudain, un cri strident retentit suivi bientôt d'un deuxième et d'un troisième jusqu'à ce que cela devienne un véritable concert.

Temari leva la tête, agacée, pendant que des filles à moitié habillées se précipitaient vers le couloir qui menait à la sortie du vestiaire.

Aussitôt elles revinrent pour se couvrir avec des tee-shirts et des serviettes.

L'instant d'après, Temari comprit la raison de tant d'agitation et son cœur fit une brutale embardée. Shikamaru s'était arrêté sur le seuil de leur rangée de vestiaire, une cigarette à la main.

«Vas faire tes excuses à Chôji. » Déclara-t-il à l'attention de la blonde d'un ton sans appel.

La situation était un rien irréelle, plutôt cocasse même. Shikamaru Nara était dans les vestiaires des filles pour lui faire la morale alors qu'il se foutait habituellement comme d'une guigne de ce qu'il se passait autour de lui. Et en plus il ne prenait même pas la peine de mater ses camarades en sous-vêtements.

Un instant, entre le moment où elle essayait de ne pas rougir et celui où elle se disait qu'il avait une certaine classe, Temari se demanda si ce garçon n'avait pas un problème.

Je te demande pardon ? Articula-t-elle finalement en se forçant à soutenir son regard comme elle l'avait toujours fait avant qu'une certaine vérité ne vienne bouleverser son quotidien.

Quand, diable, avait-elle commencé à s'enticher de lui ? Il fallait absolument qu'elle réfléchisse à ça.

Tu vas aller...

Temari ! S'exclama finalement Ino qui se tortillait derrière Sakura, mal à l'aise. Fait-le sortir nom d'un chien !

Mais c'est ton ami d'enfance, répliqua Temari qui remercia le ciel de lui avoir rendu sa capacité à s'exprimer sans passer pour une allumée totale.

Il est venu pour te voir, non ? Alors dégage-le de là ! Y'en a qui aimeraient bien se changer !

Temari se tourna vers Shikamaru avec suffisamment de courage pour lui adresser un sourire sarcastique.

T'as entendu la reine. Vas voir ailleurs si j'y suis, Nara, j'ai pas envie de te parler.

Et c'était la pure vérité. La simple idée qu'il puisse l'attirer la plongeait dans une colère noire et le simple fait de le voir lui faisait perdre ses moyens. Pour moins que ça, elle aurait pu lui refaire proprement le portrait. Restait seulement à savoir si elle en aurait été capable…

Hélas, cent fois hélas, il ne semblait pas prêt à laisser tomber.

A l'instant même, je veux que tu bouges tes fesses pour aller faire tes excuses à Chôji.

J'ai bien compris ça, merci, répliqua Temari sur le même ton.

Dieu soit loué, ils commençaient enfin à se disputer. C'était un domaine où elle se révélait maîtresse.

Alors qu'est-ce que t'attends ?

Que tu vires ta putain de carcasse de ce vestiaire.

Après toi. »

Sur ces mots, il se fendit d'une révérence grotesque et lui délivra le passage d'un large geste de la main.

Temari rougit en remarquant son sourire narquois.

Il se moquait d'elle, elle le savait mais c'était le cadet de ses soucis. Elle venait de comprendre comment. Comment cette espèce d'idiot l'avait charmée.

C'était son sourire débile.

Un sourire qui ne lui en rappelait que trop bien un autre qu'elle n'avait vu qu'une fois et qui l'avait fait rougir comme une adolescente de treize ans face à son premier amour.

Sans un mot de plus, elle passa devant lui avec la dignité d'une reine, son sac dans une main, son orgueil et son honneur dans l'autre.

 

Shikamaru laissa claquer la porte des vestiaires derrière lui mais elle ne s'était pas refermée suffisamment vite pour qu'il ne puisse pas entendre les exclamations outragées des jeunes filles.

Il ne put qu'en soupirer, las.

« Bon, tu te dépêches ? Fit la voix de Temari. J'ai pas toute la journée. »

Le garçon porta son regard sur elle et arqua un sourcil. Elle était rouge de mécontentement et tapait du pied sur le sol carrelé, signe de son impatience.

Cette furie était sûrement une machine spécialement conçue pour épuiser un mec.

Quand il avait vu Chôji qui rechignait son plat, visiblement triste comme un cocker et les regards mal à l'aise de Kiba et Naruto, il s'était dit que quelque chose n'allait pas.

Si Chôji était son meilleur ami, c'était surtout parce qu'ils étaient tous deux radicalement différents.

Shikamaru tirait la gueule était toujours d'un sarcasme à toute épreuve alors que Chôji souriait gentiment même à son pire ennemi et cherchait constamment à venir en aide à son prochain.

Donc si Chôji était celui qui faisait la tête, il fallait qu'il se mette à danser et à distribuer des bisous à tire larigot ?

Même pas en rêve, il allait remettre le fautif à sa place et basta. Ce serait le monde à l'envers sinon.

Shikamaru jeta un œil à Temari pendant qu'ils parcouraient le couloir qui menait au bâtiment principal du lycée et secoua la tête.

Ouais, il remettrait le fautif à sa place, quand bien même ce serait cette espèce de pile électrique aussi bruyante et brutale qu'un animal particulièrement dangereux.

D'ailleurs, il la trouvait étrangement silencieuse. En temps normal, il aurait eu droit à quelques remarques piquantes sur l'une ou l'autre de ses habitudes et il aurait répondu sans pouvoir vraiment s'en empêcher, juste pour le plaisir de la bataille.

Quand elle le voyait fumer surtout, elle ne résistait jamais.

La jeune fille jouait l'impertinente, se moquait ouvertement avant de se poser à côté de lui et de lui piquer sa cigarette pour tirer tranquillement dessus.

Pourtant, aujourd’hui, elle restait silencieuse et songeuse. Fallait croire que quelque chose n’allait pas mais quoi ?

« T'as avalé ta langue ? Demanda-t-il finalement.

Hein ? Fit bêtement Temari.

Il jeta son mégot sur le sol, l'écrasa du pied et ils reprirent leur chemin.

Laisse tomber, finalement. Je vais pas me plaindre si tu me fais pas chier.

Lâche-moi, Nara, j'ai pas envie de jouer aujourd'hui. Il est où Chôji ?

Shikamaru haussa les épaules.

'Finira bien par le trouver.

Je vois, fit la jeune fille.

Le jeune garçon ne remarqua ni la rougeur qui s'était de nouveau emparée des joues de celle qui l'accompagnait ni qu'elle serrait douloureusement ses poings en se maudissant intérieurement pour des raisons qui n’appartenaient qu’à elle.

Il poussa la porte à double battant et lui et Temari se retrouvèrent vite emportés dans la cohue des élèves qui sortaient de cours.

Au loin, Shikamaru aperçut ses quatre compagnons. Chôji se tenait adossé à son casier, les mains dans les poches et l'air visiblement sombre. Sasuke tirait la même tête mais c'était le contraire qui aurait été étonnant. Pendant ce temps, Kiba et Naruto jouaient à celui qui serait le plus imbécile.

Tiens, quand je te disais qu'on finirait bien par le trouver, déclara-t-il à l'intention de la jeune fille qui regardait dans la même direction que lui. Vas le voir, moi j'ai un truc à faire.

Elle se contenta d'acquiescer et s'apprêtait à rejoindre le groupe de garçons à quelques mètres quand Shikamaru la retint, la mine grave.

Essaie de maigrir, T-Rex, déclara-t-il finalement.

Il avait dit ça avec l'espoir de la voir se défaire de son humeur songeuse, qu'elle s'énerve une bonne fois pour toutes et qu'elle se débarrasse de ces choses qui semblaient la tracasser depuis plusieurs jours mais il ne vit que son air blessé.

Étrangement, il en ressentit un certain malaise. Il n'aimait pas la voir dans cet état.

Il aurait même préféré qu'elle le frappe.

Je te remercie, Nara. Ça me fait très plaisir de savoir ce que tu penses de moi, déclara la jeune fille d'une voix sourde. »

 

Alors qu'elle s'était détournée avec plus de brusquerie qu'elle ne l'avait souhaité, Temari avait vu Shikamaru ouvrir la bouche, peut-être pour s'excuser, peut-être pour se moquer d'elle un peu plus, elle ne savait pas vraiment.

Mais il y avait une chose dont elle était sûre : Elle n'avait pas envie de le savoir.

La main du garçon n'eut pas le temps de rattraper son poignet, elle s'esquivait déjà pour rejoindre Chôji et les autres.

Tout ce qu'elle souhaitait, c'était disparaître dans la foule et ne plus songer à la douleur qui lui pressait le cœur mais l'une comme l'autre, ces choses étaient impossibles.

Après tout, n'était-elle pas un T-Rex imposant ? Un T-Rex aimant un type qui ne savait rien faire d'autre que la blesser.

Avait-elle des tendances masochistes ?

Cette pensée lui fit avoir un sourire amer qu'elle ne retint pas. En ce moment, de toutes façons, elle ne contrôlait plus grand chose.

Jusqu'à peu elle avait su prendre à la plaisanterie ce qu'on lui disait. Leurs joutes à elle et Shikamaru étaient tout aussi légendaires que celle qu'elle avait avec le professeur Mitarashi et jamais jusqu'à maintenant elle n'avait prêté plus d'attention aux choses méchantes qu'il aurait pu lui adresser.

Depuis le collège les choses se déroulaient ainsi. Elle l'embêtait, il répliquait et ils s'en sortaient toujours avec une bonne bataille de rhétorique.

Mais aujourd'hui, ce qu'il pouvait dire l'affectait bien plus qu'elle n’ait pu le prédire. Ses paroles étaient devenues des lames et elle se maudissait pour sa faiblesse.

Brusquement, elle sentit des larmes lui monter aux yeux mais jura intérieurement. Il fallait qu'elle se reprenne. Ce n'était pas parce qu'elle s'était découvert un soudain intérêt pour Nara Shikamaru qu'elle devait en souffrir absolument.

Elle était plus forte que ça, nom d'un petit bonhomme !

Son regard blessé et humide de larmes qui menaçaient de couler d'un instant à l'autre rencontra celui de Chôji et elle le vit froncer les sourcils.

Presque aussitôt, il se précipita vers elle, bousculant quelques élèves au passage.

Juste à temps, elle échappa à l'accolade consolatrice en faisant un pas sur le côté.

« Qu'est-ce que tu me veux, Chôji ? C'est pas parce que je suis venue te faire mes excuses qu'il faut tout de suite que tu te croies tout permis et que tu cherches à me prendre dans tes bras, merde !

Le garçon tourna la tête vers elle avec un sourire triste.

Je m'en fiche de tes excuses, c'est déjà oublié. Pourquoi t'allais te mettre à pleurer ?

Mais de quoi tu parles ? Répliqua-t-elle d'un ton mordant tout en maudissant l'empathie de son ami.

Je t'ai vue, accusa-t-il en pointant un doigt sur elle. Ne me mens pas.

Tu perds les pédales, mon vieux. Je suis juste venue t'adresser mes excuses comme me l'a expressément commandé sa Majesté Nara venu exprès me chercher dans les vestiaires des filles afin de me faire la morale.

Sans le savoir, elle avait prononcé ces derniers mots plus amèrement qu'elle ne l'aurait souhaité.

A d'autres. Je te connais suffisamment pour savoir que cette mine toute triste ne fait habituellement pas partie de ton répertoire et qu'il y a anguille sous roche.

Temari et Chôji s'affrontèrent du regard encore quelques instants sans se soucier des gens qui passaient autour d'eux avant que la jeune fille ne soupire et ne lui adresse un sourire las.

Tu es sans pitié, Chôji, tu le sais ça ?

C'est pour cette raison que tu n'arrives pas à me détester, fit-il en lui rendant son sourire avec un peu plus d'entrain.

Temari eut un rire tout aussi las et hocha la tête pour elle-même.

On dirait bien. Mais ne t'inquiète pas pour moi. Je suis un véritable T-Rex après tout, non ?

Chôji fronça à nouveau les sourcils.

C'est ce que Shikamaru t'a dit, non ? Demanda-t-il avec douceur.

Temari leva brusquement les yeux vers lui.

Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

Je vous ai vus à l'instant. Je n'ai pas entendu ce qu'il a pu te dire mais il avait l'air de s'en vouloir.

J'en ai rien à faire, fit la jeune fille.

Elle lui en voulait suffisamment et s'en voulait suffisamment par la même occasion pour ne pas écouter la plaidoirie de Chôji.

Temari...

Vraiment, je te jure, affirma-t-elle en lui souriant son sourire du mieux qu'elle pût. Ce qu'il peut me dire passe dans une oreille et ressort par l'autre. J'ai l'habitude.

Cette remarque ne rassura en rien le garçon qui pourtant préféra garder le silence.

Bon, je te laisse. Et si tu t'avises de dire à qui que ce soit que je t'ai adressé des excuses, tu entendras parler du pays ! Ajouta-t-elle d'un air faussement menaçant.

Chôji éclata de rire mais c'est le cœur serré qu'il la regarda partir dans le sens inverse. C'était décidé, il allait parler à Shikamaru.

Tout le monde avait plus ou moins remarqué que la jeune fille n'était pas dans son état normal. Et cela avait le don de l'inquiéter.

 

Chôji n'était d'ailleurs pas le seul à se faire du souci.

Après s'être concertées toutes les quatre, Sakura, Ino, Tenten et Hinata avaient décidé de faire quelque chose.

C'est ainsi que Hinata fut la première à aller chercher des réponses auprès de Temari sur son comportement.

Avant une méthode plus forte on préférait employer celle douce et diplomate de la demoiselle Hyûga.

Oui, c'était un peu lâche d'envoyer la fille la plus gentille du monde dans la gueule d'un dangereux T-Rex.

« Qu'est-ce que tu me veux, Hinata ? Fit Temari qui arrachait l'herbe du carré de pelouse sur lequel elle s'était assise.

Ce qu'elle voulait, Hinata aurait pu l'exprimer en quelques mots. Mais elle était la maîtresse incontestée du « je tourne autour du pot en espérant que tu comprendras, parmi tous les détours foireux que j'emploie, ce que j'essaie de te dire. »

Malheureusement, Temari n'avait pas l'air de vouloir jouer au chat et à la souris. Mais elle n'avait pas non plus envie de tout déballer sur un coup de tête. Voilà une semaine qu'elle arrivait tant bien que mal à se comporter comme quelqu'un de normal et elle n'avait pas envie de retomber dans la spirale de la fille amoureuse qui perd tous ses moyens face au garçon qu'elle n'a d'ailleurs pas choisi d'aimer.

Le garçon en question ne lui avait d'ailleurs pas adressé la parole depuis le fameux jour où il l'avait insultée mais elle sentait souvent son regard grave posé sur elle.

La jeune fille n'en pouvait d'ailleurs plus de se demander à quoi il pouvait bien penser tout en la regardant fixement.

Elle était sûre que Chôji y était pour quelque chose mais elle n'avait pas envie -et elle avait plutôt la frousse -d'aller demander.

C'est à propos de...

J'ai pas envie d'en parler, Hinata. Coupa Temari d'un ton sans appel.

Sur ces mots, elle s'étala de tout son long sur la pelouse et ferma les yeux, indiquant clairement qu'elle souhaitait faire la sieste au soleil afin de fêter les premiers jours de chaleur du printemps.

Dépitée, Hinata s'en retourna auprès de ses trois amies qui s'étaient cachées derrière l'une des tables de jardin de la cour du lycée.

Au fait, Hinata, la rappela Temari qui se protégeait les yeux du dos de sa main, tu seras gentille de dire aux trois idiotes là-bas qu'elles devraient avoir honte de te laisser aller te faire bouffer toute seule par le grand méchant loup.

Hinata sourit doucement et haussa les épaules.

Après, c'est Ino qui s'y colle. Et tu n'es pas un grand méchant loup, tu as juste ton caractère. »

Temari sourit à son tour, désabusée.

 

Hélas pour elle, Hinata ne s'était pas trompée. Les jours qui suivirent, Temari eut droit à la visite, tour à tour, de toutes ses amies.

D'abord ce fut Ino qui lui parla et en plein cours afin qu'elle ne puisse pas s'échapper.

Le problème avec Ino, c'était que Temari ne pourrait pas employer le regard menaçant dans la mesure où sa blonde amie n'était pas facilement impressionnable.

« Donc ? Quel est le fin mot de cette histoire ?

Temari ne tourna même pas la tête mais elle devina les regards de Tenten, Hinata et Sakura fixés sur elles.

Je ne vois pas de quoi tu parles, Ino, marmonna-t-elle en se concentrant sur sa leçon de physique.

Chôji m'a tout raconté. C'est ce qui se passe avec des amis d'enfance, après tout.

Sûrement, répliqua Temari avec un vif désintérêt. Pour ce que je m'en fous.

Ne soit pas vulgaire, chérie, minauda la blonde en battant des cils. Raconte-moi plutôt ce qui se passe dans ta petite tête.

Autre chose avec Ino : Elle ne perdait jamais, ô grand jamais, le Nord.

En d'autres temps, Temari adorait cette facette de son caractère mais en ce jour elle avait juste envie de l'envoyer paître.

Ce qui se passe dans ma petite tête ne te concerne pas, chérie.

Temari considéra Ino du coin de l'œil et vit qu'elle avait toute son attention. Et merde alors.

Tu sais bien que si, répliqua l'autre avec un brusque sérieux. Tu n'es pas normale en ce moment, Temari et ça, tu vois, tout le monde l'a remarqué. On dirait que tu t'es calmée mais tu restes toujours si bizarre.

Développe, tu seras gentille. Quand on me situe dans la norme, je suis déjà bizarre.

Et moi, quand on me situe dans la norme, je suis une garce, Hinata une sainte-nitouche, Tenten un garçon manqué qui s'assume trop et Sakura un rat de bibliothèque mais on s'en fout. Temari, reprit-elle avec une douceur que la jeune fille ne lui avait jamais connue, sérieusement, qu'est-ce qui se passe en ce moment ?

Devant son regard bleu et clair, Temari fut tentée de tout lui dire. De lui parler de Shikamaru, des T-Rex, de combien elle le détestait parce qu'il l'attirait invariablement, qu'elle ne voulait pas être amoureuse d'un abruti pareil et qu'elle en avait plus que marre de toutes ces conneries.

Mais à l'instant même où elle pensa à toutes ces choses, elle sut la réaction d'Ino : Un regard conciliant empreint d'une pitié toute aussi inattendue que sa soudaine douceur et une phrase qu'elle ne voulait pas entendre « C'est ça l'amour. »

Or Temari ne voulait pas entendre parler d'amour. Jamais.

Un jour ou l'autre, ce satané Nara sortirait de sa tête sans qu'elle s'en rende compte et tout reprendrait son cours, elle redeviendrait comme avant, fidèle à elle-même.

Aussi en réponse au regard plein d'attente d'Ino, elle se contenta de sourire.

Je vais bien, inutile de t'en faire pour moi. »

Mais, comme Chôji, Ino ne fut pas convaincue le moins du monde par ses paroles. Elle lui adressa une moue dubitative puis retourna à son cours, pas concentrée pour un sou.

 

Durant les jours qui suivirent, Temari se débrouilla remarquablement pour échapper au radar de Sakura. Malgré la demande que celle-ci lui avait faite par messager de la rejoindre dans la bibliothèque du lycée histoire de « s’entretenir au calme » Temari avait décidé de jouer la carte de la lâcheté et de zapper royalement le rendez-vous.

Quand la rose se trouvait à un étage, l’autre se débrouillait pour aller à un autre. Lors de leurs cours en commun, Temari arrivait juste avant la sonnerie et partait s’asseoir à une place totalement opposée à celle de son amie quand bien même celle-ci lui aurait gardé le bureau à coté du sien. De plus, Temari désertait la cantine et ne s’en plaignait pas puisque c’était elle-même que son appétit avait désertée. Pour finir,durant les heures de travaux pratiques, la blonde se jetait littéralement sur la personne à côté d’elle et en faisait son équipier pour le restant du cours alors que, jusqu’à peu, elle avait passé lesdites heures de cours avec Sakura.

Temari savait qu’elle la blessait mais elle ne voulait pas parler des choses qui lui passaient par la tête en ce moment.

Ce n’était pas pour rien si Ino et Sakura étaient les meilleures amies du monde : Elle avaient eu la même éducation et avaient pour credo de ne jamais lâcher le morceau.

Peut-être aurait-elle dû se méfier justement.

Ce jour-là, précisément, elle avait cours de chimie et, voyant Sakura s’avancer vers elle avec un sourire de prédatrice, Temari s’agrippa au bras de la personne la plus proche d’elle et déclara tout net au professeur en charge de leur classe qu’elle faisait équipe avec la pauvre victime qui avait eu le malheur de se trouver à côté d’elle.

« Ça t’arrive jamais de demander leur avis aux personnes concernées ? fit la voix grave de son prisonnier.

Quelque chose de désagréable se passa en Temari. En même temps qu’une vive chaleur s’emparait d’elle, des sueurs froides coulèrent le long de son dos.

Elle tourna lentement la tête vers celui auquel elle s’agrippait toujours et quand son regard rencontra celui fortement ennuyé de Uchiwa Sasuke, elle poussa un glapissement aigu et s’écarta d’un mouvement preste.

Merci d’avoir libéré mon bras, j’ai bien cru qu’on allait devoir me l’amputer, ajouta-t-il en l’étirant.

Mais qu’est-ce que tu fous là, Uchiwa ? Demanda-t-elle d’une voix stridente, ses yeux ronds comme des soucoupes.

C’est toi qui m’a sauté dessus.

Sur ce, il s’installa sur un tabouret à une paillasse et, tout en jetant un coup d’œil à la jeune fille, lui intima d'un regard de s’asseoir à celui libre à côté de lui.

Temari s’installa en grommelant et elle ne remarqua pas le regard entendu que Sasuke et Sakura échangeaient. Elle était tombée dans leur piège.

 

Rares étaient les fois où Sasuke rendait service à quelqu’un. Pourtant, et bien qu’elle n’ait pas eu à la supplier à genoux, il avait accepté de faire cette faveur à la demoiselle aux cheveux roses qui n’en pouvait plus de voir son amie la fuir à cause d’une inquiétude qui, paraît-il, était tout à fait justifiée.

Il jeta à nouveau un œil à Temari et se dit en toute bonne foi qu’elle n’avait pas l’air bien différente de d’habitude.

Toujours prête à exploser, à s’énerver proprement et à insulter vertement le pauvre type qui se serait trouvé sur son passage.

Sasuke se trouvait sur son passage, certes, mais il n’était pas un pauvre type. C’était même plutôt le contraire.

Paré d’une beauté froide, il ressemblait à une statue finement travaillée. Son regard sombre et dur contrastait avec sa peau pâle et lisse tout autant que sa carrure à la fois mince et musclée.

Nombreuses étaient les filles qui l’imaginaient doux sous ses airs revêches, quand bien même il réservait le même traitement à toutes celles qui pensaient avoir le droit de venir l’ennuyer avec des jacassements puérils : Une froideur sans pareille et un regard méprisant.

Pourtant, il n’était pas toujours glacial et dur comme un roc. Il lui arrivait de sourire en la présence de Naruto et de se laisser aller parmi ces types dont on disait qu’ils étaient ses amis.

Et peut-être bien qu’ils l’étaient en fin de compte.

Une seule personne avait réussi à le faire rire aux éclats jusqu’à présent mais il n’avait jamais voulu la nommer. C’était aussi la seule qui avait droit à un peu de considération de sa part. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’il avait accepté de lui rendre service en se retrouvant en binôme avec la furie Sabaku No.

Le petit rat de bibliothèque du lycée était une vraie veinarde diraient ses camarades féminines très envieuses.

Sasuke, pour sa part, ne comprenait toujours pas comment Sakura pouvait être amie avec Sabaku No Temari.

Elles étaient comme le jour et la nuit.

Pour l’heure, c’était de toutes façons le cadet de ses soucis. Il devait juste faire cracher le morceau à Temari sur son comportement supposé inhabituel.

Elle avait toujours été complètement barge de toutes façons.

Comme ça il paraît que t’es bizarre en ce moment ? Fit-il en se forçant à prendre le ton de la conversation.

Qu’est-ce que ça peut te foutre ?

Il étouffa un ricanement. Elle avait raison, il s’en foutait comme d’une guigne. Malheureusement, un Uchiwa tenait toujours ses promesses.

Pas grand-chose, concéda-t-il finalement en remplissant un bêcher d’eau iodée pendant que Temari débouchait un flacon d’une solution bleutée.

Alors pourquoi tu me parles ?

Parce qu’il paraît que t’es bizarre.

Cette conversation tourne en rond, Uchiwa, remarqua Temari en se parant de la paire de lunettes réglementaire.

C’est pas grave, j’ai tout mon temps, répliqua Sasuke en enfilant les siennes.

T’es drôlement bavard aujourd’hui, fit Temari en essayant de se concentrer sur son travail.

Ce n’est pas aussi étrange que toi ne décrochant pas la mâchoire.

Temari n’y tint plus, elle tourna la tête vers lui avec une expression excédée. Il ne lui accorda pas un regard et prit la pipette entre ses doigts.

Qu’est-ce que tu me veux au juste, Uchiwa ? C’est Sakura qui t’envoie ?

Cette fois il daigna lui jeter un œil.

Je ne pense pas que ce soit le sujet de cette conversation.

Nous n’avons pas de conversation.

J’étais justement en train de me demander pourquoi tu ne m’avais toujours pas insulté et envoyé promener. C’est donc vrai que tu n’es pas dans ton état normal.

Cette remarque eut le don de laisser Temari coite. Elle savait que Sasuke était plutôt observateur et qu’il devinait aisément ce qui pouvait se cacher sous le comportement de chacun mais elle ne s’était pas attendue à ce qu’il lui en fasse la remarque. Il ne la connaissait pas et il n’y avait même pas entre eux d’entente cordiale.

Elle savait aussi que si lui et Sakura s’y mettaient ils devineraient que son comportement remontait à quelques semaines auparavant pile à la fin de la période durant laquelle la jeune fille avait dû faire des recherches en Histoire avec Shikamaru.

Pour couronner le tout, ils n’étaient pas nés de la dernière pluie.

Mêle toi de ce qui te regarde, Uchiwa. Ou bien je te colle un poing en pleine poire. »

Sasuke soupira et Temari retourna à son travail, pleinement concentrée. Il adressa alors un regard impuissant à Sakura qui acquiesça d’un air triste.

Mais après tout, qu’aurait-il pu découvrir ?

 

Pour sa part, Temari repensait de plus en plus à ces fameuses recherches. Elle avait dû les faire avec Shikamaru à l’occasion d’un devoir en binôme à rendre en Histoire.

Les groupes avaient été tirés au hasard et la jeune fille n’avait ni sauté de joie à l’idée d’être avec son compagnon de galère de toujours, ni insulté ce dernier copieusement. En temps normal, quand ils ne se disputaient pas, ils agissaient l’un envers l’autre avec une parfaite indifférence.

Aussi avaient-ils décidé d’un accord tacite qu’ils agiraient comme des êtres humains civilisés. Temari ne sauterait pas à la gorge de Shikamaru à cause d’une remarque qu’il lui aurait faite et Shikamaru ne formulerait pas l’une des remarques en question.

Bien entendu, étant donné ce qu’ils étaient, la hache de guerre avait vite été déterrée.

L’un dirait que ça avait été de la faute de l’autre et vice et versa.

Temari claqua furieusement la porte de son casier. Elle avait passé une heure horrible en compagnie de Sasuke et décida donc que le prochain qui viendrait lui faire profiter de sa compagnie aurait droit à un revers aussi sec et elle n’avait pas l’intention de faire de…

« Salut.

Temari tourna vivement la tête vers la personne adossée contre le casier à côté du sien, une expression féroce sur le visage.

Qu’est-ce que tu me veux… Nara ! Glapit-elle avec une expression horrifiée.

Il arqua un sourcil, les bras croisés contre son torse.

Ouais, c’est mon nom, Sabaku No, répliqua-t-il en prononçant soigneusement le sien.

Le visage Temari s’embrasa un peu plus à l’entente de son prénom prononcé par Shikamaru.

Maudite soit Sakura qui lui avait dit qu’un prénom avait toujours une sonorité différente quand il était prononcé par la personne qu’on aimait.

Foutues conneries. Et foutue qu’elle était.

Qu… Qu’est-ce que tu me veux, au juste ?

Ça t’intéresse ?

Non. Mais t’as pas l’air de vouloir dégager, alors…

Alors quoi ?

Abrège.

Shikamaru hocha la tête pour lui-même.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il était là, en fait. Il l’avait vue et il avait eu envie d’aller lui parler. Force était d’admettre qu’il n’avait réfléchis plus avant à ce qu’il pourrait bien lui dire.

Avant qu’il ait pu avoir une quelconque idée de ce qu’il allait lui raconter, il s’était retrouvé à côté d’elle et la seconde d’après la jeune fille lui lançait un regard venimeux.

Drôle de nana.

En ce moment, justement, il remarquait qu’elle faisait tout pour éviter son regard alors qu’avant elle se faisait un devoir de l’affronter jusqu’à ce que l’un des deux ne baisse les yeux.

Une de ses mains était plongée dans la poche de sa veste mais il remarquait que l’autre, celle qui accrochait la lanière de son sac, tremblait légèrement.

Elle avait envie de fuir, cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Étrangement, il en ressentit une certaine colère.

Jamais il n’avait connu Temari comme étant une lâche. Elle était forte, inébranlable même.

On a quoi, là ? Demanda-t-il avec une certaine brusquerie.

Temari haussa les sourcils en lui jetant un regard bref. Voyant qu’il ne la quittait pas des yeux, elle se déroba à son air inquisiteur.

Elle rougissait encore plus tandis qu’elle essayait de rassembler tout son courage pour lui répondre. Mais rien que d’y penser, son cœur s’engageait dans une course folle.

Hi…Histoire, souffla-t-elle finalement en plongeant un peu plus profondément sa main dans sa poche.

Shikamaru repensa brièvement à leur exposé sur l’histoire de la fondation de Konoha mais il ne s’y arrêta pas plus que nécessaire et hocha une nouvelle fois la tête.

Très bien. Viens avec moi, déclara-t-il brusquement en la prenant par le poignet.

Elle se raidit mais n’eut pas le temps de se dégager, il l’entraînait déjà dans les couloirs presque déserts du lycée.

Mais où tu m’emmènes, bon sang ? s’exclama-t-elle. Lâche-moi !

Shikamaru adressa un regard noir à un première Année qui les regardait avec intérêt avant de lui répondre.

On sèche.

Cela eut le don de lui faire perdre la parole un instant et elle ne la retrouva que lorsqu’il poussait la porte principale pour sortir du bâtiment.

Mais t’es malade ! »

Il ne l’écouta pas. Il n’avait jamais écouté grand monde.

Tout ce qu’il savait c’est qu’il n’aimait pas que les choses changent et qu’il voulait qu’elles reprennent leur cours normal.

Malgré son intelligence hors du commun il ne réalisa pas qu’il était justement en train de bouleverser une bonne fois pour toute l’ordre établi.

 

 

En Histoire, le professeur Hatake faisait l’appel. Il était justement arrivé à l’heure pour une fois et la menace que lui avait fait Tsunade, proviseur de son état, y était sûrement pour quelque chose.

« Où sont Sabaku No et Nara ?

Sakura, Ino, Tenten et Hinata se consultèrent du regard mais ni les unes ni les autres n’en savaient rien.

Nara, je veux bien mais ce n’est pas le style de Sabaku No, soupira le professeur en les inscrivant sur le registre des absences. Ils devront rendre des comptes. »

De son côté, Tenten trouvait que cette situation avait quelque chose de pas normal. Elle était quasi sûre que les deux absents étaient ensembles à l’heure qu’il était.

Elle tourna la tête vers Sakura assise à côté d’elle et la brune sut que son amie pensait la même chose.

Shikamaru avait compris que Temari n’était pas la même que d’habitude et avait décidé de prendre les choses en main.

Qui était le plus bizarre à présent ? Shikamaru l’habituel « je m’en foutiste » ou Temari la normalement folle furieuse.

Même Sakura qui avait habituellement réponse à tout ne connaissait pas la réponse mais elle se demanda si la raison du comportement de son amie n’était pas due à Nara Shikamaru, par hasard ?

Ce n’était que conjectures et, pour être franche, elle n’y croyait pas beaucoup.

Quelle idée un peu saugrenue en plus. Temari et Shikamaru sortant ensembles en secret…

Temari avait pensé la même chose du fait qu’elle puisse être attirée par ce même Shikamaru.

 

Fin de la première partie

 

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