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Lady Oscar

Solitude à deux
[Histoire Terminée]
Auteur: venusia45 Vue: 419
[Publiée le: 2016-01-30]    [Mise à Jour: 2016-02-05]
13+  Signaler Général/Amitié/Réflexions Commentaires : 3
Description:
Episode 26 : André s'absente de plus en plus souvent le soir. Oscar s'interroge...

Cette fic comportera deux chapitres, qui peuvent se lire chacun comme des"one-shot": le premier est écrit du point de vue d'Oscar, le second, du point de vue d'André.
Crédits:
Les personnages de La rose de Versailles appartiennent à leur auteur, Riyoko Ikeda.
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Solitude à deux: André

[1811 mots]
Publié le: 2016-02-05Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Voici la seconde partie de cette fic. Merci de votre lecture !

Solitude à deux : André



« Parce que c'était lui, parce que c'était moi » (Montaigne, Essais)



Ce soir-là, il était sorti. Encore une fois.


Il avait diligemment achevé ses corvées, s'assurant que Grand-Mère n'avait plus besoin de lui. Il ne s'agissait pas de se faire remarquer par sa négligence.


Oh non surtout pas ce soir !


Il s'était ensuite éclipsé, prenant garde à ce qu'elle ne le suive pas.


Elle, Oscar, celle qu'il servait, depuis son enfance.


S'assurant qu'elle n'avait plus besoin de ses services, qu'elle ne le manderait pas à la nuit tombée pour quelque mission. Sa dernière lubie consistait à vouloir pourchasser ce bandit masqué que l'on nommait le Masque Noir. En tant que capitaine des gardes royales, il n'était pourtant pas dans ses attributions de mettre fin à ses agissements, mais ce qu'Oscar voulait...


Impossible de la faire changer d'avis, comme toujours !


André avait sans succès tenté d'objecter à son adorable obstinée que cette opération ne la concernait pas, qu'il n'était guère prudent de pourchasser ce voleur, et que ses actions, somme toute, n'avaient rien de répréhensible. Rien toutefois n'était parvenu à faire revenir cette tête de mule aux cheveux d'or sur sa décision. Elle qui détestait les mondanités avait commencé à fréquenter assidûment les bals de la noblesse, dans l'espoir de retrouver son mystérieux voleur, traînant son ami de toujours avec elle.


Mais pas ce soir.


Il ne la rejoindrait pas non plus dans ses appartements comme il le faisait souvent. Là, autour d'un chocolat, il la laissait parler ou garder le silence, il la contemplait, se repaissant de sa présence, il la laissait être sa lumière et se réjouissait d'être son ombre.


Il l'aimait, tout simplement.


Au point de tout partager avec elle depuis plus de quinze ans.


Au point de lui vouer ses jours et ses nuits, sa vie tout entière, son passé et son avenir, ni plus ni moins.


Mais ce soir il ne se tiendrait pas à ses côtés.


Il avait attendu la tombée de la nuit avant de sortir discrètement pour rejoindre, une nouvelle fois, cette petite chapelle perdue au milieu des champs, loin des somptueuses demeures de Versailles, loin des bals dans lesquels la noblesse décadente s'étourdissait, faute de comprendre qu'elle aurait bientôt à opérer des choix rien moins que douloureux.


Il y avait retrouvé ses semblables, des gens du peuple, des commerçants, des bourgeois, et même des hobereaux et des nobles désargentés séduits par la force de conviction de ce vieux prêtre qui, sans haine, sans acrimonie et sans un mot plus haut que l'autre, assénait d'une voix sûre et grave ces évidence auxquelles tous ne croyaient pas encore et qui allaient cependant cimenter leur destinée.


Bientôt. Très bientôt.


André était séduit par ces pensées nouvelles. Par ces discours qui mettaient sur le même plan le noble et le roturier, l'intellectuel et l'artisan, le médecin et le paysan. Son intelligence et la finesse de son esprit l'engageaient à prendre parti pour ces idées qui traçaient le lit d'une France plus juste. Il voulait y croire, il voulait le vivre, et il voulait qu'elle aussi le vive.


Mais de tout cela, il ne s'était pas encore ouvert à elle.


Il n'osait pas. Pas encore.


Son cœur saignait de ces secrets. Il souffrait de son absence, et brûlait en même temps de lui faire partager son engagement. Et pourtant il persistait à taire ses promenades nocturnes.


Pourrait-elle comprendre ces revendications, légitimes à ses yeux, mais qui remettaient en cause tout ce qui scellait son existence ?


Malgré ses grandes qualités elle restait une aristocrate, attachée à la noblesse et à ses privilèges. Oh, bien sûr, depuis leur séjour à Arras, elle s'avérait plus sensible au sort du peuple, parfois contraint de choisir entre soigner un enfant et vendre une vache, entre survivre et subsister. Il avait noté la fièvre dans son regard ce soir-là, son air décidé lorsqu'elle avait emmené le petit Gilbert chez le médecin, qu'elle avait payé ses soins, qu'elle lui avait sauvé la vie1...Comme il l'avait trouvée belle ce soir-là, comme son cœur s'était gonflé d'orgueil et d'amour de servir une telle femme...Comme il avait cru et espéré ce jour-là...


Mais depuis, elle était revenue chez elle et avait subi les foudres d'un père qui ne sentait pas tourner le vent de l'Histoire...


Et puis...il y avait eu...Lui.


Elle s'était perdue et étourdie dans le menuet d'un premier amour.


Elle avait entrevu l'éclat des prunelles de ce beau gentilhomme venu des rives nordiques...


Et rien n'avait plus été pareil...


Elle compatissait au sort de la reine, voulait la préserver, y jetait toutes ses forces, vilipendait ce Masque noir dérobant aux riches ce qu'il redonnait aux pauvres, accomplissant cette justice que la société tout entière appelait de ses vœux.


Loin des méandres de son cœur amoureux.


Loin de ce qui le poussait sur les routes ces soirs-là.


Et il se prenait à culpabiliser...De ces secrets, de cette irrémédiable solitude à deux qui les guettait, de cet éloignement inéluctable qui séparait leurs deux mondes. Celui de cette femme adorée, tout d'or et de lumière, et son monde à lui, d'ombre et de chuchotements.


Lui, pris entre deux mondes, la roture et la noblesse, sans appartenir pleinement ni à l'un ni à l'autre.


Et donc méprisé par l'un et par l'autre.


De sa proximité avec la noblesse, il avait reçu une solide éducation, lui qui avait bénéficié des cours dispensés à Oscar par son précepteur. Il savait lire et écrire...d'ailleurs, voler les romans interdits dans la bibliothèque familiale avait constitué jadis l'un des sports favoris des deux enfants ! La finesse de son raisonnement nourri de la connaissance des plus grands noms de la littérature et de la philosophie n'avait d'égale que la force sereine avec laquelle il avançait ses certitudes. Il avait en effet trempé son âme à la fréquentation de l'aristocratie depuis son enfance, en avait vu les subtilités et les travers, les élégances et les ombres, en connaissait les contours et les dégradés, ceux-là même dont il entendait parler durant ces causeries nocturnes.


Il avait, avec Oscar, éprouvé la joie d'être traité en égal, obéissant aux vœux du général de Jarjayes qui désirait apporter à celui qu'il considérait comme son fils la proximité d'une compagnie masculine destinée à affermir son âme et à aguerrir son caractère.


Il avait appris l'art de l'escrime, réservé aux plus hautes sphères de la noblesse d'épée.


Il n'avait jamais connu la faim. Non, jamais il n'avait dû se battre pour assurer sa subsistance, ce qui lui attirait le dédain de ses comparses, méprisant ce roturier qui avait l'audace de regarder vers les étoiles...


Et, surtout, malgré tous les projets de son père, il avait pu à jamais attacher son cœur, ses pas et son âme à Celle qu'il suivait, qu'il protégeait, pour qui il aurait donné plus que sa vie.


Elle qu'il aimait. Follement, désespérément, éperdument.


Elle qu'il se sentait trahir en ce jour, préférant aux ors de Versailles et aux chuchotements des conversations délicates la rudesse des tourments du peuple.


De ce peuple, justement, il avait l'extraction, l'absence de perspective, la nécessité de travailler de ses mains – plutôt bien d'ailleurs, sa tâche de palefrenier, cette proximité et ces accointances avec les chevaux lui plaisaient infiniment, il le reconnaissait –.


Il devait supporter les regards teintés de mépris, l'orgueil mal placé de ceux qui, parce qu'ils étaient nés grands seigneurs, se croyaient dotés de qualités exceptionnelles, et dont la morgue stupéfiante le suivait tous les jours. Oh oui, comme il les ressentait, ces airs bouffis de suffisance, emplis d'arrogance pour le laquais, le valet, l'invisible qui osait pénétrer à Versailles aux côtés du colonel de la Garde, tachant de sa roture la noblesse des parquets cirés, la finesse des miroirs et des tentures, l'élégance des conversations affables et courtoises !...Alors il haussait les épaules, se contentant de la suivre, Elle, son maître, sa lumière, son Unique.


Mais depuis quand ne lui accordait-il plus totalement sa confiance ? Depuis quand renfermait-il ses secrets dans le fond de son cœur ? Depuis quand avait-elle cessé d'être cette Unique à ses yeux ?


Peut-être depuis cet Autre, qu'il estimait pourtant et qui avait éveillé à son corps défendant au fond de son cœur les affres de la jalousie pour celle dont il voulait rester l'Ombre, la seule, l'exclusive.


Peut-être aussi depuis que son propre cœur avait cessé de la considérer comme une sœur, un frère, un compagnon d'armes pour ne plus voir que la femme derrière le soldat.


Peut-être depuis qu'il avait compris, par conséquent, que cette roture le condamnait à n'aimer que dans sa caste. Qui n'était pas la sienne.


Peut-être depuis que leur amitié était entachée de la souffrance de cet amour perdu et condamné d'avance.


Peut-être également depuis qu'il avait pressenti que ce peuple, étouffé de mépris et de désespoir, se rebellerait un jour. Et que ce désespoir portait en lui les ferments d'un renouveau, germant dans le sang du monde ancien.


De son monde à Elle.


Ce monde qui se tordait dans les dernières flammes de son agonie, ce monde dont les Lumières jetaient les dernières lueurs avant de recouvrir de leurs cendres les reliques de ce siècle déjà passé.


Elle, sa Lumière, son éclat, serait-elle également brûlée par le feu destructeur des idées nouvelles ?


Son cœur refusait cette hypothèse.


Il devait la protéger


il devait lui en parler.


Demain.


Demain il le ferait. Il l’emmènerait avec lui. Il lui montrerait ce peuple qui souffrait.


Il se le devait.


Il le lui devait.


Pour la confiance qu'il lui avait toujours témoignée.


Pour sa finesse d'esprit et ce sens de la justice qui avait germé à Arras et ne demandait sans doute qu'à refleurir.


Parce qu'il ne l'aurait pas aimée si elle n'avait éclaboussé de son panache et de sa probité tous ceux qui l'entouraient.


Pour l'honneur.


Pour l'amour.


Pour eux. Eux deux.



FIN


1Episode 13, « Vent d'Arras, réponds-moi ! »

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