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Amateurs de KPOP, cette nouvelle devrait vous plaire !
 par   - 784 lectures  - 2 commentaires [16 juin 2018 à 18:29:29]

Sur mashable FR une nouvelle a retenu mon attention :
L’anglais ne sera bientôt plus la langue universelle de la pop music

Il semblerait que le coréen devienne l'une des langues les plus écoutées au États-Unis avec l'espagnol.

 

Google et les données...
 par   - 417 lectures  - Aucun commentaire

Depuis quelques mois j'ai supprimé Google Analytics du site. J'y perds en analyse, mais gangne en vitesse et c'est un suivi de moins par Google.
Dès que Google a fourni un outil pour se conformer au RGPD j'y ai désactivé le suivi pour la personnalisation des pubs.

Ça signifie, par exemple, que vous ne devriez plus voir de pub correspondant à ce que vous regarder sur d'autres sites.

Le plagiat des livres, parlons-en
 par   - 610 lectures  - Aucun commentaire

Le plagiat des livres, parlons-en. Suite aux nombreuses affaires de plagiat dans lesquelles nous sommes intervenus avec Manon, je me suis dit qu’il serait important de vous en informer. Ce sujet touche autant les écrivains en herbes que les auteurs confirmés. Hélas, de nombreuses personnes ignorent les enjeux du plagiat. Dorénavant, vous serez informés. J’espère que vous ferez le nécessaire afin d’éviter que le plagiat continue à se répandre dans le futur.

Qu’est-ce que le plagiat ?

Tout d’abord, le plagiat est une faute d'ordre moral, civil ou commercial. Elle consiste à recopier ou à s’accaparer une oeuvre sans le consentement sur papier de l’auteur, ou de l’éditeur s’il y a, avec sa signature à l’appui. Un simple mail ne suffit pas. De plus, prévenir que l’oeuvre n’est pas la nôtre, car nous avons copié-collé le livre d’untel, c’est tout bonnement avouer un délit.

En d’autres mots, plagier, c’est copier/coller une oeuvre en modifiant ou non l’oeuvre originale (nom, sexe, univers…). Plagier, c’est aussi reprendre entièrement un scénario. De même que plagier, c’est traduire une oeuvre sans l’autorisation signée de son auteur original. En agissant ainsi, le plagieur contribue, inconsciemment ou non, à une faute juridique grave : un non-respect des droits patrimoniaux et moraux de l'auteur original. De ce fait, au risque de le répéter, le plagiat est considéré comme un délit. En s’y adonnant, le plagieur risque :

Selon le Code pénal :

L'article L122-4 du Code de la propriété intellectuelle prévoit que « Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque. »

Le plagieur risque :

○ 2 ans d'emprisonnement
○ 150 000 € d'amende pour dommage et intérêt
○ Peine civile voire même pénale si l'auteur qui en est victime a un bon avocat

De plus, les auteurs connus comme Gilles Legardinier ou Guillaume Musso, ont une certaine notoriété et emprise sur le marché du livre. Lorsqu’ils en publient un, les gens vont se ruer dessus. Ils connaissent leurs styles d’écriture et savent qu’ils ne seront pas déçus. Par conséquent, leurs oeuvres seront bien vendues. Si l’éditeur apprend que leurs écrits sont mis gratuitement à disposition sur un site, il ne va certainement pas apprécier. De ce fait, il peut attaquer le plagieur en justice. En raison d’un bon avocat, le verdict sera bien plus important que 150 000 € d’amende ou 2 ans d’emprisonnement.

Ce qu’il faut savoir sur les auteurs et le plagiat

L’auteur, connu ou non, choisi tout lorsqu’il écrit son histoire. Cela passe du nom des personnages, aux caractères et caratéristiques physiques en passant par les lieux, les nationalités, etc. Il passe du temps à mettre en place son scénario, à choisir ses mots, à écrire ses phrases. En somme, faire en sorte que ce soit cohérent. Cette phase d’invention et d'écriture peut aussi bien être courte que durer des années.

Imaginez seulement sa réaction lorsqu’il apprendra qu’un de ses lecteurs a tout bonnement repris l’histoire, pire, l’a déchiquetée en un temps record juste pour la reprendre, par exemple, avec son pairing favori. Ou juste simplement la faire partager à des lecteurs. Comparez trois ans de dur labeur et de stress à… cette misère.

De plus, si le livre a été traduit, copier/coller le travail du traducteur, c’est aussi le voler. Le plagier. Pour rappel, le travail d’un traducteur c’est de de comprendre le sens qu'a voulu donné l'écrivain à sa phrase et la retransmettre au mieux dans sa langue à lui, garder la cohérence. Ça prend du temps.

Par contre, nous ne pouvons rien faire lorsqu’une oeuvre, comme par exemple, Alice aux pays des merveilles, se trouve sur un site gratuit. Ou toute autre oeuvre ancienne. L’histoire devient un bien public 70 ans après la mort de l’auteur.

En résumé

Généralement, lorsque nous souhaitons partager une oeuvre que nous avons appréciée, le plus simple est d’en parler, par exemple, à la fin d’un chapitre. Vouloir la partager en la copiant-collant, non. Même si l’auteur ne répond pas au message. Je dis ça, parce qu’une personne m’a répondu ainsi. De plus, lorsque nous citons un auteur, nous devons le mettre avec les guillemets et la référence bibliographique. Cela se rapporte à des bouts de lignes, et non à un livre entier.

Pour rappel, Wattpad et Fanfic-fr avaient lancé leur site pour que les auteurs fassent connaître leur oeuvre. Et non celle d’un autre.

Maintenant que vous le savez, j’espère que vous ferez le nécessaire afin d’éviter cela. Prévenez-moi en cas de doute. J’interviendrai pour en informer le plagieur. S’il ne souhaite pas supprimer l’histoire plagiée (oui, il y a des gens têtus et immatures), j’inviterai les administrateurs à s’en occuper.

Au nom du respect, je vous en prie.

STOP AU PLAGIAT
(#contreleplagiat)

Petites informations supplémentaires :

○ Sachez que si le plagieur écrivait ses propres fictions, je ne l’empêche absolument pas de les continuer. Au contraire. Mais, il doit supprimer l’oeuvre plagiée.

○ De plus, je n’ai rien contre les personnes imaginant d’autres personnages lorsqu’elle lise un livre, avec par exemple, leur pairing favori. Néanmoins, elles n’ont pas le droit de reproduire leur envie, à moins de s’inspirer de l’oeuvre pour écrire leur fanfiction.

Le Discord de la Ligue des Chroniqueurs vous ouvre joyeusement ses portes !
 par   - 843 lectures  - 1 commentaire [21 mai 2018 à 22:43:44]

Bonjour à toutes et à tous !

Je suis Etsukazu, un humble auteur de fanfictions du fandom Naruto, et je viens vous annoncer que le groupe Discord de la Ligue des Chroniqueurs, formé il y a quelques mois, s’ouvre officiellement à la communauté de Fanfic-Fr.

Envie de discuter avec les auteurs de vos fandoms favoris ? Ce groupe est fait pour vous.

Naturellement, vous vous demandez aussitôt tous ce qu’est un groupe Discord (Non ? Mince alors !), mais surtout, qu’est-ce que la Ligue des Chroniqueurs ? Laissez-moi donc vous répondre dans l’ordre.

Discord est une plateforme de discussion instantanée dont l’interface permet des discussions écrites élaborées aussi bien que des discussions vocales. Cette application est très utilisée par les communautés de joueurs de jeux vidéo, quels que soient leurs genres, et elle a été conçue principalement pour eux – en premier lieu – toutefois, son utilité ne se cantonne pas à eux. Effectivement, elle est utilisée par beaucoup de monde, et il se trouve que la Ligue des Chroniqueurs l’utilise également.

La Ligue des Chroniqueurs, quant à elle, est une petite communauté – de 160 membres actuellement – qui regroupe de nombreux auteurs publiant sur Fanfic-Fr comme sur fanfiction.net, ainsi que les lecteurs qui souhaitent venir s’exprimer et échanger autour de notre passion commune qu’est la fanfiction.


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Les Editions du Flamant Noir cherche de nouveaux Talents
 par   - 848 lectures  - Aucun commentaire

Plumavitae s'associe avec Flamant Noir Editions

Plumavitae.co, vous vous souvenez ? Si non, rendez-vous sur plumavitae.co !
Mais ce n'est pas le sujet ! Nous avons le plaisir de vous annoncer notre partenariat avec Flamant Noir Editions, une maison d'édition exigeante consacrée au polar, le thriller ou encore le roman noir.

A partir du 2 mai 2018, grâce à Plumavitae, Flamant Noir Editions rouvre la réception des manuscrits par internet ! Auteur(e) de Thriller, de Polar ou de Roman Noir ? Envoyez-nous votre manuscrit !

Conditions d’envoi :

- Envoyez votre projet à cette adresse : manuscrits.flamantnoir.ed@gmail.com
- Votre manuscrit doit être cohérent avec la ligne éditoriale des Éditions Flamant Noir (plus d'infos sur http://editions-flamant-noir.com/)
- Adressez-nous au maximum les 50 premières pages de ton écrit (soit 37000 mots), accompagnées d’une présentation générale de vous et de votre projet

Alors, à vos claviers et que la Plume du Flamant Noir soit avec vous !


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Concours d'écriture by Shaku #1
 par   - 1184 lectures  - Aucun commentaire

Bonjour, je vous propose un concours d'écriture dont les règles sont plutôt simple. Je répondrais à toutes vos questions si vous en avez.

Par contre, sachez avant toute chose que je m'excuse envers les personnes n’habitant pas en France. Je ne peux accepter votre texte, car je ne pourrais pas financer les frais de port si jamais vous gagnez un lot... Cependant, vous pouvez participer si vous ne souhaitez rien gagner !

Le principe de ce premier concours

• Ce concours est anonyme.
○ Les participants m'enverront leur texte par mail en PDF à cette adresse (morganeperro@outlook.fr)
○ Titre du mail : Prompt#1 + Titre de leur fiction + n° du prompt
○ Le titre de leur fiction devra être au-dessus du corps du texte. Ce nombre de mot ne sera pas compris dans la limite autorisée.

• Écrire une fiction entre 3000 et 10 000 mots sur la base d’un prompt choisi au préalable à partir du 15 avril sur le document google indiqué en bas de la page.
○ Le prompt choisi doit être libre au moment de la réservation. Dans le cas contraire, choisissez un autre prompt où il n’y a pas marqué (réservé par « nom »)

Mais… qu'est-ce qu'un prompt ?
• Un prompt c’est un petit plan ou idée de quelques lignes pour écrire une fiction. On remplace aussi "A", "B", ect, par le nom du personnage.

○ Exemple :
• A et B se promènent dans la forêt et se font téléporter par des extra-terrestres. Comment vont-ils s'en sortir sans que ces monstres ne décident de copuler avec eux ?


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Animes-Mangas

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Fairy Tail

Memento Audere Semper
[Histoire Terminée]
Auteur: Linksys Vue: 1963
[Publiée le: 2014-10-25]    [Mise à Jour: 2015-01-03]
R  Signaler Romance/Humour/Action-Aventure/Amitié Commentaires : 8
Description:
[Souviens-toi que tu dois toujours oser.]

/! "ONE SHOT" EN 4 PARTIES /!
Grey et Jubia. Jubia aime Grey, mais en va-t-il réciproquement ? Le temps d'une mission, que va-t-il se passer ? En voilà le récit !

NEWS 07/12 : Ajout de liens YouTube cliquables au début de chaque partie, ce sont les OST et musiques qui m'ont inspiré le déroulement du récit !
NEWS 01/02 : J'en profite pour vous annoncer la mise en chantier d'un chapitre bonus qui devrait paraître d'ici la fin du mois :3 Banzai ! o/
NEWS 01/06 : Déjà 1000 vues, alors que le compteur était aux alentours de 800 quand j'ai terminé cette histoire ... Merci !

♦ AVANCEMENT :
Chap. bonus : ~10% (sortie prévue : pendant les vacances de la zone B)
Crédits:
L'univers et les personnages sont la propriété d'Hiro Mashima, exception faite de certains personnages de ma création. Les musiques proposées à l'écoute sont la propriété de leurs auteurs respectifs : Daft Punk, Yoko Kanno, Steve Conte, Raj Ramayya, Coldplay, Maaya Sakamoto, Adele et K'naan.
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Pt. 1 : Heaven's not enough

[13976 mots]
Publié le: 2014-10-25Format imprimable  
Taille du Texte: (+) : (-)
Commentaire de l'auteur Première partie du one-shot en 4 parties sur Grey et Jubia. Beeeaaauuucoup de lecture. Bonne lecture ! Mais d'abord, lisez ce petit préface !
Memento Audere Semper (ceux qui me connaissent noteront l'originalité de ce nouveau titre), qui signifie "souviens-toi que tu dois toujours oser." est mon premier récit Fairy Tail avec pour sujet Grey et Jubia, aussi y ai-je consacré beaucoup de temps et d'énergie qui auraient dû revenir à Memento Mori (ce pourquoi j'autorise ceux qui me connaissent à me blâmer). J'écris ce préface dans le simple but de vous avertir sur le contenu qui va suivre, et notamment sur la chronologie par rapport à l'histoire officielle de Fairy Tail. Je n'ai pas décidé du placement chronologique précis de cette histoire, mais considérez qu'elle se déroule au moins deux ou trois ans après la coupure de sept ans, à une époque calme pour les personnages du manga. De plus, le récit que vous vous apprêtez à lire n'est nullement le récit de la naissance de sentiments, mais plutôt le récit de l'accomplissement de voeux réciproques, et vous devez considérer que Grey et Jubia sont réciproquement attirés dès le début du texte (bien qu'en des mesures et des manières totalement différents). A l'heure où j'écris ces lignes, le récit est un one-shot faisant 23 pages et pas moins de 14 000 mots.

Linksys, le 23/10/2014

PART. 1 : Heaven's not enough


Le temps était clair et frais, le ciel était bleu et limpide. Le printemps s'étendait sur Magnolia, après un hiver trop rude. La matinée était bien avancée, et les rues étaient emplies d'une effervescence inhabituelle. Un seul sujet de discussion avait cours, que ce soit entre mères de familles, ouvriers au travail ou amis au café. La guilde de Fairy Tail allait tout simplement célébrer le mariage de deux de ses mages, événement rare et magique qui ne s'était pas produit depuis des années - et qui marquait immanquablement toute la jeune génération de Magnoliens. Les préparatifs de la guilde elle-même (savamment orchestrés par Mirajane et Erza) avaient duré près de deux semaines dans le plus grand secret, jusqu'à ce qu'une malencontreuse fuite d'informations n'aie lieu. De fait, toute la ville sut qu'elle était invitée avant même l'impression des avis, ce qui fort dommageable à l'impresseur. Et le dispositif déployé pour l'occasion valait la peine d'être vu.

La cérémonie officielle serait célébrée en la Cathédrale de Kardia, en comité restreint (autrement dit, seuls les mages de la Guilde et quelques invités triés sur le volet). Ensuite, pour la forme, serait donnée une cérémonie au pied du quartier général, ouvert à tous les habitants de la ville, qui serait suivie d'un immense banquet à ciel ouvert, également ouvert à tous. Grâce à l'aimable participation du maire et des services municipaux, le banquait aurait lieu dans la grande avenue centrale menant au quartier général de la guilde, aménagée pour l'occasion. Toute la semaine, un flux ininterrompu de provisions avait empli tout les entrepôts de la guilde, et les stocks de la plupart des producteurs de nourriture quelconque dans un rayon de quinze kilomètres étaient dévalisés, ainsi que les caisses, au grand dam du Maître.

Et il ne s'agissait pas du mariage de n'importe qui. En ce jour, deux âmes liées allaient s'unir, deux âmes dont la destinée était liée depuis toujours, et qui n'avaient fait que s'approcher depuis leur rencontre. En ce jour, Melle Jubia Lockser allait devenir Mme Jubia Fullbuster, après de nombreuses années de cohabitation de moins en moins forcée.

Les mages de Fairy Tail étaient absolument tous plongés dans les derniers préparatifs, jusqu'aux dernières recrues. Çà et là, on disposait pots de fleurs, banderoles et autres décorations. Les plus éminents membres de la guilde, eux, étaient attelés à des préparatifs tout spéciaux. Bien sûr, les mariés, chacun de leur côté accompagnés de leurs garçons et demoiselles d'honneur, mais également Makarov, qui, en tant que Maître, allait présider aux cérémonies ainsi qu'au banquet (et, par la même occasion, célébrer un nouveau mariage entre deux de ses protégés).

Jubia avait déjà choisi depuis longtemps sa robe de mariée, mais au moment fatidique de devoir s'y glisser, il lui fallut bien le soutien conjugué de Lucy, Erza et Mirajane pour ne pas fondre en larmes. L'événement était tant attendu qu'elle ne s'y était toujours pas faite.

Soudainement, alors que Lucy l'aidait à fermer le dos de la robe, une sonnerie stridente fendit l'air. Ahurie, Jubia regarda dans toutes les directions, ayant trop peur de comprendre. Puis, elle se réveilla.

Tout cela n'avait été qu'un rêve, le même qui la hantait assez régulièrement depuis plus d'un an, depuis qu'elle aimait Grey. Elle avait imaginé – et rêvé très souvent – dans les moindres détails la cérémonie de mariage. Le réveil-matin, réglé à six heures trente, y avait impitoyablement mis fin, et plus tôt que ce qu'elle aurait aimé. Habituellement, ce rêve durait au moins jusqu'au baiser. Dépité, elle mit fin à la sonnerie, puis se renfrogna et s'enroula dans ses couvertures, tournant dos à l'instrument de torture qui dispensait ses chiffres d'un vert criard. Elle commença à bouder, et en serrant ses couvertures contre elle, en pensant qu'il s'agissait de Grey, faillit verser une larme. C'était trop souvent comme ça, le matin. Certes, elle était toujours contente de se lever pour aller travailler, mais elle était toujours et encore seule, et être seule commençait à peser de plus en plus lourd sur son humeur. Prise d'un accès de courage inattendu, elle se leva, et marcha jusqu'à la fenêtre de sa chambre, dont elle ouvrit les rideaux.


Comme dans son rêve, le temps au dehors était clair et dégagé. Cette vision du monde lui redonna espoir. Elle se planta devant son armoire, et quitta son pyjama pour des habits plus aptes à l'extérieur. Une fois prête, elle quitta sa chambre du dortoir de Fairy Hills, et se dirigea vers l'escalier d'un pas traînant. Comme d'habitude, elle y croisa Levy, qui, non contente de dormir au même étage, se rendait également à la guilde à la même heure que Jubia – c'est-à-dire dès l'ouverture du hall. Ainsi, les deux jeunes femmes faisaient très régulièrement l'allée du matin ensemble, parfois suivies par Erza ou Bisca, si elles se levaient à l'heure.


Il était aux alentours de sept heures vingt quand elles arrivèrent aux abords de la guilde. Les rues alentour étaient désertes, mais un bourdonnement d'activité s'entendait déjà aux abords du hall. Et, en effet, il y avait déjà plus de mages qu'à l'accoutumée, de si bonne heure, ce qui représentait un fait exceptionnel. Jubia sentit son cœur se comprimer quand Grey passa dans son champ de vision en caleçon, courant après Natsu qui lui avait vraisemblablement dérobé ses habits.

- Heureusement pour eux qu'Erza n'est pas encore arrivée, soupira Reby.

- Oui, heureusement, renchérit Jubia.

Remarquant l'arrivée des deux magiciennes, Mirajane qui finissait d'ordonner le bar, dit au maître :

- Jubia est arrivée, maître !

Makarov somnolait à demi, assis sur le bar et accoudé à son bâton. Réveillé par la barmaid, il secoua la tête et émit un étrange babil pâteux avant de comprendre de quoi il en retournait.

- Ah, la voilà ! Ce n'est pas trop tôt ! Dit-il, en sautant agilement jusqu'à terre, tenant son couvre-chef d'une main.

Avant de reprendre, d'une vois forte :

- Natsu ! Grey ! Cessez de vous battre ! Reby ! Réveille Gajil, il dort dans un coin !

Les deux zouaves cessèrent aussitôt toute dispute, tandis que la jeune magicienne se plia bien volontiers à la tâche qui lui était confiée.

- Jubia, nous t'attendions ! S'exclama le maître, en s'avançant vers elle.

Ne comprenant pas très bien ce qui se passait, l'interpellée resta immobile, dans l'expectative.

- Nous ne t'avions pas prévenue pour aujourd'hui ? S'interrogea Makarov à voix haute.

- Non, maître, vous avez encore oublié ! Le héla Mirajane depuis le bar.

- Ah, eh bien tu m'en vois désolé ! Aujourd'hui, et bien que cela ne me réjouisse guère, j'ai décidé, sur les conseils de Gildarts et d'Erza, d'envoyer en mission une équipe d'une composition ... nouvelle.

Son expression mortifiée montrait bien qu'il craignait plus que tout de nouveaux ravages, mais la décision avait déjà été prise, et il devait s'y tenir.

- Ainsi donc, j'ai décidé d'affecter à une seule et même mission les mages suivants : Natsu Dragneel, Grey Fullbuster, Wendy Marvel, Gajil Redfox et Jubia Lockser ! Ainsi qu'Happy, Carla et Lily, pour ne vexer personne. Cinq éléments différents. Vous formerez la toute première équipe complémentaire de la guilde ! S'exclama Makarov. Prions pour que vous ne détruisiez pas de pays, à vous huit, ajouta-t-il à voix basse.

Tout les mages susnommés avancèrent et se regroupèrent devant le maître, au milieu du hall.

En réalité, ce petit discours avait été simplement pour la forme, car seules Wendy, Carla (qui n'étaient pas encore arrivées) et Jubia n'avaient pas encore été mises au courant. Cette dernière n'en montra rien et resta impassible, mais ce cadeau de Noël anticipé était fort bienvenu. Il y avait longtemps que Grey et elle n'avaient pas pris part ensemble à une mission.

- Avant toute question, je vais vous lire l'annonce de la quête à laquelle je vous assigne ! Déclara le maître, en trottant jusqu'au tableau des requêtes.

En sautillant avec difficulté, il attrapa un des bouts de papiers, avant de se hisser sur une chaise pour le lire. Le silence total se fit dans l'assemblée, et un quart de centaine de visage se tournèrent vers lui.

- Votre mission se déroulera aux alentours du Mont Yakobe, où d'étranges événements ont été observés récemment. La situation est cependant suffisamment préoccuppante pour que l'ordre de mission émane directement d'un émissaire du Roi. Cependant, nous manquons d'informations claires et directes. Dans un premier temps, vous allez donc devoir mener votre propre enquête, avant d'agir en conséquence pour rétablir le calme dans la région.

- C'est super simple ! S'exclama Natsu, déjà prêt à en découdre.

- Je te vois venir, toi ! Rétorqua aussitôt le maître. Essayez de faire le moins de dégâts possible ! Agissez dans l'ordre et la discipline !

- On essaiera, répondirent-ils tous en choeur, à l'exception de Natsu, qui semblait bouder.

- C'est toujours pareil, maugréa-t-il. On n'a jamais le droit de s'amuser ...

- T'en fais pas, mon vieux, on aura bien l'occasion de botter le cul d'un ou deux mages maléfiques, j'en suis sûr, lui dit Grey pour lui remonter le moral.

- C'est ton cul que je vais avoir envie de botter ! Répliqua la salamandre, toute prête au combat.

À l'arrière, Jubia trépigna d'impatience. Grey se mettait toujours torse nu pour le combat, et voir Grey torse nu lui provoquait toujours un effet indescriptiblement agréable. Elle ne put contrôler la délicate teinte rosée qui s'empara de ses joues pâles, quand le mage glacial croisa son regard.

- Le départ a lieu à la gare de Magnolia dans une heure ! Tonitrua Makarov, pour bien se faire entendre par-dessus les imprécations que se lançaient les deux rivaux. Vos billets ont été payés par la guilde et des places vous ont été réservées mais le train ne vous attendra pas ! Alors vous feriez mieux de bouclez vos valises avant d'être en retard. La mission durera sans doute plusieurs jours, c'est pourquoi je vous ai réservé des chambres dans un hôtel proche.

Jubia n'avait pas prévu cela, et toutes ses affaires étaient restées dans sa chambre, au dortoir. Affolée, elle se demanda si elle aurait le temps de retourner à sa chambre, de préparer ses affaires puis de revenir. L'instant d'après, elle eut une vision d'elle et de Grey "contraints" de partager une seule et même chambre d'hôtel. Son coeur s'emballa à cette simple idée, et ses joues prirent une belle couleur pivoine, qui n'échappa pas au regard acéré de Mirajane.

- Jubia ? Tu est malade ? Demanda-t-elle, avec toute la bonne volonté du monde. Tu devrais rester ici, surtout pour une mission qui va se dérouler dans la neige.

Tout les regards se tournèrent vers la soi-disant malade, qui démentit de toutes ses forces :

- Non, non ! Jubia n'est pas malade, ne vous inquiétez pas ! C'est juste qu'il fait ... Un peu chaud, c'est tout !

- Tant mieux, conclut Makarov. Il serait dommage qu'un des piliers de l'équipe soit indisponible juste avant le départ en mission ! Allez ! Rendez-vous dans une heure à la gare !

Avant que tout le monde ne se disperse, le maître héla Jubia et courut jusqu'à elle.

- Tu retournes chercher tes affaires à Fairy Hills, je me trompe ?

- C'est exact, Jubia va se préparer.

- J'aimerais que tu réveilles Wendy et que tu la préviennes du départ en mission, en passant. J'ai comme l'impression qu'elle a raté le réveil.

- Wendy occupe la chambre 127, au dernier étage, précisa Mirajane.

- D'accord, Jubia y pensera.

Puis elle s'éloigna, dans un froufrous de jupes blanches et bleues.


Tout compte fait, elle emporta moins d'affaire que ce qu'elle pensait prendre au début. Une fois sa valise bouclée (qui pesait tout de même un poids honorable), elle quitta sa chambre et ferma à clef, avant de se diriger vers la cage d'escalier et de monter jusqu'au dernier étage. Là, elle avança à pas feutrés dans le couloir, pour ne réveiller personne, jusqu'à trouver la porte où le chiffre "127" était inscrit, en lettres d'or. Bien entendu, c'était également fermé à clef. Aussi, Jubia dut-elle tambouriner énergiquement à la porte pour tenter de réveiller la jeune chasseresse de dragons. Et encore, ce fut Carla qui, la première, émergea et vint voir au judas de la porte.

- Jubia ! Sais-tu quelle heure il est ? Maugréa-t-elle, en découvrant le visage impassible de celle qui avait osé troublé son sommeil.

- Jubia sait qu'il est tôt, mais c'est le maître qui l'envoie vous réveiller. Le maître vous a désignées pour partir en mission avec Natsu, Grey-sama, Gajil et Jubia. Il faut se dépêcher.

- Mais c'est une catastrophe ! On va être en retard ! S'exclama silencieusement Carla. Je vais réveiller Wendy !

Après de longues minutes d'effort, elle parvint enfin à tirer sa maîtresse du sommeil, qui, encore mal réveillée, vint ouvrir à sa visiteuse d'un pas hésitant.

- On part en mission ... C'est ça ? Demanda la jeune fille en baillant.

- Oui, Jubia a été envoyée pour vous chercher. Il faut être à la gare à neuf heures et demie, soit dans trois quarts d'heure.

- Quoi ? Mais on n'aura pas le temps ! Il faut vingt minutes pour aller d'ici à la gare, je n'ai pas déjeuné et je suis encore en pyjama !

- Jubia va vous aider, dit celle-ci en soupirant et en posant au sol sa valise.

- Ce ... C'est pas nécessaire, tu sais, répondit Wendy, gênée.

- Jubia insiste. Sinon, elle et vous seront en retard.

- Elle a raison, renchérit Carla.

- Bon, puisque vous insistez ...

Pour gagner du temps, Jubia et Carla l'aidèrent à s'habiller et à préparer sa valise.

- Je n'ai pas pris de petit-déjeuner ... Marmonna la jeune fille, en finissant de boutonner son chemisier.

- Pas le temps, la pressa son aide improvisée. Jubia vous achètera un croissant sur la route.

Ce disant, elle se dirigea vers la porte, où Carla les attendait déjà.

- Pressons, mesdemoiselles, dit-elle en tirant le battant.

- J'arrive, dit Wendy en empoignant à deux mains sa valise par la poignée.

Jubia se saisit de la sienne, et franchit le seuil.

Une fois dehors, elles se pressèrent, et en chemin, s'arrêtèrent dans une boulangerie-pâtisserie que Jubia appréciait tout particulièrement. Une fois les viennoiseries en main, elles reprirent leur route au pas de charge, en direction de la gare. Le train partait précisément à neuf heures trente-deux, et elles arrivèrent à neuf heure trente-et-un, essoufflées, alors que Wendy enfournait les dernières miettes de son petit déjeuner.

- Eh ben ! Pas trop tôt ! S'exclama Grey, qui les attendait devant le wagon.

- Grey-sama ... Vous êtes seul ? Fit remarquer Jubia.

En effet, il était le seul du groupe sur le quai.

- Ouais, vu que vous mettiez du temps à arriver et que les autres en avaient marre d'être debout, j'ai préféré rester dehors pour vous attendre. S'agirait pas de partir sans presque la moitié du groupe

Il fit un signe de tête en direction du wagon. Derrière les vitres, elles purent voir les autres membres du groupe, dont Natsu, qui s'étalait déjà contre la vitre de la voiture avant même le démarrage du train.

- Allez, montez, je m'occupe des valises, dit Grey, dans un élan de galanterie.

- Merci ! Répondit Wendy, qui s'éloigna vers le wagon.

Jubia, elle, resta figée un court instant, n'ayant pas compris que le mage glacial lui proposait son aide à elle aussi.

- Reste pas plantée là, tu vas rater le train, sinon, plaisanta le jeune homme en s'avançant vers elle.

Leurs mains se touchèrent lorsqu'il se saisit de la poignée de sa valise, et ce contact rebrancha le cerveau de Jubia, qui recommença à penser. Grey posa une main sur son épaule gauche, et la fit avancer jusqu'à la plateforme du wagon. Elle était comme paralysée. Non seulement il lui proposait son aide mais en plus il la touchait volontairement, et à deux reprises. C'en était trop pour la jeune femme, qui se débrancha à nouveau dès qu'elle fut assise sur la banquette où il restait de la place. Cependant, lorsque Grey se dressa sur la pointe des pieds pour mettre les valises dans le porte-bagages, la veste noire et le tee-shirt blanc de celui-ci se relevèrent juste assez pour permettre à Jubia de deviner dans l'ombre les abdominaux du jeune homme. Elle frôla l'évanouissement, jusqu'à ce que le responsable de ses péripéties ne vienne s'assoir à côté d'elle, car c'était la dernière place du compartiment qu'ils occupaient. C'était un grand compartiment de première classe, conçu pour huit personnes. Natsu et Gadjil s'étaient installés sur la première banquette, prêts à se vomir dessus dès le début du trajet. Happy et Panther Lily étaient assis entre eux. Par sécurité, Wendy et Carla s'étaient installées sur la banquette d'en face, bientôt rejointes par Jubia et Grey.

- À quelle heure est prévue l'arrivée ? Interrogea Carla.

- C'est un train à vapeur qui dessert de nombreuses gares. On arrivera à Hakobe-ji vers midi.

- C'est long ! S'exclama Natsu, dépité.

- Le Mont Yakobe est à plus d'une centaine de kilomètres et nous ne sommes pas dans un train à grande vitesse, je te rappelle, dit Grey. Surtout que c'est un train qui s'arrête souvent.

Natsu se renfrogna dans son siège, et remonta son écharpe jusque sur son nez.

- Lucy et Erza ne viennent définitivement pas avec nous ? Demanda Wendy. C'est la première fois depuis longtemps que vous partez en missions sans elle, Grey, Natsu !

- Ouais. Lucy est pas au courant, et Erza a préféré rester à la guilde pour s'occuper d'autres missions pendant notre absence. Et puis, c'est en partie son idée, cette mission de groupe.

- Justement, je me demandais, quelle folie a pris le maître de monter une telle équipe de brutes ? S'enquit Carla.

- Fais attention à ce que tu dis ! Grogna Gajil.

- Il m'a dit qu'il avait envie de voir le potentiel coopératif d'une équipe composée de mages maîtrisant des éléments complémentaires, expliqua Grey, qui visiblement était le seul à être correctement informé sur la mission. Le feu, l'air, le métal, la glace et l'eau. Je le comprends, dans un sens, mais c'est clair qu'avec des énergumènes comme ces deux-là (il fit un signe de menton vers la banquette opposée), le maître a du souci à se faire.

Peu après la fin des explications du mage glacial, une voix féminine retentit dans les hauts-parleurs de la gare, annonçant le départ du train. Aussitôt, un long sifflement strident déchira l'air, et le train se mit en branle, lentement mais sûrement. À peine était-il sorti de la gare que Natsu et Gajil pâlissaient déjà.


Jubia sentit bien assez vite la fatigue la rattraper, alors qu'ils n'étaient en route que depuis une dizaine de minutes. Elle faisait tout son possible pour rester droite, car la gravité émise par Grey l'attirait inlassablement vers lui, et elle ne pouvait s'y soustraire. Du moins, tant que leur regard ne se croisait pas, elle parvenait à garder sa contenance et une couleur de joues raisonnable.

Soudainement, une idée lumineuse traversa l'esprit du mage glacial.

- Quelqu'un a un jeu de cartes, ici ? Demanda-t-il.

- Moi ! Répondit Happy, en posant sur la table le poisson qu'il dégustait.

Il posa son petit baluchon à côté de son encas et en tira un paquet de cartes à jouer aux couleurs de la guilde.

- Qui veut jouer aux cartes, en attendant ? Demanda alors Grey à l'assemblée, soucieux de briser l'ennui.

- Moi ! Répondit aussitôt Wendy, heureuse de constater qu'elle pourrait faire autre chose que regarder le paysage défiler.

Carla se porta volontaire aussi, mais manifesta moins d'intérêt. Happy suivit. Grey balaya des yeux le reste du compartiment. Natsu et Gajil étaient trop malades pour garder les yeux ouverts, et Lily somnolait à côté de son maître. Ne restait plus que Jubia. Il se tourna vers elle avant de constater qu'elle somnolait également, la bouche entr'ouverte et une expression béate sur le visage.

- Jubia ? Hé, Jubia ! Dit-il en la secouant juste assez pour la tirer de ses rêves.

Étourdie, elle mit un instant à comprendre que c'était Grey qui l'avait réveillée.

- Tu veux jouer aux cartes avec nous ? Proposa-t-il.

- Jubia ... Jubia ne sait pas jouer ... Bredouilla la jeune femme, rougissante.

- Pas grave, c'est simple. On t'apprendra.

- Moi non plus, je ne sais pas très bien, dit Wendy à ce moment, suivie par Carla.

- Eh bien, il semblerait qu'il n'y aie qu'Happy et moi qui connaissions les règles.

- Ça dépend de quel jeu on parle ! Répliqua le matou. Je sais jouer à la bataille, moi !

Se sentant désespérément seul, le mage glacial maugréa :

- Je suis donc le seul ici qui sache jouer aux cartes, à part les deux zouaves qui dorment ... Je sens qu'on va s'amuser. Eh bien ...

Se voir apprendre quelque chose par Grey, ne fut-ce qu'un jeu de cartes, plongeait Jubia dans une excitation comparable à celle d'une petite fille la veille de Noël.


Agrémenté de nombreuses parties de cartes – les élèves de Grey apprirent très vite, surtout Jubia, pendue à ses lèvres – le voyage se déroula sans encombre, si ce n'est que près de la fin du trajet, Natsu et Gajil furent pris d'une envie synchronisée de vomir, qu'ils épanchèrent en se penchant l'un après l'autre à la fenêtre du wagon. L'arrêt du train au terminus de la gare fut salvateur pour les deux chasseurs de dragons, qui ne furent que trop heureux de pouvoir enfin se tenir sur un sol ferme et stable. Au contraire de Jubia, qui était dépitée que ce moment privilégié avec Grey-sama se termine aussi vite (alors qu'ils avaient passé près de deux heures à jouer aux cartes). Pour ne pas encombrer le couloir du wagon, qui était déjà engorgé par les voyageurs souhaitant descendre, ils firent descendre les bagages par la fenêtre. Une fois tous regroupés à quais, Grey sortit l'avis de mission de la poche de sa veste.

- Bon, première étape, nous allons à l'hôtel. On enquêtera plus facilement sans se trimballer toutes nos valises.

Tout le groupe manifesta son accord, et se dirigea d'un seul mouvement vers la sortie de la gare d'Hakobe-ji, qui n'était qu'un petit bâtiment.

Il s'avéra que la ville elle-même n'était pas très grande, et il ne fut pas très difficile de trouver l'hôtel. C'était une vieille bâtisse de pierre et de bois, qui se dressait non loin de la place centrale, et qui arborait un grand écriteau avec le nom de l'établissement. Une fois dedans, ils se présentèrent à l'accueil, et déclinèrent leur identité.

- Ah, les mages de Fairy Tail ! S'exclama leur interlocuteur, un homme de petite taille, de derrière le comptoir. Je vous attendais.

Il quitta son poste en se frottant les mains.

- Venez, suivez-moi, n'ayez pas peur, marmonna-t-il en trottant allègrement vers la cage d'escaliers, qui se trouvait au fond du hall.

De fait, le hall était assez spacieux et lumineux, et bien meublé.

- Deux chambres pour une durée non encore déterminée, c'est bien cela ? S'enquit le patron, à mi-chemin du premier étage.

- C'est exact, confirma Grey, qui marchait juste derrière, suivi de près de Jubia puis de Wendy. Deux chambres.

- Je vois, je vois ... Très bien ...

Et ils reprirent lentement leur progression.

- Avancez, devant ! Tonitrua Natsu, qui se trouvait à l'arrière, avec une bonne partie des bagages sur le dos (en réalité, seuls ceux de Wendy et les siens)

- On peut pas aller plus vite que la musique ! Répliqua Grey. Moi aussi je porte plus que ma part, et je hurle pas pour autant !

- Quel gentleman ! S'exclama Happy, en voletant au-dessus d'eux. Grey, tu comptes devenir le porte-bagages officiel de Jubia ? C'est beau, l'amour !

À cette évocation, la jeune femme devint rouge comme une tomate, et le mage glacial s'énerva.

- La ferme ! Espèce de sale ... chat !

- Natsu ! Il m'a insulté ! Dit le félin en voletant vers son maître.

- Bien joué, lui chuchota celui-ci à l'oreille, avec un clin d’œil. T'as bien retenu ton texte !

- Bon, on n'a pas toute la journée, maugréa Grey, en posant le pied sur le palier du premier étage.

- Vos chambres sont au deuxième étage, leur dit le patron, qui avait déjà une volée de marches d'avance.

Jubia avait vite fait le calcul. Puisqu'il y avait deux chambres, selon toute logique, Wendy, Carla et elle-même en partageraient une tandis que les mâles iraient s'entasser dans l'autre. Alors que, tout au long du trajet, elle avait secrètement rêvé de pouvoir dormir dans la même pièce que Grey. Son espoir venait impitoyablement d'être réduit en miettes, quand soudainement, un nouvel espoir se mit à luire, et pas par là où elle s'attendait.

En arrivant à l'étage où se trouvaient leurs chambres, le patron leur donna les numéros, puis redescendit à ses occupations. C'est alors qu'une interrogation vint à l'esprit du mage glacial.

- Au fait, pour les chambres, comment on s'organise ? Demanda-t-il, en se retourna vers ses camarades.

- Je ne sais pas, répondit Carla. Garçons et filles séparés ? C'est ce qui me paraît le plus logique.

- Jubia ... Ne sait pas ... répondit la jeune femme, ne laissant que peu de doutes sur ses intentions véritables.

Elle leva un regard suppliant en direction de Grey. Il se montrait étrangement gentil depuis le début du trajet, et peut-être que ...

- J'ai une idée, pour l'intérêt général, lâcha enfin le magicien.

- Toi ? Une idée ? Paradoxe ! Le railla Natsu.

- Ferme-la, ou tu dors dehors.

- Même pas peur !

- Tu veux qu'on essaie, pour voir ?

- Ouais ! Quand tu veux !

Natsu retroussa les manches de sa veste, tandis que Grey retira directement la sienne. Il la jeta derrière lui, et elle atterrit aux pieds de Jubia.

- On s'arrête là, les brutes ! Intervint Gajil, soucieux de ne pas attirer l'attention.

- Je vais prendre ça comme un compliment ! Rétorqua Natsu.

Il fallut l'intervention conjuguée de Carla, Happy et Jubia pour endiguer le conflit.

- Bon. Les deux zouaves et leurs matous, dans une chambre, ordonna Grey en reprenant sa veste des mains de Jubia, qui l'avait ramassée pour lui. Le reste, les gens normaux, dans l'autre chambre.

"Mais alors ... Grey-sama va dormir dans la même chambre que Jubia ? C'est un authentique miracle !"

- M'insulte pas, Glaçon ! Grogna le chasseur de dragons de feu.

- C'est pas de ma faute si tu te sens concerné !

Natsu grommela quelque chose dans sa barbe et détourna le regard en boudant, tandis que Grey remettait à Lily (la seule personne sensée de l'autre groupe) les clefs de leur chambre. Puis, suivi de ses propres colocataires, il se dirigea vers la porte de sa propre chambre, qui en fait faisait face à la première porte. Jubia, elle, avait du mal à contenir son excitation. On aurait dit une lycéenne perverse entrant dans une chambre au love hotel avec son petit ami, et Jubia y pensa réellement. Enfin, cela aurait pu avoir lieu si, par la force des choses, leur idylle n'avait pas été compromise par la présence d'une fillette de douze ans et de son animal domestique, ou plutôt de sa gouvernante.

- Mesdemoiselles, votre suite, dit Grey en s'effaçant sur le côté, après avoir déverrouillé le large battant de bois.

Elles se firent un plaisir d'entrer. La chambre était plutôt spacieuse, contrairement à ce que l'hôtel en lui-même laissait présager au premier abord. Il y avait un grand lit, assez large pour trois personnes, au milieu du mur de droite. Sur le mur de gauche, en face du lit, il y avait une commode au moins aussi large que le lit en lui-même. Le mur du fond était au milieu une baie vitrée, occupant la moitié du mur. Elle donnait sur un balcon, qui lui-même donnait sur les prés et les montagnes entourant la ville. Immédiatement à droite de l'entrée, il y avait la salle de bains, et à l'opposé, les toilettes. L'ameublement était assez moderne mais la décoration générale était un peu dépassée. Les papiers peints, bleu et or, étaient resplendissants, comme de véritables couleurs de maître.

Cependant, il y avait un problème que l'esprit pragmatique de Carla cerna immédiatement.

- La chambre est très jolie, certes, mais ... Je ne vois qu'un seul lit, et nous sommes quatre ! Bon, enfin, trois et demi ...

- C'est vrai, ça ! Renchérit Wendy, qui ne comprenait pas la gravité de la situation.

- Où est le deuxième lit ? S'interrogea Grey, en le cherchant des yeux.

Après quelques secondes de recherches vaines, Carla dit :

- Je crois qu'il ne sert à rien de continuer. Il n'y a qu'un seul lit dans cette pièce, et quelque chose me dit que le chat et les autres sont lotis pareil que nous.

Le mage glacial sourit subrepticement à la pensée des deux chasseurs de dragons et de leurs chats entassés sur un seul et même matelas. Avant de repenser à son propre sort.

- Bon ... Jubia, Wendy, Carla, ça ne vous dérange pas de dormir ensemble, j'imagine ?

Toutes trois répondirent d'un hochement de tête.

- Je dormirai par terre, alors.

Puis il posa les valises (la sienne et celle de Jubia) contre le mur, bientôt rejointes par celles de Wendy et de Carla.

- Il va falloir trouver une solution, dit Grey, les mains sur les hanches.

- Est-il vraiment nécessaire que vous dormiez par terre ? S'enquit Carla, subitement.

- Bah, ouais … Pas de place dans le lit, et puis … Je peux pas dormir avec des filles … se justifia maladroitement le jeune homme.

- Le lit est largement assez grand pour trois et, en ce qui me concerne, je ne prends pas vraiment de place. Je ne vois aucun problème, personnellement !

Jubia n'arrivait plus à réfléchir. Une seule pensée revenait en boucle dans son esprit, à une telle fréquence qu'elle en avait rougi.

« Jubia va dormir … Dans le même lit que Grey-sama ... »

- Bon, bref, coupa ce dernier, qui était plutôt embarrassé par la situation. J'irai voir à l'accueil s'ils n'ont pas un matelas en trop pour moi. Allons voir si les autres zouaves s'en sortent, pour le moment, et après, on ira manger. Il est bientôt midi.

Ces assertions n'entamèrent en rien l'optimisme de Jubia, mais ne firent que l'embraser encore plus, et c'est toute joyeuse qu'elle s'engouffra dans le sillage de Grey, qui quittait la chambre les mains dans les poches.

Dans l'autre chambre, les choses semblaient aller pour le mieux, car Natsu, Happy, Gajil et Lily les attendaient déjà dos au mur, près de leur porte.

- C'est bon, pas eu de morts ? Demanda Grey.

- Aucun ! S'exclama Happy, comme s'il devait s'en montrer fier.

- Parfait. On va bouffer ?


Ils firent route vers le restaurant le plus proche, qui en réalité se trouvait juste en face de l'hôtel, de l'autre côté de la place publique, et y prirent un déjeuner bien mérité.

- Je me demande par où est-ce qu'on pourrait commencer, déclara Natsu, tout en mâchant un large morceau de viande.

- D'après l'avis de mission, on doit enquêter sur des phénomènes étranges ayant eu lieu dans la région, répondit Grey. Le meilleur moyen de savoir ce genre de choses est encore d'aller se renseigner directement auprès des habitants.

Une fois le repas terminé et payé, ils quittèrent le restaurant et se regroupèrent en cercle au milieu de la place, pour se concerter.

- Bon ! Quand est-ce qu'on va démolir des types louches ? S'exclama Natsu, débordant d'énergie.

- Mollo, le lézard, le tempéra Grey. Faut d'abord qu'on sache s'il y a des types louches ou pas. Je propose qu'on se sépare en groupes pour collecter des informations dans la ville, et qu'on se retrouve ici au coucher du soleil.

- Bonne idée ! Répliquèrent Natsu et Grey, s'éloignant déjà à grands pas dans deux directions opposées, suivis de leurs matous respectifs.

- Hé ! Attendez ! Att …

Mais ils firent la sourde oreille et tracèrent leur route jusqu'à quitter la place.

C'était un moment crucial pour Juvia. Si Wendy décidait de partir enquêter avec Carla, elle pourrait être seule tout l'après-midi avec Grey, sans aucun obstacle. Mais au contraire, si la jeune fille décidait de rester, elle pouvait dire adieu à son fantasme de longue balade romantique au bras de son preux chevalier.

- Wendy et Carla, vous allez venir avec Jubia et moi, dit Grey subitement. Ça vous va ? S'il y a vraiment des types louches, j'aime autant vous avoir toutes les trois dans mon champ de vision.

La jeune fille et son félin, n'y voyant aucun problème, acceptèrent la proposition du mage glacial, ce qui laissa sa prétendante assez désemparée. Elle qui s'était tant raccrochée à un moment privilégié avec le jeune homme … Cependant, Grey l'avait comprise dans son engagement de protection, ce qui lui réchauffait le cœur, et une de ses fameuses visions du futur idéal lui occupa l'esprit pendant de longues minutes.


L'après-midi fut particulièrement long, mais quand le soleil se coucha et que les trois groupes se retrouvèrent sur la place centrale de la ville, ils avaient récolté une somme assez importante d'informations. Natsu et Happy avaient entendu parler de traces d'animaux étranges relevées récemment dans la neige des montagnes alentours, ainsi que d'enlèvements nocturnes dans les cabanes de bergers qui bordaient les contreforts des pics. Wendy, Carla, Gajil et Lily avaient entendu les mêmes histoires, en plus d'avoir entendu parler d'étranges formes noires se déplaçant entre les maisons à la faveur de la nuit. Wendy frissonna rien que d'entendre tout cela. Grey commença à révéler les informations récoltées par son groupe.

- Comme on pouvait s'en douter, il y a bel et bien une guilde clandestine qui trempe dans tout ça. Mais l'ennui, c'est qu'on n'a trouvé ni son nom, ni le nom de ses membres, si l'emplacement de son quartier général.

- Tout ce qu'on sait, reprit Jubia, c'est qu'il y a des personnes bizarres en ville après le tomber de la nuit, et qui semblent chercher quelque chose. Apparemment, ils ont déjà agressées menacées plusieurs personnes, pour des raisons que Jubia ne connaît pas.

- Voilà qui promet, grogna Gajil.

- Au moins on sait qu'il va y avoir des types à éclater ! Se réjouit Natsu.

- Hé, du calme, on sait même pas si ces types louches sont vraiment liés à notre mission. Bon. On va manger, on retourne à l'hôtel pour dormir, et on recommence demain.

Une nouvelle fois, ils investirent la table du fond du restaurant où ils s'étaient sustentés le midi. Jubia dût même supplier Gajil de lui laisser la place en face de Grey, car elle avait été prise d'une subite envie de dîner en tête-à-tête (même si, techniquement, c'était un peu raté pour l'occasion).


Ils venaient de se voir servir leurs plats de résistance, quand soudainement, un silence pesant se fit dans le restaurant, précédemment résonnant de bruit et d'animation. Même le barman, habituellement imperturbable, s'arrêta net dans sa tâche de nettoyage de verres. Deux individus louches et encapuchonnés étaient entrés dans l'établissement, et tout les regards se tournèrent vers eux.

- J'aime pas ça, marmonna Grey, en reposant sa fourchette au bord de son assiette.

- On se frite ? Demanda Natsu.

- Non, rétorqua Gajil. On attend et on se frite seulement si c'est nécessaire.

- Bien dit, renchérit le mage glacial.

Le silence se fit autour de la table de magiciens. Les deux arrivants avancèrent jusqu'au bar, et s'adressèrent en chuchotant au barman. Celui-ci blêmit, et d'un petit signe du menton, désigna la direction des mages. Ces derniers se raidirent. Jubia chercha le regard de Grey, qu'elle croisa sans efforts.

- À mon signal … Murmura celui-ci.

Les pas des arrivants se rapprochaient de plus en plus de la table où les mages étaient assis. Quand ils ne furent plus qu'à deux mètres, Grey hocha de la tête, et bondit debout. Préparant un sortilège dans ses mains, il les brandit sur l'ennemi. Cependant, avec une vivacité surhumaine, une main jaillit de sous la cape, et arrêta le mage.

- On attaque ses amies, maintenant ? Demanda une voix qui leur était familière.

Ce n'était autre qu'Erza, qui rabattit le capuchon sur ses épaules. Le second larron juge bon de faire de même, révélant une Lucy hésitante en dessous.

- Le maître s'inquiétait pour la réussite de la mission, expliqua la chevalière. Moi aussi. Et puis, je me sentais coupable à l'idée de laisser trois jeunes filles sans soutien au milieu d'un groupuscule de malappris tel que vous.

- C'est ça ! Dis tout de suite qu'on est un tas de brutes épaisses ! Protesta Grey, en se relevant.

- Je l'affirme fermement, répliqua Erza, en croisant les bras sur son armure. Allez, faites place.

- Eh bien, voilà qui est dit, fit observer Lily.

- Et Lucy, qu'est-ce qu'elle fiche ici ? S'enquit Gajil.

L'intéressée répondit par une exclamation :

- La prime ! Le maître a dit que si la prime pourrait se monter à quelques millions de joyaux si le problème s'avère être grave, alors même à sept, ça fait tout de même de quoi payer mon loyer pendant un ou deux mois !

- On aurait dû s'en douter ! Répondit Happy, de son habituel ton moqueur.

- Clairement ! Renchérit Natsu.

- Arrêtez de me prendre pour une grippe-sou avare !

Erza fit dresser deux couverts supplémentaires à table, ce qui obligea les serveurs à ramener une nouvelle table et de nouvelles chaises, pour permettre aux arrivantes de s'assoir.


Alors que la chevalière se faisait servir une double part de fraisier, une interrogation lui vint.

- Au fait, j'espère que vous avez déjà réuni quelques informations au sujet de ce qui se passe ici ?

- Bah ouais ! S'exclama Natsu. On n'est pas non plus des branquignols !

- Eh bien, que savez-vous ?

- Il y a des enlèvements nocturnes dans les montagnes, expliqua Happy. Plusieurs bergers ont disparu, ces dernières semaines. Et avec Natsu, on a aussi entendu parler de traces d'animaux bizarres, voire inconnus.

- On pense qu'une guilde clandestine est liée à ça, continua Grey. Jubia et moi, en interrogeant les habitants, on a entendu beaucoup parler de types louches, qui parcoureraient les rues, à la faveur de la nuit. On ne sait pas leur but, par contre.

Rougissant suite à l'évocation de son nom par Grey, la jeune femme balbutia quelque chose avant d'émettre une communication articulée.

- Jubia a entendu dire qu'ils cherchaient quelque chose, et également qu'ils auraient déjà agressé plusieurs habitants.

- Tout est lié ? Demanda Lucy.

- On n'en sait rien, répondit Lily. Gajil et moi-même avons entendu parler des mêmes choses que Natsu et Happy. Idem pour Wendy et Carla. Au final … On n'est pas très avancés.

- La priorité va être de savoir ce qui est lié, répondit Erza, après une grosse cuillerée de fraisier.

- Pas évident, fit observer le mage glacial.

- Rien n'est évident, dans une S … une quête de Fairy Tail, expliqua la chevalière, se rattrapant de son lapsus in extremis.

- Attends … Tu veux dire que c'est une S-Quest ? S'exclama Lucy, ahurie.

Le reste de la bande n'en pensait pas moins et, tout autant abasourdi, était dans l'expectative des explications d'Erza.

- Euh … Eh bien … Il ne servirait à rien de le cacher plus longtemps. Le maître vous a en effet assignés à une S-Quest, sans vous le dire. Je devais garder ça secret …

- Je comprends mieux pourquoi tu es finalement venue … Dit Lily.

- Comment ça peut être une S-Quest si on sait même pas encore quel problème on va devoir régler ? S'insurgea Natsu.

- Le maître classe toujours en rang S les requêtes du gouvernement, expliqua la chevalière.

- Dis, Erza … C'est possible de rentrer à Magnolia ? Demanda Lucy, avec une petite voix.

La chevalière s'interrompit net, sa cuiller à mi-chemin entre son assiette et sa bouche.

- Pardon ? J'ai mal entendu ? Un véritable mage de Fairy Tail n'abandonne jamais ! Tonitrua-t-elle, en donnant du poing sur la table et en se levant à demi.

- Pauvre de moi … Se lamenta la jeune constellationiste. Dans quel espèce de misère je suis encore allé me mettre ?


En ressortant du restaurant, Erza les informa également que le maître avait fait réserver une chambre dans un autre hôtel de la ville, et que ses affaires ainsi que celles de Lucy s'y trouvaient déjà.

- On se retrouve demain matin à huit heures, devant votre hôtel, ordonna Erza. Et pas de retard 

- Ouais, ouais, maugréèrent Grey et Natsu, en chœur.

La chevalière et son écuyère s'éloignèrent du gros de la troupe, disparaissant dans les ténèbres.

- Bon, eh bien retournons à l'hôtel également, soupira le mage glacial.

Profitant du fait qu'ils se mettaient en marche, Jubia s'approcha sournoisement de lui, par derrière, jusqu'à marcher à côté de lui. Il faisait assez frais, au pied de la montagne, mais Grey était ressorti du restaurant en chemise, tenant son blouson à la main. Pourtant, Jubia grelottait sous son épais manteau bleu. Elle enviait tout particulièrement cette aptitude de résistance au froid, ne serait-ce que pour pouvoir rester avec Grey en toutes circonstances

Le trajet se fit sans encombre, et sans autre rencontre que celle d'un chat noir au détour d'une ruelle. Le félin détala à l'arrivée du groupe, sans demander son reste.

Malgré l'heure tardive, le gérant de l'hôtel était toujours fidèle à son poste, derrière le comptoir de l'accueil. Il salua ses clients bien bas, se frottant les mains avec une expression servile. En traversant le hall de l'hôtel, Grey faussa subrepticement compagnie à ses camarades, et s'approcha de l'accueil.

- Que puis-je pour vous,mon garçon ? S'enquit le patron.

- Eh bien … Heu .. je me demandais si, par hasard, il ne vous resterait pas un matelas en rab, il en manque un dans la chambre que j'occupe … Et comme il y a trois filles avec moi, je leur ai laissé le lit de la pièce …

- C'est chevaleresque de votre part, mon garçon, mais, je suis dans le regret de vous informer que je ne puis accéder à votre requête. Nous ne disposons malheureusement pas de matelas supplémentaires, ils ont tous été installés. Nous nous préparons pour la saison touristique, vous savez …

- Bah, pas grave … Marmonna le mage de glace, en s'éloignant.

- Encore désolé !

Le groupe, qui avait remarqué la sécession de Grey, l'attendait au pied de l'escalier.

- Allez ! S'exclama Natsu, avec de grands signes de bras. Tu tires ou tu pointes ?

- Ferme-la, toi !

Il les rattrapa à petites foulées.


Une fois devant la porte, Grey en poussa le battant, et s'effaça sur le côté pour laisser passer les occupantes de la chambre. Il entra en dernier, et verrouilla la porte à clef derrière lui.

- Au fait, tu as trouvé ton bonheur, ou tu vas devoir dormir par terre ? Demanda Carla, en s'asseyant au bord du lit.

- Rien … marmonna le jeune homme, en se déchaussant.

Il traversa la pièce à grandes enjambées, en direction du balcon. Jubia, qui se rendait à la salle de bains pour se doucher et se changer, s'interrompit à l'entrée de la pièce.

- Que faites-vous ? Demanda-t-elle, désemparée.

- Je vais dormir, rétorqua Grey, en mettant un pied dehors.

- Vous allez prendre froid !

- Je suis un mage de glace, n'oublie jamais ça. Le froid ne me fait aucun effet.

Mais Jubia n'entendait pas échouer si près du but, et en cela Carla lui apporta un secours précieux.

- Tu est sûr de vouloir dormir dehors ? Il y a largement assez de place dans le lit pour que tu puisses y venir, il est large pour trois !

- Mais … euh … protesta vainement Grey.

- Jubia à droite, Wendy et moi au milieu, et toi à gauche, ça ne pose pas de problème ! Si ?

- Comment dire …

- Bon, eh bien c'est tout vu ! Déclara la féline. Mais reste dans le couloir, le temps que Jubia et Wendy se mettent en pyjama. Tu n'as pas besoin de voir ça ! Allez, plus vite que ça ! Ouste !

- Ouais, ça va, j'ai compris, marmonna le jeune homme, en retournant vers l'entrée.


Une fois qu'il fut autorisé à revenir dans la pièce (Carla avait monté la garde à la porte), il vint s'assoir au bord du lit, et entreprit de se mettre torse nu. La dernière fois qu'il avait dormi avec une fille, c'était il y a bientôt quatre ans, au cours d'une mission avec Erza et Natsu. La simple idée d'être à moins de cinq mètres d'une séduisante jeune femme (Jubia) pendant son sommeil déchaînait en lui de nombreuses idées refoulées, d'autant plus que la présence d'une jeune fille pure et innocente (Wendy) ainsi que de sa gouvernante (Carla) l'empêchait tout simplement de profiter un tant soit peu de la situation, ne serait-ce qu'à coups d'yeux.

Wendy était déjà enfouie sous les couvertures, et Carla était lovée à ses pieds, par-dessus la couette. Jubia, elle, était assise au bord du lit, et défaisait avec soin l'épais ourlet bouclé qui caractérisait sa coupe de cheveux. Immobile, Grey la regarda faire un instant, car elle ne l'avait pas vu. Quand elle eu fini, ce qui ne lui pris pas très longtemps, elle se retourna, et surpris le regard figé du jeune homme.

- Pourquoi est-ce que vous regardez Jubia comme ça ? Demanda-t-elle, s'imaginant encore quelque aventure avec son prince charmant.

- Euh … Non, rien, répliqua ce dernier. Je … Je vais me coucher. Bonne nuit.

- Jubia veut dormir avec vous ! Supplia-t-elle.

- Pas ce … Enfin, Wendy dort déjà, je veux dire …

Et il n'en dit pas plus. Encore en pantalon, il s'installa sur les couvertures et se tourna sur le côté, tournant le dos à son admiratrice. Celle-ci, ne sachant que penser, se glissa sous les couvertures. Certes, elle avait été une nouvelle fois éconduite, mais d'un autre côté, Grey avait laissé échapper beaucoup trop de couacs.


Au final, seules Wendy et Carla avaient bien dormi durant la nuit. Grey n'avait pas fermé l'œil de la nuit, et Jubia n'avait trouvé le sommeil que quelques heures avant le lever. Quand elle se réveilla, elle eut la surprise de sentir un poids inhabituel sur sa poitrine : ce n'était autre que Wendy qui, dans les dernières heures de la nuit, s'était retrouvée à demi-allongée sur Jubia, et son visage reposait tranquillement sur la poitrine de la jeune femme, comme s'il s'agissait d'oreillers moelleux. Grey était déjà debout, et s'habillait. Il avait bien sûr tout vu.

- Salut, lâcha-t-il, quand il s'aperçut que Jubia était éveillée. J'ai l'impression que Wendy t'aime bien !

- Jubia l'aime bien aussi, répondit la jeune femme. Elle aurait pu être la petite sœur de Jubia.

- Plutôt ta fille, vous vous ressemblez assez pour ça, dit le jeune homme, pour s'amuser.

Jubia se para instantanément d'un beau rouge vif.

- Bon. Il est sept heures moins dix, on a rendez-vous à huit heures, déclara Grey. On doit se préparer, sinon Erza va faire un malheur, et je préférerais pas voir ça.

- D'accord … Jubia va réveiller Wendy et Carla.

Alors que Grey s'engouffrait dans la salle de bains, la jeune femme se redressa doucement, ce qui suffit à réveiller la jeune chasseuse de dragons. Laquelle mit un court moment avant de se rendre compte de sa position. Elle vira au rouge en quelques instants, et bafouilla une excuse maladroite, qui fit rire la jeune femme. Carla se réveilla peu après, secouée par le vacarme.


Désireux de changer d'air, Grey quitta la chambre après être sorti de la salle de bain. Il traversa le couloir et vint toquer à la porte de la chambre des chasseurs de dragon. Conformément à ce qu'il avait imaginé, tout les occupants dormaient encore à poings fermés, et il dût tambouriner sur le battant de longues minutes, avant qu'Happy ne vienne lui ouvrir la porte. Le matou, encore à demi-endormi, salua Grey d'une voix pâteuse.

- Va pas falloir traîner, on va réveiller les autres, dit-il. Sinon, Erza va nous faire ça.

La simple évocation du châtiment ultime terrifia le félin, qui, tremblant, fit demi-tour. Étonnement, la chambre était très bien rangée. Natsu et Gadjil dormaient en travers du lit, tout habillés, chacun à une extrémité, et les deux chats se partageait le no man's land séparant leurs maîtres. Il était fort probable qu'en revenant du restaurant, les deux chasseurs de dragon s'étaient tout simplement écroulés sur le lit et s'étaient endormis aussi sec.

- Allez, bande de zouaves ! En piste ! Tonitrua Grey.

Lily se réveilla aussitôt, comme si le tonnerre venait de frapper la chambre.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Demanda aussitôt l'ancien soldat.

- Rien, c'est juste l'heure de se lever, expliqua le mage glacial.

- Si on n'est pas à l'heure, Erza va nous faire … ça ! Renchérit Happy.

- Qu'est-ce que c'est, ça ?

- Le pire châtiment du monde ! Je préférerais ne pas manger de poisson pendant un mois que de le subir encore !

L'évocation répétée du châtiment ultime fit frémir les oreilles de Natsu, qui se réveilla quelques instants après.

- NON ! PAS ÇA ! S'exclama-t-il, en se redressant d'un coup.

- Calme, c'est bon, on a encore le temps, le modéra Grey. C'est juste qu'il faut pas traîner. Et vas-y mollo, tu vas réveiller tout l'hôtel, à force de hurler comme ça.

- Je vais réveiller Gajil, déclara Lily, qui venait d'achever sa séance matinale d'étirements félins.

Il sauta sur le lit, et entreprit de réveiller son maître.

- Bon, on se retrouve en bas, annonça le mage de glace peu après. Je vais voir où les filles en sont.

- Tu vas les espionner sous la douche ? Demanda Natsu, plus par plaisanterie que par avidité.

- C'est ça, arrête les conneries qui sortent de ta sale bouche.

Il quitta la pièce sans plus tarder, retournant d'où il venait. Nonchalamment, il posa la main sur la poignée de la porte de sa chambre, l'enclencha, poussa le battant et avança d'un pas. Dans la fraction de seconde qui suivit, il lui arriva de nombreuses choses. Jubia, nue et de dos par rapport à la porte, aidait Wendy (debout sur le lit, les bras levés) à se vêtir. Aux vu de leurs cheveux mouillés, elles venaient vraisemblablement de tout juste sortir de la douche. Juchée sur le lit et supervisant le bon déroulement des opérations, Carla repéra l'intrus à la milliseconde même où la tête de celui-ci dépassa du battant de bois.

- NE REGARDE PAS ! S'exclama la féline.

Jubia se tourna assez pour voir l'intrus sans rien dévoiler, et elle ainsi que Wendy devinrent toutes rouges (mais pas pour les même raisons). Atterrissant avec force sur la porte, les deux pattes devant, Carla la referma brutalement, aplatissant un peu au passage le faciès du pervers. Grey, dans sa chute ensanglantée, revit en mémoire les derniers instants de paradis, quand Jubia s'était tournée vers lui. Puis l'arrière de son crâne rencontra le dur sol, et la douleur le fendit comme une coco mûre. Il se roula au sol un court instant, avant de maîtriser sa douleur et de se relever, tant bien que mal.

- Dé … Désolé, lâcha-t-il, en se redressant.

Il se frotta le crâne un long moment, avant que la douleur ne s'estompe. Mais une autre douleur, plus subtile cette fois, le tenaillait. Dans son caleçon, c'était devenu tout dur, et pas très confortable, par la même occasion. Honteux, il reprit le contrôle de ses émotions, et rétablit la situation. Et cela ennuyait Grey de se l'avouer mais, ça n'était pas la première fois que Jubia était en cause d'une telle raideur. Certes, elle était gentille et il l'aimait bien, mais elle était femme et lui homme. Et force lui était de reconnaître qu'il aimait bien, à l'occasion, profiter discrètement de sa situation, afin d'analyser géométriquement ses courbes et ses contours.

De son côté, Jubia était partagée entre une gêne mortelle, une joie sans limite et une appréhension anxieuse. Gênée car elle n'avait jamais laissé personne profité de sa nudité, joyeuse car Grey l'avait vue en tenue de naissance (à la réflexion, elle aurait préféré être de l'autre sens à ce moment fatidique), anxieuse car elle ne savait pas comment il allait réagir. Allait-il la complimenter sur son physique ? Lui faire une remarque désobligeante sur ses hanches ? Ne rien dire ? La demander en mariage ? S'excuser ? Tout ces scénarios s'entrechoquaient dans la tête de la jeune femme comme autant de glaçons dans un verre.

- Ça va, Jubia ? Demanda subitement Wendy, qui avait fini de s'habiller. Tu es toute rouge !

- Tu as de la fièvre ? Renchérit Carla.

- Non, ça va … Jubia va … très bien … marmonna l'intéressée avec un sourire béat, qui n'avait visiblement pas encore atterri.

- Bon, habille-toi alors, sauf si tu veux que Grey te revoie encore une fois comme ça ! S'exclama la féline, décidée à faire régner l'ordre et la discipline chez ses pensionnaires.

Pendant que la jeune femme s'habillait, Carla vint se camper derrière la porte pour monter la garde, afin de barrer la route à tout nouveau voyeur.

- Grey, tu est là ? Demanda-t-elle à voix haute.

- Ouais, répondit-il, depuis le couloir.

- Jubia est bientôt prête, on va pouvoir y aller.

Pendant ce temps, la susnommée était appliquée à chercher des affaires propres qui lui plaisaient, dans sa valise, et en cela Wendy l'aidait, désireuse de se rendre utile.

Une fois qu'elles furent prêtes, Carla quitta son poste et laissa entrer Grey.

- Désolé, les filles … Marmonna-t-il, en se frottant le crâne.

- C'est pas grave ! Assura Wendy. On sait que t'as pas fait exprès !

- Qui sait ? Ce pervers était peut-être sciemment en train de regarder par le trou de la serrure ! Déclara fermement Carla, qui n'était pas prête de pardonner au jeune homme son intrusion intempestive.

Cette simple perspective mit par douzaines dans l'esprit de Jubia des situations farfelues et tirées par les cheveux.

- Je crois qu'il vaudrait mieux que j'aille dormir dans l'autre chambre, déclara Grey en baissant les yeux.

- Non ! Protesta spontanément Jubia.

C'était sorti tout seul et, l'instant d'après, elle cachait sa bouche d'un air horrifié, comme si elle venait de proférer une terrible insulte à l'encontre de quelqu'un d'important. Étonné par la vivacité de cette réaction, Grey se dit que finalement, le jeu en valait peut-être la chandelle. Et puis, s'il ne se faisait pas surprendre …

- Bon. Je reste, alors. Mais prévenez-moi avant de vous changer, mon nez va pas résister à un deuxième coup de porte.

- On essaiera, promit Wendy, qui avait déjà oublié la mésaventure.

Ce fut vit oublié, et ils sortirent de la chambre.

- S'ils ne se sont pas entretués, les autres doivent être en bas, informa Grey, en refermant la porte derrière Jubia, sortie en dernier.

En effet, ils ne s'étaient pas entretués, et étaient attablés dans la salle commune de l'hôtel, où ils prenaient le petit-déjeuner avec application.

- Quelle bande de goinfres … Constata Carla, presque avec dépit.

- Rien à en tirer, renchérit le mage glacial.

- Tu veux qu'on reparle de ce que tu as fait tout à l'heure ? Rétorqua acerbement l'Exceed.

- C'était pas fait exprès ! Tu comptes me pardonner un jour ?

- Mmmph !

Carla leva le nez en tournant le dos au jeune homme, en signe de dédain.

- Eh bien, Wendy, ça doit pas être évident tout les jours, avec une gouvernante aussi insupportable, déclara Grey en se tournant vers la jeune fille.

- Oh, tu sais … Carla n'est pas si méchante que ça, c'est surtout qu'elle est extrêmement protectrice envers moi et mes amies, c'est tout … expliqua-t-elle, rougissante.

- Bon, trêve de blabla, j'entends ton estomac gronder d'ici.

Ils se rapprochèrent de la table déjà occupée par leur camarades, où il restait le nombre suffisant de chaises, et prirent place. Il était sept heures trente du matin, un jeudi ordinaire à Hakobe-ji. Ils furent rapidement servis en thé, café et viennoiseries, et Jubia dût insister pour se faire servir une tasse de thé Earl Grey, au lieu d'un simple thé classique.

- Du lait chaud avec du chocolat, ça sera très bien pour moi, dit Grey lorsque le serveur demanda ce qu'il désirait

Devant l'air incrédule dudit serveur, il se sentit obligé de préciser :

- Vous avez ?

- Oui, oui, monsieur, je vous apporte ça au plus tôt, dit le serveur en déguerpissant.

Autour de la table, le silence s'était fait, et tous le fixaient.

- Quoi, qu'est-ce que j'ai ? Maugréa le jeune homme.

- Tu bois encore du chocolat au lait à ton âge ! Railla Happy.

Celui-ci commença à bêtement rire sous cape avec la discrétion habituelle, bientôt suivi de Natsu. Lily, stoïque, regarda Gajil, tout aussi inerte, puis regarda Carla, qui semblait avoir perdu toute foi en l'Humanité.

- Mettons-nous d'accord, dit le chat noir. Nous ne connaissons pas ces personnes.

- Je suis d'accord, renchérit Carla.

Voyant qu'ils étaient les seuls à rire bêtement sous cape, les deux zouaves se calmèrent bien vite. Jubia, elle, planait à plusieurs milliers de mètres au-dessus de tout cela. Depuis qu'elle connaissait cette nouvelle facette de Grey, elle s'était imaginée mille scénarios de petit-déjeuner au lit, et maints autres rêves plus bizarres encore.


Le petit-déjeuner fut riche en blagues et en viennoiseries, mais interrompu par Grey, quand il se rendit compte qu'il était près de huit heures moins dix.

- On est foutus ! Dit-il brusquement en se levant, les deux mains sur la table.

- Qu'est-ce qui te prend de gueuler comme ça ? Demanda Gajil.

- L'heure ! On va être à la bourre ! Erza va nous faire ça !

Il n'en fallut pas plus pour que Natsu et Happy ne partent en courant ventre à terre.

- Quelle bande de traîtres ! Les maudit Grey. Allez, les filles !

Conscients que le retard n'était pas permis, Lily et Gajil se levèrent à leur tour.

- On part devant, dit le chat noir.

Le temps que Wendy et Jubia ne se lèvent et enfilent leur blouson, le groupe avait déjà perdu de précieuses secondes. Carla, suivie de Wendy, se dirigea vers la porte. Jubia semblait chercher quelque chose, et restait à la traîne. Voyant cela, Grey jeta hâtivement sa veste noire sur ses épaules, et vint vers elle.

- Allez, Jubia ! Dit-il en lui saisissant le poignet, et en l'entraînant vers la sortie. Crois-moi, tu n'as pas envie de savoir ce qu'Erza réserve aux retardataires !

La jeune femme était trop obnubilée par le contact qu'elle partageait avec son prince charmant pour pouvoir lui répondre. Elle se contenta de suivre la cadence, l'air hagard.

Malgré les petites foulées que Grey imposa, ils arrivèrent bons derniers, et avec une ou deux minutes de retard. Happy, les voyant arriver main dans la main et à demi-essoufflés, ne put s'empêcher de les gratifier d'un petit quolibet.

- C'est beau, l'amour ! Vous étiez restés en arrière pour vous embrasser ?

- Ça doit être bon, le civet de chat, dit Grey froidement, en jetant un regard noir au félin incriminé.

Erza, prête à distribuer la fessée, rougit subtilement quand elle entendit Happy évoquer un quelconque événement extra-professionnel entre les deux retardataires, et se détourna.

- Bien ! Programme d'aujourd'hui ! S'exclama-t-elle. Je propose qu'on se sépare en deux groupes !

Elle allait proposer de mettre les mâles à part, mais elle pensa que cela séparerait les deux tourtereaux qu'elle s'imaginait être Grey et Jubia, et une telle cruauté était insupportable à son coeur de jeune fille.

- Pourquoi faire ? Demanda aussitôt Natsu.

- Pour rechercher plus efficacement tout en se protégeant, expliqua la chevalière. S'il y a vraiment une guilde clandestine derrière tout ça, il vaut mieux rester en groupe de plusieurs mages. Surtout qu'on ne sait rien de cette guilde, si tant est qu'il y en a une.

- Je propose de répartir les groupes de la même manière que les chambres, suggéra Lily. Natsu, Happy, Gajil et moi-même d'un côté, Wendy, Carla, Grey, Jubia, Lucy et Erza de l'autre.

- Je préfère éviter de laisser Natsu dans la nature, au même titre que Grey. Je ne peux pas risquer de vous laisser détruire la ville à vous deux.

- C'est toujours toi qui fait le plus de dégâts ! Protesta le mage glacial.

Il se tut en voyant s'élever le poing ganté de la jeune femme.

- Lucy et moi, on va aller avec Natsu et Gajil, décida la chevalière. Carla, je te confie la tâche de surveiller Grey S'il fait quoi que ce soit d'inconsidéré, je compte sur toi pour m'en informer ce soir.

- Tu as ma parole, affirma l'Exceed.

- On se retrouve ici, au coucher du soleil. Pas de retard permis. Vu ?

- Vu, répondirent en chœur les mages.

Jubia n'avait retenu qu'une seule chose de tout le discours d'Erza, c'est qu'elle allait pouvoir encore une fois passer la journée seule avec Grey. D'ailleurs, et elle ne le remarqua qu'au moment de partir en vadrouille, le jeune homme n'avait toujours pas lâché sa main.


Il était près de midi quand, enfin, il y eut du nouveau du côté du groupe d'Erza. Alors qu'ils venaient de quitter la rue commerçante où se tenait le marché hebdomadaire, ils entendirent un bruit étouffé de cris et de coups, non loin de là. Accourant vers le lieu du crime, une petite ruelle peu empruntée, ils y découvrirent un vieil homme, qui se relevait à grand peine. Autour de lui, deux silhouettes sombres étaient penchées sur lui.

- Alors, le vieux ? Toujours pas décidé à dire la vérité ?

- Jamais … Haleta le vieillard, en se relevant.

Aussitôt, les malfaiteurs lui assénèrent de nouveaux coups.

- Vous ! Là-bas ! S'exclama Erza, en les pointant du doigt.

Alarmés, ils se retournèrent.

- On se casse ! Ordonna le plus grand des deux, à son complice.

Ils prirent la fuite sans demander leur reste.

- Natsu, Gajil, attrapez-les ! Ordonna la chevalière.

- C'est comme si c'était fait !

Les deux chasseurs de dragon s'élancèrent avec souplesse aux trousses des malfaiteurs. Ils les rattrapèrent au bout d'une dizaine de secondes de course effrénée, et les plaquèrent au sol sans ménagement.

- Tu vas parler ! Tonitrua Natsu, en saisissant l'un des deux larrons par le col.

- Pose d'abord une question … marmonna le maltraité.

- Qu'est-ce que vous vouliez au vieillard, toi et ta copine ? Demanda Gajil, abruptement.

- Rien … On vous dira rien ! Répondit le deuxième.

Sa réponse fut saluée d'un coup de poing dans la mâchoire inférieure de la part du chasseur de dragon d'acier.

- Doucement ! S'affola Happy. Erza va se fâcher si on les abîme !

- C'est vrai, ça ! Renchérit Natsu, en remettant correctement le col du tee-shirt de son prisonnier.

- Vous faites partie d'une guilde clandestine ? Interrogea Gajil.

- Non … mentit son détenu, remis du coup à la mâchoire.

- Je les sens pas, déclara Natsu. Tu permets …

D'un geste sûr, il déchira le tee-shirt de son captif. Aucune marque sur le torse, ni sur les bras. Mais il résista drôlement quand Natsu essaya de le tourner pour voir son dos.

- Je tiens un truc ! S'exclama-t-il.

Il insista encore un peu, et parvint à mettre le bandit sur le ventre. Une immense marque noire lui barrait le dos. C'était un emblème de guilde.

- Il ne me semble pas avoir vu ce blason dans la dernière édition du Recensement des Guildes, observa Lily, dubitatif. Pourtant, même les guildes clandestines y sont répertoriées … La plupart, du moins.

- Le chiffre «108» dans un cercle, avec le «1» à l'envers … Dit Natsu. Non, je vois pas à qui ça appartient.

- Vous ne pouvez pas connaître ce qui n'existe pas, chiens du conseil ! Cracha le captif de Gajil.

Au même moment, Erza déboula dans la ruelle où ils se trouvaient, suivie de Lucy, qui aidait le vieil homme à marcher.

- Alors ! Qu'ont-ils avoué ? Pressa la chevalière, à peine arrivée à hauteur de ses camarades.

- Rien, répondit Natsu. Ils s'obstinent à rien dire.

- Alors je vais les faire parler, dit Erza d'une voix noire, en craquant ses jointures.

- On vous dira tout si vous nous laissez partir ! Supplia alors l'un des deux détenus.

- Eh bien, videz votre sac !

Le deuxième lascar, penaud, déclina le nom de sa guilde.

- The Long Dark, c'est le nom que le maître a donné à notre guilde …

- Et quel est votre but ?

- Ça, on ne peut rien dire …

- Parle ! S'exclama Natsu.

- Laisse, ordonna Erza. On va les conduire au poste de garde de la ville, ils n'en diront pas plus. Ça ne sert à rien de les molester.

Aussitôt, le groupe, entourant ses captifs, prit la route du centre-ville.


De leur côté, le groupe de Grey n'avançait pas beaucoup plus, ou du moins, dans un sens dont seule Jubia était satisfaite. Quoi de plus agréable que de se balader au soleil avec son « amoureux », dans les rues d'une charmante petite ville touristique ? Certes, depuis le temps, ils ne se tenaient plus la main, mais à plusieurs reprises, des commerçants du marché ou des passants interrogés les avaient pris pour une petite famille en promenade dominicale.

Vers une heure de l'après-midi, lorsqu'ils firent enfin escale dans un restaurant pour se sustenter, ils n'avaient pas encore découvert le moindre indice nouveau.

- À ce rythme, ça va nous prendre un mois, maugréa Grey, après avoir donné sa commande au serveur.

- Ça ne doit pas être si dur que ça, tout de même, observa Carla. Et puis, Erza et les autres ont peut-être déjà trouvé quelque chose, qui sait ?

- J'espère, sinon on va avoir l'air malin. On est en mission, pas en vacances !

- Quelque chose ne va pas, Grey-sama ? Demanda Jubia, inquiète de la nervosité latente du jeune homme.

- C'est rien, Jubia, modéra-t-il. J'aime pas piétiner, en mission. Me faut de l'action et de la baston, ou au moins des trucs à chercher …

Il but une longue rasade de la choppe de bière que le serveur lui avait apportée, quelques instants auparavant. Wendy était déjà en train de siroter avec assiduité sa grenadine.

- Ça va pas te rendre malade, hein, dit Grey en reposant sa choppe.

En effet, Jubia, le regard perplexe, fixait la choppe de bière que le serveur lui avait mis sous le nez. Curieuse, elle avait décidé de prendre la même boisson que Grey, à savoir une grande choppe de bière au miel (l'auteur vous conseille grandement d'en boire au moins une fois dans votre vie), mais elle n'en n'avait jamais bu – de manière générale, elle ne consommait que très rarement d'alcool, et en très petites quantités.

- Si Grey-sama le dit … marmonna la jeune femme.

Courageusement, elle leva la choppe et y prit une longue gorgée. Le goût presque amer de la bière la fit frissonner, mais l'arrière-goût sucré et doux du miel brisa les barrières de l'appréhension. Elle prit une deuxième gorgée, avant de reposer sa choppe. Les joues rosies, elle s'exclama :

- C'est bon !

- N'est-ce pas ? On n'en trouve pas beaucoup à la vente dans la région de Magnolia, contrairement à ici. Alors, j'en profite.

- Vous ne devriez pas boire de l'alcool devant une jeune fille ! Protesta Carla, presque outrée du comportement des deux jeunes gens.

- Hé, doucement, c'est pas en regardant des gens boire de la bière qu'elle va se dévergonder, répliqua Grey.

- Je n'ose pas imaginer ce que Wendy serait devenue si vous aviez été ses parents …

- Sauf qu'on n'est pas ses parents, trancha le mage glacial.

Cette évocation jeta un froid subit sur la table, et ni Jubia ni Wendy n'osèrent lever les yeux pendant plusieurs minutes. Grey, quant à lui, se contenta de siphonner sa bière le regard dans le vague, en attendant que le repas ne leur soit servi.

Ledit repas leur fut servi assez rapidement, et tous furent satisfaits de pouvoir faire autre chose que regarder dans le vide en attendant que quelqu'un parle.


Une fois rassasiés, ils quittèrent l'établissement et se remirent en quête de renseignements. Même si, pendant au moins une heure après la fin du repas, ç'avait simplement été une balade digestive au lieu d'une véritable enquête. Grey et Carla observaient avec attention tout ce qui se déroulait autour d'eux, tandis Wendy regardait avec admiration les bâtiments (les constructions de la vieille ville d'Hakobe-ji étaient unique en leur genre, dans tout le royaume). Jubia, elle, bien qu'heureuse de pouvoir se tenir au bras de Grey, se morfondait de ne pouvoir disposer de lui pour elle seule. Si Wendy et Carla n'avaient pas été là, elle aurait pu faire un peu de rentre-dedans à son chevalier servant, dans le vague espoir de le faire remuer un peu. C'est alors que Jubia se rendit compte de quelque chose, quelque chose d'évident mais qui lui avait jusque-là échappé. Elle se promit d'en parler à Grey un jour, si jamais elle en avait le courage. Elle se contenta de se blottir un peu plus au bras du jeune homme. Elle l'aimait, et si cela ne lui suffisait pas du tout, c'était préférable que de ne rien avoir à aimer.

Vers quinze heures, ils décidèrent de pousser leur enquête jusqu'au bord de la ville, là où les maisons s'espaçaient de plus en plus. Peut-être y trouveraient-ils un indice ?

L'indice vint à eux de son propre chef, et ce avant même qu'ils n'atteignent les bordures de la ville. Alors qu'ils avançaient le long d'une des quatre grandes rues principales de la ville, un homme d'âge moyen s'approcha d'eux. Il était vêtu simplement, et son visage paraissait honnête. Ses cheveux noirs lui tombaient jusqu'aux épaules, et battaient l'air comme il marchait d'un pas assuré.

- Excusez-moi … Demanda-t-il, en approchant le groupe. Vous êtes bien les mages que le Roi a envoyés ?

- Exact, on est les premiers à avoir répondu à l'appel, expliqua Grey.

- Magnifique ! De quel guilde venez-vous ?

- De Fairy Tail. Pourquoi ?

Le sourire de l'homme s'estompa.

- Fairy Tail n'a envoyé que quatre mages ? S'étonna-t-il.

Wendy prit la parole :

- On est dix, en tout, répartis en deux groupes.

- On peut savoir qui vous êtes ? Demanda Carla, autrement plus prudente que sa protégée.

- Ah, je ne me suis pas encore présenté, vous m'en voyez donc désolé. Je suis un des émissaires royaux en charge de l'affaire, c'est moi qui ai suggéré l'idée de faire appel à une guilde. J'espérais pouvoir vous transmettre des informations quant à la guilde clandestine impliquée, mais …

- Donc il y a bel et bien une guilde clandestine qui trempe dans tout ça ? Pressa Grey.

- Selon toute vraisemblance, c'est exact, répondit calmement l'émissaire. Hier soir, un autre émissaire a été pris à parti par trois hommes qui se revendiquaient de la guilde clandestine Outer Heaven. Il n'a pas été blessé, fort heureusement, mais fortement apeuré. Restez sur vos gardes. Vous avez trouvé quelque chose, de votre côté ?

- Non plus, maugréa Grey. Merci d'avoir partagé vos informations, en tout cas.

- Rien de plus normal, nous partageons un but commun, dit l'émissaire d'une voix mielleuse. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée.

Il s'éloigna sans rien dire de plus. Le petit groupe, reprenant sa route, ne vit pas l'émissaire disparaître dans une petite venelle transversale, et ne vit pas non plus en sortir un homme totalement différent l'instant d'après. Les longs cheveux noirs étaient devenus blond presque blanc et courts, et l'uniforme d'émissaire avait été remplacé par de simples habits passant inaperçu. L'individu jeta un regard au groupe qui s'éloignait, eut un petit rire de nez, et s'éloigna. Son rôle était joué.


- Ce type avait l'air louche, déclara Carla, quelques minutes plus tard.

- Je suis d'accord, renchérit Wendy.

- C'était vraiment un émissaire ? Demanda Jubia.

- Je me pose la question aussi, affirma Grey. Mais il portait l'uniforme et la chaîne vouée à sa fonction, c'est pas le genre de chose que peut se procurer le premier quidam venu. J'imagine qu'on peut lui faire confiance.

Loin de se douter de la supercherie, ils continuèrent leur route, en direction des abords de la ville.


Le soir venu, les deux groupes convergèrent vers la place centrale de la ville, où était fixé le rendez-vous. Tous y furent à l'heure, et Erza n'eut besoin de distribuer aucun châtiment. Ils firent le topo des informations de la journée.

- On a découvert deux gusses qui disaient faire partie d'une guilde clandestine, déclara Lucy.

- « The Long Dark », compléta Natsu. Même qu'ils étaient en train de bastonner un vieux.

- Leur emblème est le chiffre 108 - dont le 1 est à l'envers - dans un cercle, informa Lily.

- On a laissé les deux types au poste de garde, au frais, termina Erza. Et vous, vous avez appris quelque chose ?

- En début d'après-midi, on a croisé un émissaire royal, alors qu'on se dirigeait vers les abords de la ville. Il nous a demandé de quelle guilde on venait. Ensuite, il a dit qu'un de ses collègues avait été agressé hier soir par trois mages d'une guilde clandestine.

- Sans doute la même, affirma Gajil, croisant les bras sur le torse.

- Eh non, c'est ça qui cloche, maugréa Grey. D'après l'émissaire, les agresseurs de son collègue ont dit qu'ils faisaient partie de la guilde « Outer Heaven ».

- Il y aurait deux guildes clandestines dans l'affaire ? Dit pensivement Erza, en fixant un point imaginaire au sol.

- Deux fois plus de types à déglinguer ! S'exclama Natsu, tout feu tout flamme.

- Le massacre attendra, dit la chevalière. Bon, c'est bien beau de savoir qu'on n'a pas une mais deux guildes clandestines sur le dos, il va falloir qu'on s'occupe également du problème de la disparition des gens. C'est très important. Allez au restaurant, je vous rejoint dans un instant. Je vais appeler le Maître.

Les autres ne se le firent pas dire deux fois, et s'éloignèrent en direction de leur restaurant de mission attitré, tout proche d'ici.

Erza les rejoignit une dizaine de minutes plus tard, alors qu'ils étaient très occupés à prendre l'apéritif en rigolant.

« On dirait plutôt un gueuleton entre amis qu'un repas de mission » pensa la chevalière en souriant.


Le soir venu, ils regagnèrent tous leur chambre. Erza et Lucy, en chemin pour leur propre hôtel, eurent une longue discussion typiquement féminine.

- T'as pas l'impression que Grey et Jubia s'entendent mieux que d'habitude, en ce moment ? Fit remarquer la constellationniste, alors qu'elles quittaient la place en direction de leur hôtel. Ils ont pas arrêté de se regarder pendant le repas, et ont passé leur temps à rire ensemble.

- J'ai remarqué la même chose ! S'exclama Erza. D'habitude il l'envoie balader, mais là il se laisse faire. Pauvre Jubia, être amoureuse d'un mufle pareil, ça doit pas être évident tout les jours …

- D'après ce que j'ai compris … Commença Lucy.

Elle se pencha à l'oreille d'Erza, et lui chuchota la suite.

- Quoi ? Ils dorment ensemble ? Vraiment ?

La couleur de ses joues approcha de celle de sa chevelure.

- Je te jure ! C'est Wendy qui l'a laissé sous-entendre.

- Ça doit être chaud …


De leur côté, Grey et Jubia ne se doutaient pas le moins du monde que l'on parlait d'eux. Au moment même où Erza et Lucy débattaient de leur relation, les deux jeunes gens (ainsi que le reste du groupe) arrivaient dans le hall de leur hôtel. Le patron, depuis le comptoir, les salua d'un signe de tête aimable. Le groupe monta au premier étage, et chacun alla dans sa chambre.

Une surprise attendait le groupe de Grey dans leur chambre. Durant la journée, un second lit deux-places avait été installé contre le mur dans un coin de la pièce, perpendiculairement au lit principal. Le bout du deuxième lit arrivait à une trentaine de centimètres du bout du premier lit, ce qui ne laissait que peu de place pour passer.

- C'est tout vu, je prends celui-ci et je vous laisse le plus grand, déclara Grey, en s'asseyant sur son nouveau matelas attitré.

Carla parut satisfaite de voir le jeune homme être éloignée de ses protégées. Wendy était un peu déçue car dormir entre Grey et Jubia la nuit dernière lui donnait l'impression d'avoir les parents humains qu'elle n'avait jamais eu. Jubia, elle, était au trente-sixième dessous. Son rêve de dormir dans le même lit que son prince charmant volait en éclats. Elle et Wendy s'isolèrent dans la salle de bain pour prendre une douche toutes les deux puis se mettre en pyjama, avant de ressortir. Grey était occupé à ôter son tee-shirt, pour aller se coucher. Une fois libéré de l'étreinte du tissu, il regarda en direction des filles. Il n'y avait pas prêté attention la veille mais il remarqua un détail qui l'amusa.

- En plus d'avoir des cheveux assortis, vous avez des pyjama assortis … De véritables sœurs, tout compte fait !

En effet, la nuisette de Jubia était du même mauve clair que le pyjama de Wendy. Les deux filles ne répondirent rien et rougirent. Carla, elle, grinça des dents et décocha un regard noir au jeune homme.

Celui-ci se surprit d'ailleurs à caresser du regard les jambes galbées de Jubia, dont la chemise de nuit ne descendait que quelques centimètres au-dessus du genoux, tandis que la jeune femme se glissait sous les couettes. Un émoi masculin le saisit, et son cœur rata un battement. Il aurait donné beaucoup pour pouvoir toucher ne serait-ce qu'un instant la douce peau blanche de Jubia. L'instant suivant, il se demanda quelle folie furieuse lui avait soufflé cette idée.

- Bonne nuit, dit-il en se levant pour éteindre l'éclairage.

Ses camarades lui répondirent en chœur, mais Jubia y mit un peu moins de conviction que ce qu'elle aurait dû.


Au cœur de la nuit, Jubia se réveilla après un rêve fort agréable, où elle partageait un moment d'intimité avec Grey. Elle papillonna longuement des yeux pour démêler le rêve de la réalité. Bientôt, elle fut assez lucide pour comprendre que tout n'avait été que rêve et espoir, et qu'elle se trouvait dans le même lit que Wendy et Carla. Elle essaya de se rendormir, mais le sommeil ne semblait pas vouloir revenir la visiter avant longtemps. Aussi, elle se contenta de rester là à penser un long moment, observant au plafond les tâches de lumières de l'éclairage public, qui filtraient à travers l'interstice des rideaux. C'est alors qu'une idée mirobolante lui vint en tête, et son rythme cardiaque accéléra fortement rien que d'y penser.

« Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? » Se morfondit la jeune femme.

Cependant, bien que l'idée fut extrêmement tentante, elle savait pertinemment qu'elle n'en aurait pas le courage. Alors, elle tendit l'oreille, et entendit la respiration calme de toutes les personnes présentes dans la pièce, et cela lui donna du courage. Une chaleur nouvelle lui mordit les joues, alors qu'elle repoussait doucement les couvertures. À quatre pattes, elle rampa jusqu'au bout du lit et en descendit, à pas de loup. Grey dormait du côté droit du lit, autrement dit du côté du sol. Le côté gauche, le côté du mur, était libre. Le cœur de Jubia se mit à battre la samba, alors qu'elle se hissait précautionneusement sur le matelas, priant pour ne pas en éveiller l'occupant. Elle y parvint sans aucun souci, et prit conscience que la chaleur de ses joues avait également gagné son bas-ventre. Elle s'apprêtait à se blottir contre Grey. Après tout, il était le premier à avoir suscité suffisamment d'émoi pour la convaincre de le laisser prendre, si l'occasion venait à se présenter, ce qu'elle ne pouvait offrir qu'une seule fois. Et puis, elle l'aimait. Elle l'aimait suffisamment pour pouvoir contrôler la pluie liée à ses émotions, ce qui n'était jamais arrivé avant qu'elle ne le rencontre. Elle se glissa sous les couvertures et se colla contre le corps chaud de Grey, qui frémit doucement. Il y avait fort longtemps qu'elle n'avait pas été prise d'un tel élan de courage.

Commentaire de l'auteur Et voilà pour cette longue lecture ... La partie 2 sortira dès qu'elle sera achevée, vous serez mis au courant via twitter ! Pour ceux qui suivent également Memento Mori, mon autre histoire, sachez que le nouveau chapitre est sorti et que l'histoire continue ! Merci d'avoir lu ce nouveau récit, et à la prochaine fois !
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