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Kuroko no Basket

Kise
[Histoire Terminée]
Auteur: elane Vue: 4713
[Publiée le: 2015-07-16]    [Mise à Jour: 2015-10-04]
13+  Signaler Général/Angoisse/Amitié Commentaires : 23
Description:
L'as de Kaijo vient de perdre une nouvelle fois face à Seirin. Alors qu'il rumine sa défaite sur un terrain de basket, Aomine tente à sa manière de lui remonter le moral...
Crédits:
Rien à moi.

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Six

[3339 mots]
Publié le: 2015-08-06Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Bonjour,
alors ce n'est pas une update mais un décalage
Je me suis trompée dans l'agencement de mes chapitres et j'ai oublié le chapitre 3. Pour être honnête, vu ou vous en êtes dans l'histoire, cela ne va rien changer dans le déroulement de l'histoire... Pas tout de suite en tout cas.
Mes plates excuses pour ce mic mac et si vous êtes curieux, le chapitre que vous n'avez pas lu est le 3ème.
Pour m'excuser, vous aurez le droit à un autre chapitre à la suite et aussi l'assurance que cette histoire aura une fin puisqu'elle est déjà écrite en entier.
Désolée.
elane

Terrain d’entraînement de Kaijo

 

« Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon »

Léon Tolstoï

 

Kasamatsu fronce les sourcils en observant ses joueurs. Non, pas ses joueurs mais Kise.

Il joue toujours aussi bien que d’habitude, se plie à tous les entraînements, toutes les indications de jeu, marque, passe, dribble. Comme toujours, ses accélérations et ses tirs marchent à tous les coups.

Mais il y a définitivement quelque chose qui cloche et vu les regards à la dérobée que lui lancent les autres membres de l’équipe, il n’est pas le seul à s’en rendre compte. Ce qui n’a rien d’étonnant à vrai dire.

D’ordinaire quand Kise joue, il est presque impossible de détacher les yeux de ses mouvements. Son amour du basket associé à son assurance insolente attirent tous les regards et même s’il ne l’avouera jamais devant lui, il mérite bien l’admiration qu’on peut lui porter.

Mais aujourd’hui…

Kise semble comme éteint, ses gestes sont toujours aussi parfaits et fluides mais presque mécaniques.

-          Kise, tu sors.

Non seulement il ne proteste pas mais il s’assoit sur le banc de touche, il semble s’effacer au regard de tous.

Kasamatsu s’avance, bien décidé à comprendre ce qui ne tourne pas rond dans la tête de son meilleur atout et se pose à ses côtés.

-          T’es pas dans le jeu aujourd’hui, Kise.

-          Désolé senpai.

Deux mots à peine murmurés qui désarçonnent totalement Kasamatsu.

-          Tout va bien Kise ?

-          Oui.

Mais bien sûr… S’il n’avait pas l’air si pitoyable, Kasamatsu l’aurait frappé.

-          Est-ce que je peux quitter l’entraînement plus tôt aujourd’hui ?

Kasamatsu lui aurait envoyé un ballon à travers la tête s’il avait osé lui demander pareille chose avec son ton habituel. Mais là…

-          Oui.

Lentement, il le voit se lever et prendre la direction des vestiaires et il se sent terriblement mal à l’aise.

-          Kise…

Le regard qu’il lui lance est si vide qu’il n’ose finir sa phrase autrement qu’en lui rappelant de ne pas être en retard demain.

Tous les membres de l’équipe le suivent quitter le terrain des yeux, suspendant un court instant leur entraînement, inconsciemment rivés sur les pas de Kise.

Tout reprend doucement son cours. Mais Kasamatsu observe une chose qu’il n’aurait jamais cru possible, sans l’exubérance de Kise l’entraînement avait perdu une grande partie de son attrait.

Le capitaine de Kaijo prend son portable et envoie un rapide message…

 

Maji Burger

 

Midorima regarde à nouveau sa montre et consulte discrètement son portable.

Elle n’avait pas répondu à ses appels et n’avait pas décommandé. Kise avait raison, elle ne viendra pas. Lentement, il replie son jeu de go et commence à ranger les pierres.

Il comprend.

A une semaine d’une finale d’un prix aussi prestigieux que le Meijin, jouer avec un amateur n’est pas la meilleure des préparations. Son esprit toujours logique comprend. Mais il ne peut s’empêcher de se sentir déçu, délaissé. Il n’est au final qu’une distraction sympathique dans le parcours d’une pro.

Il avait pourtant toujours apprécié leurs parties parce qu’Akiko avait le même regard que son frère pendant un match, sérieux et flamboyant, porteur d’un défi qui pousse à se dépasser. Ses victoires, ils les avaient arraché à la loyale et elle ne l’avait jamais pris de haut.

Mais aujourd’hui, il se sent juste idiot de l’importance qu’il avait accordé à leur partie parce que visiblement, ce n’est pas partagé.

Elle aurait pu au moins lui envoyer un message.

-          Je te l’avais dit.

Surpris dans ses pensées, Midorima lève les yeux vers Kise qui l’aide à ranger les pierres.

-          Et t’avais raison.

-          Crois-moi, j’aurais préféré avoir tort.

Midorima regarde les mains blanches de Kise l’aider à ranger lentement les pierres.

-          Tu m’expliques ?

 

 

-          Tu nous expliques ? dit Kuroko son sempiternel milkshake à la vanille à la main.

 

Kise et Midorima se retournent d’un bond pour découvrir Kuroko, Aomine et Satsuki débarquer au Maji Burger.

-          Rappelle-moi pourquoi on est là, déjà Satsu ? dit Aomine.

-          Parce qu’Akiko est pas venue en cours aujourd’hui, lui répond-elle.

-          Moi, j’ai reçu un message inquiet de Kasamatsu senpai, dit calmement Kuroko en montrant son portable.

Kise fixe incrédule le message de son capitaine et l’inquiétude qu’il lit sur les visages. Même Aomine est là.

-          Mon père avait organisé une petite réception pour la victoire d’Akiko et il lui a forcé la main pour rester chez lui pour préparer la finale au mieux. Ce n’est pas la première fois qu’il fait le coup et quand il veut quelque chose, il est impossible de lui tenir tête.

Par reflexe, Midorima jette un œil à son téléphone.

-          Mon père lui a surement confisqué son portable.

-          Tu veux dire qu’il la retient contre son grès et qu’il lui a coupé toute communication. Ça porte un nom ça, tu sais.

Kise crispe sa main sur les pierres.

-          On ne peut pas dire non à mon père, ni Akiko, ni moi.

Seul le silence fait écho à ses paroles.

Les anciens équipiers de Kise qui avaient l’habitude d’observer les exubérances et le babillage incessant d’un blondinet survolté sont abasourdis par un Kise abattu.

Enfin presque tous.

-          Ben moi, ça me pose pas de problème, dit Aomine plus qu’agacé de voir Kise dans cet état.

D’un geste, il agrippe Kise et sort du Maji Burger, immédiatement suivi par toute la fine équipe qui a encore du mal à se remettre de l’explosion de l’as de Tôô.

-          Satsu, c’est par où ?

Kise manque de tomber à terre lorsque Satsuki lui donne aussi bien l’adresse que les indications pour y arriver… Comment ? Mais il se reprend vite, bien sûr que Momoi savait où habitent ses parents et tout un tas d’autres détails sûrement plus embarrassants.

Il essaye de protester mais Aomine non seulement ne le lâche pas mais ne lui laisse pas placer un mot jusqu’à ce qu’ils arrivent tous devant la grille imposante de cette maison glacée où il avait passé son enfance.

L’atmosphère n’a pas changée, il peut sentir jusqu’au plus profond de son être l’empreinte noire de son père. La pression lui coupe le souffle, il n’y avait pas mis les pieds depuis si longtemps et pourtant rien n’a changé.

Il se souvient encore de ce jour où il avait rassemblé tout son courage pour défier son père. La seule et unique fois de sa vie où il avait réussi à le regarder dans les yeux sans trembler.

Il était devenu mannequin parce que c’était le seul travail qu’un enfant pouvait faire. Il avait utilisé le nom de sa mère qui avait été un modèle reconnu avant de se marier et avait empoché ses premiers contrats avec une facilité déconcertante. Curieusement, être enfin l’objet d’attention lui avait vraiment plu et il sait mieux que personne attirer les regards et montrer à tout ce qu’on attend de lui.

Il était devenu vraiment très doué, en quelques regards il savait ce que l’on attendait de lui et il adaptait en permanence le masque avec une facilité déconcertante. Et personne n’avait jamais cherché à voir ce qu’il y avait derrière ce sourire qu’il opposait comme une défense à tous ceux qu’ils croisaient.

Parce que sa plus grande crainte était que tous puisse un jour voir ce que son père voit en lui. Il n’est qu’une fraude, quelqu’un capable de copier et uniquement de copier. Et tant que cela marche, c’est tout ce que l’on attend de lui.

Il se souvient encore de ce jour-là avec une acuité qui le fait trembler.

Il avait mis toutes ses premières payes de côté pour louer un appartement. Il l’avait choisi exprès entre le collège Teiko et l’école de go de sa sœur. Il avait préparé ses arguments soigneusement car l’arme la plus efficace de son père, la seule qu’il respecte est la logique.

Il s’était attendu à une bataille difficile.

Son père l’avait laissé partir sans un mot plus haut que l’autre. Le seul moment où il avait protesté, c’était quand il avait dit qu’il avait aussi une chambre pour Akiko puisque l’appartement était à deux pas de son école de go. Pour sa fille, il s’était battu. Lui il l’avait laissé partir sur « Tant que tu pourras payer le loyer, j’y vois pas d’inconvénients ».

Au final, c’est Akiko qui avait réussi à le convaincre et ils avaient emménagé tous les deux, s’affranchissant un peu plus chaque jour de l’emprise noire de leur père. Cela n’avait pas été facile tous les jours mais son entrée au club de basket, les parties d’Akiko contre Midorima avaient vraiment aidé.

Revenant soudainement au présent, il se rend compte que tous les regards convergent sur sa main qu’Aomine vient de libérer et qui tremble un peu trop.

Kise se mord les lèvres de montrer un spectacle aussi pathétique et prend sa décision :

-          J’y vais mais seul.

-          Non, dit simplement Midorima dont les yeux démentent le calme apparent.

Kise observe incrédule Midorima qui glisse un regard assassin à Aomine et Kagami :

-          Vous me laissez parler…

 où je vous en colle une

Il n’a pas besoin de l’exprimer à haute voix, tous l’ont clairement entendu.

Midorima s’avance jusqu’à la porte, Kise à sa droite, les autres sagement derrière lui, un peu effrayés par son allure martial et frappe dignement à la porte.

Les secondes qui s’écoulent dans un silence angoissant avant qu’une grande femme au teint délicat, aux cheveux blonds et aux yeux dorés ouvre la porte et reste une seconde surprise avant de lancer :

-          Ryota ?

-          Mère.

Devant la ressemblance frappante entre eux, une longue seconde de silence flotte sur le groupe :

-          Bonjour Mme Kise, se reprend le premier Midorima qui s’incline poliment. Pourrions-nous parler à votre fille.

Mme Kise jette un regard inquisiteur sur la petite troupe :

-          Vous êtes les anciens équipiers de Ryota n’est-ce pas ?

-          Et les amis d’Akiko, ajoute Aomine avant de se faire fusiller du regard par Midorima devant sa familiarité.

Mais la mère de Ryota sourit et les laisse entrer et s’installer dans une pièce lumineuse, chacun se retrouvant autour d’une immense table, une tasse fumante entre les mains. A vrai dire, Midorima se demande bien comment ils ont tous pu se retrouver aussi vite dans cette pièce sous le regard attentif de la mère de Ryota qui joue parfaitement le rôle de l’hôtesse, souriante et prévenante.

Et soudain la scène frappe Midorima de plein fouet. Leur entrée, leur hôtesse, la pièce, tout, jusqu’à l’arrangement des fleurs sur la table, les tableaux accrochés aux murs et la prévenance de leur hôtesse, tout est parfait.

Et faux.

Une scène qui se joue devant ses yeux, un carcan terrible où même lui se sent déplacé. Encore plus que Ryota qui se fond un peu trop bien dans le décor, devenant presque aussi transparent que Kuroko sur un terrain de basket.

Et lorsqu’il pensait qu’il pouvait difficilement être plus mal à l’aise, le père de Kise entre dans la pièce. Il l’avait déjà vu pendant le match d’Akiko, mais il l’avait vu à travers un écran. Rien ne pouvait le préparer à l’aura noire et prenante qui se dégageait de son regard froid et il n’a pas à regarder autour de lui pour savoir que même Kagami et Aomine ont instinctivement rentrés les épaules.

-          Ryota ? dit-il d’une voix d’où Midorima peut presque voir les cristaux perler sur le filet de voix du père de Ryota.

-          Père.

Midorima l’avait déjà vu via l’écran mais la soumission dont il fait preuve dans ce simple mot a quelque chose de terriblement insupportable.

-          Nous souhaitons parler à votre fille, dit Midorima.

Il se sent presque obligé de parler pour briser l’image froide qui prend naissance sous ses yeux. Et pourtant à peine a t’il émis le moindre son, qu’il se sent hors du cadre dans ce tableau parfait. Et tous les regards qui se tournent vers lui coupent le souffle.

-          Midorima, c’est bien ça ? La personne qui a appelé Akiko pour une partie aujourd’hui.

Impossible de ne pas répondre devant le regard de cet homme. Impossible de mentir.

-          Oui Monsieur.

-          Vous semblez quelqu’un d’intelligent…

Un peu plus que les autres en tout cas semble dire son regard qui parcourt l’assemblée, son fils inclus.

-          Vous comprendrez alors qu’à une semaine de la finale d’un des plus grands tournois de go international, une simple partie avec un amateur, aussi fort soit-il, est une futilité bien inutile. Akiko ne peut se permettre de perdre ainsi son temps.

Midorima crispe les poings.

C’est exactement ce qu’il pensait et c’est la voix de la logique la plus pure. Bien sûr qu’il a raison. Alors pourquoi se sent-il aussi mal à l’aise sous le regard de cet homme ? Parce que même s’il sait que ses paroles sont vraies, qu’il était parvenu lui-même à cette conclusion, ce sont aussi celles qu’ils redoutaient le plus d’entendre à haute voix.

Merde ! Il pensait être le seul à pouvoir se mesurer au père de Kise et il trouve tout d’un coup sa venue comme un caprice insupportable.

-          On voudrait au moins féliciter Akiko pour sa victoire, dit calmement Kuroko.

Midorima est presque aussi surpris que le père d’Akiko car il semble complètement imperméable à la sombre atmosphère se dégageant de la pièce.

Monsieur Kise tourne alors son regard vers Kuroko.

-          Kuroko, n’est-ce pas ?

-          Oui Monsieur.

Midorima est presque aussi surpris que le père de Kise de voir que son ton ne fait pas trembler le moins du monde Kuroko. C’est pour le moins déstabilisant.

-          Je comprends mieux l’intérêt de mes enfants pour vous, dit-il.

Pas si insensible, finalement, Kuroko baisse les yeux gêné au plus haut point.

-          Pourtant il n’y a pas grand-chose à regarder, continue-t-il abruptement.

Kise crispe les poings rageusement pendant que Kuroko est trop estomaqué pour répondre. Midorima commence à comprendre le fonctionnement de Monsieur Kise, élever son interlocuteur pour mieux le rabaisser dans la seconde suivant en appuyant sur les points faibles les plus blessants.

Il dévisage Kise avec effroi, comment pouvait-on se relever après une enfance passée dans l’ombre d’un tel homme.

-          Vous pouvez-vous en prendre à moi, père, mais pas à mes amis.

-          Ryota, dit mielleusement son père, tes amis ? Et quel visage leur montres-tu pour leur faire croire pareille chose ? Parce que toi comme moi savons que…

 

-          Père !

Akiko se tient devant la porte d’entrée, interrompant sa tirade chargée d’une noirceur amère. Midorima observe la sœur de Kise surpris de la voir encore plus pâle que d’habitude, le regard étincelant d’une rage à peine contenue.

Et pour la première fois, l’équilibre éclate devant le regard décomposé du père d’Akiko.

-          Akiko ? Que fais-tu là ?

-          Père, vous aviez promis.

Il se déplace vers elle et Midorima a plus l’impression de voir un prédateur foncer sur sa proie qu’un père avancer vers sa fille. Et la colère fait place à une foule d’émotions confuses au fur et à mesure qu’elle baisse la tête.

Non, ce n’est pas un prédateur mais plutôt un propriétaire qui réaffirme sa mainmise sur sa chose, pense Midorima le souffle coupé. Elle est comme prise au centre d’une toile d’une noirceur dont il ne voit pas d’issue.

-          Bravo pour ta partie, dit simplement Kuroko.

La voix claire de Kuroko parait déplacée. Mais elle casse en une seconde l’atmosphère viciée qui émane de la scène qui se joue. Midorima se tourne vers Kuroko les yeux écarquillés. Décidemment, il est aussi imprévisible que sur un terrain de basket. Et c’est le seul à pouvoir décontenancer le regard froid du père d’Akiko.

-          Merci Kuroko, dit-elle d’une voix où seul un éclat lointain de l’Akiko qu’ils connaissent transparait à peine.

Sous les yeux de tous, Akiko semble s’éloigner à leur regard un peu plus à chaque seconde.

-          Bien, je pense que vous pouvez maintenant vaquer à vos occupations, dit d’une voix sans appel Monsieur Kise. Akiko doit retourner à ses préparations.

Comme une marionnette dont on manipulerait les gestes dans l’ombre, Akiko salut et s’apprête à se retirer.

Kise tremble de tous ses membres, prêt à exploser d’une rage terrifiante :

-          Merde Akiko, réagit ! C’est pas possible de le laisser faire comme ça !

Figée dans son élan, sa main reste immobile sur la poignée de la porte et elle n’ose se retourner pour affronter le regard de son frère.

-          Sérieusement, Akiko, il t’as promis quoi si tu restais !

La main d’Akiko tremble mais elle ne se retourne toujours pas :

-          Que plus jamais il ne traiterait comme il l’a toujours fait, souffle Akiko.

Kise se lève en tremblant, posant sa main sur son épaule :

-          C’est moi le grand-frère, n’inverse pas les rôles.

Un spasme fait trembler les épaules d’Akiko et l’enlace gentiment, passant sa main dans ses cheveux.

-          On rentre ?

Akiko hoche presque imperceptiblement la tête en laissant ses cheveux tomber sur son regard humide et Kise l’entoure de ses bras, comme cherchant à la protéger du regard furieux de son père.

-          Ryota !

Mais il ne l’écoute pas et avance lentement vers la sortie.

-          Tu crois abuser qui Ryota ? Ta propre sœur ? Tes amis ? Que crois-tu qu’il arrivera lorsqu’ils se rendront compte de ce qu’il y a …

Paf !

Les yeux chargés de larmes et de rage, Akiko s’est libérée des bras de son frère, a fait un pas puis deux vers son père avant de le gifler d’une main tordue de colère.

Choqué, son père fixe sans comprendre la main blanche et délicate qui avait dans un geste terrible frappé de toutes ses forces.

-          Akiko !

Akiko ne répond pas mais affronte le regard noir de haine de son père, agrippe avec une poigne terrible le bras de son frère et se retourne, insensible à la vindicte de son père. Tous les suivent en tentant vainement de s’effacer de la scène à laquelle ils n’auraient jamais dû assister, trop gênés pour lever la tête.

Une fois la porte passée, la barrière franchie et suffisamment de pas entre eux et la maudite maison, Akiko s’arrête si abruptement que toute la clique a bien du mal à ne pas s’étaler lamentablement sur le sol. Seuls Midorima et Kuroko restent dignes et attendent.

Akiko se tournent vers eux, les cheveux cachant son visage, les mains encore tremblantes. Elle prend une profonde inspiration, tentant de reprendre le contrôle de sa respiration.

-          Je…

Sa respiration se bloque, sa gorge se noue :

-          Je…

Kise approche une main timide sur l’épaule de sa sœur qui le repousse dans un réflexe et affronte d’un regard vide :

-          Vous n’auriez jamais dû venir

A l’instant où elle parle, elle en pense chaque mot, chaque syllabe.

Et la honte transparait dans chacun de ses mots de son aura sombre et mordante. Son regard passe sur chacun d’entre eux, froid et dur. La colère se dispute à l’effroi dans ses yeux et lentement, elle se tourne vers les murs de sa maison.

Tout ce qui se passait entre les murs froids de ce foyer glacial, elle avait pu le supporter tant que personne n’en avait jamais été témoin. Les humiliations, les exigences de son père, les injustices envers son propre frère… Tout cela, elle avait toujours réussit à y survivre, à laisser les effluves viciées de cette maison froide glisser sur elle sans jamais s’y perdre.

Elle avait passé toute son enfance à façonner sa propre façon de s’y plonger sans s’y noyer, un subtil équilibre qu’elle avait appris à perfectionner avec les années.

Et soudain, sous le regard de son frère et de ses amis, tout avait volé en éclat, brisé en milles éclats noirs.

Elle se sent blessée, vulnérable. Pathétique au dernier degré devant leurs regards inquiets d’avoir travaillé si dur un art devenu si inutile et déplacé sous le regard de ses amis.

Elle se sent si faible.

-          Vous n’auriez jamais dû venir.

Cette fois, sa voix ne tremble plus. Si elle avait pu arracher de force cette inquiétude qui manque de la faire vomir de dégoût envers elle-même dans les yeux de ceux qui la regardait, elle l’aurait fait.

Furieusement, elle agrippe la main de son frère et tourne les talents lentement avant de disparaître.

 Mieux vaut inspirer la colère que la pitié.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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