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Goldorak

Inferno
[Histoire Terminée]
Auteur: venusia45 Vue: 9402
[Publiée le: 2014-10-08]    [Mise à Jour: 2015-02-21]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/Amitié Commentaires : 9
Description:
Après la victoire sur les forces de Vega, Actarus doit faire face à une nouvelle mission, plus dangereuse que toutes les autres, qui l'emmènera aux confins du monde et laissera des traces indélébiles...
Crédits:
Merci à Go Nagaï et à la Toei animation pour les personnages de cette histoire (sauf Stygios et Asclépios, issus des méandres de mon imagination). Merci à Jean Racine, Paul Verlaine, Guillaume Apollinaire et tant d'autres. Et merci, surtout, à Dante et à sa Divine Comédie (XIVème siècle), mise en images au XXème siècle par...Go Nagaï. Cette histoire a été écrite en hommage à ces deux artistes.
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Chapitre 15

[1327 mots]
Publié le: 2014-11-26Format imprimable  
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XV.


« Ah ah ah, il est beau le Prince d'Euphor ! Et toi aussi, son larbin, son valet ! Tu lui es dévoué, tu le seras jusque dans la mort ! Il n'y a plus personne, nous avons réduit à néant les vies de tous ceux qui sont passés entre ces murs. Vous allez mourir ici... »


Envahi de sa propre suffisance, Stygos prenait tout son temps avant de mettre à exécution le plan qu'il avait manigancé. Ce qu'il désirait par-dessus tout, c'était que son Ennemi, du moins celui que Véga avait désigné à ses yeux, puisse lui aussi sentir la puissance de son bras. Étouffant de vanité, il toisait ses prisonniers, puisant dans cette morgue et dans ce dédain la justification de ses propres sentiments qui n'avaient plus rien d'humain, qui ne cherchaient qu'à anéantir l'autre et le réduire en esclavage.


A ses pieds, Actarus se morigénait. Comment avait-il pu se laisser capturer aussi facilement ? Lui dont les réflexes étaient acérés, la rapidité d'action stupéfiante ? Fallait-il que le sort les ait abandonnés, dans ce lieu d'outre-vie, dans cet enfer d'outre-tombe ? Et qui était ce général ? Il n'en avait jamais entendu parler. Akereb était si loin de la Terre ! Stygios devait être de cette engeance démoniaque, de la race d'Akéron, de Janus, de tous ceux qui, pour plaire à leur maître, avaient progressivement ravalé leurs sentiments, détruit leur sensibilité, pour n’avoir plus de l'humaine condition que la forme qui rappelait leur ascendance. Il en venait presque à éprouver de la pitié pour celui qui n'était plus qu'une ombre damnée, et dont la cape de général masquait définitivement l’humanité perdue. En même temps, Actarus ressentait que les intentions diaboliques de Stygios n'allaient pas s'arrêter là. Le regard brillant et aux aguets, il était attentif au moindre indice qui pourrait les aider, Alcor et lui. Le cœur battant à tout rompre, il glissa un regard vers son compagnon d'infortune. Le jeune homme semblait affecté. Les yeux mi-clos, il paraissait éteint. Actarus jaugea l'état de son bras : la blessure était fort heureusement superficielle. Il parcourut également la pièce laquelle ils se trouvaient. Un grand bureau en occupait la majeure partie. Le style en était dépouillé. Aucune décoration, aucun portrait d'une personne chère, du fonctionnel, brut, sobre, froid, efficace, comme son occupant..  Un étrange coffret y trônait. Que pouvait-il contenir ? Quelque chose d'important, sans aucun doute. Le bois en semblait précieux, le cadenas qui le fermait, solide...A côté, un tableau de contrôle attira l'attention du Prince...Des caméras de surveillance ! Il réprima un mouvement de colère. Quel amateur il faisait ! Le reste de la pièce semblait avoir été laissé à l'abandon comme en témoignaient des dossiers posés négligemment par terre, des débris de verre dans un coin. D'une certaine manière, ce bureau témoignait de la confusion qui avait suivi la défaite de Véga : l'ordre apparent qui masque le chaos, la rigueur au service d'une forme d'anarchie de la pensée.


Tout à coup, Stygios, qui s'était retourné vers son bureau, s'approcha d'Actarus. Lui empoignant le bras gauche, il lui planta brusquement une aiguille dans le biceps. Le liquide s'insinua dans ses veines La sensation de brûlure fut immédiate, suivie d'une grande impression de froid. Actarus retomba lourdement sur le sol, sous le regard horrifié d'Alcor qui gémissait et hurlait silencieusement de toute la force de sa bouche emprisonnée. Le jeune homme tenta de résister mais lui aussi fut saisi brutalement par le bourreau qui lui administra son poison.


« Qu'en dis-tu Prince d'Euphor ? Tu as sans doute pu constater que nous avions ici quelques laboratoires plutôt bien achalandés. J'ai toujours apprécié la science, les possibilités infinies qu'elle donne, les multiples ressources de ce monde et des autres...J'aime beaucoup la chimie. On peut découvrir des associations surprenantes, de quoi asservir des milliers d'âmes...Mais parlons un peu de vous...Je vous ai injecté à ton ami et à toi une dose de thallium. Ce n'est pas une dose immédiatement létale, non, non ! C'est une dose qui vous donnera du temps pour vous voir mourir, du temps pour regretter d'avoir voulu pénétrer là où seule la mort a droit de cité...du temps pour penser au crime que vous avez commis, aux forces de Véga que vous avez défiées, à la mort de notre chef dont vous avez été le bras armé...Engeance d'esclave, rejeton d'un peuple honni et vaincu, comment as-tu osé te mesurer à Véga ? Tu vas payer, Prince, tu vas regretter ton orgueil ! »


Ils les laissèrent là et prirent soin de fermer la porte plombée à double tour derrière eux, avant de fuir comme des lâches qu'ils étaient devenus. Un couloir gris, des pas qui s'enfuient, des talons qui claquent dans la lumière blafarde, trois personnes qui tentent de fuir vers les lieux où l'on lave les esprits de leurs crimes, et le silence pesant, étouffant, qui recouvre de sa chape oppressante la prison d'Akereb.


*********************

Vénusia lâcha brusquement le seau avec lequel elle s'apprêtait à procéder à la traite. Elle poussa un cri de douleur et porta instinctivement la main à son bras gauche. Elle s'effondra, gémissant et pleurant...On pouvait l'entendre murmurer : « Actarus, Actarus, où que tu sois, fais attention. Que le ciel te protège mon Prince...Reviens-moi Actarus, reviens-moi vite... ».


Phénicia se trouvait à l'extérieur, dans la cour du Ranch. Elle nettoyait consciencieusement la moto d'Alcor qui étincelait de mille feux, brossée, lustrée, astiquée. La jeune fille, pour tromper son angoisse, s'évadait tous les jours sur l'engin vrombissant, chevauchant le fidèle destrier de son ami lointain, et invariablement, elle passait de longues minutes, au retour, à le fourbir, jusqu'à ce que plus aucun atome de poussière ne s'y trouve. C'était son rituel quotidien, la manière qu'elle avait trouvée de se rapprocher de celui qui lui manquait tant, de communier avec lui en quelque sorte. Entendant le cri étouffé de Vénusia, elle se rapprocha de la grange et vit sa sœur de cœur par terre, en pleurs, se tenant le bras. Elle se précipita vers elle et la soutint.


« Vénusia...Que se passe-t-il ?


–Je ne sais pas. J'étais là, avec le seau, et brusquement, j'ai senti quelque chose d'étrange, une grande douleur dans mon bras, comme si j'avais été piquée...


–Attends, on va regarder. Peut-être t'es-tu fait attaquer par un insecte ! »


Phénicia retroussa la manche de Vénusia, et examina attentivement son muscle. Rien. Aucun trace de piqûre. Mais pourquoi lui avait-il semblé qu'elle avait appelé Actarus ?


« Ton bras va bien, il n'y a rien. Mais tu as crié...Tu as crié le nom d'Actarus...


–Oui...En fait, je...je ne sais pas trop Phénicia...J'ai l'impression que ça a un rapport avec lui, cette douleur. Je ne possède pas tes capacités, bien sûr, mais nous nous sommes trouvés, nous sommes des âmes-soeurs et nos cœurs battent au même rythme...J'espère que je me trompe mais j'ai l'impression qu'il a eu mal, lui aussi, au même moment que moi...avoua-t-elle, le souffle court, les yeux brillants de larmes. Oh Phénicia... » acheva-t-elle, la tête dans les bras de sa sœur, y puisant le réconfort que réclamait sa solitude. Le regard de Vénusia s'égarait dans le vague, perdu dans la douleur de l'amour, l'inquiétude pour celui que son cœur espérait, le manque qui se faisait chaque jour ressentir de manière plus vive, le besoin de retrouver l'autre moitié d'elle-même qui lui dévorait les entrailles...

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