Ne pas suivre ce lien !

Fanfic Fr

Publiez et gérez vos fanfics en ligne

 Créer un compte | S'identifier.

Sommaire

Version mobile



Accueil


FANFICTIONS


Lecture


Entre Vous


Édition


Internet & Liens



Derniers Blogs Modifiés


Derniers liens


Appels à Textes

Consulter tous les AT
  • Imaginaire
    Seven Edition
    Nb de signes : 80 000 - 500 000 sec
    Genre : horreur - science-fiction - fantastique - fantasy
    Délai de soumission : 31/12/2020
  • Confinement
    Réticule
    Nb de signes : 3 000 - 30 000 sec
    Genre : fiction réaliste - témoignage - contemporain - récit de vie - réaliste - humour
    Délai de soumission : 08/05/2020
  • L'Indé Panda 9
    L'Indé Panda
    Nb de signes : 500 - 6 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 30/04/2020
  • L'Ampoule n°7
    Éditions de l’Abat-Jour
    Nb de signes : < 20 000 sec
    Genre : atypique - étrange - noir
    Délai de soumission : 10/05/2020
  • Mauvais goût
    Bigornette
    Nb de signes : < 20 000 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 31/08/2020
  • Prix Zadig de la Nouvelle policière
    Éditions Exæquo
    Nb de signes : 65 000 - 130 000 sec
    Genre : policier
    Délai de soumission : 12/07/2020
  • Littératures de l'imaginaire
    Tirage de têtes
    Nb de signes : 2 000 - 20 000 sec
    Genre : imaginaire - science-fiction - fantastique - fantasy
    Délai de soumission : 31/05/2020
  • La sauvegarde des orang-outans
    L'ivre d'histoires
    Nb de signes : 15 000 - 45 000 sec
    Genre : steampunk - science-fiction - fantasy
    Délai de soumission : 01/06/2020
  • Dimension "Marmite et microonde"
    Rivière blanche
    Nb de signes : 1 000 - 50 000 sec
    Genre : steampunk - horreur - science-fiction - fantastique - fantasy
    Délai de soumission : 30/09/2020
  • Depuis plusieurs jours, la plage était déserte.
    Journal Quinzaines
    Nb de signes : < 4 500 sec
    Genre : libre
    Délai de soumission : 30/03/2020

Studio Infinite


Publicité


Publicité

Votre campagne ici

Articles

(Consulter tous les articles)

Découvrez le manga indépendant francophone !
 par   - 1310 lectures  - Aucun commentaire

Entrez dans un tout nouveau monde, celui des auteurs de BDs et de mangas indépendants sur internet !


Lire la suite...

Accueil des Fanfics Liste par Auteurs/Date Recherche Coup de cœur Hasard...

Animes-Mangas

 > 

Naruto

Baby Doll
[Histoire Terminée]
Auteur: NaN Vue: 180328
[Publiée le: 2008-05-23]    [Mise à Jour: 2013-08-31]
13+  Signaler Romance/Amitié/Réflexions Commentaires : 546
Description:
Une nouvelle, un jour de rentrée, deux groupes de filles rivales, une bande de garçons déjantés… Tenten a comme l'impression d'avoir déjà vu ça quelque part.

Il y a pourtant quelque chose d'inédit dans ce lycée qu'elle découvre tout juste, avec cette agitation excentrique qui bouillonne à chaque détour de couloir, ces midinettes loin d'être superficielles, ce cercle de mecs alternativement grincheux et explosifs dans lequel elle finit par trouver sa place… Et surtout, il y a ces quatre filles vêtues de soie et de satin, là-bas, bien en évidence sur le devant de la scène.

Elles s'habillent comme des poupées, sont aussi populaires que des stars locales et ont tout le lycée à leurs pieds. Elles mènent leur petit monde d'une poigne de fer glissée dans un gant de velours, souriantes et intransigeantes. Leur univers est rose et blanc, empli de rubans, de plumes et de dentelles ; elles sont à la fois délicieuses et insupportables.

Elles sont des Baby Dolls.

Crédits:
Les personnages principaux sont de Masashi Kishimoto et les musiques de leurs auteurs, tous indiqués ; Pika, Miu, Harinezumi et cie sont de ma création.

Les personnages d'Eileen Preston et Xiao Mei de Ruffey sont l'entière propriété de Haweke.
<< ( Préc ) ( Suiv ) >>
  Commenter ce chapitre 

Wow

[10140 mots]
Publié le: 2008-06-17
Mis à Jour: 2012-05-17
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Un jour, j'ai croisé un gars en soirée qui mangeait des spaghettis crus. Le pire, c'était qu'il était totalement sobre.

 

C.4 – Wow

 

Le trajet en bus fut des plus divertissants. Habillés en noir de la tête aux pieds, portant accessoires et bijoux à rayures, à pois ou recouverts d'inscriptions, ils attiraient les regards de tous les passagers et Kiba regretta de ne pas avoir coloré ses cheveux pour un effet optimal. A mi-chemin, ils tombèrent sur Naruto et Sasuke qui éclatèrent de rire devant le maquillage de Gaara et Lee.

 — C'est grâce à Tenten ! Ça rend trop bien, hein ?

 — Ouais, c'est génial, s'esclaffa Naruto en regardant de plus près le visage de Gaara qui recula, menaçant.

 — Je peux te faire pareil, si tu veux, proposa Tenten dans l'espoir d'établir un vrai contact avec ce type qui avait dû lui parler deux fois depuis le début de l'année, dont une pour lui dire "dégage de là, la nouvelle".

 — Sans façon, rigola-t-il.

 — La dernière fois qu'il a essayé, ça s'est mal passé, précisa Sasuke d'un ton railleur.

 — Ha ha ouais ! se souvint Kiba. Bon sang, j'avais oublié !

 — J'ai encore la vidéo…

Intriguée, Tenten les regarda plaisanter entre eux en se demandant si c'était la perspective de la soirée qui les excitait autant. Elle n'avait jamais vu Sasuke aussi expansif.

La maison louée par les Baby Dolls était immense. Un grand jardin parsemé de bosquets d’arbres accueillait les invités et une petite allée menait directement à un salon gigantesque. Ils étaient les premiers arrivés, mais les quatre filles s’activaient déjà à l’intérieur pour vérifier si tout était bien parfaitement en place. Des tables étaient installées tout autour d’une piste de danse qui occupait la plus grande partie de la salle et des projecteurs pendaient du plafond dans un fouillis de câbles électriques.

 — Ah, ils sont arrivés ! s’écria soudain Sakura en les voyant. Wouah, vous êtes sensass !

Sa robe noire était bouffante de jupons rose fluo. Amusée, Tenten  se dit que ses cheveux s'accordaient tout fait à ce style, tout comme son maquillage très marqué qui faisait ressortir la blancheur de son teint et agrandissait ses yeux. Mais quelque chose l'avait toujours dérangée dans le physique de Sakura, un détail qui l'empêchait de la trouver tout simplement parfaite : pâleur, rose dragée, vert d'eau… toutes ces couleurs qui pouvaient être qualifiées de délicates lui apparaissaient délavées.

Habituée à être observée plus ou moins discrètement, Sakura remarqua à peine l'attention que lui portait la nouvelle. Son regard s'attardait sur Sasuke : ainsi vêtu, il semblait plus jeune, moins distant. Il avait toujours été d'une beauté toute particulière, mais c'était la première fois qu'elle l'humanisait au lieu de le diviniser. S'efforçant de revenir à l'instant présent, la jeune fille se tourna vers Lee.

 — On a fait installer la sono et tout le bazar ici ! dit-elle en lui montrant un endroit précis. Je te laisse te familiariser avec le matériel…

Temari et Ino étaient en train de placer des plateaux de verres sur les tables. Les autres allèrent aux cuisines leur prêter main forte tandis que Lee s’asseyait sur le tabouret du coin DJ et effectuait quelques tours sur lui-même.

 — Wow, c’est du matos de pro ! s’exclama-t-il ensuite en regardant la table de mixage.

 — Ben tiens, qu’est-ce que tu crois ! s'amusa Hinata en apportant un casque et un micro.

Sa robe était plus sobre que celles d'Ino ou Sakura qui détonnaient par leur luxuriante composition d'étoffes plissées. Rehaussée par un large nœud bleu vif, le vêtement redessinait la ligne de sa silhouette en accentuant la courbe de sa poitrine par un bustier qui dégageait ses épaules. Peut-être que ce qu'avait Hinata et pas les autres, c'était cette capacité à sublimer l'élégance par la plus grande des simplicités. 

 — Je ne sais pas si tu en auras besoin, mais on ne sait jamais, dit-elle en donnant le micro à Lee. Je vais t’expliquer le déroulement de la soirée… Oh, bonsoir, Tenten. Tu as un beau t-shirt.

Prise au dépourvu, Tenten lui envoya un sourire nerveux en lissant son t-shirt noir frappé d'une grande étoile violette. A vrai dire, elle se sentait un peu ridicule face à ces filles qui ne s'étaient pas contentées de jouer le jeu à moitié. Elle se demanda si elle serait la seule à avoir fait le minimum.

 — Je vous laisse, je vais filer un coup de main aux cuisine, dit-elle pour mieux s'enfuir.

Traversant le salon, elle se glissa dans le couloir en se tordant les mains. L'épisode "maquiller les garçons" avait eu l'avantage de l'empêcher de se focaliser sur la soirée à venir, mais maintenant qu'elle y était, le stress revenait. C'était la première fois qu'elle assistait à une fête de ce genre, avec autant de monde et dans un milieu visiblement rodé depuis des années. Et si cette "soirée d'intégration" était une forme de bizutage pour les nouveaux ? Et si on la forçait à boire ? Et si elle se retrouvait toute seule ?

 — Attention où tu vas, Tenten, dit soudain une voix impavide qu'elle reconnut immédiatement.

 — Oups.

Contournant le pilier qu'elle allait percuter, elle rejoignit Neji qui sortait de la cuisine, une caisse de bières dans les bras.

 — Ça va ? lui demanda-t-il en remarquant sa fébrilité.

 — Oui oui, s'empressa de répondre Tenten. Je vais voir s'ils ont besoin d'aide.

Elle s'engouffra dans la cuisine et se fit embarquer par Kiba pour transporter une marmite pleine de punch.

 — Faut pas en renverser, fais gaffe… répéta-t-il tout le long du trajet.

 — Dis, Kiba… Elles se passent comment, les soirées, chez vous ?

 Surpris, il releva la tête pour la dévisager.

 — Ben, comme partout. Enfin, j'suppose… T'as pas à t'en faire, Tenten. Dans le doute, reste près de moi ou de Lee.

Pas vraiment rassurée, Tenten l'accompagna jusqu'à une des tables pour y poser la marmite puis donna un coup de main à Shikamaru pour allumer les lumignons qui flottaient dans la piscine, sur la terrasse extérieure. Il y en avait plus d'une centaine et ils n'avaient pas encore tout à fait terminé quand la musique arrêta de sauter d'une plage à une autre pour démarrer pour de bon. Lee avait fini ses réglages et le bruit croissant en provenance du salon derrière eux indiquait que les invités arrivaient peu à peu.

 — Ça y est, ça commence, fit remarquer Shikamaru en jetant un coup d'œil derrière son épaule. La barbe…

Déposant la dernière bougie sur la surface de l'eau, Tenten se releva et défroissa à nouveau son t-shirt en écoutant les rires et les exclamations qui retentissaient depuis l'intérieur.

 — Allez, viens, on va boire un verre, lui dit Shikamaru.

 — C'est parti, approuva Tenten avec détermination.

Attablé dans un coin, Kiba s’enfilait sa troisième bière. Pourquoi était-il venu, en fait ? Il avait bien essayé de s’amuser avec Naruto et les autres, mais la soirée était si semblable à celle de l’année précédente que le blues le gagnait inexorablement.

S'affalant un peu plus sur sa table, il enfouit une main dans ses cheveux en survolant le salon survolté du regard. A l’autre bout de la piste de danse, Neji empêchait Lee de relever un défi lancé par Karin.

 — Tu sais très bien que tu ne supportes pas l’alcool ! Et puis, t'es censé t'occuper de la sono…

 — Je combats en ton nom, Lee ! déclara Suigetsu qui passait, saisissant la bouteille de tequila. Il est temps de rappeler à cette grognasse ce qu'elle vaut. C'est-à-dire pas grand-chose.

 — La grognasse relève le défi, pauvre con !

Plus loin, Temari et Ino dansaient un rock énergique aux bras de cavaliers qu'il ne connaissait pas. De l'autre côté de la pièce, accrochée à son copain comme une huître à son rocher, Sakura était en pleine conversation avec Hana et Deidara. Tiens, il était venu, celui-là ? Alors ça voulait dire que… Oui, Itachi était là-bas, avec Konan et Kisame. Kiba les observa de loin. Ça faisait une éternité qu'ils ne les avaient pas vus. Est-ce que Sasuke l'avait repéré ?

Des dizaines de couples évoluaient sur la piste de danse au rythme de la musique qui déferlait par vagues dans les oreilles de Kiba, lui donnant mal à la tête. Personne ne lui prêtait attention, et au fond, c’était mieux ainsi : il n’aurait pas à faire semblant d’être heureux.

Cherchant Tenten du regard, il la trouva en compagnie de Lee qui, ayant renoncé à son duel avec Karin, lui apprenait un pas de danse à côté de sa table de mixage. Amusé, Kiba suivait avec attention ses efforts pour tenter de reproduire le difficile mouvement qu'était le moonwalk quand une silhouette noire lui cacha la vue.

 — Tu comptes rester dans ton coin toute la soirée ?

Soudain assailli par une douce odeur de lilas, il leva les yeux vers le beau visage d'Hinata.

 — C'est une invitation à danser ? répliqua-t-il.

 — Pourquoi pas ?

Kiba resta interdit quelques instants, puis comprit qu'elle était sérieuse et bondit sur ses pieds. Lui enlevant son verre des mains, il l'entraînait sur la piste quand la musique rock s'interrompit soudain pour faire place à de l'électronique. Hinata jeta un coup d’œil vers la sono : en plein tutorial, Lee avait mis une piste se prêtant mieux à ses leçons de breakdance. Alors que des cris mécontents saluaient le changement d'ambiance, Kiba et Hinata échangèrent un regard empreint d'une lueur de défi puis s'élancèrent.

Ils retrouvèrent immédiatement cette complicité qui les avait toujours unis, plus évidente que jamais lorsqu'ils dansaient. C'était lui qui lui avait tout appris : à se lâcher, à se désarticuler, à voltiger. Une fois les bases acquises, elle les avaient travaillées et perfectionnées, ajoutant tout ce qu'elle pouvait tirer de sa pratique du taijustu familial ; c'était ce qui lui permettait aujourd'hui de tenir la comparaison dans ce duo électrique et de soutenir fièrement son regard intense. Regarde, je me débrouille toute seule. Comme une grande. Regarde, ce que tu m'as laissé m'a fait grandir. Regarde !

Tenten jeta un nouveau regard circulaire aux alentours. Elle savait qu'elle ne pourrait pas rester éternellement près de Lee et que même s'il ne le lui dirait pas lui-même, elle devrait tôt ou tard partir se mêler aux autres.

 — Dis donc, c'est sympa ta musique, dit-elle en se retournant vers lui. C'est quoi ? De la techno ?

 — Hérésie ! s'emporta Lee en libérant une de ses oreilles pour pouvoir mieux l'entendre proférer des absurdités. C'est de l'électro house.

 — T'as l'air de t'y connaître.

 — Ben tiens, c'est pas pour rien que les Baby Dolls me choisissent pour DJ !

Tenten lui adressa un sourire encore un peu crispé puis reporta son attention sur la salle. La piste s'était vidée quand le rock avait pris fin ; seul un petit groupe de jeunes s'était lancé à l'attaque de l'espace en essayant de motiver les autres. Cherchant désespérément quelqu'un qu'elle connaissait, elle avisa Kiba en plein duo avec Hinata et ne put se résoudre à venir squatter.  

 — Bon, se décida Tenten en sentant ses jambes flageoler. Je vais aller les soutenir.

 — Ouais, monte au front !

Etouffant un rire, Tenten s'élança sur le parquet et s'intégra d'elle-même au groupe de danseurs en battant la mesure, les bras levés. La petite bande se disloqua naturellement pour lui laisser assez d'espace et ils sautèrent de plus belle en scandant les paroles qui passaient en boucle : Are you ready ? Are you ready ? Are you..?

En fait, danser, c'était comme tout le reste : suffisait de se jeter à l'eau. "Personne ne sait danser", lui avait laconiquement balancé Kiba au début de la soirée. "Sauf moi, bien sûr." Alors elle n'avait qu'à se laisser entraîner, glaner quelques mouvements à droite et à gauche et hop, elle faisait partie de la masse mouvante de ceux qui s'amusaient sur la piste.

A défaut de pouvoir parler, elle échangeait des sourires hilares avec le groupe, interceptant au passage des regards curieux : mais c'est qui cette fille ? A travers les éclairs des spots et des projecteurs, elle aperçut quelques caractéristiques sans pour autant parvenir à identifier les têtes, hormis celle d'Akiko qui leva vers elle un pouce victorieux. Galvanisée par l'effet de groupe, Tenten se laissait porter par le rythme et l'énergie communicative des autres, heureuse d'avoir une place dans le cercle aléatoire des danseurs déchaînés.

___

Sasuke reposa sa bouteille de bière. Il n’était pas saoul, il en fallait bien plus pour ça et il hésitait entre se bourrer totalement la gueule ou sortir dans le jardin retrouver Shikamaru qui à cette heure-là devait déjà être en train de somnoler en regardant les étoiles. Ou alors s’endormir sur sa table en regardant cette gourde de Sakura glousser au bras de son copain.

Le problème, c'était qu'il ne pouvait même pas en vouloir à Sasori. Il était un des meilleurs agents de son père, il était plutôt pas mal et en plus, il était plus âgé qu'eux. Trois bons critères pour être le copain d'une Baby Doll. C'était qu'elles ne pouvaient pas se permettre de s'afficher avec n'importe qui, ces princesses. Et puis oui, évidemment, elle était amoureuse. Mais l'amour de Sakura, il n'était plus vraiment sûr de ce qu'il valait.

Là-bas, près de la piste, elle éclata de rire en écoutant une remarque de Deidara puis glissa ses doigts entre ceux de Sasori. Même dans la lumière réduite de la pièce, elle ressortait avec autant d'impact qu'un néon rose fluo. Sasuke se demanda si elle se souvenait des années d'avant, celles pendant lesquelles ils étaient trois et non deux. C'était peut-être par lassitude que Sakura était partie, fatiguée de son indifférence. Ou alors parce qu'elle n'arrivait pas à s'y retrouver, partagée entre le désir de devenir elle-même et celui de tout donner. Elle avait toujours manqué de confiance en elle.

Sasuke jeta un œil dans les bouteilles qui parsemaient la table et constata qu'elles étaient toutes vides. Se levant sans hâte, il contourna la piste pour rejoindre le couloir dans la vague idée d'aller se chercher une canette fraîche dans la cuisine. Dire qu'il avait été content de venir à cette soirée… Comme quoi, le ras-le-bol pouvait vraiment vous tomber dessus sans prévenir…

Il fut content de retrouver l'obscurité du couloir. Renonçant poursuivre son chemin, il se laissa tomber sur la première marche de l'escalier qui menait à l'étage et croisa les bras sur ses genoux.

___

Tenten s'était échappée de la piste lorsque tout le monde s'était mis à venir danser. Trop de pression d'un coup, et puis les membres de son petit groupe avaient tous été alpagués par leurs amis. Elle avait à peine réussi à atteindre le mur qu'elle se fit aussitôt tomber dessus par Ino et ses jupons multicolores.

 — Tu tombes bien, j'ai besoin d'aide pour refaire du punch ! lança-t-elle tout en se recoiffant d'une main. Pfiuuu, il fait chaud…

 — Décidément, personne ne peut résister à l'appel de la musique, ici, fit remarquer Tenten alors que la Baby Doll la traînait à sa suite dans la cuisine.

 — Ah oui, tout le monde est complètement imprégné. Tu sais danser, Tenten ?

 — Oh non, répondit-elle avec un rire nerveux. Lee a bien essayé de m'apprendre, mais…

Occupée à vider une bouteille de limonade dans une énorme marmite en cuivre, Ino lui adressa un sourire qui fit pétiller ses yeux bleus.

 — Tu es décidément devenue très proche de lui, dit-elle.

 — Heu… Je ne sais pas.

Mais Ino hocha la tête d'un air confiant, goûtant la limonade du bout du doigt.

 — Tout le monde peut devenir copain avec Lee, le genre qu'il salue joyeusement lorsqu'il te croise dans un couloir, dit-elle. Mais être son ami, quelqu'un avec qui il va passer son temps et faire équipe en cours, ça c'est déjà plus rare.

Heureuse de s'entendre dire ça, Tenten eut un sourire plus détendu. Ino lui apparaissait de moins en moins inaccessible. En particulier en cet instant précis, alors qu'elle ne pouvait s'empêcher de croquer dans un morceau de sucre avant de renverser la boîte dans la marmite, éclaboussant la table de limonade.

 — Oups là…

 — Ino, pourquoi tu es Baby Doll ?

 — Parce que ça me permet s'assouvir tous mes fantasmes, répondit-elle du tac au tac, ponctuant sa phrase d'un clin d'œil.

Elle éclata de rire devant l'air éberlué de Tenten.

 — Disons plutôt que ça m'autorise à être délicieusement, ouvertement frivole… Et j'adore ça. La guimauve, l'eau de rose, les discussions autour d'une tasse de thé, les romans de Jane Austen… Etre Baby Doll, c'est entrer dans ce rêve-là. Alice au pays des Merveilles, quoi.

Elle ajouta une bonne rasade de rhum au cocktail puis s'empara d'une bouteille de grenadine en poursuivant :

 — Il y a aussi le fait que je trouve ça complètement dément de pouvoir se dire : n'importe qui peut faire des choses totalement absurdes, comme mettre des volants et aller déjeuner au self en dépliant des serviettes en dentelle. Beaucoup de gens s'arrêtent à la barrière du "ça ne se fait pas", que ce soit pour le style vestimentaire ou pour plein d'autres choses… alors qu'en fait, c'est si facile de la franchir. Il suffit de se dépasser soi-même. Si personne n'avait peur du regard des autres, notre société serait infiniment plus tolérante.

Jetant les bouteilles vides dans la grande poubelle de la cuisine, Ino se mit alors à découper des citrons en rondelles. Tenten se rapprocha pour les mettre une à une dans le liquide rose qui remplissait désormais l'immense marmite.

 — Et puis tu vois, nos principes font qu'on est toujours courtoises, avenantes et aimables, dit encore Ino. Avec ça, on maîtrise totalement notre petit monde. C'est une façon de montrer qu'on peut diriger sans pour autant faire usage de la force, de l'intimidation ou de la peur.

 — Vous doutez de rien, constata Tenten qui restait sceptique sur les fondements éthiques du groupe.

 — Je pensais pas que ça marcherait aussi bien, d'ailleurs, marmonna pensivement Ino sans l'écouter.

 — Et vous avez toutes réussi à tenir le rôle ?

 — Tu parles. Une fois que tu mets une robe comme les nôtres, tu ne peux pas te contenter de ne jouer le jeu qu'à moitié. Et puis, c'est enivrant de se retrouver soudain sur le devant de la scène. Bon, je crois que c'est prêt !

Elle s'essuya les mains, victorieuse, puis se tourna vers Tenten.

 — Tu vas m'aider à le porter, décréta-t-elle. Je vais chercher du feu.

 — Du feu ? répéta bêtement Tenten.

Quel rapport avec le punch ? Mais Ino était déjà sortie dans le couloir et tomba aussitôt sur un invité qui passait.

 — Oh, parfait ! Toi, t'as bien un briquet à me prêter ?

 — Ah non, je ne prête jamais rien aux Baby Dolls, plaisanta une voix hilare. Question de principe. Et puis j'y tiens, il est personnalisé.

 — Tu veux vraiment que je devienne méchante ? Il me suffit de rameuter Hari…

 — Oh le coup bas... Il s'appelle reviens !

 — Oui oui, chantonna Ino en retournant dans la cuisine.

Elle se glissa à côté de Tenten et se pencha sur le saladier.

 — Prête ?

 — A quoi ? s'inquiéta Tenten.

Sans répondre, Ino actionna un vieux briquet décoré d'une tête de Pikachu. Aussitôt, la surface du punch s'enflamma.

 — Allez, vite, vite ! s'empressa Ino en attrapant une poignée. Prends l'autre, ça va s'éteindre dans pas longtemps !

Se remettant de sa surprise, Tenten prit l'autre côté de la marmite et elles se hâtèrent vers le salon, portant le lourd récipient enflammé à bout de bras. Lorsqu'elles firent irruption dans la pièce principale, des cris de joie et des applaudissements éclatèrent de partout.

 — Et voilà, ça s'éteint, s'amusa Ino alors qu'elles déposaient la marmite sur le buffet. Merci pour ton aide, Tenten.

 — J't'en prie…

Secouant sa main collante de jus de citron, elle rebroussa chemin pour aller se rincer. En passant au pied de l'escalier, elle distingua une silhouette sombre assise sur une marche.

 — Sasuke ?

Il se retourna et reconnu la nouvelle de sa classe. Enfermé dans un mutisme hostile, il l'observa rassembler son courage pour s'approcher encore un peu.

 — Ça ne va pas ? Tu veux que j'aille chercher quelqu'un ?

L'étonnement suscité par la question le tira de sa réserve. Il appréciait le fait qu'elle reconnaisse d'office ne pas être la personne avec qui il voudrait parler de ses problèmes.

 — Non, répondit-il cependant.

La fille hésita une seconde avant de s'en aller. De nouveau seul avec ses pensées, Sasuke reposa son menton sur ses bras croisés. Sa fierté jouait encore contre lui. Il aurait bien aimé que quelqu'un vienne le chercher pour l'arracher à cette foutue marche et le ramener à la lumière, au centre de l'animation qu'il entendait depuis le bout du couloir.

 — Un verre ? dit soudain une voix près de lui.

Il sursauta : la nouvelle était revenue. Sans réfléchir, il prit le gobelet de punch qu'elle lui tendait et y jeta un coup d'œil. Il aurait préféré de la bière.

 — Dis… Je peux te poser une question ? demanda la fille qui s'était assise à côté de lui. J'ai cru comprendre que les Uchiha étaient une famille-clan. Qu'est-ce que c'est, exactement ?

 — Hein ?

 — Euh… La police. Les forces de police ont l'emblème de ta famille. On m'a dit que c'était parce qu'il s'agissait d'un clan. Mais j'ai pas capté le lien…

 — Ah, fit Sasuke en comprenant où elle voulait en venir. Tu sais même pas comment est administré ton propre pays ?

Elle rougit si violemment qu'il se sentit presque coupable d'avoir posé la question aussi sèchement.

 — Je… J'ai grandi très loin de la capitale, se justifia-t-elle en évitant son regard. Et puis, ma mère n'est pas d'ici, alors…

 — Comment ça, pas d'ici ?

Son ton abrupt alerta Tenten qui se souvint soudain des paroles de Kiba : "Temari et Gaara seront toujours perçus comme des étrangers… C'est comme ça à Konoha." Elle se sentit mortifiée, puis une vague de fierté vint brusquement balayer ses appréhensions : sa mère était chinoise, et alors ?

 — Elle vient de Chine, répondit-elle d'une voix plus ferme. Et c'était quelqu'un de merveilleux.

Mais l'ombre d'un sourire passa sur les lèvres de Sasuke.

 — Je voulais pas te vexer, dit-il. Dans ma famille, on est favorables à l'ouverture vers d'autres cultures. Mais c'est pas si courant à Konoha… Alors si tu veux un conseil, évite de jeter l'info devant n'importe qui.

 — Euh… D'accord.

 — Donc Konoha est dirigé par trois clans majeurs, expliqua-t-il. Enfin, plus que deux maintenant… Pour faire très simple, les Uchiha ont la charge du pouvoir exécutif et les Hyuuga du pouvoir judiciaire. Oui, Hyuuga, comme Neji et Hinata.

 — Et c'était qui, le troisième clan ?

 — Les Uzumaki, mais il a été démantelé. C'est une longue histoire, coupa Sasuke en voyant que Tenten s'apprêtait à poser des questions. C'qu'il faut retenir, c'est que les Uchiha sont un clan politique même si à la base, c'était une famille. C'est pour ça que t'as confondu.

 — D'a… D'accord, je vois. Et donc, vous vous occupez du pouvoir exécutif ?

 — Enfin, plus ou moins, rectifia Sasuke d'un air sombre.

 — C'est-à-dire ? insista Tenten qui se perdait davantage à chaque contradiction qu'il énonçait.

 — Avant, on couvrait vraiment tout. Mais maintenant, les nouveaux décrets nous ont restreints à la force militaire.

 — Quels nouveaux décrets ?

 — Ceux lancés par le nouveau mouvement d'opposition qui remplace les Uzumaki et étend son influence sur les autres branches… On l'appelle le Centre. Ça doit faire dix ans que ces décrets sont actifs.

 — Donc vous gérez l'armée entière ?

 — Oui, enfin, pas tout à fait, se reprit Sasuke, au grand désespoir de Tenten. C'est encore les Uchiha qui gèrent les divisions spéciales comme le Naicho ou l'AISP… Mais sinon, il n'y a plus d'attribution propre.

Tenten tiqua. Elle avait déjà entendu parler du Naicho en tant que service de renseignements directement rattaché au Premier Ministre, mais l'AISP était un terme totalement inconnu à son répertoire. Prenant sur elle, elle se força à en demander la signification en se disant qu'au point où elle en était, autant achever de passer pour une parfaite ignare.

 — L'AISP ? répéta Sasuke. C'est pas si étonnant que tu connaisse pas, ils n'aiment pas la pub… C'est l'Agence d'Investigation de Sécurité Publique. Comment expliquer… Ils sont centrés sur le contre-espionnage…

 — L'équivalent du KGB ?

 — Voilà ! approuva Sasuke, content de ne pas avoir à se perdre dans des explications sans fin. Ou de la CIA. Le Naicho, ce serait plutôt le FBI.

 — Je vois.

Tenten hésita un peu avant de reprendre :

 — Et, euh… C'est peut-être pas une si mauvaise chose, ce décret, non ? dit-elle précautionneusement. Si les pouvoirs sont divisés, l'équilibre est plus stable…

 — Les pouvoirs étaient déjà divisés, grommela Sasuke. Ce qu'ils font maintenant, c'est changer leur répartition.

Comprenant qu'il ne lui disait pas tout mais qu'elle n'était pas en position d'en savoir plus, Tenten acquiesça sans rien ajouter. Il y eut un silence, puis Sasuke finit par se lever.

 — Bon, j'y retourne.

Il s'apprêtait à repartir quand il se retourna au dernier moment.

 — Tu t'appelles comment, déjà ?

 — Tenten.

Il hocha la tête, puis désigna la salle de danse du menton.

 — Tu viens ?

____

Les projecteurs tournoyaient et envahissaient la salle de leurs éclairs de lumière multicolore ; le parquet tressautait sous les pieds des danseurs et Tenten était à bout de souffle. Ils avaient retrouvé Kiba, Hinata, Naruto et d'autres personnes que Tenten ne connaissait pas au centre de la piste et désespéré de la voir aux prises avec un Shikamaru d'une maladresse rare, Sasuke avait fini par prendre en main son initiation au rock.

 — Mais non ! s'énerva-t-il pour la dixième fois. T'as pas à faire quoi que ce soit, suffit de me laisser te guider !

 — Facile à dire, gémit Tenten en se trompant à nouveau de main.

 — Cherche pas à placer tes pieds, c'est pas la peine. Concentre-toi sur… Oups !

Emportée par l'élan du mouvement, Tenten sentit ses doigts glisser de ceux de Sasuke et s'écroula en arrière, dans les bras de Suigetsu qui la remit sur pieds comme si elle n'était qu'un vulgaire paquet.

 — Toujours aussi peu pédagogue, Sasuke, rigola-t-il.

 — J't'emmerde !

 — Viens avec ton Kiba d'amour, lui dit Kiba en prenant la main de Tenten. J'vais te montrer comment on roxe en vrai.

Il battit quelques temps de leurs mains jointes pour la mettre dans le rythme puis l'emporta dans la danse. Sans doute parce qu'être avec Kiba la rendait moins nerveuse qu'avec Sasuke, Tenten ne s'embrouilla pas et réussit à tenir la cadence. Refusant d'un coup de pied l'invitation enflammée d'un Naruto espiègle, Sasuke quitta la piste pour aller retrouver Lee.

 — Dis…

 — Quoi ?

 — Tu sais quelque chose au sujet de la mère de Tenten ?

Lee fut si surpris d'entendre Sasuke poser une question pareille qu'il faillit lâcher son disque. Que Kiba s'intéresse à la nouvelle, c'était normal ; que Shikamaru l'aime bien aussi, et même que Gaara l'accepte était concevable… Mais Sasuke ?

 — Elle m'en a parlé vite fait, grogna Sasuke sans pouvoir cacher son rougissement.

Il avait parfaitement deviné le raisonnement de Lee et il détestait quand quelqu'un pensait qu'il pouvait attacher de l'importance à qui que ce soit d'autre que lui-même.

 — Et à un moment, elle a utilisé l'imparfait. Elle a dit : "c'était quelqu'un de merveilleux". 

 — T'as parlé avec Tenten ? répéta Lee, toujours sous le choc.

 — Elle était même pas au courant pour la répartition des pouvoirs…

 — Tu lui as expliqué la répartition des pouvoirs ?!

 — Oui, bon, ça va, tu vas pas répéter tout ce que je dis non plus ! Et j'suis pas un monstre asocial, j'te ferais dire !

 — Oui, mais quand même… C'est toi qui est allé la voir où… ? Non, je suppose que c'est elle… Et tu ne l'as pas repoussée ?

Sasuke secoua la tête, exaspéré.

 — Bon, oublie que je t'ai parlé, d'accord ? Laisse tomber.

Il fut alors assailli par Karin :

 — Sasuke, on n'a pas encore dansé ensemble, ça va pas du tout ! Viens tout de suite !

 — J'arrive.

___

Un nouveau morceau débuta. L’ambiance s’échauffait considérablement, maîtrisée à la perfection par Lee et ses platines. S'extirpant de la masse des danseurs, Tenten se réfugia à nouveau près d'un mur et prit un verre de punch pour se donner une contenance. Au milieu de la foule, Kiba et Temari tournoyaient avec énergie ; plus loin, Sasuke avait invité Karin et Shikamaru dormait dans un coin de la salle. L'attention de Tenten fut soudain attirée par un couple inattendu : sur un coin de piste, Neji et Ino dansaient un beau rock acrobatique.

Interpellée sans parvenir à identifier immédiatement pourquoi, Tenten observait cette étrange complicité établie entre eux et qui s'exprimait à travers une foule de petites choses qui changeaient tout : un toucher qui durait un peu trop longtemps, un regard à travers deux mèches de cheveux, un pas anticipé…

 — Ah… Neji et Ino.

Prise en flagrant délit d'espionnage, Tenten eut un sursaut quand elle vit que Lee s'était glissé à côté d'elle et avait suivi son regard pour voir ce qui la fascinait tant. Reprenant ses moyens, elle jeta un nouveau coup d'œil au couple.

 — Ils sont ensemble ?

 — Hein ? Non, pas du tout. Mais ils s'entendent bien, aussi bizarre que cela puisse paraître. Finalement, ils sont tous les deux très simples, chacun à leur manière.

Déroutée, Tenten observa Ino effectuer un tour complet sur elle-même avant de revenir au creux du bras de son partenaire, puis repartir aussitôt dans une autre figure. Neji, simple ? Alors qu'il lui apparaissait comme le mystère le plus épais de son existence ?

 — Le plus drôle, poursuivit malicieusement Lee, c'est que quand Ino a rencontré Neji pour la première fois, il l'a envoyée balader. Tu comprends, elle le connaissait déjà de vue et de réputation, mais comme tous les génies, Neji en impose beaucoup alors pour cacher sa nervosité, elle s'est mise à le draguer. Mais Neji n'est pas vraiment du genre à avoir la tête à ça. En parlant de doués pour le flirt… Tu vois Naruto et Hinata, là-bas ? Il n'y a rien entre eux non plus.

Tenten chercha les concernés du regard parmi les danseurs, puis les trouva dans les bras l'un de l'autre au milieu d'un groupe de discussion. Elle se demanda malgré tout ce qu'il y avait entre eux –ou ce qu'il y avait eu – pour permettre cette proximité si naturelle.

 — C'est pour ça que faut pas te sentir gênée quand Kiba envahit trop ton espace vital, poursuivit Lee en faisant référence à toutes les fois où le jeune homme venait s'affaler sur elle sans pudeur. C'est un comportement qu'on a tous depuis des années. Pas facile de se défaire d'une habitude aussi tenace.

Retournant près de la sono lors du changement automatique de morceau, Lee s'empressa de régler les basses et les niveaux puis s'étira.

 — Je ferais bien une pause, dit-il à l'intention de Tenten qui l'avait suivi. Ho, Naruto !

Intercepté au vol, le jeune homme dérapa sur le parquet pour s'arrêter.

 — Tu veux bien me relayer pour la sono ? demanda Lee en le poussant sur son tabouret. Je vais danser avec Tenten !

 — Hé, mais…

Lee était déjà parti en entraînant son amie avec lui. Finalement content d'être aux commandes, Naruto en profita pour abandonner le rock et remettre de la house.

 — Il est temps de passer aux choses sérieuses ! déclara-t-il en poussant le volume à fond.

Galvanisés par les pulsations intenses de la musique, les invités redoublèrent d'énergie. Bondissant en rythme entre Lee, Kiba et Sasuke, Tenten se laissait de plus en plus facilement aller. Au final, l'essentiel résidait dans le fait de ne pas se soucier du regard des autres et se contenter d'écouter la musique sans rien retenir. Et qu'est-ce que c'était génial ! Même ses interminables et adorés joggings ne lui procuraient pas cette sensation intense de tout donner, ni cette joie débordante qui venait d'elle ne savait où et qui ne demandait qu'à s'exprimer. Elle comprenait désormais dans toute son ampleur le sens du mot "s'éclater".

Naruto remit un casque sur ses oreilles et fouilla la foule du regard. Il repéra Sasuke qui faisait pas mal d’effet, Karin, déchaînée, Lie qui faisait rouler ses hanches, Sakura en duo avec son petit copain… Les autres étaient cachés par la masse mouvante des invités.

 — Supersaw !

Un hurlement appréciateur retentit. Les danseurs formèrent instinctivement un cercle, toujours en se désarticulant, et Ino le traversa la première en ondulant. Sakura commença à frapper la mesure en claquant des mains et fut aussitôt imitée par la salle entière.

Naruto aimait beaucoup ce truc : un par un, chacun rejoignait le bord opposé de la ronde en dansant à sa manière. Kiba se lança, bientôt suivi de Temari, puis les passages s’enchaînèrent de plus en plus rapidement.

 — A toi, Tenten !

 — T’es fou, je n’oserais jamais danser devant tout le monde comme ça !

 — Allez, tu vas tous les surprendre !

Lee la poussa dans le dos et Tenten se retrouva hors du rang. N’ayant plus le choix, elle tournoya sur elle-même et traversa le cercle à reculons en s'efforçant de reproduire le mouvement que lui avait montré Lee plus tôt dans la soirée : faisant glisser ses pieds comme si elle était sur une patinoire et qu'elle essayait d'avancer en vain, elle réussi tant bien que mal à effectuer ses pas glissés puis retrouva Sasuke à l’autre bout de la piste. Comme lors des autres passages, des exclamations appréciatives retentirent et Tenten rougit de plaisir.

 — Hinata ! Hinata ! Hinata !

Obtempérant de bonne grâce aux réclamations, Hinata rejeta ses cheveux en arrière, assouplit la semelle de ses ballerines et s'élança au milieu du cercle. Aussitôt partie dans un tourbillon de tulle noire, elle enchaîna une série de gestes vaporeux et libérés qui sidérèrent Tenten. Elle paraissait prête à s'envoler.

Puis soudain, alors qu'elle avait atteint l'extrémité opposée du cercle, elle en extirpa Neji au lieu de reprendre place dans le rang ; au moment où ils se mirent à danser ensemble, elle s'envola pour de bon. Les gens hurlaient de part et d'autre de Tenten, sautant sur place les bras levés, et elle ne quittait pas des yeux ce couple incroyable qui évoluait avec une finesse, une adresse et une élégance qu'elle n'avait vues chez personne d'autre ce soir.

 — Ouaiiis ! beugla le type à côté d'elle alors qu'Hinata virevoltait autour de son cousin.

En observant Neji louvoyer avec souplesse, Tenten eut un déclic : "Lee fait du taijustu, il aime bien détourner certains mouvements pour danser"… Cette aisance dans le déplacement de leurs corps dans l'espace ne pouvait qu'être le fruit de la pratique d'un art martial, elle en était sûre.

Une pluie d'applaudissement s'abattit sur les deux danseurs qui rejoignaient la ronde. Ecartant Lee et Kiba d'un geste impatient, Neji s'éloigna aussitôt du rassemblement de plus en plus hystérique et croisa Gaara.

 — Jolie performance.

 — Aah, tais-toi…

 — Tu t'enfuis ? 

 — Je te retourne la question, répliqua Neji en constatant qu'il se dirigeait loin de la piste.

 — Moi, je vais faire un tour. Ça devient étouffant, ici…

 — Je viens avec toi, décida aussitôt Neji en le suivant dans le jardin.

Des dizaines de lumignons flottaient à la surface de l’eau au milieu des pétales de rose et quelques torches éclairaient le large carré de pelouse d’une lumière tamisée. Les fêtes des Baby Dolls étaient toujours très réussies esthétiquement, se dit Neji en se laissant tomber sur le rebord de la piscine.

___

Plus la soirée avançait, plus Naruto s’éclatait derrière sa table de mixage. Le casque qui ne servait plus à rien était passé autour de son cou, les disques défilaient allègrement sur le lecteur et il devait danser autant que ceux sur la piste. Incapable de se calmer, il enfila le gant posé sur une des baffles et se mit à scratcher en vrai pro.

 — Yeah !

 — Ouais, vas-y Naruto !

Quand les danseurs commencèrent à s’essouffler et à aller s’assoire, au milieu de la nuit, Naruto calma le jeu et passa des musiques de plus en plus lentes avant de mettre un slow. Temari alla secouer sans ménagements un Shikamaru qui dormait profondément en dépit de la musique assourdissante.

 — Kesskisspass ?

 — Ah, mais ! Il ne sera pas dit que tu passera la soirée sans danser ! dit furieusement Temari.

 — Mais j’aime pas danser, c’est fatiguant…

Temari le mit debout en le tirant par le bras.

 — Un slow, c’est pas la mort ! Allez, et plus vite que ça !

 — Mmmmais j’veux inviter personne…

 — Je suis là, crétin !

Shikamaru ouvrit enfin totalement les yeux, tout à fait réveillé.

 — Tu veux danser avec moi ? s’étonna-t-il.

 — Je suis la seule à arriver à te faire bouger ! Et ne te fais pas d’idées, c’est juste pour qu’on puisse dire que tout le monde s’est amusé à cette fête. Notre réputation est en jeu, là.

 — Pff... C’est bien pour te rendre service…

Amusée, Temari le saisit par le devant de sa chemise et le tira sur la piste.

___

Neji et Gaara regardaient fondre les bougies de la piscine en écoutant distraitement la musique en provenance du salon.

 — Et Kankurô, qu’est-ce qu’il devient ? demanda Neji.

Ils avaient parlé de leurs familles respectives durant tout le temps qu’ils avaient passé dehors.

 — Il est toujours en formation, dit Gaara. Il se perfectionne dans la fabrication de mannequins de qualité pour la haute couture… Bizarre, comme choix de carrière…

 — Faire des mannequins ? Pas tellement. C’est à la fois technique et artistique...

 — Mouais...

 — Tu ne sais toujours pas ce que tu veux faire plus tard, toi ?

 — Je ne vois pas en quoi je serai doué…

Neji se mit à rire et s’allongea sur l’herbe.

 — C'est dit de la part d'un gars qui a sauté deux classes d'un coup… fit-il remarquer. Enfin, je suppose que tu voulais plutôt dire " ce qui m'intéresserait".

 — J'en sais rien. C'est encore trop tôt pour y penser.

 — Pourquoi pas du côté des relations internationales ou de l'enseignement ? Après tout, tu viens de Suna. Tu devrais utiliser ta culture comme un atout et la répandre. Konoha a bien besoin d'être un peu remué.

 — Ben tiens… Pour un peu, tu m'inciterais à faire de la propagande. J'vois d'ici la tête de ton oncle quand on lui annoncera que ses gamins auront des cours de langues de l'ouest.

 — Ha ha… J'imagine déjà la crise…

 — Et toi, tu te vois où ?

 — Oh, moi... marmonna Neji, redevenu sérieux. J'ai le choix, maintenant. Peut-être partir, aller étudier en Europe. Les sciences, la littérature… J'en sais rien.

Ils se turent une seconde, écoutant d'une oreille distraite les basses qui retentissaient dans leur dos, puis Gaara lui jeta un coup d'œil.

 — T’es bizarre, comme type. Je te l’avais déjà dit ?

 — Au moins trois fois depuis qu'on se connaît… Et ça fait pas si longtemps que ça.

___

 — Shikamaru ! Hé, Shikamaru !

Aucune réponse. Temari dû se rendre à l’évidence : le jeune homme s’était bel et bien endormi sur son épaule, au beau milieu du slow. Mais quel drôle de type ! Non sans mal, elle rejoignit la bordure de la piste, l’installa sur une chaise et fit signe à Naruto de venir.

 — Tu t’en occupes ? Je crois qu’il vaudrait mieux le coucher tout de suite.

 — Il y a des chambres libres ? demanda Naruto en regardant son ami d’un air embarrassé.

 — A l’étage, dit Temari. On a choisit cette maison exprès pour que les invités puissent dormir sur place…

Naruto prit Shikamaru sous les bras et interpella Gaara qui entrait dans le salon pour qu’il lui donne un coup de main.

 — Bon, ça, c’est fait, dit Temari en les regardant emporter Shikamaru.

Elle se retourna et vit Sasuke émerger de la foule des danseurs.

 — Ah, Sasuke ! Tu danses ?

 — Temari, tu sais que normalement, ce sont les garçons qui demandent ce genre de chose ? dit le jeune homme en lui faisant signe de venir.

Réclamé à grands gestes par Naruto qui ne voulait rater les slows pour rien au monde, Lee reprit place derrière la sono juste avant la fin du dernier morceau en écoute pendant que son ami allait se trouver une cavalière.

 — Et on continue ! chatonna-t-il en faisant glisser les touches de la table de mixage pour mettre la piste suivante sans interruption.

Les accords de piano retentirent avec élégance parmi les couples : She’s like the wind...

 — Ah, quelle belle musique, soupira Lee.

Il se mit à accompagner le chanteur : "She's taken my heart... But she doesn't know what she's done"... Emporté par les notes magiques du morceau, il saisit un micro pour faire plus vrai et reprit le refrain : 

“Just a fool to believe

I have anything she needs

She's like the wind...”

Karin repoussa la main un peu trop baladeuse de son cavalier sans cesser de danser. Elle avait beau être une Lolita, elle avait quand même suffisamment d’honneur pour ne pas se laisser tripoter par n’importe qui. Elle entendait Lie glousser quelque part à sa droite et eut un sourire ironique. Elle était prête à parier dix mille dollars que son super porte-clé allait sortir de sa poche avant la fin de la soirée.

“I look in the mirror and all I see

Is a young old man with only a dream…"

Une fille aux allures de mannequin punk, vêtue d’une minijupe vert fluo et aux cheveux coiffés en pics, se détacha de son partenaire pour chercher des yeux la personne qui chantait en même temps que le disque. Elle avait une voix impeccablement juste… Le DJ ? Surprise, elle ne prêta pas attention à son cavalier qui ne comprenait pas pourquoi elle arrêtait si soudainement de danser et s'approcha de la sono. Le sweat-shirt aux rayures phosphorescentes du DJ se détachait bizarrement sur le mur sombre ; les yeux fermés, il chantait comme si personne ne pouvait l’entendre.

Abandonnant définitivement son partenaire, la fille s’accouda à un des baffles pour mieux voir à quoi ressemblait ce mec étrange. Il était plutôt mignon, en plus de chanter comme un dieu.

 “ Just a fool to believe

I have anything she needs

She's like the wind… ”

Lee écouta résonner les dernières notes jusqu’au bout. A la fin du slow, un tonnerre d’applaudissements retentit et il ouvrit brusquement les yeux.

 — Hein ?

Les invités hurlaient :

 — Bravo !

 — Quel talent !

Naruto lui donna une grande claque dans le dos :

 — Dis donc, Lee, je savais pas que tu savais chanter !

Lee regarda le micro qu’il avait toujours dans la main, puis son regard glissa le long du fil électrique jusqu’à l’amplificateur sur lequel il était relié.

 — Il était branché ?!

 — C’était extra, mon pote ! Regarde, ils ont adoré !

Lee se tourna perplexe vers la foule qui criait "une autre, une autre !", puis leur sourit.

 — Okay !

Il mit un autre CD, reprit le micro et grimpa sur son tabouret.

 “Ti amo...”

___

Ino reposa son verre sur le buffet d’un air déterminé. Il était plus de trois heures ; la salle s’était considérablement vidée, un bon nombre d’invités étant rentrés chez eux et la plupart des autres discutant autour des tables, au bord de la piscine ou assis sur la route. Seuls quelques couples dansaient paresseusement sur le fond de musique toujours présent. Ça manquait d’action ! Il était temps de passer à la dernière phase de la fête, celle où les derniers restants s’éclataient encore un bon coup avant d’aller dormir.

 — Lee ! lança la blonde en se dirigeant à grands pas vers la sono.

Les garçons discutaient tranquillement en mangeant des biscuits apéritifs qu’ils étaient allés chercher dans la cuisine.

 — Lee ! répéta Ino. Regarde-moi cette salle! Il faut remuer tout ça !

 — OK !

 — Mets-nous un truc qui bouge bien!

 — Oui !

Lee fouilla dans la pile de disques et en sortit Lolita d’Alizée.

 — C’est pour rameuter tout le monde, expliqua-t-il à ses amis horrifiés en mettant le son au maximum. Ça marche à tous les coups !

Effectivement, dès les premières mesures de la chanson, les invités encore présents affluèrent dans le salon avec de grands éclats de rires et en un instant, la piste était de nouveau vivante. En professionnel, Lee enchaîna avec du Michael Jackson et fut bientôt abandonné par ses amis qui retournaient danser. Naruto avait encore son casque autour du cou. Une fille en minijupe verte vint se pencher vers Lee, ses piercings scintillant sous les lueurs des spots.

 — On peut inviter le DJ à danser ?

 — J’ai trois minutes quinze ! dit Lee en sautant par-dessus les câbles électriques qui s’entassaient sur le sol pour la rejoindre.

Kiba et Tenten bondissaient sur la piste de danse en scandant "Loud ! I wanna hear it loud !" sous les regards impressionnés des autres : à plus de quatre heures du matin, ils débordaient d’une énergie qui semblait ne jamais devoir faiblir. Neji, lui, avait abandonné la piste depuis longtemps et s’était adossé contre un mur à même le sol pour pouvoir continuer à observer les danseurs sans rien faire. La danse n’avait jamais été son truc, de toute façon.

Gaara finit par remplacer Lee à la sono pour lui permettre de rester avec une drôle de fille aux cheveux en pétard et Naruto avait fait tomber la chemise afin d’être plus à l’aise. A l’extérieur, quelques téméraires s’amusaient à se jeter dans la piscine en hurlant, éteignant au passage ce qui restait des bougies, tandis que les dernières bouteilles de bière se couraient après sur la pelouse.

Installés sur les marches menant dans la rue, Sasuke et Karin partageaient une cigarette en écoutant distraitement la musique en provenance du salon. Juugo vint s'asseoir avec eux, l'air passablement éreinté.

 — Toujours aussi peu résistant, le charria impitoyablement Karin.

 — Il n'est pas sous l'effet de produits illicites, lui, répliqua aussitôt Suigetsu qui le suivait.

 — Qu'est-ce que tu insinues, connard ?!

 — Pitié, fermez vos gueules, soupira Sasuke.

 — Elle est comment cette année, ta classe, Sasuke ? demanda Juugo.

 — Trop de filles.

 — Allez, c'est ce qui fait son intérêt, minauda Karin. La vie serait moins drôle sans les mecs.

 — T'es vraiment irrécupérable…

 — Vous êtes dans le passage, leur reprocha un type qui sortait.

 — Ouais, et alors ? jeta Karin. T'as besoin d'aide pour faire un détour ?

Bien malgré eux, les garçons sourirent en coin. En fait, c'était ce côté brutal et sans pudeur qu'ils aimaient bien chez Karin.

 — Les mecs, vraiment tous des cons, grommela la jeune fille en reprenant la cigarette alors que le type en question les contournait prudemment.

 — Ben tiens, c'est pas ce que tu disais y'à moins de deux secondes.

 — C'est vrai que tu te contredis, Karin.

 — Bon, Juugo, Suigetsu, cassez-vous ! On était bien tranquille avant que vous rameniez vos fraises !

 — Pas la peine, c'est moi qui me casse, fit Sasuke. J'vais me coucher.

 — Attends, je viens avec toi ! dit précipitamment Karin en écrasant son mégot.

 — Mais quelle traînée…

A bout de nerfs, Karin fit volte-face :

 — Okay Suigetsu, répète un peu pour voir ?

 — Arrête de faire l'hypocrite, répliqua-il, une lueur métallique dans le fond de ses yeux clairs. J'étais là il y a trois ans, je te rappelle. Je sais ce que tu as…

Il avait à peine fini sa phrase que Karin s'était jetée sur lui pour lui administrer un coup de poing phénoménal qui le projeta contre Juugo.

 — Espèce de… ! Je… Je vais te…

Elle étouffait de rage. Visiblement, elle ne s'attendait pas à ce que Suigetsu ose évoquer ce souvenir.

 — Tu veux te battre ? gronda celui-ci en se redressant, menaçant.

 — Non, ça suffit ! tonna soudain Juugo.

Il attrapa Karin à bras-le-corps pour l'empêcher de s'élancer à nouveau.

 — Arrêtez de vous donner en spectacle. Vous n'êtes pas dans votre état normal.

Encore tremblante, Karin se dégagea de l’emprise de Juugo et croisa le regard de Sasuke. Sans rien dire, il se détourna et repartit vers le salon.

___

Tenten fit volte-face quand quelqu'un lui tapota l'épaule et se retrouva nez à nez avec Naruto qui lui tendait un gobelet avec un sourire bien trop large pour être honnête.

 — Hé, la nouvelle, tu veux goûter un super cocktail ?

 — Euh, hésita Tenten en se demandant si cette attention soudaine ne cachait pas quelque chose. Est-ce qu'il n'y a que des trucs comestibles dedans ?

 — Evidemment.

Elle tendait la main pour prendre le verre, prête à relever le défi, quand quelqu'un s'interposa.

 — Houlà, arrête tout de suite, dit Sasuke qui revenait de l'extérieur. On les connaît, tes cocktails de la mort, Naruto.

 — Allez, elle allait marcher ! protesta le jeune homme. Dis donc, tu pues la clope !

 — Et alors ?

 — Je supporte pas cette odeur. J'te préviens, je dors pas avec toi si tu changes pas de fringues.

 — Mais qu'est-ce que vous avez tous à vouloir dormir avec moi ?!

 — Mais c'est parce qu'on t'aime, mon chéri, répliqua Naruto d'un ton enjôleur. Bon, j'vais essayer de faire boire ça à Lee.

 — Naruto, non, mauvaise idée ! s'alarma Sasuke en lui courant après.

___

Quand, sous l'impulsion d'Ino, Gaara se retrouva contraint à passer des morceaux de plus en plus abominables, Kiba quitta la piste et se mit à la recherche d'Hinata. Il finit par la trouver en pleine discussion avec Temari dans la cuisine et entra au moment même où quelqu'un vint changer la musique de force.

 — Un chien reste un chien, même avec un collier d'or, disait Temari, nonchalamment appuyée contre le plan de travail.

 — Evidemment…

Les deux filles ne remarquèrent Kiba que lorsqu'il vint prendre la bouteille de manzana qui traînait entre elles.

 — Je vous dérange ?

 — Oui, répliqua Temari en toute sincérité.

 — Mais maintenant que je suis là, vous pouvez changer de sujet.

 — Pas la peine, je vous laisse, râla Temari qui avait parfaitement intercepté l'échange de regards entre le jeune homme et son amie. T'es chiant, tu sais.

 — Il le sait, confirma Hinata avec humour.

Temari s'approcha de Kiba, lui arracha la bouteille des mains en le défiant du regard puis quitta la pièce à grands pas. Amusé, Kiba se retourna vers Hinata.

 — Elle me fait tripper, Temari. Pourquoi est-ce qu'elle s'habille toujours en mec ?

 — A chacun ses armes, répliqua Hinata.

 Il la regarda en silence.

 — Ouais, t'as raison, finit-il par admettre. Dis, Hinata…

 — Mauvaise idée, répondit-elle précipitamment.

 — Toutes les idées sont mauvaises.

 — Kiba, j'ai peur que ça ne veuille rien dire…

 — Est-ce qu'on a vraiment besoin que ça veuille dire quelque chose ? Hinata, on en a envie tous les deux, alors arrêtons un peu de réfléchir et laissons-nous aller.

Désarçonnée par l'argumentaire, Hinata se remit de sa surprise pour secouer la tête avec désabusement.

 — Tu es vraiment… Primitif.

 — Mais nous sommes des êtres primitifs, ma belle, murmura Kiba en se penchant.

Il glissa une main sur sa nuque, savourant le contact velouté des cheveux qui glissaient sous ses doigts, puis posa simplement son front contre le sien.

La musique pulsait dans le salon, le bruit des derniers invités sur le départ résonnait avec force, et pourtant, les sons arrivaient atténués à leurs oreilles. Une porte claqua soudain, faisant violemment éclater leur bulle de bien-être.

 — Non, vous pouvez pas entrer, c'est occupé ! s'esclaffa une voix railleuse de l'autre côté de la porte.

 — Vous êtes marrantes, je les mets où, moi, les verres vides ?

Hinata et Kiba échangèrent un regard. Une Baby Doll enfermée dans une pièce avec un garçon, un ex qui plus est, voilà qui allait faire jaser.

 — Bon, fit Kiba en cherchant une idée.

Avisant la fenêtre, il escalada le plan de travail et l'ouvrit en grand avant de tendre sa main à Hinata pour l'aider à grimper. Elle attrapa son poignet, amusée par la tournure des évènements, et ils se glissèrent tant bien que mal à l'extérieur. Le son des conversations entre les fumeurs installés sur le perron les incita à se plaquer contre le mur. Posant un doigt sur ses lèvres pour l'inciter au silence, Kiba se pencha à nouveau vers elle et l'embrassa comme si trois mois ne s'étaient pas écoulés depuis leur séparation.  

___

Baillant et titubant, Tenten traversait le couloir avec ses verres vides qu'elle ne savait plus où poser quand elle tomba sur Neji, occupé à traîner Lee hors du salon.

 — Vous faites quoi ? s'étonna-t-elle.

 — Je raccompagne ce saoulard chez lui, soupira Neji.

 — Tenten, reconnut Lee en gesticulant. Tu veux m'épouser ?

Le geste qu'il fit pour s'approcher d'elle le déséquilibra et il faillit se casser la figure en entraînant Neji avec lui.

 — J'viens avec vous, décida Tenten.

Elle refila son plateau à un garçon qui passait et vint mettre le bras libre de Lee sur ses propres épaules. Encouragé par cette stabilité plus sûre, Lee se redressa et ils sortirent sur le perron.

 — Désolé, s'excusa joyeusement le jeune homme.

 — Si tu le penses, arrête de te retrouver dans cet état à chaque soirée, grommela Neji alors qu'ils s'engageaient dans la rue plongée dans l'obscurité.

 — Tu es injuste, c'est la faute de Naruto. Et puis, c'est pas si courant, tu vas donner une mauvaise image de moi à Tenten.

 — Je crois que tu t'en charges très bien sans moi…

Tenten se mit à rire. Il était étrange de se retrouver soudain seuls dans la nuit et le silence après l'effervescence de la soirée. La musique semblait encore résonner à ses oreilles alors que le vent faisait bruisser les feuilles des haies bordant la rue. Sans rien dire, elle jeta un oeil au profil de Neji qui se découpait à la lueur des réverbères : comment Ino pouvait-elle l'approcher de si près alors qu'elle, elle était intimidée au point d'éviter ses regards ? Etait-elle la seule à l'appréhender autant ? 

Ils avancèrent tranquillement en marchant au beau milieu de la route, accompagnés par le seul bruit de leurs pas sur le bitume. Tout était calme et paisible. Tenten se mit à chantonner.

 — Lee, ne t'endors pas ! menaça Neji quand il s'aperçut que son ami se laissait de plus en plus porter.

 — Non non…

 — C'est loin, chez toi ? demanda Tenten, à bout de souffle.

 — On fait une pause, décida Neji en se laissant tomber sur le rebord de bois entourant le terrain de foot qu'ils longeaient depuis dix minutes.

Lee s'assit à son tour sur le rebord, chancela puis bascula en arrière en entraînant Neji et Tenten avec lui. Ils s'effondrèrent brutalement dans l'herbe humide, le souffle coupé par le choc.

 — Lee, espèce de… grimaça Neji en frottant le bras qu'il avait instinctivement tendu pour amortir sa chute.

 — Désolé…

Occupée à dégager sa jambe de celle de Lee, Tenten ne vit pas tout de suite le panorama qui s'offrait à elle.

 — Regardez les étoiles ! s'exclama-t-elle soudain.

Ils levèrent les yeux :

 — Wouah…

 — La Grande Ourse, reconnut Tenten en désignant la constellation du doigt. Et là-bas, Cassiopée !

 — Laquelle ?

 — Le W près du lampadaire…

 — Là, la Lyre, dit Neji en se prêtant au jeu.

 — Et là, un lapin géant avec une carotte !

 — Non, Lee… C'est la lune.

 — On voit bien l'Aigle, aussi…

 — Il y a une légende sur la Lyre et l'Aigle dans l'astrologie chinoise, dit Tenten. On dit qu'il s'agit d'un paysan et d'une déesse séparés par la Voie Lactée.

 — Il leur est arrivé quoi ? demanda Lee qui se mit à chercher des yeux les constellations en question.

La tâche n'était pas facilitée par le fait qu'il voyait double.

 — Ils se sont mariés et ont eu des enfants, mais les parents de la déesse sont venus la ramener de force dans le ciel. Pour empêcher son mari de la rejoindre, ils ont tracé une rivière entre eux.

 — Elle est triste, ton histoire, sanglota Lee.

 — La fin est moins déprimante, s'empressa de raconter Tenten. Lassés d'entendre les deux époux pleurer chacun de leur côté, les dieux leur ont permis de se rencontrer une fois par an…

 — …Quand les oiseaux forment un pont à travers la Voie lactée, acheva Neji.

Interpellée par les reniflements à sa droite, Tenten tourna la tête pour découvrir que Lee pleurait à chaudes larmes. Elle échangea un regard perplexe avec Neji.

 — Il a l'alcool triste, découvrit-il. Je ne savais pas.

 — Tu sais, il y a plein d'autres légendes plus sympa, reprit Tenten en essayant de l'apaiser. Tiens, sur les signes du Zodiac, par exemple. Tu sais pourquoi le cochon est le dernier ?

 — N… Non…

 — Alors en fait, une grande course avait été organisée entre les animaux pour déterminer leur ordre, et le cochon s'était porté volontaire pour arbitrer la compétition…

Ils restèrent allongés dans l'herbe humide à se raconter des brides du folklore asiatique jusqu'à ce que le ciel ne commence à s'éclaircir. Frigorifiés, ils se levèrent alors et rebroussèrent chemin en abandonnant l'idée ambitieuse de traverser la ville pour atteindre la maison de Lee. De retour dans le salon enfin désert, ils s'affalèrent dans des fauteuils et s'endormirent comme des masses.

 

 

  Commenter ce chapitre 
<< ( Préc ) ( Suiv ) >>



© Fanfic Fr 2003 - 2020 / Mentions légales