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Victor Sierra : financement participatif pour leur 5ème album
 par   - 145 lectures  - Aucun commentaire

Victor Sierra est un groupe français de musique steampunk.

Jje les suis depuis plusieurs années et nous sommes devenu amis.
Ils lancent un financement participatif pour leur cinquième album sur indiegogo :
Victor Sierra's 5th album

Ils chantent dans plusieurs langues : français, anglais, un peu d'espagnol et de yiddish dans certains titres.

Vous pouvez écouter des morceaux et voir des vidéos sur leur sites https://victorsierra.net/ ainsi que sur youtube, itunes, spotify...

 

Problème d'alimentation
 par   - 92 lectures  - Aucun commentaire

Bonjour à toutes et à tous.

Désolé pour les interruptions réccurentes. Il y a un gros problème avec l'alimentation des serveurs. L'onduleur à laché.
Je les ai momentanément branché directement, mais ça eut dire qu'en cas de coupure de courant il faudra attendre que celui-ci revienne.

 


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La ligue des mangoustes recherche de nouveaux héros
 par   - 1708 lectures  - 1 commentaire [30 mai 2020 à 12:42:02]

Fan de manga et/ou de comics et écrivain dans l'âme, cette annonce s'adresse à vous !


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Animes-Mangas

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Naruto

Entre ça, ça, et toi, mon coeur balance
[Histoire En réécriture]
Auteur: Kokonut Vue: 60726
[Publiée le: 2007-08-20]    [Mise à Jour: 2009-04-25]
13+  Signaler Romance/Humour/School-Fic/Amitié Commentaires : 327
Description:
[Chapitre 7 en ligne]

On leur a toujours rêvassé que le lycée, c'est le Paradis sur Terre.

Quoi de mieux que d'avoir seize ans tout rond, de faire ce que l'envie dicte sans trop y réfléchir, de vivre la vie à cinq cent à l'heure et d'enchaîner délires et amourettes ?

Si jamais vous rencontrez une de ces cinq jeunes filles, pourtant complètement différentes les unes des autres, elle vous dira tout le contraire. Et oui, dur, dur d'être une adolescente.

Entre familles plus ou moins bizarres, amitiés naissantes, aversions marquées, problèmes personnels, elles en verront de toutes les couleurs !

Et en plus, si le coeur vient s'en mêler, bonjour la pétaudière...

*

Hinata est une jeune fille "pâle" et "effacée", comme le disent ses proches. Incontestable timide au grand coeur, elle cherchera à s'affirmer, à se découvrir, et surtout, à se faire remarquer autrement que par amitié par une certaine personne. Et elle apprendra ce qu'est la vie.

Comme la nuit et le jour, Ino est tout son opposé. Blonde jusqu'au bout des os, elle n'a pas sa langue dans sa poche et ne fait rien pour y remédier. Superficielle et vaniteuse, elle aime se prendre pour le nombril du monde. Et si elle apprenait à se taire davantage et à écouter ?

Tout dans ce Monde possède un juste milieu. Sakura n'est ni blanc ni noir. Sakura est multicolore. Toujours la parole juste, la remarque pertinente, l'analyse complète. Si une fille parfaite devait exister, ça serait elle. Mais comme on dit, la "Perfection" n'existe pas, et elle va se découvrir des facettes qu'elle n'aurait jamais suspectées...

Tenten débarque tout juste en ville, entraînée avec toute sa famille par un père absent et camouflé derrière ses feuilles de journal. Elle s'est toujours considérée comme quelqu'un de passe-partout. Pas trop ci, pas assez ça... Des défauts, pleins, des qualités... Laissez-moi chercher. Encore enfant, gaffeuse, entêtée, c'est normal d'être aussi enfantine à 17 ans ? Entre toutes ces questions, elle cherchera une réponse. Qui pourtant est sous son nez.

Temari, grande soeur attentionnée et force de caractère, n'a pas changé d'un pouce, n'a besoin de personne, personne n'a besoin d'elle, et elle se plait à penser qu'elle ne changera jamais. "Carpe Diem" comme le disait si bien ses potes les Anciens. Peut-être bien. Mais au final, elle comprendra que savoir faire des choix pour le lendemain n'est pas aussi facile que ça en a l'air.

[OOC & UA]
Crédits:
Tous les personnages de Naruto sont à Masashi Kishimoto sauf ceux que vous ne connaissez pas.
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Chapitre 4 : Nommer les choses par leur nom ; un chat est un chien et rien d'autre

[12344 mots]
Publié le: 2007-09-29
Mis à Jour: 2010-06-19
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Chapitre 4 : Nommer les choses par leur nom ; un chat est un chien et rien d'autre.


Décidément, Kiba appréciait de manière croissante le cours de sport du mercredi matin à la première heure. A l'inverse de ses joyeux camarades qui arboraient les mines tirées du réveil frugal, écœurés par la perspective toute aussi horripilante de courir les deux kilomètres d'échauffement de Maito Gai, enseignant réputé pour sa volubilité et son indémontable entrain, l'Inuzuka peignait sur son visage frais de sportif plié aux tortures un sourire roublard.

Le mois de septembre se vantait au moins du mérite de présenter un côté biface tout à fait charmant. Les températures, incertaines, dirigées par les vents dominants et les faiblesses des tristes nuages, surfaient sur une vague sans cesse sinusoïdale. Ce jour-là, quelques rayons illuminaient leur peau et suffisaient à réchauffer le sol coulé au béton du terrain de volley-ball sur lequel ils couraient comme des dératés, tentant sans motivation de percuter leur record personnel que Gai notait scrupuleusement afin qu'ils apprennent à sempiternellement se surpasser. Pour cette occasion, les filles, coquettes, sortaient leur ultime attirail de séduction.

Devant ses yeux plissés de contentement s'alignait une rangée de shorts qu'il n'était pas prêt d'oublier.

*

« Tu es en retard de neuf secondes vingt-deux sur ton temps de l'année dernière, Ino ! Allez, un peu de fougue, jeune fille ! Les vacances n'ont pas l'air d'avoir été fructueuses ! »

En soufflant comme un bœuf à l'agonie, Ino passait pour la troisième fois devant son enseignant au justaucorps vert, tenue fétiche qui, selon ses dires, diminuait la résistance à l'air, augmentait de ce fait l'accélération et favorisait l'amplitude des mouvements. Lorsqu'il émit son commentaire, en souriant pour l'encourager, elle n'eut d'autre réaction que de fabriquer une grimace comme elle le put sur ses lèvres déformées par sa respiration désorganisée. Elle voulait bien le voir à sa place, pensa-t-elle dans un premier temps, avant de se rabrouer avec un désespoir évident. La jeune fille dérapait, comme elle songeait qu'il aurait tôt fait de frapper le sol de ses puissantes jambes et de parcourir cinq fois le terrain avant qu'elle n'en traversât la moitié. Et ce, sans montrer un signe de fatigue ! Alors que sa langue à elle pendrait au sol, récupérant la poussière soulevée par les chaussures qui foulaient le béton.

A quelques mètres derrière elle, Sakura n'en menait pas large non plus et subissait à son tour les commentaires de leur professeur. « Quatorze secondes quarante-huit ! Plus fougueux, ce pas, plus fougueux ! » La rose n'avait jamais été une grande sportive, se catégorisant plutôt comme une tête.

Depuis deux ans, elles tombaient sur ce même grand bonhomme aux sourcils épais et au sourire ravageur de luminosité, qui les aidait magnifiquement à perdre leur embonpoint, au prix d'efforts surhumains qu'elles n'étaient parfois pas prêtes à fournir. Il n'était pas atypique pour l'infirmière, Shizune, et pour Tsunade de recevoir dans leur bureau des élèves souffrant de muscles sur-demandés, de contusions, de maux d'estomac pour l'une, et des parents en colère qui plaidaient un « mauvais traitement par surmenage » pour l'autre. Si elle approuvait les méthodes de son employé, la Proviseur n'en disait rien et renvoyait à coups de promesses mensongères les geignards. Cela leur forgeait le caractère, à ces feignasses ! tonnait-elle le dès qu'ils tournaient leur dos.

Ino leva la tête de ses chaussures bleu ciel, dont le battement l'aidait à supporter le rythme, et elle constata avec effarement que Tenten gambadait bien loin devant elle, portant toujours le sourire, et exhibant même le courage d'entamer une discussion animée avec Kiba.

« Bravo, bravo, Tenten ! clamait Gai en dévisageant son chronomètre, ébahi, alors qu'il se souvenait miraculeusement du prénom de sa nouvelle, qui ne tarderait pas, aux vues de ses résultats mirobolants, à devenir sa protégée. »

Elle terminait son kilométrage en lui adressant un signe de ses deux doigts, les déplaçant comme un chef d'armée, l'accompagnant d'un pétillant clin d'œil. La Wang Zu haletait à peine et s'essuyait le front du revers de son bras et s'écroulait librement sur le pan de gazon sur le côté.

« Non, personnellement, entre eux et les Babyshambles... J'aime plus les Libertines... argumentait-elle. C'était plus... Entraînant. Innovant. Jouissif, quoi... Oh, s'exclama-t-soudainement. »

Le brun qu'elle avait harponné lors de sa course vertigineuse ne suivait plus ses dires et ne regardait plus ses yeux chocolatés qui brillaient comme l'eau d'un océan tumultueux sillonné par de joueuses vagues illuminées d'un soleil d'argent, et le terme « jouissif » se détournait drôlement. Comme ses yeux, il déviait, et sérieusement.

En face de lui, assis dans l'herbe tirant vers le jaune, il se redressait soudainement lorsqu'Ino, toujours d'un pas de mastodonte au bord du gouffre, passa. Sa longue mèche d'un blond platine éclatait lorsque le soleil s'y déposait. Elle couvrait une partie de son fin visage tout en découvrant l'autre, où une partie de sa bouche entrouverte facilitait sa respiration folle, et ses lèvres scintillaient de l'humidité dans laquelle elles étaient entretenues. Le garçon suivait la ligne de gazelle de ses jambes parfaites et remontait avidement vers son ventre d'une platitude effarante, dénudé des moindres aléas que provoquait l'absorption de glucose, ventre que de temps en temps son T-shirt laissait voir lorsqu'elle rebondissait sur ses pieds. Sa course visuelle s'acheva par une vision floue causée par la furieuse secousse que lui imposa les ultimes gouttes de conscience qui coulaient encore dans le lit desséché de la rivière du cerveau.

Finalement, le tableau de cette Amazone blanche trébuchant davantage que galopant l'emporta. Il fixa béatement la Yamanaka, et Tenten s'éloignait en riant et en haussant les épaules pour rejoindre une Temari suffisamment fière pour rester campée sur ses jambes flageolantes.

Autant dire que le fou rire reprit de plus belle lorsque l'Inuzuka fut classé parmi le terrain des joueurs de volley-ball « A surveiller de très près » qui camouflait habilement l'attribut « catastrophique ». Tout ceci parce qu'une solide balle blanche carapata sur sa face et lui démolit les sinus, ce qui poussa Kiba à accidentellement larguer son service en arrière et à assommer l'arbitre, pendant que l'Inuzuka regardait... ailleurs, accompagné de son air crédule.

¤O¤

L'année s'annonçait dure pour Chôji.

Sans Shikamaru, sur l'aide duquel il pouvait toujours compter, les cours filaient avec une lenteur marquée uniquement par la monotonie aigre d'une sonnerie. La solitude pesait sur ses fortes épaules de gentillet garçon qui préférait souvent admirer en silence, rêveur, la libre escapade des papillons. S'il lui demandait, Chôji obtiendrait certainement quelques conseils de son ami. Mais, n'ignorant pas sa paresse, il ne désirait pas l'embêter avec un surplus de travail, car le Nara, porté par l'amitié, ne refuserait en aucun cas. Une sorte de timidité préventive l'en empêchait. La solidarité de ces deux gaillards provenait des deux sens et abondait chez l'Akimichi, comme un peu tout chez lui. Tout débordait, ses joues, son ventre, et sa générosité. Et il s'effaçait sous cette manifestation d'écoulement. Son lui-même n'était plus, parmi le trop, du tout au rien, vers ce minuscule auquel souvent il se réduisait.

N'avoir qu'un ami renforçait à bien des égards l'amitié envers ce dernier ; complice d'une vie, épaule éternelle, voix sage et irréfutée, attention exclusive, moments privilégiés, paroles inédites, il ne rivalisait avec personne, puisqu'il se trouvait être l'unique. Une fois que les chemins empruntaient des parcours différents et que l'embranchement, sans toutefois disparaître, s'estompait derrière buissons, taillis et feuillages, que la route semblait longue, parcourue d'un pas solitaire !

Qu'il se sentait seul...

L'empêcheuse de tourner en rond tonna, tonitruante, tellement bruyante que sa rêverie salée dut être interrompue. Lent de nature, il sortit l'un des derniers de la salle de classe, ayant scrupuleusement noté les exercices à faire pour le lendemain. Exercices sur lesquels il se pencherait à la maison, entre un sachet de chips et l'ordinateur.

La filière économique et sociale, un peu en milieu de terrain, se forgeait à son tempérament commun d'élève studieux et appliqué mais peu brillant en quelque matière que ce fût. Correct en français, limite en mathématiques, des capacités en histoire, un échec total en physique (quoique, les mols ne servaient à rien, il mangeait les aliments sans s'en soucier réellement), il avait opté pour ceci par défaut. Il ne s'en mordait pas les doigts et continuait son bonhomme de chemin, attendant de voir où cela le mènerait.

A proximité d'un mur, dans le couloir, il s'arrêta afin de chercher dans son sac son emploi du temps, étiqueté sur la première page de son agenda. Les cours ne débutaient que depuis peu et de ce fait, il n'avait pas encore mémorisé les salles et les horaires.

Alors qu'il farfouillait parmi les cahiers, une certaine angoisse lui montait, comme il s'apercevait dans un soupir que l'agenda qu'il avait tantôt utilisé ne se trouvait plus là. Il s'en retourna donc d'où il était venu. Mais une fois arrivé devant cette porte laissée entrouverte, une hésitation ralentit son mouvement, jusqu'à l'arrêt complet. Il apercevait, par la mince fente, une classe qu'il ne connaissait pas, et à en juger par le public d'exclusivité quasiment féminine, il s'agissait d'une Terminale L. Quelques unes des jeunes filles, dévergondées, s'asseyaient sur leur table dans l'attente du professeur, papotant à voix forte, et leurs lèvres rouges souriaient à l'entente des secrets.

Chôji resta longtemps sur le pas de cette porte. Il ne saurait dire la durée exacte. A la fois absorbé et révulsé par les bruits, il refusait d'entrer, de s'exhiber, de demander un malheureux agenda, comme un piteux enfant, sous les regards entendus de cette population de filles, dont certaines n'hésiteraient pas à commenter son manque de grâce, par exemple. Et n'étaient-ce pas la littérature, la philosophie, qui élevaient l'Homme et le poussaient au meilleur ? Parfois non, et une remarque suffisait bien à détruire Chôji.

Il serait en retard, certainement, et cette première idée, facile échappatoire, le soulagea dans sa fuite amorcée. Préférant mille fois toquer à toutes les salles pour retrouver la sienne, il se retournait vivement, prêt à décamper comme un couard.

Cependant, en se pressant ainsi, il tourna les talons et heurta, tête baissée, son enseignante de français de Seconde, Yuhi Kurenai. Dépité lorsqu'il la vit, Chôji se répandit en excuses, bafouillant et rouge sous sa gaucherie, mais la professeur, d'un naturel extrêmement bon, le rassura par sa voix grave et calme. Ce n'était rien. Ce n'était rien.

Chôji ne put néanmoins pas respirer normalement, un poids oppressait sa poitrine ; il n'avait pas pu. L'issue qu'il avait choisie d'emprunter se trouvait encore derrière les rideaux, porte de secours idéale pour ne pas défier une scène.

« Chôji, quel plaisir de vous revoir ! discuta-t-elle en déposant ses yeux raffinés, d'un marron si profonds qu'ils se coulaient en un bordeaux des plus illustres vins. Et quelle surprise, également, rajouta-t-elle en glissant ces mêmes iris par la porte, où sa classe s'agitait toujours. »

Comme toutes les femmes, un sixième sens, plus une inspiration qu'une force pressante, lut sur le visage de l'ancien élève quelque trouble qui n'était pas commun. Bien sûr, elle l'avait remarqué, Chôji n'avait absolument aucune confiance en lui-même et sans Shikamaru à ses côtés, il semblait bien perdu. Un pincement au cœur la prenait parfois en l'observant, tandis qu'il assistait, si isolé, à des cours que Shikamaru n'avait pas choisis.

Mais ce jour-là, une différence le marquait.

« Quelque chose ne va pas ? s'enquit la fine femme.

-Non... Enfin... J'ai oublié... Mon agenda, bredouilla Chôji, honteux.

-Ne vous gênez pas, allez-y, l'invita-t-elle.

-Euh... »

Il hésitait. Il hésitait terriblement. Sans raison, désormais !

« Si cela vous embête, attendez ici, j'y vais. »

Elle allait. Il la vit entrer, traverser l'allée, proclamer la disparition d'un agenda, le recevoir, sourire, remercier, puis effectuer le trajet inverse, le lui rendre, et il se vit, dans son théâtre intérieur, spectateur impuissant, lui répondre n'importe quoi, en oubliant les essentiels remerciements. Il se vit ramper et se terrer devant la bibliothèque car, selon son infaillible emploi du temps, il n'avait strictement aucun cours à cette heure et il aurait pu oublier ce stupide agenda au lieu de se casser la tête pour des broutilles et ramener sur le parquet de vieux démons.

Il le regardait, là, son fichu agenda, provocateur de ses angoisses, fâché comme tout. Il recevait ses foudres de se sentir si faible. Une simple classe l'effrayait ! Où était-il tombé encore ? Comptait-il véritablement se lamenter toute une année ?

Hors de question.

Et comme premier coup de grâce à l'infâme démon de sa timidité, il choisit d'entrer de la manière la plus solennelle et cavalière que possible dans ce CDI, premier témoin de sa métamorphose. Chose épineuse car il courait le risque de recevoir une pluie de sifflements lui intimant un silence de prieur de la part de la veuve noire, la vieille documentaliste. Il devait repérer quelqu'un. N'importe qui, pourvu qu'il fût dans sa classe. En l'occurrence, il aperçut, après avoir subi comme prévu les remontrances de la dame tirée à quatre épingles, un jeune garçon discret.

Jeune, du moins avait-il son âge. Cependant, son visage penché sur son travail net trahissait ses joues lisses et ses longs cheveux de fillette, lisses et brillants, et le rajeunissait considérablement. Eut-il eu seize ans qu'il en aurait paru dix, tel un beau Rimbaud des temps modernes, l'arrogance et l'impolitesse en moins. Garçon, du moins espérait-il ne pas se tromper, car ses apparences fines et fragiles le confondaient.

Il ne se souvenait pas vraiment de son prénom mais qu'importe ! Lorsqu'il s'assit à ses côtés, le visage rouge, manquant de rater sa chaise, il engagea une conversation qui les surprit tous deux. Il apprit qu'il s'appelait Haku et qu'il était aussi réservé que gentil.

Tiens, ça lui rappelait quelqu'un.

¤O¤

Tsunade jeta un dernier coup d'œil à sa montre avant d'exiger l'ouverture des portes de l'unique amphithéâtre dont se dotait le lycée et dont elle était particulièrement fière, malgré la simplicité du lieu. Exactement à l'heure prévue et sans une minute de retard, la mare d'élèves de Première émergea dans la salle et prit place parmi les rangées de strapontins.

La Proviseur, attentive à la vie scolaire, scrutait les visages et reconnaissait presque tous ses élèves, même les plus discrets.

Bien que rude et sévère, elle prenait à cœur son poste de tête de proue, car le lycée et le collège formaient les graines d'une future humanité. Au plus profond de son âme de femme, elle sentait le devoir de l'éducation bouillonner et pulser dans ses veines. N'ayant jamais donné elle-même la vie, peut-être transfusait-elle un amour qu'elle aurait dû prodiguer envers l'enfant vers cette foule d'adolescents, qui formait désormais sa famille. Car Tsunade était seule et n'avait jamais vraiment vieilli, semblant attendre que le temps, qui s'était arrêté depuis les malheurs, reprît, vivifié par une réelle bouffée de bonheur...

De menus détails retinrent ses iris doux. Certains caractères s'étaient enfoncés plus profondément dans sa mémoire, de façons différentes, comme si ces jeunes gens se dotaient d'un halo ivoirien qui forçait l'œil à s'attarder sur eux.

Tsunade n'avait pas manqué de remarquer la solide et fusionnelle amitié de Naruto et Sasuke. Ce jour-là, une forme rose s'immisçait entre leur corps et marquait une scission nette. Un peu gauche car elle n'avait absolument pas prévu de se retrouver coincée là, Sakura s'en réjouissait secrètement. Ses yeux fixaient Sasuke mais son sourire appartenait à Naruto.

Pourtant, qui disait Sakura prononçait forcément Ino, et elle ne la trouva qu'après une recherche poussée, confortablement installée entre son portable, Hinata et cette élève complètement folle qui avait marqué Tsunade aussi vivement que le couteau qu'elle avait catapulté. Son élève la plus bavarde jouait encore sa pie en piaillant à l'oreille des jeunes demoiselles mais elle s'ouvrait à l'inconnu, une timide et une nouvelle, et de temps à autre, elle osait même aller jusqu'à se retourner et à grogner contre cet Inuzuka farceur qui tirait sa queue de cheval.

Elle remarqua les flammes cavalières du calme Gaara mais elle n'aperçut pas, comme d'habitude, la force du champ d'épis dorés de sa grande sœur protectrice, l'ange-gardien farouche étant perché bien des rangs plus bas, les bras croisés sur sa poitrine comme elle fermait les yeux, presque détendue. Ceci reflétait l'état d'esprit d'un autre bonhomme, à une rangée de distance, dont les paupières étaient pareillement closes. Shikamaru semblait créer une bulle de sérénité autour de lui, puisqu'il monopolisait une chaise supplémentaire pour étendre ses jambes. Mais qui le connaissait n'ignorait pas qu'il ne roupillait pas, derrière ses écrans de fine peau, mais patientait jusqu'au moment où son ami le rejoindrait. Voilà pourquoi il se permettait de poser ses pieds sur cette chaise, pour lui garder une place promise à ses côtés. Toutefois, lorsqu'il sentit cette odeur familière de chips et qu'il daigna poser un œil sur la réalité, l'ami tant attendu présentait une surprise de taille ; un autre humain ? De dépit, Chôji constatait qu'il n'y avait pas suffisamment de sièges pour eux trois et s'excusait auprès du Nara. Ils trouveraient, lui et Haku, d'autres places vacantes. Justement, à côté de Hinata, c'était le désert.

Si le sourire figé de Haku paraissait s'adresser au brun qui, dépité, ne laissait rien lui échapper et haussait ses épaules osseuses, son regard charbonneux couvrait la foule et farfouillait avidement, à la recherche de la pépite d'or parmi les pierres.

Tsunade se demandait bien comment les racines solidement ancrées dans son sol avaient pu, si rapidement, se voir déracinées puis déplacées, pour donner naissance à d'autres bourgeons insoupçonnés.

Mais comme toutes ces vies ne la regardaient pas au-delà de la diaphane couche du professionnalisme, elle se détourna de ces interrogations et commença son cours de la voix puissante qu'ils lui connaissaient tous.

¤O¤

Sakura était une des seules à vaquer à des activités extra-scolaires le mercredi après-midi, avec Kiba, qui ce jour-là, amputé d'un nez à cause de l'épisode volley-ball, ne put se présenter à son club de football. Lorsqu'il communiquait les résultats des rencontres sportives, il subissait les remarques acerbes de Temari qui ne comprenait nullement l'intérêt de courir après une balle pour tenter de l'expédier dans un filet. Retardataire de toujours, Tenten n'avait pas cherché à se dénicher un centre de karaté durant l'été et errait, désormais que les dates butoirs coupaient les inscriptions, afin de quêter une place dans un club en déficit.

Artistique, et surtout nulle en quelque sport que ce fût, la Haruno optait pour une passion qui la dévorait depuis toute petite.

Sakura dansait.

Une douce valse de Chopin émanait de la radio de son cours de danse. Sur le scintillant miroir central se reflétaient les images poudrées des ballerines usées, d'un vieux rose, bien plus pâle que la crinoline des tutus qui accompagnaient leur tunique moulante. Les délicates chaussures piétinaient agilement le sol ciré, en cadence, sur leur pointe émoussée, et les figures s'enchaînaient au rythme régulier de la harangue de la voix de leur dévouée enseignante. Les vingt filles en chignon, le visage tiré par la concentration, se donnaient avec ardeur pour réaliser les arabesques et les étirements éprouvants, mais la fierté de réussir un gracieux mouvement les emplissait d'un contentement qui surpassait la douleur de leurs muscles.

Sakura en particulier s'appliquait à observer avec minutie le moindre de ses gestes que la glace lui renvoyait. Elle ne voyait plus cette fille aux cheveux lisses, sévère de concentration, mais une ligne, que la perfection unique dirigerait dans l'absolu du mouvement. Sa propre existence s'effaçait pour donner naissance à la danseuse sous la lumière hésitante des lampes. Son bras, comme le cou ample d'un mélancolique cygne, se courba et elle jeta la tête en arrière, parcourue d'un frisson d'extase, comme la mélodie du piano accélérait, implosait et se terminait en une cadence parfaite.

Elle n'était pas une des meilleures de son groupe pour des pacotilles.

« Jeunes filles ! les interpella l'enseignante de son habituel mot d'ordre. »

Arrachée d'une autre dimension, Sakura s'approcha à regret de la vénérable madame Chuoi, qui tapait dans ses mains fraîches pour attirer les retardataires. Un air radieux illuminait ses traits et nerveusement, la rose remonta son chignon, ne voyant pas là un bon présage pour sa poire.

« Du calme, mesdemoiselles, du calme, pépia-t-elle alors qu'entre elles toutes, elle était celle qui gloussait le plus. J'ai une excellente nouvelle à vous annoncer. Comme vous le savez, chaque année nous organisons une petite représentation à l'occasion de Noël. Mais cette année, j'ai réussi à nous réserver l'auditorium de la ville ! »

Une salve d'acclamations accompagna cette heureuse missive. C'en était fini, de la miteuse salle de l'école, où il y avait à peine la place de caser trois danseuses sur scène, trois dans les coulisses et toutes les autres dans les toilettes !

« Silence, silence ! clamait-elle, bien que madame partagerait avec joie ces effusions de bonne humeur. Et cette année également, je suis parvenue à dénicher dans un autre centre un garçon : il y aura donc un numéro en couple ! »

Les cris aigus résonnèrent de plus belle dans la salle où le moindre murmure se réverbérait contre les murs. Le genre masculin étant une espèce en voie de disparition parmi le monde de la danse classique, cette information les mettait dans tous leurs états.

Rapidement, l'euphorie se dissipa, remplacée par un châle de méfiance. Un seul ? Il était alors évident que la prochaine déclaration distinguerait l'heureuse élue. Les jeunes filles se lançaient des regards distants du coin de leurs yeux, masquées sous leur sourire grandiose.

« Une seule d'entre vous aura l'honneur -que dis-je !- l'immense honneur de danser avec ce cavalier. J'ai minutieusement choisi laquelle d'entre vous serait, je pense, la plus qualifiée pour nous représenter. J'ai choisi... »

Sakura n'écoutait plus, se demandant en rêvassant, presque gloussant comme un énorme dindon peu élégant, à quoi ressemblerait Sasuke moulé par une tenue rose à frous-frous, en se dandinant allègrement devant elle.

Lorsque, sous des applaudissements bien pauvres, des mains la poussèrent, plus violemment qu'autre chose, elle ne comprenait pas ce qui se déroulait. La banane de sourire qui tranchait le visage de madame Chuoi l'informa de ce qui en était. Elle percevait à ses oreilles quelques sifflements « Toujours elle ! » et elle se posa la fatidique question, encore une fois. Le talent était-il de trop dans ce monde où tout le monde devait se réduire aux mêmes capacités, afin de ne pas se démarquer et risquer de s'illustrer ?

La rose était tout de même flattée que madame Chuoi eût pensé à elle et l'eût jugée digne d'endosser ce rôle. Une charmante rougeur vint orner ses joues.

« Mademoiselle Haruno, votre cavalier, présenta-t-elle, enchantée, en joignant à la parole un ample geste. »

Elle désignait la porte qui en même temps s'ouvrait, moment théâtral synchrone parfaitement répété. Les têtes se tournèrent, et Sakura retint un cri horrifié.

Un grand jeune homme, maigrelet, mais aux larges épaules, s'avançait d'une démarche confiante, et diffusait à qui en voulait un sourire luminescent de joie. Parmi le creux silence qui s'était établi depuis son entrée, ses pas butaient contre les miroirs, et le bruit s'arrêta quand lui-même ne marcha plus. En face de Sakura, soudainement délaissée par les autres filles qui avaient reculé d'un commun accord, le garçon prit une pose des plus singulières. Jambes écartées, une main posée sur sa hanche fine, torse bombé, le sourire plus écartelé que jamais, il dressa son pouce vers le ciel. Ses gros yeux globuleux lui adressèrent un clin d'œil, avant de s'effacer derrière sa lourde frange, continuation directe de sa chevelure montée en un bol parfait de cheveux noirs et luisants. Affublé d'une combinaison vert bouteille que surmontaient des jambières d'un orange à en faire pâlir Naruto, il frôlait un ridicule désastreux, qu'il assumait dans sa totalité, semblait-il.

En somme, ce gaillard n'avait pas l'air méchant, au contraire, il respirait une gentillesse de forcené, mais l'esprit d'adolescente de Sakura, qui se vantait de se doter de principes comme quoi l'apparence ne comptait en rien, bloqua à la case départ. Elle eut, l'espace de quelques secondes, l'envie fulgurante de piquer un sprint jusqu'à la porte qui achevait de se clore pour fuir ce cauchemar mais le battant de métal claqua et lui empêcha toute évasion.

Un concombre avec des membres.

« Rock Lee, pour vous servir, mademoiselle, scanda-t-il. C'est un plaisir que de danser avec vous ! »

Après s'être mis au garde à vous, il s'empressa de baiser la main de Sakura, qui, pleine de mauvaise foi, refusa de prétendre à cette attention un semblant de galanterie, et se promit de passer son bras à l'eau de javel dès que possible.

Combien de mois encore avant la libération ?

¤O¤

Vérifiant une pénultième fois la concordance entre le chiffre indiqué sur son papier et celui plaqué sur la porte, Tenten soupirait en même temps qu'elle abaissait son casque sur son cou et qu'elle tournait la poignée grinçante. Sa toute première heure de retenue dans cet établissement l'attendait et elle ne rêvait que d'oreillers et de draps douillets, dans lesquels elle aurait dormi tel un voluptueux pacha si la folie de jongler avec des lames ne l'avait pas saisie.

Avec un bâillement retentissant qu'elle ne comprima pas, elle s'avança, un peu en retard, parmi cette classe inconnue. Soudainement, elle se sentit oppressée dans son exclamation de fatigue car un régiment de yeux aussi effilés que des lances semblaient s'abaisser dans sa direction, avec certainement un tranchant particulièrement, plus affuté que les autres. Cette sensation d'être observée par un couperet coupa nettes les ailes des corneilles qu'elle bâillait et Tenten ferma son clapet, vivement.

Drôlement mal à l'aise, alors que rien ne s'y prêtait, elle avançait à pas tatillons, et ses pieds trébuchaient sur ses lacets défaits. Jetant des œillades vers l'assemblée de têtes grouillantes qui s'étaient momentanément arrêté de parler pour la dévisager, elle n'entendit qu'à demi les remontrances de son professeur d'espagnol, qui l'avait déjà étiquetée en tant que pur bousier linguistique en la matière, et qui croyait bon de rajouter une couche de honte à sa situation précaire. Il se lançait dans un discours grandiloquent, puisque les nouvelles de l'affaire du couteau circulaient vite parmi les oreilles, et il décrivait, avec le sarcasme de quelqu'un qui n'avait réellement rien d'autre à faire de sa vie qu'appliquer des zéros lunaires sur ses copies, à quel point elle était ridicule.

Tenten n'accordait aucun crédit à ses dires. Elle l'avait aperçu, ou plutôt il lui avait sauté au visage, précipitamment devenu cramoisi, avec la sournoiserie d'un chat joueur aux griffes dissimulées sous le velours des coussins.

Malgré le camouflage que lui offrait la personne assise devant lui, il perçait largement parmi les rangées de figures bien pâles en comparaison, le dos droit et les épaules redressées, posture qui conférait à son visage une ombre ciselée sur le contour de ses joues dures. La jeune fille se souvenait du carambolage, mais rien chez le garçon au nom, qui, ruban de satin glissant entre les doigts, lui échappait, ne trahissait une quelconque réminiscence de ce moment pour elle embarrassant.

Toutefois, comme bien souvent, sa conclusion brouillée par une vision incomplète, provoquée par la construction de son visage à travers de menus et timides regards, était erronée. Il se souvenait bien d'elle ; comment oublier, au-delà de la cinglée qui l'avait percuté au dédale d'un couloir, plus loin encore que celle qui, à ses yeux aiguisés, maîtrisait le poignard gracieusement, l'amie de sa cousine. Une main tendue qui la tirait du coin enveloppé de brouillard où elle croupissait, les jours de pluie. Un rôle qu'il ne parvenait à endosser de lui-même, parce que cette cape de bonté et d'amour glissait sans y tenir sur ses épaules striées d'un marbre calcaire.

Ainsi, lorsque Tenten, nom retenu par ses neurones formés au travail, balbutiait, il la suivit du regard, ne laissant paraître l'intérêt qu'il lui manifestait. Une lueur égarée se refléta dans ses iris d'un brun pour l'instant Colorado, scintillant vigoureusement, tandis qu'elle fixait ses prunelles pour la première fois quelque part vers lui, durant une plus longue durée. Elle ne le chercha pas, à vrai dire, mais accidentellement, elle le trouva. Aussitôt, elle fuit, profitant du fait que l'enseignant lui adressait la parole, pour détourner les yeux et singer de se soucier de ses directives.

Après avoir frémi, elle remonta la faille entre les tables pour se frayer un passage discret et parvenir à la place imposée. Il n'eut pas le dessein de vérifier quelle position elle occuperait, percevant, tout désigné, le poids de l'absence sur les sièges à proximité.

Sans se formaliser, il retira de la chaise son sac en bandoulière de cuir ancien et elle s'assit, ignorant pourquoi ses dents claquaient, comme si un froid sibérien parcourait son épiderme, alors que c'était canicule torride sous ses pores.

Pendant les trois premiers quarts d'heure, Tenten, paralysée, ne pipa mot, contrairement à ses habitudes de pipelette sans vergogne. Ses mains, dont les veines bleues ressortaient en contraste appuyé contre sa peau basanée, serraient ses genoux noueux, dissimulés sous le bois de la table, et heureusement d'ailleurs qu'il ne voyait pas son trouble. Qu'il le perçut, elle le concevait parfaitement, étant donné qu'elle n'était pas couronnée de discrétion, mais ses dernières onces d'amour propre la contenaient encore.

Pourtant, elle mourait d'envie de lui adresser la parole, ne fût-ce qu'un propos délibérément débridé, du moment qu'il ne se teintait pas de l'insipidité qu'elle abhorrait. Le jeune homme, cependant, se penchait consciencieusement sur son travail, ne lui prêtant aucune attention au premier abord, bien qu'il fût alerté au moindre son qu'elle produisait.

Finalement, avec du recul, Tenten se trouvait ridicule. Flancher ? Depuis quand cela lui ressemblait-il ? Elle hésitait beaucoup certes, mais ne flanchait jamais, en particulier lorsqu'il s'agissait d'entamer une discussion en plein cœur d'un cours, d'espagnol de surcroît. Où était le problème ?

Elle soupira comme si on la déterrait d'un tombeau et s'avachit sur sa table, le regard perdu à travers les uniques ouvertures vers la liberté.

Les deux fenêtres rectangulaires de la salle de classe laissaient transparaître une miette de ciel bleu, encore, et au-dessous de cet infini, la cour grisée du collège. Une classe flânait dehors, sûrement à cause d'une absence. Des cris passaient à travers le verre, et Tenten les regardait s'agiter avec un brin d'amusement. Ils couraient, avec sur leur dos leurs volubiles sacs, ce qui les déterminait immédiatement comme sixième, n'étant pas encore dépravés, donc emportant gentiment tous leurs livres aussi lourdauds que superflus.

Un petit garçon poursuivait une fille plus grande que lui, le bras tendu. Une fois qu'il eût attrapé la pince qui retenait ses cheveux bouclés en un chignon, il explosa d'un rire qu'elle ne put entendre mais que ses traits entiers exprimaient, grâce à l'embrasement soudain de ses joues fendues par une bouche ouverte de gaieté. Puis il repartait comme une flèche en sens inverse pour éviter la furieuse demoiselle qui bondissait afin de reprendre son bien. Même si elle feignait la colère, une étincelle dans ses yeux et le zèle qu'elle prêtait à son entreprise confiaient à Tenten que d'ici quelques temps, ils ne tarderaient pas à devenir de précieux amis.

La jeune fille souriait béatement, la joue collée contre son bras. Petit, il était si facile de tisser une amitié ou même d'engager une conversation. Un simple « Bonjour, comment tu t'appelles ? » suffisait amplement et nulle justification à cet acte d'ouverture au monde n'était nécessaire, alors que dans le monde adolescent, chacun appartenait à un « clan » prédéfini, et mixer les groupes déjà formés se faisait rare. Tous restaient avec leurs connaissances, se restreignaient à elles seules, ce qui aboutissait à un piètre mélange.

Tenten aurait désiré retourner en maternelle, uniquement pour le doux plaisir de sourire avec bonhomie et de converser avec tout un chacun, sans complexes.

Eh, mais qu'avait-elle à perdre, à part quelques gouttes de bon sens ?

« Bonjour, comment tu t'appelles ? »

Un murmure, un fluet murmure, à peine un murmure franchissait ses lèvres, comme, sans bouger son crâne appuyé, elle levait les yeux vers lui en lui adressant son soupir. Figé sur son ouvrage, il ne tournait toujours pas la tête mais elle savait qu'il l'avait entendue puisque délicatement, un sourcil interrogateur avait dévié, froncé sur son front sans y tirer de rides.

La question de la maternelle resta en suspens quelques instants, un moment vague et précis, qu'une pulsation cardiaque balançait.

Ça y était, il lui balançait toute la froideur de l'univers en pleine figure. Certes elle se relèverait après cette bourrasque mais quand même égratignée par ce coup.

Alors qu'elle comptait les secondes qui la séparaient de la fin de l'heure, s'apprêtant à bondir hors de la salle, lentement, les muscles de son cou pivotèrent et à peine de trois-quart. Il baissait vers elle ses yeux d'un blanc au liséré lilas que déposait la membrane de ses paupières. Le stylo flottant au-dessus de sa feuille, les lèvres haussées, irrité, il chuchota en retour :

« Tu le sais. »

Elle pensait qu'elle avait sursauté à ce moment parce qu'elle avait perdu son décompte (six cent trois, six cent quatre...) et parce que le ton de sa voix ne lui avait pas plu. Du moins, elle en déduisait qu'elle ne lui plaisait pas car derrière son allure courtoise et ses intonations molles, son fond était plus sec qu'un croûton de pain oublié sur un comptoir.

Enfin, son corps réagissait de toutes sortes de manière farfelues lorsqu'il s'y mettait.

« Non. »

Tenten l'assurait et renforçait sa crédibilité. Elle n'allait tout de même pas avouer qu'elle ne s'en souvenait plus...

Un regard aigu du professeur qu'elle n'aurait pas senti fit se détourner le garçon, et rien dans sa mine ne montrait une déconcentration quelconque. Mais doucement, il écrivait sur le coin de sa feuille quatre lettres d'une écriture allongée et étroite. « Neji. » Puis, sans se presser, il ajouta, s'appliquant. « Pourquoi es-tu là ? » Tenten faillit rire et mima. D'abord, la langue tirée de concentration, elle feignit de viser une cible invisible, puis les joues gonflées, elle virtualisa le trajet en ballon d'un projectile. Finalement, son doigt transperça sa gorge de long en large et elle émit un bruit couinant.

Il eut une expression sceptique, comme déstabilisé par cette répartie saugrenue.

« Ah oui, lâcha-t-il néanmoins. Ça.

-Un tout petit couteau rond qui ne coupe même pas ! se lamenta la Wang Zu. A la cantine, ils se fichent de savoir si tu coupes du steak ou de la purée, c'est couteau rond oblige. Pour nous empêcher de nous suicider. C'était rien du tout ! reprit-elle. Tu ne trouves pas ça exagéré, toi, cette punition ? s'outra la jeune fille, soudainement redevenue elle-même, l'état de choc et de paralysie passé.

-Tu ne trouves pas que le puni, dans l'histoire, c'est moi ? répliqua-t-il. »

Rouge de colère, Tenten ouvrit la bouche pour répliquer mais ne put en tirer un son aux vues de son sourire moqueur.

S'emparant sans gêne d'un crayon qui n'était pas le sien, elle gratta furieusement « Je t'en pose, moi, des questions ? » sur la feuille, et ses grosses boucles détonnaient de la fine plume de Neji.

Si elle avait su que cela deviendrait la ligne directrice de leurs relations, elle aurait gardé sa langue dans sa poche, ou son stylo dans sa trousse.

Mais malicieuse, Tenten souriait à son tour, ne possédant pas le don de voyance, et elle jaugea ses réactions, sentant presque que derrière le travail qu'il feignait d'effectuer, il s'amusait. La cloche mit fin à l'entretien oculaire qui démarrait doucement entre ces iris divergents.

Comme tirée d'un songe, Tenten cligna des paupières mais se leva à son tour. Elle avait envie de partir d'ici. Il la retenait et l'oiseau enfermé en son sein craignait de trop longtemps rester à terre, de peur d'oublier l'ivresse des cieux.

« Le lancer était très beau, ajouta-t-il, enfoui sous le vacarme des chaises qui raclaient le sol et des adolescents qui se levaient en trombes. »

Puisqu'elle ajustait son sac sur son épaule, elle ne se retourna pas, et Neji se refusa à des pensées impures lorsque, effrontément, elle lui exhiba son dos et sa continuité, dont son haut turquoise trop petit laissait entrapercevoir un filet de peau brune, alors qu'elle levait les bras pour étirer sa colonne vertébrale. Trop tard, ses yeux avaient fourché, garnement.

Il appliqua sa main sur son front, affligé par son propre comportement, et il ouvrit les yeux à temps pour admirer le spectacle de sa dégringolade maladroite. Voulant s'éclipser rapidement, sa cheville peu habile trouva le chemin d'un pied de chaise. Après avoir cherché à s'agripper au vide, elle s'étala magnifiquement sur le plancher avec un grognement de surprise, étouffé par l'impact de son menton à terre. Des rires crépitèrent, car oui, ce décalage de l'étourderie était amusant. Mais nul ne songea à s'enquérir de l'état de sa mâchoire où une bosse bleue se formait, et elle prit davantage mouche de l'inactivité des témoins que de leurs moqueries.

« Vous êtes comme les feuilles en automne, mademoiselle : vous virez au rouge et vous tombez ! se permit l'enseignant, qui se trouvait très drôle. »

Décidément, puisqu'elle ne pouvait plus tomber plus bas, à moins de gratter le fond, Tenten s'assit en tailleur, tranquillement, pour tâter sa douloureuse marque bleuâtre. Elle grimaçait, seularde, tandis que la classe se vidait. Néanmoins, une main blanche saisit la sienne et la remit puissamment sur pied.

« Dois-tu toujours monter un spectacle d'équilibriste ratée où que tu te trouves ? »

Elle fut celle qui dégagea sa main, parce que la sensation la dérangeait.

Tenten épousseta son chemisier en soie simulée, tout en se raclant la gorge. Apparemment, cela faisait classe et esquivait les précédentes secondes humiliantes.

« Tu me croirais si je te disais que c'est purement accidentel ? »

Tranquillement, il rangeait ses crayons avec une minutie maladive.

« Non.

-Tant pis, au moins j'aurais essayé, soupira la jeune demoiselle. Mais en fait, t'as qu'à pas être là quand ça arrive ! rétorqua-t-elle ensuite.

-Difficile à réaliser, objecta-t-il. Il semblerait que tu me poursuives. »

Son observation, certainement fine, coloria ses joues et cloua une poignée de secondes les lèvres de Tenten. Avantagé par sa répartie, il profita de cet instant de répit pour endosser son sac et se faufiler entre le fin interstice qui séparait son corps de la table, sans toutefois la frôler, si ce n'était que de sa respiration imperturbable. A découvert, les diverses parcelles de sa chair qui captèrent cet air comme des papillons se déposent dans un filet de ficelle, frémirent, et elle glapit de surprise devant cet envol. Encore une fois désarçonné par ses réactions, il s'arrêta et la contempla, perplexe.

Cette proximité la tuait, alors elle bondit, suffisamment loin pour se dégager du rayon de sa chaleur humaine.

« Le hasard fait bien des choses, lâcha-t-elle, un peu au hasard, justement. »

Il haussa les épaules.

Vite, vite partir ! Ne pas se ridiculiser davantage par des paroles générales extirpées de sa bouche pour sauver les apparences. Son cerveau fonctionnel à temps partiel, momentanément en congé, lui ordonnait vaguement de fuir.

« Reviendras-tu ? lança-t-il alors qu'elle passait le cadre de la porte et avait oublié le l'étage, le couloir et le numéro de sa salle. »

Avec un lourd soupir, elle défroissa son plan et y jetait de brefs coups d'œil, sans parvenir à lire correctement. Il la rejoignait à pas lents.

« Pourquoi, ça te dérange ? grogna-t-elle sans se retourner.

-Tu as pour habitude de répondre aux questions par des questions ? souleva le garçon.

-Je suis une énorme interrogation. »

Un dernier coup d'œil pour la route -elle le trouva beau-, et elle déguerpit.

Il n'était pas une réponse.

¤O¤

Kakashi Hatake n'était pas réputé pour la fréquence de ses interrogations écrites, au contraire, son tempérament las ne lui permettait de corriger qu'une copie par heure, et de ce fait, les retards s'accumulaient, comme s'il les collectionnait. Néanmoins, s'il brillait pour un détail, c'était bien pour leur difficulté. Sévère, il n'acceptait que la perfection et les quantités de dates, d'évènements et de définitions à apprendre étaient gigantesques.

Ce jour-là, la guillotine tombait sur la tête de sa classe de Première B. Mais sur son visage camouflé en partie par une écharpe de vieille laine, de ce qu'un passant apercevait, il n'y avait aucune pitié à leur égard, aucun remords de leur affliger de si terribles souffrances. Rien qu'une plate indifférence.

Son paquet de feuilles sortant tout juste de la photocopieuse sous le bras, l'autre main enfoncée dans sa poche, il parcourait nonchalamment le couloir, en jouant de temps en temps avec la clef de sa salle qui tintait. L'avantage ultime du contrôle était bien de disposer librement de ces deux heures de paix pour bouquiner. Pas la peine de surveiller ces mômes, ils tricheraient de toute façon, et au final, il n'en avait strictement rien à faire. Ceux-là, ces loucheurs ou ces tricoteurs d'anti-sèches, ils n'iraient pas bien loin, et c'était bien fait pour eux.

Enfin, le professeur leur accordait bien la palme de l'originalité ; ils redoublaient d'ingéniosité pour créer leurs petits papiers salvateurs qui bien souvent ne ne ressemblaient plus à des papiers. Un jour, il se souvenait avoir coincé par hasard une fille qui avait écrit ses dates sur la peau de sa cuisse, sous son collant et sa jupe. Bien entendu, il avait exigé la confirmation de ses doutes et la malheureuse avait dû soulever le tissu à la limite de la décence.

Kakashi laissa échapper un rire, arrivant devant sa porte, en avance de trois minutes, ce qui était bien rare. De ce fait, il avait fortement étonné la petite Hyûga, studieuse et révisant, qui se pointait sans arrêt avec quinze minutes d'avance, puisqu'elle commençait à neuf heures le jeudi. Il se demandait pourquoi tant de zèle à l'étude, se souvenant que lui, étant jeune, détestait les cours et s'ennuyait à mourir. Paradoxalement, son métier l'obligeait à retourner dans ces endroits qu'il avait cherchés à fuir. L'inconscient, il dirait.

Comme il s'installait et regrettait son café serré, les minutes passaient, et du boucan filtrait par la porte fermée.

Les sales gosses attendaient.

*

Furtivement, Hinata décolla ses yeux de ses annales. En vain. Progressivement, le couloir se remplissait de sa classe mais à ses yeux, un vide subsistait. La brune se demandait pourquoi elle s'entêtait à soulever son nez aussi fréquemment alors qu'elle savait bien qu'il ne daignait les illuminer de sa présence qu'avec un léger retard, et grâce à son charisme naturel, il s'arrangeait toujours pour les traficoter à la vie scolaire. Elle soupira et même avec ses écouteurs sur ses oreilles, Temari, arrivant tout juste, le perçut. Ses perçants yeux bleu-vert s'abaissèrent sur la jeune fille et elle la toisa avec intelligence, les bras croisés sur la poitrine.

Puis, tout naturellement, cette dernière ôta les annales des mains de la Hyûga et les fourra quelque part, soit dans les mains de son insignifiant voisin qui lui cassait les tympans à parler de Star Wars.

« J'parie que t'as révisé jusqu'à minuit, devina la blonde. Alors ça suffit, tu frôles l'overdose.

-Mais...

-Taratata, la coupa soudainement Ino, passée maître dans l'art de s'immiscer dans les conversations. Temari a raison, tu es trop studieuse. En plus, regarde qui voilà... »

En entremetteuse rodée, avide d'histoires et de babillages, elle pointa avec un sourire plaisant l'extrémité du couloir qui se remplissait progressivement des lycéens ayant achevé leur première heure de cours. Qu'il était aisé de discerner la tache orangée qui se mouvait en se pressant autour des autres, les évitant avec souplesse et leur fonçant dedans sans considération lorsque la collision était inévitable.

« Pardon ! Oups, pardon ! Ah, salut ! »

Personne n'en voulait à Naruto de se montrer aussi démonstratif car cela faisait intégralement corps à sa personnalité démesurée. Il appartenait à ces catégories de personnes qui ne comptaient plus leurs amis et avec qui se lier d'amitié coulait de source. On aimait Naruto mais personne ne parvenait à expliquer pourquoi. En frottant son menton, les yeux levés au ciel, un tantinet souriante, Sakura disait souvent qu'on n'appréciait pas un petit bout de Naruto mais lui-même, entier.

Pour atteindre sa classe, il bondit une dernière fois sur ses chaussures aux épais lacets mandarine. Hypnotisée par ses traits et son aura, Hinata ne prêtait plus d'attention à nulle autre broutille que lui, et malheureusement pour elle, il aurait été préférable pour elle de surveiller les longs bras d'Ino, en tout point semblables aux pattes d'une araignée rusée. Sans pudeur, la Yamanaka précipita Hinata d'une pichenette bien placée sur le trajet de la boule de feu Uzumaki. Bien qu'elle fût limite en physique et ses adulés vecteurs, la trajectoire qu'ils décrivirent, l'une déboussolée et l'autre désarçonné par cet obstacle imprévu, fut parfaite.

« Attention ! »

Ino ronronna de plaisir lorsqu'ils se fracassèrent l'un contre l'autre, tandis que Temari confirmait qu'elle ne serait pas allée jusqu'à ce point de non retour dans la brutalité, énoncé que se permit d'infirmer Shikamaru. Pour lui prouver qu'il avait tort, la No Sabaku ne trouva d'autre solution que d'enfoncer son poing dans son épaule.

Certainement rouge, Hinata se décolla du corps qu'elle avait percuté. Le seul contact avec Naruto la plongeait dans des états de névrose. Elle n'osait relever la tête de peur d'imprimer sur ses rétines l'image horrifique d'un Naruto furieux contre elle. Mais comme il n'était pas dans le caractère du bonhomme de se fâcher pour si peu, il s'adressa à elle d'un ton joyeux.

« Désolé, je ne t'ai pas fait mal, Hinata ? Hé, j'espère que t'as pas de commotion cérébrale. Tu deviens rouge. »

Non, pas de commotion cérébrale, elle ne vomissait pas et ne se tordait pas de douleur, et même si ses tremblements s'assimilaient aux convulsions, son rythme cardiaque s'affolait plutôt que de frôler le nom de bradycardie.

La dénommée Hinata jubilait intérieurement.

Il connaissait son nom.

Elle qui avait cru n'être que l'inconnue de service, un peu palourde, qui le suivait de très loin et caressait son ombre, apparemment, elle aurait trouvé le chemin de sa mémoire.

Tandis qu'elle secouait doucement la tête en signe de négation, Kakashi, dérangé dans sa tranquillité, ne pouvant plus lire parmi les confus dialogues qui passaient à travers le battant de bois, les invita à entrer d'un signe de tête. Puisque les adolescents ne se pressaient pas, il décida d'activer leur volonté en agitant les feuilles de contrôle. Comme cela était à prévoir, ils ne se pressèrent pas plus qu'un groupe de gastéropodes et s'ensuivit une déclamation ininterrompue de « Y'a quelqu'un qu'y'a deux copies doubles ? », « Qui a deux effaceurs ? » auquel répondait un « Moi j'ai du scotch si tu veux. », accompagné d'un « Monsieur on est quel date aujourd'hui ? » Et bien sûr, il n'en savait fichtre rien et donnait la mauvaise, rien que dans l'optique de rire un peu lorsqu'il compterait le nombre de crétins qui apposeraient cette erreur pour ne pas le froisser. Il avouait toutefois que le « Personne n'a un trombone ? » le laissait quelque peu perplexe mais il en fallait bien davantage pour le désarçonner. Kakashi s'apprêtait à clore la fatidique porte et distribuer les copies mais dans le corridor se profilait la silhouette mince d'une jeune fille qui semblait se diriger par là.

Rien ne la pressait, elle marchait d'un pas léger. Pour un œil extérieur, rien de ce qu'elle paraissait contempler ne s'ancrait dans le monde terrestre. Un brouillard étincelant couvrait d'une pellicule rêveuse ses expressifs yeux et ses lèvres se courbaient avec une espièglerie de gobeuse de nuages.

Tenten avait apparemment retrouvé sa salle mais non pas toute sa tête. Tête qu'elle percuta de la paume de sa main à juste titre lorsque Kakashi, galant, lui tint la porte tout en lui assénant le coup de grâce ; contrôle !

¤O¤

Tenten relisait sa copie désespérément vierge, excepté ces taches accidentelles et hasardeuses que formaient ses réponses, et elle mourait d'envie de disparaître sous sa table. La cloche qui sonnait ne lui en laissa pas l'occasion mais pour donner meilleure contenance à cette Toundra blanche, elle s'empressa d'y inscrire deux mots soigneusement sélectionnés qui ouvraient bien des portes : « Oui » et « Non ».

Notons que sa petite part de raison avait empêché son humour décalé d'écrire « Pousser » et « Tirer ».

*

En sortant de la salle accompagnée de ses comparses, Tenten aurait dû présager que sa journée qui s'annonçait au départ radieuse devait se terminer dans les choux. Absolument rien ne remplaçait une première note exécrable pour gâcher un tableau. Elle voulait bien croire qu'elle ne brillait pas en histoire mais placer, sous le coup d'une bouffée de stress sans pitié, la Belgique en Afrique, il y avait des limites qu'elle avait sans doute cherché à surclasser

« Tu aurais pu réviser en colle, lui rappela Sakura.

-Euh... Vrai. Oui mais non, clôtura philosophiquement Tenten.

-Qu'est-ce que t'as fait alors ? Regarder les mouches voler ?

-J'ai... Joué à la maternelle, glissa-t-elle.

-Ça suffit, la mystificatrice. Un zéro, ça n'a jamais tué personne, exposa tranquillement la No Sabaku.

-Ça c'est vrai ! Regarde Naruto, il est en parfaite santé ! s'incrusta Kiba. »

Un rire sonore étirait ses lèvres comme il balançait son sac sur ses épaules. Puis, il secoua en parfaite démonstration d'amitié la chevelure hirsute de son ami blond qui, la bouche en forme de « o » et les oreilles fumantes, n'avait eu le temps d'élaborer sa réplique. Sa pique lancée, Kiba s'élança à toute vitesse dans le couloir, hilare, poursuivi par Naruto.

« Attends si je t'attrape, Kiba ! rugissait-il alors qu'ils disparaissaient dans l'escalier. »

Atterrée devant ces marques d'enfantillages, Ino leva un pouce en leur direction, le visage barré d'une moue.

« Ça me désole. »

¤O¤

Jetant un regard meurtrier aux gamins de quatrième qui l'observaient tenir un chiffon humide de crasses et qui se moquaient ouvertement, Temari leur adressa un ultime coup d'œil assassin. Les trois gringalets éclatèrent d'un rire commun en prenant la poudre d'escampette, non sans abandonner derrière eux un pot de yaourt écrasé qui déversait son contenu au sol. Dire que s'ils n'avaient pas été en bande, jamais une fausse sensation de supériorité n'aurait effleuré leur maigrelette matière grise.

Une veine palpitait sur son front.

Hurler, dans cette situation, relevait de l'inutile. Néanmoins, si elle en était avertie, Temari ne se priva pas de ce plaisir, et beugla copieusement sur ces « abrutis ». Poussant le vice jusqu'à la course poursuite, elle réussit à en chopper un qu'elle saisit par les épaules et secoua comme un pruneau en fulminant « Hello, y'a un cerveau là-dedans ?! »

Soulagée, elle retourna dans la cantine à présent vide où seuls Tenten et Shikamaru remuaient un peu. C'était leur première journée de corvée et on voyait bien qu'ils en étaient fous de joie.

Tout cela n'arrivait que par sa faute. S'il n'avait pas été là et ne l'avait pas échauffée, ce mollusque, rien de tout ce cirque ne se serait produit. En deux phrases, il avait heurté tous les endroits sensibles qu'il ne fallait pas titiller chez Temari No Sabaku ; certes, elle avait dix-neuf ans, certes elle était une fille, et certes, elle possédait ce qu'elle qualifiait comme étant une autorité inébranlable, mais en aucun cas sa qualité de femme blonde lui ôtait un neurone et lui conférait l'hystérie en partage ! Ce genre de remarques l'exacerbait au plus au niveau.

Mais ce qui l'énervait encore plus que les paroles, c'étaient bien les agissements de types dans son genre qui parlaient avec une nonchalance extrême et roupillaient sereinement sur leur balai au moment d'assumer leur connerie ! Elle ne visait personne mais si ses yeux avaient pu lancer des balles, le corps de Shikamaru ne ressemblerait plus qu'à une passoire.

Ah mais non, il ne roupillait pas, puisque les fibres de l'outil ménager frétillait à peine et qu'un « Galère » perceptible franchissait ses molles lèvres !

Au bout du quatre-millième sept cent deuxième « Galère », les nerfs de Temari déjà bien grugés par irritation lâchèrent.

« Nara ! persifla finalement Temari. Tu vas arrêter de râler comme un âne à toutes les deux secondes et tu vas passer ce balai, oui ? Tenten et moi on s'tape tout le boulot ! »

Elle ne désigna pas Tenten qui passait l'éponge sur les tables en étalant davantage les saletés qu'en les essuyant. Mais dans ces cas-là, c'était l'intention qui comptait.

« Calme-toi... »

Son nom lui avait un instant échappé et comme il ne souhaitait pas laisser sa phrase en suspens, il improvisa. Shikamaru était mauvais comédien.

« Couette-couette, poursuivit-il. Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi, femme primitive qui se sert de ses poings pour martyriser des grumeaux de quatrième.

-Femme primitive ? Couette-couette ? répéta Temari avec agressivité. J'vois que t'as le tour avec les jeunes femmes, ricana-t-elle en s'approchant dangereusement. »

Plus elle s'approchait, plus il distinguait avec précision les traits animés qui composaient sa figure. Il s'avérait que Shikamaru, bien que rudement intelligent, ne disposait pas d'une goutte de jugeote, puisque son sarcasme acidulé s'entêtait à perdurer.

« Jeune femme ? Toi ? Hippopotame enragé s'rait plus judicieux. »

Et il avait plus ou moins raison, car l'hippopotame qui chargeait causait bien des dégâts.

En poussant un cri de guerre, elle saisit un bac à vaisselles dont elle s'arma pour se lancer à sa suite autour de la cantine. Lorsque, perchés et courant, particulièrement bruyants, ils passèrent sur la table que Tenten astiquait vainement depuis des lustres, la brune ne put que soupirer et se dire qu'il ne lui restait plus qu'à tout recommencer.

*

Pour quelqu'un que la réputation de paresseux indécrottable collait à la peau, Tenten jugeait qu'il courait plutôt vite. Malheureusement pour lui, Temari galopait encore plus rapidement, et si leur cavalcade dura assez longtemps, elle avait fini par le coincer dans le long corridor où ils servaient les plats. La Wang Zu ne donnait pas cher de lui et se demandait où ils rangeaient la pelle à balai afin de récupérer les morceaux. Mais d'un autre côté, elle ne compatissait pas énormément pour le garçon. Il l'avait suffisamment cherchée. Pourquoi, alors que l'angélique patience n'avait pas béni Temari au berceau, allumait-il la courte mèche de la bombe atomique ?

Sur cette interrogation, un bruit sourd lui parvint, suivi d'une exclamation douloureuse.

« Aïe ! Ça va, ça va, j'ai compris ! Je m'excuse, insista le Nara. Contente ?

-Non. Excuse-toi à genoux et admets ma supériorité.

-Alors là, hors de question. Un homme ne sera jamais inférieur à une femme.

-Je parie que nous sommes meilleures dans bien des domaines, cracha la jeune femme.

-Comme quoi ? Le ménage et les cris hystériques ? ricana-t-il.

-Je t'propose un petit marché, coupa Temari en fermant les yeux pour cacher les flammes dans ses iris.

-Madame est joueuse ?

-Mademoiselle, claqua-t-elle. Ceux des filles ou des garçons qui auront obtenu la moins bonne moyenne au contrôle d'histoire-géo de ce matin gagnent. »

Haussant un sourcil, Shikamaru prit quelques secondes pour réfléchir.

« Gagnent quoi ? demanda-t-il, intrigué.

-Qu'est-ce que tu me proposes ? rétorqua Temari avec un sourire retors. »

Il calculait les avantages de ce pari balancé sur un coup de tête mais son caractère peu aventureux le dissuadait de s'engager. Pourtant, il ne pouvait décemment pas se défiler ainsi, alors qu'elle le toisait, une main sur sa large hanche, tout sourire. Lourdement, ses paupières se fermèrent, et dans le noir complet, il se préparait à déclarer que c'était débile, lorsque soudainement, l'illumination, sous la forme de sa mère qui lui rappelait étrangement Temari, le saisit.

Tandis qu'il rouvrait les yeux, curieusement animé, la No Sabaku sentit une ombre qui présageait bien des ennuis planer au-dessus de sa tête, mais elle ne s'autorisa pas même à broncher d'un millimètre.

« Une semaine de corvée de ménage, déclara-t-il. »

Leurs querelles momentanément oubliées, une poignée de main rapide scella leur accord, une prédiction qui déjà, avançait des pions sur l'échiquier. L'engrenage se mettait lentement, mais sûrement, en route.

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Commentaire de l'auteur Bonsoir !

Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour le retard dans la ré-écriture, mais j'ai de moins en moins de temps, et j'écris toujours des tartines, parce que j'en ai besoin. Donc, vous me voyez doublement désolée. La longueur de l'attente, si attente il y a eu, et de la longueur du chapitre. Au moins, on sait que je ne glandouille pas.

Ensuite, petits éclaircissements...

Sakura devait percevoir Lee ainsi. J'ai tenté de re-créer la première rencontre de la petite avec Lee, ce qui donnait à peu près ça. J'ai étoffé la description, il paraît plus gentiment ridicule que particulièrement repoussant. Car oui, Lee paraît parfois ridicule, mais c'est ce qui crée son côté attachant.

J'ai coupé énormément de scènes (avouez que ça vous étonne de ma part...), qui étaient réellement... Mauvaises. Et l'action avance beaucoup plus vite. Ca me plaît davantage de me concentrer sur Chôji et Haku. Peut-être Gaara va y passer également.

De plus, Temari paraît duplice, c'est vrai, mais je crois me souvenir que dans le manga, notamment dans ses combats, elle se laisse souvent emporter. Enfin, c'est surtout pour ça que tantôt elle est la calme jeune femme de dix-neuf ans, tantôt la furie.

Voilà ! Je vous bisoute et vous souhaite de bonnes vacances, si vous y êtes.

Koko'
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