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Kuroko no Basket

Pénombres
[Histoire Terminée]
Auteur: elane Vue: 5543
[Publiée le: 2015-07-16]    [Mise à Jour: 2015-10-24]
13+  Signaler Romance/Amitié Commentaires : 11
Description:
Les véritables raisons qui ont amenées Kuroko à refuser la proposition de Kise qui aurait tout fait pour devenir sa nouvelle lumière.
Crédits:
Rien à moi.
<< ( Préc )
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Vingt quatre

[11932 mots]
Publié le: 2015-10-24Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Le dernier chapitre et un de ceux que j'ai préféré écrire.
J'espère qu'il vous plaira.

Maji Burger

Quelques jours plus tard

2 Juillet 2015

 

Les cinq membres de la génération miracle sont presque obligés de se pincer pour vérifier qu’ils ne sont pas en train de rêver en écoutant parler leur ancienne ombre qui est entouré de ces deux étrangers aux yeux verts. Enfin presque tous puisque Kise sourit fièrement en buvant ses paroles.

Depuis dix bonnes minutes, Kuroko parle sans discontinuer et avec plus d’énergie qu’il en montrait dans les moments décisifs des matchs les plus tendus.

Et tout y passe dans un désordre empressé dont Kuroko n’avait jamais fait preuve devant eux. Chaque match, chaque concours, le fait qu’il avait assisté à plusieurs matchs aux côté de son idole dans les tribunes, qu’il lui avait même montré une de ses passes et que…

-          On a plus ou moins compris, dit doucement mais fermement Akashi, que cette semaine avait été magique. Mais cela ne nous dit pas pourquoi tu nous as convoqués.

Kise lance un regard en coin à Akashi. Kuroko ne les avait pas convoqués. Il leur avait demandé de venir et ils étaient tous venus. Tout simplement.

-          Avec Kise kun, on a un projet pour l’année prochaine.

Kuroko est redevenu lui-même, calme et sérieux, et tous l’écoutent avec la plus grande attention.

-          Ce tournoi accepte toutes les équipes, pro ou amateurs. Grâce à la notoriété de Kise kun, on a commencé à faire une recherche de sponsors pour monter une équipe pour participer au tournoi, dit-il en regardant tous ses anciens équipiers et sa nouvelle lumière.

Et soudain ils prennent conscience de toutes les implications de ce que vient de dire Kuroko.

Aomine trépigne déjà à l’idée de se mesurer à tous ceux qui pourraient se dresser devant eux, amateur ou pro.

Midorima tente une seconde de réprimer son sourire sans y parvenir.

Kagami explose de joie en tendant son poing à Kise et Kuroko. Et à cet instant, il ne sait pas ce qu’il aime le plus, le fait de pouvoir bientôt jouer des matchs incroyables contre des adversaires des quatre coins du monde ou celui de se sentir enfin accepter par ce groupe aussi extraordinaire que singulier. Peut-être bien les deux.

Murasakibara sourit en se disant qu’il allait pouvoir goûter tant de nouvelles sucreries parce que s’il y a un pays réputé pour ses desserts, c’est bien la France ! Il est aussi content de pouvoir jouer avec ses anciens équipiers mais l’un ne pouvait pas empêcher l’autre.

Akashi quant à lui a déjà au moins quatre plans en tête pour trouver l’argent pour financer leur expédition. Et en voyant le sourire de ses anciens équipiers, il décide à son tour de laisser ses réflexions et de se lancer comme ses amis dans l’escalade des suppositions sur ce qui pourrait bien leur arriver pendant ce tournoi. Des suppositions qu’il aurait trouvées ridicules s’il n’arrivait pas à réprimer son petit sourire idiot lorsque Kuroko se tourne vers lui en l’appelant capitaine.

Akashi prend lentement conscience de tout ce que cette proposition implique. Ils allaient devoir se voir régulièrement, apprendre à retravailler ensemble, redevenir une équipe.

Et vue comment chacun de ses anciens joueurs avaient progressés, il tremble devant la potentialité de cette nouvelle équipe. En tant que capitaine, il allait pouvoir jouer avec des pièces d’une toute nouvelle trempe, pense-t-il en regardant ses futurs joueurs avec un petit sourire qui les rend nerveux.

Puis il regarde Kuroko. Ils allaient se revoir régulièrement et un fol espoir papillonne dans son cœur. Mais il se reprend presque aussi vite en voyant comment Kise passe son bras sur ses épaules et que Kuroko accepte ce geste avec un naturel qui ne trompe personne.

Il mentirait s’il devait dire que la situation ne le dérangeait pas. Le temps d’un battement de cœur, il ferme les yeux pour repousser l’amertume qu’il ressent dans le coin le plus sombre de son cœur et continuer de sourire.

Et il maudit les dons d’observation de Kuroko qui est le seul à avoir vu les restes de son cœur brisé qui brillent un cours instant au fond de ses prunelles éteintes.

 

Extrait du Japan Times

15 Juin 2016

 

 

Tournoi de Street Basket

Quai 54

Lors des play offs du célèbre tournoi de street basket parisien, deux équipes se sont démarquées en se qualifiant pour le tournoi officiel. En effet, cela fait maintenant plus de cinq ans qu’aucune équipe composée uniquement d’amateurs n’accèdent au championnat. Et cette année, ce n’est pas une mais deux équipes qui se sont qualifiées qui ont eu lieu sur la place du Trocadéro ce week end.

Et ce sont aussi deux équipes comportant les joueurs les plus jeunes qui se sont qualifiées. Et ce sont pour le moins des équipes remarquables.

La première est française, emmenées par Joël Leroy, frère de la célèbre mannequin Johanne Leroy et ailier fort d’une équipe de lycéens parisiens du lycée Paul Eluard, une équipe qui n’a pas 18 ans d’âge moyen.

Et la seconde est une équipe formée par cette fameuse génération miracle qui a littéralement terrorisée toutes les équipes adverses sur le terrain pendant leurs années collège qui s’est reformée avec un atout majeur en plus, reconnu par tous, Kagami Taïga du lycée Seirin.

Le monde du basket est-il en train de changer alors que deux équipes de jeunes lycéens sont capables de se mesurer aux plus grand amateurs et pros du monde ? Le Japon pourrait-il pour la première fois inscrire son nom dans le grand Livre du Basket ?

N’hésitez pas à encourager nos espoirs du basket samedi pour leur premier match contre l’équipe d’Espagne retransmis sur NHK World.

 

16 Juin 2016

 

Les membres des deux équipes d’amateurs les plus jeunes du concours ont été éliminées au premier tour. Mais vu le sourire qu’ils affichent tous en regardant les autres matchs, personne n’auraient pu le deviner.

Aomine et Kagami regardent avec une flamme dévorante leur prochain défi en voyant évoluer les plus grands joueurs du monde sur le terrain. Ce match contre l’Espagne leur avait montré une toute autre dimension à leur jeu préféré. Ils n’avaient cessé de progresser pendant le match et ils tremblaient d’impatience de se mesurer à nouveau à des joueurs de cette trempe.

Akashi sourit en voyant les recruteurs qu’il avait repérés avant le match poser des regards plus qu’intéressés que les membres de son équipe.

 

Extrait du Japan Times

30 Juin 2017

 

Ce jour est à marquer d’une pierre blanche pour le basket japonais puisque non pas un mais deux joueurs japonais, Kagami Taïga et Aomine Daïki, ont été draftés pour la prochaine saison de la NBA !

A l’issue d’un math certes perdu mais effroyable en tension entre l’équipe américaine Oh Way et l’équipe japonaise menée par Akashi Seijuro au célèbre tournoi parisien du Quai 54 qui a eu lieu le mois dernier, les deux Ailiers se sont fait accostés par des recruteurs impressionnés.

Quelles équipes rejoindront-ils ?

Il me tarde de voir la saison débuter !

Et encore de voir ce que ces deux joueurs exceptionnels pourront apporter à l’équipe nationale ! Objectif Tokyo 2020 !

 

 

2 juillet 2017

Maison des Kise

 

 

Ryota observe les mains tremblantes les deux enveloppes encore cachetées sur la table. Elles contiennent le résultat de ses deux concours.

De l’école de ses rêves et de l’autre qui lui permettrait quand même d’y accéder.  

Il relève la tête une seconde et voit que malgré tous ses efforts, ses sœurs, ses parents et Kuroko n’ont toujours pas quittés la pièce. Et qu’ils sont au moins aussi anxieux que lui.

Prenant une grande inspiration, il décide d’ouvrir la seconde enveloppe en premier.

Une sécurité car il ne voit pas comment il aurait pu louper ce concours. Et il pourrait accepter le résultat de l’autre enveloppe, quel qu’il soit, plus sereinement.

Et lorsqu’il déchire l’enveloppe, il regarde la feuille qu’elle contient sans y croire.

Il a échoué.

Oh mon Dieu !

Il avait échoué au concours le plus simple!

Comment pouvait-il espérer avoir réussi l’autre, pense-t-il mort de honte alors qu’il lève les yeux vers tous ceux qui le regardent avec tant de confiance. Il ne supporte pas une seconde de plus les regards qui changent peu à peu alors qu’ils comprennent.

Quelle arrogance de sa part de croire que ce deuxième concours était assuré !

Son rêve est brisé devant les personnes qui comptent le plus pour lui et il baisse les yeux, trop honteux pour relever la tête.

Kuroko lui tend alors la première enveloppe.

Il refuse de l’ouvrir en baissant un peu plus la tête. Il avait échoué le concours le plus simple, il n’avait aucune chance d’avoir réussi l’autre.

Absolument aucune chance.

Il sent les larmes poindre et il les refoule de toutes ses forces alors que Kuroko lui ouvre doucement l’enveloppe.

Il passe sa main devant ses yeux rougis, écrasant une larme et prend l’enveloppe un peu brusquement.

Alors qu’il lit la lettre, déjà prêt à accepter le fait d’avoir échoué, les mots semblent s’agencer dans un ordre aberrant devant ses yeux. Et il ne faut pas moins de Kuroko, ses sœurs et ses parents qui le prennent dans ses bras en souriant pour qu’il se rende compte que, contre toute attente, il avait réussi !

Cette fois, en prenant Kuroko dans ses bras, il laisse couler sans les retenir ses larmes.

 

 

2 septembre 2017

Appartement de Kise et Kuroko

 

Tous les cartons étaient enfin déballés, les meubles montés, il y avait même une ou deux décorations au mur. Une photo de leur période Teiko où ils souriaient tous encadrée sur le mur du salon. Une autre à Paris où toute l’équipe entrait sur le terrain de street basket sous l’ovation du public.

La rentrée de l’école de Kise commence demain et Kuroko venait de faire sa première journée à Todai en première année de Lettres modernes. Sous l’impulsion de Kise, ses notes n’avaient cessées de monter pendant ses années lycées et il avait pu entrer dans l’une des plus prestigieuses universités du Japon.

Ils ont décidé d’emménager ensemble et c’est avec autant de nervosité que d’impatience qu’ils avaient attendu ce moment.

Kise a essayé de convaincre Kuroko de prendre un appartement immense et des meubles plus extravagants les uns que les autres. Mais Kuroko a forcé Kise à mettre son argent de côté et à payer sa part sur tout. Du coup, l’appartement n’est pas bien grand, les fournitures assez modestes mais il est agréable, lumineux et surtout proche d’un terrain de street basket.

Assis tous les deux face à face devant leur premier repas en tête à tête, Kise fixe toute son attention sur Kuroko.

-          Kurokocchi, je veux tout savoir sur ton premier jour !

Kuroko sourit et lui raconte tout. Les amphis, le campus, la rencontre avec des deuxièmes années qui leur ont montré tout ce qu’il y avait à savoir.

Le club d’écriture dans lequel il s’est inscrit.

-          Kurokocchi, tu ne t’es pas inscrit au club de basket ? demande Kise surpris.

Kuroko sourit un peu nerveusement et se lève pour prendre deux feuilles dans son sac de cours qu’il avait posé dans un coin.

Deux papiers d’inscription pour un petit club local qui s’entraîne dans un gymnase à deux pas d’ici.

-          Si je m’étais inscrit au club de l’université, on n’aurait pu ni jouer ensemble, ni l’un contre l’autre, dit-il. Alors je me suis dit qu’on pouvait plutôt s’inscrire tous les deux dans le même club. Si tu es d’accord…

Kuroko n’avait pas vraiment besoin de poser la question vu le sourire extatique que lui renvoie Kise. Et Kuroko s’apprête à lui poser la question qu’il rêvait d’entendre depuis tant d’années :

-          Kise kun, est-ce que tu veux devenir ma lumière ?

 

Extrait du Wall Street Journal

7 octobre 2018

 

Les actions du groupe japonais Akashi sont en train de battre tous les records à la bourse ce matin. L’implication de plus en plus grande du fils du magnat japonais ne cesse de surprendre mais apporte définitivement une modernité et un souffle nouveau au groupe que beaucoup avait qualifié d’archaïque il y a à peine un an.

Le très jeune Akashi Seijuro est déjà un homme d’affaire accompli. Il prend des risques en investissant dans l’innovation, les technologies de pointes et tente même des percées assez étonnantes dans l’agro-alimentaire. Et pour le moment, il faut bien avouer que tout ce qu’il tente fonctionne au-delà de toutes les prévisions.

Que ce soit la batterie incroyable développée par le groupe dont les plus grandes firmes sont en train d’essayer de négocier l’exclusivité avec un contrat qui serait sûrement le contrat de l’année ou le projet d’une voiture non polluante, accessible à tous et avec une autonomie aussi grande que n’importe quelle voiture classique qui est annoncée pour l’année prochaine et qui a créé une attente peu commune sur le marché ou même la nouvelle marque de produits alimentaires « Kiseki » qui en moins d’un an concurrence déjà des marques comme Kraft ou Danone avec des produits aussi bons que sains, tous ses projets sont des réussites incroyables.

Mais où s’arrêtera Akashi Seijuro ?

 

 

10 octobre 2018

Siège du groupe Akashi

 

Murasakibara s’étire paresseusement de tout son long sur sa chaise et pose sa tête sur son bureau avec un petit sourire béat.

Si on lui avait dit un jour qu’il aurait un travail qui lui donne accès à un immense bureau, un assistant personnel, il ne lui avait pas fallu insister beaucoup pour permettre de recruter Himuro qui veille sur lui avec fermeté et bienveillance, un salaire plus que confortable et surtout qu’il adorerait ça, il aurait rigolé pendant longtemps.

Et pourtant…

Juste après le lycée, alors qu’il n’avait pas particulièrement brillé pendant ces trois années, Akashi était venu le voir pour lui proposer un travail. Venant de n’importe qui d’autre, il aurait sûrement pris de haut cette proposition. Mais c’était Akashi alors il l’avait écouté.

Et il avait bien fait !

Il lui avait proposé le meilleur travail au monde. Goûter tout ce qu’on lui présentait et donner son avis. Au début, il se contentait d’un hochement de tête sur les plats qu’il préférait qu’Himuro traduisait en longs rapports. Puis il avait commencé à s’intéresser aux différences entre les saveurs et il cherchait à comprendre les préférences de chacun.

Il comprit assez vite que chaque pays avait ses choix de prédilections et il eut l’idée d’adapter chacune des recettes, des produits qu’on lui faisait goûter en fonction de ce que chaque pays attendait et non en fonction de ses seuls goûts.

Il devint vite un expert dans ce domaine unique et chacun des produits qu’il approuva fut un grand succès.

Et s’il adore chacune de ses tâches dans ce travail de rêve, aujourd’hui est définitivement son jour préféré. Il doit choisir entre différentes douceurs au chocolat pour le marché japonais dont les goûts sont définitivement les siens.

Et les friandises qu’on lui propose ont beau être présentées de façon anonyme, il sait déjà celle qu’il va préférer.

Car même s’il ne les avait encore jamais vus de ses yeux, il avait appris à distinguer la signature de chacun des Chefs qui composent ses petits plaisirs sucrés.

Et il y en a un qui sort définitivement du lot.

Alors qu’il croque dans le petit gâteau au chocolat et à l’orange qu’il a sous les yeux, il sait qu’il a encore réussi le tour de force de le faire fondre.

Ce Chef est un dieu dans le petit monde de Murasakibara et il décide pour une fois de faire ce qu’il n’avait jamais fait. Il prend deux autres gâteaux, en donne un à Himuro qui le regarde surpris de le voir aussi énergique après une dégustation et le suit jusqu’au bureau d’Akashi.

Sans cérémonie, il entre en interrompant une réunion apparemment importante. Himuro qui n’a pas pu le retenir ne sait plus où se mettre et tente de s’excuser platement mais Akashi l’en empêche d’un geste et dit à ses collaborateurs qu’une pause ne leur ferait pas de mal d’un ton doux mais ferme.

-          Atsushi, je suis un peu surpris de te voir aussi déterminé, dit posément Akashi.

Murasakibara ne se laisse pas décontenancer, obtient facilement l’adresse d’une petite pâtisserie de Chibuya et s’y rend juste après sa journée de travail. Par acquis de conscience, il a goûté toutes les autres préparations mais aucune autre n’a ce petit plus que le Chef qui a fait ce gâteau au chocolat et à l’orange possède.

Une fois arrivé devant la pâtisserie, il observe avec envie une devanture remplie de pâtisseries originales toutes plus alléchantes les unes que les autres. Il se dit qu’il vient de trouver son nouvel endroit préféré dans Tokyo ! Et il a déjà hâte d’y amener Akashi, Himuro, Kuroko et Kise quand il aurait trouvé à chacun la pâtisserie qui leur correspondrait le mieux. Même Kagami et Aomine, le jour où ils reviendraient des Etats-Unis.

Et il se sent prêt à tout tester pour trouver la perle rare de chacun !

Alors qu’il se décide à entrer, il tombe nez à nez avec une étrangère, grande blonde aux yeux bleus et au sourire franc qui le salut avec un accent prononcé.

Atsushi reste une seconde sans voix. Il n’est pas habitué à parler à une fille sans devoir baisser la tête comme s’il parlait à un enfant. Cette fille n’est pas aussi grande que lui mais elle est plus grande qu’Himuro.

Il se reprend comme Himuro le lui avait appris et pose sa carte de visite sur le comptoir en se présentant pour demander à parler au Chef.

La jeune fille rougit une seconde, en le regardant sans un mot.

Murasakibara pense qu’elle n’a pas compris et reformule sa demande lentement en expliquant qu’il demande à voir ce Chef extraordinaire qui réalise tous ses chefs d’œuvre avant de commander un exemplaire de chaque gâteau qu’il peut voir, les yeux pétillants à la vue du festin qui l’attend.

Et il manque de sursauter lorsque la jeune fille lui avoue timidement :

-          C’est moi.

 

28 Octobre 2018

Appartement de Kise et Kuroko

 

Le premier match de la saison de la NBA allait commencer dans une bonne heure et les tous se pressent avec enthousiasme sur le petit canapé de l’appartement de Kise et Kuroko.

Enfin presque tous, Akashi arrive à paraître droit et respectable au milieu de cette bande d’excités qui attendent avec impatience le match entre les Golden State Warriors d’Oakland et les Spurs de San Antonio.

Et s’ils sont si impatients, c’est parce que l’équipe des Spurs vient de recruter Aomine et celle d’Oakland Kagami. Et comme un signe du destin, pour leur début en NBA, ils se retrouvent face à face sur le parquet !

Même l’impassible Himuro ne tient plus en place, Murasakibara est sorti de sa léthargie permanente en engloutissant tous ses snacks les uns après les autres frénétiquement, Kise ne tient plus en place et même Kuroko a les yeux qui pétillent en regardant l’écran.

Et Akashi se dit qu’il allait avoir du mal à tenir une heure avec de tels excités à ses côtés que le match ne commence.

-          Oh regarde, s’écrit Himuro en voyant la caméra qui fait un gros plan sur les joueurs qui s’échauffent, c’est Kagami. Il mange le gâteau que tu lui as envoyé Atsushi !

Kagami qui mange…

Une vision si familière.

-          J’espère que tu lui en as envoyé une tonne, dit Kise. Parce que l’estomac de Kagamicchi n’a pas de fond et qu’il a l’air d’’apprécier !

-          Je l’espère bien, dit Murasakibara, je l’ai choisi pour lui.

-          Et moi, dit Kuroko, j’adore tes gâteaux à la vanille.

Pour la première gamme de gâteaux de la marque crée par Murasakibara, il avait choisi cinq gâteaux qui leur correspondent parfaitement.

Et il aime ces petites tuiles délicates douces-amères à la cerise qu’il grignote de temps en temps entre deux réunions.

-          Oh Akashi san, dit Himuro, merci d’avoir tout organisé pour le club de basket.

-          Ce n’est pas grand-chose, répond-il.

Il y a deux semaines, Atsushi avait, comme à son habitude, débarqué sans cérémonie dans son bureau pour lui montrer la cour du building. Parce que selon lui, la cour est tellement grande qu’on aurait pu y perdre trois terrains de basket et avoir du mal à les retrouver.

Il s’est laissé convaincre et deux jours plus tard, il avait lancé la construction d’un terrain de street basket et ouvert les inscriptions pour trouver des joueurs.

-          Vous avez eu beaucoup d’inscriptions ?

-          Pas mal. De quoi faire au moins quatre équipes pour le moment. Je laisse la fiche d’inscription dans le hall jusqu’à demain, dit Himuro. Et j’ai vu quelques collègues qui ont un vrai potentiel.

-          Avec quatre équipes, on pourra faire des matchs, dit Murasakibara.

-          On pourra même organiser une rencontre un de ses jours avec notre club ! s’exclame Kise avec un grand sourire.

Akashi n’a pas le temps de répondre à Kise qui s’emballe un peu trop que personne n’avait encore marqué un panier sur leur terrain flambant neuf.

Mais le match allait commencer et pour une fois, il se laisse aller à l’ambiance électrique et sourit comme rarement il avait souri en voyant Aomine le ballon à la main traverser le terrain et marquer son premier panier en NBA.

Le premier d’une longue série, il en est persuadé.

Et il n’a jamais tort.

Enfin presque.

29 octobre 2018

Hall du Siège du groupe Akashi

 

Une effervescence bien étrange règne dans le hall d’habitude si calme du Siège du groupe Akashi et Himuro, curieux, tente de comprendre ce qui provoque un tel attroupement.

Il s’approche pour récupérer la liste définitive des joueurs inscrits au premier club de basket organisé par le groupe et met bien une bonne minute avant d’y arriver.

Et il manque de tomber à la renverse quand il lit un dernier ajout à la liste. Ecrit avec une écriture soignée qu’il reconnaîtrait n’importe où.

Akashi Seijuro                      

 

07 Juillet 2018

Paris

 

A peine avaient-ils mis un pied sur le sol français que Kise comme Kuroko sentent ce sentiment familier d’euphorie les transpercer.

Kuroko avait interdit à Kise d’utiliser n’importe comment l’argent qu’il avait mis de côté pour se payer une école dont il n’avait pas eu besoin. Mais alors qu’il vient de finir son école et d’être embauché par cette compagnie australienne qu’il voulait absolument rejoindre, il n’avait pu dire non.

Il ne commence son poste que dans dix jours et Kuroko vient de réussir ses examens et commence un petit boulot dans un café proche de leur appartement dans deux semaines.

Alors quand Kise avait dit à Kuroko qu’il avait réservé dix jours de vacances sur Paris pour fêter son premier poste de pilote, il n’avait pas eu beaucoup à insister pour le convaincre de le suivre.

Le souvenir de leur premier voyage à Paris leur avait donné un sourire idiot pendant tout le voyage alors qu’ils listaient toutes les choses qu’ils feraient.

Et ils avaient hâte de revoir Joël et sa sœur qui les attendent à l’aéroport. Kise avait beaucoup sympathisé avec Joël pendant son année à Tokyo et sa sœur avait passé toutes ses vacances au Japon pour voir son frère et elle s’était assez vite intégrée à leurs petits groupes.

Le premier jour de son arrivée avait coïncidé avec le lancement de la publicité de Kuroko et tous les amis de Kise et Kuroko avaient dévisagés Kuroko et Johanne avec le même regard incrédule alors qu’ils les rencontraient attablés devant deux milkshakes à la vanille.

Johanne et son frère avaient grandis en jouant au basket et ils avaient fait une belle démonstration de leur synchronisme sur le terrain de street basket, ce qui avait définitivement scellé leur place en tant que membre honoraire de leur petit groupe.

Après son retour en France, Joël avait suivi les pas de sa sœur car il avait été repéré sur les shooting de sa sœur et qu’il était au moins aussi beau qu’elle. Sa carrure d’athlète et sa notoriété qu’il avait eues en gagnant le droit d’accéder au tournoi du Quai 54 l’avait aidé à se faire un prénom. Son nom était déjà bien connu grâce à sa sœur.

La renommée des deux Leroy n’avait rien changé à leur enthousiasme envers le basket, leurs amis ni même à leur vie dans Paris. A part quelques regards, quelques verres offerts, parfois même une demande d’autographe de quelques fans plus audacieux, la plupart des gens les laissent tranquilles.

Kise se demande bien par quel miracle ce frère et cette sœur aussi beaux et célèbres l’un que l’autre n’ont pas en permanence une horde de fans déchaînés à leur trousse. Jusqu’à ce qu’il se rende compte que l’aura sereine qu’ils dégagent en permanence attire plus le respect que les réactions hystériques auxquels il avait eu le droit quand il était modèle.

Joël et Jo’ jouent avec plaisir les guides pendant leur séjour, leur faisant découvrir un Paris plus insolite, moins connu des touristes. Ils découvrent les catacombes au cour d’une nuit un peu folle à crapahuter dans les souterrains humides, rampant dans les chatières, parcourant des salles immenses et des couloirs étroits et humides sous les pieds de Paris, s’initient au Parkour avec des fous qui leur font découvrir des coins et recoins qui n’avaient pas dû changer depuis des centaines d’années, se perdent dans les petits quartiers du centre, trouvant des petits bistros typiques magiques, quelques boutiques de bouquinistes hors du temps et visitent des jardins de cours intérieures aussi magnifiques que secrets.

Leurs amis adorent leurs villes et leur amour pour Paris transparaît dans tous leurs gestes, leurs anecdotes, leurs parcours. Le dernier jour, Kuroko entraîne Kise avec lui sur les quais de Seine, flânant tous les deux le long des canaux, une glace à la vanille à la main.

Alors que le soleil se couche lentement à l’horizon, que l’air exhale une odeur de vacances et de liberté enivrante, Kuroko s’assoit sur le bord du fleuve et force doucement Kise à se joindre à ses côtés en glissant sa main dans la sienne.

Kise est surpris par le sérieux de celui qui avait pris une telle place dans sa vie qui contemple l’eau qui s’écoule paisiblement.

-          Kise kun.

-          Kurokocchi ?

-          Avant de te connaître, je n’aimais que le basket. J’avais construit toute ma vie autour de cette passion, mes seuls amis étaient ceux qui avaient appris à respecter mon basket et j’étais invisible aux yeux du monde. Et un jour, tu es arrivé comme un tourbillon dans ma vie, avec ton enthousiasme, ta passion pour le basket, ta rivalité avec Aomine. Dès le premier jour, j’ai su que tu étais quelqu’un de spécial pour moi. Je t’ai d’abord hait de me voir comme un défi puis je t’ai considéré comme mon rival même si c’était bien prétentieux de ma part. Et puis un jour, j’ai fini par ouvrir les yeux sur ce que tu représentais pour moi. Et aujourd’hui, je ne pourrais même pas imaginer ma vie sans toi. J’aime tout chez toi, même tout ce qui peut parfois m’agacer.

Il étouffe un petit rire :

-          Surtout les petites choses qui peuvent parfois m’agacer.

-          Kurokocchi !

Kuroko se tourne vers lui, osant enfin le regarder droit dans les yeux :

-          J’aime la façon dont tu te donnes à fond pour tes passions, j’aime la façon dont ton regard s’illumine quand tu es sérieux, j’aime le fait que lorsque tu rentres dans une pièce, le temps se fige à ton rire et les regards à ton sourire, j’aime le fait que je ne puisse plus utiliser mon invisibilité sur toi parce que d’une façon ou d’une autre tu me trouves toujours, j’aime que tu me regardes comme si j’étais au moins aussi beau que toi, j’aime le fait que tout ce que je fais, même la plus insignifiante des petites choses soit importante pour toi, j’aime ton sérieux et le fait que tu trouves toujours les mots pour me réconforter quand j’en ai vraiment besoin.

Kise prend la main de Kuroko entre les siennes ne pouvant quitter des yeux la flamme qui dévorent ses grands yeux bleus.

-          Je sais qu’on ne se le dit jamais, mais je veux que tu le saches à quel point j’aime tout ce que tu es et tout ce que tu représentes pour moi.

Kuroko pose doucement sa main sur la joue de Kise et pose doucement ses lèvres au coin de son œil pour recueillir la naissance d’une larme avant de l’embrasser tendrement.

-          Ryota, je t’aime.

Kise lui rend son baiser avec passion qui allume une flamme dévorante dans leurs cœurs.

-          Je t’aime aussi, Tetsuya.

 

 

15 Novembre 2018

Appartement de Kise et Kuroko

 

Kuroko rentre de sa journée de travail à la bibliothèque de l’université, Ryota rentrerai tard et il n’était pas pressé de rentrer dans un appartement vide. Kuroko n’ose pas le dire à Kise mais il vit son absence comme une ombre froide dans son cœur.

Il se plonge dans les nouvelles qu’il n’avait pas eues le temps de lire ce matin et tombe sur un article qui attire son attention.

Le 16 novembre 2018 aura lieu l’union de Mr Akashi Seijuro et de Mlle Kinsen Kaori dans le temple Kiyumizu-dera à Kyoto.

S’en suit une longue analyse sur les conséquences de leur mariage sur leurs deux groupes respectifs et l’esprit de Kuroko se perd dans les mots.

Akashi et cette fille.

Il l’avait déjà rencontré plus d’une fois. Une fille plutôt jolie avec des yeux bleu gris étonnants. Une fille qui vient de son monde, avec qui il avait grandi, cultivée, habituée à manier les codes qu’Akashi utilise depuis toujours.

Une fille qu’il apprécie et respecte.

Mais une fille qu’il aime ?

Perdu dans ses réflexions, il sursaute en entendant la sonnette. Surpris, il se dit en se levant vers la porte que Kise avait dû oublier ses clés et se précipite vers la porte. Il est à deux doigts de tomber à la renverse lorsqu’il tombe sur Akashi qui se tient devant lui.

-          Tetsuya, bonsoir.

-          Akashi kun…

Il lui faut bien quelques secondes pour se reprendre et l’inviter à entrer. Akashi accepte gracieusement et se retrouve assez vite assis sur le canapé, une tasse fumante à la main.

-          Je suis venu te donner une invitation, dit Akashi. Pour Ryota et toi et un billet de train pour venir. J’aimerai vraiment que vous soyez présents.

-          Pour ton mariage, dit lentement Kuroko.

-          Oui.

Un silence lourd de sens s’étire entre eux et Akashi prend la parole

-          Puis-je te poser une question personnelle Tetsuya ?

-          Bien sûr, répond-il avec une sensation désagréable de déjà vue.

-          Est-ce que tu es heureux ?

Pris au dépourvu par la question, Kuroko ne répond pas mais esquisse un grand sourire quand il pense à l’université, à ses parties avec la petite équipe locale avec sa nouvelle lumière, à sa vie quotidienne avec Kise.

Pas besoin d’autres réponse pour Akashi qui repousse sa tasse encore pleine, prêt à a partir.

-          Bien, dit-il.

Le regard d’Akashi se perd une seconde dans le vide et il ajoute presque pour lui-même :

-          J’espère que vous viendrez demain.

Il s’apprête à prendre congé lorsque Kuroko l’arrête d’une simple question :

-          Et toi Akashi kun. Es-tu heureux ?

Akashi se tourne vers lui, ne sachant trop que répondre.

-          J’aime mon travail, beaucoup plus que je n’aurai pu l’imaginer. J’ai envie de faire ce que peu de gens qui possèdent le pouvoir que mon père m’a donné ont fait avant moi, donner du sens à mon travail, investir dans l’humain et des choses durables plutôt que de voir le profit à court terme. Je pense que le monde n’en peut plus qu’on le prenne pour un enfant immature et qu’il est tant qu’on le regarde avec sérieux en lui proposant des choses innovantes et de qualité plutôt que de privilégier le profit à tout prix. Et non seulement tout marche au-delà de toutes mes prévisions mais les gens qui travaillent avec moi sont réellement investis dans leur travail.

Kuroko sourit. Il avait dit travailler avec et non pour lui. Il n’a pas de mal à imaginer qu’Akashi tirer le meilleur de ses collaborateurs avec le même brio qu’il le faisait avec ses anciens équipiers sur un terrain de basket.

-          Kaori pense et travaille comme moi, dit Akashi. Notre union ressemble sûrement plus à un accord de principe qu’à un vrai mariage mais c’est aussi quelqu’un que je respecte énormément et que j’apprécie. Nous avons eu la même éducation, nous partageons les mêmes valeurs et les mêmes intérêts. Je la connais depuis toujours et elle a beaucoup évoluée depuis le lycée, ajoute-t-il avec un petit sourire amusé.

Soudain la porte de l’appartement s’ouvre pour laisser entrer un Kise fatigué mais souriant à l’idée de revoir Kuroko après deux jours de vols loin du Japon et de son cœur.

Inutile de dire que tomber nez à nez avec Akashi le surprend.

-          Akashicchi !

-          Bonsoir Ryota.

Akashi explique en quelques mots la situation à Kise qui tombe des nues en apprenant qu’Akashi allait se marier. Demain !

-          Mais c’est incroyable ! En plus mon planning vient juste de changer et j’ai trois jours de pause avant mon prochain vol et Kurokocchi est en vacances à partir de demain.

Je sais pense Akashi.

La compagnie qui avait embauché Ryota fait partie d’une des nombreuses entreprises que contrôle le groupe de Kaori et il lui avait été facile de modifier son emploi du temps.

Quant au planning des vacances universitaires, ce n’est un secret pour personne.

Akashi s’excuse poliment et s’apprête à prendre congé lorsque Kise le retient, décidé à tout savoir sur sa future femme qu’il se souvient avoir vu pour la première fois dans un restaurant français il y a des années.

Et Akashi commence à comprendre qu’il n’arrivera pas à se soustraire de l’emprise de Kise.

C’est ça ou laisser Kise l’entraîner dans ce qu’il commence à appeler « l’enterrement de vie de garçon le plus mémorable du siècle» dans les rues de Tokyo.

Il préfère encore céder à sa demande de rester pour lui raconter tout et plus encore sur Kaori que de sortir avec Kise dans cet état.

Et il se met à parler de leur première rencontre quand il n’avait que six ans, de la compétition presque ridicule à laquelle se livraient leurs parents, de son lien avec sa mère, de son entrée au lycée.

Elle était tombée dans tellement de pièges à cause de son éducation élitiste qu’elle avait créé quelques remous assez drôles pendant sa première année. Et comme ils se connaissaient bien, il avait passé beaucoup de temps à réparer ses erreurs et cela énervait tellement Kaori que oui même lui, ça l’avait fait rire.

Jamais devant elle bien sûr ou personne d’autre d’ailleurs.

Sauf une fois, une unique fois où il avait à peine eu le temps de détourner la tête.

Il pensait qu’il l’avait vexée comme rarement et finalement elle avait rigolé avec lui, parce que oui, la situation était vraiment ridicule. Et ce jour où elle avait commencé à changer.

Et ils étaient devenus amis.

Mais au fur et à mesure qu’Akashi parle, Kuroko comme Kise se rendent compte que leur ami parle de quelqu’un qu’il admire, respecte et apprécie.

De quelqu’un qu’il avait pris petit à petit une vraie place dans son cœur. Ce rare sourire qui lui effleure les lèvres quand il raconte à quel point Kaori peut être bornée quand elle a une idée en tête ne trompe personne.

Et que ça l’effraie parce que leur union n’a jamais été rien d’autre qu’un choix raisonnable entre les deux parties.

Un évènement précipité par l’état de santé préoccupant du père de Kaori qui lui avait forcé la main.

Kise s’approche d’Akashi avec un grand sourire avant de le prendre dans ses bras comme jamais personne, pas même son père ou ses équipiers n’avaient jamais osé le faire. Parce qu’il est persuadé d’une chose, si cette fille ressemble un tant soit peu au portrait que leur en a fait leur ami, il ne doute pas une seule seconde qu’elle finisse par fondre pour un être aussi parfait.

-          Il est beaucoup trop tard pour que tu rentres chez toi, dit Kise. On t’héberge cette nuit et demain on ira à Kyoto tous en même temps.

Kuroko l’aide à déplier le canapé convertible du salon, hésitant une seconde conscient qu’Akashi ne devait pas être habitué à un lit aussi spartiate. Au même moment Akashi n’ose pas dire qu’il n’a qu’un coup de fil à passer pour que son chauffeur vienne le chercher.

Mais c’est la première fois de sa vie que des amis lui proposent de rester dormir chez eux. Et inutile d’ajouter que c’est la première fois qu’il allait dormir sur un canapé convertible.

-          Akashi kun, dit Kuroko, on va te laisser notre lit j’aurai trop honte de te laisser dormir sur ça, dit-il en montrant le canapé.

Kise arrive avec une tonne de coussins, des couvertures qu’il dispose sur le lit :

-          Tu rigoles Kurokocchi ! Akashi se marie demain ! Alors on va passer la nuit à regarder des matchs de basket, des films idiots et parler de tout et de rien en buvant bien plus que de raison !

Boire plus que de raison… Kise et Kuroko n’ont pas grand-chose dans leur frigo et placards, heureusement aucun des trois amis ne tient vraiment l’alcool et quelques bières et verres de vin sont suffisants pour leur donner à tous un sourire un peu trop grand.

Ils regardent un ou deux anciens matchs de la NBA et quelques matchs de la Winter Cup qui les rappellent nombre de souvenirs qui les font sourire, même rire. Même Akashi. Kise et Kuroko racontent à Akashi tous les endroits étranges où leurs guides les avaient amenés dans Paris tandis qu’Akashi leur détaille toutes les intrusions d’Atsushi dans son bureau et les parties de basket qu’ils avaient organisés ensemble.

Mais l’heure avançant, ils finissent par s’endormir lentement, tous les trois étalés les uns sur les autres sur le canapé déplié.

 

16 Novembre 2018

Kyoto

Temple Kiyumizu-dera

 

 

Akashi avait tenu à amener Kise et Kuroko chez son tailleur personnel et ils se retrouvent à porter le plus beau des kimonos de cérémonie qu’ils n’ont jamais vu.

Le mariage d’Akashi Seijuro et de Kinsen Kaori ne peut-être qu’un mariage des plus traditionnels. Et ils sont si peu à être invités que Kise et Kuroko se sentent un peu mal à l’aise en croisant le regard du père d’Akashi qui semble les sonder jusqu’au plus profond de leur âme.

Kaori est tellement apprêtée sous des tonnes de tissus tous plus chatoyants et soyeux les uns que les autres qu’elle ressemble à une magnifique poupée au teint de porcelaine et aux yeux bleu-gris. Et Akashi à ses côtés est si digne et droit qu’on aurait dit une scène tirée du passé intemporel d’un Japon rêvé.

Tout est absolument parfait comme dans une pièce mille fois répétée.

Tout est d’une solennité majestueuse qui rend la scène aussi belle que glacée.

Jusqu’à ce que Kuroko voit Kaori glisser doucement sa main dans celle d’Akashi avec un petit sourire, un simple geste qui illumine toute la scène comme une touche de couleur chaude dans un paysage d’hiver blanc.

 

21 Juin 2020

Maji Burger

 

Kuroko a du mal à tenir en place sous les yeux de Kise qui s’amuse de sa nervosité qu’il n’arrive pas à masquer. Cela faisait tellement longtemps qu’ils ne les avaient pas vu, ces deux grands idiots qu’il doit bien avouer que lui aussi est impatient.

Aomine et Kagami avaient bien sûr été choisis pour faire partie de l’équipe nationale pour les Jeux Olympiques.

Et lorsqu’Aomine arrive en premier au rendez-vous, il se précipite avec un grand sourire vers Kuroko avant de le prendre dans ses bras avec autant d’énergie qu’il pouvait en montrer au collège pour sauter au cou de Kuroko !

-          Tetsu !

-          Aomine kun ! s’exclame Kuroko se laissant volontiers faire.

Aomine desserre ses bras presque à contre cœur et salut Kise d’une poignée de main et d’un sourire avant de le prendre lui aussi dans ses bras :

-          Ca fait tellement longtemps !

Un peu surpris Kise se dit que d’habitude c’est lui qui sautait au cou des gens et que c’est un peu étrange d’être de l’autre côté.

Puis c’est au tour de Kagami qui les prend tous les deux dans les bras. Il est accompagné d’une grande blonde aux yeux bleus qui lui rappelle vaguement quelque chose jusqu’à ce qu’il se souvienne :

-          La fille aux hamburgers !

Kuroko la regarde attentivement et se souvient de cette photo qu’Himuro leur avait montré il y a de ça une éternité quand ils étaient encore au lycée.

-          Je vous présente Abby, dit Kagami un peu gêné. C’est ma copine, dit-il sur le ton d’une excuse.

-          Oh Kagamicchi, comment tu as fait pour nous cacher une telle beauté ! s’exclame Kise.

-          Elle est trop mignonne pour un grand idiot comme toi, dit Aomine avec un sourire moqueur.

-          Je suis sûr qu’elle te bat toujours au basket, s’amuse Kuroko.

-          Abby fait partie de l’équipe féminine américaine, dit fièrement Kagami. C’est leur ailier fort ! Et elle comprend parfaitement bien le japonais bande d’idiots !

-          Bonjour, dit-elle avant de les regarder tous avec attention et de les désigner tous un par un par leur nom.

La grande américaine leur offre un grand sourire franc avant de leur lancer :

-          J’ai tellement entendu parler de vous que j’ai l’impression de vous connaître comme de vieux amis. J’espère vraiment qu’on aura le temps de jouer une partie avant que la compétition ne commence.

Kise et Kuroko acquiescent avec empressement mais avant ils veulent tout savoir sur la nouvelle vie de Kagami et Aomine, stars de la NBA. Et leurs anciens équipiers ne se font pas prier pour tout raconter, des plus petits détails aux plus grands matchs alors que Kise et Kuroko les écoutent avec de grands yeux plein d’étoiles.

 

21 juillet 2020

Stade de Tokyo

Finale olympique Etats-Unis/Japon

 

Mené par le talent pur de Kagami et Aomine, portée par un public complètement acquis, l’équipe du Japon avait gagné chacun de ses matchs jusqu’à se retrouver en finale en face de l’équipe ultra favorite, les Etats-Unis.

L’équipe d’Abby venait de remporter sa propre finale le jour d’avant face à une équipe d’Espagne qui avait tenu la dragée haute pendant les trois premiers quart temps avant que la constance des américaines ne finissent par l’emporter en remontant panier après panier leur retard. Et Aomine et Kagami avaient vraiment apprécié le spectacle alors qu’Aomine avait toujours pensé que le basket féminin manquait d’un petit quelque chose pour accrocher son intérêt.

En voyant jouer la copine de Kagami, il comprend mieux comment elle peut se mesurer à lui sur un terrain.

Dans les tribunes, Akashi accompagné de Kaori sur sa droite, Kuroko et Kise sur sa gauche et d’Himuro, Atsushi, Midorima et Takao un rang au-dessus attend avec impatience l’entrée des joueurs.

Abby qui se trouve à leurs côtés, encore euphorique de sa victoire du jour d’avant se sent un peu étrange d’avoir autant envie de voir le Japon gagner contre sa propre équipe.

Akashi se dit qu’arriver en finale, c’est déjà un succès incroyable.

Mais là, ils sont à la porte d’un exploit si hors-norme alors qu’ils se confrontent à la plus grande équipe du monde, les Etats-Unis, qu’il en a le vertige.

La partie commence avec une intensité incroyable et il doit admettre que si les équipiers de Kagami et Aomine sont loin de faire de la figuration sur le terrain, leur duo est définitivement au-dessus du lot. Et il est le seul atout de l’équipe Japonaise qui leur permet de maintenir un écart de moins de dix points en faveurs des Etats-Unis pendant les deux premiers quarts temps.

Les Etats-Unis dominent le match mais plus la partie avance et plus la complémentarité de Kagami et Aomine ne cesse d’exploser sur le terrain au point que l’écart ne se réduise à trois points en début du quatrième quart temps.

Un seul petit panier à trois points.

La tension est telle que tous les spectateurs se lèvent au début du quatrième quart temps lorsqu’Aomine marque deux fois en moins d’une minute et que pour la première fois, le Japon est devant. Même d’un point, il est devant !

Les spectateurs retiennent leur souffle devant la contre-attaque américaine criant à tout rompre :

-          Défense ! Défense ! Défense !

Transcendé par un nouvel élan, Kagami qui a déjà dépassé ses limites depuis longtemps entre dans la zone et empêche l’attaquant qui doit bien faire dix centimètres et vingt kilos de plus que lui de marquer en contrant le ballon qui passe rapidement dans les mains d’Aomine.

La foule est extatique. C’est le moment ou jamais de creuser un peu l’écart.

Mais la défense américaine ne se laisse pas faire et récupère la balle dans les airs sur un contre incroyable.

Le capitaine de l’équipe américaine vient d’empêcher un des tirs sans forme d’Aomine, un geste terrible pour l’équipe du Japon. Et il lance aussi vite la balle à ses équipiers.

Et la foule scande le même slogan en criant à tout rompre :

-          Défense ! Défense ! Défense !

Galvanisé par la foule, Kagami puise dans ses dernières ressources et arrête à nouveau son adversaire. Il lance au meneur qui passe bien vite à Aomine qui s’élance.

Encore une fois, il se trouve face au capitaine de l’équipe américaine. Celui qui vient d’arrêter un de ses lancers si particuliers.

Qu’allait-il faire à moins d’une minute de la fin alors que le Japon n’a qu’un point d’avance ?

Et là, sous les yeux ahuris de ses anciens équipiers, il passe au meneur de l’équipe qui surgit sur sa gauche, recule pour franchir la ligne des trois points, se prépare et lance.

Le panier met le Japon à quatre points d’avance et moins de trente secondes au compteur.

Et la foule se déchaîne dans une atmosphère électrique avec un seul mot à la bouche :

-          Défense ! Défense ! Défense !

A trente secondes de l’exploit le plus incroyable qu’ait jamais accompli le Japon, Akashi se surprend à crier avec la foule, Kaori à ses côtés tremble d’excitation et prenant sa main nerveusement.

Porté par la foule, Kagami se dresse à nouveau face à l’américain. Il pourrait laisser l’américain marquer, récupérer la balle et laisser filer le temps.

Vingt secondes

Mais il est trop profondément plongé dans la zone pour réfléchir à ce petit calcul.

Il veut juste arrêter son adversaire qui n’est autre que son équipier dans l’équipe d’Oakland.

Le temps se suspend au duel qui s’engage entre les deux joueurs.

Quinze secondes

Kagami s’élance mais l’américain est le plus rapide. Il recule et marque un trois points.

Le Japon n’est plus qu’à un point devant. Mais il a la balle. Le pivot lance la balle à Aomine mais le capitaine de l’équipe américaine surgit de nulle part, vole la balle et il est à deux doigts de la raquette.

Il tire à dix secondes de la fin et dans le silence total de la foule ahurie, les Etats-Unis les devancent de nouveau au score !

Dix secondes

Mais Akashi sait qu’en dix secondes tout peut encore arriver.

Et il veut y croire plus que tout.

Aomine entre de nouveau dans la zone, enfin ! Ballon à la main, il traverse comme un boulet de canon le terrain.

Cinq secondes

De nouveau, il se trouve face au capitaine capable d’arrêter ses tirs.

Akashi tremble une seconde. Il avait été surpris de voir Aomine faire une passe tout à l’heure. Mais une fois dans la zone, il n’est pas sûr qu’il puisse faire confiance à ses équipiers.

A cet instant, même lui, Akashi, ne sait pas ce qu’il va se passer.

Trois secondes

Aomine passe !

Mais pas au meneur sur sa droite comme l’avait pensé l’américain qui avait anticipé une passe mais à Kagami qui apparait sur sa gauche qui tire.

Et sur une passe d’Aomine et buzzer beater de Kagami, le Japon devient champion olympique de basket pour la première fois de son histoire sous les hurlements de la foule devenue hystérique.

 

 

21 Décembre 2021

Café de l’orange bleue

 

Kuroko regarde l’heure avec appréhension alors qu’il traverse à toute vitesse les rues encombrée de Chibuya.

Il va être en retard s’il n’accélère pas le pas et Akashi doit avoir un planning bien plus chargé que le sien alors que ses vacances de Noël commencent à peine.

Un vent glacé souffle sur Tokyo annonçant les premières neiges et Kuroko regrette d’avoir oublié ses gants et son écharpe alors qu’il voit enfin le café dans lequel Akashi lui avait donné rendez-vous.

Ils se voyaient régulièrement avec Akashi et Kaori et il avait appris à apprécier la jeune femme qui se montre assez froide au premier abord mais qui s’ouvre peu à peu en sa présence. Et surtout il a pu voir comme il l’avait pressenti dès le premier jour que son attachement à Akashi est sincère et au moins aussi profond que celui d’Akashi.

Ils sont cependant tous les deux trop bien élevés pour montrer leur affection en public mais Kuroko a l’habitude d’observer et Kaori s’est lentement détendue en sa présence.

Le message d’Akashi qui lui demande de venir seul l’avait un peu inquiété.

Et lorsqu’il entre dans le café, Akashi est déjà là bien sûr, une tasse fumante entre les doigts. Pour quiconque, il aurait eu l’air tout à fait serein et posé. Mais Kuroko sait repérer sans peine les traces de la nervosité sur le visage de son ami.

Et voir Akashi à ce point décontenancé, c’est un spectacle qui le paralyse une seconde.

Akashi lui tend un de thé qu’il avait commandé pour lui et Kuroko est trop heureux de se réchauffer les mains en tenant sa tasse brûlante.

-          Tetsuya, dit-il sur le ton du reproche amusé, sortir comme ça pendant les premières neiges. On ne dirait pas que ton travail consiste à s’occuper d’enfants.

Kuroko sourit une seconde. Il vient de commencer à travailler pour un jardin d’enfants qui se trouve assez proche du nouvel appartement qu’il avait pris avec Kise. Et il adore chaque minute de son nouveau travail. Travailler avec des enfants, il avait toujours su que ça lui plairait. Il n’avait juste jamais mesuré à quel point.

Alors qu’il sent à quel point Akashi est nerveux, il commence à parler de son quotidien avec des enfants toujours surprenants, de toutes les petites scènes adorables qui peuplent ses journées, du caractère bien trempé de certains, de la timidité d’une petite fille qui le suivait partout et qu’il avait du mal à ne pas prendre dans ses bras dès qu’elle osait lui demander la moindre chose, du petit brun énergique qui souriait toujours et tentait toutes les bêtises possibles.

Il les adore ces petits démons qui peuplent sa journée de rires, de sourires, de jeux, parfois de pleurs qu’en l’écoutant Akashi en oublie sa nervosité et sourit.

Mais Kuroko n’a pas oublié lui et attend patiemment qu’il lui parle.

-          Tu es le premier à qui j’en parle, se décide enfin Akashi, mais…

Il prend une longue inspiration comme pour rassembler son courage.

-          … Kaori est enceinte.

Kuroko est sans voix. Il se lève de sa chaise d’un bond et prend Akashi dans ses bras en le félicitant avec enthousiasme mais Akashi est tellement nerveux qu’il le libère et se recule assez vite.

-          Akashi kun ? Je pense qu’être nerveux à l’idée d’avoir son premier enfant est tout à fait normal.

-          Je ne suis pas nerveux, dit Akashi, je suis terrifié. Parce que, que ce soit Kaori ou moi, on a pas eu une enfance classique et l’idée de répéter ce qu’on a vécu avec nos propres parents même sans le vouloir me terrifie. Et d’un autre côté, cet enfant va hériter de tout ce que l’on a construit. Ce n’est pas qu’une entreprise, il y a des personnes, des espoirs, un but derrière tout ça et il faut être préparé et fort pour porter tout ça à bout de bras. Je crois que pour la première fois de ma vie, je comprends pourquoi mon père m’a élevé comme il l’a fait. Si je n’avais pas été préparé, je me serai fait dévorer en un rien de temps parce que le milieu des affaires est un monde de requins.

Kuroko prend la main de son ami avec un grand sourire confiant :

-          Je ne suis pas devin Akashi kun, mais je sens déjà que même s’il n’est pas encore né, tu l’aimes déjà cet enfant. Et je pense que tant que tu n’oublies pas de le lui montrer aussi souvent que tu le peux, tout se passera bien.

-          Je ne suis pas sûr que ce soit aussi simple Tetsuya.

-          Oh mais ça ne l’est pas, dit Kuroko. Mais compte sur tes amis pour te remettre sur le droit chemin si tu t’égares, dit-il en souriant malicieusement.

Akashi lui lance un soupir amusé :

-          Je compte sur toi Kuroko sensei.

 

 

5 avril 2025

Rentrée des classes



Kuroko regarde avec un grand sourire les enfants de sa classe. Il les aime déjà ces enfants qui s’avancent dans la classe pour la première fois. Il y a ceux qui regardent tout avec de grands yeux curieux et pétillants comme le fils de la grande sœur de Kise qui est aussi blond et énergique que tous les Kise qu’il connaît, ceux qui sont trop timides pour relever la tête, ceux qui accaparent déjà son attention en voulant absolument lui raconter ce que font leur parents, leurs grands frères ou leurs petite sœurs et il y a une petite fille aux cheveux rouge et au yeux bleu gris qui se tient bien sagement à sa place et observe les lieux et ses futurs camarades calmement.

Il regarde le petit Kise courir vers la petite fille avec le même sourire lumineux que tous les Kise semblent capable de maîtriser si facilement, un dessin à la main qui représente une petite fille aux cheveux rouges.

Il lui offre avec toute la candeur d’un enfant qui cherche juste à faire plaisir. Et elle accepte avec un sourire si gracieux que même le jeune Kise est un instant sans voix et reprend sa place en silence, calmement.

Kuroko sourit en voyant à quel point Yukino ressemble à son père, elle n’a peut-être que quatre ans mais il émane d’elle la même aura d’autorité douce et ferme que celle de son père.

Kuroko rassemble les enfants pour qu’ils se présentent et leur demande à tous de raconter à la classe une chose qu’ils aiment.

Bien sur le petit Kise veut absolument commencer avec son enthousiasme et son sourire lumineux qui rayonne sur toute la classe. Et Kuroko sourit en voyant que tous à part Yukino se laissent happer par le récit des parties de basket qu’ils jouent avec Ryota, sa mère et lui-même de temps en temps sur le terrain du bout de sa rue.

Tous y passent avec des anecdotes plus ou moins fournies jusqu’à Yukino.

Et lorsqu’elle prend la parole d’une voix calme et mesurée, tous les regards se suspendent à ses lèvres dans le silence le plus total. Tous, même lui, sont fascinés par la petite fille qui parle de ses cours de violon. Comme elle ne maîtrise pas encore toutes les notes, sa mère lui compose des petits opus qu’elle peut jouer et qu’elle accompagne au piano. Et elle parle des parties de shogi qu’elle adore jouer avec son père. Même si elle sait que parfois il la laisse gagner, elle adore essayer de le décontenancer par un nouveau coup.

La façon dont ses yeux s’illuminent quand elle parle de ce défi qu’elle se lance lui rappelle le regard de Ryota quand il est sérieux.

Et lorsqu’il lui dit qu’elle pourra, si elle le souhaite leur faire une démonstration de violon la prochaine fois, elle sourit doucement en acceptant d’un hochement de tête.

A cet instant, Kuroko se dit qu’Akashi n’avait raté aucun tournant avec sa fille.

Maintenant, il ne lui reste plus qu’à lui apprendre à rire et s’amuser avec les autres.

Et que le petit Kise allait l’aider dans sa quête.

 

22 Décembre 2025

Café de l’orange bleue

 

Kuroko est un peu nerveux. Kaori lui avait demandé de venir pour prendre un thé dans ce café où Akashi lui avait annoncé il y a de ça presque cinq ans qu’il allait être père. Et Kaori avait insisté sur le fait qu’ils seraient seuls.

Et il n’avait jamais rencontré seul à seul Kaori. Et s’il la connait bien, elle n’en était pas moins impressionnante.

-          Kuroko sensei, dit-elle en lui montrant la chaise en face d’elle.

Avec son air le plus impassible, il prend place et Kaori commande pour eux d’un seul geste deux thés.

-          Tout d’abord, dit Kaori, je voulais vous dire un grand merci de prendre autant soin de Yukino. Elle est intarissable quand elle parle de « son Kuroko sensei ».

-          Honnêtement, dit Kuroko, il n’y a pas grand-chose à faire avec votre fille. Elle est toujours partante pour tout ce que je peux lui proposer, c’est un vrai petit ange, ajoute-t-il avec un sourire sincère.

-          Avec vous peut-être, s’amuse Kaori, mais j’ai bien peur qu’elle n’ait hérité de mon sale caractère et quand elle a une idée en tête, elle peut se montrer très déterminée.

-          C’est l’une des premières choses qu’Akashi kun m’ait dite sur vous, avoue Kuroko. Et je crois bien qu’il avait le même sourire que vous en ce moment, ajoute-t-il.

Les joues de Kaori rougissent légèrement mais elle se reprend assez vite.

-          Si je vous ai demandé de venir c’est parce qu’avec Seijuro, on est devenu assez fan de toutes les histoires que Yukino nous raconte le soir. Et qu’on a mis un certain temps à se rendre compte que tous ces contes merveilleux que vous racontez aux enfants n’existent nulle part.

-          Oh, dit Kuroko un peu gêné, c’est parce que c’est moi qui les écrit moi-même.

-          On a fini par le comprendre et je vais être honnête avec vous, je pense que vos histoires ont un vrai potentiel. Est-ce que par hasard vous en avez des traces écrites ? Si vous êtes d’accord, j’ai pris un rendez-vous avec le responsable de mon département édition et on peut voir ensemble ce qui serait possible.

Kuroko qui avait toujours rêvé d’écrire pour les enfants écoute avec prudence la proposition de Kaori, se demandant où le fait qu’il soit ami avec Akashi et en charge de leur fille empiète sur l’intérêt réel de Kaori sur ses écrits.

-          Je ne fais pas marcher mon entreprise en accordant des faveurs, dit Kaori qui a compris ses réticences. Je ne suis pas assez gentille pour ça et j’ai trop de respect pour les personnes qui travaillent avec moi pour faire une telle chose. J’ai déjà retranscrit certaines de vos histoires et je les ai fait lire à plusieurs personnes avant de vous appeler.

Soudain, Kuroko est frappé de la ressemblance entre Kaori et sa fille quand elle se lance un défi, elles ont exactement le même regard.

-          Je ne parle jamais affaire à la légère.

 

Décembre 2026

Critique littéraire du Times magazine

La petite fille et l’étoile de Kuroko Tetsuya

 

 

Je sens que je vais surprendre beaucoup de mes lecteurs habitués à mes avis un peu acerbes et mes mots souvent durs dans cette rubrique. Oui, je n’ai pas la réputation d’être un critique facile et à l’heure de l’uniformité ambiante où il est de bon ton de ne jamais dire les choses comme elles sont, je fais office d’électron libre simplement parce que j’ai le courage de dire ce que je pense.

Un courage que trop peu de personne assume aujourd’hui.

Mais ce n’est pas le débat du jour.

Depuis plusieurs semaines maintenant, ma petite fille demande encore et toujours la même histoire avant de s’endormir. Vous savez comment sont les enfants, ils ont une capacité infinie à écouter encore et toujours les mêmes histoires qu’ils connaissent pourtant par cœur avec le même enthousiasme.

Un soir alors que ma femme n’était pas là et que c’est elle qui s’acquitte d’ordinaire de cette sympathique corvée, je m’y suis attelé.

Et là, j’ai eu une révélation.

Cette histoire qui plait tant à ma petite fille n’est pas qu’une simple histoire pour enfant. Il y a derrière les mots une inspiration qui va bien au-delà de la poésie de cette quête initiatique, une profondeur qui se cache derrière la simplicité de ce conte que ma fille comprendra en grandissant.

Il y a définitivement le souffle de Saint-Exupéry dans les mots de cet auteur japonais dont c’est le premier roman.

Et à l’heure où les enfants sont de plus en plus fascinés par tous ses écrans qui nous envahissent, tous ses loisirs virtuels qui jouent tous leurs atouts sur la surenchère et l’artifice, j’aime l’idée que ma fille ait les yeux qui pétillent en écoutant l’histoire toute simple de cette petite fille qui cherche une étoile. Et je suis ravi de savoir qu’elle grandira avec cette petite merveille qui prendra tout doucement un sens plus profond comme j’ai grandis moi-même avec Le Petit Prince qui continue de révéler ses secrets avec les années.

Un grand merci Monsieur Kuroko pour m’avoir rappelé le temps de quelques mots qu’il y a encore un enfant qui attend dans un coin reculé de mon cœur d’adulte.

 

John Maxime

 

Paris 2026

 10 Juillet 2026

 

Kuroko avait été invité au salon du Livre de Paris par la maison d’édition de Kaori et ils avaient tous fait le voyage, Kise, Kaori, Akashi et la petite Yukino qui découvre Paris pour la première fois.

Kuroko assure son deuxième jour de dédicaces avec un sourire radieux pour chacun de ses lecteurs, la petite Yukino sur les genoux qui ne veut à aucun prix quitter Kuroko sensei.  Son livre est un des grands succès de la littérature enfantine de l’année et Kise constate qu’il n’y a pas que des enfants qui attendent leur tour dans la queue.

Il y avait aussi beaucoup de femmes qui portent un peu trop d’attention à son goût à Kuroko. Et lorsqu’une rumeur s’élève de la file et Kise en observe avec curiosité la source.

Il voit avec surprise les deux Leroy faire tranquillement la queue et se précipite vers eux avec un grand sourire pour les saluer.

-          Ryota ! Quand on a vu avec ma sœur qui était l’invité du Salon, on a pas résisté !

-          Et on est encore tous les deux de grands enfants, dit Jo’, parce qu’on a adoré son livre !

-          Vous n’avez pas besoin de faire la queue, dit Kise. On vous invite ce soir à dîner et Kuroko se fera un plaisir de vous signer tout ce que vous voulez.

-          Mais non ! s’exclame Joël. Et puis on va en profiter pour parler et on vous invite à dîner ce soir.

-          Et puis nous aussi on veut dire bonjour à la petite fille que Kuroko tient sur ses genoux ! Est-ce que c’est votre…

-          Non ! s’exclame Kise. C’est la fille d’Akashicchi que Kurokocchi avait dans sa classe et qui lui a inspirée cette histoire.

-          C’est vrai ? Cette petite merveille est la fille d’Akashi ! dit Jo’.

Ils parlent de tout, de rien. Du début de la carrière d’actrice de Jo’ qui s’annonce prometteuse, de son frère qui vient de terminer ses études de langues et avait trouvé un poste dans une boite qui travaille avec toute l’Asie. Kise parle du travail de Tetsuya avec les enfants et de ses écrits dont il n’est jamais complètement satisfait, de son travail de pilote. Et lorsqu’ils arrivent enfin devant l’auteur, Kuroko pose Yukino à terre et se lève d’un bond de son siège pour les saluer chaleureusement.

 

Le soir même, ils se retrouvent tous dans un petit restaurant sur les quais de Seine, simple et chaleureux où la petite Yukino dévisage les deux français avec insistance.

-          Papa, ils ont les mêmes yeux que Midorima san, dit-elle avec candeur.

Mortifiés, Seijuro et Kaori tentent d’expliquer à leur fille que ça ne se fait pas de dévisager ainsi les gens, encore moins faire des commentaires à haute voix mais le rire des deux Leroy les en empêchent.

Akashi jouait encore régulièrement au shogi, du moins autant qu’il le pouvait, avec Midorima qui est redevenu un ami proche.

-          Le monsieur à lunettes qui a l’air toujours un peu trop sévère, c’est ça ? dit Jo’.

-          Il a peut-être l’air sévère, s’insurge Yukino, mais il est très gentil en fait.

Tous rigolent en pensant que les enfants sont souvent bien plus perspicaces que nombre d’adultes.

Yukino regarde perplexe ces adultes qui rigolent alors qu’elle ne fait que dire la vérité. Est-ce qu’il ne fallait pas toujours dire la vérité ? Et elle adore Midorima qui lui offre toujours des petits cadeaux rigolos quand il vient faire une partie de shogi avec son père parce qu’ils sont du même signe et qu’il dit toujours qu’entre cancers, ils ne pouvaient que s’entendre.

Il joue même parfois avec elle. Elle sait qu’il la laisse gagner de temps en temps parce qu’il a toujours du mal à cacher son petit sourire fier quand la partie se termine. Et il en profite à chaque fois pour lui montrer de nouveaux coups pour surprendre son père. Et elle adore ça, surprendre son père au cours d’une partie.

Tous les adultes sont si compliqués pense-t-elle en hochant la tête.

Et lorsqu’elle croise le regard clair de Kuroko qui pense la même chose, elle se rectifie d’elle-même.

Presque tous les adultes sont compliqués, pense-t-elle en lui offrant son plus beau sourire.

Le diner se déroule dans une ambiance chaleureuse où Seijuro et Kaori se détendent peu à peu. Comme Kise l’avait déjà remarqué, personne ne résiste bien longtemps à l’aura sereine dégagée par les deux français qui arrivent même à faire rire les deux Akashi sur quelques anecdotes du dernier tournage de Johanne.

Et juste avant de se séparer pour rentrer chacun de leur côté, Kaori donne sa carte de visite à Johanne parce qu’elle a des projets qui pourraient l’intéresser.

Kuroko repense à sa rencontre avec Kaori avant la sortie de son livre et il est sûr d’une chose, la femme d’Akashi ne plaisante pas quand elle parle travail.

Il est soudain persuadé qu’ils allaient retrouver Johanne au Japon dans peu de temps.

Les Akashi se dirigent lentement vers leur hôtel, Yukino courant dans tous les sens en rigolant car elle avait vu un petit chat un peu joueur qui s’amuse à la laisser approcher un peu avant de lui échapper de quelques bonds.

Ce qui la fait rire de plus belle.

-          Tu as compris, dit Seijuro, que cette petite fille du livre, c’est Yukino et qu’il s’adresse aussi bien à notre fille qu’à nous.

Kaori sourit tendrement en regardant sa fille rire à nouveau. Seijuro et elle avaient été élevés dans un cadre si rigide que rire en publique était impensable.

-          La quête de l’étoile, dit Kaori. La différence entre l’être et le paraître, se défaire des conventions sans renier ses valeurs, la différence entre la perfection et la quête du bonheur, dit Kaori. J’ai parfois l’impression qu’il a été écrit juste pour moi ce livre.

Seijuro sourit, amusé. Elle n’avait jamais complètement abandonné ses idées sur la notion de perfection et il n’est pas sûr que personne d’autre qu’elle n’ait vu une allusion sur ce sujet dans le livre de Kuroko.

Mais c’est le propre des grands livres de vous donner l’impression de vous toucher personnellement, en plein cœur.

Lui aussi avait vu des trésors dans le livre de Tetsuya que personne d’autre n’avait dû découvrir.

Kaori glisse sa main dans la sienne avec un petit sourire.

-          Si on veut être plus littéral, dit-elle, je crois que l’étoile fait aussi référence au jeune Kise qui est dans la classe de notre fille.

Seijuro se tourne vers Kaori surpris.

-          Tu veux dire que…

-          Je crois que notre petite fille a un amoureux, dit Kaori sur le ton de la confidence.

Seijuro énervé regarde sa fille comme un père protecteur outré en marmonnant « ce Kise ! » et Kaori  rigole doucement :

-          Je pense que malgré le fait que notre fille soit plus que perspicace sur presque tous les sujets, elle ne se rend absolument pas compte que ce petit blondinet est complétement sous son charme.

-          Et c’est très bien comme ça, marmonne Seijuro en couvant sa fille du regard qui court toujours après le chat aux yeux verts qui continue à lui échapper malicieusement.

-          Seijuro, dit Kaori un peu nerveusement, j’ai une nouvelle à t’annoncer et je crois qu’il n’y a pas de meilleur moment.

Akashi se tourne vers elle un peu nerveux.

-          Yukino va bientôt avoir un petit frère, dit-elle en posant sa main sur son ventre par reflexe. Ou une petite sœur. Mais j’ai l’impression que ce sera un…

Akashi ne la laisse pas finir en la prenant dans ses bras. Pour la naissance de Yukino, il avait eu tellement peur de reproduire toutes les erreurs de son propre père. Mais maintenant, il sait qu’il est capable de suivre son propre chemin et il est déjà impatient de tenir son enfant dans ses bras.

Kaori se laisse faire en glissant à son oreille :

-          Je crois que finalement c’est ton père qui a raison. Parce que là, tout est absolument parfait.

 

 

 

Alors que Kuroko rentre main dans la main avec Kise en flânant sur les quais de Seine, Kise regarde nerveusement Kuroko, une question sur les lèvres qu’il n’ose poser.

-          Kurokocchi...

Kuroko s’arrête, inquiet de voir un voile assombrir les yeux de Ryota. Il l’entraîne avec lui pour s’assoir sur le rebord du canal, à l’endroit où ils s’étaient dit qu’ils s’aimaient pour la première fois.

-          Quand j’ai vu Jo’ et Joël dans la file, Jo’ a vu la petite Yukino et elle a cru que c’était notre fille.

-          Je crois qu’il va falloir lui faire reprendre les bases de la biologie, dit Kuroko amusé.

-          Je suis sérieux Kurokocchi. Tu sais très bien qu’il y a des moyens même pour nous d’avoir des enfants et que c’est de mieux en mieux accepté. Tu travailles avec des enfants et je ne crois pas trop m’avancer à dire que tu les aimes et les comprend mieux que personne. Alors je veux que tu répondes honnêtement à ma question. Est-ce que tu veux des enfants ?

Kuroko se tourne vers Ryota, tentant de sonder ses deux grands yeux dorés.

-          Oui, je l’avoue. J’aimerai avoir des enfants. Mais je suis suffisamment égoïste pour vouloir des enfants qui soient nos enfants, qui aient un peu de nous deux et je sais que c’est impossible.

Ryota passe sa main sur les épaules de Kuroko pour l’attirer à lui. La vision éphémère d’un enfant qui aurait ses cheveux blonds et les yeux bleus de Kuroko le fait tristement sourire.

-          C’est mon rêve impossible, dit Kuroko.

Kuroko plonge son regard dans celui de Kise en repensant à la question que lui avait posé Akashi il y a longtemps, une question qu’il lui avait retourné car il n’avait su y répondre.

Es-tu heureux ?

Et il se rend compte d’une chose, à la fois simple et fondamentale. Etre heureux, ce n’est pas tout avoir, vivre une vie parfaite ou obtenir la liste des choses qui nous manque.

Etre heureux, c’est simplement se satisfaire de ce que la vie vous offre et ne pas souffrir de ses manques.

Et la vie en mettant Kise sur son chemin avait été plus que généreuse.

Il est la lumière.

Et lui l’ombre.

Ils n’auraient dû que s’effleurer dans la pénombre.

Et pourtant.

-          Mais avec toi, je suis heureux.

 

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