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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1487 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Le temps n'est pas toujours perdu
[Histoire Terminée]
Auteur: BakaRangers Vue: 1550
[Publiée le: 2014-08-05]    [Mise à Jour: 2014-08-08]
G  Signaler Romance/Humour/Action-Aventure/Surnaturel/Amitié Commentaires : 12
Description:
Ichigo Kurosaki n'aurait jamais imaginé qu'un jour sa maison puisse être squattée par une bande de Shinigamis, encore moins lorsque deux d'entre eux ont rajeuni d'un siècle.
Crédits:
Les personnages et l'univers de Tite Kubo (Bleach).
Seuls certains personnages secondaires sont à moi.
<< ( Préc )
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Un siècle à vivre

[23695 mots]
Publié le: 2014-08-08Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Salut !
Cette deuxième partie est sortie juste avant que je parte en vacances et je n'ai pas eu le temps de dire tout ce que je voulais, je le fais donc maintenant.
Manou et moi avons reçu de nombreux commentaires positifs pour Un siècle à refaire et je peux vous assurer que ça nous a rendu plus qu'heureuse (et j'ai été super motivée pour écrire) !
Soyez contents, le délais d'attente pour vous a été beaucoup plus court que pour mes lecteurs de skyrock (ils on patienté des mois les pauvres). Enfin vous auriez tous attendu très longtemps si une moissonneuse batteuse n'avait pas sectionné les fils qui reliant ma maison, nous privant d'internet et de téléphone. Et comme je n'avais strictement rien d'autre à faire, j'ai écrit (internet n'est revenu que trois jours avant mon départ, ce sont vos encouragements qui m'ont aidés à boucler l'histoire en si peu de temps).
J'espère vraiment que ce chapitre final sera à la hauteur de vos attentes, malgré son ambiance vraiment différente de celle d'Un siècle à refaire. J'ai relu et ai corrigé pas mal de fautes, alors j'espère que le nombre de celles qui ont su passer entre les mailles du filet n'est pas trop important. Ah, et j'espère ne pas avoir trop fait d'OOC (bien que Byakuya sera forcément un peu différent que celui du manga).
Cette fois la longueur du texte est de presque 36 pages complètes. (je m'améliore ! //ZBAAFF//)

Bonne lecture !

Signé : Manou & Nanou (Baka Ranger Pink & Baka Ranger Black)

Un siècle à vivre


Comme chaque matin depuis cinq ans, Kurosaki Yuzu eut une intense envie de lancer son portable par la fenêtre de sa chambre. La raison était toute simple : depuis cinq ans, depuis qu'il était parti, la meilleure amie de Yuzu -Fueko qu'elle s'appelait- trouvait un moyen de lui sortir une citation concernant l'amour. Au début, elle les écrivait sur un bout de papier et lui faisait passer en cours ou bien les glissait dans la boite aux lettres. Mais depuis qu'elles avaient un portable, la jeune femme les recevait par SMS chaque matin. Et ce jour là, elle avait droit à une citation de Charles Beaudelaire : « L'amour est un rose, chaque pétale, une illusion, chaque épine, une réalité. ».

Ce n'était pas que Yuzu les abhorrait, au contraire, elle les trouvait particulièrement belles, mais, à chaque fois qu'elle lisait ou entendait le mot « amour », son cœur se serrait.

Elle rangea son portable en soupirant. C'était leur petit rituel, et en un sens, recevoir ces messages chaque matin rassurait la jeune Kurosaki : c'était le signe que tout allait pour le mieux, peut être pas dans le meilleur des mondes mais c'était un petit train-train quotidien qui ne s'interromprait que lorsque quelque chose de vraiment grave arriverait.

Ça me va, tant qu'elle ne me ressort pas ce truc chargé d'un bon million de sous-entendus, pensa-t-elle.


Yuzu alla préparer le petit déjeuner, avala le sien rapidement pour pouvoir utiliser la salle de bain avant que tout le monde ne s'y presse. On avait beau être au début des vacances d'été, les journées étaient toujours chargées pour la famille Kurosaki : Isshin -le père- devait travailler à la clinique familiale ; Ichigo -le fils aîné- chassait du Hollow ou retrouvait ses amis, quand il ne sauvait pas le monde ; Karin -la jumelle de Yuzu- s'entraînait au foot ou retrouvait des amis.

Ce jour-là, Yuzu devait passer la journée avec Fueko et Rei, son autre meilleure amie.


La jeune femme se doucha et s'habilla avant de redescendre dans le salon. Elle croisa son frère et sa sœur, attablés dans la cuisine.

-Bonjour Oni-chan, Karin-chan !

-'jour ! lança Ichigo.

-'lut ! répondit Karin.

-Bon je vous laisse !

-Attends Yuzu ! l'appela le rouquin.

-Quoi ?

-Papa est déjà parti travailler ?

-Oui, il s'est levé avant moi.

-D'accord, bonne journée et sois prudente !

-Comme toujours ! Bonne journée Oni-chan !

Sur ce, elle sortit.


Elle retrouva ses amis dans le parc de Karakura. Bien sûr, elle fut à peine arrivée que Fueko lui demanda ce qu'elle avait pensé du message. Son amie haussa les épaules en assurant que c'était très beau mais qu'elle et l'amour « ça faisait quatre ». Les deux autres n'eurent pas l'air très convaincues mais elles n'insistèrent pas.


Les trois jeunes femmes s'entendirent dans l'herbe fraîche, profitant du calme qui régnait sur le parc avant que celui ne soit envahi par les enfants au cours de la journée.

Plusieurs dizaines de minutes plus tard, Yuzu se retrouva à remonter la liste des messages qu'elle avait reçu sur son portable pour retrouver une information que cherchait Rei. Mais voilà, au cours de sa recherche, elle tomba sur ce qu'elle ne voulait absolument pas lire.

« Tu peux tenter de mentir à ce qui se trouve dans ta tête, mais tu ne pourras jamais mentir à ce qui se trouve dans ton cœur. »

Elle se figea. Ses mains tremblèrent, faisant trembler l'objet avec elles. Surprises, ses amies lui demandèrent ce qui n'allait pas. Comme elle n'obtinrent aucune réponse, elles lurent ce qui était affiché sur l'écran.

-C'est cette fameuse citation, soupira Rei. Pourquoi tu ne la supprimes pas si elle te met dans cet état à chaque fois que tu tombes dessus ?

-J'ai promis à Fueko de ne supprimer aucune de celles qu'elle m'envoie, répondit-elle quand elle recouvrit l'usage de la parole.

-Oui enfin celle-là je t'ai dit que tu pouvais, se défendit l'intéressée. Il m'a suffit de voir ta réaction pour me faire une raison.

En effet, le jour où elle avait reçu cette fameuse phrase, Yuzu avait été dans une colère noire toute la journée et avait déprimé pendant près de trois jours.

-Je me demande si tu n'es pas sado-maso ou suicidaire Fueko, lança Rei.

-Hein ? Mais pas du tout !

-Oui enfin on sent les sous-entendus rien qu'en la lisant.

-C'est pas fait exprès !

-Ou pas.

-Non, enfin peut être, mais je me suis dit qu'un petit message comme celui-ci, camouflé au milieu des autres, ça passerait mieux.

-Ou pas.

-Raaa mais tu vas arrêter oui ?!

Yuzu n'écouta la fausse dispute de ses amies que d'une oreille. C'était leur façon d'être amies, s'embêter gentiment. Une nouvelle fois, elle tenta d'effacer le message. Mais au moment d'appuyer sur « supprimer », elle craqua et revint en arrière. C'était toujours pareil, elle ne pouvait tout simplement pas l'enlever. Elle avait essayé à maintes et maintes reprises mais au dernier moment elle changeait toujours d'avis et le laissait.


La jeune Kurosaki se dépêcha de trouver l'information que cherchait Rei et s'empressa de ranger son portable. Une heure plus tard, elles quittèrent le parc pour aller se balader.

Sur le chemin, elles croisèrent Suzuki. Celle-ci les salua brièvement et elles firent de même. Voilà cinq ans qu'elles n'étaient plus amies, depuis que Karin avait interrompu sa tentative de drague sur lui. Du point de vue de Yuzu c'était mieux ainsi, surtout qu'elles gardaient de bonnes relations.

Elles poursuivirent leur route, la jeune femme riant d'une blague de Fueko. Elle ne se doutait pas qu'un événement ferait basculer sa vie, à nouveau...


En milieu d'après-midi, alors qu'elles longeaient le canal, Yuzu s'arrêta brusquement. Rei, qui faillit lui rentrer dedans, lui demanda ce qui n'allait pas. Son amie ne répondit pas. Elle leva le regard et scruta le ciel en tournant la tête. A ses sourcils froncés et ses yeux inquiets, elles devinèrent que quelque chose n'allait pas. Elle se mordilla la lèvre et posa son regard chocolat sur les deux étudiantes.

-Rentrez chez vous, dit-elle. Vite.

-Pourquoi ? demanda Rei.

-C'est à cause de ces montres... les Hollows ? s'enquit Fueko.

-Je n'en suis pas sûre, répondit la jeune Kurosaki, mais j'ai l'impression que quelque chose cloche. Faites ce que je vous dis, s'il vous plaît. Je serais plus tranquille si je vous sais à l'abri...

-Oui, bien sûr, on va rentrer, assura Rei.

-Après tout tu ne te trompes jamais, approuva Fueko.

C'est bien ma seule compétence en matière de spirituel, pensa amèrement leur amie.

Les deux humaines se hâtèrent donc de rentrer chez elle tandis que Yuzu s'engageait dans la rue la plus proche. La clinique n'était pas très loin et elle espérait être chanceuse, bien que c'était une chose qui lui faisait cruellement défaut.


Sa capacité à attirer les Hollows se démontra une fois de plus puisqu'elle se retrouva nez à nez avec l'un deux, une minute à peine après avoir laissé ses amies.

Elle pesta et plissa les yeux pour voir la créature. Il lui sembla entrapercevoir les contours flous d'une bête mais ils disparurent rapidement.

Elle crut entendre l'air siffler et se baissa au dernier moment, juste à temps pour éviter un coup qu'elle devina mortel. Abandonnant son sac, elle roula sur le côté et se redressa sur un genou en fermant les yeux pour tenter désespérément de capter un bruit qui trahirait sa position. Mais rien. Sentant la peur l'envahir petit à petit, elle se remit debout et recula. Malheureusement, elle sentit bien trop vite le mur contre son dos. L'humaine serra les dents. Il ne lui restait plus qu'une seule option : attendre jusqu'à ce que son frère, sa sœur, son père ou n'importe quel Shinigami passe par là et abatte le Hollow. Mais cela pouvait arriver aussi bien dans une seconde que dans plusieurs heures.

Si je meurs à cause d'un Hollow, Oni-chan ne s'en remettra jamais, songea-t-elle. Ni Karin-chan et papa.


Yuzu sentit l'immeuble contre lequel elle était adossée trembler et leva les yeux juste à temps pour voir un pan du mur se décrocher. Le monstre avait probablement donné un coup dedans. Elle courut plus loin pendant que le béton s'écrasait sur le sol dans un grand fracas Mais sa tentative de fuite fut stoppée quand elle reçut un violent choc au niveau du ventre qui la fit cracher du sang et voler sur plusieurs mètres en arrière. Elle heurta les décombres du bâtiment et sentit la douleur l'envahir. Elle était incapable de bouger et, sonnée, tentait tant bien que mal de se rendre compte de sa situation. Elle leva les yeux et, le souffle court, guidée par une voix lointaine dans sa tête, articula un nom. Un nom qu'elle chérissait et haïssait en même temps. Un nom auquel elle ne préférait plus penser en temps normal. Son nom. Byakuya.


Tout à coup, la jeune femme entendit la plainte proche et lointaine du Hollow. Elle vit le béton se fissurer, d'énormes morceaux être arrachés, puis plus rien.

Un grand silence s'en suivit. Elle se redressa, se mit à genoux et appuya ses mains sur le sol. Elle ne sentit rien, jusqu'à ce qu'une légère brise se lève. Alors, elle perçut une présence, juste devant elle. Quelqu'un qui s'agenouillait à son tour. Quelqu'un qui lui fit retrouver des sensations qu'elle croyait à jamais disparues... Elle crut sentir quelque chose effleurer ses lèvres. Son cœur se serra à la fois de bonheur et de tristesse. Et soudainement la présence disparut, la brise cessa.

Tout s'était passé si vite qu'elle crut avoir rêvé.


Plusieurs minutes après, alors qu'elle rentrait chez elle -son sac récupéré- en s'appuyant sur les murets des jardins pour ne pas tomber, Yuzu croisa sa sœur.

-Yuzu ! s'inquiéta cette dernière. Tu es tombée sur un Hollow ?! Ça va ?!

-Mais oui, mais oui, tenta-t-elle de la rassurer. C'était trois fois rien, plus de peur que de mal.

-On dirait pas. J'ai l'impression que tu vas t'écrouler.

Le garçon manqué passa l'un des bras de sa jumelle sur ses épaules et la soutint tandis qu'elles marchaient.

-T'as une mine affreuse, continua-t-elle. Ichi-ni va nous faire un arrêt cardiaque en te voyant.

Yuzu laissa échapper un petit rire.

-C'est si terrible que ça ? demanda-t-elle.

-Ben...

Karin la scruta de la tête aux pieds : son visage, ses bras et ses jambes étaient écorchés, elle avait du sang à la commissure des lèvres, un air fatigué et surtout elle grimaçait à chaque mouvement de son dos.

-Ouai, finit-elle.

-Et toi ? s'enquit Yuzu pour changer de sujet. Tu as croisé des Hollows ?

-Un seul.

Elle hésita avant de dire :

-Je l'ai explosé.

Évidemment, elle n'avait pas passé cinq ans à se prélasser : elle avait appris à lutter contre les Hollows.

-Ça c'est une bonne nouvelle, s'exclama sa jumelle.

Sur le coup, la jeune sportive ne sut dire si elle était ironique ou non.

-En tout cas, fit Karin, la prochaine fois appelle-moi que je puisse venir t'aider.

-J'aurais bien voulu, mais j'ai du lâcher mon sac.

-Attends une seconde, comment tu t'en es sortie au fait ?

Karin-chan devient comme Oni-chan, pensa Yuzu, très longue à la détente.

-J'en sais rien, répondit-elle. Je l'ai juste entendu pousser un hurlement puis j'ai vu le goudron se casser et après plus rien.

-Sûrement un Shinigami.

-Sûrement...

Elles arrivèrent devant chez elles.


Karin poussa le portillon et aida sa sœur à marcher jusqu'à la porte, qu'elle ouvrit. Elle l'aida ensuite à retirer ses chaussures et la soutint jusqu'au salon. Là, elles se figèrent.

-Yuzu ! Karin ! Vous êtes rentrées ! lança Ichigo. Mais ? Yuzu ! Qu'est-ce qui t'es arrivé ?!

-Question stupide Ichi-ni, lâcha la brune. C'est carrément évident.

-Ah, mais ne t'inquiètes pas Oni-chan ! s'empressa d'ajouter Yuzu en voyant la tête de son frère. J'ai pas mal du tout ! Hé hé...

-Tu n'es pas très convaincante Yuzu-san, fit remarquer Uryu.

-C'est sûr, presque autant qu'Inoue-san, renchérit Renji.

L'intéressée ignora la dernière remarque et se dirigea vers la jeune Kurosaki. Le rouquin attrapa une chaise et la fit s'asseoir dessus tandis que la guérisseuse utilisait son pouvoir.

Yuzu se sentit tout de suite mieux. Elle remercia la belle aux cheveux auburn et affirma une nouvelle fois au Shinigami remplaçant que tout allait bien.

-Bon, dit Karin, maintenant qu'elle va mieux on peut savoir ce qui se passe ?

Effectivement, dans le salon il y avait les jumelles, Ichigo, Orihime, Renji et Uryu mais aussi Rukia, Toshiro, Rangiku, Chad ainsi que...

-Attends mais c'est... s'étonna le garçon manqué, Shuuhei-chan ?

-Et oui, répondit celui-ci en souriant.

-Sérieux ? Mais t'es vachement grand en fait !

-Ben oui, j'avais cent ans de moins alors forcément j'étais petit il y a cinq ans. Vous, par contre, vous avez bien grandi.

Il faut dire que les sœur Kurosaki étaient à présent âgées de dix-huit ans et avait pris une trentaine de centimètres.

-Et donc, poursuivit Karin, là-bas c'est...

Il y eut un instant de silence.

-Byakuya-san, termina Yuzu.

-Yuzu ! s'offusqua sa sœur. Tu as brisé tout mon effet de suspense !

-Oh pardon, s'excusa-t-elle, mais tu mettais du temps alors bon...

-C'est vrai. Bon c'est pas grave. Sinon, qu'est-ce que vous foutez ici ?

-Nous aussi on est content de te revoir, soupira Renji.

-Ou pas, répliqua Toshiro, enfin pour répondre à ta question, on est en mission.

-Mais encore...?

-Le type qui a rendu Kuchiki et Hisagi enfants -ou presque- il y a cinq ans serait venu se cacher à Karakura.

Les deux sœurs échangèrent un regard puis se tournèrent vers leur frère qui hocha la tête. Rukia leur expliqua d'un air rassurant qu'il s'agissait de le retrouver, de trouver son objectif et, si besoin est, de l'arrêter. Elle ajouta que ceci ne devrait pas prendre trop de temps.

Rangiku s'exclama joyeusement qu'en attendant ils allaient squatter chez les Kurosaki. Karin demanda alors si elles avaient interrompu une réunion stratégique, puisqu'Uryuu, Chad et Orihime étaient là aussi.

-Pas vraiment, répondit Ichigo, ils sont là parce que de nombreux Hollows ont débarqué, ce qui est sûrement lié au type qu'on cherche, et qu'ils ont aidé à les détruire.

-Et, puisqu'on parle de Hollow, fit Yuzu innocemment, lequel d'entre vous s'est occupé de celui qui m'attaquait ?

Il y eut un grand silence, durant lequel tous s'observèrent.

-Ben, c'est pas moi même si j'aurais bien voulu, dit le rouquin.

-Ce n'est pas moi non plus, déclara Rukia.

Un à un, ils répondirent tous par la négative. Yuzu croisa le regard acier de Byakuya et elle sentit son cœur s'emballer. Mais, quand Renji se tourna vers lui en demandant « Capitaine ? », il secoua la tête négativement.


Au final, personne ne savait qui avait sauvé Yuzu. Le Shinigami remplaçant, dans un rare moment d'intelligence, émit alors l'hypothèse que c'était l'une des flèches d'Uryuu, une flèche perdue en quelque sorte, qui avait sauvé la jeune femme.

-C'est possible, approuva le Quincy en remontant ses lunettes.

-Dans ce cas, merci Ishida-san ! s'exclama la jeune Kurosaki.

Elle avait beau sourire et avoir l'air convaincue, elle ne pouvait s'empêcher de penser que ce n'était pas une flèche qui l'avait sauvé mais bien un Shinigami. Un Shinigami présent dans ce salon et qui avait menti. Elle avait vraiment senti une présence ! Et ce baiser lui avait paru réel... !

Ce ne peux pas être mon imagination ! … Non ? se demanda-t-elle.


Le soir, tout le monde resta manger, si bien qu'ils furent treize à table La jeune cuisinière -aidée par Orihime qui avait promis de préparer un repas on ne peut plus normal- s'affairait dans la cuisine quand, le voyant passer, elle interpella Shuuhei.

-Shuuhei-chan ! Ah heu non, je ne peux plus t'appeler comme ça...

-Appelle moi comme il te plaira Yuzu-san, assura-t-il.

-Ben non, tu m'appelles Yuzu-san alors je dois changer ma façon de t'appeler !

-Si tu veux, céda le Shinigami en riant.

-Alors, réfléchit-elle à voix haute, Shuuhei-sama ?

-Sûrement pas.

-Heu... Shuuhei-san ? Ou Shuuhei-kun ? A moins que...

-Shuuhei-kun ça va très bien.

-Tu es sûr ?

-Absolument sûr.

-Bon très bien. Alors Shuuhei-kun peux-tu me passer le grand couteau qui est dans le tiroir derrière toi ?

Il lui passa l'objet en lui conseillant d'être prudente pour éviter qu'elle ne se blesse. L'humaine lui adressa un sourire moqueur et lui assura qu'elle avait l'habitude de manier les couteaux de cuisine depuis bien longtemps.

Sur ce, ils entendirent Renji appeler le lieutenant de la 9ème Division. Celui-ci rejoignit son homologue de la 6ème, curieux de savoir ce qu'il lui voulait.


Regardant le brun tatoué s'en aller, Yuzu passa son regard sur toutes les personnes présentes dans son champ de vision -c'est-à-dire tout le monde-, tout en coupant ses légumes.

Soudain, ses yeux chocolat se posèrent sur le capitaine de la 6ème Division. Elle se figea, le couteau immobilisé au dessus de la planche à découper.

-Yuzu-chan ? Tout va bien ? s'enquit Orihime, inquiète de la voir ainsi pétrifiée.

-Oui oui, tout va très bien, dit-elle après les quelques instants qu'il lui avait fallu pour reprendre ses esprits. Je réfléchissais à quelque chose mais ce n'est pas très important.

La guérisseuse préféra ne pas insister et retourna à sa tache. La jeune Kurosaki, quant à elle, se remit à découper, les mains légèrement tremblantes. Elle s'y appliqua consciencieusement pour s'obliger à ne pas laisser son esprit s'évader.

Toutefois, il apparut bien vite que la jeune femme s'avérait incapable de s'empêcher de le regarder du coin de l'œil. Bien sûr, elle finit par croiser son regard. Ses joues rosirent et elle se détourna mais, une fraction de seconde après, elle le regardait de nouveau.


Ils s'observèrent pendant un certain temps, les yeux dans les yeux. Yuzu fut rassurée de voir que le regard qu'elle croisait n'était pas froid, distant. Il avait l'air si sérieux, si glacial et si neutre à présent, de plus le Shinigami lui avait affirmé que le caractère qu'il avait quand elle l'avait rencontré était aux antipodes de celui qu'il avait habituellement. Ce qu'Ichigo avait confirmé. Lui et les autres étaient encore choqués d'avoir connu un Byakuya « normal ».

La jeune femme était donc rassurée et elle se surprit à espérer qu'il se souvienne de tout ce qui s'était produit entre eux comme elle elle s'en souvenait -c'est-à-dire comme si c'était hier-.

Elle se gifla mentalement pour se remettre les idées en place.

Je m'étais promis de tout oublier, jusqu'à mes sentiments ! se réprimanda-t-elle.

Néanmoins, comment oublier cette question qui l'avait tourmentée pendant toutes ces années ? Elle s'était toujours dit qu'il ne reviendrait jamais, et maintenant qu'il était là, il lui était difficile de résister à la tentation d'aller lui parler pour tirer tout ça au clair. Et puis ce nouveau baiser avait chamboulé toutes ses certitudes. A moins qu'elle n'en ait rêvé...

Elle secoua la tête, sa partie optimiste reprenant le dessus. La jeune Kurosaki était sûre d'elle : tout ceci s'était bien produit.

Ou pas.

La partie négative l'emporta : Byakuya était un Shinigami, adulte, âgé de deux ou trois siècles, capitaine de la 6ème Division du Gotei 13, vingt-huitième chef de la famille Kuchiki, veuf qui plus est, et doté d'un caractère solitaire et froid.


Une voix la tira de ses pensées.

-Yuzu ?

L'intéressée observa sa jumelle d'un air interrogatif.

-Karin-chan ? Il y a un problème ?

-Moi non, toi par contre... Tout va bien ?

-Pourquoi ? Orihime-san m'a déjà posé la question.

-Ben on a raison de te demander parce que franchement Yuzu...

La jeune humaine s'inquiéta : qu'avait-elle fait alors qu'elle dérivait dans ses pensées ?

-Quoi ? s'enquit-elle peu rassurée.

-Tu relèves brusquement la tête, tu la secoues, enfin on dirait que tu es en plein combat intérieur.

C'est pas faux, se dit-elle intérieurement.

-Je réfléchissais, mais ce n'est rien de très important ! affirma Yuzu.

Karin n'eut pas l'air convaincue, mais avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, Rangiku -qui avait tout écouté, évidemment- intervint.

-Quand une fille est ainsi perdue dans ses pensées, c'est qu'il y a un mec là-dessous !

Les jumelles la dévisagèrent.

-T'es sûre de toi ? fit le garçon manqué.

-Absolument. Alors Yuzu, de qui es-tu amoureuse ?

-Q-...

-Qui monopolise ainsi tes pensées ?

-Mais...

-Allez avoue, je suis tout ouïe.

-Moi aussi je suis tout ouïe, lança une voix masculine.

-Oni-chan ! s'exclama Yuzu, surprise qu'il ait tout écouté.

-Alors, une confession à faire ?

-Ichi-ni, intervint Karin, si j'étais à sa place tu peux être sûr que je ne te le dirais pas, encore moins quand onze personnes ont les yeux braqués sur moi.

-Exactement ! approuva sa sœur. Et puis je ne suis pas amoureuse...

-Ma petite Yuzu, se moqua Rangiku, tu n'es absolument pas convaincante !

Rukia tira Ichigo plus loin pour lui changer les idées tandis que Karin tentait, tant bien que mal, de forcer le lieutenant de la 10ème Division à changer de conversation. Yuzu se promit de remercier sa jumelle plus tard.

Heureusement, les tentatives des deux jeunes femmes réussirent et la cuisinière put se remettre à couper ses légumes sans être embêtée de nouveau.


Lorsqu'Isshin rentra dans la soirée, il eut la surprise de découvrir un groupe de Shinigamis dans sa salle à manger. Une fois l'étonnement passé, il s'en réjouit et se mit à table.

-Décidément, lança-t-il, vous aimez squatter cette maison !

-Ce doit être à cause de l'ambiance, réfléchit Ichigo.

-L'ambiance ? intervint Rangiku. C'est moi qui la met l'ambiance !

-Ça dépend de quelle ambiance on parle, se moqua Rukia.

-Sinon, reprit Isshin, je vois que vous êtes redevenus vous-même Byakuya, Shuuhei !

-Encore heureux ! répliqua Shuuhei.

-Moi je trouve ça dommage, dit Renji.

-On voit bien que c'est pas toi qui es redevenu enfant Abarai.

-Je disais pas ça pour le physique, se rattrapa le lieutenant de la 6ème Division, plutôt pour le mental. Enfin vous voyez ce que je veux dire...

-Carrément ouais, approuva le Shinigami remplaçant.

-Aurais-tu un problème Renji ? demanda Byakuya en arquant un sourcil.

-Heu... Non, non, pas du tout capitaine !

Le repas se poursuivit dans une joyeuse atmosphère. Les sœurs Kurosaki se rendirent ainsi compte du changement qui s'était opéré quand les deux Shinigamis avaient retrouvé leur véritable apparence, et leur véritable caractère. Si Shuuhei n'avait pas tellement changé, elles avaient l'impression de rencontrer Byakuya une nouvelle fois. Yuzu s'y était préparée, mais à présent elle ne pouvait s'empêcher d'être mal à l'aise.


En fin de repas, Isshin reprit la parole et leur annonça qu'il partait environ deux semaines avec ses homologues de Karakura et de la ville voisine. A son plus grand désespoir, ses trois enfants -surtout deux en particulier- semblèrent se réjouir de la nouvelle. Son départ était prévu le lendemain matin, tôt, si bien que tout le monde alla se coucher. Mais, comme le fit remarquer Uryuu, il était près d'une heure du matin. Les trois amis humains d'Ichigo restèrent dormir sur place.


Yuzu se réveilla vers dix heures le matin suivant. Connaissant les autres, la grande majorité devait encore roupiller. Pourtant, les portes des chambres étaient ouvertes et il régnait un silence de mort. Elle descendit les escaliers, alla jusqu'à la cuisine et là, elle se retrouva nez à nez avec Byakuya. Adoptant une attitude faussement désinvolte, elle lui demanda où étaient passés les autres. Il expliqua qu'Uryuu, Isshin et lui s'étaient levés les premiers, vers sept heures. Le père Kurosaki n'avait pas voulu laisser passer cette occasion de réveiller son fils avec un coup de pied, et, évidemment, Ichigo avait très moyennement apprécié l'attention. Il avait donc gueulé -les commentaires d'Uryuu l'énervant encore plus-, ce qui avait réveillé Renji qui avait gueulé à son tour. Leur dispute matinale avait fini par réveiller Rukia et Toshiro, qui les avaient calmés de façon musclée. Seulement, vers neuf heures, au moment du départ de l'ancien capitaine, celui-ci avait fait une scène à la Isshin, ce qui avait valu un nouvel éclat de voix du rouquin -de très mauvaise humeur, il faut le dire- et ensuite une nouvelle dispute avec le lieutenant de la 6ème Division, alimentée par les commentaires du Quincy. Rukia étant à la douche et Toshiro luttant pour garder la maîtrise de lui-même, l'affaire avait duré assez longtemps pour réveiller Shuuhei et Chad, et plus tard Orihime, Karin et Rangiku -quoi que celle-ci était passée en mode zombie-.

Isshin parti, les garçons calmés, il fut impossible à toute la troupe de se rendormir -quoi qu'ils ne fussent pas bien frais-. Ils prirent donc leur petit-déjeuner, puis Chad et Uryuu rentrèrent chez eux, Rangiku embarqua Rukia et Orihime faire du shopping, Ichigo et Renji partirent se battre en dehors de la ville pour causer moins de dégâts, quant à Karin elle traîna Toshiro jouer au foot avec elle, accompagnée de Shuuhei qui avait décidé d'apprendre, pour passer le temps.

Résultat : voilà Yuzu et Byakuya seuls, tout les deux, dans la maison.

Sur le coup, la jeune humaine ignora si elle devait s'en réjouir ou non.

-Heureusement pour moi, dit-elle, j'ai fait insonoriser ma chambre il y a longtemps. Je ne pouvais pas supporter les cris matinaux de papa et Oni-chan, que ce soit des disputes ou autre.

Sur ce, elle petit-déjeuna à son tour.


Juste après, elle sortit son portable de la poche de son pantalon, curieuse de savoir à quel proverbe elle avait droit ce jour-là.

« Et comme chaque jour, je t'aime d'avantage, aujourd'hui plus qu'hier, et bien moins que demain. -Rosemonde Gerard »

Instinctivement, elle leva les yeux pour regarder Byakuya qui lisait, assis sur une chaise à un mètre d'elle. Il dut sentir son regard car elle put voir ses yeux l'observer à leur tour par dessus son bouquin. Elle croisa ses iris acier, rougit et rangea son téléphone en maudissant Fueko intérieurement.

-Il y a un problème ? demanda le Shinigami.

-Non, non pas du tout, s'empressa de répondre la jeune femme en se levant.

Elle alla ranger la vaisselle fraîchement lavée, accomplit quelques autres taches quotidiennes et sortit pour étendre le linge. Pendant qu'elle accrochait les t-shirts de son frère à la corde, elle repensa à la voix du capitaine de la 6ème Division. Elle aussi avait changé, bien sûr. Cela lui laissait une étrange sensation. La veille, elle lui avait laissé une impression glaciale, bien qu'il n'ait pas été particulièrement cassant.

Je suppose que je vais devoir m'habituer à ça aussi, pensa-t-elle.

Mais ce matin, alors qu'elle l'écoutait raconter les péripéties de leurs amis, sa voix lui avait paru légèrement différente. Elle appréciait entendre cette voix-la, tellement qu'elle aurait pu l'écouter durant des heures. Ce n'était peut être que le fruit de son imagination, mais elle tenait à y croire.

Surgissant d'un coin de sa tête, sa conscience lui rappela la décision qu'elle avait prise cinq ans auparavant. Cela eut l'effet d'une douche froide. Yuzu refoula toutes ses pensées au fond de son cœur, dans une pièce qu'elle ferma à clef.


Ayant fini sa tache, et n'ayant plus rien d'autre à faire d'urgent, elle revint à l'intérieur et s'assit sur le canapé du salon. Elle s'aperçut quelques instants après que le noble avait quitté la cuisine pour venir dans le salon, lui-aussi. Il observait l'extérieur, l'épaule appuyée sur le cadre de la fenêtre. Sentant que, si elle ne s'occupait pas, elle allait l'observer, la lycéenne attrapa le journal sur la table et se cacha derrière. Pourtant, malgré ses efforts, c'est à peine si elle fut capable de déchiffrer le titre en gras et elle dut lire quatre fois la première phrase -pourtant simple !- avant d'en comprendre le sens. Ses yeux chocolats dérivaient pour regarder par dessus le papier et à chaque fois elle s'arrêtait au dernier moment, reprenant conscience de sa volonté. Du moins, la volonté de sa tête.

Exaspérée, la jeune femme finit par reposer le journal en poussant un soupir qui manquait clairement de discrétion. Byakuya tourna la tête vers elle, impassible -pour changer-. Elle se raidit et s'obstina à fixer l'écran noir de la télé. Là où le jeune Byakuya aurait haussé les sourcils avec un sourire moqueur, celui-là eut un imperceptible soulèvement de sourcils.

Se sentant obligée de dire quelque chose, elle lui demanda pourquoi il était resté et pas sorti, comme les autres.

-Il fallait bien que quelqu'un reste pour t'expliquer où était les autres, dit-il.

Ça sonne comme une fatalité, songea-t-elle avec une pointe d'amertume.

-Et, poursuivit-il, je n'ai nullement envie de me balader aujourd'hui.

Elle ne répondit pas et croisa les bras.

-Yuzu.

L'intéressée consentit enfin à délaisser la télé pour tourner la tête vers lui, frémissant en rencontrant son regard.

-As-tu parlé avec ta famille de ce que tu penses des Shinigamis et des Hollows ?

Elle le fixa quelques instants avant de détourner les yeux.

-Oui je l'ai fait. Peu de temps après que vous soyez partis.

Il retourna à sa contemplation du jardin, pour bien vite la regarder de nouveau quand elle ajouta :

-Je suis surprise que tu te rappelles de ça.

-Ce n'est pas parce que mon caractère et mon apparence étaient différents que ce n'était pas moi.

Devant son obstination à garder le silence, le Shinigami se tourna entièrement vers elle, s'adossant au mur.

-Et ce n'est pas non plus pour ça que tout ce que je t'ai dit était un tissu de mensonge.

-Qu'est-ce que je suis censée comprendre ?

-Rien de plus que ce que je viens de dire. A savoir que tout ce que je t'avais dit était vrai et s'applique toujours.

-Vraiment tout ?

-Vraiment tout.

La jeune Kurosaki ne put s'empêcher de sourire.

-Mais c'est vraiment dur de se dire que tu es la même personne, lança-t-elle en plongeant une nouvelle fois son regard dans le sien.

Il haussa les épaules.


Tout deux restèrent là, les yeux dans les yeux, sans bouger, pendant plusieurs longues minutes. Le cadenas que la jeune femme avait mis dans son cœur lâcha à nouveau. Même si sa voix était à présent bien plus grave, elle avait encore une certaine douceur, semblable à celle d'avant. Il était aussi plus grand, plus imposant, avec une aura et une attitude qui ne laissaient aucun doute sur la noblesse de son rang. Mais ses cheveux d'un noir de jais qui lui atteignaient les épaules encadraient toujours un visage aux traits fins. Bien que plus vieux et plus mature, il était évident qu'il s'agissait de la même personne que l'adolescent qui habitait chez elle il y a cinq ans. Ses yeux acier aux teintes violettes étaient plus graves, elle pouvait y déceler de la tristesse, dont elle connaissait la raison.

Cette fois, la lycéenne ne rougit pas et ne détourna pas les yeux. Elle l'observa pour s'en imprégner de tout son être. Irrémédiablement, son regard se posa sur ses lèvres, faisant resurgir le souvenir de cette soirée qui avait tout chamboulé dans sa tête et son cœur, et, par dessus tout, faisant resurgir le souvenir de ce baiser, à la fois l'une des plus grandes sources de bonheur et de tristesse de sa vie.

A sa grande surprise, alors qu'elle croyait être parvenue à tout oublier, elle se souvint. Elle se souvint de toutes ses sensations qu'elle avait ressenties : la douceur de ses lèvres, leur tiédeur, les battements affolés de son cœur qui semblait sur le point d'exploser, la chaleur qui l'avait envahi, l'étrange et agréable sensation qui avait grandi en elle, comme si des centaines de papillon avait envahit l'intérieur de son corps.

Et avec ce souvenir si chéri et si haï revint la question, la malheureuse question, la torturante question. Sa composition n'avait rien de très compliqué -il ne s'agissait que d'un mot après tout- mais la réponse...

Yuzu sentit qu'il fallait qu'elle la pose cette question, qu'elle la pose maintenant, sinon elle n'en aurait plus le courage. Oh ce n'était pas dire ce simple mot qui faisait défaillir sa volonté. Non, c'était que le dire tout seul n'avait tout bonnement aucun sens. Il fallait le replacer dans son contexte et cela, c'était au-dessus de ses forces. Sauf là, maintenant, tout de suite, elle sentait qu'elle pouvait le faire. Qui sait, cette occasion -tout les deux, seul à seul- ne se représenterait peut être pas, et même si elle en avait de nouveau la possibilité plus tard, elle doutait d'y parvenir. Mais cette fois, sa décision était prise : elle allait le faire.

-Byakuya-san... commença-t-elle.

Soudain, la porte s'ouvrit à la volée, les faisant tourner rapidement la tête et un voix féminine s'exclama joyeusement « C'est nous ! ».


Rangiku entra, suivit de Rukia. Toutes deux portaient à leurs coudes des poches décorées par les noms des magasins d'où elles provenaient.

-Les autres ne sont pas encore rentrés ? s'étonna le lieutenant de la 13ème Division. Il est pourtant onze heures et demie passé... !

-Tu vas voir, l'appel de la nourriture va vite les faire revenir, assura la Shinigami à forte poitrine.

Elle reporta son attention sur les deux seuls qui étaient restés -pas volontairement pour l'une-.

-On a interrompu quelques choses ? demanda-t-elle en s'avisant qu'ils étaient l'un en face de l'autre.

-Non, absolument rien, répondit la jeune humaine un peu hébété par l’afflux de souvenirs et de sentiments qui avait déferlé en elle.

Ses esprits complètement retrouvés, elle s'aperçut que sa chance venait de lui filer entre les doigts.


Comme l'avait prédit le lieutenant de la 10ème Division, il suffit que la jeune Kurosaki se mette à préparer le repas quelques dizaines de minutes plus tard pour que la joyeuse bande revienne.

Ichigo et Renji -les plus affamés- avaient apparemment réussi à évacuer leur mauvaise humeur en se tapant dessus, Toshiro -le plus désespéré- jura de ne plus jamais laisser Karin le traîner ou que ce soit, celle-ci -la plus contente d'elle- promit de remettre ça à la première occasion, Shuuhei -le plus amusé- assura que voir le jeune capitaine et la sportive passer du temps ensemble était un spectacle dont il ne se lasserait jamais, Rangiku -la plus folle- était très contente de sa matinée shopping et se trouvait être entièrement d'accord avec son homologue de la 9ème -il n'est pas prouvé que ce soit pour les mêmes raisons-, quant à Rukia -la plus calme- elle était juste contente de ses achats. Bien sûr, Byakuya -le plus impassible- et Yuzu -la plus gênée, quoi qu'elle n'en laissa rien paraître- n'avaient strictement rien à raconter, ce qui n'empêcha pas la Shinigami à forte poitrine de vouloir leur tirer les vers du nez.

-Rangiku-san, fit Yuzu, je ne vois pas ce que tu voudrais qu'on te raconte.

-Qu'est-ce que vous avez fait ce matin pardi ! s'exclama l'autre.

-Principalement, répondit-t-elle, j'ai rangé la vaisselle et étendu le linge.

-Et secondairement ? demanda le lieutenant de la 10ème avec un air suspicieux et très intéressé.

-Secondairement ? répéta la lycéenne sur le ton le plus neutre du monde. J'ai fait les lits, nettoyé le frigo et la salle de bain, sans oublier les toilettes. Rien de bien passionnant tu vois.

-Et vous capitaine Kuchiki ? s’enquit Rangiku en brandissant son dernier espoir.

-J'ai lu.

Devant l'air déçu qui se peignit sur son visage, les autres -du moins certains- ne purent s'empêcher de ricaner. Les films qu'elle s'était faits venaient de tomber à l'eau.


Le repas se déroula joyeusement, comme à chaque fois, et l'après-midi débuta. Après les événements du début de journée, tous choisirent de rester à la maison. C'est ainsi que Karin, Ichigo, Renji et Shuuhei se lancèrent dans une partie acharnée de Super Smash Bros Brawl. Ils firent tourner les manettes pour faire jouer Rukia et Rangiku, le garçon manqué réussissant à faire jouer une fois Toshiro.

Tandis que les joueurs s'usaient les cordes vocales sous le regard amusé de Yuzu, les yeux de Byakuya se posèrent sur le poignet droit de celle-ci. Il lui sembla apercevoir une sorte de lacet noir qui lui servait de bracelet. Cependant sa manche retomba et dissimula l'objet de sa curiosité -si s'en était-. La jeune femme ne s'était aperçue de rien et il en profita pour la regarder encore un peu, jusqu'au changement de manette suivant, à la fin du combat.


Le lendemain - « Nous allons commettre le crime parfait : je vais voler ton cœur et tu voleras le mien. - Inconnu » était le proverbe du jour-, lors du repas de midi, alors que la jeune Kurosaki avait opté pour un débardeur, il le vit à nouveau. Ce n'était pas un lacet, c'était plus... soyeux. En fait, il avait parfaitement compris de quoi il s'agissait.

Ce ne fut que plus tard dans la journée, alors que tous discutaient, assis à table, que la jeune humaine se rendit compte que son bracelet avait attiré l'attention du capitaine de la 6ème Division. Elle s'empressa de le dissimuler en posant sa main dessus, ce qui parut être un geste naturel pour tout le monde, sauf pour Byakuya qui devina ses pensées sans aucune difficulté : Et merde...

Cependant, chose qui n'échappa nullement au Shinigami, elle caressa son bracelet avec son pouce durant tout le reste de la conversation.


Deux jours passèrent sans que rien de particulier ne survienne. Fueko avait envoyé « Parfois, ton cœur a besoin de plus de temps pour accepter ce que ton esprit sait déjà. - Inconnu » et « Si cet amour existe seulement dans mes rêves, ne me réveille pas. - Inconnu » à son amie ; les Shinigamis attendaient un signe de leur cible qui ne se manifestait toujours pas. Le capitaine de la 10ème Division soupçonnait son lieutenant d'avoir oublié la véritable raison de leur présence à Karakura. Yuzu et Byakuya ne s'étaient pas retrouvés seuls tous les deux depuis le matin mouvementé du départ d'Isshin et la jeune femme se demandait comment elle allait faire pour rassembler assez de courage pour réussir à poser sa question. Le noble, quant à lui, avait noté qu'elle ne quittait jamais son fameux bracelet.

Ainsi vint une autre journée qui, au premier abord, semblait comme les autres. Le proverbe, cette fois, était « L'amour : le plus puissant processus cérébral du monde qui génère à la fois une joie et une détresse immenses. - Helen Fisher ». En début d'après-midi, Byakuya alla se balader. Les autres Shinigamis savaient que c'était sa façon de chercher des signes de la présence de leur cible.

En fin d'après-midi, Yuzu sortit à son tour. Fueko et Rei n'étaient pas disponibles mais cela ne la gênait pas pour autant, elle aimait aussi marcher seule. Elle erra donc dans les rues, jetant des coup d'œil aux vitrines et s'amusant à observer les passants. Le soleil commençait à peine à décliner, une légère brise jouait avec ses cheveux.


Au détour d'une rue, elle aperçut une silhouette familière. Sans vraiment faire attention, la lycéenne s'arrêta et l'observa alors qu'il marchait les mains dans les poches de son jean. Comme pour souligner son physique parfait, il portait un t-shirt blanc dont les amples manches arrivaient à mi-bras et qui comportait un col extrêmement large découvrant une grande partie des épaules ainsi que le haut de son buste. Le capitaine de la 6ème Division semblait imperméable au monde extérieur, elle devina qu'il analysait les différents reiatsus des environs. Tandis qu'il s'approchait de plus en plus d'elle, la jeune femme nota qu'il était suivi par bon nombre de regards, féminins pour l'essentiel.

Il arriva devant elle et s'arrêta, se contentant de la regarder. Il avait parfaitement senti qu'elle était là, et ce depuis un bon moment. Elle passa une main dans ses cheveux sur sa nuque.

-Toujours aucun signe de lui j'imagine, dit-elle en sentant une certaine gêne l'envahir.

Il secoua légèrement la tête en signe de dénégation.

-Je peux ? demanda-t-elle timidement en indiquant la rue dans le sens où il était.

Elle comprit à son lent clignement des yeux et son presque imperceptible hochement de tête que la réponse était affirmative.


Ils se mirent à marcher côte à côte silencieusement, Yuzu ne pouvant s'empêcher de lui jeter des regards en coin et de remarquer l'attention que les passantes accordaient au Shinigami.

-Tu as gardé le ruban que je t'ai donné, dit-il tout à coup.

Elle attarda son regard sur le ruban noir qu'elle portait à son poignet.

-Tu l'as beaucoup regardé ces derniers jours, fit-elle remarquer.

-Sans doute parce que tu le portais tout le temps. Tu ne le quittes jamais.

-Non.

-Mais tu ne l'utilises pas alors que tes cheveux sont assez longs maintenant.

Elle se tendit. Effectivement, elles les avaient laissés pousser jusqu'à ce qu'ils atteignent le bas de ses omoplates.

-C'est parce que je n'ai vraiment pas la technique pour les attacher avec, affirma-t-elle avec un air pourtant peu rassuré.

Heureusement pour la jeune femme, Byakuya choisit de ne rien répondre, bien qu'il ait pertinemment compris qu'elle venait de lui sortir un énorme mensonge. Au fond d'elle-même, la jeune humaine savait qu'il n'était pas dupe mais puisqu'il n'insistait pas, elle s'en tint à cette version.

Elle caressa le soyeux ruban noir du bout des doigts. Comment lui dire que si elle avait choisi de ne pas l'utiliser c'était pour l'oublier. Cependant elle n'avait pu se résoudre à s'en séparer et éprouvait le besoin de l'avoir sur elle. Ce n'était pas vraiment la meilleure méthode pour suivre ce qu'elle pensait être sa volonté mais, à l'instar du message sur son portable, elle était incapable d'aller jusqu'au bout.

Ils rentrèrent en discutant d'un sujet totalement différent.


Il apparut que Shuuhei et Yuzu s'entendait vraiment bien et devinrent vite amis. Une semaine après l'arrivée du groupe de Shinigami à Karakura, tout deux se retrouvèrent dans la rue à attendre les autres. Et comme ils commençaient vraiment à mettre du temps, le lieutenant de la 9ème Division en profita pour demander quelque chose qui l'intriguait vraiment.

-Yuzu-san, est-ce que tu sors avec le capitaine Kuchiki ?

Elle manqua de tomber, se rattrapa à un muret et se tourna vers lui, aussi rouge qu'une pivoine.

-N-Non ! P-Pas du tout ! bégaya-t-elle.

-Il y a cinq ans alors ?

-M-Mais non ! Pourquoi tu demandes ça tout à coup ?

-Vous êtes proche tous les deux non ?

-Qu'est-ce qui te fais dire ça ?

-Heu... Comment dire...

Il passa une main dans ses cheveux, visiblement gêné.

-Ben... En fait, il y a cinq ans, à la soirée d'Urahara-san...

La jeune Kurosaki sentit son cœur accélérer brusquement.

-Je vous ai vu... vous embrasser.

-Tu... Tu l'as vraiment vu ? demanda-t-elle avec espoir, ce que sa conscience lui reprocha sans plus tarder.

-Oui, je me suis même pincé et frotter les yeux plusieurs fois. Mais ça m'a semblé parfaitement réel, quoi qu'étonnant -et encore c'est un euphémisme-.

Elle ne put s'empêcher de pousser un soupir de soulagement.

-Je suis pas sûr de comprendre pourquoi tu es soulagée... lança-t-il.

-Je sais que cinq ans c'est rien du tout pour des Shinigamis, expliqua-t-elle avec un brin de timidité, mais pour moi c'était vraiment long et... Enfin, avec le temps, j'ai fini par ne plus vraiment savoir ce qui était réel et ce qui ne l'était pas. Surtout que vous êtes partis avant que je puisse lui en parler...

Elle s'arrêta quelques instants avant d'ajouter :

-Et puis quand tu vois la personne, t'as sérieusement des doutes quand même.

-C'est pas faux, fit Shuuhei en riant, mais maintenant on a la preuve que ce n'est pas impossible.

Il l'observa alors qu'elle tentait d'apaiser la rougeur de ses joues.

-Tu l'aimes ? s'enquit-il presque à mi-voix.

-J'en sais rien, lâcha-t-elle après une hésitation. A ce moment-là oui. Pendant toute cette période où je ne l'ai pas vu je me suis persuadée que non... et maintenant je ne sais plus.

-Le capitaine Kuchiki qui embrasse quelqu'un, tu devines bien que j'ai été tout de suite très intrigué, fit-il avec un sourire mi-malicieux mi-apaisant, alors depuis qu'on est revenus je vous ai bien observé tous les deux.

La lycéenne haussa les sourcils.

-Et... ? demanda-t-elle hésitante.

-Et si on compare le capitaine Kuchiki normalement et le capitaine Kuchiki avec toi, il y a une certaine différence. Enfin elle n'est pas à la portée du premier venu mais je pourrais jurer qu'il y a quelque chose chez lui qui change quand il est avec toi. Après, je suis loin d'être proche de lui, il faudrait demander leur avis à Rukia et Renji, mais je doute que tu en ais très envie, je me trompe ?

Il lui adressa un sourire moqueur.

-Je préférerais autant que ça reste entre toi et moi, marmotta-t-elle.

Elle sourit.

-Mais merci, ça me rassure un peu.

Soudain, ils entendirent Rangiku qui les appelait. Ils tournèrent la tête et virent les autres qui arrivaient depuis le tournant de la rue. Profitant du fait qu'ils étaient encore hors de portée d'oreille, la jeune humaine se tourna vers son ami.

-Shuuhei-kun, tu me promets que tu ne diras rien ?

-Promis, je serais muet comme une tombe.

Il lui fit un clin d'œil et reprocha -sans grande conviction ma foi- à Rangiku d'être en retard. Toshiro grommela quelques paroles incompréhensibles que Karin traduisit comme une accusation adressée à la Shinigami à forte poitrine. Elle aurait insisté pour rentrer dans une boutique.

-Vous ne vous êtes pas trop ennuyés en nous attendant ? s'enquit Rukia.

-Non, pas du tout, affirma Shuuhei avec un air malicieux destiné à Yuzu.

-Shuuhei-kun ! protesta celle-ci en sentant ses joues rosir.

-Mais j'ai rien dit !

Ichigo eut alors un air très très soupçonneux, à la limite de l'effrayant.

-Et on peut savoir ce que vous avez fait, exactement ? demanda-t-il.

-Juste discuter, répondit Yuzu en se demandant comment elle allait se sortir de cette situation.

-Et de quoi, on peut le savoir ?

-Attention Ichigo est passé en mode grand frère poule, chuchota Renji -mais tout le monde l'entendit quand même-.

-Je l'embêtais pour l'histoire de la cuisine, dit le lieutenant de la 9ème. Tu sais, quand Rangiku et toi avait absolument tenu à lui trouver un petit copain imaginaire.

-Eeeeeeet ??? le pressa le rouquin.

-Et je lui ai dit qu'il pourra se foutre de ma gueule quand il se sera trouvé une copine, soupira sa sœur. Fin de la discussion, vous êtes arrivés juste après.

Le Shinigami remplaçant leur lança un regard pas convaincu, les faisant arquer un sourcil avec un air blasé.

-Ichi-ni, intervint Karin, tu vois vraiment le mal partout.

-Bon on y va ? s'exclama joyeusement Rangiku.

-Elle perd jamais la forme celle-là, soupira le lieutenant de la 6ème.

-Jamais, c'est Rangiku-san après tout, dit son homologue de la 13ème.

Ils se remirent en route. Byakuya n'avait pas décroché un mot, comme à son habitude.


« L'une des plus grandes douleurs est d'aimer une personne que tu ne peux pas avoir. - Inconnu »

« Il est difficile de dire adieu lorsqu'on veut rester, compliqué de rire lorsqu'on veut pleurer, mais le plus terrible est de devoir oublier lorsqu'on veut aimer. - Inconnu »


Deux journées passèrent à nouveau, durant lesquelles Yuzu subit une vraie lutte intérieure. Chaque fois qu'elle regardait le capitaine de la 6ème Division -car elle ne pouvait s'en empêcher-, sa conscience lui criait que c'était un Shinigami, un capitaine, un noble et, par dessus le marché, le chef de l'une des Quatre Grandes Familles de la Soul Society.

Mais rien n'y fit, son cœur s'accélérait toujours quand il lui parlait, ses joues rosissaient toujours quand il la regardait.


Ensuite vint le jour où un Shinigami fut de passage pour quelques heures afin de transmettre des informations recueillies par la 12ème Division. Ce matin-là le message de Fueko avait été « Si tu veux passer à autre chose, tu dois d'abord comprendre pourquoi tu ressentais ces émotions et pourquoi maintenant, tu n'as plus besoin de les ressentir. - Mitch Albom », agaçant sa destinataire qui se promit de se venger la prochaine fois qu'elle la verrait.

Pendant que les deux capitaines lisaient le rapport constitué de plusieurs dizaines de pages, le Shinigami en profita pour observer avec attention la famille Kurosaki -qui avait acquis une certaine renommée à la Soul Society-. Il nota que Shuuhei et Yuzu passaient beaucoup de temps à discuter ensemble. Néanmoins il ne remarqua pas -et heureusement pour elle- que la jeune femme lançait très fréquemment des regards en direction du capitaine de la 6ème. Cela, seul le principal concerné s'en aperçut.

Le Shinigami repartit le soir même, cependant il ne tarda pas à refaire parler de lui.


Le lendemain matin, Rukia repartit à la Soul Society sous le signe de Victor Hugo avec « On passe la moitié de sa vie à attendre ceux qu'on aimera et l'autre moitié à quitter ceux qu'on aime. » pour donner un rapport à son capitaine, rapport sur lequel elle travaillait depuis leur arrivée à Karakura. Et il se trouve qu'en même temps elle apprit une chose qui la laissa mi-pantoise mi-amusée. Elle la rapporta à ses amis le soir même, quant elle revint. Ayant au préalable demandé à Renji de se tenir près à maintenir Ichigo sur sa chaise, le lieutenant de la 13ème Division se lança et expliqua qu'il y avait une rumeur qui traînait dans le Sereitei comme quoi Shuuhei sortirait avec Yuzu. Les deux concernés manquèrent de tomber de leur chaise et le lieutenant de la 6ème dut rattraper le rouquin au vol.

-Ben alors ? fit Rangiku avec un air malicieux et très intéressé. On nous fait des cachotteries ?

-Hisagi ! gronda le Shinigami remplaçant.

-C'est faux ! répliqua celui-ci. Je proteste, c'est une rumeur mensongère !

-On est amis, rien de plus ! renchérit Yuzu.

-Rangiku-san, dit Karin, tu es sûre que tu ne connaissais pas ce Shinigami ? Parce que je sens comme une facilité partagée à se faire des films...

-Ouai, j'confirme... fit Toshiro pour lui même sur un ton grognon.

-Absolument pas ! se défendit la Shinigami à forte poitrine. Il y a une différence fondamentale entre lui et moi !

-On peut savoir laquelle ? demanda le garçon manqué.

-Tout ce que je dis n'est que la réalité pure et simple !

-T'es sûre de toi là Matsumoto ? soupira son capitaine, blasé.

-Mais tout à fait, que je sois foudroyée si ce que je vous ai toujours affirmé est faux !

-Ouai ben maintenant vas dehors, je tiens pas à me faire électrocuter.

-Mais heu ! Capitaine ! se plaignit-elle.

-J'ai comme l'impression qu'on s'éloigne du sujet de départ, fit remarquer Renji qui retenait toujours Ichigo -quoi que celui-ci se soit un peu calmé-.

-Absolument ! s'exclama le rouquin. Je préconise qu'on revienne au début !

-Ouh la ! se moqua Rukia. Quand Ichigo utilise des mots soutenus c'est que tout va mal !

-Quoi ?!! protesta celui-ci.

-Pas besoin d'y passer des heures, intervint Yuzu. La rumeur qu'il a lancé est fausse et absolument infondée, fin de l'histoire.

-Un peu maigre comme argumentation, grommela son frère.

-Oni-chan, Rukia-san est ton amie, non ?

-Oui bien sûr, et alors ?

-Alors, vous parlez beaucoup tout les deux ?

-Oui, plutôt, on est amis, mais...

-Mais, l'interrompit-elle, ce n'est pas pour autant que vous sortez ensemble, n'est-ce pas ?

-Ben non, on est juste amis, mais...

-Donc tu vois bien qu'il n'y a strictement rien de différent pour Shuuhei-kun et moi, et donc que cette rumeur est fausse. Ça va mieux comme argumentation ?

Alors que le Shinigami remplaçant restait bouche bée sans trouver rien à redire, les autres eurent des sourires amusés -sauf deux personnes, on se demande lesquelles-.

-Ichi-ni, railla Karin, je crois bien qu'elle t'as démonté là.

-Bon alors grand frère poule, lança le lieutenant de la 6ème, c'est quoi ton verdict ?

-C'est bon, j'ai compris, ronchonna Ichigo, y a rien entre vous...

Shuuhei et Yuzu eurent des soupirs de soulagement. Cette dernière regarda discrètement Byakuya : il ne trahissait aucune émotion, ce qui n'étonna pas vraiment la jeune femme, quoi qu'elle aurait bien voulu savoir ce qui se passait dans sa tête.


« Lorsque la mer représentait ma tristesse, tu m'as appris à nager. - Inconnu »


Yuzu se baladait dans des rues délaissées de Karakura, par un bel après-midi d'été. Ses amies n'étaient pas disponibles ce jour-là non plus. Il régnait une chaleur étouffante mais le vent commençait à se lever, apaisant la morsure de la température. La brise faisait onduler les pans de sa jupe, jouait avec ses mèches brunes presque châtains et entraînait le bruissement des arbres.

C'était un vieux quartier composé de maisons basses construites en pierre rouge. La route était faite de pavés, longeait le canal et se trouvait être bordée d'arbres. La jeune Kurosaki aimait venir s'y promener. Cette fois-ci tout était calme ; elle supposa que la majorité des habitants devaient être partis en vacances.


Perdue dans ses pensées, la lycéenne s'amusait à poser les pieds seulement sur les pavés sans jamais en sortir quand elle sentit la quiétude du lieu s'évanouir. Elle redressa brusquement la tête et fixa la rue déserte derrière elle. Pas encore ! songea la jeune humaine en sentant la peur grandir en elle.

Fuir était impossible, il n'y avait personne aux alentours susceptible d'être plus appétissant qu'elle. Elle maudit son reiatsu trop élevé pour passer inaperçu aux yeux des Hollows mais trop faible pour lui permettre de les affronter. Elle tenta de se rassurer : avec la présence de leur cible en ville, les Shinigamis avaient une surveillance plus étroite que d'habitude. Elle aurait donc moins de temps à attendre pour que quelqu'un vienne la sortir de ce guêpier, comparé aux autres fois. Enfin ça, c'était dans le cas où le Hollow n'était pas très futé, comme ses prédécesseurs.

La jeune femme serra les poings et plissa les yeux pour scruter la rue. Elle avisa alors les contours de la bête. Il ne bouge pas, c'est déjà ça, pensa-t-elle.

En effet, elle ne pouvait distinguer les contours des êtres spirituels seulement quand ceux-ci restaient immobiles.

Soudain, elle ne les vit plus. Elle recula prestement et ferma les yeux en quête d'un bruit qui pourrait traduire sa position. Il lui sembla entendre un lointain grondement sourd, probablement le martèlement de ses pattes sur les pavés, mais ce n'était pas suffisamment clair pour qu'elle puisse en tirer quoi que ce soit. Abattue par son impuissance, elle courut derrière l'arbre le plus proche, n'y resta que quelques secondes et se réfugia derrière le suivant. Le premier fut littéralement coupé en deux, ce qui laissait présager que le Hollow possédait une ou plusieurs lames sur son corps, à la manière de certains insectes.

Sentant que cet arbre allait très prochainement subir le même sort que son congénère, Yuzu commença à courir. Elle avait à peine fait trois pas que le monstre la plaqua au sol à l'aide de sa queue et approcha ses antérieurs tranchants comme des lames de rasoir. Elle tenta de résister mais la différence de force était démesurée. Écrasée contre le sol, les pavés lui rentraient dans le ventre et dans la joue. Ce Hollow était bien plus rapide que les autres. Heureusement pour elle, il semblait vouloir prendre son temps pour l'achever, ce qui la laissait espérer qu'un Shinigami, Karin, Uryuu, Chad ou bien Orihime arrive avant qu'elle ne se fasse décapiter.

Bon, c'est quand ils veulent, se dit-elle en tentant d'ignorer la douleur qui parcourait son bras coincé sous elle.


Tout à coup, elle sentit la pression disparaître. La jeune femme dégagea son membre ankylosé, se mit à genoux et se retourna. Comme à chaque fois, elle entendit les lointains hurlements du monstre. Elle s'éloigna par précaution mais se rassit bien vite face à la plainte de son corps endolori. Deux profondes rainures s'inscrivirent dans la route, s'en suivit d'une plainte de fureur puis ce fut le silence. La jeune Kurosaki devina que le combat était fini. Elle scruta les alentours et ne vit personne, elle supposa donc que son/sa sauveur/euse était un Shinigami. Tout comme elle avait senti le Hollow, elle sentit le Shinigami s'approcher d'elle. Il était juste devant elle.

Soudain, elle vit Byakuya arriver en courant. Il était bizarre cependant : il était bien plus expressif.

-Yuzu-sama ! lança-t-il.

-Byakuya-san ? répondit-elle en se demandant si elle ne s'était pas cognée la tête.

-Heu non, je suis son Soul Candy, celui qui garde son gigai. Kuchiki-dono est juste devant vous en fait...

La jeune humaine se remit debout et observa ce qui pour elle était le vide. Quelques instants plus tard elle avisa les contours du vrai Byakuya, qui -bien qu'elle ne puisse pas le savoir- la regardait avec attention. Elle bredouilla des remerciements et baissa les yeux. Le Soul Candy s'approcha.

-Kuchiki-dono demande si vous allez bien, dit-il visiblement gêné de servir d'intermédiaire.

-Je n'ai rien.

Elle marqua une pause.

-Grâce à toi, murmura-t-elle.

Yuzu sentit alors quelque chose de glacé lui soulever le menton, la forçant à regarder le capitaine de la 6ème Division, bien qu'elle ne vit que du vide. Elle se souvint qu'à chaque fois qu'elle touchait un être spirituel -ou inversement-, la sensation était glacée.

Le contact cessa, cependant elle n'abaissa pas son regard, le plongeant sans le savoir dans les iris invisibles du Shinigami.

-Il dit que vous avez un don pour vous attirez des ennuis, transmit le Soul Candy.

-C'est de famille, répondit-elle en esquissant un sourire.

Instinctivement, la jeune femme leva sa main et la posa sur la joue du noble. Elle sentit le froid caractéristique des êtres spirituels contre sa paume et soudain celui-ci enveloppa sa main : il avait posé la sienne par dessus. Son cœur battant de plus en plus fort, elle souleva son autre main et perçut les doigts glacés du Shinigami auxquels elle entremêla les siens.


Plusieurs minutes passèrent. Le Soul Candy ne savait pas où se mettre. Il finit par restituer le gigai à son propriétaire, sans que celui ne bouge pour autant. Il apparut alors aux yeux de la jeune humaine, qui s'aperçut qu'ils étaient vraiment proches. Son rythme cardiaque était si élevé qu'elle se demanda s'il pouvait l'entendre.

Brusquement, elle retira ses mains, les croisa derrière son dos et recula en direction de la ruelle derrière elle.

-Cette fois, c'est moi qui m'éloigne, dit-elle d'un ton moqueur.

Elle lui tourna le dos et resta immobile le temps de dire à mi-voix :

-Tu ne devrais pas laisser mon esprit s'imaginer des choses.

Sur-ce elle se mit à courir et disparut au coin d'une maison. Elle ne savait pas s'il l'avait entendu, elle s'en fichait.


Le jour suivant, marqué par « Aimer est le verbe le plus difficile à conjuguer ; son passé n'est pas simple, son présent est toujours imparfait et le futur, toujours inconditionnel. - Inconnu », fut celui de la découverte du repaire de la cible.

Le matin même, les Shinigamis avaient ressenti un puissant reiatsu émaner d'un vieil immeuble abandonné en bordure de la ville. Laissant à la maison les jumelles, ils s'y étaient rendus, prêts à se battre. Le bâtiment semblait vide mais le reiatsu était toujours présent. Il pénétrèrent dans le vieux hall désert et Ichigo se dirigea d'un pas décidé vers l'escalier. Rukia le rappela.

-Quoi ? dit-il en se retournant.

-Tu ne peux pas y aller comme ça ! C'est peut-être un piège !

-C'est forcément un piège, lâcha Toshiro. C'est bien trop calme.

-On s'en fout, répliqua le rouquin. Au moins on le trouvera plus vite !

Sur ce il commença à gravir les marches. Ses amis soupirèrent et le suivirent, sur leurs gardes.

Arrivés sur le premier palier, ils s'aperçurent que toutes les portes étaient ouvertes ou entrouvertes. Il n'y avait pas un bruit. Ils s'assurèrent que toutes les pièces étaient vides avant de s'approcher des marches qui menaient au deuxième.

-C'est trop facile, fit le Shinigami remplaçant.

-Normal, on t'a dit que c'était un piège, répliqua Renji.

-Ah oui c'est vrai.

-C'est fou, lança Rangiku, on a cherché pendant plus d'une semaine une quelconque trace de son reiatsu sans jamais rien trouver et maintenant voilà qu'il ne se cache plus.

-Puisque qu'on vous a dit que c'était un piège, insista le lieutenant de la 6ème.

-Ça j'ai bien compris, répondit son homologue de la 10ème, je voulais dire : s'il nous attire ici c'est qu'il s'y est préparé non ?

-Et qu'est-ce que tu proposes Matsumoto ? demanda son capitaine. On n'a pas vraiment le choix.

-Je ne sais pas, mais ça ne me dit rien qu'y vaille.

-Même si on décidait de faire demi-tour, intervint Shuuhei, je doute qu'ils nous laissent repartir.

-Bon on peut monter maintenant ? s'enquit Ichigo, impatient.

Il s'engagea dans l'escalier et les autres le suivirent, la main sur la garde de leur zanpakuto.


Ce fut le même scénario pour les trois étages suivants. Cependant, alors qu'ils arrivaient sur le palier du cinquième étage ils entendirent une puissante détonation et Ichigo recula de plusieurs mètres, Zangetsu brandi au-dessus de lui pour parer le sabre de son adversaire.

-Ichigo ! s'exclama Rukia.

Un mouvement dans l'ombre derrière l'ennemi attira leur attention. Trois autres personnes en sortirent et se campèrent devant eux. Il y eut un tintement derrière le groupe et, tournant la tête, ils en avisèrent trois autres, perchés sur la rampe. Tous les regardaient avec des sourires sournois.

-Vous en avez mis du temps avant de vous montrer ! lança Renji avec un sourire sadique.

-Des Shinigamis hein... dit le capitaine de la 10ème.

En effet, leurs adversaires n'étaient autre que des Shinigamis renégats. L'un d'entre eux, de petite taille et enrobé, pointa Byakuya et Shuuhei avec surprise.

-Hé mais je vous reconnais vous deux ! C'est vous les deux qu'on a fait rajeunir !

-Que TU as fait rajeunir, corrigea l'un de ses alliés, une femme. T'es tellement con que t'as appuyé sur le bouton de libération du gaz alors qu'ils ne représentaient aucune menace pour nous.

-Ouai, approuva un autre, et du coup on a eu le Gotei 13 sur le dos alors qu'ils n'en auraient rien sût si t'avais pas été aussi con.

-Je vous emmerde ! répliqua le premier.

-On vous dérange peut être, railla Rukia.

Un homme s'avança.

-Nous servons Takuya-sama et sa cause, vous ne passerez pas ! Ce jour sera celui du début de la fin pour le Gotei 13 !

-Je crois qu'il leur manque une case à ceux-là, fit Rangiku.

-Et quelle est cette cause ? demanda Byakuya.

-Anéantir le Sereitei pourri et en reconstruire un plus pur !

-Quelle originalité, dit Ichigo, blasé, qui était toujours en train de maintenir à distance l'arme de son adversaire avec l'aide de Zangetsu.

-Plus pur ? répéta Renji, blasé lui aussi. Quelle blague.

-Vous pouvez rire ! reprit le Shinigami renégat. Mais dans quelques temps vous ferez moins les malins ! Et Takuya-sama sera le maître de la Soul Society !

-Généralement c'est là que les méchants perdent les pédales et partent dans un grand fou rire diabolique, fit remarquer Shuuhei.

-Vous savez on a entendu ce refrain un bon paquet de fois, dit le lieutenant de la 10ème en observant négligemment ses ongles.

Soudain, les ennemis fondirent sur eux. Ichigo traversa la fenêtre ; Renji passa à travers le mur -y laissant un grand trou- ; l'ennemi du lieutenant de la 9ème brisa le sol, le faisant tomber à l'étage inférieur ; Byakuya se retrouva à combattre au rez-de-chaussée ; Toshiro préféra se battre à l'extérieur en empruntant le trou laissé par le lieutenant de la 6ème ; Rangiku affronta la femme renégate dans la cage d'escalier ; quant à Rukia, elle fut la seule qui demeura sur place.


Les sbires de Takuya -la cible- les retinrent une bonne heure. Étrangement, ils ne semblaient pas être sérieux et se contentaient d'éviter en renvoyant de faibles attaques. Ichigo fut le seul du groupe à passer au Bankai, les autres préférant jouer la carte de la prudence car leurs ennemis n'étaient pas sérieux. L'exaspération du rouquin était à son paroxysme : le combat traînait et il détestait ça. Finalement il réussit à mettre son adversaire hors combat grâce à un Getsuga Tensho bien placé. Cependant, au moment où il se précipitait vers le haut de l'immeuble où ils avaient senti le reiatsu de la cible, les subordonnés de Takuya laissèrent tomber leur combat et disparurent, sans qu'ils puissent les suivre. Ils se regroupèrent et, nageant dans l'incompréhension la plus totale, fouillèrent le bâtiment de fond en comble, mais aucune trace des renégats et de leur chef.

Finalement, ils décidèrent de retourner à la maison Kurosaki où ils firent un point.

-Décidément j'y comprends rien, râla Rangiku. Pourquoi se sont-ils enfuis alors que ce sont eux qui nous ont attiré là ?

-Je ne sais pas pour les vôtres, dit Shuuhei, mais j'ai eu l'impression que mon adversaire ne se battait pas vraiment. Il se contentait juste d'esquiver et de parer...

-C'était pareil pour tout le monde j'ai l'impression, résuma Rukia en voyant les expressions des autres.

-Personnellement, intervint Ichigo, j'ai dégommé le mien.

-Mais quel bourrin celui-là... soupira Renji.

-C'est toi qui dit ça Renji, se moqua son amie d'enfance.

-Ben écoutez, répliqua le rouquin, il se battait pas à fond, du coup il a pas eu la force nécessaire pour bloquer mon Getsuga Tensho et donc il s'est fait rétamé. J'y peux rien moi, il avait qu'à être sérieux !

-Non, je ne comprend toujours pas, ronchonna le lieutenant de la 10ème pour elle-même.

Il y eut quelques minutes de silence pendant lesquelles tout le monde fit travailler ses méninges.

Toshiro finit par se tourner vers Byakuya.

-Kuchiki, lança-t-il, tu penses à la même chose que moi ?

-Une diversion.

-Ouai, c'est ce que je me disais.

-Comment ça une diversion ? s'étonnèrent les autres.

-Leur but n'était pas de nous vaincre, expliqua le capitaine de la 6ème Division, mais de nous retenir le temps que quelqu'un -le chef, Takuya, ou d'autres- accomplisse leur véritable objectif. Le problème est que nous ne savons pas quel est ce véritable objectif.

-Il doit coïncider avec leur volonté de détruire le Seireitei, réfléchit le capitaine de la 10ème Division.

Tout à coup, ils entendirent la sonnette de la porte d'entrée. Ce fut Karin qui alla ouvrir. Sur le seuil, se tenait un Shinigami à l'air affolé.

-Je cherche le capitaine Kuchiki, dit-il.

Elle le conduit jusqu'au salon où ils étaient tous réunis, dans leur gigai. Tous observèrent le nouveau venu avec attention.

-Le... commença-t-il. Le Seireitei a été attaqué.

Les Shinigamis se redressèrent, alarmés.

-Quoi ?! s'exclamèrent-ils en chœur.

-Le Seireitei a été attaqué, répéta-t-il. Par des Hollows. Ce n'était pas des Arrancars mais ils étaient vraiment nombreux et sont arrivés par surprise, ça a causé beaucoup de dégâts.

-Mais enfin, s'étonna Rukia, comment est-ce possible que des Hollows puissent attaquer la Soul Society, par surprise en plus ? La 12ème Division est capable de détecter les gargantas pourtant !

-Sauf que... répondit le Shinigami d'un air mal assuré, ils ne sont pas arrivés par un garganta... C'était un senkaimon...

Ils en restèrent pantois.

-Un senkaimon ? répéta Toshiro. Mais ça voudrait dire que quelqu'un qui appartient encore au Gotei 13 leur aurait ouvert et les auraient attirés dans la Soul Society. Il y aurait donc un traître...

-Heu... fit le Shinigami de plus en plus mal à l'aise, ce n'était pas par n'importe quel senkaimon...

-Comment ça « pas par n'importe quel senkaimon » ? demanda Renji.

-Quand les Hollows ont été repoussés, expliqua-t-il en évitant leur regard, il y a évidemment eu une enquête et apparemment la preuve a été apportée que le senkaimon utilisé était... le senkaimon privé de la famille Kuchiki.

Il dirigea timidement son regard en direction de Byakuya qui n'avait pas esquissé un seul mouvement. Les autres se regardèrent sans comprendre.

-Quoi... ? fit Rukia visiblement choquée.

Le Shinigami ne sachant pas quoi répondre, il garda le silence.

-Mais, protesta-t-elle, ça voudrait dire que... !

Elle ne finit pas sa phrase et se tourna vers son frère.

-Qu'il y a un traître dans la famille Kuchiki, termina celui-ci.

Il y eut un silence pesant.

Le capitaine de la 6ème Division ferma les yeux et soupira, se leva et quitta son gigai.

-Je retourne à la Soul Society, déclara-t-il.

-Mais, capitaine... commença à protester son lieutenant.

-Renji, l'interrompit le noble, s'il y a un traître, en tant que chef de la famille Kuchiki je me dois de le trouver. Et c'est sûrement ce que souhaite le capitaine-commandant.

Il se tourna vers le Shinigami envoyé pour les prévenir, qui acquiesça.

-Dans ce cas, intervint Rukia, je devrais venir aussi.

-Non, tu restes ici.

-Mais...

-Ils vont avoir besoin de toi pour retrouver et arrêter ces parjures.

Elle se tut et fixa son frère dans les yeux.

-Je ferais au plus vite, leur dit-il. Capitaine Hitsugaya...

Celui-ci hocha la tête. Byakuya sortit de la maison, accompagné par le Shinigami messager. Tout les autres les suivirent, mêmes les jumelles. Karin avait raconté à sa sœur les grandes lignes de la conversation avec le Shinigami puisqu'elle ne pouvait ni le voir ni l'entendre. Elle fixa donc ce qui pour elle n'était que du vide pendant que le messager ouvrait un senkaimon.

Au moment où le capitaine de la 6ème Division franchit les portes du passage, il se retourna et regarda une dernière fois la jeune femme. Le portail se referma, le noble se mit en route. Il avait un mauvais pressentiment.


« Les gens ne te diront pas toujours ce qu’ils ressentent réellement pour toi, mais leurs actions parleront toujours plus fort que leurs paroles. - Inconnu »


Byakuya, debout et impassible -comme toujours-, observa le portrait de sa défunte femme pendant de longues minutes. Il était arrivé dans le Seireitei la veille et avait tout de suite vu les différents chantiers de réparation. Il s'était empressé de rejoindre la maison familiale et avait longuement discuté avec son grand-père, Kuchiki Ginrei. Celui-ci lui avait assuré la fiabilité d'une dizaine de membres de la famille. Une dizaine, c'était bien peu en comparaison de toutes les personnes portant le nom Kuchiki. Si la branche principale ne comportait plus que trois membres -Ginrei, Byakuya et Rukia, et encore cette dernière n'était pas reconnue par tout le monde-, les branches secondaires comprenaient en tout plusieurs dizaines de personnes, toutes vivants dans l'immense domaine familial. Et cela faisait de nombreuses personnes susceptibles d'être le traître recherché.

Arriva ensuite l'un des importants conseillers de la famille -qui servait très souvent de second-, mis hors de cause par le doyen de la branche principale. Il conseilla au capitaine de la 6ème Division d'aller prendre du repos pendant qu'il établissait une liste des personnes suspectes. Ensuite il lui proposa de remettre les interrogatoires au lendemain matin : après tout, faire venir les gens au beau milieu de la nuit jusqu'à la demeure de la branche principale -soit ici- pour une affaire de trahison ne les inciterait probablement pas à coopérer. Le Shinigami avait donc consenti à prendre son mal en patience, utilisant ce temps de repos pour rassembler tout ce qu'il savait.


Byakuya sentit la présence de son grand-père derrière lui, mais il resta immobile.

-Je suppose que je ne t'apprends rien, lui dit Ginrei, mais tu devras prendre des précautions pour les interroger. Un bon nombre de ceux qui sont venus possèdent une certaine influence lors des prises de décision. Si tu les froisses, ils seront contre toi, et tu sais bien que la succession serait fort compliquée si elle devait se faire en ce moment.

-Ne vous inquiétez pas grand-père, répondit-il, il ne sera pas question de succession avant un bon moment, et je n'ai nullement l'intention de les courroucer.

Le vieil homme n'ajouta rien et se contenta d'observer lui aussi le portrait d'Hisana, se demandant si son petit-fils guérirait un jour de cette triste blessure.

Le conseiller arriva et annonça que le capitaine de la 6ème Division pourrait interroger les personnes présentes lorsqu'il le souhaiterait. Byakuya sortit de la pièce et se rendit à l'entrée de la demeure, où se trouvait rassemblée une vingtaine de membres de la famille Kuchiki, les suspects ayant le plus de pouvoir. Il échangeait quelques mots avec le conseiller quand, soudain, il y eut un léger tumulte dans le groupe.

-Byakuya-dono ! appela une voix féminine.

L’intéressé se tourna et vit une jeune femme qui se frayait un chemin dans la petite foule d'où s'éleva des protestations. La jeune femme parvint à s'en extirper et se dirigea vers le Shinigami mais elle fut arrêtée par deux hommes chargés de la sécurité du chef de famille -bien que cela soit plutôt inutile au regard de la puissance de celui-ci-.

-Byakuya-dono ! répéta-t-elle. Je vous en supplie accordez-moi un peu de votre temps ! J'ai des informations sur la personne que vous cherchez !

Il fit signe aux deux garde de la lâcher, ce qu'ils firent.

-Suivez-moi, dit-il à la jeune femme. Katashi !

-Oui Byakuya-dono ? demanda le conseiller.

-Faites-les donc entrer. Je serais dans la cour intérieure.

Sur ce, il traversa un certain nombre de salles, la jeune femme sur ces talons, et, comme annoncé, se rendit à la cour intérieure. La visiteuse n'en perdit pas une miette : elle observa tout avec curiosité et une très grande attention. Une fois arrivés, Byakuya se tourna vers elle.

-A présent vous avez toute mon attention, annonça-t-il.

La jeune femme resserra son châle autour de ses épaules. Il était tôt, l'air était encore frais.

-Je m'appelle Yuri, commença-t-elle en gardant son regard fixé sur le sol, j'appartiens à l'une des branches secondaires de la famille Kuchiki.

-Yuri, dit-il, vous pouvez lever les yeux.

Elle hésita puis s'exécuta, rencontrant son regard acier.

-Vous cherchez la personne qui a ouvert le senkaimon privé pour faire entrer des Hollows, continua-t-elle, et je sais de qui il s'agit ainsi que son but.

Elle se tut quelques instants et il ne la pressa pas.

-Cet homme, reprit la jeune femme, s'est allié à un certain Takuya, un Shinigami qui a trahi le Gotei 13 et qui souhaite l'anéantir pour en reconstruire un nouveau. La personne dont je vous parle souhaite prendre la tête de la famille Kuchiki, ce qui sera le cas si Takuya atteint son objectif.

-Comment savez-vous cela ?

-Je connais cet homme depuis l'enfance, expliqua-t-elle tandis que la tristesse se reflétait dans ses yeux. Je savais qu'il préparait quelque chose alors je l'ai espionné.

Le capitaine de la 6ème Division garda le silence quelques secondes.

-Qui est cet homme ? demanda-t-il finalement.

-Je ne peux vous le dire, dit Yuri en détournant les yeux.

-Et pour quelle raison ?

-Parce que j'ai choisi de ne pas dire son nom, même si je dois être punie pour cela.

-Après ce que vous m'avez dit, je ne vois pas en quoi garder son nom secret vous est utile.

-Comme je vous l'ai dit, je le connais depuis mon enfance. Ne pas vous dire son nom est symbolique, si je le fais je devrais vivre toute ma vie avec l'idée que je l'aurais trahi.

Elle l'aime, comprit-il.

-Dans ce cas, pourquoi m'avertir de ses intentions ? demanda Byakuya.

-Parce que je pense qu'il se trompe et je souhaite vraiment que vous l'arrêtiez. Je préfère ne pas considérer ça comme une trahison mais quelque chose que je fais pour l'aider à se rendre compte que ce qu'il fait est mal. Je sais bien que ça doit vous paraître vide de sens mais c'est comme ça que je le ressens.

-Lorsque je l'arrêterais, je serai dans l'obligation de l'exécuter.

La jeune femme attendit un peu avant de répondre.

-Je le sais. C'est pourquoi j'aurai une requête à vous faire.

-Laquelle ?

-Quand vous l'aurez arrêté, je souhaiterai lui parler avant son exécution. Cependant je sais que pour plus de sécurité vous comptez le tuer dès que l'occasion vous en sera donnée...

-Si je comprends bien, résuma-t-il, vous me demandez de le capturer vivant et d'attendre avant de l'exécuter. Je dois néanmoins vous prévenir que je compte procéder à sa mise à mort dans le monde des humains, prendre un senkaimon serait dangereux si jamais il a d'autres complices. Ce qui ajouterai à votre requête le fait que je vienne vous cherchez.

-C'est exact.

-Et pourquoi accepterais-je ?

-Parce que, répondit-elle après une hésitation, je ne vous ai pas encore tout dit. Il reste une partie de son objectif que je ne vous ai pas encore dévoilée.

Elle était tendue et crispait ses doigts sur ses bras qu'elle avait croisés. Ce n'était pas étonnant : qui serait à l'aise après avoir fait un chantage au chef de sa noble famille, qui plus est lorsqu'il est aussi l'un des capitaines du Gotei 13 ? Elle savait bien qu'il pourrait choisir de l'ignorer et qu'il parviendrait quand même à attraper le traître, cependant elle savait aussi qu'il ne pouvait prendre de risque. Si jamais l'information était capitale ? C'était quelque chose qu'il ignorait.


Byakuya leva les yeux et contempla le ciel pendant qu'il prenait sa décision. Laisser le traître sous la surveillance de Renji, Ichigo, Rukia, Shuuhei, Rangiku et Toshiro était sûr, surtout s'il était bien amoché -ce qui serait sûrement le cas après un combat-. Maintenant, il fallait qu'il décide s'il accordait cette faveur à Yuri. Il posa les yeux sur la jeune femme qui fixait le vide. Elle allait devoir vivre plusieurs siècles jusqu'à plusieurs millénaires avec l'idée qu'elle avait contribué à l'arrestation et à l'exécution de l'homme qu'elle aimait. Comparé à ça, lui laisser la chance de parler au traître avant sa mise à mort semblait bien dérisoire, cependant cela soulagerait sûrement un peu sa peine.

Le Shinigami soupira. Son insensibilité avait bien diminué depuis quelques années (NDA : ça alors, on se demande pourquoi...).

-C'est d'accord, dit-il enfin.

Elle eut l'air surprise. Sans doute ne s'attendait-elle pas à ce qu'il accepte si facilement. Lui même s'en étonnait d'ailleurs.

-Je sais qu'après avoir laissé entrer les Hollows il est parti pour Karakura afin de retrouver Takuya, avoua-t-elle.

Voilà qui était bon à savoir, ils pourraient faire d'une pierre deux coups.

Le capitaine de la 6ème Division commença à s'éloigner.

-Byakuya-dono ! s'exclama la jeune femme. Il y a une dernière chose que vous devez savoir ! C'est peut être la plus importante !

Il s'arrêta et se tourna vers elle.

-Pour lui, peu importe que le plan de Takuya réussisse ou échoue, il compte prendre la tête de la famille Kuchiki dans tous les cas. Et pour ça... il compte vous tuer.

Byakuya arqua presque imperceptiblement un sourcil.

-Comme tout le monde, il sait que vous n'avez pas d'enfants, continua-t-elle, et il sait aussi que le seul moyen pour Rukia-dono d'hériter de votre titre est que vous le lui léguiez dans votre testament -et encore il n'est pas sûr qu'elle en hériterait même avec-, ce que, d'après ce qui se dit, vous n'avez pas encore fait. Si vous mourriez maintenant cela causerait un sacré remue-ménage et il doit sûrement avoir un plan pour prendre la tête de la famille dans la confusion. Cependant il n'est pas bête au point de vous attaquer de front. Il souhaite vous attirer dans un piège et, d'après ce que j'ai compris, il compte se servir d'un appât. Quelqu'un qui compte pour vous et que vous viendriez chercher s'il l'enlevait.

-Je vois, dit-il pensivement.

Il y eut quelques instants de silence.

-Byakuya-dono, reprit Yuri, ne le sous-estimez pas. Ce n'est pas génie ni un très grand combattant mais il est toujours très bien renseigné.

-Je ne l'oublierai pas.

Il la remercia et la reconduisit jusqu'à la porte. Avant qu'elle ne parte il lui assura qu'il viendrait la chercher dès qu'il aurait capturé le traître. Ensuite le Shinigami alla voir Katashi pour lui demander de reconduire tous les autres membres de la famille qui était venu. Le conseiller s'inquiéta des réactions que cela causerait mais le capitaine de la 6ème Division lui répondit qu'il n'avait pas le temps de s'en préoccuper maintenant. Il alla ensuite mettre Ginrei au courant de ce qu'il avait appris. Évidemment il ne lui mentionna pas le marché qu'il avait passé avec la jeune femme. Le vieil homme n'eut pas l'air rassuré par ces nouvelles, après tout c'était exactement la situation qu'il redoutait. Dès que leur conversation fut fini, Byakuya alla mettre sa tenue de Shinigami -qu'il avait quittée puisqu'il s'agissait d'une affaire familiale- et se rendit au senkaimon du Seireitei -celui de sa famille ayant été immobilisé suite à l'attaque-.

Alors qu'il marchait en direction du monde réel, il réfléchit à tout ce qu'il savait. Le traître comptait enlever une personne qui lui était chère. Naturellement, il avait dû faire de Rukia sa cible. Mais la jeune femme était loin d'être sans défense. Pourtant il n'y avait pas d'autre possibilité. « Il est toujours très bien renseigné », cela indiquait-il une surveillance ? Si on partait du principe que le traître les observait depuis un bon moment... Peut être même préparait-il son plan depuis plusieurs années. Dans ce cas...

Byakuya s'arrêta brusquement. Il avait compris comment le parjure comptait s'y prendre pour le tuer.


Midi approchait quand la porte d'entrée de la maison des Kurosaki s'ouvrit. Rukia s'étonna du peu de temps que cela avait pris à son frère pour revenir. Ichigo indiqua au capitaine de la 6ème Division que son gigai se trouvait sur son lit. L'ayant récupéré, Byakuya s'assit avec les autres et leur raconta ce qu'il avait appris, cependant il n'évoqua pas tout.

-Si je résume, soupira Renji à la fin, on a un membre de la famille Kuchiki qui a des envies de grandeurs et qui, quoi qu'il arrive a son allié, tentera de vous tuer dans tous les cas, sûrement à l'aide d'un piège. Et en ce moment, ce type a rejoint son allié Takuya.

-Bravo Renji, railla le rouquin, tu as tout compris c'est un miracle !

-Répète ça enfoiré ?!

-Les gars... désespéra Shuuhei.

Le lieutenant de la 13ème s'apprêtait à les frapper tout les deux quand elle fut interrompue par son frère.

-Rukia, dit-il, il semblerait qu'il compte s'en prendre à des personnes proches de moi. Tu es sûrement en tête de liste alors reste sur tes gardes.

-Très bien, répondit-elle. Qu'il vienne, il verra à qui il a à faire.

Sur ce, elle flanqua deux coups de poings magistraux aux deux qui se disputaient, ce qui eut pour effet de les calmer instantanément.

Lorsqu'ils passèrent à table, bien plus tard, Ichigo et Renji se massaient toujours le crâne en rouspétant.


Pendant le repas, Yuzu observa Byakuya à la dérobée. Quelque chose avait changé chez lui, mais quoi ? Elle l'ignorait, et cela ne présageait rien de bon.

A ce moment là, ses yeux chocolats croisèrent les siens et, devant le regard glacial qu'il lui lança, elle détourna immédiatement la tête pour s'intéresser à la conversation de ses amis. Du moins en apparence, car intérieurement elle était déjà loin. La jeune femme avait l'impression que la température ambiante était passée en dessous de zéro et elle ne pouvait pas s'arrêter de se demander ce qui s'était passé lors de son absence.

Shuuhei, de son côté, avait bien remarqué que quelque chose n'allait pas. Le capitaine de la 6ème Division n'agissait plus comme avant avec la jeune Kurosaki. Peut être se faisait-il des idées, peut être que c'était trop tôt pour pouvoir affirmer une chose pareille, pourtant il avait vraiment l'impression que les sentiments qui semblaient animer son supérieur étaient passés d'un extrême à l'autre. Cependant il s'agissait de Byakuya, et il n'était pas aisé d'affirmer quoi que ce soit puisque ce Shinigami restait impassible en toutes circonstances -ou presque-.

Justement, songea le lieutenant de la 9ème, s'il n'y a plus rien entre eux, pourquoi avoir un tel regard ? Il pouvait tout aussi bien redevenir aussi neutre et impénétrable que d'habitude, cela arriverait au même résultat, surtout que les Shinigamis n'allaient pas rester à Karakura indéfiniment.

Décidément, Shuuhei était perplexe.


Bien plus tard dans la journée, Byakuya et Yuzu se retrouvèrent seuls dans le jardin, au grand dam de la jeune humaine qui ne savait plus du tout comment se comporter. Le silence qui régnait entre eux était tellement pesant que, bien vite, elle ne le supporta plus.

-Rukia-san, commença-t-elle soudainement, elle va être attaquée, n'est-ce pas ?

Il prit bien son temps avant de répondre.

-Probablement, dit-il, cependant elle a été adoptée, donc elle ne représente pas un obstacle pour lui. La seule chose qui le poussera à s'en prendre à elle c'est qu'elle ferait un très bon appât pour que je tombe dans son piège.

-Donc elle est en danger.

-Rukia est une adversaire redoutable, surtout quand elle est sur ses gardes, ce qui est le cas. Il ne parviendra pas à l'enlever, ou du moins cela s’avérera bien plus compliqué que ce qu'il pense.

La jeune femme réfléchit quelques instants.

-Il ne risque pas de s'en prendre à quelqu'un d'autre que Rukia ? Je veux dire, il doit bien savoir qu'elle est lieutenant et que ce n'est pas le genre de personne qui se laissera faire sans rien dire.

-Peut être bien, mais qui voudrais-tu qu'il enlève ? Le but est de m'attirer dans un piège pour me tuer. Il n'est pas dans mes habitudes de me précipiter sans réfléchir, même lorsque j'ignore qu'il s'agit d'un piège, et même s'il s'agit de Rukia.

-Si tu es sûr de toi tant mieux, répondit-elle après une légère hésitation.

Il y eut quelques instants de silence.

-Réjouis-toi, ajouta Byakuya en la regardant avec froideur, tu ne risques absolument rien pour une fois.

Yuzu sentit l'énervement commencer à monter au fond d'elle.

-Qu'est-ce que je suis censée comprendre ? demanda-t-elle agacée. Que je suis tout sauf proche de toi, et que jamais l'idée ne traversera l'esprit de ce type ?

-Exactement.

L'énervement devint colère et celle-ci se mit à bouillonner.

-Ah ouai ? répliqua-t-elle. Ben alors je me dois de te faire remarquer que tes actes et tes paroles sont complètement différents !

-Puisque tu as l'air de tenir à en parler, dit-il sur un ton cassant qui aurait pu provoquer une nouvelle ère glacière, alors je vais t'expliquer une chose très importante sur mes actes.

-Quoi donc ?

Elle serra les poings le plus fort possible, malgré la douleur que lui infligeaient ses ongles en se plantant dans sa peau.

-C'est vrai, soupira-t-il avec agacement, il y a cinq ans, à la soirée d'Urahara Kisuke, je t'ai embrassée. Et il y a deux semaines, je t'ai sauvé du Hollow et je t'ai embrassée.

Devant son regard glacial, la lycéenne préféra garder le silence.

-Et je regrette, ajouta-t-il d'un ton péremptoire.

Elle eut alors l'impression que son cœur se brisait et tombait en morceaux. Le Shinigami sortit du jardin et disparut au coin de la rue, tandis qu'elle préféra rentrer. Elle monta directement dans sa chambre et se laissa choir sur son lit, à plat ventre. Elle enfouit sa tête dans son coussin, ne trouvant même pas le courage de pleurer.


Minuit approchait à grands pas, pourtant personne n'était couché. Toshiro était assis dans le canapé, coincé entre Rangiku accompagnée de sa volumineuse poitrine et Karin qui conversaient toutes deux de manière très animée, lorsque, soudain, il se redressa.

-Vous avez senti ? demanda-t-il.

-Senti quoi ? s'enquit le garçon manqué.

Les Shinigamis se raidirent.

-C'est le même reiatsu que la dernière fois, fit remarquer Shuuhei.

-Ce doit être Takuya ! s'exclama Renji.

-Il y en a d'autres, dit Rukia, probablement les renégats de la dernière fois.

-Vous croyez que c'est un piège ? lança Rangiku.

-Non, répondit son capitaine. Il paraît probable que ce soit leur plan qui se mette en marche. Pour eux, c'est l'occasion ou jamais d'attaquer le Sereitei tant que le Gotei 13 est affaibli par l'attaque des Hollows. Cependant ils doivent s'attendre a être attaqués.

-Parfait ! déclara Ichigo. On va les exploser !

Il se leva d'un bond et appliqua son insigne de Shinigami contre son torse. Il ne perdit pas une minute et se dirigea vers la porte.

-Mais Ichigo attends deux secondes bon sang ! protesta Rukia.

Trop tard, il était déjà sorti. Les autres sortirent de leur gigais et se lancèrent à sa poursuite. Byakuya n'adressa même pas un regard à Yuzu quand il passa devant elle pour sortir. Toshiro, qui était le dernier, leur recommanda de ne pas les attendre et de ne pas s'inquiéter avant de refermer la porte derrière lui.


Le Shinigami remplaçant se précipita en Shunpo jusqu'au vieil immeuble en bordure de la ville. Il ne prit même pas la peine d'attendre les autres et monta jusqu'au dernier étage où il ouvrit en grand l'unique porte, Zangetsu serré fermement dans sa main. Leurs ennemis s'y trouvaient. Ils l'observèrent avec une légère surprise, sans doute ne s'attendaient-ils pas à ce qu'il débarque si rapidement, et seul qui plus est. Parmi eux, il n'y en avait qu'un que le rouquin ne connaissait pas. Il planta son regard dans le sien.

-C'est toi Takuya ? demanda-t-il avec une pointe d'agressivité.

-C'est bien moi, répondit le parjure avec un sourire malfaisant. Je suppose que tu es le célèbre Shinigami remplaçant, Kurosaki Ichigo.

-La seule chose à savoir c'est que je vais t'exploser.

-Vraiment ?

Le jeune homme n'eut pas le temps de répondre car ses amis arrivèrent au même moment. Rangiku se planta en face de son adversaire de la dernière fois, une femme avec un air imbu d'elle-même peint sur le visage.

-Te voilà sale pimbêche ! s'exclama le lieutenant de la 10ème.

-Tu vas souffrir sale... ! Sale... Raaaaah putain mais t'es rousse ou t'es blonde !?! Ça m'emmerde ! En fait... Tout m'emmerde chez toi ! Je vais te raser la tête, ça réglera le problème !

-Quoi ?!!! Je vais pas te laisser faire !

Elles se jetèrent l'une sur l'autre en criant de nombreux noms d'oiseaux.

Irrécupérables, pensèrent toutes les personnes présentes.

Cependant cela avait sonné le début de l'affrontement, et dans la minute qui suivit chacun attaqua son ancien adversaire, sauf Ichigo qui lança sans attendre un Gestuga Tensho sur Takuya, faisant au passage s'écrouler le plafond et une bonne partie du plancher.


Les combats durèrent plusieurs dizaines de minutes. Les renégats étaient enfin devenus sérieux, et tout ceux qui possédaient un Bankai se retrouvèrent dans l'obligation de l'utiliser. Le rouquin finit même par revêtir son masque de Hollow, ce qui changea totalement le cours de son combat en lui donnant un net avantage.


Au même moment, une ombre sautait de toit en toit. Elle sauta soudainement dans une ruelle, où d'autres attendaient. L'ombre s'agenouilla devant ce qui semblait être un homme.

-Chojiro-sama, dit-elle, ça a commencé.

-Parfait, répondit l'autre en décroisant ses bras.


Au prix d'un ultime effort, Ichigo, blessé au flanc et à la tempe, envoya un dernier Getsuga Tensho qui fit mouche. Takuya s'écroula et lâcha son zanpakuto qui se fissura. Le rouquin parvint à marcher jusqu'à lui.

-C'est fini, annonça-t-il au parjure.

-Non, répliqua l'autre dans un souffle, il est encore en vie. Il poursuivra mon œuvre et ce sera bientôt la fin du Gotei 13.

-Je sais pas de qui tu parles, mais je n'ai pas l'intention de laisser qui que se soit détruire la Soul Society.

Takuya sembla vouloir répondre mais il toussa violemment, du sang apparut à la commissure de ses lèvres et il succomba à ses blessures. Le Shinigami remplaçant se pencha tant bien que mal en s'appuyant sur Tensa Zangetsu et ferma les yeux vitreux du parjure.

Ses amis se regroupèrent autour de lui. Tous avaient gagné, mais ils n'étaient pas en très bon état -sauf les deux capitaines qui n'avaient que des égratignures-.

-Voilà une bonne chose de faite, lâcha Renji, mais je crois qu'on est bon pour appeler Inoue-san.

-On va pas la réveiller à une heure du matin quand même, protesta Rukia.

-La connaissant, répliqua Ichigo, elle nous en voudra plus de ne pas l'avoir réveillée que de l'avoir fait.

-Je change totalement de sujet, les coupa Shuuhei, mais je trouve que cette affaire a été plutôt vite expédiée.

-Tant mieux non ? demanda le rouquin.

-Oui mais y a quand même un truc qui me chiffonne... Pas vous ?

-C'est vrai que c'était un peu facile, réfléchit Toshiro.

-Alors c'est quoi qui ne va pas ? s'enquit Rangiku.

Byakuya leva les yeux et observa les quelques étoiles visibles entre les nuages. Quelque chose n'allait décidément pas, il le sentait depuis qu'il était entré dans cette pièce où les attendaient les renégats. Cependant il n'arrivait pas à savoir ce qui le travaillait. La désagréable impression de passer à côté de quelque chose d'important le tenaillait. Un mauvais pressentiment se faisait sentir.

-Bon, soupira Ichigo, on rentre puis on appelle Inoue et après on réfléchit.

-T'es pas du genre méfiant toi, fit le lieutenant de la 6ème.

-T'as une autre idée peut être ?

Renji se tut : il n'en avait pas. Personne n'en avait en fait. Ils suivirent donc l'idée du Shinigami remplaçant.


Alors qu'ils sautaient de toit en toit, Rangiku s'aperçut qu'ils passaient juste à côté de l'appartement d'Orihime. Elle proposa d'y aller directement puisqu'ils étaient là, plutôt que de la forcer à venir en pleine nuit jusqu'à la maison des Kurosaki. Le principe n'étant pas si bête, ils allèrent donc toquer à la porte de la jeune femme. Celle-ci mit un peu de temps à ouvrir -le temps de se réveiller, de se rendre compte que quelqu'un toquait à sa porte, se lever, allumer la lumière et ouvrir-. L'air endormi qui tirait ses traits laissa vite place à de la surprise.

-Kurosaki-kun, Kuchiki-san, il y a un problème ?

Tandis qu'ils entraient, elle avisa leurs blessures.

-Mais vous êtes blessés ! s'exclama-t-elle.

Avant même qu'ils n'aient pu prononcer un mot, elle courut chercher ses barrettes et entreprit de les soigner tour à tour pendant que Rangiku lui expliquait les grandes lignes de ce qui s'était passé.

-Vous avez eu raison de me réveiller, affirma la guérisseuse sur un ton qui laissait imaginer ce qui se serait passé dans le cas contraire.

-Ah ! Tu vois Rukia, lança Ichigo, j'avais raison.

-Oh ça va...

Quand elle eut fini, la belle aux cheveux auburn se tourna vers le rouquin.

-Comme d'habitude tu étais le plus mal en point Kurosaki-kun.

-Ah bon ? fit-il en passant une main dans ses cheveux.

-Faut dire qu'il fait pas dans la dentelle, lâcha Renji.

-Tu peux parler toi, répliqua l'autre.

-T'as un problème ?!

Rukia les frappa et ils se calmèrent.


Leur guérison avait pris plusieurs heures, si bien que lorsqu'ils quittèrent la guérisseuse l'aube approchait. Arrivés devant la maison des Kurosaki, ils s'immobilisèrent de stupeur : la porte était grande ouverte. Le Shinigami remplaçant s'engouffra sans hésiter dans la maison en appelant ses sœurs. Mais seul le silence lui répondit. Les autres entrèrent à leur tour. Il monta à l'étage et vérifia dans les chambres mais il n'y avait nulle trace des jumelles. Toshiro l'appela et il le rejoignit tandis que la peur commençait à l'envahir.

Le capitaine de la 10ème Division était dans la cuisine, penché au dessus de Karin qui gisait inconsciente sur le sol. Elle était de l'autre côté de la table, si bien qu'Ichigo ne l'avait pas vue en passant. Le jeune Shinigami posa deux doigts dans son cou et soupira de soulagement.

-Elle est vivante, annonça-t-il.

Le rouquin se détendit l'espace d'un instant mais se rembrunit aussitôt.

-Personne n'a trouvé Yuzu ? demanda-t-il du bout des lèvres.

Les autres secouèrent la tête avec dénégation.

-Je ne sens pas sa présence dans la maison, déclara Rukia à mi-voix.

Son ami serra les poings jusqu'à ce que ses jointures blanchissent. Sa mâchoire trembla.

-On va la retrouver, tenta-t-elle de le rassurer.

Byakuya, qui avait posé sa main gauche sur Senbonzakura, resserra les doigts autour de la garde. Son mauvais pressentiment s'était avéré fondé : Yuzu avait disparu. Mais pourquoi ? Était-ce une attaque, un enlèvement... ?

Un enlèvement...

Le capitaine de la 6ème Division laissa alors apparaître sur son visage de la surprise mélangée à de l'inquiétude. Mais pourquoi n'avait-il pas compris plus tôt !?

-Il manquait quelqu'un, dit-il.

Tous se tournèrent vers lui.

-Quoi ?

-Il manquait quelqu'un, répéta-t-il, c'est pour ça que nous avions la sensation que quelque chose n'allait pas.

-Mais qui ? demanda Rangiku.

-Le traître.

Ils écarquillèrent tous les yeux.

-Mais bien sûr... ! fit Toshiro. C'était évident...

-Je vois pas le rapport avec mes sœurs, intervint Ichigo.

-Pas avec tes sœurs, corrigea Shuuhei qui avait compris ce qu'avait réalisé Byakuya, Yuzu.

-Et c'est quoi le rapport avec Yuzu ? demanda Renji qui était aussi paumé que le rouquin.

-Quand on a appris que ce type cherchait à attirer le Capitaine Kuchiki dans un piège en prenant quelqu'un pour appât, expliqua le lieutenant de la 9ème, logiquement on a tous pensé à Rukia.

-Ben oui, c'était évident, répliqua Rangiku.

-Justement, ça l'était un peu trop, surtout qu'on sait tous que Rukia est lieutenant, donc loin d'être faible.

Ils hochèrent la tête.

-Alors il a cherché quelqu'un d'autre, continua Shuuhei, quelqu'un de bien plus facile à enlever, et dont le résultat serait le même.

Il se tourna vers Byakuya.

-Je me trompe capitaine Kuchiki ?

-Non, répondit l'intéressé, c'est exactement ça.

-Et pour l'enlever, quel meilleur moment que celui où on est tous occupés à se battre contre Takuya et ses subordonnés ? Surtout que, dans l'agitation, on ne risquait pas de remarquer qu'il n'était pas là.

-Donc, résuma Rukia, le traître a enlevé Yuzu pour en faire l'appât de son piège destiné à tuer Ni-sama ?

-C'est ça.

-Je veux même pas savoir pourquoi il l'a choisie elle, grommela ichigo -qui en avait pourtant une petite idée-. Raaaah putain je vais aller exploser ce connard !

-Reste calme, lui intima sa meilleure amie.

-Rester calme ?! Mais comment veux-tu que je reste calme alors qu'elle est en danger ?!

-Elle ne risque rien, déclara Byakuya.

Le Shinigami remplaçant replaça son attention sur lui.

-Du moins rien dans l'immédiat, ajouta le capitaine de la 6ème Division.

-C'est censé me rassurer ?

-Il l'a capturé pour servir d'appât, il a donc tout intérêt à ce qu'elle reste en vie. Il paraît plus logique qu'il la tuera après en avoir fini avec moi.

Le rouquin sembla se détendre un peu.

-Toshiro ?

Ils sursautèrent et tournèrent la tête. Karin avait repris conscience et, encore un peu sonnée, observait le capitaine de la 10ème Division -qui avait un bras sous ses épaules- sans vraiment comprendre ce qui se passait.

Ichigo alla s'agenouiller près d'elle.

-Karin, ça va ? s'enquit-il, inquiet.

-Juste un terrible mal de caboche, sinon ça va. Qu'est-ce qui se passe ?

-On t'a trouvée inconsciente dans la cuisine, lui expliqua Toshiro, et Yuzu a disparu.

-Yuzu a quoi ?! s'exclama la jeune femme en se redressant brusquement.

Elle grimaça de douleur et posa sa main à l'arrière de son crâne en se laissant retomber en arrière. Heureusement le jeune Shinigami la tenait encore.

-Le traître de chez les Kuchiki a enlevé Yuzu, dit son frère.

-Merde... lâcha-t-elle.

-Tu peux nous dire ce qui t'es arrivé ?

Elle fronça les sourcils et grimaça une nouvelle fois.

-On s'est couchées juste après que vous soyez partis. Je me suis réveillée environ une heure après, à cause d'un bruit en bas. Du coup je suis descendue pour voir, et au moment où je vérifiais dans la cuisine j'ai senti une terrible douleur à l'arrière de ma tête et après c'est le trou noir.

-Il t'a assommé, conclut Toshiro, lui ou ses complices s'il en a.

Le garçon manqué hocha lentement la tête.

-J'aurais du faire plus attention, se reprocha-t-elle. A cause de moi Yuzu a...

-Ce n'est pas ta faute Karin, la coupa Ichigo. Qui aurait pensé que ce type se serait servi de son allié comme diversion ? Et qui aurait pensé qu'il choisirait d'enlever Yuzu plutôt que Rukia ?

Shuuhei observa discrètement Byakuya du coin de l'œil. Celui-ci s'était à nouveau dissimulé derrière son masque d'impassibilité, seulement le lieutenant de la 9ème avait eu le temps de voir son expression. Il se mit à réfléchir. Le noble et la jeune humaine avait toujours été proches, du moins jusqu'à ce qu'il revienne de la Soul Society. La froideur qu'il lui avait ensuite témoigné était surprenante. Donc quelque chose avait changé pendant son séjour là-bas. Il se remémora les paroles de son supérieur « […] il compte s'en prendre à des personnes proches de moi. ». Byakuya était loin d'être idiot, il avait dû soigneusement réfléchir aux personnes susceptibles d'être enlevées. Ils avaient conclu quelques minutes plus tôt que Rukia n'était pas une bonne cible car elle était forte. Shuuhei savait parfaitement bien que le capitaine de la 6ème Division et la lycéenne avait un lien fort. Et le traître devait lui aussi le savoir. Il était impossible que Byakuya n'ait pas envisagé un seul instant que Yuzu puisse être la cible.

Son comportement avec elle a changé lorsqu'il est revenu... songea le lieutenant de la 9ème. Ce pourrait-il que... !

Inconsciemment il haussa les sourcils de surprise. Tout se tenait ! Mais le problème restait le même : il fallait trouver un moyen de sortir la jeune Kurosaki des griffes du traître.


Chojiro Kuchiki n'était pas tout seul, Yuzu avait pu compter quatre subordonnés, tous dans des gigais. Elle s'était réveillée lorsque l'un d'entre eux avait plaqué sa main contre sa bouche pour la réduire au silence et qu'il avait ensuite posé la lame de son zanpakuto sur son cou. Puis ils l'avaient ligotée, bâillonnée et mise sur l'épaule du plus costaud. Après ils s'étaient empressés de quitter la maison et avaient sauté de toit en toit. Arrivés en bordure de la ville, ils avaient pénétré dans le petit bois avoisinant. Peu de temps après, ses ravisseurs l'avaient jetée sur le sol d'une clairière. Elle s'était tortillée et en soulevant la tête avait pu voir le traître -dans un gigai-, assis sur une sorte de trône, qui la regardait. La malfaisance pouvait se lire dans ses yeux.

-Alors c'est toi Kurosaki Yuzu ? dit-il visiblement amusé.

Elle lâcha une insulte qui fut étouffée par son bâillon. Chojiro avait ri puis il s'était levé, l'avait forcée à se mettre debout en l'empoignant par les cheveux. Il l'avait traînée jusqu'à une seconde clairière plus petite, non loin de la première. Au centre de cette trouée se trouvait une grande cage d'acier qui pouvait facilement contenir plusieurs hommes adultes.

Le traître ouvrit la porte de ce cachot et l'y jeta sans ménagement. Ses mains liées ne lui permirent pas de se réceptionner et elle s'étala de tout son long, laissant échapper une grimace de douleur. L'un des subordonnés lui retira violemment son bâillon, défit les liens qui lui emprisonnaient les membres et ressortit en verrouillant la porte derrière lui.

-Comme ça il viendra, déclara Chojiro.

La jeune femme avait très bien compris de quoi il retournait.

-Il ne viendra pas, répliqua-t-elle en repensant à leur « charmante » conversation.

-Tout le monde dit ça.

Il a pas tort en plus, pensa-t-elle avec amertume.

-Sauf que moi je le pense vraiment, lâcha-t-elle à mi-voix.

Il ne prit pas la peine de répondre et s'en alla, ne laissant qu'un seul de ses sbires pour la surveiller. Il faisait nuit noire. La jeune Kurosaki alla s'asseoir dans un coin de la cage. Elle remonta ses genoux au niveau de son visage et appuya son front dessus tandis qu'elle les entourait de ses bras.


Chez les Kurosaki, alors que les premiers rayons du soleil s'infiltraient par les fenêtres pour éclairer leurs visages inquiets, tout le monde réfléchissait à la suite des événements. Toshiro avait aidé Karin a s'asseoir sur une chaise. Bien qu'elle aille mieux -suffisamment pour placer un juron à la fin de chacune de ses phrases-, le capitaine de la 10ème Division gardait un œil sur elle. Il avait posé sa main sur le dossier de la chaise tout en réfléchissant.

-J'y vais, déclara Byakuya, seul.

Les autres le dévisagèrent comme s'il était fou.

-Sûrement pas, répliqua Ichigo.

-Voyons capitaine c'est insensé ! protesta Renji.

-Il a raison capitaine Kuchiki, l'appuya Shuuhei, c'est exactement ce que le traître souhaite.

-Seulement il ignore que nous connaissons son plan, dit le capitaine de la 6ème Division.

-Justement ! insista Rangiku. Profitons-en pour établir une stratégie et allons-y tous.

-Ce traître fait parti de la famille Kuchiki, répondit le noble en fronçant les sourcils, c'est à moi de m'occuper de son cas. Ce ne sont pas vos affaires.

-C'est ma sœur que cet enfoiré a enlevée, intervint le rouquin, alors c'est aussi mes affaires !

-Parfaitement ! renchérit Karin.

-Toi, tu vas nulle part, lui souffla Toshiro sur un ton menaçant.

-C'est ma sœur !

-J'avais remarqué, seulement tu ne pourras rien faire si tu y vas.

Elle baissa la tête. C'était frustrant mais il avait raison, elle ne serait d'aucune utilité. Rukia, qui n'avait toujours rien dit, inspira profondément, préparée à leur réaction.

-Je pense, commença-t-elle, qu'il ne sert à rien d'y aller tous.

Toutes les têtes se tournèrent vers elle.

-Et pourquoi ça ? demanda son ami d'enfance. Il vaut mieux mettre toutes les chances de notre côté, non ?

-Si on y va tous, il est évident qu'on va se faire repérer. En plus si ça se passe mal, on sera tous là-bas du coup on ne pourra faire aucune contre-attaque.

-D'après toi, qu'est-ce qu'il faudrait faire ? s'enquit Shuuhei.

-J'ai bien une idée, mais je sens qu'elle ne va pas plaire à tout le monde.

-Dis toujours, soupira Ichigo.

Le lieutenant de la 13ème leur expliqua son plan. Comme annoncé, le plan ne plut qu'à deux personnes -les deux concernées en fait-, sans compter Karin qui ne ferait rien dans tous les cas. Cependant l'idée se tenait et personne n'en avait de meilleure. Rangiku se concentra alors très intensément et annonça qu'elle localisait le faible reiatsu de Yuzu dans un bois tout près de Karakura.

Au moment de partir, le Shinigami remplaçant se tourna vers Toshiro, condamné -comme d'autres- à rester à la maison pour servir de renfort en cas d'urgence.

-Toshiro ! lança-t-il. Je peux te demander une faveur ?

-C'est capitaine Hitsugaya pour toi, le rabroua le jeune Shinigami, mais dis toujours.

-Veille sur Karin et assure-toi qu'elle ne fasse pas de bêtise. J'ai vraiment pas envie qu'il lui arrive quelque chose à elle aussi.

L'intéressée retint une remarque.

-Si ce n'est que ça, soupira Toshiro.

Il eut un léger sourire.

-C'était déjà mon intention de toute façon.

Ichigo sourit et utilisa le Shunpo.


Le soleil était levé depuis quelques temps quand le bruit de la cage qui s'ouvrait lui fit lever la tête.

-Byakuya-san ! s'exclama Yuzu en se relevant vivement.

L'un des traîtres à la solde de Chojiro fit rentrer le capitaine de la 6ème Division à l'intérieur et referma. Je peux le voir... réalisa la jeune humaine. Il est dans un gigai ?

Soudain elle repensa à leur dernier échange et elle détourna la tête. Elle devinait ce qu'elle allait voir se refléter dans ses yeux si elle les croisait : reproches, froideur.

-Yuzu.

A contre cœur elle accepta de croiser son regard. Cependant elle s'aperçut avec surprise qu'elle ne voyait rien de tout cela. Elle pouvait y lire une pointe d'inquiétude et la même chaleur qu'auparavant.

-Tu n'as rien ? demanda-t-il.

C'était à nouveau cette voix grave et rassurante qu'elle aimait entendre.

-Non ça va, répondit-elle. Mais pourquoi es-tu venu ?! C'est exactement ce qu'il voulait !

-Tu n'as pas à t'inquiéter.

-Tu es dans un gigai et tu n'as pas ton zanpakuto, comment est-ce que je pourrais ne pas m'inquiéter ?

Il ne répondit pas, s'adossa au barreau en croisant les bras et regarda au dehors. S'en suivirent plusieurs minutes de silence qui semblèrent immensément longues à la jeune femme.

-Je suis désolée, lâcha-t-elle finalement.

Byakuya tourna lentement la tête vers elle et lui demanda pourquoi elle s'excusait.

-Je me suis fait capturée, expliqua-t-elle d'une voix éteinte, encore une fois je n'attire que des problèmes...

-Il t'a capturée parce qu'il me voulait moi, dit-il avec une voix qui sonna avec douceur aux oreilles de la jeune humaine. Il était persuadé qu'en t'enlevant, toi, je viendrais, parce que tu es importe à mes yeux.

-Ben il se trompe, répliqua-t-elle avec raideur.

-Pourquoi ? Je suis là non ?

Surprise et déstabilisée, Yuzu baissa les yeux.

-Ben... répondit-elle, je suis pas si importante que ça. Quelqu'un a dû t'obliger à venir, Oni-chan par exemple.

Elle crut voir passer l'ombre d'un sourire sur son visage.

-Yuzu, je peux t'assurer que si tu n'étais pas importante, personne, pas même ton frère, n'aurait pu m'obliger à venir.

Elle le contempla avec stupéfaction.

-Mais... commença-t-elle, tu-tu avais dit que...

-Que je regrettais, la coupa-t-il, je m'en souviens. Mais il semblerait que j'ai omis une bonne partie de ma phrase, de façon à ce qu'il pense que tu n'étais pas la bonne personne à enlever. Mais j'ai comme l'impression que ça n'a pas servi. Il devait déjà savoir.

Savoir quoi ? se demanda-t-elle intérieurement.

Avant qu'elle n'ait le temps de répondre quoi que ce soit, deux des traîtres ouvrirent la cage. Le premier attrapa le capitaine de la 6ème Division et le second empoigna la lycéenne.


Ils furent amenés dans l'autre clairière, où Chojiro faisait les cent pas. Quand il les vit, il s'arrêta et son visage se fendit d'un large sourire triomphant. Un peu plus libre de ses mouvements que la dernière fois, la jeune femme observa les environs ; il y avait des ruines dans la trouée, de vieux blocs de béton abandonnés, haut de quelques mètres. Le traître se mit à parler, ramenant l'attention de la jeune Kurosaki sur lui.

-Kuchiki Byakuya ! s'exclama le traître. Enfin te voilà entre mes mains !

L'intéressé garda le silence, se contentant de regarder Chojiro avec mépris.

-Oh ? Serais-tu en colère ? demanda celui-ci. Enfin c'est normal. Je me demande ce qui t'énerve le plus...

Il attrapa le menton de Yuzu entre son pouce et son index.

-Le fait que je l'ai entraînée dans cette histoire ?

Il la lâcha.

-Ou le fait que j'ai envoyé des Hollows dans le Seireitei ? Ou peut être est-ce tout simplement le fait que je compte prendre la tête de notre belle famille ?

Le parjure rit tout seul. Il caressa la joue de la jeune femme.

Approche une nouvelle fois ta main de mon visage et je te jure que je te mords, pensa-t-elle avec colère.

-C'était vraiment inespéré tu sais ? lança Chojiro à l'adresse de Byakuya. Kidnapper Rukia n'aurait pas été une mince affaire, elle est lieutenant après tout. Seulement la chance m'a souri, il y a cinq ans. L'un des subordonnés de Takuya a, par accident, libéré un gaz rajeunissant sur le lieutenant de la 9ème Division et toi, alors que vous étiez en mission. Au premier abord cela nous a semblé être bien embêtant, après tout Takuya comptait s'en servir comme arme pour déstabiliser le Gotei 13 -bien que cela n'aurait pas beaucoup servit sur les plus vieux-. J'étais loin d'imaginer que cet incident me permettrait de te capturer bien plus facilement que prévu. Car, suite à ça, vous êtes allés dans le monde des humains, et là, tu t'es créé un second point faible. Cette fille.

Son sourire malfaisant s'élargit.

-Une aubaine n'est-ce pas ? continua-t-il. Surtout que, contrairement à cette chère Rukia, celle-ci est incapable de se défendre, encore moins contre les êtres spirituels. Je suis tout de même surpris...

Il empoigna Yuzu par les cheveux et approcha son visage du sien. Elle le foudroya du regard.

-Une simple humaine. Qui l'eut cru ? Le second point faible du noble Kuchiki Byakuya, capitaine du Gotei 13 et chef de l'une des Quatre Grandes Familles, est une simple humaine sans défense. J'avoue être perplexe. Pourquoi elle ? Décidément c'est un mystère. Réflexion faite, je vais peut être la garder avec moi après t'avoir tué, histoire de découvrir ce qu'elle a de si spécial pour que tu t'intéresses à elle.

Il la lâcha et revint vers le capitaine de la 6ème Division.

-Je me suis toujours dit que ce n'était pas parce qu'on naissait dans une famille noble qu'on était noble pour autant. Après tout, une personne noble a de l'influence et du pouvoir. Mais dans la famille Kuchiki, le pouvoir n'appartient qu'à la branche principale et les quelques membres des branches secondaires qui font les lèches-bottes pour grappiller un peu d'autorité. Les autres ne sont bons qu'à suivre les ordres aveuglément et prétendre être fier de porter un nom dont ils ne voient pas l'utilité. Pour couronner le tout, seul les membres de la branche principale peuvent rejoindre le Gotei 13.

Il marqua une petite pause et reprit.

-Tout n'est pas entièrement noir, je le conçois. Après tout nous pouvons manger à notre faim, nous vêtir et vivre dans de solides et belles maisons, à l'abri des intempéries. Seulement, depuis mon enfance, j'ai toujours voulu pouvoir être fier de mon nom. Et j'ai vite compris que pour pouvoir être fier de le porter, il n'y avait qu'une seule solution : devenir le chef de la famille. Et je n'ai pas hésité à le dire à qui voulait l'entendre, à le proclamer presque chaque jour. Et sais-tu quelle a été la réaction des gens ?

La colère déforma son visage.

-Ils ont ri ! Ils se sont moqués de moi et m'ont répondu que la tête de la famille allait très bientôt être prise par le plus jeune membre de la branche principale : toi, Kuchiki Byakuya ! A cela ils ont ajouté que ce futur chef était jeune et puissant, et que la branche principale n'allait pas changer avant très longtemps. Ils semblaient si fiers de pouvoir l'affirmer !

Le traître sembla se détendre un peu.

-Cette vision des choses a changé il y a un peu plus d'un demi-siècle, à la mort de ta femme. Tu n'avais pas de descendant, et on disait cette perte t'avait changé et que tu n'aurais plus jamais d'épouse. Bien sûr, certains, optimistes, affirmait que tu étais encore jeune et que l'espoir persistait. Mais pour moi ce fut comme une victoire ! Un grand pas en avant pour que je puisse accéder au titre que je désirais tant ! Arriva l'adoption de Rukia qui ne m'alarma pas : cette affaire avait causé de nombreux remous et elle n'a que très peu de chance d'hériter de quoi que ce soit à ta mort. Cependant je n'ai commencé à réfléchir très sérieusement à ce projet seulement il y a une demi-douzaine d'années. Ce fut le début de mon plan et tout reposait sur l'attente. Mais, après tout, ne dit-on pas que la patience est une vertu ? Et maintenant nous sommes au grand final ! Rassure-toi, je t'ai prévu une mort toute particulière, qui va faire de ce jour le plus beau de ma vie, parce que je veux que tu souffres. Je veux tu souffres au moins autant que ma colère était forte lorsqu'on a ri de moi !

Chojiro approcha son visage de celui de Byakuya.

-Ça va bien te torturer dans l'au-delà qu'elle ait assisté à ta mort, hein ? souffla-t-il.

Il s'éloigna un peu et fit signe à l'un de ses subordonnés qui alla aider son collègue pour tenir fermement le capitaine de la 6ème Division. Le traître sortit un petit flacon de sa poche, le déboucha l'approcha de la bouche du Shinigami.

-Je vais te tuer et te faire souffrir sans même sortir de mon gigai, annonça-t-il fièrement.

Il le força à boire tout le contenu de la fiole, jusqu'à la dernière goutte, puis ordonna à ses sbires de le lâcher, ce qu'ils firent. Chojiro ajouta avec nonchalance que ce poison causait d'horribles douleurs et tuait au bout de quelques heures. Yuzu commença à se débattre, seulement elle ne parvint pas à se défaire de l'emprise du renégat. Byakuya fronça les sourcils et une étrange lueur passa dans ses yeux. Il s'écroula soudainement, mort.


Le parjure eut l'air surpris puis il haussa les épaules et déclara qu'il aurait dû s'y attendre de la part d'un capitaine du Gotei 13. La jeune femme écarquilla les yeux et se figea. Elle ne pouvait pas y croire, ce n'était pas possible, il ne pouvait pas être mort !

Chojiro donna un coup de pied dans le corps inerte du capitaine de la 6ème Division.

-Décidément il me fera chier même mort celui-là, râla-t-il.

La jeune Kurosaki sembla retrouver le contrôle d'elle-même. Elle cria et se débattit violemment, les larmes aux yeux. L'un des subordonnés dut venir aider son collègue à la retenir tellement elle avait puisé de force dans le désespoir. Leur chef leur ordonna alors de la lâcher, après tout que pouvait-elle faire ? Ils s'exécutèrent et Yuzu courut jusqu'à Byakuya. Elle se laissa tomber sur les genoux, le visage baigné de larmes. Elle l'appela, le secoua, mais rien n'y fit, il resta inanimé

-Non... ! murmura-t-elle.

La jeune humaine dégagea avec une douceur imprégnée de tristesse quelques une des mèches du Shinigami qui lui tombait sur les yeux.

Chojiro se détourna pour aller s'asseoir sur son « trône ». C'est alors que la lycéenne vit un papillon noir s'échapper de la main du capitaine de la 6ème Division. Il voleta jusqu'à l'un des murs de béton à moitié effondré. A partir de là tout se déroula très vite.


Il y eut une forte rafale de vent et la jeune Kurosaki vit l'un des subordonnés du traître faire un vol plané. Byakuya se redressa brusquement et bondit sur ses pieds. Il attrapa au vol une sorte de pilule sphérique -sortit d'elle ne savait où- et l'avala. Le reste, la jeune femme ne put qu'en voir les conséquences.

-Putain Byakuya t'en as mis du temps avant de lancer le signal ! s'exclama Ichigo en désarmant l'un des renégats.

-Tu es vraiment trop impatient.

-Possible.

Le rouquin attaqua le comparse suivant, en se remémorant les paroles de Rukia.

« Mon idée est d'envoyer seulement Ni-sama et Ichigo. Ni-sama va se rendre et pendant ce temps Ichigo va discrètement -j'insiste sur le discrètement- se cacher. A l'instant propice, quand l'ennemi aura baissé sa garde, Ni-sama relâchera un papillon messager -qu'il aura pris avec lui au préalable-, ce qui sera le signal pour Ichigo qui débarquera et donnera à Ni-sama son Soul Candy pour qu'il puisse se battre contre le traître. Et si jamais celui-ci a des complices, Ichigo n'aura cas les mettre hors d'état de nuire. Mais pour que ce plan marche il faut absolument qu'Ichigo reste caché jusqu'au signal, c'est clair ? »

Le Shinigami remplaçant grommela au souvenir du regard qu'elle lui avait lancé. Il avait très bien sût rester caché, quelle mauvaise langue celle-là ! Quoi que ses inquiétudes étaient fondées...

-Disperse-toi, Senbonzakura.

Ichigo reporta son attention sur son ami, qui venait de passer au Shikai. Les milliers de lames entourèrent Chojiro -qui n'avait pas l'air de saisir ce qui se passait- et le blessèrent suffisamment pour le contraindre à l'immobilité.

Byakuya s'approcha du traître, assis sur le sol, en reconstituant son zanpakuto.

-Comment as-tu pu envisager d'être chef de la famille Kuchiki, dit-il d'un ton dédaigneux, alors que tu es si faible et ignorant ? Tu t'es imaginé que je me jetterais dans la gueule du loup sans un plan, et, en plus de ça, tu ignorais que les membres de la branche principale de la famille Kuchiki étaient entraînés à résister à toutes sortes de liquides, notamment les poisons.

Le traître le regardait avec stupéfaction. Le capitaine de la 6ème Division attendit quelques instants avant de continuer.

-Je te tuerais bien maintenant, lâcha-t-il, mais j'ai promis à Yuri de te garder vivant pour qu'elle puisse te parler avant que je ne t'exécute.

A la mention du nom de la jeune femme, Chojiro écarquilla les yeux puis les baissa et la tristesse envahit son visage.


Byakuya utilisa un sort de kiddo et entrava le traître, puis il rengaina Senbonzakura et revint dans son gigai. Il se tourna vers Yuzu qui avait cessé de pleurer, s'était levée et qui l'observait sans un mot. Avisant ses joues mouillées et ses yeux légèrement rougis, le Shinigami s'adoucit.

-Pardon, je t'ai fait peur ? demanda-t-il.

Et merde voilà la séquence émotion, vite fuyons ! songea Ichigo.

-Bon je pars devant, on se retrouve à la maison ! lança le rouquin en attrapant Chojiro et ses subordonnés et en s'éloignant au plus vite.

Les deux autres ne lui avaient accordé aucune attention. La jeune femme secoua négativement la tête. Le capitaine de la 6ème Division s'approcha d'elle, posa une main sur sa tête et lui caressa doucement les cheveux. N'y tenant plus, elle passa ses bras autour de lui et se réfugia contre son torse, les yeux embués par des larmes de soulagement.

-Ce n'était pas vraiment de la peur, dit-elle d'une voix qui tremblait un peu, enfin pas la peur habituelle... J'ai réellement cru que tu étais mort et... J'étais vraiment triste...

Il s'excusa, passa un bras autour d'elle pour l'enlacer et continua à lui caresser tendrement les cheveux en humant son enivrant parfum fruité -non sans rappeler l'arôme des mandarines-.


Lorsqu'ils revinrent à la maison des Kurosaki, Yuzu eut à peine poussé la porte que sa sœur lui tomba dans les bras.

-Yuzuuuuuuuuuuuuuuuu ! s'exclama Karin en la serrant contre elle de toutes ses forces.

-Karin-chan... Tu m'étouffes... articula sa jumelle.

-Oups ! Pardon !

Elle desserra un peu sa prise, sans la lâcher pour autant, ce qui fit rire Yuzu.

Quand elle put enfin se défaire de l'étreinte du garçon manqué, la jeune femme se retrouva prise dans celle de son frère qui, rappelons-le, n'en avait toujours pas eu l'occasion. Tout les autres -sauf un- avaient des sourires amusés peints sur leur visage et leur soulagement était visible. Rangiku serra à son tour la lycéenne dans ses bras.


Chojiro et ses sbires étaient assis dans un coin du salon, sous la surveillance des Shinigamis. Byakuya repartit à la Soul Society pour chercher Yuri et en profiter pour remettre les subalternes du parjure au Gotei 13. Pendant ce temps, Yuzu monta s'habiller -elle avait tout de même été enlevée en pleine nuit- et s'aperçut qu'elle avait un SMS non lu sur son portable. Elle l'ouvrit.

« Tu l'as eu le coup de foudre, ou je dois repasser devant toi ? - Inconnu »

Le jeune femme ne put retenir un sourire amusé. Cette phrase était typique de Fueko. Cependant, maintenant qu'elle y pensait, la phrase de la veille sur les paroles et les actions des gens avait parfaitement convenu avec les péripétiesde la journée.


Plusieurs heures plus tard, dans l'après-midi, le capitaine de la 6ème Division revint, accompagné d'une jeune femme, brune avec des yeux clairs. Elle se présenta et ils purent lire une immense tristesse dans ses yeux. Byakuya amena le traître dehors pour qu'il puisse le surveiller pendant qu'elle lui parlait avec un minimum d'intimité. Curieux, les autres observèrent -plus ou moins discrètement- la scène. Ils ignoraient tout de ce qu'ils se disaient mais tout deux semblaient tristes.

Soudain Chojiro sembla hausser le ton. Yuri posa son index sur ses lèvres et il se tut. Elle lui murmura quelque chose et il détourna les yeux. C'est alors qu'au grand étonnement de tout le monde -sauf Byakuya qui le sentait venir- elle l'embrassa.

-C'est sa petite amie ? demanda Karin stupéfaite.

-Qui sait, répondit Toshiro impassible.

-Ah non, ça va pas recommencer ! protesta-t-elle.

-Quoi donc ?

-Tes « Qui sait » !

-Qui sait.

Elle sembla sur le point de lui sauter dessus pour l'étriper mais il planta son regard dans le sien et, après quelques secondes de confrontation invisible la jeune femme détourna le regard. Et sa jumelle aurait pu jurer l'avoir vu rougir légèrement.

-Elle doit être horriblement triste, dit Rukia en revenant sur le sujet du début.

-M'en parle pas, lâcha Renji, je voudrais pas être à sa place. Elle ne va pas vous tenir de rancœur capitaine ?

-Je ne pense pas. C'est elle qui m'a donné toutes les informations que je vous ai transmises hier.

-Heeeeeein ?!! s'exclamèrent les autres.

-Elle pensait fermement qu'il s'obstinait sur le mauvais chemin, expliqua le capitaine de la 6ème Division, mais elle savait que personne ne pourrait le résonner. Cependant elle ne m'avait pas dit son nom.

-Pour ne pas le trahir totalement... fit le lieutenant de la 13ème.

Il hocha la tête. Rangiku, qui, étonnamment, n'avait rien dit depuis le début, eut soudainement l'air triste.


Yuri revint. Il n'était pas bien compliqué de voir qu'elle retenait ses larmes. Byakuya quitta son gigai.

-Dis donc, le retint Ichigo, tu ne comptes tout de même pas l'exécuter dans mon jardin ?

-Bien sûr que non, répliqua le Shinigami, sauf si tu y tiens absolument.

-Sûrement pas !

Sur ce, le capitaine de la 6ème Division emmena Chojiro en dehors de la ville, où il l'exécuta.


Quelques jours passèrent. Les Shinigamis étaient restés - « On prend quelques vacances ! » avait dit le lieutenant de la 10ème-, Isshin était revenu et avait cru mourir lorsqu'il avait appris que l'une de ses filles chéries s'était fait enlevée. Yuri devint très amie avec les jumelles, ce qui atténua un peu son chagrin. Et puis un matin Yuzu finit par se retrouver seule avec Byakuya, ce qui n'était pas arrivé depuis qu'elle avait été sauvée.


Ils étaient tous les deux dans le parc de Karakura. Il était tôt, l'endroit était désert et paisible. Le Shinigami et la jeune humaine discutaient tout en marchant. Soudain, il s'arrêta.

-On a une conversation inachevée il me semble, non ?

Elle comprit tout de suite.

-Tu m'as menti, lui reprocha-t-elle.

-Je ne t'ai pas tout dit, c'est vrai. Alors, que dirais-tu de reprendre tout depuis le début, comme si nous n'en avions jamais parlé ?

Elle hocha la tête.

-Il y a cinq ans, commença la jeune femme, à la fête d'Urahara-san, est-ce que tu m'as vraiment....

Elle rougit, ne finit pas sa phrase et détourna les yeux. Il la força à le regarder en relevant son menton avec son index.

-Oui.

Les yeux de Yuzu s'embuèrent de larmes, qu'elle tenta d'essuyer.

-J'ai toujours cru que c'était un rêve, dit-elle avec un sourire tremblant. Même si Shuuhei-kun m'a dit qu'il l'avait vu, je n'arrivais pas à y croire, même si je voulais vraiment que ça se soit passé...

-Ce n'était pas un rêve, répondit-il d'une voix douce.

-Il y a un peu plus de deux semaines, c'est toi qui m'a sauvée du Hollow ? demanda-t-elle.

Byakuya acquiesça.

-Et qui m'a embrassée ou ce n'était qu'un fantasme sorti de mon imagination... ?

-Non, c'était réel.

Elle recula pour échapper à son emprise, croisa les mains derrière son dos en se détournant à moitié et fixa les quelques nuages qui constellaient le ciel bleu.

-Tu sais Byakuya-san, je crois bien que je suis malade. C'est une maladie particulière, tu la connais bien. Elle a deux branches : la branche curable et la branche incurable, et j'ai compris que j'étais un cas appartenant à cette deuxième branche. J'ai bien essayé de t'oublier en sortant avec d'autres garçons, mais à chaque fois ça n'a pas marché. J'en ai honte, c'était malhonnête envers eux, envers moi et j'ai le sentiment que ça l'était envers toi aussi. Cette maladie m'a rendue heureuse par moment, et parfois je l'ai haïe au delà du possible. Elle constitue une vraie énigme, impossible à résoudre, pour personne. Pourtant tout le monde la connaît au moins un peu et tout le monde sait son nom. Dès que je l'entends, mes symptômes reviennent... Et toi, tu le connais ce nom ?

-L'amour.

La lycéenne le regarda à nouveau et sourit faiblement.

-C'est ça. L'amour. J'ai bien essayé de le surpasser et de l'effacer mais malgré toute l'énergie et les efforts que j'ai pu y mettre ça s'est avéré impossible. Ça me ronge le cœur comme un cancer, par moments j'ai l'impression de devenir folle.

Elle se tut et baissa les yeux.

-Yuzu, dit-il.

Elle croisa son regard à nouveau.

-Lorsque j'ai perdu ma femme, j'ai eu l'impression que mon cœur se brisait en millions de morceaux, un peu comme ce que j'ai vu dans tes yeux lorsque je t'ai dit que je regrettais. Pendant des décennies je n'ai rien ressenti de semblable à ce que je ressentais pour elle, j'en ai même perdu le sourire. Avec l'arrivé de ton frère, j'ai réussi à regagner un peu la force de sourire. Je me suis rendu compte qu'il me restait ma sœur, la seule personne qui pouvait apaiser la blessure au fond de moi. Et puis j'ai perdu cent dix ans de ma vie et je t'ai rencontrée toi. Ce rajeunissement m'a fait m'exprimer, sourire, alors que mon cœur protestait. Une partie de moi demandait « comment peux-tu encore te permettre de sourire ? ». C'est ce que je me suis demandé alors qu'aux yeux des autres je devenais une personne normale. J'ai fini par trouver la réponse à cette question. J'ai mis du temps à me rendre compte que je l'avais trouvée. Il y a cinq ans, ce soir là chez Urahara Kisuke, inconsciemment j'ai su que je t'aimais, et c'est pourquoi à ce moment là je t'ai embrassée. Pendant près de soixante ans je n'ai accordé de baiser à personne parce que personne ne m'en donnais le désir. Mais toi, pendant plusieurs jours, je n'ai songé qu'à ça et ce soir là j'ai cédé. Malgré tout, je ne m'étais pas vraiment rendu compte de mes sentiments. Je savais qu'il y avait quelque chose mais une partie de moi ne voulait pas admettre que c'était comme ce que je ressentais pour elle. Tu n'as pas à t'en vouloir pour quoi que ce soit : j'ai moi-même passé cinq ans à tenter de t'oublier. J'ai beau avoir tout essayé pour te chasser de mes pensées, tu étais là, chaque jour, chaque nuit. Quand je t'ai sauvée de ce Hollow, j'ai cédé une nouvelle fois. J'avais secrètement espéré te revoir pendant cinq ans, il n'y avait personne pouvant me voir autour, même pour toi j'étais invisible. Invisible mais pas indétectable.

Il marqua une pose avant de continuer.

-Je t'ai dit que je regrettais. Ce n'était pas faux, je ne peux m'empêcher de regretter d'être retombé amoureux. L'amour apporte de la tristesse et du danger, en particulier aux gens qui m'entourent. Je ne peux m'empêcher de regretter d'avoir cédé deux fois, parce que cela veut dire que je suis faible, alors que la faiblesse est une chose que je ne me permets pas. Mais je sais que si je devais refaire encore et encore cette période de ma vie, du moment où je t'ai rencontré jusqu'à maintenant, rien ne changerai, je serais toujours amoureux de toi. Je le sais depuis que tu as posé ta main sur ma joue alors que tu ne me voyais pas, la troisième fois que je t'ai sauvée. Mes regrets n'y changeront rien. Je retomberai amoureux à chaque fois, parce que la réponse à la question de mon cœur « Pourquoi est-ce que je souris ? » c'est toi Yuzu.

Complètement choquée, Yuzu l'observa, la bouche entrouverte comme un poisson rouge. Après plusieurs minutes elle sembla comprendre ce qu'il venait de lui dire. Ses joues s'empourprèrent, elle sembla sur le point de dire quelque chose mais se ravisa et rougit encore plus. Amusé, il sourit et la jeune femme eut l'impression de revoir l'adolescent qui avait débarqué chez elle un soir, cinq années auparavant


Byakuya s'approcha d'elle et posa une main sur sa joue. La lycéenne sentit son cœur faire un grand bond en avant. Elle plongea son regard dans le sien et agrippa le t-shirt qu'il portait.

-Je ne vais pas partir tu sais, se moqua-t-il.

-On ne sait jamais.

Il passa son bras autour de sa taille et approcha un peu plus son visage. Elle sentit alors son souffle chaud contre sa peau et ne put s'empêcher de frémir.

Yuzu ferma les yeux et les lèvres du Shinigami se posèrent avec délicatesse sur les siennes. Elles étaient douces et tièdes, comme dans son souvenir. Il effleura ses lèvres de sa langue, l'incitant à les entrouvrir, ce qu'elle fit.


Ils s'embrassèrent passionnément pendant un long moment qui leur sembla pourtant trop court. Ils éloignèrent un peu leur visage et elle caressa sa joue du bout des doigts, ne pouvant s'arracher à la contemplation du visage si parfait de l'homme qui hantait ses rêves. Il appuya son front contre le sien.

-Je t'aime.

-Je t'aime.

Commentaire de l'auteur Voilà, c'est fini pour Le temps n'est pas toujours perdu !
Maintenant j'ai vraiment le temps de dire tout ce que j'ai sur le cœur alors accrochez-vous, mon débriefing va être long.
Tout d'abord, sachez qu'une personne (une grande fan du HitsuKarin) m'a suppliée d'écrire une mini suite pour que nos chers Toshiro et Karin finissent enfin ensemble (mes passages mignons entre eux-deux ont fait manifestement l'unanimité). Je n'ai pas pu dire non (je suis bien trop gentille, je sais), vous aurez donc droit à un bonus spécial HitsuKarin, mais pas dans l'immédiat (laissez moi souffler un peu).
J'ai bien l'intention de continuer à écrire des histoires avec le Byakuyuzu comme couple principal, pas d'inquiétude pour ceux qui sont devenus adeptes (mille fois merci à ces personnes, Manou et moi sommes tellement fières et heureuses !).

Place maintenant à mes commentaires sur Un siècle à vivre (on y est pour longtemps, je pourrais en parler pendant des heures):
Tout d'abord, le passage avec le Soul Candy était, à l'origine, bien plus important, plus long, et Byakuya et Yuzu devaient se dire plein de choses mignonnes. Malheureusement j'ai imaginé cela il y a plusieurs mois et j'ai complètement oublié ce qu'ils devaient se dire, si bien que la scène a été énormément raccourcie (vous pouvez pas savoir à quel point je suis frustrée). Je me souviens juste que c'était très différent de la version actuelle. Seuls sont restés leurs gestes et le fait que le Soul Candy doit servir d'intermédiaire (le pauvre).
Pour revenir très brièvement au HitsuKarin, j'avoue que le passage que je préfère est à partir du moment où il la trouve inconsciente jusqu'à ce qu'Ichigo et Byakuya partent (ça dure longtemps vous me direz, mais si on enlève tout ce qui ne touche pas à ce couple il ne reste pas grand chose). Si j'aime autant de passage c'est parce que j'ai aimé l'écrire. En fait je venais juste de lire le chapitre 592 de Bleach (Mayuri VS Toshiro) et je trouvais Toshiro zombie super méga trop classe (je le trouve toujours trop classe). Du coup j'ai eu une sorte de regain d'énergie et j'étais totalement dans le coup... Passons.
J'espère que les dernières répliques entre Yuzu et Byakuya vous auront paru à la hauteur de l'histoire, et surtout à la hauteur de l'émotion que j'ai ressenti en les écrivant. D'ailleurs je les ai rédigé alors qu'Un siècle à refaire n'était pas encore fini (oui, j'étais déjà à la fin, mais je n'avais pas l'intrigue d'Un siècle à vivre. Je savais juste qu'il fallait absolument qu'ils se disent ça). A chaque fois que je les lis je me dis que j'en ai peut être un peu trop fait. Quand on y pense, jamais personne ne se dirait ça en vrai. Bon il est vrai qu'on parle de Byakuya donc c'est spécial par définition mais bon... Je m'étais dit que dans les prochaines histoires je me contenterai d'un Jet'aimemoinonplus sauf que j'ai discuté avec Manou (sur un sujet complètement différent) et elle m'a dit que pour elle, une histoire où ils se disent juste je t'aime ce n'est pas bien, que dans les histoires il fallait qu'ils se disent plus, que c'est justement parce qu'en vrai on en fait pas autant qu'il faut que ce soit le cas dans les histoires. Donc finalement ils ne se diront jamais simplement je t'aime (oui je veux faire plaisir à Manou).
Il y a deux choses à remarquer dans Un siècle à vivre : de un, finalement Yuzu n'a pas posé sa question (c'était "pourquoi", pour ceux qui n'auraient pas compris), d'ailleurs Byakuya a répondu dans son monologue ; de deux, je n'ai pas mis de citation pour chaque jour (c'était légèrement compliqué, vu comment j'ai été ultra sélective).
Puisqu'on est sur les citations, comme je viens de le dire, j'ai été ultra sélective. Il fallait que chacune d'entre elle fasse naître une réaction chez moi (c'est compliqué). Au final, seule celle de Victor Hugo a été prise juste pour l'auteur ("une citation de Victor Hugo ? Je prends !").
Je tiens aussi à dire que le sujet de la trahison chez les Kuchiki reviendra très souvent, tout simplement parce que j'adore ce principe (il faut qu'il y ait des trahisons chez les nobles, sinon c'est pas drôle ! //ZBAAFF// ok ok, c'est aussi parce que ça met Yuzu en danger et ça aide pour les intrigues). On m'a aussi demandé quelle est la réaction des nobles de la famille Kuchiki par rapport au fait que Byakuya soit amoureux de Yuzu, sachez que si je n'en ai pas parlé dans Un siècle à vivre c'est pour une bonne raison. C'est aussi un sujet qui me tiens à cœur et qui reviendra plus que très souvent dans mes prochaines histoires (même si à chaque fois la base de leurs réactions sera la même). Je ne pouvais tout simplement pas tout mettre dans Le temps n'est pas toujours perdu, il faut bien que je garde quelques atouts dans ma manche.

Je crois avoir dit tout ce que je voulais dire. Je vous avais prévenu que ce serait long (je raconte toujours des romans dans mes commentaires). Enfin je suis sûre qu'il y a moyen de dire d'autres choses mais je vais m'arrêter là sinon demain on y est encore (il suffit de me dire Yuzu pour que je parte dans un long monologue, j'ai tellement de chose à dire sur elle, et presque autant sur Byakuya).

Merci à tous ceux qui ont lu ! J'espère que vous nous ferez par de vos impressions (bonnes ou mauvaises).

Signé : Manou & Nanou (Baka Ranger Pink & Baka Ranger Black)
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