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Animes-Mangas

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Kuroko no Basket

Un nouveau défi
[Histoire Terminée]
Auteur: elane Vue: 13799
[Publiée le: 2015-11-11]    [Mise à Jour: 2017-02-01]
13+  Signaler Général/Suspense/Amitié Commentaires : 80
Description:
La coupe du monde des moins de dix-neuf ans commence dans un mois et le Japon est prêt à présenter la meilleure équipe de son histoire. Au programme, la réunion de la GM avec quelques ajouts intéressants, du basket, du suspens, de l'humour et plein d'autres choses.

Attention, il s'agit de la suite de "Kise".
Crédits:
Rien à moi
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Vingt-deux

[3373 mots]
Publié le: 2016-04-20Format imprimable  
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Jeudi

Appartement des Kise

7h01

 

 

Akiko est en train de préparer ses affaires pour son voyage en Corée. Akane lui avait dit de se tenir prête pour 9h00, un taxi viendrait la chercher et elle est encore en train de se demander si elle allait emporter ou non ses dernières notes sur les parties de Lee Sedol contre AlphaGo lorsque son téléphone vibre dans sa poche.

Elle répond machinalement à Akane, les yeux encore perdus sur ses feuilles.

            - Je suis en bas de chez vous, dit-elle. Le départ a été avancé, on part tout de suite.

Rapidement, elle court lui ouvrir la porte et une petite minute plus tard, la jeune femme est à ses côtés, l’aidant dans ses derniers préparatifs avec beaucoup de hâte.

            - Dites-moi Akane san, comment le voyage peut-il être avancé ?

Des retards dans les voyages en avion, c’est compréhensible… Mais un départ avancé, ça s’est nouveau.

            - Monsieur Akashi a demandé au pilote de partir plus tôt ? ironise Akiko avec un petit sourire.

            - Bien sûr, lui répond sans saisir une seule seconde l’ironie du propos la jeune femme.

Soufflée une seconde par la réponse, Akiko en perd le fil de ses préparatifs et répond d’un air absent à Akane quand elle lui demande si elle peut vérifier qu’elle a bien tous ses papiers et son passeport qu’ils « sont au fond de son sac ».

Son sang ne fait qu’un tour lorsqu’elle se souvient qu’il y a autre chose au fond de son sac.

La lettre de son père.

Elle sort de sa chambre, oubliant ses notes et son sac pour regarder la lettre posée sur la table du salon.

            - Vous auriez dû m’en parler, dit Akane du ton chargé de reproches inquiets que l’on utilise face à un enfant qui cache à ses parents que ses camarades de classe le martyrisent pendant la récréation.

Et à cet instant, Akiko se demande bien pourquoi ? Et oui, ça l’énerve. Mais Akane ne lui laisse pas le temps de déverser sa tension dans un flot de paroles idiot.

            - Vous devez savoir, continue Akane, que je connais la situation, toute votre situation, car Monsieur Akashi m’a tout expliqué. Vous devez comprendre que quoi qu’il se passe en Corée, quoi que renferme cette lettre, je suis de votre côté parce que mon seul travail est de faire en sorte que tout se passe bien pour vous.

Akane prend ses mains qui tremblent dans les siennes :

            - Je suis inconditionnellement de votre côté.

Et soudain, alors qu’Akane prend la lettre et la glisse dans son propre sac, elle sent un poids énorme qu’elle ignorait porter dans son cœur se volatiliser.

Oui, elle avait eu besoin d’entendre ces mots.

            - On en reparlera plus tard, dit Akane, nous sommes pressées.

Akiko regarde Akane prendre ses bagages et pour la première fois, se rendre en Corée ne lui paraît plus si difficile.

 

 

Aéroport de Tokyo

Quelques minutes plus tard

 

 

En levant les yeux vers l’appareil, Akiko n’arrive à focaliser son esprit que sur trois petits mots « Oh mon Dieu ! ».

Un jet privé !

Un bel appareil blanc avec le discret signe rouge du groupe Akashi sur le flanc gauche.

Elle avait dû passer pour une idiote quand elle avait demandé à Akane si Monsieur Akashi avait demandé au pilote de partir plus tôt.

Bien sûr qu’il l’avait fait !

Rapidement, elle reprend ses esprits et grimpe les quelques marches qui mènent à l’appareil, salut le pilote et l’hôtesse. Elle commence lentement à comprendre qu’elle allait passer les prochaines heures avec Akane à ses côtés qui resteraient sûrement silencieuse et Monsieur Akashi en face d’elle dans une sorte de tête à tête dans une boite de métal au milieu des nuages.

Contrairement à son frère, les voyages en avion ne l’avaient jamais fasciné. Pire, ils la rendaient toujours un peu nerveuse. Et elle sait déjà que ça allait être le voyage le plus long de sa vie.

L’intérieur de l’avion est moderne et confortable, plus organisé comme un salon avec une petite table entourée de banquettes et de sièges, un coin avec un table de travail et un ordinateur qui ressemble à un bureau et un grand bar en bois clair.

Sur la table du salon, un goban est posé. Une délicate attention qui lui rend l’endroit presque familier. Elle s’assoit et remarque avec étonnement que malgré son aspect plus que traditionnelle en bois massif, il est aimanté pour que les pierres soient fixées sur le plateau.

Quelques minutes après le décollage, elle pose les premiers coups d’une partie qu’elle étudiait sur le plateau d’un geste machinal qui la rassure sous le regard attentif d’Akane qui reste sagement en retrait.

Monsieur Akashi se place face à elle :

            - Je suis désolé de ce départ précipité, j’avais des affaires urgentes à régler.

Akiko n’ose pas dire que cela l’avait plus rendue perplexe que dérangée. Parce qu’elle n’avait pas vraiment compris ce qu’un voyage en avion avec Monsieur Akashi signifie. Elle avait plus ou moins imaginé se retrouver en business class, côte à côte avec Monsieur Akashi.

Ils ne vivent définitivement pas dans le même monde.

            - Vous voulez faire une partie ? demande Akiko.

En tant que pro, elle sait qu’un amateur n’osera jamais lui demander une partie de son propre chef. Parce qu’une partie avec un professionnel a un coût et que c’est avant tout un métier. Son métier.

Ce n’est donc pas une demande anodine et Monsieur Akashi est en plus que conscient.

            - Je préfère le shogi, dit-il mais pourquoi pas.

Et il ne faut pas plus de quelques coups à Akiko pour évaluer son niveau. Monsieur Akashi préfère peut-être le shogi mais il maîtrise le go presque aussi bien qu’un professionnel. Les deux pierres de handicap qu’elle lui a accordé ne rendent en rien la partie facile.

C’est un adversaire féroce et un calculateur hors pair et lorsque le début du combat commence, elle met une bonne minute à évaluer la situation pour se rendre compte qu’elle n’a pas encore récupéré son retard dû aux pierres de handicap.

A deux pierres.

Impressionnant.

            - Vous devez être redoutable au shogi, dit Akiko.

            - J’ai le même niveau, dit-il, j’ai juste eu besoin de plus travailler le go que le shogi pour arriver à un niveau convenable.

Convenable ? Son niveau au go n’a rien de convenable pense ironiquement Akiko qui se bat de toutes ses forces pour ne pas perdre le combat qui s’engage sur le plateau. Mais ce semblant d’aveu en dit long sur le père de Seijuro.

            - J’ai toujours préféré le shogi, continue-t-il. Au go, chaque pierre à la même valeur alors que sur un plateau de shogi, chaque pièce a son rôle, ses propres capacités et un destin qui lui est propre. A mes yeux, il n’y a aucun jeu qui symbolise plus la vie que ce jeu.

Akiko prend à son tour une pierre pour répondre à l’attaque de son adversaire.

            - Je ne suis pas d’accord, répond-elle…

A cet instant, elle se rend compte que rares sont les personnes qui avaient commencé une phrase par ces mots en parlant à Mr Akashi.

Et curieusement, elle voit une petite lueur d’amusement dans ses yeux noirs si brève et intense que l’espace d’un instant elle se demande si elle n’est pas en train de rêver.

            - Il est vrai qu’avant d’être placée sur le plateau, chaque pierre a la même valeur, dit-elle en prenant ne pierre dans sa paume. Mais ce qui détermine la véritable valeur d’une pierre, ce n’est pas le fait qu’elles valent toutes le même nombre de points si elles sont capturées. Non, c’est leur position sur le plateau qui leur donne toute leur importance, c’est leur position et la façon dont le jeu évolue autour d’elles qui leur donne leur véritable potentiel.

D’un geste, elle montre toutes les phases décisives du combat où chaque coup pouvait renverser la partie.

            - Je ne crois pas qu’il y ait une seule situation ou une seule personne qui ne puisse se retrouver dans ce jeu, continue Akiko.

Monsieur Akashi esquisse un minuscule sourire. Et Akiko voit au regard d’Akane qui observe la scène en retrait que c’est un évènement suffisamment rare pour lui faire perdre son impassibilité légendaire.

            - Et vous-même, vous vous situez où dans ce jeu ? demande Monsieur Akashi.

Décontenancée par la question, Akiko réfléchit sérieusement en regardant la partie. Perdue dans les différentes phases de la partie, la réponse lui paraît soudain évidente.

            - Je suis là, dit-elle en montrant une pierre.

Monsieur Akashi hoche lentement la tête comprenant tout à fait où Akiko veut en venir.

Cette pierre, c’est la première attaque qu’Akiko avait lancée contre son bord sud. Elle est porteuse d’une question, d’un espoir et le début de quelque chose d’aussi incertain que décisif.

Oui, c’est une réponse juste, à la fois pleine de doutes et d’une certaine sagesse, à la fois empreinte d’un ego fort et d’une humilité troublante.

Une pierre à la croisée de deux chemins si différents qu’elle en devient presque vertigineuse.

            - Et moi ? demande Monsieur Akashi

Akiko sait que quelque part dans son esprit, elle devrait refuser ou au moins prendre beaucoup de précaution pour répondre à cette question loin d’être anodine.

Oui, son instinct de survie devrait quelque part tirer un signal d’alarme dans sa petite tête.

Mais comme toujours lorsqu’elle joue, elle se sent irrésistiblement attirée par le jeu et le défi de cette question. Alors elle prend tout son temps pour réfléchir.

Et elle sait.

C’est tellement simple.

            - Vous êtes là, dit-elle en montrant une pierre.

Monsieur Akashi observe le plateau avec le plus grand sérieux.

Cette pierre.

Un point vital de son groupe principal, une pierre qui assure la vie de tout un groupe. Une pierre qui tant qu’elle résisterait à ses attaques permettrait à toutes celles de son groupe de survivre et d’évoluer, une pierre indispensable et au cœur de tout, une pierre décisive pour l’issue de cette partie.

            - Je comprends, lui répond-il.

Et tout d’un coup, Akiko sait comment renverser la partie en détruisant ce point vital et le forcer à abandonner. Monsieur Akashi avait négligé certaines failles dans son bord est. Une petite et minuscule faiblesse dans cet immense groupe.

Au moment où Akiko porte son attaque qui ne laisse aucune chance à Monsieur Akashi, elle ouvre la bouche pour lui répondre. Elle sait déjà qu’elle regrettera ce qu’elle s’apprête à dire mais c’est plus fort qu’elle.

            - Le problème de ce genre de position, continue-t-elle, c’est que l’on a tendance à oublier la réelle importance, les forces et les faiblesses de chacun des membres qui constituent son groupe …

Alors qu’elle porte le coup de grâce, elle ajoute :

- … surtout les plus proches.

 

Hôtel Okura

Chambre d’Akashi

7h41

 

 

Seijuro sort de sa douche, les cheveux encore trempés et une serviette ceinte sur les reins. Il ferme les yeux un instant en se repensant aux matchs de l’Espagne qu’il avait vus hier. Cela remuait tant de mauvais souvenirs, des souvenirs pas si lointains.

Des souvenirs qu’il vit comme une honte grandissante qui assombrit son cœur et sa raison. Il a presque peur de se tourner vers la glace de sa petite salle de bain et d’y croiser son propre regard.

Il n’avait jamais été du genre à se laisser aller à ce genre d’introspection mélancolique mais observer jouer cet espagnol le plonge dans le même état d’esprit que lorsqu’il avait regardé l’autre agir. Il était un spectateur impuissant et pourtant il reconnaissait chacun de ses gestes, chacune de ses attitudes.

Ce jeune meneur lui offre un reflet noir qu’il ne reconnait que trop bien.

Rapidement, il enfile sa tenue, un short et un t-shirt noir avec le drapeau du Japon sur le cœur et son numéro et son nom dans le dos. Le numéro quatre, celui traditionnellement réservé au capitaine de l’équipe.

Il avait vraiment cru que la coach allait le destituer après sa prestation pendant le match face aux français. Mais non seulement elle ne l’avait pas déchu de son rôle mais elle n’avait pas non plus détourné les yeux sur la situation. Elle l’avait regardé en face et tenté de la comprendre sans le juger, elle avait essayé de composer avec ce qui était plutôt que de détourner les yeux devant la situation comme tous ceux avant elle qui n’avaient jamais affronté l’autre.

Et pour la première fois depuis bien longtemps, il avait senti l’autre, tapi dans les tréfonds de son esprit, décontenancé par cette analyse simple et sans concession.

Deux coups brefs à sa porte le sortent de ses réflexions et il ouvre la porte de sa chambre pour tomber sur Murasakibara qui n’a pas l’air très réveillé.

D’un hochement de tête, il le salut et ils descendent les deux étages qui les mènent à la salle commune. La chambre d’Atsushi se trouve en face de la sienne, sur le même palier. Mais c’est bien la première fois qu’il se lève avant lui et qu’il l’accompagne.

C’est dire à quel point ils sont en retard.

Il ne faut pas être un génie pour sentir que Murasakibara est troublé par sa présence. Pourtant, il avait tenu à l’accompagner. Et à regarder des matchs de l’Espagne avec lui hier soir.

Beaucoup de matchs. Trop de matchs, pense-t-il en étouffant un bâillement de fatigue.

Atsushi en avait oublié d’aller se chercher à manger.

Pas une chose si anodine quand on connait Murasakibara.

Akashi peut presque le voir, cet étrange voile chargé des noirs souvenirs de l’époque Teiko se tendre entre eux.

Atsushi n’est pas que gêné en sa présence, il se sent coupable.

A cet instant, Akashi aimerait trouver les mots qui permettent de dissiper ce voile sombre qui s’est installé entre eux, des mots qui pourraient lui permettre de retrouver le regard franc de son ami qui marche à ses côtés.

Mais il se demande bien quelle formule magique pourrait accomplir un tel miracle ?

Une fois arrivés dans la salle commune, ils remarquent qu’ils sont bons derniers à entrer dans la salle commune. Un état de fait qui aurait surpris son monde si l’assemblée était un peu plus éveillée.

Il récupère une tasse de thé et Murasakibara attrape une pâtisserie et s’assoient en face l’un de l’autre lorsque de lui lorsque la coach arrive devant leur table.

Il ne faut pas être un fin observateur pour se rendre compte que petit un, elle n’a pas eu son premier café matinal, et que petit deux, elle est énervée.

Contre eux.

Avec un détachement étrange, Akashi se dit que c’est une situation bien nouvelle.

Et lorsque Louise encore debout se plante face à eux, plisse les yeux, profite du fait qu’elle soit debout et eux assis pour agripper ses deux mains sur leurs têtes comme s’ils étaient des poupées de chiffon, il se dit que c’est nouveau et bien peu agréable.

            - Alors comme ça, on vient de me dire que vous avez passé toute la nuit à regarder les matchs que je t’avais donné Akashi ! Toute la nuit ! A quelques jours du début de la compétition ! Vous savez ce que c’est une fracture de fatigue, vous savez ce que vous risquez à aller à l’entraînement dans cet état ! Vous…

Akashi n’écoute plus vraiment.

La diatribe continue quelques instants encore et tête baissée, il peut deviner les regards agrandis de stupeur et les bouches bées autour de lui.

Lui, Akashi Seijuro, se faire gronder comme un gamin…

Son orgueil n’allait pas y survivre !

Il ne demande pas son reste quand elle les envoie prendre un peu de repos avant le début de l’entraînement.

Et lorsqu’il se retrouve à nouveau dans le couloir menant à sa chambre, la fatigue associée à l’incongru de la situation lui donnent envie de rire.

Pas qu’envie, il a du mal à retenir cet éclat nerveux qu’il porte au bord des lèvres.

C’est loin d’être tonitruant ou même audible. C’est presque délicat. Mais venant d’Akashi c’est définitivement quelque chose de nouveau. Et hors norme.

Il baisse la tête, passant une main devant sa bouche, priant pour qu’Atsushi ne l’entende pas.

Peine perdue, pense-t-il en voyant Murasakibara se retourner vers lui avec étonnement. Et un peu d’inquiétude aussi.

            - Pardonne-moi, parvient à articuler Akashi, c’est la première fois de ma vie que je me fais gronder comme un gamin qu’on envoie dans sa chambre sans diner parce qu’il n’aurait pas voulu manger ses légumes.

Oui, toute sa vie, il n’avait obtenu que des encouragements de la part de sa mère, des louanges de la part de ses professeurs, de la crainte de la part de ses adversaires et de l’indifférence ou au mieux du mépris de la part de son père.

Cette simple pensée aurait pu lui ôter toute envie de rire mais Murasakibara l’imite à son tour et Akashi l’invite à rentrer dans sa chambre, lui proposant une chaise alors qu’ils brûlent leur tension nerveuse dans un rire idiot.

Et au bout d’une longue minute, Akashi relève la tête lentement.

            - Les choses n’auraient jamais pris de telles proportions à Teiko si on avait été grondés comme les sales gosses que nous étions auraient dû l’être, marmonne-t-il.

Akashi le regarde avec surprise.

Beaucoup jugeaient Murasakibara sur son apparence et ses manières enfantines et en oubliaient qu’il savait observer avec une incroyable finesse les gens et les situations. Il avait juste une façon bien à lui de souligner des évidences pas si simples à saisir.

            - Je crois bien que tu as raison. Si le coach de Teiko s’était affirmé, tout aurait été sûrement bien différent. Nous n’étions que des gosses…

            - Des sales gosses, le reprend Murasakibara en riant nerveusement.

Hors norme et complètement perdus, aurait voulu répondre Akashi mais il préfère joindre son rire à celui de son ami.

Parce que oui, ça fait un bien fou de rire comme un idiot.

Et lorsque toute la tension qui s’étire en eux s’est consumée dans ce débordement dont Akashi n’a pas l’habitude, le silence reprend ses droits et Atsushi ose enfin aborder le sujet qui restait en suspend entre eux depuis trop longtemps.

            - Je voulais te dire que je suis désolé, vraiment désolé, de tout ce que je t’ai fait, de ce que je t’ai forcé à devenir à Teiko. Tout a commencé à cause de moi, parce que j’ai…

            - Non, tu…

            - Laisse-moi finir, l’interrompt Atsushi sérieux, j’en ai besoin. Je n’aurais jamais dû te défier comme je l’ai fait, je n’aurai jamais dû te proposer ce duel idiot. J’aurais dû comprendre que la valeur d’un joueur ne se mesure pas au nombre de paniers qu’il est capable de mettre. Je t’ai forcé à changer pour répondre à mes exigences idiotes.

Atsushi baisse les yeux comme un enfant qui se sent coupable :

            - Tout est de ma faute.

Est-ce que tu pourrais en vouloir à la dernière goutte qui fait déborder un vase déjà plein ? pense Seijuro.

Mais il sait que c’est une vérité que Murasakibara n’est pas prêt à l’entendre.

            - Si tu es capable de me pardonner un jour tout ce que j’ai fait, je ne vois pas comment je pourrais t’en vouloir.

            - Il n’y a rien à pardonner, tout était de la faute de l’autre

Et l’autre, c’est moi qui l’ait fait surgir des ombres, termine son regard.

Akashi sait qu’il a besoin d’entendre ces simples mots :

            - Je ne t’en veux pas, je ne t’en ai jamais voulu.

Le regard de son ami change. Et de ce voile épais qui se tendait entre eux, il n’en reste que des lambeaux qui mettraient surement des années à disparaître totalement.

Rien ne serait jamais comme avant.

Mais à cet instant, ils avaient fait un pas l’un vers l’autre.

            - Hé Akashi, dit Murasakibara en promenant son regard paresseux sur la petite pièce, tu sais que tu es la première personne que je connais qui a une chambre plus propre et mieux rangée qu’au premier jour.

Akashi se remémore à toute vitesse le petit cabinet des curiosités qu’est devenue la chambre de Midorima, la capharnaüm d’Aomine à l’image de ses casiers à Teiko et la réserve de nourriture qui leur aurait permis à tous de tenir un siège pendant plusieurs jours dans la chambre de Murasakibara…

Et oui, cela fait un bien fou de rire comme un idiot parfois.

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