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Fairy Tail

The day you saved me
[Histoire En hiatus]
Auteur: Usagi-chan Vue: 6981
[Publiée le: 2011-08-26]    [Mise à Jour: 2014-10-16]
13+  Signaler Romance Commentaires : 51
Description:
Je me réveille, j’ouvre les yeux. Autour de moi, l’explosion de couleur est saisissante. Pourtant, hier encore mon monde était gris. Sans intérêt. Sans attrait. Sans espoir. Qu’est-ce qui a bien pu changer ? Peut-être ton sourire… Peut-être ta main dans la mienne… Peut-être ta présence, tout simplement. Tu as touché mon cœur. L’accepteras-tu ?

Je note cette fic 13+ pour le moment, parce que, même si j'ai la trame générale, je ne saurais dire si elle méritera dans le futur un rating plus élevé. Il est donc susceptible de changer en cours de route(même si j'en doute).

MISE A JOUR DU 04/06/2012
Bonjour tout le monde ^^
J'ai une bonne, et une mauvaise nouvelle. Alors, la bonne c'est que le chapitre 4 avance, doucement mais surement. La mauvaise c'est que je ne le publierai pas tout de suite, parce que je voudrais récupérer un peu d'avance sur cette histoire avant d'en reprendre la parution...
Voilà voilà, ne me trucidez pas, sinon ça va être encore plus long...
Sur ce, euh... A+ ?
Crédits:
Les personnages de Fairy Tail appartiennent à Mashima-samaaaaaa. Un jour, quand je serai grande et riche, je lui rachèterai et je les ferai miens ! Surtout... un certain brun... Quoi, quoi, qu'est-ce que j'ai dit ?
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CHAPITRE 1 : The day I’ve met you

[3369 mots]
Publié le: 2011-08-29
Mis à Jour: 2014-10-16
Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Bonsoir ^^
Contre toute attente, j'ai décidé de publier le chapitre 1 aujourd'hui. Pourquoi ? Surement que j'aime bien me mettre moi même dans la m**** en réduisant à néant l'avance que je prends. Bref.
Une chose que j'avais oublié de préciser au chapitre précédent : l'envie de mettre cette histoire sur papier m'est venue en écoutant la chanson Hello World de Lady Antebellum. Ce n'est pas très intéressant, mais je le dis quand même.
Sinon, le couple phare de cette fic est dévoilé dans ce chapitre, et j'espère que ceux qui en espérait un autre ne seront pas trop déçus... Mais il suffit de me connaitre un minimum pour se douter de l'identité des protagonistes...
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

CHAPITRE 1 : The day I’ve met you

 

Fichez-moi la paix.

Vos regards de condescendance me mettent hors de moi.

Votre pitié ne fait qu’attiser ma colère.

Ta main tendue ne soulage que ta conscience.

Je n’ai pas besoin qu’on m’aide.

Je ne veux pas qu’on m’aide.

 

………………………………………

 

                La jeune fille émergea tout doucement de l’inconscience. Elle distingua de la lumière derrière ses paupières closes.

                Elle était trempée. Que lui était-il arrivé ? Ah oui… Elle se souvenait. La discussion, la pluie, le pont. Elle était tombée. L’avait-on rattrapée ? Visiblement.

                Sans crier gare, la nouvelle qu’il lui avait apprise, ainsi que sa propre acceptation muette lui revinrent à l’esprit et y bourdonnèrent désagréablement, tels des insectes invisibles et agaçants.

                Finalement, elle n’allait pas ouvrir les yeux tout de suite. Elle allait s’accorder quelques minutes de plus, hors de sa vie réglée comme du papier à musique.

 

                Un bruit de verre brisé et un éclat de voix la firent sursauter.

 

- Et merde ! Tss…

 

                Malgré elle, elle ouvrit les yeux. Lui tournant le dos, se tenait un garçon aux cheveux noir de jais, ruisselants de pluie. Elle ne pouvait voir son visage, mais il ne lui fut pas difficile de comprendre qu’il était énervé.

 

-‘Tain ! Ca brûle cette connerie !

 

                Et qu’il n’était pas très poli.

 

                Se redressant, la jeune fille passa ses mains dans ses cheveux encore mouillés, repoussant les mèches bleutés qui collaient à son visage.

                Elle détailla son environnement. Elle était assise sur un canapé défoncé, d’un gris sale. La couverture épaisse qui la recouvrait était tombée sur ses genoux lorsqu’elle s’était levée. Frissonnant, elle la réajusta sur ses épaules et s’en emmitoufla.

                A quelques mètres d’elle, derrière une petite table basse, se trouvait un coin cuisine, carrelé de blanc et de rouge, où le brun s’affairait à essuyer la flaque de liquide vert et transparent qui se répandait au sol autour des débris de ce qui avait dû être une tasse, tout en pestant dans sa barbe.

                Le reste de la pièce était plongé dans la pénombre, si bien qu’elle ne distinguait que des contours flous.

 

                Entendant un froissement de tissu dans son dos, le garçon se releva brusquement et se tourna vers la miraculée.

 

- Ca y est ? T’es réveillée ? lui demanda-t-il d’un ton bourru.

- Euh… Oui… fut tout ce qu’elle put répondre.

 

                Intimidée par le regard réprobateur qu’il portait sur elle, la jeune fille baissa les yeux. Puis elle se souvint de la raison pour laquelle elle se trouvait là, face à cet inconnu qui s’était détourné et farfouillait à présent dans des placards.

                L’avait-il secourue ? Très certainement. Elle ne voyait de toute façon personne d’autre.

                Elle savait ce qu’il convenait de faire à présent, mais ne parvenait pas à prendre l’initiative. Elle avait beaucoup de mal à parler aux gens qu’elle ne connaissait pas. Depuis longtemps, elle érigeait un mur épais entre elle et les autres. Elle ne pouvait permettre à personne de l’approcher. Car elle savait ce qui se passerait alors, ce qu’on essaierait de faire. Et c’était inutile. Mais des remerciements, ainsi que des excuses pour le dérangement, lui semblaient être plus qu’appropriés à la situation.

                Bien qu’encore intimidée, elle rassemblait son courage et préparait sa voix à rester posée, quand le jeune homme revint vers elle en portant précautionneusement une tasse fumante, un torchon comme protection entre sa peau rougie et la céramique brûlante.

                Il la lui tendit, et comme elle hésitait à la prendre, regardant tour à tour le mug et son visage renfermé, il soupira.

 

- Bois, lui ordonna-t-il. Tu vas choper la crève si tu prends froid. Le vieux a pas refait les provisions de chocolat et de café, alors y avait que du thé.

- Merci, finit-elle par murmurer en prenant précautionneusement la tasse entourée du torchon entre ses mains.

 

                Le silence s’installa, alors que le jeune homme s’asseyait sur le sofa à une distance respectable de son “invitée“, détrempant progressivement le tissu du canapé.

 

                Elle sirota le breuvage tout en jetant des regards furtifs à son sauveur. Il l’ignorait à nouveau et semblait perdu dans ses pensées.

                Ses pommettes saillantes, son nez droit, ses yeux sombres disparaissant derrière les mèches brunes indisciplinées qui lui collaient à la peau et laissaient s’échapper de fines gouttes ruisselant dans sa nuque, lui donnaient un air ténébreux qui n’était pas sans être attirant. Tout en détaillant son profil, elle se dit que, quand l’hématome qu’il arborait à l’arcade droite disparaitrait, et s’il effaçait cet air dur de son visage, il pourrait être très séduisant. Cependant, elle perçut autre chose dans ce regard buté. Une ombre qu’elle n’identifia pas, mais qui lui serra le cœur et lui donna la brusque et saugrenue envie de le réconforter.

                Secouant la tête pour chasser ces pensées étranges, elle continua son observation. Les vêtements qu’il portait, ainsi que le cocard de son œil ne laissaient aucun doute à la jeune fille sur sa situation. Il appartenait sans conteste à la classe populaire, que son père qualifiait sans seconde pensée de sales vauriens des rues. Mais étrangement, il ne lui faisait pas peur.

                Ses cheveux si noirs qu’ils en devenaient presque bleus l’interpelaient. Mais c’était loin d’être flagrant dans l’obscurité, elle se trompait peut-être.

 

                Le silence commençait à lui peser. De plus, les yeux curieux de la jeune fille sur lui le mettaient mal à l’aise. Il n’avait jamais aimé qu’on le dévisage. Ca lui donnait toujours envie de déclencher une bagarre, pour se soustraire aux regards gênants. Mais il ne pouvait décemment pas la frapper ! Pas parce qu’elle était une fille, il connaissait la preuve vivante que le sexe féminin pouvait être absolument redoutable. D’ailleurs, il trembla d’effroi à l’idée de ce que cette furie lui ferait subir quand elle apprendrait qu’il avait cassé un carreau pour entrer. Parce que, d’une façon ou d’une autre, elle finirait par le démasquer. S’il avait de la chance ça se saurait !

                Non, s’il ne pouvait rien faire, c’était parce qu’elle avait l’air si fragile ! Et la couleur inhabituelle de ses cheveux ne laissait présager en rien sur son statut. Trop d’entre eux ignoraient volontairement cette part d’eux-mêmes. Il n’avait pas l’habitude de côtoyer ce genre de personne si délicate, et redoutait qu’elle se brise s’il l’approchait trop. Car il ne savait faire que ça. Blesser, détruire.

                Toujours était que leur mutisme lui était insupportable. Si seulement elle pouvait se dépêcher de finir son fichu thé et disparaitre ! Il se demandait même pourquoi il l’avait aidée. Peut-être parce qu’il n’était pas une ordure au point de tourner le dos, et laisser quelqu’un se noyer sans rien faire. Première nouvelle.

 

- Merci… chuchota une voix claire, le tirant de ses sombres pensées.

 

                Il se tourna vivement pour voir la jeune fille, écarlate, se terrer derrière l’écran de sa chevelure bleue, le regard focalisé sur son breuvage.

 

- Ouais, de rien, répondit-il. Mais tu me l’as d’jà dit tout à l’heure, pas la peine d’en faire toute une histoire. C’est que du thé.

 

                Elle le regarda, interloquée. Puis, baissant les yeux à nouveau, reprit :

 

- Non, pour tout à l’heure… le fleuve…

 

                Elle replongea dans sa tasse.

 

- Ah…

 

Il marqua une pause, puis lâcha d’un ton neutre :

 

- En même temps, si tu voulais pas te noyer, fallait pas sauter.

 

                Après tout, il s’en moquait, lui, si elle voulait en finir. Il ne pouvait pas le lui reprocher. Il ne savait même pas pourquoi il maintenait sa misérable existence.

 

                Les yeux de la jeune fille s’écarquillèrent, plus de surprise que d’indignation, alors qu’elle comprenait le sous-entendu de son vis-à-vis.

 

- Juvia n’a pas essayé de se suicider ! s’exclama-t-elle. Juvia s’est évanouie sur le pont et a basculé par-dessus la balustrade. Juvia n’attenterait jamais à sa vie. Elle n’en a pas le droit, termina-t-elle dans un murmure.

 

                Le brun la regarda, étonné, autant par les propos eux-mêmes que par le phrasé singulier de l’adolescente. Tout de même, il fallait le faire pour tomber par-dessus une barrière sans le faire exprès ! Pouvait-elle être godiche à ce point ?

                Mais sa réplique mourut au bord de ses lèvres lorsqu’il vit le regard de la jeune fille, alors qu’elle prononçait sa dernière phrase. Ce qu’il y décelait lui laissa un arrière-goût désagréable au fond de la gorge.

 

- Juvia, hein… répéta-t-il pour se donner une contenance. Et ça t’arrive souvent de tourner de l’œil et tomber dans les fleuves ? se moqua-t-il.

- Juvia… perd connaissance de temps en temps…

 

                Il ne répondit pas, décontenancé par la naïve franchise de la jeune fille. Si on lui avait posé la question à lui, il se serait énervé et aurait cassé la figure au crétin qui l’avait provoqué !

                Et bien, si elle prenait toujours tout au premier degré, parler avec elle devait être fatigant ! Et cet aveu lui prouva qu’il avait raison. Elle était fragile. Bien trop fragile. Alors, qu’est-ce qu’elle fabriquait toute seule sous la pluie ? Penchée au dessus du vide ? Elle cherchait les problèmes ? Son inconscience agaça profondément le jeune homme. Et ce qui l’énerva encore plus, c’était qu’il n’avait aucune raison d’être agacé. Il ne la connaissait pas. Et quand bien même, il avait bien assez à faire avec ses propres problèmes. Et c’était quoi cette manière de parler d’elle à la troisième personne ? Une excentricité de gosse de riche ?

 

                Il fut tiré de ses réflexions par la jeune fille qui demandait timidement tout en reposant la tasse, désormais vide, sur la table :

 

- Est-ce que Juvia peut connaitre le nom de l’homme qui l’a empêchée de tomber ?

- Empêchée de tomber ? J’suis allé t’repêcher ! J’ai bien cru que je te retrouverais pas d’ailleurs, j’y voyais rien avec toute cette pluie. Heureusement que tu t’es mise à flotter…

- Pardon ? s’exclama-t-elle horrifiée, portant les mains à ses lèvres.

 

                Elle se leva brusquement du canapé, faisant glisser la couverture de ses épaules, et s’inclina devant le jeune homme.

 

- Juvia est terriblement confuse ! Juvia ne voulait pas que vous risquiez votre vie pour sauver la sienne ! Juvia ne s’était pas rendu compte ! Juvia…

- Hé ! C’est bon ! C’était jamais qu’un fleuve, pas des rapides ou je n’sais quoi ! Et t’as pas remarqué qu’on était trempé ? T’es vraiment bizarre ! la railla-t-il. D’ailleurs, je peux pas te donner de serviette, je sais pas où elles sont.

- Juvia pensait qu’elle était mouillée à cause de la pluie…

 

                Gênée d’avoir perdu son sang froid et de n’avoir pas vu l’évidence, elle se rassit sur le canapé, rouge comme une pivoine.

 

                Tentant vainement de se sortir de son trouble, elle reporta son attention sur la pièce.

 

- Quel est cet endroit ? demanda-t-elle après quelques instants, la curiosité finissant par l’emporter sur la timidité et la gêne.

- Un trou pour les paumés, répondit le brun sans la regarder. Un endroit dont t’as surement jamais entendu parler.

 

                Le ton qu’il employa dissuada Juvia de l’interroger plus. Elle se retrouva à nouveau seule face à ses pensées, et se sentait vraiment idiote. Elle avait failli se noyer en tombant d’un pont. Sans le faire exprès. S’il n’avait pas été là…

 

- Merci… murmura-t-elle à nouveau.

- Hm, répondit-il.

- Vraiment… Merci… Et pardon pour le… dérangement…

 

                Alors que le silence retombait, le brun considéra la jeune fille. Elle semblait tellement mortifiée, que sa propre contrariété s’en trouva encore aggravée. Il ne comprenait vraiment pas les gens qui pensaient aux autres avant eux-mêmes. Elle venait de perdre conscience, avait failli mourir, et elle s’inquiétait de l’embarras qu’elle avait pu lui causer. Alors qu’il se montrait particulièrement désagréable. Et elle semblait le prendre pour quelqu’un de bien. Si elle savait comme elle se trompait !

 

- Je ne vis pas de remerciements, déclara-t-il soudain. Mon acte n’était pas gratuit.

 

                L’agacement qu’il ressentait envers elle, envers lui-même, l’avait emporté sur l’étrangeté de la situation et il ne contrôlait plus vraiment son humeur. D’autant que, vu la qualité des vêtements de cette petite écervelée, il aurait mis sa tête à couper qu’elle venait de l’autre côté du pont.

 

- Oh, vous avez raison ! s’exclama la jeune fille après un instant. Mais Juvia est désolée, Juvia n’a rien sur elle. Juvia est partie précipitamment et n’a pas pris de sac.

 

                « Vous avez raison ? » Mais à quoi pensait-elle ? Il essayait de lui extorquer de l’argent, et elle, elle était prête à le lui donner avec le sourire ! Il y avait des limites à la candeur, non ? Comment réagirait-elle s’il poussait un peu plus loin ?

 

- C’est pas grave, rétorqua-t-il avec un sourire en coin, tout en la détaillant du regard. Tu peux payer autrement…

 

                Elle le dévisagea avec des yeux ronds.

 

- Mais… Juvia ne peut rien faire d’autre ! répondit-elle, perdue. Juvia n’a même aucun objet de valeur sur elle !

 

                Ce fut au tour du jeune homme de rester bouche bée. Avait-elle fait exprès d’ignorer son allusion à la frontière entre la lourdeur et l’inconvenance ? Ou la candeur pouvait-elle réellement éclipser une grossièreté si évidente ?

 

- Tu pourrais m’aider à me sécher et à me réchauffer, par exemple… tenta-t-il à nouveau de sa voix la plus suave en se penchant vers la demoiselle.

 

                Mais il n’obtint pas la réponse escomptée.

 

- Juvia ne comprend pas bien… répondit-elle, hésitante. Juvia croyait qu’il n’y avait pas de serviettes ?

 

                La mâchoire du brun s’en décrocha pour de bon.

                Puis, la jeune fille sembla réaliser quelque chose car ses yeux s’écarquillèrent et ses joues se teintèrent de gêne.

 

- Oh, vous vouliez la couverture ? Juvia est désolée, elle aurait dû y penser plus tôt ! s’excusa-t-elle en lui tendant le plaid.

 

                « Mais qui te parle de serviettes et de couverture ?! Je te dis toi et moi, sur ce canapé, maintenant ! » hurla-t-il mentalement.

                Visiblement, il n’avait aucun effet sur elle. Elle aurait au moins pu faire l’effort d’avoir l’air troublée, non ? Ou bien en colère à cause de sa grossièreté ! Il n’était pas habitué à ne pas recevoir la violence, en réponse à ses provocations.

                Déconfit et quand même un peu vexé par le manque de réaction spectaculaire de la jeune fille, il se redressa et soupira.

 

- Laisse-tomber…

 

                Juvia pensa qu’il était vraiment étrange. Pas très stable sur le plan psychologique du moins… Elle se gifla intérieurement. Comment osait-elle avoir ce genre de pensée à son égard, lui qui l’avait sauvée !

 

                Après quelques secondes pendant lesquels le brun broya du noir, la jeune fille décida qu’il était temps pour elle de rentrer. Elle ignorait combien de temps elle avait perdu connaissance, mais il devait se faire tard. La dernière chose qu’elle désirait était d’inquiéter ses proches, ou d’attirer l’attention sur sa petite escapade. Elle se leva donc, et s’inclinant à nouveau, déclara :

 

- Juvia vous remercie encore. Juvia va prendre congé à présent, pour ne pas vous déranger plus longtemps.

- Ah, euh… ok, répondit-il.

 

                Alors qu’elle se dirigeait vers la porte, et qu’elle remarquait la fenêtre cassée juste à côté, la jeune fille trébucha sur un pied de la table et s’étala de tout son long.

 

- Aïe… murmura-t-elle en se relevant.

 

                Une veine gonfla sur la tempe du brun. Sans réfléchir, il attrapa son manteau et se dirigea d’un pas décidé vers la sortie. Juvia le regarda sans comprendre.

 

- Je vais te raccompagner. Tu rentreras jamais vivante sinon. Allez, dépêche-toi !

 

                La jeune fille s’exécuta, et ils se retrouvèrent bientôt à l’extérieur, marchant côte à côte sans mot dire. Leurs chaussures faisaient des bruits d’éponge mouillée sur l’asphalte détrempé, et Juvia avait tellement froid qu’elle ne sentait plus ses orteils. La pluie avait fortement diminué, persistant en un crachin désagréable, et un vent frais s’était levé, la faisant greloter. Mais aucune plainte ne passa ses lèvres.

 

                Son sauveteur quant à lui, était enfermé dans ses pensées.

                Quelle mouche l’avait piqué ? Voilà qu’il allait directement dans le quartier bourgeois. Qu’il abhorrait plus que tout. Ces grandes maisons aux jardins parfaitement entretenus, leurs habitants toujours tirés à quatre épingles, leur élocution sublimement maîtrisée, l’hypocrisie et le cynisme qui suintait de leurs paroles déclenchaient chez lui une réaction épidermique.

                Mais s’il l’avait laissée rentrer seule, il était convaincu qu’elle ne serait jamais arrivée à bon port. Elle avait l’air si empotée ! Et il ne s’était pas enquiquiné à la repêcher pour qu’elle termine sous les roues d’une voiture, ou qu’elle se fasse enlever par le premier tordu qui passait. Il avait fait sa BA de l’année, alors il était hors de question que ses efforts soient réduits à néant par une petite bécasse surprotégée.

 

- C’est ici.

 

                La voix de Juvia le ramena à la réalité. Ils se trouvaient devant une immense grille. Son regard se posa sur le nom des propriétaires. Sa mâchoire se décrocha pour la deuxième fois de la journée.

 

- Lockser ? Tu t’appelles Lockser ?

- Et bien… Oui…

- Comme dans Lockser Import/Export ?

- C’est l’entreprise du père de Juvia.

- C’est pas vrai ! T’es Juvia Lockser !

 

                Il n’en revenait pas. Il se tenait face à la fille du type qui possédait la moitié de la ville. Et il l’avait sauvée… Ca pouvait valoir un joli paquet de pognon, ça !

 

                Juvia soupira devant les yeux exorbités du garçon. C’était toujours la même chose. Dès qu’on la reconnaissait, elle devenait « la fille de Lockser ». Plus de Juvia. Mais finalement, elle s’en moquait, elle ne faisait rien pour s’attirer l’amitié d’autrui et ne la désirait pas.

 

- Si vous voulez bien entrer, vous serez dédommagé pour… commença-t-elle.

- Non, c’est bon, l’interrompit-il.

 

                Pardon ? Mais qu’est-ce qu’il racontait encore ?

 

- Vraiment ? Mais Juvia croyait que…

- Laisse-tomber je te dis ! la coupa-t-il une nouvelle fois.

 

                Voilà, c’était fait. Il avait officiellement perdu la raison.

 

- Rentre et va te sécher.

 

                Où était l’asile le plus proche ? Il était prêt à signer le formulaire d’admission !

 

                Juvia acquiesça en silence.

 

                Le jeune homme soupira. Juste quand il allait partir, elle l’interpela :

 

- Attendez ! Je ne connais toujours pas votre nom !

 

                Il tergiversa un instant, puis répondit :

 

- Gray. Gray Fullbuster.

 

                Puis il se détourna et s’éloigna. Dans son dos, il l’entendit s’exclamer :

 

- Juvia vous remercie encore une fois, M. Fullbuster !

 

                Cela lui arracha un petit rire. M. Fullbuster ! C’était bien la première fois qu’on l’appelait ainsi !

                Gray répondit d’un signe de la main, sans se retourner, et finit par disparaitre au coin de la rue.

 

                Il savait pertinemment pourquoi il avait refusé l’argent qu’elle lui proposait. La même lueur qu’il avait décelée un peu plus tôt, était revenue hanter le regard de la jeune fille lorsqu’il avait réalisé son identité.

                Derrière la candeur, il y avait la tristesse. La résignation.

                Pour une raison obscure qui ne lui ressemblait pas, il n’avait pu se résoudre à en profiter.

 

                Il la laissa derrière lui, persuadé qu’il ne la reverrait jamais, ou peut-être à la télévision. Et qu’elle l’aurait oublié dans peu de temps. Il s’en moquait. Trop effacée, trop maladroite, elle ne lui avait pas fait une forte impression.

 

                Juvia le regarda partir, une sensation étrange au creux de l’estomac. Elle ne comprenait pas les réactions du jeune homme. En général, s’il provoquait chez elle un dégoût certain, le nom de Lockser déclenchait chez autrui la convoitise, l’envie. Mais lui, même si son regard avait été assombri par ces émotions, toute once de cupidité avait bientôt déserté ses prunelles, et il avait décliné son offre. Peut-être portait-il une quelconque rancune à sa famille qui l’avait poussé à refuser ce qu’elle lui avait promis ? Ca ne l’aurait pas étonnée.

                Alors qu’il disparaissait au coin de la rue, Juvia longea le mur d’enceinte, et se faufila par la porte d’entrée des employés. Après tout, personne n’était sensé savoir qu’elle était sortie. La jeune fille regagna sa chambre le plus discrètement possible et souffla enfin lorsqu’elle eut refermé la porte.

 

                Un peu plus tard dans la soirée, alors qu’elle avait enfin pu prendre une douche et que le dîner était terminé, la jeune fille gagna son lit, se glissa entre les draps chauds et doux et repensa à son étrange journée. Encore un peu troublée par cette rencontre insolite, qui avait momentanément bouleversé son quotidien, elle s’endormit.

 

- Gray Fullbuster… murmura-t-elle juste avant de rejoindre les bras de Morphée.

 

 

Commentaire de l'auteur Et voilà, le voile est levé, il s'agissait de Gray et Juvia ! Je suis désolée pour tous ceux qui attendaient du NaLu, du GrayLu ou n'importe quoi d'autre et pour ceux qui n'aiment pas ce couple, mais ce sont mes préférés à moi... et comme c'est moi qui écris, ben... voilà ! (En plus, je déteste le GrayLu, et le NaLu, même si j'adore, j'aurais du mal à écrire une histoire sérieuse sur ces deux là...)
Voilà, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, qui n'était que l'introduction à l'histoire (oui, j'aime bien faire des prologues et encore des chapitres d'introduction après). Fallait bien les faire se rencontrer ! Et je n'avais pas envie d'un coup de foudre immédiat, donc ils sont rentrés tranquillement chez eux, continuer leur petite vie bien déprimante. Je suis vilaine. Et j'écris trop, alors j'arrête, et je vous dis à la prochaine !
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