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Animes-Mangas

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Ghost Hunt

Les Chasseurs de Fantômes Auteur: Maggie31 Vue: 319
[Publiée le: 2018-07-25]    [Mise à Jour: 2019-07-15]
13+  Signaler Romance/Action-Aventure/Mystère/Angoisse Commentaire : 1
Description:
Mai Taniyama est une lycéenne passionnée par les histoires d’horreur. Après les cours, elle et ses amies adorent se plonger dans le noir et éclairées par la seule lumière d’une lampe de poche, se raconter des histoires aussi glauques que terrifiantes. Jusqu’au moment où elles sont interrompues par un jeune homme qui se trouve être le directeur d’une agence de recherche en paranormal qui enquête justement dans leur lycée. Par un concours de circonstances, Mai se retrouve à assister ce jeune patron narcissique lors de ses enquêtes, accompagné de son autre assistant ainsi que d’une équipe de médium. Elle nous raconte ainsi son expérience à travers huit enquêtes passées en leur compagnie en alternant entre frayeur et rire.
Crédits:
Les personnages que vous connaissez appartiennent à l’auteur de l’œuvre originale.
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Chapitre 2 : L’hôtel des lamentations

[4172 mots]
Publié le: 2018-07-25Format imprimable  
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Chapitre 2 : L’hôtel des lamentations

 

La vieille femme s’allongea davantage sur le comptoir avant de s’adresser à eux alors que son sourire de dément s’accentuait.

-          Bienvenue à vous.

Sa voix aiguë fit froid dans le dos à Mai. Naru ne se démonta pas pour autant, faisant preuve encore une fois de son insensibilité.

-          Bonsoir, nous avons été sollicités par M. Kasumi pour une enquête sur des évènements paranormaux qui se sont déroulés dans cet hôtel.

Un grand silence accueillit sa déclaration. Mai s’avança pour se poster aux côtés de son patron et mieux observer la réceptionniste qui ne bougea pas d’un centimètre. L’atmosphère était pesante. Le regard de Mai finit par se détacher d’elle au bout d’une longue minute ce qui lui permit de remarquer deux escaliers de chaque côté du comptoir. Elle faillit avoir une syncope lorsque la silhouette de deux jeunes filles en haut des marches se détacha de l’obscurité de l’étage. Leurs visages identiques se dévoilèrent à la lumière au fur et à mesure de leur descente. Le kimono rouge que portait la vieille femme devait être l’uniforme de l’hôtel puisqu’elles en avaient un aussi. Une fois en bas, elles s’inclinèrent dans une parfaite synchronisation devant la SPR.

-          Bienvenue à vous. M. Kasumi vous attend dans la salle de réception avec deux de vos collègues, commença l’une.

-          Veuillez nous suivre s’il vous plaît, finit l’autre avant d’esquisser un pas vers l’un des couloirs attenants à l’escalier de gauche.

Leurs visages impassibles et leur posture droite presque militaire ne rassurèrent pas du tout Mai. Pendant plusieurs secondes, aucun membre de l’équipe ne bougea puis Naru fut le premier à se déchausser pour mettre les chaussons proposés par l’établissement et à suivre les jumelles. Alors qu’ils traversaient l’un des salons, Mai entendit des pas derrière elle et vit la vieille femme marcher à leur suite dans une claudication de zombie. La jeune fille détourna rapidement le regard avant de se glisser entre Naru et Lin. Une angoisse lui serrait la gorge et transformait ses membres en guimauve à tel point qu’elle trébucha deux fois et eut droit aux regards noirs de son merveilleux patron. Elle se retint de le tirer par le pull pour l’empêcher d’avancer. De toute façon, cela aurait été vain.

Finalement, ils arrivèrent devant une porte à double battant ouverte où ils purent voir John et Bou-san installés autour d’une longue table sombre au centre d’une grande pièce en compagnie d’un autre homme. La tenue de ce dernier, un kimono rouge au col noir avec une veste de la même couleur, lui indiqua qu’il s’agissait de M. Kasumi, le propriétaire de l’hôtel.

Dès qu’il les vit entrer, il se leva d’un bond et les salua aussitôt. Il semblait être la personne la plus normale et la moins effrayante de l’hôtel. Il se présenta lui et son équipe. C’était bien lui le propriétaire de l’hôtel mais la réceptionniste n’était autre que sa mère, Mme Aika Kasumi.  Les jumelles se nommait Gaiya et Inari et étaient les employés qui les prenaient en charge tout au long de leur séjour ainsi qu’un autre employé, Noaki, qu’ils n’avaient pas encore vu. Naru présenta les membres de la SPR à son tour puis M. Kasumi les invita à s’asseoir. Les jumelles prirent congés.

-          Je crois savoir qu’il ne reste plus que deux membres de votre agence à attendre, commença l’homme.

-          C’est exact, répondit Naru, pendant que Lin sortait son ordinateur et s’installait sur la table à côté de lui.

Plusieurs minutes passèrent avant que Masako et Ayako arrivent en compagnie d’un homme à la silhouette longue et fine. Son regard morne fit à peine le tour de la pièce comme s’il n’y avait personne. Et Noaki, puisque c’était son nom, disparut aussitôt que le propriétaire l’autorisa à partir. Ça promettait …

En saluant ses deux amies, Mai s’aperçut qu’Aika était appuyée contre le mur derrière elle. Celle-ci posa lentement ses yeux sur elle avant d’esquisser une grimace provoquant un frisson désagréable à la jeune fille. 

-          Bien. Maintenant que tout le monde est arrivé, je vais vous expliquer plus en détail les raisons pour lesquelles je vous ai fait venir.

M. Kasumi se leva à nouveau et sortit plusieurs journaux locaux d’une chemise en carton. Mai put lire plusieurs entêtes d’articles avant que Naru s’en empare. Ils relataient tous de suicides et de meurtres ayant eu lieu dans cet hôtel.

-          J’ai pensé qu’avant d’entrer dans le vif du sujet, il fallait d’abord que je vous parle du passé de cet établissement. Comme vous pouvez le lire sur ces journaux, il y a eu beaucoup de décès ici. En effet, les premiers propriétaires ont tué bon nombre de leurs employés et de leurs clients pendant des années avant qu’ils soient assassinés à leur tour.

A ses mots, Mai mit une main devant sa bouche qui s’ouvrit sous l’horreur des révélations. 

-          Eh bien … marmonna Bou-san.

-          Ma parole, laissa échapper en même temps Ayako.

Le reste de l’équipe ne dit rien mais semblait tout aussi abasourdi. En face de Mai, John était devenu blême et à côté de lui, Masako s’était caché derrière sa manche de kimono. Seuls les touches de l’ordinateur de Lin empêcha le silence pesant de s’installer. Puis, Naru releva le nez des journaux qu’il avait rapidement parcouru et incita M. Kasumi à poursuivre.

Celui-ci posa une grande feuille sur la table où avait été dessiné le plan de l’hôtel. La configuration du bâtiment était en fait un grand rectangle entouré par un jardin et avec en son centre un autre petit jardin. À l’étage, les chambres s’alignaient autour du jardin et étaient longées par un couloir. Au niveau des escaliers jumeaux qui débouchaient du rez-de-chaussée, il y avait une pièce plus grande ; la seule qui n’était pas numérotée.

Le propriétaire désigna la chambre sept. C’était l’une des plus spacieuses et celle-ci se situait dans l’angle au fond à droite du bâtiment.

-          Ici, a eu lieu le meurtre des propriétaires.

Il releva son visage vers l’équipe.

-          Plusieurs de mes employés, des clients, ma mère et moi-même avons pu constater des traces de sang sur le sol, les meubles et le plafond. Nous avons déjà essayé de les enlever sans succès jusqu’à ce qu’elles disparaissent d’elles-mêmes. Il s’agit de la pièce la plus froide et parfois il fait aussi froid qu’en hiver alors que le chauffage est allumé ou que nous soyons en pleine chaleur estivale. La plupart du temps, nous sommes réveillés la nuit par des cris de peur et d’agonie et le téléphone sonne jusqu’à ce que nous décrochions. La voix que nous pouvons entendre à ce moment-là me glace le sang à chaque fois.

-          Et que dit-elle ? Demanda Naru, les sourcils froncés.

-          « Vous allez le regretter », répondit Aika de sa voix effrayante.

Mai n’osa pas la regarder. À la place, elle vit Masako envoyer un regard étrange à la vieille femme.

-          Lors de votre appel téléphonique, vous avez parlé de suicides qui se sont passés dans votre établissement, relança le patron de la SPR.

-          En effet, les phénomènes étranges ne se restreignent pas à cette chambre, reprit M. Kasumi d’un air malheureux. Dans la chambre voisine, nous avons décompté pas moins de neuf suicides depuis près de soixante ans.

Cette fois, il montra la chambre huit.

-          L’atmosphère y est complètement différente même si nous ressentons également un grand froid. Nous pouvons entendre des pleurs à tout moment de la journée et la porte claque parfois sans raison.

-          Y a-t-il d’autres manifestations dans cette pièce ? Demanda Lin en s’arrêtant de taper à l’ordinateur.

-          Concernant cette chambre, il me semble que je vous ai tout dit, répondit ce dernier en regardant sa mère pour avoir la confirmation de ses dires tandis que le grand chinois retournait à son écran.

A ce moment-là, quelqu’un frappa à la porte. Hormis Naru, Lin et M. Kasumi, le reste de l’équipe sursauta et se tourna vers la source du bruit dans un même mouvement. Mai porta une main à son cœur battant à tout rompre lorsqu’elle s’ouvrit sur l’homme de tout à l’heure. Le propriétaire lui adressa un faible sourire et le remercia pour le thé qu’il distribuait aux invités. À aucun moment, il ne leva les yeux ni adressa un mot à quiconque.

-          Bonne nuit, Noaki, fit le propriétaire alors que son employé esquissait un pas vers la sortie.

Celui-ci s’inclina avec tant de raideur que Mai se demanda si son corps n’était pas fait de bois.

-          Bonne nuit, M. Kasumi. Bonne nuit à tous.

Et il s’éclipsa. Le propriétaire de l’hôtel reprit comme s’il n’avait pas été interrompu. Avec hésitation, la jeune fille porta la tasse à ses lèvres et prit une gorgée. Finalement, il ne s’agissait que d’un délicieux liquide à base de fleur.

-          Dans les couloirs du premier étage, nous avons souvent des courants d’air, des objets qui se déplacent et des silhouettes que nous apercevons en bout de couloir et qui disparaissent comme elles sont arrivées.

-          D’après les journaux, les premiers propriétaires de cet hôtel amenaient les corps dans les sous-sols et les jetaient dans le feu de la chaufferie, constata Naru. Avez-vous remarqué quoi que ce soit en bas ?

Son interlocuteur hocha la tête.

-          Tout à fait. Mais les manifestations y sont moins nombreuses. Dans les sous-sols, elles sont focalisées au niveau de la laverie et de la chaufferie, qui sont côte à côte. Il arrive que les machines à laver se mettent à fonctionner toutes seules ou qu’elles ne répondent plus du tout. Quant à la chaufferie, des odeurs de brûlé envahissent l’espace et contrairement aux autres pièces, il peut faire très froid comme très chaud. Avant, nous avions une cheminée mais avec la modernisation de l’équipement celui-ci est électrique ce qui fait que nous avons souvent des pannes.

Son regard se fit à nouveau malheureux.

-          Vous comprenez. Cela fait plusieurs années que la réputation de mon hôtel n’est pas très bonne. Même lorsque ma mère en était la tenancière. Je pensais que j’arriverais à changer son image en rénovant les lieux et en embauchant des employés plus jeunes. Mais avec le suicide du précédent maire qui était venu en vacances dans la chambre huit, plus aucun client ne vient depuis des mois. Je vais finir par faire faillite, se lamenta le pauvre homme, les épaules voûtées.

-          Tu oublies M. Kureji, intervint sa mère que Mai n’avait pas oublié malgré sa discrétion.

-          Ah oui. D’aussi loin que je me souvienne, c’est un client qui vient ici tous les ans pendant plusieurs mois. Et à ce jour, et ce depuis plusieurs mois, il s’agit du seul client qui séjourne ici.

Le silence s’installa pendant quelques minutes. Ne sachant pas quoi dire pour réconforter le propriétaire, le regard de Mai se posa sur les plans du sous-sol et du rez-de-chaussée.

-          Je vais vous faire visiter les lieux. Vous installerez votre matériel ensuite, finit par proposer M. Kasumi en se levant de sa chaise.

Naru fit de même alors que Lin terminait de taper à l’ordinateur.

-          Allons-y, répondit-il.

L’hôtel était immense et possédait des grandes et des petites pièces agencées autour du jardin central nécessitant un guide pour la découverte des lieux. Le propriétaire les fit retourner dans le hall d’entrée et leur montra les deux salons annexes qui contenait le mobilier habituel, avec une étagère remplie de prospectus d’activités de la région, un téléphone et dans l’un d’eux un serre-livres représentant un cerf qui avait perdu sa paire. Ensuite, il les mena derrière la réception où ils découvrirent une porte fabriquée avec le même bois que le mur, invisible si l’on n’y prêtait pas attention. Il s’agissait du bureau dans lequel ils recevaient la plupart des appels. Au fond de celui-ci se trouvait deux portes ; l’une menait au vestiaire des employés et l’autre au sous-sol. L’équipe de chasseurs de fantômes et M. Kasumi y descendirent. Mai se posta derrière Masako dont la pâleur et la sueur sur son front commençaient à l’inquiéter.

Une grande pièce se révéla sous leurs yeux lorsque la lumière de l’ampoule nue accrochée au plafond s’alluma. Cette dernière n’éclairait qu’un cercle en dessous d’elle qui n’atteignait pas les murs. Malgré le faible éclairage, Mai put apercevoir la silhouette de quelques éléments du mobilier qu’elle devina désuets ou cassés entassés contre le mur du fond. L’odeur de renfermé régnait. La jeune fille ne s’y sentait pas à l’aise mais elle ne savait pas si elle devait mettre cela sur le compte de la présence d’esprits ou de sa claustrophobie. En réalité, elle ne l’était pas vraiment mais avec toutes les enquêtes auxquelles elle avait participé et pendant lesquelles elle s’était vue enfermée, elle avait développé un sentiment de peur et de méfiance à l’égard de ce genre de lieu. Son regard continua à parcourir la pièce mais il n’y avait rien d’autre d’intéressant mis à part les portes sur chacun des murs.

M. Kasumi les ouvrit une à une. Il commença par celle au double battant qui se trouvait à leur droite. La cuisine était immense et contrairement à la pièce précédente elle disposait d’un éclairage qui fit plisser les yeux des nouveaux arrivants. N’arrangeant rien, la lumière se reflétait sur le mobilier en inox impeccablement nettoyé et la faïence immaculée des murs. Des morceaux de viandes sous vide et quelques aliments avaient été disposés sur une grande table pour le repas du lendemain par les employés partis à cette heure tardive de la nuit. Le sentiment désagréable disparut. Le propriétaire expliqua que la pièce avait été rénovée quelques mois plus tôt puis il leur montra également le garde-manger adjacent. Ce phénomène était fréquent lorsque les pièces avaient subi des nouveaux emménagements. Mai ressentit à nouveau un malaise quand elle revint dans la pièce centrale puis dans la lingerie, la chaufferie et le local poubelle. Dans ce dernier, une porte de sortie menait à un petit chemin dans le jardin jusqu’à l’extérieur de l’hôtel afin d’évacuer les conteneurs pleins. Son regard s’attarda quelques secondes sur elle avant d’être attiré par un mouvement à sa gauche. Masako se cramponnait au bras de Naru. Malgré elle, Mai ne pu s’empêcher de lui lancer un regard noir.

-  Il y a une forte présence d’esprits au niveau de la lingerie et surtout de la chaufferie. Néanmoins, je ne parviens pas à savoir à combien d’esprits nous avons affaire. Ils sont peut-être trop nombreux ou eux-mêmes brouillent les pistes.

Lorsqu’ils remontèrent les marches en silence, le propriétaire expliqua que le rez-de-chaussée était divisé en quatre parties. Le hall d’entrée où ils se trouvaient à ce moment-là était la première. Ensuite, il y avait la salle de réception et la salle à manger accessibles par les portes dans les petits salons de chaque côté de la réception. Lors de leur arrivée, l’équipe avait emprunté celui de gauche pour rejoindre les autres dans la salle de réception. Cette fois-ci, ils prirent à droite.

La salle à manger était aussi grande que la salle de réception. Elles étaient l’une en face de l’autre. La fontaine « shishi odoshi », son pin et son érable tout deux centenaires sur le petit carré d’herbe autour duquel l’hôtel avait été construit et les couloirs le bordant constituaient les seuls obstacles entre elles.

Le petit couloir qu’ils empruntèrent après les menèrent à un vestiaire dédié au bassin d’eau chaude intérieur pour les hommes. Celui des femmes était accessible par le couloir longeant la salle de réception. M. Kasumi leur demanda de mettre des chaussures adaptées dans le vestiaire avant d’entrer.

La chaleur et l’humidité frappèrent de plein fouet Mai lorsqu’elle y pénétra à la suite de l’équipe. Après avoir fait attention à ne pas glisser avec ses chaussures en bois sur le sol en pierre humide, elle put s’émerveiller sur la beauté des lieux. Pourtant, elle ne devait pas être surprise, étant donné le fait qu’elle se trouvait dans un hôtel somme toute luxueux. C’était sûrement parce qu’elle n’en avait jamais vu en réalité.

Une rangée de petits tabourets faisaient face à des lavabos et des cuvettes en bois contre le mur de droite. Sur sa gauche, elle vit une grande fenêtre qui donnait sur le petit jardin précédent. La douce lumière de la pièce se reflétait sur l’eau du bassin dont la chaleur créait de la vapeur qui avait envahi la pièce. Derrière le gros rocher d’où se déversait l’eau, une paroi en bois de bambou séparait les hommes et les femmes, d’après le propriétaire.

Bou-san posa ses doigts sous son menton pour lui fermer la bouche qu’elle avait ouvert d’admiration. Sa réaction le fit doucement rire. Il lui ébouriffa les cheveux avant de se tourner vers M. Kasumi qui ouvrait une porte coulissante de l’autre côté du bassin. La fraîcheur de la nuit s’engouffra aussitôt et arracha un frisson à la jeune fille. Trop petite par rapport à ses amis qui se trouvaient devant elle, elle ne pouvait rien voir de ce qui leur montrait. Le regard d’envie d’Ayako qui fixait quelque chose dehors piqua sa curiosité. Elle se faufila entre Naru et le moine et découvrit un bassin deux fois plus grand que celui de l’intérieur. Derrière lui, le mur de l’enceinte s’ouvrait sur une petite barrière en bambou pour laisser voir la mer quelques kilomètres plus loin. Deux portes de chaque côté menaient certainement à elle. Comme ce qu’elle avait vu précédemment, la végétation y était très présente. Des arbres eux aussi très anciens avaient été plantés ça et là. Ils retrouvèrent la forêt de bambous qui entouraient la propriété.

Malgré son émerveillement, la fatigue commençait à la gagner et Mai ne put s’empêcher de bailler. Cela n’échappa pas à M. Kasumi qui lui sourit.

-          Nous avons bientôt terminé. Nous arrivons aux chambres.

Pour cela, il leur fallut retourner en arrière et monter l’un des escaliers de l’entrée. Une fois en haut, l’homme leur désigna une porte simple entre les deux volées de marches.

-          Voici les appartements de ma mère et moi-même. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à venir nous réveiller, même tard dans la nuit.

Il fit une pause puis il reprit en faisant un geste circulaire pour montrer les portes des chambres.

-          Nous n’avons qu’une dizaine de chambres avec une capacité d’accueil d’une à six personnes. Malheureusement elles sont pour la plupart vides en ce moment.

Mai s’aperçut qu’elle pouvait voir toutes les chambres à travers les grandes fenêtres grâce à la configuration de l’hôtel.

-          Seule la chambre deux est présentement occupée. Les votre se trouvent à côté.

En effet, Mai, Ayako et Masako partageaient la chambre trois et les garçons, la quatrième. L’homme ouvrit cette dernière. Il s’agissait d’une grande pièce dont le sol était recouvert de tatamis. Au centre, une table basse entourée de quatre coussins constituait le seul mobilier. Mais Mai savait que derrière les portes coulissantes sur les côtés et en face d’elle se cachait des placards ou d’autres pièces.

-          J’ai pensé que vous dormirez mieux en étant éloigné des phénomènes surnaturels de l’autre côté du couloir, expliqua le propriétaire en marchant à reculons pour les regarder en même temps.

Il s’arrêta devant une porte dont le numéro était retourné. L’homme le remit en place et ouvrit la chambre sept. L’odeur de sang envahit aussitôt les narines de Mai, ainsi que celles des autres d’après leurs mines dégoûtées. Elle était si forte que la jeune fille mit une main devant son nez et sa bouche pour limiter son inhalation ainsi que son envie de vomir. La température était effectivement plus basse que dans le couloir mais la différence entre les deux ne devait pas excéder deux ou trois degrés. Naru et M. Kasumi entra et le patron de la SPR inspecta les lieux. Mai, John et Lin les suivirent alors que les autres restaient sur le pas de la porte ne supportant pas l’odeur. La pièce était identique à celle qu’ils avaient vus précédemment hormis sa surface plus grande. Mai remarqua le fameux téléphone dans un renfoncement du mur près de la porte donnant sur le couloir.

-          L’odeur est intenable, fit Bou-san en se bouchant le nez.

-          Il semble qu’elle soit plus forte aujourd’hui, constata le propriétaire.

-          Que ressens-tu, Masako ? Demanda Naru en se tournant vers la petite brune.

-          La présence des esprits est beaucoup plus marquée ici, répondit la médium, cachée derrière sa manche de kimono. Il semble qu’ils soient plus concentrés à cet endroit.

Lorsque Naru termina d’inspecter les lieux, M. Kasumi les dirigèrent vers la pièce suivante. Bou-san se dépêcha de fermer la porte derrière le jeune homme au regard d’acier qui le lorgna d’un air sévère, trouvant certainement son comportement stupide. 

Tel qu’il leur avait été décrit, l’atmosphère de la huitième chambre était pesante et la température basse. Lorsque Mai y entra, elle sentit aussitôt l’ambiance lourde. Son regard fit le tour de la pièce. Comme dans la chambre voisine, il y avait un renfoncement dans le mur dans lequel était mis à disposition un téléphone, un bloc de papier et un stylo. Sauf que sur le papier quelque chose avait été griffonné. Naru remarqua le regard intrigué de son employée et s’approcha du bloc de papier dont il arracha la feuille utilisée. Par-dessus son épaule, Mai put la voir de plus près. Il s’agissait seulement d’un gribouillis comme si quelqu’un avait essayer un crayon neuf.

À ce moment-là, Masako passa à côté d’eux sans les voir. Elle semblait fascinée par le lieu ou absorbée par quelque chose que les autres ne voyaient ou n’entendaient pas. Son regard vague observait la pièce en silence alors qu’elle se déplaçait. Lorsqu’enfin elle releva les yeux vers le patron de Mai, cette dernière y lut de la tristesse.

-          Je ressens la forte présence de l’esprit d’un jeune homme.

Son regard se perdit encore.

-          Il est si triste et se sent tellement coupable, reprit-elle dans un murmure.

-          Le propriétaire qui tuait ses employés et ses clients ? Demanda Bou-san, incrédule.

Il y eu quelques secondes de silence avant qu’elle réponde.

-          Je ne pense pas. Mais il y a tellement d’esprits dans cet hôtel …

 

Mai fut chargée d’installer les caméras et autres matériels de détection de la présence de fantômes. Elle emmena John avec elle par peur de se retrouver seule. Cela avait eu le mérite de majorer la mauvaise humeur de Naru qui avait fini par céder non sans un soupir d’exaspération. Pendant ce temps, celui-ci était parti chercher les ordinateurs et tout ce dont il avait besoin pour l’enquête dans la camionnette. Lin et Bou-san lui prêtaient main forte tandis qu’Ayako restait avec Masako allongée sur le canapé, plus épuisée que jamais. Quant à M. Kasumi et sa mère, ils étaient montés dans leurs appartements.

Il n’y eu aucune manifestation étrange lors de l’installation de l’équipe dans les lieux ni même plusieurs heures plus tard alors qu’elle surveillait l’hôtel – à l’exception de l’odeur du sang dans la chambre sept et de la température basse dans certaines pièces. Mai s’endormait aux côtés de la médium et de la miko dans le canapé. Bou-san finit par proposer d’aller se coucher. Ils tombaient tous de fatigue.

 

Le comptoir de la réception se trouvait devant Mai. Puis elle monta à l’étage et longea les chambres. Derrière les portes qui s’alignaient sur sa droite, des cris de souffrance et de peur se faisaient entendre. S’ajoutaient à cela des sanglots terribles qui lui rappela ceux d’un grand chagrin après la perte de quelqu’un. Mais Mai ne s’arrêta à aucun moment, ayant le sentiment impérieux de se trouver quelque part sans savoir où ni pour quelle raison. Derrière la porte vingt-cinq, elle entendit un homme hurler contre un autre et lui proférer des menaces. Elle ne prit même pas conscience qu’en réalité ce numéro de chambre n’existait pas dans l’hôtel Kiriba. À la place, la jeune fille poussa le panneau de bois déjà ouvert d’une autre chambre. Son regard se posa sur une chaise noire puis sur la corde qu’elle avait dans les mains depuis le début de son ascension et qu’elle n’avait pas remarqué. Son corps semblait agir tel un automate. Elle n’avait plus le contrôle d’elle-même comme si elle était une simple spectatrice. Mai se vit accrocher la corde en hauteur puis monter sur la chaise qu’elle avait poussé jusqu’en dessous. Ses mains nouèrent un nœud au bout de la corde de sorte qu’elle fasse une boucle. Dans des gestes résolument fatalistes, elle passa la tête dans la boucle, la serra et donna un grand coup dans la chaise qui valsa à travers la pièce. Elle eut le temps de sentir le manque d’oxygène et la douleur autour de son cou avant de se réveiller en hurlant. Totalement paniquée, elle n’entendit pas les cris venant de tout l’hôtel qui se mêlaient au sien.

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