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Animes-Mangas

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Naruto

Entre la Pierre et les Feuilles.
[Histoire En hiatus]
Auteur: Etsukazu Vue: 24076
[Publiée le: 2010-08-26]    [Mise à Jour: 2010-12-24]
13+  Signaler Romance/Drame/Amitié Commentaires : 72
Description:
Ils étaient au fond du gouffre.
C'était ce qu'il disait.

Ils arrivaient au bout du tunnel.
C'était ce qu'il ferait.

S'en sortir enfin, du fléau de haine qui opprimait leurs cœurs, leurs âmes, et leur monde.

Ils sont quatre, puis trois, puis deux... Et seul.

Mais seul face à tous, il s'en sortira.

Naruto/Kurotsuchi
Crédits:
Naruto est la propriété de Masashi Kishimoto.
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Au souvenir de la force.

[3871 mots]
Publié le: 2010-11-28
Mis à Jour: 2010-11-29
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Commentaire de l'auteur Le monde n'est pas si blanc qu'il souffrirait de penser.
Mais il n'est pas si noir qu'il désespère de constater.

Aujourd'hui, plus que tout autre jour,
Il se rappelle ses frères, ses amis,

Et maintenant, plus que tout autre moment,
Il garde encore sa force, pour vivre pour eux.

Pour les savoir fiers et heureux.

« Nous avons tous une chance de s’en sortir… Je te confie la mienne… »

 

« Je ne pourrais pas vivre si tu es mort. »

 

Dans cette geôle sombre, au loin de tout et de tout humanité, Naruto croupissait. Quelle chance, quelle étoile, quelle bonté, l’avait préservé de son sort ? Rien, ni plus ni moins que la désillusion. Ils s’étaient tous sacrifiés, tous. Et là, au fond de l’abysse, tout espoir l’ayant abandonné depuis fort longtemps, il laissa les larmes couler. Dans le silence absolu que lui imposait les ténèbres de la pièce. Il était seul.

 

Il avait toujours, été seul. Il avait vécu derrière un voile d’idéal, derrière le bouclier d’une poignée d’homme, il avait vécu protégé par une épée usée et rouillé, un bouclier qui s’effritait. Une relique du passé, cette  volonté de Feu que quelques preux brandissaient. Une volonté que tous avaient oublié, et qu’il n’avait reconnu qu’en quelques personnes maintenant déchues, mortes, ou disparues. Et il ne lui restait plus que ses larmes. Ni talent, ni avenir, ni force, ni rêve. Juste ses larmes, qui lui accordaient un tant soit peu – à peine – la rédemption pour une vie ratée…

 

Kōkei Aryuu était saccagée. Emeute en émeute, massacre après massacre, brasier sur brasier, et souffrance pour souffrance. En quelques secondes, il ne fallut qu’une bravade d’un prisonnier pour qu’un soulèvement n’ait lieu. Mordant aussi fort la gorge du garde qu’il put, le criminel lui arracha, et saisissant les clés de son trousseau, parvint à retirer les menottes anti-chakra qui lui serraient les poignets. La faisant tourner, ce fut rapidement que nombre de détenus furent en liberté dans les couloirs souterrains de la terrible prison. Un déluge de feu, de foudre, de terre et d’explosion, s’abattit alors partout dans les couloirs de Kōkei Aryuu. Les morts jonchèrent aussi rapidement le sol que les vivants s’échappaient.

 

Ce fut dans cette tuerie sans nom qu’Abarai, blessé au bras, trouva au niveau le plus bas de la prison la « cage » qui détenait Naruto. L’ouvrant à l’aide de clé subtilisée aux gardes non loin de là, ils s’enfuirent en ne prononçant mot. Leur objectif était clair, sortir de cet enfer, ou mourir. Ils ne supportaient plus les tortures, ne supportaient plus les cris et l’obscurité. Ils arrivèrent vite, filant aux travers des accrochages mortels, jusqu’au niveau le plus haut de la prison, le sol. Et ce fut là, qu’encore, Naruto perdit un ami. Epuisés, ils n’avaient pas vu les projectiles que leur envoyèrent deux soldats sur leur flanc, et, s’interposant avec tous les projectiles, ce fut Abarai qui encaissa l’impact. Juste après, l’endroit où les gardes se trouvaient fut victime d’une explosion, et les gardes en furent emportés. Choqué, le blond n’avait rien vu venir, et c’est ainsi qu’il se retrouva avec son dernier compagnon mourrant à ses pieds. « Abarai ! Vis ! »

 

Dans sa cellule, il ne s’en rappela que quelques bribes. « Nous avons tous une chance de s’en sortir… Je te confie la mienne… » Ce furent les derniers mots que le fier Konoha-nin avait prononcé, et avait succombé juste ensuite. Aucun adieu, aucun au revoir, pas un seul mot si ce ne fut cette phrase. Il donnait son âme au blond, sans question. Naruto était resté près d’une dizaine de minute à pleurer sur sa dépouille, et, brûlant finalement le corps, était parti au loin. Et ce, pour rien. Une semaine après, n’ayant presque rien mangé, épuisé de fuir, le Namikaze était tombé au milieu d’une escarmouche. La guerre entre Iwa et Konoha n’avait finalement été que retardée par son emprisonnement. Devant lui, plusieurs unités de Konoha étaient prises d’assaut par des Iwa-nin, et reconnu, le blond ne put que peu se défendre. Il fut finalement capturé. Et il en était là.

 

Sa mâchoire lui faisait mal. L’homme qui l’avait frappé tout à l’heure n’y était allé de main morte. Il se demandait ce qu’ils allaient faire de lui, maintenant qu’ils l’avaient capturé. Le tuer ? Le garder ? Le torturer ? Peu importe.

 

***

 

- Qu’est-ce qui te pousse à te battre ? Que cherches-tu à réaliser ?

 

            Qui était-il vraiment ? Un ninja ? Un simple homme. Il ne rechignait pas. Il n’avait pas peur, ne cédait à aucune panique, aucune inquiétude. Ce fut comme s’il avait accepté son sort, comme s’il ne se souciait plus de mourir. Et au comble de tout, à la fin de toute chose, jamais encore, il ne craignait cette femme aux yeux d’un pâle rougeoyant. Il la regarda, avec cette lueur de détermination, qui ne quitterait jamais ses yeux, même en étant mort.

 

- Je veux vivre.

 

Il avait dit ça, d’un ton solennel, comme s’il faisait face au destin, et l’ébranlait par ce regard qu’elle trouva à ce moment extrêmement intimidant. Même attaché à ses chaînes, même contenu, le Shuiro Senko restait inébranlable, invincible, d’une volonté de fer, de feu. Kurotsuchi fronça les sourcils, interpellée cependant par cette phrase, qui semblait ridicule.

 

- Comment peux-tu croire une telle chose, Namikaze ? Tu es prisonnier et à ma merci. Il me suffirait d’un kunai pour te tuer !

 

Le blond ne répondit pas, se contentant d’un simple sourire. Il laissa retomber sa tête, alors que la Tsuchikage restait là, muette. Elle n’était pas énervée, elle n’était pas furieuse. Non loin de là. Ce fut de la curiosité dont elle témoigna. Curieuse envers la mentalité, la résolution de Uzumaki Naruto. Mystérieux, incompréhensible, de nature omnisciente. Voilà de quoi le fier ninja de la feuille avait l’air. D’un omniscient. Elle alla chercher une chaise dans le fond de la salle, et s’asseyant dessus devant l’Uzumaki, elle le scruta du regard, sévèrement.

 

- Comment peux-tu avoir tellement d’espoir ? Je ne comprends pas. Est-ce la folie qui t’a rendu fou ? Le désespoir ? La peur ? Comment ne peux-tu pas craindre la mort ?

 

Elle ne voyait pas ses yeux, caché son sa frange de cheveux blond, mais le vit très clairement serrer les dents. Elle devait avoir toucher un point sensible. Elle resta là, alors, à attendre une réponse du garçon, ce dernier, la moitié supérieur du visage cachée dans l’ombre, le rendant encore plus intimidant que par son regard. Le rendant imprévisible. Elle haussa alors un sourcil, lorsque, lentement, un sourire à pleine dent s’élargit sur le visage du blond, un sourire qui sonnait sinistre.

 

- Tous mes prédécesseurs ont souri à la mort, et se sont éteint l’esprit apaisé… Ce ne sera pas différent pour moi, si je viens à mourir.

 

- Pourquoi…

 

- Car je vivrais encore. A travers la volonté du feu et à travers mes amis. Tant qu’ils se souviennent pourquoi j’ai donné ma vie, jamais je ne mourrai. J’aurais donné ma vie pour un idéal. Ce même idéal pour lequel beaucoup de ceux que j’aimais sont morts.

 

- Quelle est cette idiotie ? De quel idéal parles-tu ?

 

- La paix. La paix, la compréhension, et la justice morale. Voilà pourquoi je vis. Pour accomplir ce rêve.

 

Impassible, elle se leva. Elle en avait assez entendu. Ne touchant même pas à la chaise, elle quitta la salle, avec un goût extrêmement âcre dans la bouche. L’amertume intense du dégoût et de la déception. Elle referma la porte de métal massive, et retournant à son devoir, elle serra les poings à s’en faire mal, se retenant de détruire quoi que ce soit, d’asperger de lave le premier venu, par colère et confusion.

 

Elle se sentait… Déshonorée.

 

***

 

Quelle notion de justice, quelle morale ? Que pouvait-elle penser maintenant ? Que pouvait-elle prévaloir, justifier ? A quoi, à qui pouvait-elle se référer ? Elle, l’Ombre de la Terre, la Tsuchikage, du village de la Pierre. La frustration la touchait de face, comme une vérité qui ne demandait qu’à être soufflée, révélée. Et elle ne comprenait pas. Perdue, elle n’arrivait pas à comprendre cet homme. Une semaine maintenant était passée depuis cette fameuse entrevue avec l’ancien Konoha-nin, et depuis, l’esprit de la kunoichi n’était pas calme. Elle avait souvent entendu parler de l’altruisme des combattant de la Feuille. Elle avait déjà eu vent de cette fameuse « volonté du Feu. » Au cours de la guerre contre l’Akatsuki, elle avait vu le courage et le dévouement des ninjas de la Feuille. Une passion au combat qu’elle n’avait jamais pensé voir dans les yeux d’un autre que son père.

 

Kitsuchi, fils du Sandaime Tsuchikage, Capitaine de la troisième division, était mort en affrontant un arcane de Konoha-gakure, un mort revenu à la vie. Le défunt Nidaime Tsuchikage, ninja de légende et grand inquisiteur de la justice du pays de la Terre, réputé pour être plus fort encore que ne l’était Oonoki, le Sandaime Tsuchikage. Kitsuchi avait surpassé l’Edo Tensei, de loin. Le combat avait été intense et fluide, les deux Iwa-nins se valaient très largement. Kitsuchi était destiné à être Yondaime Tsuchikage, après tout. Mais, il était mort, en protégeant l’un de ses hommes.

 

En y repensant, Kurotsuchi frappa de son poing son bureau, d’une rage froide, et surtout par tristesse de la mort de son père. Depuis lors, elle avait été une femme froide, recluse, et vindicative. Elle ne souriait plus, ne riait plus, n’espérait plus, et ne s’amusait plus. Elle voulait être seule. Son grand-père l’avait nommé Tsuchikage Yondaime peu après la guerre contre la lune rouge, elle s’en pensait indigne, le siège étant destiné à son père. Et là, ce garçon lui faisait rappeler, consciemment, ou inconsciemment, son père. Sourde ardeur qui brûlait en lui, fougue, force et espoir. Des vertus qui depuis très longtemps, étaient les objets de son admiration. Et c’était un homme qui était l’objet de la haine de son pays, qui était dépositaire de ces vertus qu’elle aimait tant.

 

Elle se leva alors, et ne prêtant aucun regard aux personnes qui passaient à ses côtés et qui tentaient d’attirer son attention, elle se dirigea d’un pas de fer en direction du pénitencier. L’envie d’en savoir plus sur lui, aussi ridicule fût-elle, la prit. Elle voulait à tout prix le comparer à son père, le connaître. A quel fin ? Elle ne le savait même pas elle-même. En tant que Kage de Iwa-gakure, elle avait l’obligation d’être la figure de l’ordre et de la sagesse, et cette décision était à l’opposé de sa condition. Pourtant, elle semblait essentielle à ce moment. Pressant le pas, ce fut rapidement qu’elle arriva dans un bâtiment, creusé à même la montagne. Elle s’engouffra rapidement, stoïque, sous les salutations de ses subordonnés, étonnés de la voir revenir ici…

 

Elle entra, quelques minutes après, dans la cellule scellée et isolée de la lumière du jour. Dans un coin, caché dans l’ombre épaisse, se trouvait la silhouette du blond. Statique, assis contre le mur, il n’eut aucun mouvement, ne leva même pas la tête. Kurotsuchi s’approcha, et put le discerner un peu mieux qu’à l’entrée. Un garde l’avait accompagné, et restait à l’entrée, méfiant envers le prisonnier. Ce dernier, le regard vide, avait une apparence horrible. Légèrement décharné, et des cernes immenses sous les yeux. Ajouté à cela ses vêtements en haillons, et son grand haori rouge de Sennin troué et boueux, par endroit.

 

- Pourquoi est-il dans cet état ? demanda, impartiale, la dirigeante d’Iwa-gakure.

 

Le garde sembla hésiter à la question, mais comprenant rapidement que s’il ne donnait pas une réponse rapidement, il pourrait lui arriver d’encaisser la fureur de la Yondaime Tsuchikage.

 

- Il s’est abstenu de manger madame…

 

Cette seule réponse suffit à Kurotsuchi d’en rester muette. Elle ne prononça rien, sinon un hoquet presque imperceptible. L’Uzumaki n’avait rien avalé depuis une semaine. Elle fronça aussitôt les sourcils, et sortant de sa stupeur, elle fixa le garde d’un regard entendu. Il ne prit pas longtemps avant de comprendre ce que voulait sa Kage, et s’empressa aussitôt d’aller chercher ce qu’elle avait demandé. De la nourriture, et de l’eau, bien évidemment. Il venait d’avoir la peur de sa vie. Kurotsuchi était une membre du clan du Sandaime Kage d’Iwa, sa petite fille même. Il était réputé au village de la Pierre qu’une confrontation avec elle, de quel genre que ce fût, était très fortement déconseillé sous risque de décès. La célèbre utilisatrice de la nature élémentaire de lave, Yōgan, était crainte dans tout Iwa-gakure, même les lieux les plus reclus.

 

Elle s’assit alors, discrètement, à quelques mètres du garçon, contre le mur. Elle l’observa attentivement. Il semblait immuable, il semblait éteint. Il semblait brisé.

 

- Que voulez-vous.

 

Le ton plat et desséché de la question avait presque fait sursauté la jeune Kage, et d’abord surprise, interloquée, elle se reprit rapidement. Quelque seconde après, elle se leva, lorsque le ninja qu’elle avait envoyé revint avec des rations et une gourde. S’agenouillant, il tendit les effets à sa maîtresse, qui les prit sans considération.

 

- Sors maintenant, je souhaite rester seul avec le prisonnier.

 

- Ce n’est pas prudent madame !

 

À la vue du regard flamboyant de fureur que lui adressa la petite fille du Sandaime, il se retira de la pièce tel un éclair, refermant la porte dans un bruit sourd. Kurotsuchi soupira de dédain, et se décida à poser les rations et la gourde devant les pieds de Naruto, avant d’aller s’asseoir à même le sol, de l’autre côté de la pièce. A sa grande déception, le blond ne fit aucun geste. Elle manifesta sa frustration dans un grommellement. 

 

- Qu’attends-tu pour manger, imbécile ?

 

Le garçon ne répondit pas, et cela ne fit qu’énerver la kunoichi encore plus.

 

- Rien n’est empoisonné, je l’aurais remarqué sinon.

 

Restant toujours de marbre, le silence ne fit que s’étendre dans la cellule. Kurotsuchi soupira de nouveau, voyant que ses efforts ne mèneraient sans doute à rien d’autre que de l’indifférence. Pourtant, le blond lui avait posé une question en entrant dans la pièce, ce qui lui avait prouvé qu’il n’était pas totalement fermé. Elle fit alors preuve de patience, et se tue, attendant qu’il ne daigne enfin lui parler. Elle voulait du résultat, et dans cette situation, il fallait qu’elle fasse concession de sa fierté. Et ce qu’elle attendait se produisit. Le blond saisit l’une des boites, et l’inspecta, sans mot dire. Elle le regarda, et de façon presque imperceptible – bien qu’elle le remarquât – Naruto la regarda du coin de l’œil, brièvement. 

 

- Les précédentes l’étaient. Je serais mort si je les avais mangé, dit-il, en ouvrant la boite sans lever les yeux cette fois. « Donc, que voulez-vous ? »

 

Il se mit à manger en saisissant une cuillère à ses pieds, et bien plus à l’aise qu’auparavant, il attendit d’entendre ce que lui voulait la Tsuchikage. Elle fut surprise par le fait que le garçon avait laissé de côté sa barrière de froideur, lui confiant le fait que sa vie ne dépendait intermédiairement que d’elle. Elle se reprit rapidement. Un fin sourire légèrement psychotique s’étira au coin de ses lèvres, ses yeux rouge pâle reflétant cette fois une lueur de victoire. Elle aurait ses réponses.

 

- Je veux juste poser quelques questions.

 

- Allez-y, tant que cela ne porte pas préjudice à Konoha, je peux répondre à tout.

 

Le sourire de la femme disparut, alors qu’elle reprit son sérieux.

 

- Pourquoi vouloir apporter la paix dans le monde shinobi. C’est une idée absolument idiote. C’est une utopie.

 

Le blond arrêta aussitôt de manger. Il posa la boite presque vide au sol, et soupira. De lassitude ou d’exaspération, Kurotsuchi ne sut pas y répondre, mais elle sut que ce fut à cause de la question qu’elle avait posé. Le blond tourna la tête vers elle, et durant quelques secondes, son regard saphir, extrêmement captivant, la fixa. S’ils avaient fait face dans d’autre circonstance, elle aurait sans doute baissé le regard au sol, impressionné par ces deux orbes azur. Qui qu’il en eut été, Uzumaki Naruto était vraiment un bel homme, et quoi qu’on en eut dit, Kurotsuchi appréciait beaucoup… la beauté. Côté subjectif d’elle-même, coté faible, ou côté humain, elle ne le saurait sans doute jamais, mais le garçon était beau, et elle détestait devoir soutenir son regard à des fins de rapport de force.

 

- Utopie ? prononça le blond.

 

- Oui.

 

- Non, pas de l’utopie. La paix est possible. C’est loin d’être un rêve. Mais c’est une clairvoyance que le monde shinobi ne peut pas obtenir seul. Durant la guerre contre l’Akatsuki, nous nous sommes tous battu côte à côte pour la paix. Alors pourquoi en sommes-nous là ? Parce que je suis le fils du Yondaime Hokage ? Laissez-moi rire, Tsuchikage-sama.

 

Il avait prononcé son argument avec sarcastique, et amertume. De toute évidence, malgré sa jeunesse, l’Uzumaki était vraiment très sage. Son titre de sage, que le monde lui avait donné, devait sans doute être vraiment significatif. Oui, ce garçon était sage, elle le savait. Rien qu’à l’entendre ne serait-ce qu’un tout petit peu. Le shinobi avait toujours eu sa part de conscience, sa part de sang et sa part de mort, et pourtant, ce garçon en face d’elle semblait ne ressentir aucune haine contre quiconque. Il semblait omniscient.

 

- C’est la haine qui provoque la guerre, tout le monde le sait. Un cycle sans fin. La haine engendre la haine, sans fin. L’Akatsuki a voulu trancher le cycle, bien que leurs moyens étaient malsains. Je veux aussi trancher le cercle, mais de façon juste. Je veux que les gens se rendent compte que jamais la haine et la guerre ne parviendront à calmer leur envie de vengeance.

 

- Logiquement, répondit avec ironie la kunoichi.

 

Le blond resta cependant imperturbable.

 

- Non. Si c’était si logique, si les shinobi le pensaient vraiment, nous n’en serions pas là.

 

Kurotsuchi ne répondit pas. L’idéalisme était, dans la plupart des milieux shinobi, une mentalité proscrite. Elle n’avait jamais compris ces ninjas, qui vivaient comme des samouraïs, qui défendaient leurs idéaux et qui prêchaient la justice et l’entente, alors que c’étaient des chemins différents de leurs vocations de shinobi. Tout comme son père, qui bêtement, auraient pu survivre s’il ne s’était pas interposé entre son ennemi et son allié. Ce garçon là, Naruto, avait une faiblesse considérable à vouloir être un rêveur idéaliste.

 

- Et que voudrais-tu ? C’est absolument ridicule. Tu voudrais changer le monde, effacer tout comme si rien ne s’était passé. Quelle valeur as-tu, à toi tout seul ?

 

- Beaucoup de personnes me soutiennent, beaucoup de personnes cherchent comme moi, à effacer les erreurs du passé. Je n’ai jamais pensé vouloir changer les gens seul. J’ai… J’ai vécu pour apprendre la mort d’un nombre incalculable de personne mourir, des familles dépérir… Je veux juste que cela cesse.

 

- Pourquoi ? demanda simplement Kurotsuchi.

 

- Pourquoi quoi ? répondit à son tour le blond.

 

- … Pourquoi vouloir protéger des personnes que tu ne connais pas. Tu ne connais rien, tu ne sais rien de ces gens, de ce qu’ils ont vécus, de leurs cultures, de leurs senti… !

 

- Ils souffrent. C’est suffisant pour moi de risquer ma vie pour eux.

 

Il l’avait coupé dans sa phrase. Tout ce qu’elle disait était vrai, il ne connaissait jamais ceux qu’il aidait, jamais. Il avait sauvé des gens sans ne serait-ce que leur demander leurs noms. Il avait tué des dictateurs, libéré des prisonniers, protégé des innocents, sans ne demander quoi que se soit en retour. Il l’avait fait, pour son envie d’aventure, son envie de justice, pour sa morale, et son dégoût des lâches. Il rendrait l’arme qu’en mourrant, il se l’était juré.

 

Ce petit dialogue avait même coupé sa faim. Il sentait le questionnement de la kunoichi en face de lui. Il comprenait évidemment qu’elle pouvait ne pas être d’accord. Après tout, beaucoup de villages ninjas, beaucoup d’hommes, n’étaient pas aussi idéalistes que l’était le village caché de la Feuille, fondé par un clan qui préconisait depuis toujours les liens et la fraternité. Héritage d’un héros de jadis qui avait enseigné la paix aux hommes, Konoha-gakure était la formation physique de l’idéal que les Senju avaient représenté. Depuis lors, d’autres villages étaient nés, voyant dans la Feuille un ennemi alors qu’elle était, et avait toujours été, de politique pacifique. D’idéal pacifique, jusqu’à ce que ses membres s’approprient sa philosophie, et la transforme en une autre. La philosophie du conseil, une feuille empoisonnée qui, ayant éjecté son poison dans la branche, l’avait soumise, puis fait dépérir.

 

Et lui, jeune bourgeon isolé, protégé par des feuilles encore saines, avait éclos en une grande feuille qui aussitôt, s’était détaché de la branche pour fuir, entraîné par la brise. C’était ainsi, qu’il était. Solitaire, mais déterminé, portant la volonté de beaucoup d’autre. Et ainsi, nombre de ninjas, vivant ou défunt, nombre d’hommes, croyaient en lui. Pour qu’il survive suffisamment, et trouve la solution qui mettrait un terme au cycle de la haine du monde shinobi. Et aujourd’hui, ce jour, plus que tout autre, à chaque fois, il se sentait si proche. Il sentait que la solution était à portée de main.

 

A portée de main, si tant est qu’il trouvait une solution pour sortir d’Iwa. Mais comment ? En une semaine, il n’avait trouvé qu’une façon de s’échapper. La technique de son père. Malheureusement, il n’avait jamais disposé que de deux kunai marqués de l’Hiraishin. Le kunai que Kakashi lui avait donné, et celui qu’il avait fait lui-même en apprenant l’Hiraishin. Le premier était sur lui, l’autre, le Sandaime Tsuchikage l’avait détruit lors de son affrontement avec lui. Il avait pensé à cacher le kunai qui lui restait dans le pant d’un vêtement de l’un des gardes, et attendre la nuit pour apparaître hors de la prison, mais, il n’arrivait pas à se séparer de ce kunai. Il avait été fait par son père, et Naruto se battait toujours avec celui-ci dans sa main. Ajouté à cela que le ninja qui le porterait se rendrait bien assez vite compte de sa présence sur lui.

 

Et les menottes qui serraient ses poignets ne lui permettaient pas de malaxer son chakra, dans tout les cas.

 

Kurotsuchi ne savait pas quoi penser de lui. Elle n’avait jamais connu l’Uzumaki, même durant la guerre, alors qu’il était l’un des deux hommes à protéger de l’Akatsuki. Maintenant qu’il lui avait fait repenser que toutes les nations s’étaient ralliées contre un ennemi commun, et qu’elles avaient souffert ensemble, laissant les haines réciproques de côté, elle se demandait quelle était la signification de la guerre qui se déroulait en ce moment, entre Konoha et Iwa. Pourquoi le conseil d’Iwa avait-il ordonné à des ninja du village de s’emparer d’un rouleau appartenant au quatrième Hokage ? Et pourquoi avoir déclaré une guerre ? Elle ne s’y était pas intéressée jusqu’à maintenant. Et maintenant qu’elle y réfléchissait, rien ne ressortait de cette conclusion. Les deux villages se faisaient la guerre pour rien.

 

- Je reviendrais un autre jour. Ne crois pas que nous ayons fini notre discussion, Uzumaki.

 

Si Naruto ne leva pas la tête tout de suite, lorsque l’information arriva, il haussa un sourcil d’étonnement. La porte claqua, montrant que la Kage venait de quitter la cellule. Mais mis à part ces questions qu’elle lui avait posé, qui montraient qu’elle était intéressée par son avis, une chose restait : Elle l’avait appelé Uzumaki. Et c’était important. Elle ne l’avait pas appelé par le nom de son père, reconnaissant ici sa différence avec lui. Elle le reconnaissait à juste valeur, et même si elle était son ennemie, ce respect inconditionnel l’honorait.

 

 

 

 

Commentaire de l'auteur Elle n'est plus son ennemie.
Mais pas encore son amie.

Bientôt, ils seront liés, bientôt, ils combattront.
Mais ce jour n'est pas encore arrivé.

Bientôt, ils se prouveront digne, et enfin, ils suivront ce qu'ils ont toujours désiré suivre.

Le tracé de leurs rêves.
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