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Animes-Mangas

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Naruto

 [Grimoire Cerisiers de Chine Auteur: Llevann Vue: 9689
[Publiée le: 2008-10-15]    [Mise à Jour: 2010-08-21]
13+  Signaler Général/Romance/Tragédie Commentaires : 74
Description:
Alors qu’il flâne dans la propriété de Sasuke Uchiha, l’arrière-petit-fils de Naruto Uzumaki découvre sous les tatamis un journal appartenant à une certaine Sakura Haruno, qu’il n’a jamais connue, mais qui semble avoir connu son arrière-grand-père, ainsi que tous les amis de celui-ci. Sa curiosité s’accroît lorsqu’il découvre que le journal vient de Chine.
La lecture du journal le portera jusqu’en 1939, en pleine guerre sino-japonaise, et au début de la Deuxième Guerre Mondiale…

Chapitre 6
Crédits:
Masashi Kishimoto - Naruto
Shan Sa - La Joueuse de Go
Jung Chang - Cygnes sauvages
et évidemment Iris Chang - The Rape of Nankin
<< ( Préc )
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Pendue

[5582 mots]
Publié le: 2010-08-21Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)

6

 

Le lendemain matin, mon entrée dans l’école fut saluée par des regards horrifiés et des murmures. Je m’y étais préparée, et j’avais dû lutter contre moi-même pour ne pas laisser retomber mes cheveux sur mon visage – au lieu de quoi j’en avais fait des macarons impeccables, peut-être les meilleurs que j’avais jamais réussi.

Le miroir m’avait renvoyé l’image d’un visage un peu enflé, et ma mâchoire présentait un bel assortiment de couleurs – vert, rouge, et même un peu de bleu.

- Tu veux peut-être un peu de maquillage ? m’avait proposé ma tante Shizune, débarquant dans ma chambre alors que je me préparais, vêtue d’un kimono d’intérieur.

Une inquiétude apparemment sincère déformait son visage, mais je ne m’en émus pas une seconde.

À une époque encore récente, lorsqu’un officiel était reconnu de trahison, tout son clan le payait. À la mort de Huo Guang (1) et suite à la traîtrise de sa femme et de ses fils, tout le clan Huo, à l’exception de l’inoffensive impératrice douairière, avait été exterminé par l’Empereur. Et le clan entier de l’impératrice Lü Zhi (2) paya sa cruauté et son impopularité.

Dans la Chine éternelle vantée par mon père, la famille payait la forfaiture de ses membres. Ceux qui m’avaient agressé avaient donc été de vrais Chinois : je portais sur mon visage la marque de la trahison de ma tante.

Ma tante ne se cachait pas ; pourquoi devrais-je cacher ce visage ?

- Ça ira, répondis-je, en plaquant sur mon visage un sourire figé.

De toute façon les morts ne sont pas censés se soucier de l’aspect de leur cadavre ; ils laissaient cela aux vivants.

Je ne fus donc pas bien surprise de voir les vivants en question chuchoter sur mon passage en me montrant du doigt.

Même Iruka-sensei resta un moment bouche bée en me voyant pénétrer dans la salle de classe. Le visage se retira du visage de Hinata, et elle crispa violemment les doigts sur son pupitre. Sakura paraissait interloquée et choquée, mais cela n’avait rien à voir avec la réaction de Hinata : elle tremblait presque, et dans ses yeux je vis que j’avais pris la forme d’un spectre qui revenait souvent la hanter.

Les Japonais battaient leurs enfants, tout le monde le savait.

Se pourrait-il que le père de Hinata batte sa fille ?

J’en conçus une vive compassion pour la jeune fille, si timide et si fragile.

« occupe toi de ton propre visage. » me souffla une voix agacée.

Mon propre visage était très bien.

- Qu’est ce qui t’es arrivé ? demanda Sakura, dès que je m’assis près d’elle.

- Silence, Haruno-san ! s’exclama Iruka-sensei, tentant à nouveau de prendre un air effrayant.

Sakura lui adressa un sourire glacial, et déchira bruyamment une feuille de papier. La dite feuille arriva rapidement sur mon propre pupitre, marqué d’un alors ? rapidement griffonné.

Je réfléchis brièvement à la version de l’histoire que j’allais bien pouvoir délivrer, puis haussai les épaules.

« Je me suis battue dans la rue. » écrivis-je.

Le visage de Sakura se tordit de surprise quand elle me lut, et elle se hâta de faire passer le mot à Hinata. Celle-ci était blanche comme neige, et quelques couleurs lui revinrent lorsqu’elle parcourut la feuille du regard. De toute évidence ce qu’elle voyait la rassurait.

« Je croyais que c’était ton oncle qui t’avait battu. » griffonna t-elle, confirmant ce que je pensais.

J’eus un sourire poli, et haussai à nouveau les épaules. A mes côtés Sakura fronça les sourcils. Dans ses yeux verts, je vis qu’elle ne me croyait pas.

Tant pis.

« Je pensais à commencer à réfléchir au stand de go pendant le déjeuner. Qu’en pensez-vous ? » écrivis-je.

Sakura haussa les épaules, et sa réponse fut prompte à venir.

« Il faudrait encore que la princesse Ino et le grand maître Neji soient là. » répliqua t-elle.

« On n’a pas besoin d’eux. » écrivit Hinata.

J’étais entièrement d’accord avec elle, même si j’étais surprise qu’elle ose exprimer une telle opinion. D’ailleurs, elle-même semblait assez surprise, car son visage lunaire avait viré au rouge brique.

Je ne fus pas déçue par la réaction des garçons à l’heure du déjeuner : Kiba écarquilla les yeux, Naruto s’étrangla avec ses nouilles, et même Shikamaru ne put retenir un air d’horreur polie.

- hé bien, dit-il de sa voix traînante. On dirait…Naruto quand il croise Orochimaru.

- Hé ! s’exclama le concerné, avant de me regarder, horrifié. Comment tu t’es fait ça, Tenten ? Ça a l’air de faire…mal !

- en effet, dis-je tranquillement.

- mais comment…intervint à son tour Kiba.

- Elle s’est battue dans la rue, dit Sakura, l’ironie brûlant sous ses mots.

Naruto et Kiba eurent l’air estomaqué, et une vague lueur de respect amusé s’alluma dans les yeux de Shikamaru.

- vous voulez toute l’histoire ? dis-je, me penchant en avant, un sourire prometteur aux lèvres.

- raconte ! s’exclama Naruto, comme un enfant.

Et dans sa tête, il était encore un enfant.

Je souris intérieurement en me disant que dans toute la Chine, dans toute la Corée, de tels enfants mûrissaient prématurément sous le joug de l’envahisseur.

Mais je ne lui en voulais pas.

Je le trouvais très attachant, et sa naïveté était comme un souffle d’air de printemps en plein hiver.

- Je marchais dans les rues, deux brigands m’ont attaqué, un citadin est venu, m’a aidée et m’a ramenée, dis-je rapidement. C’est toute l’histoire.

Ils eurent l’air surpris, puis dubitatif.

- c’est tout ? dit Kiba.

Je lui adressai un sourire lumineux.

- Les meilleures histoires sont souvent les plus courtes, dis-je. Parlons à présent du stand, vous voulez bien ?

- Je…j’ai fait des dessins, balbutia Hinata, en sortant d’un geste maladroit un carnet marron à couverture dure de son sac. Des dessins de pêchers….ce ne sont que des modèles…s’ils vous plaisent, je pourrais en faire sur de plus grandes banderoles.

- Hinata, ils sont magnifiques ! s’exclama Sakura, dès que les dessins parurent.

J’étais d’accord avec elle : les dessins étaient magnifiques, esquissés délicatement de la pointe d’un pinceau expert. J’eus presque l’impression d’avoir devant les yeux un dessin que Li aurait pu faire.

Mon frère adorait la calligraphie et le dessin.

- Hé bien, Hinata…je ne savais pas que tu étais aussi douée ! s’exclama Naruto, levant des yeux incrédules et admiratifs sur elle.

Hinata ouvrit la bouche, si rouge à présent que son visage faisait l’effet d’une lanternes du nouvel an. Je vis Shikamaru lever les yeux au ciel, et Sakura me lança un regard complice.

De toute évidence, la timide Hinata avait un gros faible pour l’exubérant Naruto. C’était extraordinaire, et je ne pouvais imaginer des caractères plus différents.

Mais ma mère avait coutume de dire que les opposés s’attiraient.

- J’ai eu cette idée de stand avec la servante de mon oncle, dis-je, déroulant les non moins exquis dessins de Yu Li, quoique réalisé avec des matériaux de moindre qualité.

- Une servante qui maîtrise l’art du pinceau ? commenta Shikamaru, visiblement intéressé.

- Il y a des parents qui investissent dans leurs enfants, même si ce sont des filles, répliquai-je, même si je ne connaissais pas du tout l’histoire de Yu Li. Je disais donc : voici le stand que Yu Li et moi avons conçu. Elle a également dessiné des banderoles qu’on pourrait superposer à celle de Hinata….et on pourrait rajouter des lanternes, dis-je, subitement inspiré par le visage rouge de Hinata.

- La kermesse est en pleine journée, bougonna Shikamaru.

- Peu importe, dit Sakura, visiblement charmée par mon idée autant que je l’étais moi-même.

- L’on pourrait aussi rajouter des éventails, dit-elle. On pourrait faire un plus grand stand, non ?

- Hum ?

Je considérai le travail de Yu Li.

Le stand prenait la forme d’un petit kiosque traditionnel, avec de fausses tuiles en bois noir, et des dragons enroulés sur les coins surélevés. Des tables de go seraient disposées sur trois côtés autour du stand, et Yu Li avait émis l’hypothèse que nous soyons habillées en qipaos (3) traditionnels. L’idée ne me séduisait guère, et il suffit que je suggère à Sakura de porter des cheongshams (4) au lieu des qipaos pour qu’elle abandonne son enthousiasme premier pour se joindre avec ferveur à mon idée.

- J’ai toujours rêvé de montrer ainsi mes jambes, déclara t-elle, extatique.

- Mais tu montres tes jambes, soupira Kiba, lorgnant ses bas de laine.

- Kiba, c’est le ainsi qui compte, répliqua t-elle. Oh, cela va être très excitant !

- On pourrait mettre des postiches pour faire semblant d’avoir la moitié de la tête rasée, suggéra Kiba, faisant ricaner Shikamaru.

Je renonçai à lui expliquer que cette pratique avait été abolie par Sun Yat-Sen avec la chute des Qing…mais enfin, le dernier Qing, Pu Yi, était encore empereur de Mandchourie.

Selon les Japonais, tout du moins.

Il pouvait donc être normal qu’ils conservent ici d’éculées coutumes mandchoues.

- Et la nourriture, disait Naruto en bavant presque, lorsque je revins à la conversation. La nourriture ! On pourrait avoir des ramens, du canard, des rouleaux de printemps.

- Les ramens, cela fait très japonais, tenta Hinata sans le regarder, décrivant de vagues cercles de la pointe de son soulier noir.

- Hinata-chan, sans ramens, une fête n’est pas une fête, dit Naruto d’un ton solennel. Je connais un marchand de ramens au porc…

- Entendu, entendu, marmonna Kiba. Naruto se charge de la nourriture.

Les idées continuaient à fuser, toutes plus saugrenues les unes que les autres – Kiba voulait trouver et faire danser des filles aux pieds bandés – et malgré la douleur lancinante dans ma mâchoire je me surpris à rire de bon cœur avec eux.

- Ouah…la tête que tu as quand tu ris, Tenten ! s’exclama Naruto, s’étranglant presque. On dirait une…un fantôme !

- Cela me touche, dis-je, avec un petit sourire.

La vie qui se dégageait d’eux était rassurante ; ils étaient comme nous devions l’être avant la guerre…le souvenir de mon frère surgit dans mon esprit, chevauchant l’image de l’astrolabe de Nanjing et des murailles ancestrales et silencieuses de la ville.

Ce que nous étions avant la guerre…

- Oh, oh, fit soudain Shikamaru, cessant de sourire – sa version d’une grande hilarité.

Il inclina la tête, nous désignant le spectacle qui lui déplaisait tant.

Yamanaka Ino marchait vers nous, ses longs cheveux blonds flottant dans son sillage d’un air irréel. À côté d’elle s’avançait Hyuuga Neji.

- deux pour le prix d’un ! ricana Shikamaru.

- Ne compare pas Ino à Hyuuga, marmonna Kiba, l’air soudain plus nerveux.

Sakura eut un sourire moqueur, et passa une main gracieuse dans ses cheveux roses.

- Ino-chan ! Neji-san ! cria t-elle. Quel plaisir de vous voir !

Yamanaka Ino lui jeta un regard froid, puis ses yeux bleus se posèrent sur moi.

- Qu’est ce que la Chinoise s’est fait au visage ? dit-elle d’un ton méprisant.

Je me retins de lever les yeux au ciel.

- Rien d’important, dis-je, tentant d’enrouler la feuille de riz portant les esquisses de Yu Li.

Mais Hyuuga Neji ne m’en laissa pas l’opportunité.

- qu’est ce que c’est ? demanda t-il, en se rapprochant à grands pas.

Ses yeux blancs aussi froids que d’ordinaire semblaient me mettre au défi de me dérober. Je souris.

Qu’est ce que cela pouvait faire, de toute façon ?

- Nos plans pour le stand de la kermesse, dis-je, en déroulant le papier d’un geste sec pour le leur montrer.

- Quoi ?

Yamanaka Ino avait l’air scandalisée.

- Ne devrions-nous pas travailler ensemble ? s’exclama-t-elle, ses yeux bleus lançant des éclairs. Pourquoi ne pas nous avoir prévenus de cette réunion ?

- Parce que c’était une réunion plus ou moins spontanée, dit Sakura, son sourire plus figé. Nous n’avons fait qu’émettre des propositions.

- Et quel genre de propositions ? En tant que responsable de la kermesse…

Je décrochai de la conversation.

Hyuuga Neji continuait à se rapprocher, les yeux rivés sur les dessins et toutes les notes que nous y avions rajoutées.

- Je croyais que nous nous étions mis d’accord sur l’absence de costume chinois masculins, dit-il, fronçant les sourcils en découvrant le petit dessin de Naruto.

- Ce n’est pas parce que vous nous aidez à organiser que vous devez absolument être présent, dis-je avec un grand sourire.

Mon sourire se maintint, même lorsqu’il leva ses yeux blancs sur moi.

C’était vraiment un regard gênant – un regard sans la moindre émotion, tellement détaché…ce regard me rappelait tout ce que j’étais devenue : une comédienne, spectatrice de la destruction de son monde avant de suivre le même chemin vers Fengdu et le néant.

Mais toutes les pensées morbides et tristes du monde ne purent m’empêcher de tressaillir lorsqu’il leva la main vers moi. Il perçut mon mouvement, et laissa mollement retomber son bras.

- vous devriez utiliser un onguent à la menthe, dit-il. Cela vous soulagera.

Par pur réflexe, j’ouvris la bouche.

Mais les mots se dérobèrent à ma langue.

« Le silence est l’arme des sages. » avait coutume de dire mon père lorsque, jadis, je parlais à tort et à travers.

En cet instant le silence était plutôt l’arme des incapables.

- C’est sûr que tu sais ce dont tu parles, grimaça Naruto, incapable même de dissimuler son hostilité.

Cependant son intervention m’avait sauvé d’avoir à chercher une insanité à balancer, et je me sentis respirer plus librement.

- En effet, répondit tranquillement Hyuuga Neji. J’espère que cela vous servira de leçon, et que plus jamais vous n’irez en vadrouille dans les rues de Mukden.

- J’essaierais, en tous cas, dis-je. Mais je ne promets rien.

Une flamme agacée brilla dans les yeux de Hyuuga Neji, et je vis qu’il rêvait de me secouer comme un prunier.

- Puisque nous sommes là, participons à la réunion, décréta t-il, avec un sourire lent.

Sakura se raidit, et à côte de moi Hinata regardait fixement ses souliers et ses grosses chaussettes de laine.

Le tintement de la cloche résonna avant que quiconque eut pu dire un mot, et un large sourire détendit les lèvres de Naruto.

- Je crois bien que ce n’est pas possible, dit-il.

Hyuuga Neji ne cilla même pas. Je me sentis impressionnée malgré moi. Il voyait pourtant certainement que ni lui, ni Yamanaka Ino n’étaient les bienvenus parmi nous. Surtout pas lui.

Et il faisait comme de rien n’était.

« Le Japonais dans toute sa splendeur. » songeai-je, en tentant de fédérer ma haine autour de moi.

Mais cela ne fonctionna pas. Je ne vis même pas le visage de mon frère, comme je tentai de le faire.

Je ne voyais que son calme détaché – comme s’il n’était qu’un cadavre ambulant.

« Ce n’est qu’une apparence. » songeai-je.

Son jeu de go était froid et appliqué, mais l’on pouvait sentir la vie bouillir sous chacun de ses coups. Le mien était inconstant et changeant, mais il n y avait que la mort dans le claquement de mes pions, pour qui savait écouter.

La Chine mourrait, le Japon s’élevait.

Ainsi allait le monde.

Nous n’avions rien en commun…mais je ne pouvais m’empêcher de l’admirer quand même.

- Tenten ? Qu’en penses-tu ?

Je tressaillis, avec l’impression distincte que je venais de perdre deux immenses ailes qui me portaient au loin.

Les visages rivés sur moi étaient dans leur majorité perplexe, et Yamanaka Ino me regardait avec une hostilité non dissimulée.

- Je vais devoir vous demander de répéter, dis-je, avec mon meilleur sourire.

- Cette fille est folle, soupira Kiba, en rassemblant ses affaires. Il faut qu’on se dépêche, sinon on aura Orochimaru sur les pattes.

- Neji suggérait que nous nous retrouvions ici à la fin des cours, expliqua Sakura. Qu’en penses-tu ?

Je jetai un regard en biais à Hinata, qui tripotait nerveusement son carnet de dessin. La pitié dilata mon cœur comme elle n’aurait pas pu le faire pour un cœur mort.

- Entendu, dis-je. À quatre heures, alors.

Hyuuga Neji eut l’ombre d’un sourire, et tourna les talons.

- C’est moi, ou il a souri ? s’exclama Naruto, d’une mine écœurée.

- Ouais….cela ne me dit rien qui vaaiiiiiiiiiiiiiiiille, bâilla Shikamaru.

Je sentais le regard pesant de Sakura sur mon dos, mais je ne relevai pas la tête. Je n’avais rien à me reprocher.

 

Nara Shikamaru avait dit que cela ne lui disait rien qui vaille, et en voyant venir Uchiha Sasuke aux côtés de Hyuuga Neji, je me dis que c’était peut-être un fainéant, mais qu’il avait une excellente intuition.

Sakura fut soudain très raide, et Naruto serra les poings. Il y avait au moins une personne de satisfaite : Yamanaka Ino, silencieuse jusque là, se mit précipitamment debout, un large sourire aux lèvres.

- Sasuke-kun ! s’exclama t-elle. Comme c’est aimable à toi de te joindre à nous pour nous aider !

- ouais, très aimable, marmonna Kiba, tellement bas que je ne sais pas si quelqu’un d’autre l’entendit.

- c’est une mauvaise blague, siffla Naruto entre ses dents.

Il avait le visage très rouge, et un mélange de colère et de douleur brillait dans ses yeux.

« Décidément pas doué pour cacher ses émotions. » me dis-je, alors qu’Hinata posait une main apaisante sur son poignet.

- Je ne suis pas ici pour aider, annonça derechef Sasuke-kun. Je suis ici pour regarder.

- regarder, c’est très bien aussi, Sasuke-kun, dit Ino avec ferveur.

- Ce pourrait être amusant, Sasuke-kun, renchérit Sakura, sans lui accorder un regard. Cela fait…longtemps que nous n’avons rien fait…tous ensemble.

Il y eut un moment de malaise, et je me sentis comme une intruse dans une maison inconnue.

- Peut-on se dépêcher ? dis-je, toujours tout sourire. Je n’ai pas prévenu mon oncle que je rentrerais tard et après l’épisode d’hier…

Le regard blanc de Hyuuga Neji accrocha le mien. Il était visiblement satisfait d’apprendre que mon oncle laissait moins de mou à la laisse à présent.

« Qu’est ce que cela peut bien lui faire ? » songeai-je avec colère, en déroulant nos plans d’un grand geste souple.

- Vous voulez vendre de la nourriture ? dit Sasuke-kun en s’avançant pour mieux voir.

Il avait choisi un terrain neutre, entre Sakura et Ino.

« Quel sens de la diplomatie. » songeai-je, narquoise, un sourire moqueur apparaissant bien malgré moi sur mes lèvres.

Ce sourire s’effaça immédiatement lorsque, ses yeux trop pâles rivés sur moi, Hyuuga Neji fronça les sourcils.

- commençons ? suggérai-je d’une voix douce. Nous discutions du menu, la dernière fois.

- Le menu est tout trouvé, s’exclama Naruto. Ramens et canard laqué.

- hum.

Ce son incongru avait été émis par Uchiha Sasuke, et un petit sourire moqueur flottait sur ses lèvres fines.

- quoi, hum ? fit Naruto – et Kiba lui effleura doucement l’épaule, apaisant.

- Je propose que l’on change de sujet de conversation ! dis-je gaiement.

Uchiha Sasuke et Yamanaka Ino me jetèrent un regard qui prouvait s’il le fallait qu’ils avaient de forts doutes sur ma santé mentale.

Pourtant, le nouveau thème – la couleur des cheongshams, thème brillant trouvé par Sakura – attira bien moins de tensions et de réactions hostiles. L’atmosphère demeurait néanmoins tendue.

Uzumaki Naruto jetait des regards haineux à Uchiha Sasuke, qui prétendait l’ignorer en feignant de s’être subitement transformé en statue de glace ; Yamanaka Ino demeurait presque collée à lui, et ne perdait pas une occasion de lancer un vibrant n’est ce pas Sasuke-kun ? assorti d’un sourire étincelant ; Haruno Sakura gardait son perpétuel sourire aux lèvres, et, au fur et à mesure que les n’est ce pas Sasuke-kun s’égrenaient, je trouvais ce sourire en apparence placide des plus inquiétants.

Ce fut Hinata qui craqua la première – une Hinata écarlate, blottie derrière Kiba comme pour se protéger.

- il…il c-commence à s-se faire t-tard, balbutia t-elle. P-Peut-être que…qu’on pourrait…reporter cela à d-demain ?

Il y eut un moment de silence hésitant.

Puis Shikamaru se redressa brusquement, visiblement ravi.

- Ouais, on fait ça, dit-il, son accent du Kansai plus traînant que jamais. Demain, même heure, même endroit.

Il y eut un nouveau moment de silence. C’était comme si chacun de nous attendait de voir qui serait le premier à partir, à craquer.

Etant probablement celle qui s’efforçait d’entretenir le moins de rapport avec le monde vivant et terrestre, je fus celle qui craqua la première – et je craquai avec bonne humeur et allégresse.

- Hé bien, bonsoir ! dis-je, en enroulant et rangeant mes papiers.

Kiba se précipita pour m’aider, alors que Hyuuga Neji demeurait dans mon dos, silencieuse statue de glace au regard redoutable.

- L’on pourrait plutôt se retrouver chez moi, dit-il tout à coup.

Nous le regardâmes tous, incrédules – et Hinata vira à nouveau au rouge brique.

- c’est une bonne idée, dit Uchiha Sasuke.

Je n’en attendais pas moins du très probable seul ami de Hyuuga Neji.

- Oh ? Serait-ce à dire que tu te joins à nous, Sasuke-kun ? fit Sakura, avec un sourire resplendissant.

Il se tourna vers elle, et pendant un millième de seconde j’eus l’impression distincte que lui aussi trouvait ce sourire étrange et dérangeant.

- cela a l’air amusant, dit-il finalement.

Les visages étaient plus sombres que jamais lorsque nous nous mîmes en chemin vers la sortie.

En passant sous les platanes qui commençaient peu à peu à dégeler, je réalisai que j’étais en Mandchourie depuis bien plus longtemps que prévu.

Tellement longtemps…

Que faisait ma mère ?

Etait-il arrivé quelque chose ? Hong Kong était-il déjà attaqué ? Cela m’étonnerait.

La propagande mandchoue et japonaise n’avait pas encore commencé à cracher des insanités à travers tous les haut-parleurs de la ville, faisant s’incliner Mandchous et Hans devant la grandeur de l’empereur japonais qui avaient libéré les Chinois du sud de l’envahisseur britannique…

Je me surpris à hâter le pas, et lorsque je m’en rendis compte, j’en perçus en même temps la raison : mon corps voulait se distancer de l’omniprésence japonaise autour de moi. Mais se distancer de quoi, et pour aller où ?

Le Japon était dans le seul endroit que je pouvais potentiellement appeler mon chez-moi dans cette ville de poussière qu’était Mukden.

- Tenten-chan, tu marches trop vite ! cria Sakura derrière moi.

Je ne me retournai pas.

Les voitures et les chauffeurs se dessinaient devant moi, silhouettes sombres effleurées par l’éclairage public. Aucun de nous n’avait prévenu son chauffeur de notre retard, et je sentais leur nervosité à distance.

Bien sûr, des enfants japonais ne prendraient jamais la peine de prévenir des domestiques chinois d’éventuels retards.

Quant à moi…quant à moi je m’en moquais, tout simplement.

Soudain, une forme mouvante dans les ténèbres attira mon regard – et je m’immobilisai brusquement. La silhouette s’avança petit à petit sous le halo d’un lampadaire, et l’incrédulité dilata mes yeux quand je le vis.

Tang Da Long.

Le rebelle aux cheveux noirs et à la peau pâle qui m’avait méprisée, puis offert une tasse de thé, pas plus tard que la veille.

A la surprise succéda rapidement un enchantement presque enfantin, et je hâtai le pas vers lui.

- Feng xiaojie (5), dit-il en me voyant arriver, plongeant dans l’ancien et totalement désuet salut confucéen.

On aurait presque dit mon père.

- Qu’est ce que vous faîtes ici ?

Ma question était un peu brute, et le fit tressaillir. Il leva les yeux sur mon visage, et se détendit visiblement.

Sans doute mon manque total d’animosité l’avait-il rassuré.

- Je voulais m’assurer que vous alliez bien, dit-il. Après hier.

- ça va…mieux.

Je pouvais entendre les pas des enfants d’officiers derrière nous s’estomper, signe qu’ils s’étaient arrêtés.

- votre visage est enflé, dit-il, sans se soucier d’eux. Temari m’a confié quelque chose pour vous. La Coréenne, précisa t-il, comme je ne réagissais pas.

Même s’il ne le vit probablement pas dans la pénombre, je souris.

- J’espère qu’elle a trouvé ses frères, dis-je.

- Ils vont bien.

Il plaça entre mes mains un petit paquet enveloppé de bleu.

- Appliquez la crème sur votre  visage avant d’aller vous coucher, dit-il. Cela vous fera du bien.

- Tenten ? C’est un ami à toi ?

Je songeai que Sakura avait décidément tenu longtemps avant de poser sa question…

- Il s’appelle Tang Da Long, dis-je, en me tournant vers eux. Et il ne parle pas japonais.

Je ne savais rien du dernier point, et, en fait, j’aurais parié que Da Long comprenait mieux le japonais que les Japonais parlaient le puntonghua (6).

Il s’inclina à nouveau, respectueusement, et je vis Skaura froncer les sourcils.

La pensée qu’elle avait la même idée que moi lorsque j’avais vu Da Long pour la première fois – à savoir qu’il ressemblait drôlement à Uchiha Sasuke – me fit sourire.

- Soyez prudente, me dit-il d’une voix douce, avant de retourner dans les ténèbres d’un pas vif et souple.

- Tu n’as pas perdu de temps pour te faire des amis ! commenta Naruto.

Je souris, haussai les épaules, et me dirigeai vers mon chauffeur.

Quelqu’un cria un à demain – probablement Kiba, mais je ne me retournai même pas. Je m’inclinai poliment devant le chauffeur, et me glissai dans la voiture.

Il ne me salua même pas quand il prit le volant.

- À demain Tenten-chan ! cria à nouveau Kiba derrière moi, et j’eus un petit sourire.

Essayait-il de rendre Ino jalouse en feignant de s’intéresser à moi ?

Le papier qui recouvrait le paquet de Da Long me grattait l’intérieur de la main, et je pouvais sentir le bois dur qu’il recouvrait. C’était comme s’il y avait des petites pulsations venant de l’intérieur, une chaleur qui essayait de s’immiscer dans mes veines.

J’eus alors la conscience aiguë de mon cœur qui battait dans les veines – et cette conscience déclencha immédiatement une douleur insupportable.

Pour la première fois, je me tournai vers l’arrière, contemplant les platanes qui disparaissaient, les phares des voitures qui s’allumaient…

- au temple de la Guanyin (7), dis-je, d’une voix absente.

Le chauffeur tressaillit.

- Votre oncle est-il au courant de votre détour ? me demanda t-il.

Je pinçai une mèche de cheveux bruns tombée sur mon front, en appréciant la texture un peu sèche, pourtant douce.

- au temple de Guanyin, répétai-je. Je veux prier.

Il y eut un moment de silence, puis il soupira.

- Il commence à se faire tard, observa t-il. Je ne sais pas si c’est prudent.

Je décollai la mèche de son visage, et la laissa retombai. Il soupira à nouveau, et je le vis prendre la route du temple.

- vous avez un sujet de prière particulier ? demanda-t-il.

- La guerre ? dis-je doucement.

La guerre. Mes parents. Mon frère. La lettre de ma mère.

Ma propre âme en perdition.

- La guerre, répéta t-il. Faîtes attention à vos prières.

Je croisai son regard dur dans le rétroviseur, et j’eus l’impression de voir un cœur sec et sans sentiments.

- surtout, n’oubliez pas de prier pour l’Empereur, ajouta t-il d’une voix mielleuse.

- Pu Yi (8) ? fis-je, naïvement.

Je sentis sa grimace plus que je ne la vis, reportant mon regard sur ma petite boîte recouverte de papier.

Les phares de la voiture trouaient la pénombre, trouant des rues déjà désertes, déjà barrées.

Le temple de la déesse de la Miséricorde surgit devant moi, éclairé par quelques lanternes écarlates.

- Combien de temps resterez-vous ? demanda t-il.

- Je ne serais pas longue, dis-je.

Sans doute avait-il une femme et des enfants attendant son retour. Une femme et des enfants, comme les milliers de femmes et d’enfants qui mouraient sous les bombes et armes biologiques japonaises.

Les êtres humains sont étranges, parfois.

Pourquoi infliger à d’autres une souffrance qui nous détruirait si elle nous tombait dessus ?

« Ne penses-tu pas que cela détruirait tes parents d’apprendre que tu es morte ? » fit une voix douce dans ma tête.

La voix de mon frère.

Je m’immobilisai dans la fraîcheur de la nuit.

De petites bêtes s’activaient dans l’herbe encore raidie dans le gel, signe que le printemps n’était pas loin. Dans le froid, mon sang me paraissait plus chaud, mon cœur plus rapide. Par contraste, ma démarche me parut absolument lente lorsque je me dirigeai vers le temple.

J’entendis des roues crisser derrière moi, signe qu’une autre voiture venait rejoindre la voiture de mon père. Je ne me retournai pas.

Le rouge des lanternes brillait de manière insolente dans la pénombre, et je fus même surprise en remarquant que je me dirigeais instinctivement vers cette couleur.

La couleur du sang, de la violence, de la vie, du bonheur.

De l’homme, tout simplement.

J’étais presque parvenue sous la lanterne lorsque je perçus les murmures étouffés, paniqués.

- détachez-la ! fit une voix chevrotante, paniquée.  Détachez-la !

« Détacher quoi ? »

Je sentis la curiosité souffler sur moi – comme un parfum de fleurs et de crème, mais aussi d’interdit et de remontrance.

Des pas crissèrent derrière moi, et cette fois je tournai la tête.

Hyuuga Neji paraissait hésitant, et un peu perdu dans le paysage. Son visage éclairé par les lanternes était à la mesure du temps : ses yeux blancs évoquaient l’hiver, et les reflets chauds sur son visage le printemps qui tentait vainement de s’imposer en Mandchourie.

L’image me fit sourire – et son hésitation s’accrut. Il m’avait suivie.

Pourquoi m’avait-il suivie ?

- Mais détachez-la ! fit la voix chevrotante dans mon dos, chassant mon sourire.

Je contournai les poutres de bois, et j’entendis les pas rapides de Hyuuga dans mon donc.

-Feng-san, dit-il.

- Tenten, corrigeai-je.

Il soupira.

- Tenten, qu’est ce que… tu fais ?

Il m’avait tutoyée. Je pouvais lui rendre la politesse.

- Et toi, qu’est ce que tu fais ? Pourquoi ne pas être rentré ? répliquai-je.

Il soupira à nouveau, et je l’entendis vaguement marmonner quelque chose sur une fille qui ne faisait que des bêtises.

Son commentaire se perdit dans le vent, alors que mes yeux se posaient sur la silhouette sombre qui se balançait doucement, suspendu à un arbre.

Les moines et les nonnes encadraient l’arbre, et des paires d’yeux chassieux se rivèrent sur nous lorsque nous parûmes. Je vis sous les lanternes le visage parcheminé d’une nonne se tordre d’horreur et de peur lorsqu’elle vit ce qui à ses yeux étaient deux enfants japonais.

- la résistance.

La voix de Hyuuga Neji était dure.

Lui aussi avait apparemment vu le corps qui tourbillonnait, suspendu à la branche. Je me rapprochai encore, mes chaussures dérapant légèrement sur l’herbe raidie.

Quelqu’un était pendu là.

La mort était juste devant mes yeux – dans sa froideur brutale, dans l’ironie avec laquelle elle traitait les vivants, placide alors qu’eux s’agitaient. Le corps se balançait doucement.

Comme s’il dansait.

- Tenten-san.

La voix de Neji me parut dégoulinante d’inquiétude, sa paume brûlante contre la mienne. Je me dégageai d’un geste sec – et il referma à nouveau sa main sur mon poignet.

- ne regarde pas.

Sa voix manquait de conviction.

Pourquoi ne devrais-je pas regarder ? La mort de mon frère et des trois cent milles autres, à Nanjing, devait avoir été bien plus laide que la mort de cette forme. La mort des millions de Chinois qui s’éteignaient sans le moindre cri à travers l’immensité de mon pays devait être bien plus laide.

Pourtant, lorsque les lanternes me dévoilèrent le visage du mort, je sentis un goût amer envahir ma bouche, et ma main libre se crispa sur la boîte que m’avait donnée Da Long comme la main d’un naufragé sur sa bouée.

- Kurenai-sensei…

C’était mon professeur de couture, suspendue à un arbre, la bouche ouverte, mais une impression de paix sur le visage.

La main de Neji se crispa sur la mienne, et il me fit violemment pivoter sur moi-même. Puis, je fus contre lui – son torse contre mon visage, sa main dans ses cheveux.

- ne regarde pas, répéta t-il.

Kurenai-sensei.

Je l’avais déjà vue, dans ce même temple, mais vivante.

Elle était enceinte – d’un Chinois.

Mes yeux se remplirent de larmes, alors que le cœur de Neji battait rapidement contre ma joue meurtrie.

- suicide, dit un vieux moine, dans un japonais approximatif. Suicide…lettre…

Il parut hésiter, et j’essayai de décoller ma joue du torse de Neji.

En vain.

Il me serrait contre lui comme si sa vie même en dépendait.

- Elle était enceinte, dis-je dans un murmure, et il se crispa.

- Ne regarde pas, répéta t-il.

 

Huo Guang: Homme d’état de la dynastie Han ; premier homme d’état à avoir évincé un Empereur pour en établir un autre, et l’un des rares à l’avoir fait pour le bien de l’état…Après sa mort, sa famille devait être exterminée par l’Empereur qu’il avait choisi, Liu Bingyi (nom de règne Xuan), à cause de certains abus (notamment l’assassinat de l’impératrice au profit de la fille de Huo et les tentatives d’assassinat de cette dernière et de sa mère sur le prince héritier).

 

Lü Zhi: Impératrice chinoise restée dans l’histoire pour sa cruauté. Glorieuse inventrice du « cochon humain » : elle fit trancher les jambes, les bras, la langue et arracher les yeux de sa rivale avant de la laisser macérer et mourir à petit feu dans une cuve de vinaigre. Symbole confucéen avec Wei Zetian de ce qui se passe quand une femme a trop de pouvoirs…certains empereurs allèrent jusqu’à tuer les mères de leurs héritiers pour éviter la naissance d’une nouvelle Lü Zhi.

 

Qipao : Vêtement traditionnel mandchou (tunique, pantalon et coiffe fleurie dans les cheveux).

 

Cheongsham: la robe chinoise, la version revisitée et tentatrice du qipao par les prostituées de Shanghai, devenue toilette « nationale » des Chinoises dans les années vingt et trente.

 

Xiaojie : littéralement petite grande soeur, se traduit par mademoiselle.

 

Putonghua:  mandarin officiel et classique.

 

Guanyin: nom chinois de la déesse bouddhiste de la miséricorde.

Commentaire de l'auteur Merci à tous ceux qui m’ont motivée pour que je revienne sur le site et reprenne mes fanfictions en main.
Merci à tous ceux qui m’ont lu.
Je vous embrasse.
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