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Qui participe au concours GMM ?
 par   - 334 lectures  - 2 commentaires [30 janvier 2018 à 03:52:29]

Bonjour.

Je viens aux nouvelles car je ne vois aucune publication associée au concours Geekmemore.
J'aimerais donc savoir s'il y a des participants et, si c'est le cas et que vous avez déjà publié quelque chose, rencontrez-vous des problèmes pour que votre texte soit associé au concours ?

Je rappelle qu'un sous-forum a été ouvert pour que vous puissiez discuter et poser vos questions au sujet de ce concours.

Merci ^^

 

Concours Geekmemore
 par   - 814 lectures  - 1 commentaire [24 janvier 2018 à 22:52:03]

Fanfic FR et Geekmemore lancent un concours d'écriture.

Les histoires doivent être lisibles par tous, par conséquent seules les histoires classées G sont acceptées.

Vous avez de la chance, vous avez droit à deux thèmes ayant pour fil conducteur la Naissance de la nouvelle année. Naissance, au sens propre ou au sens figuré ?

1 - Est-ce une occasion pour des réjouissances ou son arrivée est-elle vue avec horreur ?
Que vous considériez la nouvelle année comme un être vivant, une entité ou un événement, que se passe-t-il ?

2 - Et si 2018 n'avait jamais existé ? Que nous ne passons pas en 2018, mais à une toute autre année ?

Un thème au choix.
Type d'histoires : Originales
Longueur du texte : novelette (entre 7 500 et 17 499 mots)
Date de début : 1er janvier 2018
Date limite : 31 janvier 2018 à minuit Échéance repoussée au 15 février 2018 à minuit

Un jury composé de bêta-lecteurs de FFFR et d'un responsable de Geekmemore décidera des gagnants.
Il y aura trois (3) gagnants : un (1) par thème peut-être (donc deux (2)), ainsi qu'un (1) coup de cœur en plus.

À vos plumes !

 


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Animes-Mangas

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Fairy Tail

Memento Audere Semper
[Histoire Terminée]
Auteur: Linksys Vue: 1855
[Publiée le: 2014-10-25]    [Mise à Jour: 2015-01-03]
R  Signaler Romance/Humour/Action-Aventure/Amitié Commentaires : 8
Description:
[Souviens-toi que tu dois toujours oser.]

/! "ONE SHOT" EN 4 PARTIES /!
Grey et Jubia. Jubia aime Grey, mais en va-t-il réciproquement ? Le temps d'une mission, que va-t-il se passer ? En voilà le récit !

NEWS 07/12 : Ajout de liens YouTube cliquables au début de chaque partie, ce sont les OST et musiques qui m'ont inspiré le déroulement du récit !
NEWS 01/02 : J'en profite pour vous annoncer la mise en chantier d'un chapitre bonus qui devrait paraître d'ici la fin du mois :3 Banzai ! o/
NEWS 01/06 : Déjà 1000 vues, alors que le compteur était aux alentours de 800 quand j'ai terminé cette histoire ... Merci !

♦ AVANCEMENT :
Chap. bonus : ~10% (sortie prévue : pendant les vacances de la zone B)
Crédits:
L'univers et les personnages sont la propriété d'Hiro Mashima, exception faite de certains personnages de ma création. Les musiques proposées à l'écoute sont la propriété de leurs auteurs respectifs : Daft Punk, Yoko Kanno, Steve Conte, Raj Ramayya, Coldplay, Maaya Sakamoto, Adele et K'naan.
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Pt. 2 : Strangers

[9277 mots]
Publié le: 2014-12-05Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Voici venir la seconde partie du one-shot (si on peut encore appeler ça comme ça) sur Grey et Jubia. Je viens de le terminer, mais j'espère avoir fait du bon boulot. Bonne lecture ! Banzai !

EDIT : J'ai édité le chapitre pour lui redonner le bon titre, désolé ...

PART. 2 : Strangers


Le lendemain matin, Grey eut une grande surprise en se réveillant, et à vrai dire, il crut un instant s'être réveillé dans un étrange rêve. Lorsqu'il ouvrit les yeux, la pénombre baignait encore la pièce de ses ténèbres tentaculaires, et la chaleur du lit était de loin supérieure à ce qu'elle aurait dû être. Il ressentit comme une présence à ses côtés. Il ferma les yeux et tenta de se concentrer, pour chasser les dernières illusions du sommeil. C'est précisément à ce moment qu'il sentit bel et bien un mouvement contre lui. Il resta interdit les premières secondes, avant que le contact ne se réitère. Craignant de tourner la tête, il se demanda un court instant d'où cela pouvait-il venir. La réponse était si évidente qu'il n'y pensa même pas. Il regarda sur sa droite, du côté de la place libre du lit, et faillit sursauter en découvrant le visage endormi de Jubia, à quelques mètres du sien. La jeune femme était blottie contre lui et avait posé sa tête sur l'épaule que lui présentait le jeune homme. Son souffle calme faisait onduler les petits cheveux de la nuque de Grey, ce que ce dernier n'avait pas remarqué au début. Pendant un long moment, il se demanda ce qu'elle faisait là et comment était-elle parvenue à s'installer ici sans le tirer du sommeil léger qui le caractérisait. Il voulu la déloger car en principe ce n'était pas sa place, mais …

Il n'en avait pas envie. Non seulement elle ne dérangeait absolument personne, mais de plus Grey se serait senti coupable de l'avoir réveillée pour lui dire de dégager. Et puis … Sa conscience lui interdisait de le penser mais, en l'état actuel des choses, il la trouvait autrement plus mignonne que ce qu'elle pouvait paraître en d'autres circonstances. Aussi loin que portaient les souvenirs de Grey, c'était la première fois qu'il voyait une expression si tranquille sur le visage de Jubia. Ordinairement, elle arborait toujours quelque sourire niais ou autre air dépressif, quand ce n'était pas la colère ou la jalousie qui animaient ses mimiques. Là, elle était tout simplement en train de dormir, et aucune pensée ne venait modifier l'équilibre de ses traits. Grey leva les yeux au plafond et soupira, ne sachant que faire. Pour une fois qu'il pouvait être proche de Jubia sans avoir à en répondre à qui que ce soit …

« Je deviens bizarre, moi … » Songea vaguement le jeune homme.

Il resta ainsi à fixer le plafond en pensant, à mesure que la lueur du matin commençait à ramper sur les murs de la chambre.

À plusieurs reprises, Jubia bougea, mais sans se réveiller. Après plusieurs séances de remue-ménage et un coup de pied qui mena la couette à son ventre, elle finit à demi-allongé sur le torse de Grey, reposant sa tête peu ou prou à l'emplacement du muscle cardiaque du jeune homme. Ce dernier, de son côté, s'était laissé faire, pour l'amusement. Une marée de boucles soyeuses, bleu océan, s'était épandue sur son torse autour de la tête de la jeune femme, et il aurait bien aimé passer ses doigts dedans. Sauf qu'un de ses bras était pris sous Jubia, et l'autre passé sous sa tête. Bien entendu, il n'avait aucune envie de bouger ni l'un, ni l'autre, aussi resta-t-il en place.


Jubia se réveilla presque en sursaut, et se redressa, sans se rendre compte tout de suite qu'elle appuyait avec force sur l'abdomen de Grey, ce qui lui avait coupé le souffle. Selon son plan, elle était censée se réveiller avant Grey pour regagner son propre lit, et ainsi éviter d'être surprise. Se redressant totalement, puis repoussa doucement la couverture. Son sang se glaça et un frisson lui parcourut le dos lorsqu'elle entendit :

- Salut, Jubia. T'as bien dormi ?

Grey s'était redressé sur les coudes pour parler à la fuyarde. Interdite, celle-ci se retourna lentement, et ses yeux croisèrent ceux du jeune homme. Elle hésitant longuement entre prendre ses jambes à son cou et regagner le lit qu'elle aurait dû occuper, ou continuer à profiter de la situation comme si de rien n'était. Elle s'apprêtait, honteuse, à regagner sa place désignée, quand Grey l'interrompit.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Jubia vous laisse tranquille. Elle voulait juste dormir un peu avec vous, hier soir, et … Elle s'est endormie … expliqua-t-elle en rampant à quatre pattes vers le bout du lit, présentant (involontairement ?) son postérieur au jeune homme.

Grey aurait beaucoup aimé répondre, mais la nuisette de Jubia était trop courte pour dissimuler, dans cette position, la culotte qu'elle portait (en l'occurrence, un modèle blanc à rayures bleues). L'intéressée se rendit compte bien assez tôt de ce qu'il se tramait, et aussitôt, elle se redressa et s'accroupit sur ses jambes. Que penser ? N'importe qui aurait été sévèrement molesté, mais là, il s'agissait de Grey, le seul autorisé à ce genre de spectacles. Même s'il avait volé cette observation, ce qui était passable d'une sanction.

- Va falloir qu'on se lève, dit le jeune homme en continuant de se redresser.

Ce fut le signal pour Jubia, qui se laissa retomber sur le jeune homme, le plaquant au matelas. Elle se blottit contre lui et tenta de l'enserrer de ses bras. Surpris au départ, Grey se laissa faire, car cela ne luit déplaisait pas. Avec hésitation, il posa une main au-dessus de la hanche correspondante de Jubia, et il la sentit frémir. De l'autre, il remit la couverture sur eux, et profita de l'instant.

- Vous … Vous n'êtes pas fâché ? Se hasarda Jubia, toute penaude.

- Non, si j'étais fâché, je t'aurai dégagée d'ici. Par contre, à l'avenir, demande la permission avant de venir t'incruster. D'accord ?

- D'accord …

Jubia baissa les yeux, consciente que ce n'était là qu'acte de compassion. Elle-même le savait, il était fréquent pour les membres d'une même guilde de devoir dormir ensemble lors des missions. Mais c'était toujours mieux que rien, et elle s'en satisfaisait suffisamment pour le moment.

Grey, de son côté, se demandait quelle mouche l'avait piqué : en temps normal, il aurait directement renvoyé Jubia là d'où elle venait, mais, aujourd'hui était un jour différent. C'était, pour Grey, un jour où il fallait être bon. De vieux souvenirs refirent surface. De plus, il était pour lui très (trop) rare de pouvoir profiter d'un moment simple avec Jubia sans avoir à essuyer les moqueries et les commentaires de ses camarades, ni même avoir à leur expliquer pourquoi. La présence de la jeune femme, bien qu'elle fut plus souvent importune qu'opportune, avait sur lui un effet confus et indescriptible, qui l'apaisait et le calmait. En sa présence, il était beaucoup plus prompt au recul et à la réflexion. Et puis …

« Non », s'interdit-il en pensée. « Je ne l'ai pas méritée. J'ai triché. »

Les vieux souvenirs précédents furent supplantés par une autre sélection de souvenirs, plus récents cette fois-ci, mais non moins tristes et douloureux. Il suffit que Jubia remue légèrement sur le jeune homme pour chasser de son esprit tout ces souvenirs malvenus, comme une bourrasque de vent chasserait un groupe de feuille mortes. Cependant, cela n'empêcha pas la raideur matinale d'avoir lieu, et il pria tout les dieux pour que le phénomène passe inaperçu. Il concentra ses pensées sur quelque chose de calme, dans l'espoir de se calmer lui-même.

Malheureusement pour lui, il en plut autrement aux divinités, et lorsque Jubia bougea latéralement, elle sentit instantanément ce qui n'allait pas. Elle rougit instantanément, et jeta un regard gêné et choqué au jeune homme. Celui-ci lui répondit par un regard nonchalant, mais en réalité il aurait donné très cher pour se trouver aux antipodes, dissimulant sa tête dans un trou du sol.

- C'est le matin, j'y peux rien, se défendit-il tant bien que mal.

La jeune femme lui décocha tout de même un regard suspicieux, qui mit Grey mal à l'aise. Bon gré mal gré, il parvint, au prix d'intenses efforts de concentration, à chasser le mal de son corps. Il ne tenait plus, la situation le mettait trop mal à l'aise, aussi chuchota-t-il à l'oreille de sa camarade de matelas :

- Va falloir qu'on se lève.

- Jubia n'a pas envie, protesta celle-ci. Jubia veut rester comme ça.

Elle fixa le mage glacial avec un regard grognon et une moue boudeuse, qui abattit toutes les résistances mentales de sa cible. L'incident précédent était déjà oublié.

- Moi aussi, mais si on arrive en retard, on va servir de tartines à Erza. Tu n'as pas envie de voir ça.

Entre temps, le son de leur intermède avait fini par éveiller Carla, qui émergeait lentement du sommeil en se frottant les yeux. Elle constata d'abord l'absence de Jubia, et en observant la pièce, obtenu sa réponse. Découvrir les deux jeunes gens dans le même lit lui délivra l'équivalent d'un puissant électrochoc en plein ventre. Pendant un très court instant, elle hésita entre la fureur noire et l'étonnement le plus total. Wendy se réveilla l'instant suivant et atteint la lucidité suffisamment rapidement pour empêcher sa gouvernante de faire un massacre.

- Laisse-les, ils n'ont rien fait de mal ! Chuchota la jeune fille, alors que Grey les regardait, étonné.

Carla laissa échapper un grondement mécontent. Il était hors de question que le jeune homme s'en sorte à si bon compte. Jubia se redressa à ce moment.

- Grey-sama n'a rien fait, c'est … C'est Jubia qui est venue dormir avec lui sans lui demander la permission … avoua la jeune femme, consciente des enjeux.

- Qui te dit qu'il n'a pas abusé de toi pendant la nuit, hein ? Tempêta la féline blanche.

Un beau rouge investit les joues de Jubia, qui s'imagina pendant une fraction de seconde les mains de Grey ramper sous ses habits, et venir profiter de ses charmes.

- Bon, trêve de blabla, il est l'heure de se lever, déclara le mage glacial, en se levant pour de bon.

Il avait surtout envie de changer de sujet, car il était dans un embarras assez important. Il s'empara de ses habits de la veille, suffisamment propres pour être remis, et les enfila. Il passa par la salle de bain pour corriger quelques épis disgracieux et faire usage des toilettes. Puis il ressortit, prit sa veste posée sur le porte-manteau et sortit.

- Je sors le temps que vous vous habilliez, expliqua-t-il en rabattant la porte derrière lui.

Sans attendre de réponse, il avança dans le couloir, jusqu'à la porte de la chambre de ses compères. Il n'était pas désagréable de dormir en compagnie des filles (surtout quand la seule qui avait son âge venait se glisser sous ses couettes) mais par moments, Grey aurait vraiment préféré occuper l'autre chambre, quitte à subir les pitreries de Natsu et Happy. Une impression étrange s'était saisi de lui au réveil, et il n'y avait pas prêté attention, mais maintenant qu'il était au calme pour penser, il y revint. Se réveiller dans le même lit que Jubia, au lieu de l'énerver ou de le choquer, lui avait donné une étrange sensation de déjà-vu et de satisfaction, comme si c'était l'ordre habituel des choses. Comme si c'était leur place. Il se demanda si un jour, ils dormiraient ensemble à nouveau. Bien qu'il ait tout fait pour ne pas apeurer Jubia, il avait bien peur de l'avoir découragée par son amorphisme.

De son côté, la jeune femme ne savait que penser. Une moitié de son cerveau était en liesse, l'autre était en dépression, et aucune de ces deux émotions ne filtraient sur son visage, qui restait parfaitement impassible. Elle avait réussi à s'infiltrer dans le lit de Grey et à dormir avec lui, quasiment dans ses bras. Mais celui-ci, qui aurait pu – qui aurait – se montrer gêné, était resté indifférent.

« Je ne l'intéresse pas. » Finit-elle par reconnaître. « Je suis une amie, c'est tout. »

À ces pensées, elle s'affaissa sur le matelas derrière elle (elle était allée chercher des habits dans sa valise) et fondit en larmes. Alarmées, Wendy et Carla accoururent aussitôt.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda Carla.

- Tu es malade ? Tu veux que je te soigne ? Pressa Wendy.

- C'est bon, merci, dit Jubia en reniflant.

Un instant plus tard, elle se redressa. Ses yeux rougis et gonflés contrastaient avec la pâleur de sa peau.

- C'est à cause de Grey, c'est ça ? S'exclama Carla, en insistant bien sur le nom du présumé coupable.

- Non … Mentit Jubia, pour le défendre.

Mais la féline n'en démordait pas :

- Il t'a fait quelque chose ? Le saligaud !

Elle se précipita vers la porte et bondit pour actionner la clenche.

- Non ! Laisse Grey tranquille ! Fulmina Jubia, qui voulait absolument le laisser en dehors de tout ça.

Ce disant, elle se mit debout, et sa présence écrasa celle des autres. Wendy aurait même juré avoir vu onduler les cheveux de Jubia, alors qu'elle criait.

- Viens, Wendy, déclara la jeune femme. On va se doucher.

- Oui … Murmura la jeune fille, plus ou moins effrayée par la démonstration de colère de sa camarade de chambre.


Grey, de son côté, n'entendit rien au cri de Jubia, car lorsqu'elle s'était énervée, il était déjà en bas depuis un moment, accompagné de Lily et Gajil (Happy était resté en haut pour réveiller Natsu).

- J'ai faim, bordel … Grommela le chasseur de dragon.

- On attend les autres, ordonna Lily.

- J'ai faim aussi, marmonna Grey.

Il avait le menton dans la main, et pensait.

- Tu m'as l'air bien pensif, observa l'ancien soldat. Tu as un plan en tête ? Tu penses à des indices ?

- J'aimerais bien avoir des indices, souffla-t-il en se laissant aller contre le dossier de sa chaise. Et encore mieux avoir un plan pour terminer cette quête, mais c'est pas le cas.

- Ah, bon … En tout cas, j'espère qu'on avancera, aujourd'hui. C'est bien beau de se balader à longueur de temps, mais ça a tendance à manquer d'action.

- Tu l'as dit, grogna Gajil. À part les deux zigotos d'hier, ça fait au moins une semaine que j'ai tapé personne.

- C'est pas en faisant des quêtes avec Levy que tu vas avoir beaucoup de gens à frapper, fit observer Lily posément.

Presque outré, Gajil le fixa.

- Espèce de traître ! S'exclama-t-il. C'est toi qui m'a forcé à faire des quêtes avec elle !

- C'est vrai. Mais je ne t'ai pas forcé, j'ai suggéré l'idée, ce qui est fondamentalement différent.

Amusé, Grey les regarda se disputer.

Alors qu'elles sortaient de la douche, Wendy se trouva enfin le courage de poser à Jubia la question qui lui brûlait les lèvres depuis de longues minutes.

- Dis, Jubia … Tu … Enfin … Grey … Tu … Parvint-elle à bredouiller.

- Oui, je l'aime, déclara Jubia, qui s'attendait à la question à tout moment.

Avec le temps, elle avait appris à vivre avec ses sentiments et à les assumer.

- Depuis … Depuis longtemps ?

- Si on oublie la coupure de sept ans, ça fait … Presque quatre ans.

Une expression plus triste encore s'empara du visage de Jubia, et Wendy se sentit horriblement coupable d'avoir ainsi remué le couteau dans la plaie.

- Désolée … Murmura-t-elle, en baissant les yeux. Je voulais pas …

- C'est pas grave, dit Jubia. J'ai l'habitude.

- Tu verras, il finira bien par tomber amoureux de toi, déclara Wendy avec détermination, pour se rattraper. À moins qu'il soit aveugle.

Jubia jeta un regard étonné à la jeune fille. Sans prévenir, elle l'attira vers elle et la serra dans ses bras, avant de recommença à pleurer. La jeune fille se montra fort surprise, d'autant qu'elle se retrouva appuyée contre la poitrine de la jeune femme, ce qui la gênait fortement.

- Si j'avais une petite sœur, elle serait comme toi, murmura Jubia, entre deux larmes.

Un éclair de courage se saisit de Wendy à cet instant.

- Alors, laisse-moi être ta petite sœur. On se ressemble assez pour ça !


Grey, n'y tenant plus, allait d'un instant à l'autre se lever pour aller chercher de quoi déjeuner au buffet à volonté. C'est alors qu'arriva le reste de sa chambrée, Jubia fermant la marche. Le jeune homme remarqua immédiatement son air triste, et même lorsqu'elle vint s’asseoir face à lui, elle ne retrouva pas le sourire qui ornait habituellement son joli visage. Il fut surpris : quelle raison avait-elle de déprimer alors qu'ils avaient dormi ensemble ? Cela l'inquiéta et lui fit mal quelque part dans la poitrine, car même lorsqu'elle était triste, elle faisait l'effort de paraître contente. Et quand elle était triste, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une partie de sa peine, peu en importait la cause. Il remarqua également les éclairs que lui lançaient les yeux de Carla, ainsi que l'air désolé de Wendy. Natsu et Happy, qui arrivèrent peu après, se chargèrent de mettre un peu d'animation, ce qui soulagea Grey.

Au moment du départ, le jeune homme essaya de s'approcher de Jubia, car il lui importait de connaître les causes de son chagrin. Il vint la voir, alors qu'elle traînait à l'arrière du groupe.

- Ça a pas l'air d'aller fort, Jubia … Ça va ?

- Jubia va très bien, répondit-elle vaguement en tentant de l'esquiver.

Mais Grey n'entendait pas la laisser échapper de la sorte. Il lui bloqua la retraite en passant son bras devant elle.

- Tu mens toujours aussi mal, observa-t-il.

- Jubia va très bien, répéta-t-elle. Mais elle est contente que Grey-sama se soucie un peu d'elle, finalement.

- Je me suis toujours soucié de toi, rétorqua le jeune homme, abruptement.

L'instant d'après, il regretta cet acte de folie, car il aurait préféré garder secret l'intérêt qu'il portait à l'état de Jubia. Mais ce qui était dit était dit, et il continua comme si de rien n'était.

- Quand on s'est réveillés ce matin, tu était toute guillerette, et là tu fais une tête d'enterrement, excuse-moi de me poser des questions.

- Jubia est comme ça, elle a l'habitude. Elle est heureuse, et l'instant d'après elle est triste.

Elle lança à Grey le regard le plus sincère dont elle était capable, et leurs yeux ne se quittèrent pas pendant de longues secondes.

- Rejoignons les autres, finit par déclarer le mage glacial. On va être à la bourre, sinon.

Instinctivement, il tendit la main à Jubia. Celle-ci resta incrédule un court instant, mais elle ne rata pas l'occasion pour autant. Tous deux se mirent en marche simultanément, et avancèrent à grandes enjambées pour rattraper le groupe.


Quelle ne fut pas la surprise d'Erza (et de Lucy, accessoirement) quand elle vit arriver Jubia et Grey, main dans la main ! Il n'était pas rare que le combat les rende aussi proche, mais ça n'était quasiment jamais arrivé dans un contexte calme.

- Tu crois que Grey est malade ? Demanda la chevalière.

- Oui, il a la maladie d'amour, je crois, répondit la constellationniste. Ils sont mignons ensemble, non ?

Erza répondit par le silence, mais la couleur de ses joues renseigna suffisamment Lucy sur la question.

- Il aurait quand même pu se déclarer avant, le cochon, maugréa Lucy. Ça fait bien quatre ans que la pauvre Jubia lui court après, non ?

- Oui, ou peu s'en faut … Marmonna Erza, perdue dans ses pensées philosophiques.


Loin de se douter que leur « couple » faisait l'unanimité, Grey et Jubia s'étaient arrêtés en chemin dans une boulangerie du cru, car ils avaient encore faim. Quelques viennoiseries en main, ils reprirent leur route, tranquillement. Il était à peine huit heures vingt, et ils se trouvaient à quelques minutes de marche du point de rendez-vous.

Alors que Grey mordit à pleines dents dans son croissant, ses oreilles se dressèrent lorsqu'il entendit la conversation de deux hommes, qui avançaient dans l'autre sens.

- T'es au courant ? Demanda le premier homme au second. Il paraît que le Pilgrim Snow va se produire dans la région, cette année !

- Sérieux ? Rétorqua son compère. Le Pilgrim Snow ?

- Ouais ! C'est les types du Conseil de la Magie, tu sais, ceux qui sont venus la semaine dernière, qui l'ont dit. On ne sait ni où ni quand ça va se produire avec précision, par contre.

- J'espère que je serai là pour voir ça …

- Et moi donc !

Les deux comparses continuèrent leur route, en changeant de sujet. Grey, lui, ne voulait pas croire à ce qu'il venait d'entendre. Il jeta un coup d'œil en coin à Jubia, qui n'avait visiblement rien remarqué (elle était occupée à manger son pain au chocolat). Mais elle remarqua l'air tendu du jeune homme.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Grey-sama a avalé de travers ?

- Non, c'est bon. C'est … C'est rien …

Il tâcha de feindre un visage satisfait, et Jubia se détourna de lui.

« Ça expliquerai pas mal de choses, va falloir que j'en parle à Erza ... » Songea-t-il. « Le Pilgrim Snow va se produire par ici, cette année … Ça faisait longtemps. »

Inconsciemment, sa main palpita et serra convulsivement celle de Jubia, qui le remarqua et rougit.


Lorsque tout le groupe fut réunit au point de rendez-vous, Erza leur exposa les nouvelles consignes que lui avait transmises le Maître, la veille au soir.

- Le Conseil a confirmé la présence de guildes clandestines dans le secteur, expliqua-t-elle. Nous devons tous faire preuve de la plus grande prudence. Pour aujourd'hui, on va patrouiller sur les contreforts du mont, il n'y a pas encore de neige à cette altitude. Il est temps qu'on s'occupe du mystère des disparitions en montagne et des traces de pas étranges. Demain, on ira s'équiper pour arpenter la partie haute de la montagne, où il a déjà neigé à plusieurs reprises.

- Ça se trouve, c'est juste un balkan, dit nonchalamment Natsu. Y'en a beaucoup dans le coin.

- Si c'était juste un simple balkan, on s'en serait directement occupés ! S'exclama Erza, exaspérée. Bon. En route, on ne doit pas traîner. Mon groupe et moi, on va s'occuper de l'ubac, et vous, de l'adret. Ça vous va ?

- L'ubac et l'adret ? C'est quoi, ces bestioles ? Demanda Gajil.

- L'ubac, c'est le versant de la montagne qui se trouve à l'ombre, expliqua Lucy, trop heureuse de pouvoir faire montre de sa culture. L'adret, par opposition, reprit-elle, c'est celui qui se trouve au soleil.

N'y voyant aucune objection, les deux groupes se séparèrent (Grey comptait attendre le soir pour parler de ses doutes à Erza). Le soleil s'élevait déjà au dessus des bâtiments les plus bas, alors qu'ils quittaient la ville chacun par une extrémité.


Erza ne remarqua pas tout de suite qu'une ombre les suivait, alors que son groupe progressait sur un petit sentier qui traversait un champ fleuri. Difficile de croire que quelques centaines de mètres plus haut, il y avait encore d'épaisses congères et une haute couche de neige.

L'ombre en question, suffisamment basse pour se déplacer dans la végétation sans générer trop d'attention, appartenait à un mage clandestin, qui avait été chargé par sa hiérarchie de prendre en filature les mages de Fairy Tail, et récolter un maximum d'informations sur leur mission.

« 'Faut pas qu'y z'aillent par là ! » pensa-t-il, en constatant que la troupe de mages était déterminée à continuer le long du sentier. « Si les autres sont encore là … »


- Les premières maisons de berger sont à une centaine de mètres d'ici, expliqua Erza. Près d'un bosquet de sapins.

- C'est pas trop tôt, se plaignit Lucy, qui n'avait déjà que trop marché.

De plus, elle n'avait pas prévu le coup et ses chaussures, de simples baskets de toile, n'étaient pas vraiment adaptées à la marche en montagne.

Le groupe arrivait en vue dudit bosquet de sapins lorsque le mage clandestin, qui les prenait toujours en filature, se décida à passer à l'action. Il dégaina la lame courte pendue à son flanc, et jaillit des hautes herbes tel un diable d'une boîte, droit sur le groupe de mages. Il leva la main et prépara un sort, loin de se douter qu'il n'allait pas tarder à regretter son geste de folie.


Du côté du groupe de Grey, l'ascension n'était pas aussi aisée, et tous progressaient tant bien que mal le long du sentier rocailleux qui serpentait le long de la montagne. Carla et Grey avançaient à bonne allure et n'étaient pas gênés, mais Jubia et Wendy étaient une dizaine de mètres en arrière.

- Attendez-nous un peu ! S'exclama Wendy. On n'est pas des athlètes, non plus !

Jubia se redressa et épongea la sueur sur son front d'un revers de manche. L'air était frais mais l'action conjuguée du soleil approchant de son zénith et de l'effort physique lui donnait chaud. De plus, elle n'attendait qu'une seule chose : que l'effort pousse Grey à se mettre torse nu.

C'est alors que, à une centaine de mètres devant eux, ils perçurent la silhouette d'une cabane.

- Allons-y, peut-être que son occupant pourra nous apprendre des choses intéressantes, déclara Carla.

S'approchant de plus en plus, ils virent qu'elle était bâtie de pierres sèches, avec un toit simple en bois. La porte était entr'ouverte, et un gros chien de berger faisait la sieste à côté. Quelques outils étaient accrochés sur la façade. De l'autre côté, une pompe à eau en bon état n'attendait que d'être actionnée. Non loin de la cabane, se trouvait un grand enclos dans lequel une douzaine de vaches ruminaient, allongées sur l'herbe desséchée.

- Vous pensez qu'il y a encore du monde, ici ? Demanda Wendy, alors qu'ils n'étaient plus qu'à une vingtaine de mètres de la cabane.

- On va voir ça, répliqua Grey.

Il se détacha du groupe et s'avança jusqu'à quelques mètres de la cabane.

- Excusez-moi ! Il y a quelqu'un ?

Sa question resta sans réponse. Mais, au bout de quelque seconde, la poignée de la porte cliqueta, et le battant s'ouvrit sur un homme de grande stature, vêtu d'une chemise à carreaux rouge et d'une salopette de jean usée par le travail. Ses cheveux courts étaient noirs, et il semblait ne pas avoir rencontré de rasoir depuis un ou deux mois. Il croisa ses gros bras tannés par le soleil sur sa poitrine, avant de déclarer :

- Qu'est-ce que vous me voulez, là ? Et d'abord, vous êtes qui ?

- Nous sommes des mages, moi et mes collègues, expliqua Grey.

- Des mages, hein. Vous voulez me tuer ?

- On ne serait pas donnés la peine de vous déranger, si c'était le cas.

- Bien dit. J'écoute ?

- En fait, nous sommes en mission à Hakobe-ji pour résoudre une affaire mystérieuse.

- Vous parlez des enlèvements et des traces de pas, là ?

- C'est pour ça qu'on est venus vous voir, même si on doit également enquêter sur les agissements de guildes clandestines repérées dans le coin.

- Commencez par entrer, avant que je réponde à vos questions, grogna l'homme en retournant dans la cabane. Les jeunes filles ont l'air de vouloir s’asseoir, reprit-il.

Grey avança à sa suite, mais Wendy, Jubia et Carla restèrent en retrait un court instant, soupçonneuses. Lorsqu'elles se décidèrent à entrer, le gros chien de berger émergea du sommeil et leur jeta un regard endormi, qui fit frissonner Carla.

L'intérieur de la cabane était sommaire, bien que plus spacieux qu'il n'y paraissait. Un lit, une armoire, une table avec des chaises, un poêle à bois, une batterie de casseroles pendue au mur avec d'autres ustensiles de cuisine. L'homme prit place sur une des chaises, et invita les mages à faire de même.

- Inutile de vous dire que je suis berger, commença-t-il, alors que ses invités prenaient place. Je m'appelle Qent, on a sans doute dû vous parler de moi, en ville.

- En effet, on nous a dit de venir vous voir, déclara Carla.

- Vous êtes de … De Fairy Tail, c'est ça ?

- Exact, répondit Grey. Dites nous ce que vous savez, à propos des enlèvements.

- Eh bien, j'ai beaucoup à dire, là … Déjà, il faut savoir que les enlèvements ne datent pas d'hier. Ça fait des années que les balkans du coin capturent les bergers et leurs femmes. Il y a aussi des loups et quelques ours dans les forêts de la région, c'est pas rare qu'un mouton ou deux leur servent de casse-croûte. Par contre, c'est vrai que ces derniers temps … L'année dernière, on était plus d'une vingtaine de bergers sur les pentes de la montagne. Avant, il y avait un ou deux enlèvement par an, et encore, on retrouvait toujours les disparus après quelques jours. Mais depuis deux mois, le rythme s'est accéléré. Six bergers ont disparu, depuis. Et pas à cause des balkans.

- Qu'en est-il des autres, ceux qui ont été épargnés ?

- La plupart ont fui. Comme je vous disais, l'année dernière, on était vingt-deux bergers, précisément. Aujourd'hui, on n'est plus que cinq à être restés sur le mont. Les autres sont rentrés chez eux, dans la ville ou au village voisin.

- Vous n'avez pas peur d'être enlevé, vous aussi ? Demana Wendy.

- La nuit est déjà bien assez sombre pour que j'aie à me soucier de ça. Et puis, je les attends de pied ferme, ceux qui voudraient m'enlever.

- Est-ce que vous auriez une idée sur la cause de ces enlèvements ? Reprit Grey.

- Pas la moindre, malheureusement. Mais j'aimerais bien savoir. Comme vous, j'imagine.

Qent se retourna, et regarda l'horloge rudimentaire pendue au mur derrière lui. Il était près de midi et demi.

- Yaida devrait bientôt revenir du marché, dit-il. Restez donc avec nous pour manger !

- Eh bien … Marmonna Grey. C'est gentil de votre part, mais on ne comptait pas rester. On doit aussi aller voir les autres bergers, et …

- Bah, je vous emmènerai les voir après manger. Je connais les chemins de mon pays.

- Qui est Yaida ? Demanda Carla.

- Ma femme. Elle était restée en ville, mais depuis que les enlèvements ont commencés, à défaut de m'avoir fait rentrer, elle a préféré venir me rejoindre. C'est une ancienne mage, d'ailleurs, vous la connaissez peut-être.

Ce disant, il se leva brusquement, et alla chercher cinq verres dans l'armoire, qui visiblement servait à entreposer les vêtements et les couverts. Il attrapa une des bouteilles posées au sommet du meuble, et posa le tout sur la table. Il déboucha la bouteille en question, qui contenait un liquide ambré mais relativement clair. Il en versa un fond dans deux verres, et en tendit un d'office à Grey, se réservant le deuxième. Il interrogea Jubia du regard.

- Juste un fond, marmonna-t-elle.

Qent lui en versa autant que dans son propre verre. Puis, il regarda Wendy et Carla.

- De l'eau pour nous deux, ça sera très bien, déclara l'Exceed.

Sans dire mot, leur hôte retourna près de l'armoire et y prit une carafe vide. Il sortit de la cabane un court instant, et revint avec une carafe pleine, qu'il avait vraisemblablement remplit à la pompe qui bordait l'habitation.

- L'eau des montagnes. La plus pure qui soit.

Il servit Wendy et Carla, et regagna sa place.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Grey, en agitant son verre.

- De la goutte. Un alcool local, qu'on distille pendant l'été. C'est fait à partir des pommes de la vallée. C'est plutôt fort, faites attention.

Curieux, Grey prit une petite gorgée. L'alcool lui brûla la langue et la gorge, mais le goût n'était pas désagréable.

- C'est bon, hein ? Demanda Qent.

- Plutôt, ouais, dit Grey en reposant son verre. Mais faut pas en boire de trop.

Jubia, elle, regardait fixement son verre. Prenant son courage à deux mains, elle leva son verre et y trempa les lèvres. Elle reposa le verre aussitôt. Elle trouva le goût infâme, et l'alcool était bien trop fort pour elle.

- C'est pas bon ?

De peur de froisser son hôte, Jubia ne dit rien.

- T'as le droit de pas aimer, hein. Je dois avoir du cidre, si tu veux un truc moins fort.

- Jubia prendra de l'eau, elle aussi.

Déconcerté un court instant par l'étrange manière de parler de la jeune femme, il accéda à sa requête.

Une poignée de minutes plus tard, la porte s'ouvrit avec force, et quelqu'un entra en s'exclamant :

- C'est moi !

Par réflexe, les quatre invités se tournèrent vers l'arrivant.

- Qent ? Depuis quand on a des invités, aujourd'hui ?

Il s'agissait bien entendue de la fameuse Yaida, qui était bien belle pour une femme de berger. Le gros panier d'osier qu'elle portait à un bras débordait de produits frais. Elle traversa la pièce sans cérémonie, et posa ses emplettes près de la cuisinière.

- C'est pas des invités, se justifia son mari. Enfin, des invités surprise, plutôt. Ils sont arrivés il y a une vingtaine de minutes, pour me poser des questions sur les enlèvements, et tout ça. Ils ont voulu que je les conduise aux autres bergers, mais je leur ai dit de rester manger, avant que je les emmène voir les collègues. Au fait, ce sont des mages.

- J'avais remarqué, dit Yaida, en déboutonnant sa veste de laine noire. Toi, tu t'appelles Grey, c'est ça ? Demanda-t-elle, en fixant le mage glacial. T'as grandi, depuis la dernière fois où je t'ai vu !

Jubia commença à fulminer intérieurement. Pour commencer, elle n'avait apprécié le regard prolongé que Grey avait posé sur Yaida au moment où elle était entrée, et de plus, le fait que ces deux-là se connaissaient déjà n'était pas pour la réjouir. Le jeune homme, lui, était abasourdi. Carla et Wendy, interdites, se contentaient d'observer le cours des événements.

- Excusez-moi, madame, mais, on se connaît ? Demanda le mage glacial.

- Je m'appelle Yaida, et je suis la femme de ce rustre qui vous a servi sa bibine démoniaque, dit-elle en s'asseyant. Il vous l'a sans doute déjà dit, mais dans le temps, j'étais mage, moi aussi. Je faisais partie de Forsaken Souls, à l'époque.

- Forsaken Souls ? Demanda Wendy. Quelle est cette guilde ?

- La plus puissante guilde de Captio, le royaume voisin.

Tous se tournèrent avec incrédulité vers Jubia, car c'est elle qui avait dit cela.

- Jubia en a juste entendu parler, c'est tout, se justifia-t-elle.

- Tu es née là-bas ? Demanda Yaida, de but-en-blanc.

L'interrogée vira au rouge vif.

- Co … Comment le savez-vous ?

- Ta manière de parler, tes manières. J'ai vécu à Captio pendant presque vingt ans, tu sais. C'est même à-bas que je suis née, moi aussi. Bref, je vois que ça te gêne, n'en parlons pas.

Elle fixa Grey, et reprit :

- Lorsque j'étais gamine, ma meilleure amie s'appelait …

- C'était Oul, affirma le jeune homme. Je me souviens de vous, maintenant. Je vous ai vue une ou deux fois.

- Eh bien voilà, quand tu veux ! S'exclama Yaida, satisfaite. En effet, je t'ai vu plus d'une fois en venant rendre visite à Oul. Je t'ai aussi vu quelques fois à Fairy Tail, en passant pour parler avec certains mages que je connais bien.

- C'est bien beau, tout ça, mais c'est l'heure de manger ! S'exclama Qent en se levant, qui ne tenait plus.


La table fut promptement dressée, et le couple s'attela à la préparation du repas. Le silence s'empara du groupe de mages, jusqu'à ce que Grey ne brise le silence.

- Alors comme ça, t'es pas de chez nous ? Demanda-t-il à Jubia. Je savais pas !

Jubia rougit, car elle ne voulait pas que le secret de son origine soit su. Surtout pas par Grey.

- En effet … Jubia est née à Captio, et elle y a vécu jusqu'à huit ans, avant de déménager à Fiore avec ses parents.

C'est à ce moment que les premiers plats arrivèrent à table. Trop heureuse de pouvoir se soustraire à l'interrogatoire, Jubia s'attaqua à l'entrée, de même que les autres. Il était rare que le sujet de ses origines soit abordé, mais elle préférait qu'il reste tu. En général, à Fiore, les ressortissants de Captio étaient mal vus, voire mis à l'écart par la société (et inversement). Depuis plusieurs siècles, les deux royaumes s'affrontaient à intervalles réguliers, ce qui avait développé une puissante inimitié entre les deux peuples. Pendant son enfance, Jubia en avait souvent fait les frais.


Alors qu'ils terminaient le plat, une question subite vient à Yaida, qui ne put retenir son interrogation. Elle regarda Wendy, puis Grey et Jubia, avant de s'adresser à ces derniers :

- C'est votre fille ? Elle est mignonne !

- Je me disais bien, aussi, renchérit Qent.

Carla eut du mal à dissimuler un petit rire nerveux. Grey rougit mais tint l'assaut. Jubia fut touchée par un coup critique, et la chaleur qui monta à son visage manqua de la pousser à l'évanouissement. Wendy démentit fortement et rapidement le propos. Elle savait que la situation pouvait mener à de dangereux quiproquos.

- Non ! Je suis une collègue ! Pas leur fille ! Se défendit-elle.

- Vraiment ? Demanda Yaida. Pourtant, tu ressembles étrangement à tes parents … Enfin, à tes collègues, comme tu dis.

- C'est juste une amie, confirma Grey, posément. On n'a aucun lien de sang.

- Mouais …

L'incident se tassa assez rapidement et, bientôt, il fut temps pour l'équipe de mage d'abandonner l'hospitalité de leur hôte. Qent insista pour leur servir de guide dans la montagne.

- Les crevasses et les pierres qui se dérobent sous les pieds sont bien plus dangereuses que les balkans, par ici, affirma le berger. Mais on peut quand même avoir besoin de ça.

Ce disant, il s'approcha du mur où était appuyé le matériel de cuisine, et y décrocha une longue machette qui y était pendue. La lame en était incurvée d'une étrange manière, un peu comme un sabre. Il passa l'arme dans un étui pendu à sa ceinture.

- Un kukri bien affûté vaut mieux que de se faire bouffer par les loups, déclara le berger.

Cela ne rassurait pas les mages, mais ils emboîtèrent tout de même le pas à Qent lorsqu'il sortit de la maison. Le soleil commençait à descendre dans le ciel.

La procession venait de franchir une petite crête, lorsque le berger se tourna vers les mages :

- À mon avis, je vais pas avoir le temps de vous emmener plus loin que chez Ton. Il fera nuit dans moins de trois heures.

- Il fait nuit si tôt que ça ?

- Hé, il est déjà presque cinq heures de l'après-midi. La nuit tombe vers vingt heures, en ce moment. Et je ne préfère pas rester dehors la nuit par les temps qui courent. Disons, pas seul.

- Dites m'en plus, demanda Grey.

- On dit qu'une ombre court, la nuit. Une ombre qui s'en prend à ceux qu'elle croise. D'aucuns prétendent que c'est un loup, d'autre parlent d'un ours … Mais il n'y a pas d'ours et encore moins de loups dans cette partie du royaume.

- C'est une créature magique ?

- On peut dire ça comme ça. C'est un loup des montagnes.

- Comment le savez-vous ? Demanda Carla. Vous l'avez vu ?

- Pas directement. Mais j'ai vu ses traces. Des pattes de loup larges comme les deux mains côte à côte, ça ne trompe pas.

- Je croyais que les loups des montagnes n'existaient plus, à Fiore ? Demanda Grey.

- Ça, c'est ce que le gouvernement s'amuse à dire, et ce que beaucoup de gens continuent à croire. Hakobe-ji était jadis la capitale de Fiore en ce qui concernait la chasse au loup. Et il y en a toujours, dans les parages, peu importe la taille ou la couleur. Je suis berger, je te rappelle, je suis aux premières loges pour savoir si les loups sont là ou pas.

- Ça ne me rassure pas … Frissonna Wendy.

- Tant que vous marchez derrière moi, les loups ne s'approcheront pas, rassura Qent. La plupart ont appris à me craindre, et certains ont déjà fait connaissance avec mon kukri. Le loup des montagnes en a déjà tâté, lui aussi.

- Vous avez pourtant dit ne l'avoir jamais vu, fit observer Carla.

- Celui qui rôde en ce moment, en effet, je ne l'ai jamais vu. Mais celui qui est venu avant lui … J'avais récupéré sa mâchoire, à défaut de pouvoir le faire empailler. Je vous la montrerai, à l'occasion.

Intrigués, les mages s’entre regardèrent. Ils continuèrent à suivre tant bien que mal les grandes enjambées de leur guide.

La maison du fameux Ton se trouvait à plus d'une heure trente de marche de chez Qent. Ils furent accueillis par un concert d'aboiement : deux chiens de berger montaient la garde autour du troupeau, près de l'habitation. Celle-ci était autrement plus sommaire que celle de Qent, mais la fumée qui s'échappait de sa cheminée lui donnait un air accueillant.

Ton ne put leur en dire plus que ce qu'ils ne savaient déjà. Il voulut les garder pour dîner, mais Qent dût fermement décliner l'invitation.

- Je refuse de les faire sortir trop longtemps après le coucher du soleil, avait-il déclaré. C'est trop dangereux.

- Trop dangereux ! Rigola Ton. C'est toi, le danger, avec ton espèce de machette démoniaque. Va dire ça au vieux loup !

- On ne sait jamais ce qui est dans l'ombre, riposta Qent. Les anciens nous l'ont toujours dit.

- C'est vrai. Bon, allez, remmène ces touristes en ville, avant que je me fâche. J'ai jamais d'invité, et quand j'en ai, tu me les chipes.


Le crépuscule était déjà flamboyant lorsqu'ils sortirent de la maison.

- Désolé, je pensais que Ton aurait pu nous être d'une plus grande aide, s'excusa Qent.

- Ce n'est pas grave, relativisa Wendy. Vous nous avez déjà appris pas mal de choses, aujourd'hui.

- Demain, je vous emmènerai voir les autres bergers. Vous êtes à l'hôtel, j'imagine ?

- Ouais, affirma Grey.

- Venez à la maison demain matin à la première heure, je serai prêt pour vous accompagner en montagne.

- Noté.

- Au fait, quelle heure est-il ? S'inquiéta subitement Carla, en regardant le soleil s'approcher de l'horizon.

- Il doit être dix neuf heures trente, affirma nonchalamment Qent.

- Quoi ? S'étouffa Grey.

- Hé, vous avez beaucoup traîné à table, et il y a une trotte entre la maison de Ton et la mienne.

- Mais le rendez-vous était à dix-huit heures devant l'hôtel ! Se lamenta Grey. On va se faire déchirer !

- Mais non, tempéra Qent.

- Erza est capable de nous mutiler ! Vous ne comprenez pas ! C'est un monstre ! S'exclama Grey, presque désespéré. On devait se retrouver à dix-huit heures devant l'hôtel …

- Vous ne risquez rien, ici, insista le berger.

Presque rassurés, les mages continuèrent leur descente. Le soleil disparut derrière la montagne, et le ciel s'assombrit. Quelques nuages s'amassaient sur l'horizon, mais le firmament était dégagé au-dessus d'eux. Les premières étoiles du soir commençaient à poindre dans la robe bleu foncée de la voûte céleste. La silhouette noire de la montagne se découpait encore assez nettement. Le moment était beau, et les mages en profitèrent en silence.

- Ça fait partie des avantages de travailler en montagne, expliqua Qent, en levant à son tour les yeux au ciel.

Il se tourna vers Grey avant d'ajouter :

- C'est un très bel endroit pour les balades en amoureux, quand il n'y a pas de loups dans le secteur.

Le jeune homme saisit immédiatement l'illusion, et soupira. Jubia, qui marchait près de lui, était trop occupée à admirer le ciel pour prêter attention à ce que Qent avait dit. Visiblement, elle ne se souciait plus tellement du châtiment qu'Erza allait leur infliger (pas plus que Grey ou Wendy, qui pensaient eux aussi à profiter de l'instant).


Il était près de vingt-et-une heures lorsque Qent les laissa en bordure des maisons.

- Bon, à partir d'ici, vous connaissez le chemin, et il n'y a pas de loups. On se retrouve demain matin, chez moi.

- Compris, déclara Grey.

Il prit la tête du groupe, et se dirigea vers le centre du village, où se trouvait l'hôtel. Chaque pas qu'il faisait lui remettait en tête le massacre qu'allait commettre Erza en les voyant arriver si tard.

- Où vont-ils être ? Demanda Carla.

- Encore au restaurant, à cette heure-là, estima le mage glacial. On ferait mieux de se dépêcher d'y aller.

En effet, l'autre groupe était bien au restaurant. Ils étaient tous assis près d'une des fenêtres de la façade, et la chevelure flamboyante d'Erza se démarquait par rapport aux autres.

- Si jamais on ne s'en tire pas vivants … Commença Grey, en approchant de la porte du restaurant. Je suis désolé, c'est de ma faute.

Et il entra. Les filles lui emboîtèrent le pas.

Dès qu'ils entrèrent dans la salle du restaurant, ils sentirent le regard incandescent d'Erza leur brûler la peau. Si la chevalière avait pu tirer des éclairs par les yeux, ils étaient persuadés qu'elle les aurait broyés sans hésitation avec les foudres de sa colère.

- C'est une heure pour rentrer, peut-être ? S'exclama Erza, mécontente, en fixant les arrivants.

Natsu et Happy étaient figés, leur fourchette à mi-chemin entre bouche et assiette. Ils étaient persuadés que la punition divine allait s'abattre sur Grey et son groupe, mais à peine si Erza leur avait tapé sur les doigts !

- Vous avez de la chance que la femme de votre guide soit venue nous voir, expliqua la chevalière. Sinon, j'aurais fait un massacre.

- Yaida ? Elle est venue ? S'étonna Jubia.

- Oui, on l'a croisée en montagne, alors qu'elle redescendait en ville, expliqua Lily. Par je ne sais quel miracle, elle a su que nous étions de la même guilde et affectés à la même mission. Alors, elle nous a expliqué que son mari allait vous guider dans la montagne pour trouver des indices, et que vous risquiez de ne pas rentrer de bonne heure. Surtout que, d'après elle, les bergers du coin ont la fâcheuse d'inviter à manger tout les invités qui passent par chez eux. Un genre de coutume locale, apparemment.

Plein de gratitude pour l'ancienne mage, Grey prit place, car des sièges leur avaient été réservés à côté de l'autre groupe. Un serveur arriva peu après pour prendre commande.

- Alors, vous avez avancé, de votre côté ? Demanda Lucy.

- Plutôt, ouais, commença Grey.

- D'après ce qu'on a pu comprendre, les traces étranges dans la montagne sont celles de loups géants qui viennent parfois dans la région, expliqua Carla.

- Des loups géants ? Ça existe encore, ça ? S'étonna Gajil.

- Appartement, ouais, lui répondit Grey. J'ai été étonné aussi, je pensais qu'on n'en trouvait que dans le nord, et encore.

- Et vous, vous avez trouvé des choses ? Demanda Wendy.

- Pas grand chose, dut avouer Erza. Dans l'après-midi, un type nous a abordés en pensant pouvoir nous neutraliser. Sans doute un des mages clandestins.

- Il était également de The Long Dark, on a vu son emblème, expliqua Happy. On a rencontré quelques gens de la ville qui se promenaient, ils n'ont rien pu nous apprendre de nouveau. Et après, on a croisé Yaida, la femme de votre guide ! Elle nous a tout expliqué.

- J'espère qu'on va vite avancer dans la quête, grogna Gajil. J'ai envie de frapper des gens.

- Tais-toi et mange ton dessert, ordonna Lily, qui avait dut supporter toute la journée des jérémiades de ce genre.

Une fois que les retardataires eurent fini de manger, tout le groupe quitta le restaurant, après qu'Erza soit allée alléger le compte de la guilde au comptoir de l'établissement.

- Comme d'habitude, dit la chevalière au moment de la séparation. Huit heure trente tapantes, aucun retard ne sera toléré. Vu ?

- On sait, dirent en chœur Natsu, Grey et Gajil.

Ils ne furent pas tristes de pouvoir enfin regagner leur lit, après une longue journée de marche en montagne. Une fois en caleçon, Grey se laissa choir sur son matelas, à demi sous la couette. Jubia et Wendy prirent tout de même le temps de passer par la salle de bains avant d'aller se coucher à leur tour.

En sortant de la salle de bain, le regard de Jubia s'attarda avec envie du côté de Grey, qui somnolait déjà. Elle mourrait d'envie de venir se blottir contre lui, et une petite voix dans sa tête l'y poussait. Mais sa raison était plus forte, et lui disait qu'elle ne méritait pas ces instants volés. Elle se glissa sous la couette avec Wendy, le cœur serré de rater une telle occasion. Elle faillit verser une petite larme, mais celle-ci se tarit derrière ses paupières : Wendy vint se blottir contre elle.


Le sommeil fut long à prendre Grey. Il était très pensif. Et aussi, dans une certaine mesure, il s'attendait à être rejoint incessamment sous peu par Jubia. Beaucoup de choses nouvelles lui avaient été révélées aujourd'hui, qui éclairaient la situation d'une lumière totalement différente. Le Pilgrim Snow, les loups géants, Forsaken Souls, Captio, Qent et son étrange machette … Cela faisait beaucoup à penser d'un coup pour le jeune homme. Au bout d'un moment, il se tourna sur le dos et resta immobile, fixant le plafond.

De même, Jubia ne trouvait pas le sommeil. Elle brûlait de l'envie de retourner près de Grey, mais sa raison l'en empêchait toujours. Cette étrange manifestation de gentillesse de la part du jeune homme ne pouvait être que de la pitié, et elle ne préférait pas la solliciter. Cependant, un petit grain de folie tapi en elle la poussait à le faire. Lorsqu'elle fut certaine que Wendy et Carla étaient profondément endormies, elle se déplaça jusque sur le bord du matelas, où elle resta en suspens un long moment, tout les muscles tendus. Elle tendit l'oreille tout ce temps, en quête de signes de vie de Grey. Comme il n'en donnait aucun, son courage se démultiplia, et elle se leva d'un bond. Sur la pointe des pieds, elle traversa l'espace qui séparait les deux matelas. Lentement, très lentement, elle s'assit sur le matelas qu'occupait Grey, pour ne pas le réveiller. Au moment très précis où son postérieur entra en contact avec la couverture, le mage glacial ouvrit les yeux brusquement, et fixa la jeune femme. Terrorisée, celle-ci faillit laisser échapper un petit cri, et courut se réfugier sous ses propres couettes.

- Tu peux venir si tu veux, je vais pas te violer ou je ne sais quoi, hein, marmonna Grey en se tournant vers le mur.

L'espace d'un court instant, Jubia faillit répondre que le terme de viol ne s'applique pas aux relations consentantes, mais elle parvint à se taire in extremis.

- Vous êtes sûr ? Enfin … Ça ne vous gêne pas ? S'inquiéta-t-elle.

- Si ça me gênait, je te dirai pas de venir.

Au même instant, une voix dans la tête de Grey lui demanda :

« Pourquoi tu fais ça ? Elle va encore se faire des films ! »

Ce à quoi l'authentique Grey répondit, toujours en pensée :

« ça m'est égal, j'en ai marre de la voir triste. Ça me rend triste aussi. »

La petite voix s'apprêtait à dire quelque chose, mais Jubia, au même moment, finit par avoir le courage de se lever et de venir rejoindre le jeune homme. Elle se glissa sous sa couverture, et vint se serrer dans son dos. Grey pouvait sentir contre ses propres mollets les jambes fines et lisses de Jubia, et le simple contact de leur peau à cet endroit suffit à l'exciter suffisamment pour augmenter l'activité de son muscle cardiaque.

- C'est marrant mais, j'ai dormi vachement bien, hier soir, dit le jeune homme au bout d'un moment. C'est rare que je dorme aussi bien, et pourtant, j'aime pas dormir avec les gens.

- Jubia aussi a bien dormi, hier soir, chuchota-t-elle. Mais si vous n'aimez pas dormir avec les gens, pourquoi laissez-vous Jubia dormir avec vous ?

- Parce que t'es pas n'importe qui, c'est tout. Dis-toi que c'est ma manière de te remercier pour ta gentillesse.

À demi vexée et à demi intriguée, Jubia se retourna, tournant le dos au jeune homme. Elle mit ses mains sous sa tête, et se mit dans l'idée de dormir. Quelques minutes après, elle sentit Grey se tourner derrière elle, se remettant ainsi dans le bon sens. Presque aussitôt, une main du jeune homme vint se poser sur le flanc de Jubia, qui manqua encore une fois de pousser un petit cri. Elle sentit également le souffle de Grey dans son dos, à mesure que celui-ci se rapprochait. Rassurée, elle posa une main sur celle du jeune homme, et l'incita à remonter en direction de son ventre. Ainsi installés, le sommeil leur vint à tout les deux, et à peu près en même temps. N'importe qui les aurait pris pour un petit couple heureux, et c'est la dernière pensée qui traversa l'esprit de Jubia avant qu'elle ne s'endorme.

Commentaire de l'auteur Nous voici donc à la moitié du récit ... Pourtant, plus j'avance, et plus j'ai d'idées ! Les deux prochaines parties risquent d'être longues ... En fait, je sens que ça va tout simplement devenir une fiction à part entière, que je puisse entrer dans la légalité x) J'espère que vous avez aimé, parce que la suite ne s'annonce pas aussi tranquille, il va y avoir de la baston ! Plus d'infos sur Twitter ! Pour ceux qui lisent également Memento Mori, sachez que le #56 ne devrait pas tarder ! Banzai !
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