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Questionnaire auteur.ices et lecteur.ices de fanfictions !
 par   - 934 lectures  - 4 commentaires [3 décembre 2022 @ 16:04]

Bonjour tout le monde,

Je me permets de poster sur ce site afin de m'aider dans une étude que je mène actuellement sur les auteur.ices et lecteur.ices de fanfictions. Nous nous appelons Lucie, Maud, Pauline et Manon et sommes en master 2 de Médiation et Création Artistique à l'Université Sorbonne Nouvelle.
Dans le cadre d'un cours sur la Conception de projet et la participation culturelle, nous nous intéressons au public (lecteur.ices et auteur.ices) des fanfictions en France.
Si vous habitez en France et que vous êtes lecteur.ices et auteur.ices de fanfictions, ce questionnaire est pour vous !

Les données recueillies ne seront utilisées qu'à des fins d'analyse et ne seront divulguées qu'à notre professeur.

Voici le lien si vous êtes lecteur·rice·s :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSc6_1itz9IVJhUfLejHlxD4zotRwUFU8wl2bTlfC_hHKzoRWg/viewform?fbclid=IwAR2T-hRSCR1g2Sys-LUqyEU4M4KA9uNKNmUB0gWXr_cnSXosVq_gsro6_qQ

Voici le lien si vous êtes auteur·rice·s :
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSccZedHtCGfet4edRy2iPPhTXYEUusmsZU2feTEqGByRPrgDQ/viewform?fbclid=IwAR1RkBx6Fj1ZZ9_oH1I2L1-YaoMUg6fCZPWZbjH4nkF-BOC5rNctEsmCPqI

Vous pouvez bien entendu répondre aux deux questionnaires si vous vous sentez concerné.es par les deux.

Merci pour votre aide qui nous sera précieuse !!

Lucie, Maud, Pauline et Manon

Travail scientifique: L´auteur fanfiction
 par   - 4063 lectures  - 6 commentaires [1 septembre 2022 @ 23:42]

Karl Helbig, un étudiant allemand, entreprend un travail scientific sur la fanfiction francaise comme genre litteraire. Quels sont vos opinions sur ses questions?


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Animes-Mangas

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City Hunter

A la fenêtre
[Histoire Terminée]
Auteur: MelleKaori Vue: 586
[Publiée le: 2019-09-25]    [Mise à Jour: 2019-09-25]
G  Signaler Général/One-Shot Commentaires : 2
Description:
Deux voix qui se croisent dans le silence d'une chaude nuit d'été.
Crédits:
Les personnages de "A la fenêtre" sont la propriété exclusive de Tsukasa Hojo.
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A la fenêtre

[3679 mots]
Publié le: 2019-09-25Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Lors de mon adolescence j'ai été interpellée par une phrase (une maxime? un proverbe? une supposition éclairée? un pessimisme voilé?...à vous de définir) à savoir: le mariage est un duo ou un duel. Je suppose que les réminiscences du passé ont influencé cet écrit entre ombre et lumière mais, parce qu'il y a toujours un "mais", je n'ai pas totalement basculé du coté obscur…

Je rentre enfin, et beaucoup plus tard que je ne l'avais envisagé. Je n'ignore pas que tu n'es pas endormie, quelle que soit l'heure, tu m'attends avant de renoncer à ton combat contre le sommeil. Cette nuit ne fait pas exception à la règle, pourtant j'espérais être de retour bien avant...Mes contacts en ont décidé autrement, il fallait que je vérifie la véracité de leurs renseignements et maintenant que tout est réglé, je peux regagner notre appartement. J'escalade les marches qui me séparent de toi, elles ne m'ont jamais paru aussi nombreuses.

Je parcours encore et encore la blanche rondeur de l'astre lunaire qui illumine l'obscurité, je me suis installée ici pour contempler ce disque constellé de cratères, aux noms si poétiques. Quand il luit, de toute sa plénitude dans l'immensité sombre, tu rentres systématiquement plus tard, à croire qu'il influe négativement sur les comportements humains. Mon attente m'a paru interminable, une fois de plus. Je sais que tu t'apprêtes à franchir le seuil de notre appartement, je t'ai vu apparaître au coin de la rue, en contrebas.

J'encaisse leurs reproches, chacune d'elles me transperce aussi douloureusement que la tristesse qui emplit ton regard lorsque tu me vois sur le point se sortir. Je marque une pause, réalisant que je redoute l'ouverture de cette porte qui se dresse entre toi et moi. Je ressens ta présence plus fortement qu'à l'accoutumée, non seulement tu ne dors pas mais en plus tu patientes dans le salon. Tu abats les montagnes que j'érige, à coups de noisettes pétillantes et de sourires désarmants. Je sais pertinemment que je ne les trouverai pas sur ton visage lorsque j'ouvrirai cette porte, j'en perds un peu de mon assurance.

Je ne veux surtout pas connaître les raisons de ce «  contre-temps  », tu es rentré, l'angoisse qui m'étreignait s'estompe peu à peu, une forme d'apaisement la remplace. Je m'abîme dans la mer de la tranquillité. Quelle ironie, je suis à des années-lumière de la quiétude. Je suis comme la lune, une observatrice essuyant les tempêtes. Je ne suis qu'une poussière qui gravite autour de toi, je me suis heurtée à toi et les miettes que j'ai réussi à te grappiller ont fait de moi ce que je suis. Aurai-je un jour la force nécessaire pour me soustraire à cette interaction gravitationnelle  ?

Je suis déjà assailli par ta mélancolie et j'exècre ce sentiment que je t'inflige. Tu n'as pas conscience de la force d'attraction qui émane de toi, je suis l'unique responsable de cette dénégation, je suis passé maître dans le sabotage de ta confiance en toi, tu as fini par abdiquer face à mes remarques incessantes. Il est préférable que tu n'apprennes pas que moi, l'artificier minutieux et efficace, je suis la première des victimes des déflagrations des bombes que je te lance.

Je n'y crois pas à l'nteraction...Non, je n'ai pas la moindre influence sur toi. Tu n'obéis pas aux lois de la physique élémentaire. Toi, tu ne considères que les éléments de leur physique....J'ai perdu le compte de toutes les fois où tu m'as signifié que le mien laissait à désirer. C'est une ineptie, pas d'interaction. À n'en pas douter, je suis régie par l'attraction et toi par la répulsion. J'ai beau tenter de me raisonner, quoi que je fasse, quoi que tu dises, tu es, et tu resteras, le centre de mon univers, tandis que tu mets tout en œuvre pour m'expulser du tien. Tu t'y échineras toujours.

J'ai de plus en plus de difficultés à nier tes sentiments ainsi qu'à occulter ce que je ressens. Tu ne réalises pas à quel point tu as bouleversé ma vie, ni l'impact que tu as sur moi. Je me dois de réfréner mon inclination, si je ne le faisais pas, je risquerais de te perdre et ça, je ne le conçois pas. La plupart du temps, je contiens les gestes et les attentions que tu mérites, je te les accorde en demi-teintes lorsque je ne résiste pas à mes émois.

Je ne comprends pas pourquoi tu n'es pas encore entré dans l'appartement, peut-être envisages-tu de rebrousser chemin. Je n'ai pas respecté non plus mon rituel nocturne, je n'ai pas regagné mes pénates avant que tu n'ouvres la porte. J'aurais dû me lever dès que je t'ai entrevu, et pourtant je suis toujours là, dans l'encadrement de la fenêtre. Peut-être ai-je voulu t'informer que je ne peux dormir tant tu es loin de moi.

Je suis la cause de tes tourments, je suis le démon qui te brise les ailes, tu es l'ange qui me guide. Tu es le bien, je suis le mal. Te faire souffrir est la seule option pour te garder à mes côtés, pour protéger ta vie, moi je ne peux plus vivre sans toi. Mais toi, combien de temps encore supporteras-tu mes brimades  ? Tu es la flamme qui m'illumine, je suis la noirceur qui t'opprime. Je me décide à entrer sans bruit mais sans dissimuler ma présence, prêt à simuler mon détachement face à la peine que je t'inflige. Tu es mon bien, je suis ton mal, je ne te mérite pas.

Je ne veux plus faire semblant. Si j'admets auparavant le postulat de ton ignorance, à compter de cette nuit, tu sauras que je guette tes retours auprès de moi. Mais moi, je ne veux surtout pas savoir, je ne veux pas lire dans tes yeux comment tu as occupé ta soirée. J'oriente mon visage un peu plus vers la mer de la sérénité, juste pour y cacher les larmes que je n'arriverai bientôt plus à retenir. Elle sera l'unique réceptacle de ma douleur, telle est ma décision. Malgré l'océan de perles salées que je lui adresse, elle demeurera éternellement vide, tout comme moi.

Je me résous à ne pas rompre le simulacre de tranquillité qui règne dans cette pièce à l'instant même où je te découvre. Tu te perds au-dehors, à l'exact opposé de la porte que je viens d'ouvrir, tu te dérobes à mon regard. Je me contente de t'observer, de me nourrir de ta présence, de me repaître du contour de ton corps dans la lumière céleste. Je découvre une fine vapeur qui s'échappe de la tasse que tu serres entre tes doigts, en dépit de la chaleur de l'été, tu frissonnes.

Je fixe le cratère stérile, le témoin privilégié, de spectateur silencieux des marées émotionnelles auxquelles tu me soumets. Mon cœur s'emballe soudainement, il me confirme que tu es dans cette pièce avec moi. Ma main affirme son emprise autour de mon thé brûlant tandis que je m'essouffle sous le poids de ton regard. Sur ces constatations, je laisse filer mes larmes pour me concentrer sur le peu d'oxygène que j'arrive à aspirer. Quelle importance  après tout  ? Tu ne t'en soucies pas.

Je te vois manquer d'air et je voudrais me précipiter pour t'insuffler le souffle de vie que tu cherches infructueusement mais je ne le fais pas. Je ne bouge pas, je suis cloué au sol par l'indéniable vérité  : je suis celui qui t'empêche de respirer sereinement. Figé, j'assiste maintenant à l'éprouvant spectacle des larmes qui perlent le long de tes joues, même si tu fais tout ce qui est en ton pouvoir pour me les dissimuler. La culpabilité me ronge alors que mon cœur me hurle de m'élancer vers toi pour les chasser, pour en tarir la source.

Je pince mes lèvres pour contenir le sanglot qui emplirait le pesant silence autour de nous. Je sais que tu es là, que tu m'examines, que je ne parviens pas réellement à soustraire ma peine à ton regard. J'ai peur que tu prononces mon prénom, que tu enchaînes en me rabrouant une nouvelle fois, en me rappelant combien il est inutile que je reste ici à t'attendre. Pourtant tu n'ouvres pas la bouche, tu ne brises pas le silence.

Je te vois lutter, je te vois combattre contre le plus âpre des adversaires  : toi, cela fait bien longtemps que j'ai perdu ce duel. Autant que faire se peut, je maintiens l'illusion, je camoufle ma défaite, je ne veux pas prendre le risque de te perdre. Et là, je désire juste glaner de précieuses minutes de cet intermède paisible pour prolonger la trêve du jeu des faux-semblants qui régit notre quotidien. Aussi je ne proférerai pas un mot si cela permet de te garder auprès de moi encore quelques instants.

Je respecterai le silence, car c'est dans le silence que nous nous comprenons. Chaque fois que tu m'adresses la parole, tu ne fais que me blesser et pourtant je reste parce que je ne peux pas vivre sans toi. Je meurs à petit feu, tu es le poison qui s'insinue dans mes veines à chacune de mes pulsations cardiaques, mais ce serait bien pire d'être séparée de toi. Je feins ne pas avoir senti ta présence, je m'expose ainsi à tes railleries cinglantes bien que je n'aie absolument pas le courage de les affronter.

Je ne céderai pas même si cette mascarade nous torture tous les deux, enfin elle te torture largement plus que moi. Cependant, tu n'es pas sur le point de capituler et je ne peux ma détacher de toi. Je connais les moindres détails de l'éventail de tes émotions et de ces infimes variations qu'elles provoquent en toi. Du plus petit tressaillement de ton souffle aux imperceptibles frémissements du grain de ta peau. Accaparée par ta lutte, tu ne prêtes pas attention aux manifestations épidermiques que je discerne.

J'épie les signes de vie nocturne, essentiellement de petites créatures en promenade ou à la recherche de nourriture. Des bourrasques de vent soulèvent tout ce qui se trouve dans leurs sillages, feuilles, papiers, pas de jupes cette fois... L'une d'elles fait tournoyer un parapluie sur le trottoir, plus cet homme se lance à sa poursuite et plus je m'identifie à lui, mes lèvres s'étirent malgré moi, c'est l'histoire de ma vie, courir après le vent.

J'aime te voir replacer une mèche indisciplinée derrière ton oreille, hausser légèrement les épaules, apercevoir tes dents poindre entre les rideaux framboisés de tes lèvres comme tu le fais maintenant. Néanmoins, ton rire n'emplira pas le silence, il se raréfie et ce n'est que la conséquence de mes détestables agissements.

Je suis sa lutte contre les éléments naturels, il réussit à le rattraper puis à le refermer pour le serrer contre lui et subir la pluie chaude qui imbibe ses vêtements légers. Je n'avais même pas remarqué les premières gouttes de pluie s'écraser sur le bitume, elles me font sursauter lorsqu'elles frappent les carreaux. Il lutte contre la nature, moi je me suis résignée, j'ai cessé le combat. Tu as imprégné chacune de mes cellules, chaque battement de mon cœur n'est destiné qu'à toi.

Je ne sais pas ce que tu observes par-delà la vitre, tu demeures muette et quasiment immobile, tu es aspirée par ce qui se déroule dehors. Je vois ton sourire disparaître, m'apportant dans sa fuite l'impulsion de vouloir tout faire pour qu'il revienne, mais je ne me hasarderai pas à te faire pleurer de nouveau. À présent, j'en ai la certitude absolue, tu ne te tourneras pas vers moi et tu ne me diras rien.

Je constate que mon thé est froid, tu as aspiré mon oxygène et la chaleur de mon corps. Je manque d'air, je déteste cette perte de contrôle que tu provoques en moi. Je ne suis rien, je ne suis rien sans toi, je ne suis rien pour toi. Je ne suis qu'une promesse, qu'un fragment de passé, que pourrais-je inscrire sur mon C.V. si j'osais postuler pour un emploi  ? Assistante énamourée du plus obsédé de tous les nettoyeurs, certainement pas la plus glorieuse des expériences. De plus, tu te refuserais à rédiger la moindre ligne positive me concernant.

Je ne sais pas depuis combien je suis statufié devant cette vision de toi. Assez pour que les volutes chaudes aient totalement disparu, tu as porté si souvent la tasse à tes lèvres, que je sais qu'il ne reste que le contenant et plus aucun contenu. Je ne cillerai pas, je ne veux pas que tu quittes ton poste d'observation, je veux que tu demeures dans cette pièce avec moi. Ègoïstement, je laisse filer le temps, je profite de toutes les minutes que tu passes ici pour m'abreuver de toi.

Je n'ai plus de raison de m'éterniser ici puisque tu es enfin rentré. Ma tasse est vide, plus de liquide, plus de chaleur, mais tu es là...à m'étudier. Non, je me trompe, c'est la lune qui bénéficie de ton attention, certainement pas moi. Je n'ai qu'à attendre que tu te lasses pour quitter mon observatoire. Les battements de mon cœur auraient dû ralentir, c'est incompréhensible. Je colle davantage mes épaules dans l'encadrement de la fenêtre pour y puiser la force qui me fait défaut, je lutte toujours pour respirer.

Je suis capturé par ton profil. Tu t'adosses doucement contre l'étroit décrochement et tu m'offres le parfait négatif de toute ta lumière. Ta silhouette se détache de la blanche rondeur que tu contemples, la féminité que je rabroue sans cesse me nargue insolemment. Je vagabonde le long du galbe de ta cuisse, j'enrobe la pliure de ton genou, je me promène sur ton mollet avant de déguster la finesse de ta cheville pour ensuite embrasser ton coup de pied. Je remonte tes jambes afin de parcourir tes courbes. Mes yeux les cartographient, exhaustivement, comme si je les découvrais pour la première fois.

J'ai peur d'apercevoir ton reflet à côté du mien, cela te ferait paraître si proche de moi, tu me mets au supplice à rester avec moi. Pourquoi ne pars-tu pas  ? Je pose la porcelaine et je m'étire en soupirant. Il fait encore si chaud à cette heure tardive, la pluie rafraîchira à peine le sol inondé de soleil brûlant depuis plusieurs jours. Si je sortais pieds nus sur le toit, je pourrais sentir une moiteur agréable sous mes voûtes plantaires, peut-être cela dissiperait-il le hérissement de ma peau.

J'ai de plus en plus de difficulté à résister à l'appel de ton corps. Encore plus lorsque tu soupires en t'étirant, tes lèvres s'entrouvrent, ton buste se gonfle, je ne peux m'empêcher de basculer dans la divine cambrure de tes reins. Tu n'imagines pas à quel point , en te courbant ainsi, tu attises mon désir d'y river une main, l'autre se dédiant à maintenir tes poignets juste au-dessus de ton visage.

Je regarde la lune. Voilà ce que je suis, un fragment de terre, un fragment stérile. Je n'existe que dans ce temps infime que tu me concèdes. Je laisse à mes larmes le temps de sécher, j'ai leur goût de sel sur mes lèvres. Je ne comprends pas pourquoi tu n'as ni rejoint ta chambre ni rompu la sérénité du silence. Je sermonne mon esprit qui se met à divaguer, à rêver d'une parole ou d'un geste tendre que tu ne feras jamais.

Je m'attarde sur ton épaule nue et je reprends ma dérive sur ta poitrine qui se soulève à chacune de tes inspirations. La finesse du rempart qui la dissimule en révèle toute sa perfection, j'ai beau proclamer le contraire, tes collines tentatrices sollicitent mes appétits charnels. Ma faiblesse l'emporte sur ma raison, mon regard prodigue à tes rondeurs ce que mon cerveau interdit au reste de mon corps.

Je ne dirai rien, je ne TE dirai rien, je ne t'approcherai pas, je souffre à l'idée de sentir le parfum d'une femme mêlé à l'odeur de ta peau et je ne veux surtout pas en avoir la confirmation en passant trop près de toi. Tu es revenu dormir ici, tu es sain et sauf, maintenant je peux rejoindre Morphée. Je ne le supporte plus, il faut que je m'éloigne de toi. Je n'irai pas sur la terrasse, je ne prendrai pas le risque de te croiser et de me retrouver face à toi.

Je m'égare dans mes désirs, je caresse, j'embrasse, je goûte. Ton corps réclame de légères arabesques puis implore d'audacieuses errances. Je te dévore, je t'assiège, je te capture. Tu es à moi. Pourtant, tu m'enveloppes de tes frémissements, tu m'emprisonnes dans de timides oscillations qui m'asservissent inexorablement. J'épouse alors ton rythme avant de t'imposer le mien pour que ta mort m'entraîne dans son sillage. Je suis à toi.

Je m'attache à ne pas me tourner lorsque je me redresse, puis du plat de la main je lisse le tissu et je quitte mon mirador pour rejoindre ma chambre. Mutique, je gravis l'escalier, lorsque je remonte le couloir, les grincements plaintifs du parquet sous mes pas te soupirent tous les maux que j'ai contenu ainsi que toutes les paroles que je ne t'ai pas adressé. Pas de remarque quant à ma veille, pas de critique sur ma boisson, pas de dénigrement de la petitesse de ma chemise de nuit, rien de désobligeant quant à mes déplacements peu discrets. Tu es bien fatigué ce soir...

Je te vois te lever, réajuster la dentelle sur tes cuisses, tu ne remontes pas la fine bretelle qui a glissé le long de ton épaule et qui zèbre ton bras. Impassible, je respecte ta décision de nier ma présence, as-tu seulement idée de ces pensées qui m'assaillent  ? Non, tu es si pure, si angélique, si éloignée des autres femmes que je côtoie. Les dernières secondes s'allongent perfidement dans une divine transparence. Ton hypothèse est fausse, je n'ai pas cédé à mes pulsions, tu hantais chacune de mes pensées.

J'aurais pansé tes blessures si cela avait été nécessaire, mais cette nuit tu n'as pas besoin de moi. Je n'allume pas, je traverse ma chambre comme je traverse ma vie, à l'aveugle. Je me faufile entre les draps en tentant de quitter ma souffrance, et ma souffrance c'est toi. Je la délaisse pour subir ma frayeur silencieuse, je la cache pour ne pas te gêner, tu t'es probablement servi un whisky, c'est ce que tu fais à chaque fois avant d'aller te coucher.

Je veux garder l'esprit clair pour la suite des évènements, pas d'alcool. C'est dans ta fragilité que je puise ma force, c'est ta force qui me fragilise, tu es le centre de mon univers. Je dissipe les pensées impures qui imprègnent encore mon cerveau, et je patiente encore quelques instants avant de bondir du canapé pour me précipiter dans ta chambre. Tu ne réagis pas lorsque je te rejoins, tu t'es ensevelie sous les draps mais je n'ai aucun mal à t'envelopper, tu es bien trop effrayée pour me résister.

J'hésite à me blottir contre ton torse, à me fondre complètement dans le cocon que tu m'offres. Mon souffle se raccourcit, mon cœur bat à tout rompre, tu m'étreins si fort que tu dois le percevoir. J'abdique puis je m'agrippe, je me nourris de toi. Et toi tu me serres encore plus fort, je ne suis plus que gémissements étouffés dans la prison de tes bras. Mon front se presse sur ton cou, je laisse échapper un cri, un seul.

Je regarde les ombres qui se dessinent sporadiquement sur le plafond de ta chambre tandis que tu te colles un peu plus contre moi. Ta respiration chaotique se meurt dans mon cou, tes lèvres frôlent ma peau quand tu cries mon prénom, submergée par l'intensité de tes émotions, tu te contractes autour de moi, irradiant chaque parcelle de mon être.

Je suis à bout de souffle et je suis dans tes bras. Peu à peu, je reprends pied dans la réalité, ton corps puissant plaqué contre le mien, la douceur de ta peau sous mes doigts, ma nuque prisonnière de ta main, mes cheveux qui frôlent ta joue, ton odeur et rien que la tienne. Je me suis trompée. Les minutes défilent dans les ténèbres qui nous entourent, précautionneusement tu me bascules entre les draps, puis tes yeux cherchent à croiser les miens, probablement encore un peu hagards.

Je vois que tes lèvres en tremblent encore, il te faut un peu de temps pour rassembler tes esprits puis tu rends les armes d'un battement de paupières, et tu te cales au plus près de moi. J'écoute ta respiration ralentir lentement jusqu'à devenir profonde et régulière, avant d'écarter les mèches rebelles de ton visage si serein à présent. Rassérénée tu t'es assoupie dans mes bras, je peux alors m'autoriser à effleurer ton souffle et tes lèvres avant de t'enlacer fermement, pour veiller comme il se doit sur ton sommeil. Il ne peut en être autrement, ce n'est que la première manche, le vacarme de la nature résonnera encore dans les heures à venir. C'est pour ça qu'il fallait que je ne rentre pas trop tard, tu as toujours eu si peur de l'orage mon ange.


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