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Concours Fan-Fiction Univers J.R.R. Tolkien
 par   - 1972 lectures  - Aucun commentaire

Cet automne le service Médiathèques et Bibliothèque de Grasse organise un concours de fan-fiction sur le thème de l’univers de Tolkien.
Si vous souhaitez participer sachez que votre production ainsi que votre fiche d’inscription sont à remettre par voie postale ou électronique (communication.bibliotheque@ville-grasse.fr) à la médiathèque de Grasse avant le 31 décembre et qu’il faudra vous limiter à 8000 mots maximum. Vous retrouverez toutes les informations dont vous aurez besoin dans le règlement du concours disponible sur le site de la médiathèque https://www.mediatheques.grasse.fr


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Animes-Mangas

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Bleach

Au delà des limites Auteur: Moon Vue: 34315
[Publiée le: 2012-06-06]    [Mise à Jour: 2016-09-06]
13+  Signaler Romance/Drame/Action-Aventure/Amitié Commentaires : 83
Description:
Une nouvelle menace plane au dessus de la ville de Karakura. Pour mettre la lumière sur cette affaire, la Soul Society envoie en mission sur terre le capitaine de la dixième division. L'accompagne sa vice-capitaine, Rukia, Renji, Ikkaku et Yumichika, déjà familiarisés avec le monde terrestre. Cependant, à peine arrivés sur terre, ils tombent dans une embuscade de taille et leur victoire semble compromise. Tandis que Rukia se dépêche de prévenir Ichigo Kurosaki de la situation, le capitaine Hitsugaya, dans un ultime assaut, dévoile une puissance encore insoupçonnée lourde de conséquences...
---------
Romance :
Toshiro/Karin
Ichigo/Rukia
---------
Ce récit prend place après l'arc des Fullbringers (donc attention aux spoils) et tient compte de quelques épisodes de l'anime.
Crédits:
L'univers et les personnages appartiennent tous à Tite Kubo, à l'exception de certains issus de ma propre création (ils seront précisés en début de chapitre lors de leur apparition).
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Début des hostilités

[6753 mots]
Publié le: 2014-06-12Format imprimable  
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Commentaire de l'auteur Bonsoir !
Nouveau chapitre, enfin, et je vous souhaite comme toujours une bonne lecture :)

Chapitre 24



Rangiku courait. Elle se déplaçait si vite que son corps ne prenait plus que la forme d'un flash sombre pour la plupart des Shinigamis qui croisaient sa route. Elle n'était pas la seule à s'agiter au sein du Gotei 13 depuis que l'évasion de Yue Sayuki avait été homologuée. D'après le dernier Papillon de l'enfer, la deuxième division était la seule tenue à patrouiller officiellement hors de son secteur pour débusquer la Shinigami renégate. Pour les autres divisions, le port du zanpakutô avait été autorisé en toute circonstance et en tout lieux afin que chaque soldat puisse se tenir prêt à appréhender l'évadée. Si celle-ci devait montrer des signes de résistances ils avaient reçu l'autorisation de l'abattre.

Pour la vice capitaine de la dixième division, cette évasion ne la surprenait qu'à moitié. D'après les informations qu'elle avait pu obtenir de la part du bienveillant capitaine Ukitake, Sayuki n'avait montré que de bien maigres signes de résistance lors de son arrivée à Soul Society, alors qu'on la dépossédait de son sabre et l'enfermait dans une cellule jusqu'à l'heure de son procès. Procès qui, selon la rumeur, aurait dû se dérouler aujourd'hui même, dans l'heure suivant le crépuscule. Quant à son capitaine, arrêté en même temps que Sayuki, voilà trois jours qu'on le maintenait enfermé dans son étrange geôle de murs blancs. Pourquoi la chambre des 46 mettait-elle autant de temps à délibérer de son sort? Qu'est-ce qui pouvait bien justifier cette attente ? Rien ne filtrait de la chambre d'audience dans laquelle tous ces magistrats débattaient.

Quelque chose d'autre la chiffonnait cependant. Outre le fait, qu'elle, vice capitaine de la dixième division soit écartée des décisions qui pèseraient sur son supérieur, comment se faisait-il qu'Hitsugaya lui même ne puisse participer à son propre jugement ? La Shinigami ne comprenait pas, quelque chose devait lui échapper, non ?


Soudain, arrivée à la lisière de la dixième division, elle stoppa sa course. Il n'y avait pas trace d'aura spirituelle et pourtant elle pouvait clairement distinguer la présence d'un tiers dans son sillage.

- Eh bien ? Lâcha-t-elle abrupte la main posée sur la garde d'Haineko. Tu vois bien qu'il ne sert plus à rien de te cacher puisque j'ai senti ta présence.

Il y eut un bruissement, puis une ombre s'avançant sur les murs blancs du Seireitei.

- Bravo... félicita alors la voix à la fois âpre et mielleuse de Yue Sayuki. Sans même pouvoir percevoir ma pression spirituelle...

Rangiku fit volte face. La fuyarde était là, les bras meurtris de marques sanguinolentes. Sa tunique blanche emprunté au style vestimentaire des Arrancars partait en lambeaux et se voyait maculée de salissures et de sang séché. Elle était en piteux état et paraissait encore plus aliénée qu'à son habitude. En effet, la maigre jeune femme arborait un air un peu fou, les yeux vitreux, la pupille profondément dilatée.

- Qu'est-ce qui m'a trahis ? Demanda allègrement Sayuki.

- L'odeur de ton sang immonde, répondit son vis à vis sans ciller. Ça fait bien cinq minutes que j'ai l'impression de me faire suivre par un cadavre.

Cette déclaration sembla étonner momentanément Sayuki avant qu'elle n'expire un sombre ricanement.

- Je suis impressionnée là, qu'elle sens de l'odorat !

- Merci du compliment, se força à sourire Rangiku. Mais c'est moi qui suit impressionnée... S'évader des cellules de la deuxième division et échapper aux vigilances des sentinelles dans ton état, c'est tout un exploit. En revanche, tu n'iras pas plus loin.

La vice-capitaine extirpa son sabre de son fourreau et en pointa son extrémité vers Sayuki.

- Tu es certaine de vouloir perdre du temps à m'affronter ? N'étais-tu pas pressée de rejoindre ton précieux petit capitaine ?

- Tu me prends pour une idiote ? S'esclaffa ouvertement Rangiku. Tu crois que je n'avais pas compris que tu me suivais pour que je te conduise à lui ? J'ignore toujours ce que tu lui veux mais très franchement, ça na plus aucune importance maintenant parce que je ne te laisserai même plus le loisir de retourner dans ta cellule.

- Quelle animosité ! Tu me tiens pour responsable de ce qui est en train d'arriver à ton petit capitaine, c'est ça ? Et tu aimerais te venger ? Parfait ! Je dois bien avoir une ou deux minutes à t'accorder.

Elle se courba légèrement, les jambes en position pour lancer son assaut.

- Voyons si tes capacités aux combats sont aussi impressionnantes que tes capacités olfactives.

- Pour quelqu'un à qui on a confisqué son zanpakutô je te trouve bien sûre de toi, lui fit remarquer Rangiku qui se tint prête à son tour à engager le combat.

Un large sourire vint fendre le visage émacié de Sayuki.

- C'est toi qui ne cesses de fanfaronner sur ta victoire Shinigami. Alors garde ton impertinence pour toi. Mais saches que je n'ai pas besoin de mon Seikaibara pour te souiller de mon venin... et te vaincre.


Il suffit d'un seul battement de cils pour que Sayuki disparaisse du champs de vision de la Shinigami. La seconde suivante, cette dernière manqua de se faire défigurer par le coup de pied qui survint latéralement.

Rangiku bloqua l'offensive par le plat de sa lame et s'apprêta à riposter quand Sayuki pivota avec une rapidité inouï prête à réitérer sa première frappe. Une succession de coup et de parade s'en suivit jusqu'à ce que la vice capitaine ne décide de changer l'allure et de surprendre son adversaire par un sortilège. Avec une grâce féline, la fuyarde esquiva l'explosion tout en effectuant une petite série de pirouettes jusqu'à prendre appui contre un mur. Elle se propulsa alors sur la vice-capitaine qui se pressa de rugir :

-Miaule, Haineko !

L'acier de sa lame se décomposa en un nuage de cendres tourbillonnantes dans lequel se perdit son adversaire. D'un simple mais rapide mouvement du poignet, Rangiku concentra les particules d'Haineko sur le flanc droit de la renégate qu'elle entailla durement, réussissant à lui arracher une plainte sourde.

Elle roula sur le côté, une trainée de sang salissant le sol sur son passage. L'avoir blessé, même superficiellement, gonfla Rangiku de satisfaction. Néanmoins, celle-ci fut de très courte durée, car sur le visage strié de mèches grasses et noires de Sayuki s'étirait un horripilant sourire. La douleur semblait la rendre euphorique et cette simple constatation parvint à la faire frissonner. Son adversaire ne craignait donc t-elle pas la souffrance ?

Mais ce n'était pas le moment de se laisser déstabiliser. Peu importait son indifférence à la douleur car elle n'avait qu'à la frapper mortellement pour plier le combat. C'était elle qui possédait une arme et qui était en état de se battre, bang sang ! Sayuki ne pouvait pas espérer la vaincre à main nue ! Mais la sous-estimer pouvait lui coûter rudement cher car après tout, qui pouvait vraiment savoir ce qui se cachait sous le sourire fou de son ennemi.

Clamant le nom de son sabre, Rangiku déploya ses cendres sur un rayon de dix mètres, s'assurant de couvrir suffisamment de terrain pour la maintenir sous son joug. Mais elle n'ignorait pas que plus ses cendres se disperseraient, moins profonde serait la blessure peu importe la violence avec laquelle elle déchaînerait dans un tourbillon les particules de son zanpakutô. Elle l'affaiblirait donc avant de lui porter le coup de grâce.

C'est alors que sans prévenir, sans qu'elle ne puisse anticiper quoi que ce soit, un groupe de soldat se manifesta à vive allure à la bifurcation la plus proche, là où les cendres possédaient déjà l'espace. Si elle usait de sa technique maintenant, ces idiots serait pris dans l'attaque.

-Vi-Vice-capitaine Matsumoto ! Nous venons vous prêter main forte ! Hoqueta l'un deux les yeux plissés sous le nuage de cendre.

-Mais qu'est-ce que vous fichez ici !? Vociféra-t-elle. Dégagez de là !

Malheureusement, ce court instant d'inattention se révéla comme la pire erreur. Bondissant comme une panthère hors du nuage de cendre, Sayuki vint planter profondément ses ongles salis de sang dans sa chair et referma sa mâchoire sur sa jugulaire palpitante.

Une douleur fulgurante traversa le corps de Rangiku qui sous la pression exercée sur sa gorge ne pu laisser s'échapper son hurlement.

Comment une femme aussi maigre, voir squelettique, pouvait-elle posséder autant de force physique ? Cependant, cette question ne se maintint que faiblement dans son esprit submergé par l'atroce douleur qui circulait dans tous son corps comme du magma en fusion. Son enveloppe corporelle n'était plus qu'un amas de chair douloureux qui lui fit perdre tout contact avec la réalité. Ce n'est que lorsque Sayuki relâcha sa prise sur elle et qu'elle tomba à terre que Rangiku repris conscience de la situation. Elle était à la merci de la renégate, paralysée par la souffrance sous les regards pétrifiés des soldats venu l'aider. Toute la cendre d'Haineko s'était dissipée et parsemait à présent misérablement le sol comme un tapis de poussière.

-Vice capitaine Matsumoto !

Il y eut un éclaire d'agitation, quelques cris, des gouttes de sang filant dans le ciel puis le silence. Sayuki venait de tuer les cinq soldats sous les yeux de la vice capitaine, impuissante.

-Je déteste les perturbateurs, déclara Sayuki tellement rougit par le sang qu'elle en était méconnaissable.

Son regard trouva celui ahuris de l'officier supérieur de la dixième division.

-Je sais que tu souffres le martyre, lui dit-elle simplement. Tu aurais dû apporter avec toi l'antidote concocté par ce misérable Kurotsuchi par précaution. Tu dois certainement connaître la propriété de mon zanpakutô et te demander pourquoi mon poison t'a atteint alors que l'on m'a confisqué mon sabre, je me trompe ?

Seul un faible sifflement s'échappa des lèvres entrouverte de la pauvre Shinigami restée à terre.

-Vois-tu, le poison de Seikaibara contamine le sang de celui qu'il tranche et torture son hôte. Mais le sang contaminé peut se transmettre à un tiers sans nul besoin de l'intervention de mon sabre si celui-ci demeure en état de Shikai.

Sayuki s'accroupit près du corps étendu et secoué de spasmes de Rangiku. Sur le visage de cette dernière s'y lisait une fureur incommensurable mais ses efforts pour exprimer sa haine restaient vain. Sa gorge avait subit trop de dommage pour lui permettre d'élever la voix.

-Tu as compris n'est-ce pas ? se félicita Sayuki. Je me suis empoisonnée moi-même avant qu'on ne me retire mon sabre et me suis mutiler pour pouvoir répandre mon venin sur autrui. Et puis, plus je saigne et plus mon poison devient virulent à tel point qu'il suffit qu'une goute de mon sang touche un Shinigami pour qu'il plie sous la souffrance.

La renégate se redressa, relevant dans un geste inutile ses cheveux assemblé en petit paquet par le sang coagulé qui les recouvrait.

-Bien sûr, des Shinigamis plus puissants ne sont pas aussi facilement atteignable avec cette technique. C'est pourquoi je t'ai blessé ainsi. Pour que mon sang infiltre directement le tien et parcourent rapidement l'ensemble de ton corps.

-Si... tu... crois...

-Ferme là un peu, cracha Sayuki exaspérée. Tu as loupé l'occasion de te rendre utile mais ça ne fait rien. C'est un peu de ma faute pas vrai ? Je t'ai surestimé, tu n'étais pas assez forte pour tenir suffisamment longtemps face à moi. Mais je te rassure, ta mort nous sera tout aussi utile alors je vais te tuer sur le champs.

-...hi... ba...

-A l'école j'étais toujours très douée en kidô et j'ai encore eut deux cents ans pour me perfectionner, se vanta Sayuki. Je suis certaine qu'à cette distance un hadô au delà du niveau soixante dix saura t'arracher la tête.

Sayuki déposa sa main ensanglantée sur le front ruisselant de sa victime.

-Ça brisera le cœur de ce cher petit capitaine de ne pouvoir pleurer sur ta dépouille. Adieu. Voie de la destruction 73, Sôren Sô...

-Hibana kaerizaki (Renaissance des flammes) ! Tonna Rangiku te toutes ses forces étouffant complétement l'achèvement du sortilège.

Toute autour des deux jeunes femmes, les cendres d'Haineko se mirent à rougeoyer de manière incandescente avant d'être brutalement soulevées dans un souffle chaud, révélant une mer de flammes tourbillonnante qui les submergea toute deux.




Lorsque la porte blanche coulissa, Toshirô s'attendit à y voir apparaître une Rangiku Matsumoto survoltée ou à défaut un Ukitake en charge peut-être de lui fournir enfin de réelles informations le concernant. A la place, un homme de haute stature se tenait là, profondément marqué par les âges mais droit comme une sentinelle. Il portait par-dessus son uniforme noir de Shinigami la longue veste blanche habituellement revêtue par les scientifiques de la douzième division. Mais ce n'était pas véritablement ce détail là qui poussa le jeune capitaine à la méfiance. L'individu arborait un air tout à fait serein à la limite de la bienveillance. Une bienveillance probablement illusoire, ce qui ne lui rappelait que trop quelqu'un qu'il haïssait et qui aujourd'hui, pourrissait en prison...

La dernière choses qui le troubla, fut le visage défiguré de cet homme. Il portait sur une bonne moitié de la figure une marque visiblement occasionnée par une vieille brûlure mal cicatrisée qui lui laissait une peau rosie et vilainement fripée.

-Qui êtes vous ? Demanda alors le jeune capitaine à la fois intrigué et sur la défensive.

-Je sais que vous vous attendiez à voir votre seconde, répondit le nouveau venu sans réel ton particulier. Mais celle-ci ne pourra jamais plus tenir son rôle auprès de vous.

L'expression dubitatif de Toshirô resta figée durant plusieurs seconde jusqu'à ce que ses lèvres ne retrouvent leur usage habituel.

-C'est une menace ? Qu'est ce que c'est censé vouloir dire ?

Sa voix trahissait une inquiétude grandissante mais n'en altéra pas pour autant sa dureté. La mâchoire crispée il observa d'un œil mauvais son interlocuteur s'avancer dans la pièce blanche jetant ici et là quelques regards calculateurs avant de le voir reporter son attention sur lui.

-Sa pression spirituelle à disparu il n'y a même pas une demi heure de cela alors qu'elle affrontait Yue Sayuki.

-C'est absurde, rétorqua Toshirô. Yue Sayuki a été appréhendée en même temps que moi dans le monde réel. Elle est donc emprisonné quelque part à Soul Society.

-Il est logique que vous n'ayez pas encore été mis au courant mais Yue Sayuki s'est échappée. Quoi qu'il en soit il ne reste aucune trace de votre vice-capitaine ni même de son adversaire d'ailleurs. Tout ce que l'on a retrouvé c'est les corps mort de cinq soldats et une place dévastée par les flammes. Une enquête est en cours je crois.

Toshirô sentit quelque chose se décrocher à l'intérieur de sa poitrine. Clignant des yeux à plusieurs reprise, il secoua doucement la tête en signe de dénégation ne pouvant admettre les faits. Qu'est ce que c'était que cette histoire ? Et puis comment Yue Sayuki aurait-elle réussi à s'évader ? Quelque chose clochait dans son récit, d'autant plus que ce ton badin avec lequel il relatait les faits ne rendait nullement un sentiment de vérité.

-Pourquoi êtes vous là ? Interrogea Toshirô les sourcils froncés. Vous êtes chargé de me transmettre la décision prise par la chambre des 46 ?

Le vieux Shinigami resta silencieux quelques secondes, se contentant de dévisager le capitaine d'un air singulier. L'oeil qui se trouvait perdu sur la surface meurtris de son visage n'était plus qu'une fente à peine perceptible.

- La chambre des 46 n'a jamais eut à délibérer de quoi que ce soit en ce qui vous concerne, dit-il enfin. Leur choix a déjà été fait il y a trois jours, lors de votre arrestation dans le monde réel.

-Quoi ?

-N'avez-vous pas trouvé cela étrange de vous retrouver cloitrer entre quatre murs blancs le temps d'une soit disant délibération ? N'avez-vous pas trouvé étrange le manque d'information, la restriction des visites et le fait que l'on vous ait autorisé à garder votre zanpakutô sur vous ?

Le jeune capitaine, interdit, ne trouva rien à répondre.

-Mieux encore, poursuivit l'individu, ne vous êtes vous pas demandé pourquoi vous n'arrivez plus à établir le moindre contact avec l'esprit de votre sabre depuis que vous êtes enfermé dans cette pièce ?

Une goutte de sueur perla le long de la tempe de Toshirô.

-Qui vous a... Comment savez-vous cela ?

C'était vrai. Depuis qu'il était enfermé ici, toutes ses tentatives pour entrer en contact avec Hyôrimaru avaient échouées. Mais il pensait alors que le problème venait de lui, pas du lieu où il se trouvait.

Puis très vite, tout s'éclaircit dans son esprit. Personne n'était intervenu pour lui permettre de conserver son zanpakutô pour la simple et bonne raison que armé ou pas, il ne constituait plus aucune menace pour qui que ce soit prisonnier ici.

-Cette salle... repris le capitaine tandis que son interlocuteur demeurait silencieux. Cette salle me prive de mes pouvoirs de Shinigami, n'est-ce pas ?

-Vous en prive ? Répéta l'autre qui esquissa enfin un semblant de réaction. Je dirais plutôt que le Kûran* (*Le videEspace vide) annihile l'essence même de vos pouvoir. Kûran est le nom donné à cet endroit et même s'il n'a pas été spécialement conçu à votre intention il rompe progressivement le lien qui vous unis à votre zanpakutô, jusqu'à le détruire définitivement. La chose s'effectue si lentement qu'il est presque impossible de s'en rendre compte avant qu'il ne soit trop tard. Dans quelques jours vous ne serez plus qu'une âme ordinaire et inoffensive que les dirigeants du Gotei 13 s'efforceront de faire disparaître de la mémoire des Shinigamis. La seule choses sur laquelle sont en train de débattre les 46 de Chuô est le motif qui se révèlera suffisamment plausible pour expliquer la libération du poste de capitaine de la dixième division.

-Non c'est... impossible, balbutia Toshirô qui n'en croyait pas ses oreilles. Ça ne peut pas être vrai.


Alors c'est ainsi que les hauts dirigeants de la Soul Society comptaient se débarrasser de lui ? Lui laisser une seconde chance de se relever n'était donc pas envisageable ? Mais le capitaine commandant l'avait prévenu pas vrai ? S'il devait échouer à reprendre le contrôle intégrale de ses pouvoirs des mesures plus drastiques seraient alors misent en place. Un profond sentiment d'injustice lui brûla les entrailles. Lui qui avait toujours exécuté les ordres d'en haut sans jamais les discuter et qui avait sué sang et eaux pour Soul Society allait être jeté aux oubliettes de cette façon ?

Au moins échappait-il à l'exécution. Probablement ses services en temps que capitaine de la dixième division justifiaient au moins qu'on lui épargne la mort. Seulement, en perdant son rang, ses pouvoirs... Comme cela pouvait être drôle. Voilà qu'il était sur le point de tout perdre et ce n'est que maintenant qu'il prenait conscience de tout ce qu'il avait gagnait et qui comptait à ses yeux.

Les prunelles perçantes de Toshirô s'animèrent d'une colère noire occasionnées par ces paroles qu'il n'aurait jamais voulut entendre.

-Pourquoi devrais-je vous croire !? s'emporta-t-il soudain sa main serrant tellement fortement la poignée de Hyôrinmaru qu'elle se mit à trembler. Et pourquoi me raconter tout ça maintenant !? Je ne vous connais pas, je ne vous ai même jamais vu ! Qui êtes vous à la fin!? Qu'est ce que vous me voulez !?

-Sachez simplement que je ne suis pas votre ennemi, répondit calmement son interlocuteur en se détournant de lui.

-Attendez ! L'interpella le capitaine. Qu'est-ce que vous faites !?

L'homme s'arrêta à l'extérieur du Kûran, dans le couloir obscure mais toujours visible dans l'encadrement de la porte.

-Le Seireitei veut vous brider, s'exclama-t-il en se retournant brusquement vers lui. Ces idiots ne devraient pas avoir à craindre que des êtres tel que vous puisse rompre l'équilibre des mondes. Des milliers d'années de mensonges, voilà sur quoi est batti Soul Society ! La vérité est qu'il ne devrait exister aucune frontières ! Nul par ni en personne ! C'est ça être libre ! La Balance des âmes est une ânerie qui nous contraint tous à demeurer d'éternel aveugles. Tout comme cette limite établie entre ce qui est bien et ce qui est mal. Pourquoi devrions nous forcément choisir un camp ?

Toshirô se précipita sur lui le plaquant violemment contre le mur du couloir, Hyôrinmaru placé sous sa gorge. Bien que la surprise passa bel et bien dans l'expression du vieillard, il se mit à rire à gorge déployé.

-Muselé et déchu mais toujours loyal à ce que je vois.

-Je suis surtout loyal envers mes convictions, répondit le jeune Shinigami d'une voix mesuré et glacée. Il est de mon devoir de préserver les autres des détraqués comme vous qui souhaitent faire basculer le monde dans le chaos.

-C'est noble de vouloir protéger les gens que vous aimez mais les sentiments sont la ruine de l'âme, sachez-le. J'ai sauvé Yue de cette prison appelée Amour et voyez quelle puissante guerrière elle est devenue...

Toshirô pressa plus fortement sa lame gelée contre le cou de son vis à vis, le regard assassin..

-C'est donc vous le traitre qui tirez les ficelles dans l'ombres !

La porte de la salle blanche se referma derrière eux les plongeant tout deux dans l'obscurité la plus totale. L'instant suivant les lumières du couloir se mirent successivement à s'allumer révélant le corps étendu de deux Shinigamis à leur côté. Toshirô les examina rapidement du coin de l'œil et reconnu l'une des sentinelles en charge de surveiller l'entrée de la geôle blanche. Il l'avait aperçut le jour où Ukitake avait été autorisé à le voir, accompagné de Matsumoto.

Mais il n'avait pas le temps de se préoccuper de l'état de ces hommes maintenant. Gardant toujours en joug le vieux Shinigami, il replongea ses iris pers menaçants dans les siens.

-C'est vous qui avez fait enlever Hinamori et qui l'avait torturé !

Au loin, des voix et des bruits de pas commencèrent à affluer à l'autre bout du couloir.

-Vous vous êtes servie d'elle pour me piéger à Karakura !

-C'est juste, mais il était nécessaire de vous faire rentrer à Soul Society après votre perte de contrôle. Cela aurait déjà du être le cas suite la pagaille que vous avez semé au quartier Yumisawa mais cet homme, Urahara, est encore plus futé que je ne le pensais... Ah ?

L'homme suspendit son discours sentant la température du corridors baisser subitement.

-On dirait que votre zanpakutô reprend du poil de la bête maintenant que vous avez quitté le Kûran.

Oui et le premier à le ressentir était le capitaine de la dixième division lui même. Mais il bouillonnait tellement de colère et d'amertume qu'il ne se soucia guère des conséquences que cela pourrait avoir. En fait, il ne voulait même pas faire l'effort de contenir sa pression spirituelle qui, diminué dans la geôle blanche, tendait incessamment à éclater.

-Votre zanpakutô réagit d'instinct, déclara le vieille homme qu'il continuait de plaquer contre le mur. Il a comprit en même temps que vous qu'il a manqué de disparaître dans cette salle. Vous devez probablement ressentir toute sa fureur, après tout, le zanpakutô fait partie de chacun d'entre nous.


Toute une escouade débarqua à l'autre extrémité du couloir, momentanément pétrifiée devant la scène. Toshirô s'imagina sans mal ce qui pouvait être en train de leur traverser l'esprit à la vue des corps inanimés des deux sentinelles et d'un capitaine de division que l'on avait arrêté menacer un autre Shinigami, qui plus est, était un vieillard. D'ailleurs, ce dernier sembla s'amuser de la situation car jouant le jeu de la victime, il mima de grands yeux terrifiés.

-Capitaine Hitsugaya ! Qu'est-ce que cela signifie !? Relâchez cet homme !

-Ce n'est pas ce que vous croyez..., grinça Toshirô les dents serrés bien que sa pression spirituelle, froide et meurtrière, sembla vouloir affirmer le contraire.

Évidemment, les soldats accoururent pour tenter de l'arrêter, certain même commençant à formuler des sortilèges de Kidô afin le bloquer.

Quitte à finir en paria, il était hors de question de laisser l'homme à la source de tous ses problèmes s'en sortir aussi facilement. Celui-ci n'avait pas fini ses révélations et le jeune capitaine avait encore besoin de l'entendre les proclamer. Non seulement il avait la certitude de trouver son salut dans les aveux de l'ennemi mais aussi de prévenir Soul Society des desseins malveillants de cet homme.

Il relâcha un instant sa prise afin que d'un seul mouvement de sa lame s'élève un mur de glace infranchissable lui offrant davantage de temps. En revanche, il ne pu prévoir les conséquences désastreuses occasionné par son geste.

Un puissant souffle glacé jaillit de la lame de Hyôrinamaru embrassant d'un manteau de glace le moindre obstacle sur son passage. Ainsi, le capitaine aux cheveux blanc contempla horrifié les malheureux soldats pris dans l'assaut, figés dans leur dernière action n'ayant probablement pas eut le temps de voir venir. Les murs eux même se voyaient lécher d'une couche de glace accidentée parcourant les trois quarts du long corridor souterrain. Au bout de celui-ci, ne se tenaient plus qu'un pauvre Shinigami complètement sous le choc de ces dernières secondes, le seul rescapé de l'escouade.

Le vieil homme à la brûlure afficha un petit sourire satisfait. Debout à côté du capitaine, il posa une mains noueuse sillonnées de veines sur son épaule droite et profita de son désarroi pour se pencher à son oreille.

-La vérité capitaine est qu'il n'existe ni bien, ni mal. L'accepter, c'est nous révéler tel que nous sommes.

Toshirô ne su pas bien si ce fut la peur ou l'instinct qui le poussa à fuir et a abandonner là son ennemi. Tout en lui hurlait. Sa seul échappatoire lui sembla être sa déréliction passée, loin du monde et loin de Soul Society.





-Ta sœur n'avait pas l'air d'avoir le moral ce soir au diner, fit remarquer Rukia.

Elle observait Ichigo depuis le placard aménagé par ses soins, jouant avec les boutons de son pyjama bleu ciel constellé de tête de Chappi. Le lycéen lui jeta un coup d'œil furtif derrière son journal avant de se replonger dans sa lecture. Il était nonchalamment assis sur son lit et n'avait l'air que très peu disposé à faire la conversation avec sa colocataire improvisée.

-Eh oh ! S'exclama la Shinigami. Tu n'as pas entendu ce que je t'ai dit ou tu t'en fiches ?

-Les deux, répondit-il laconiquement.

Une veine se contracta durement sur le front de Rukia quand une voix criard derrière elle clama avec fouge :

-Moi je t'ai écouté patronne !

-Seulement ce n'est point à toi que je parlais, s'exaspéra-t-elle en arrachant Kon à son épaule pour l'envoyer paître sur le journal du Shinigami Remplaçant.

-Tu fais chier ! Grogna ce dernier tenant le Mod Soul en sandwich entre les pages. Impossible d'avoir la paix quand tu squattes chez moi toi !

Rukia bondit hors du placard les mains sur les hanches et l'air impérieuse.

-Je te parle de choses importantes qui concerne ta famille et tu fais fi de mes précieuses remarques !

Le roux la considéra un instant puis lança d'un ton dégagé :

-Ce n'est pas de ma faute si ton pyjama ridicule te fait perdre ta crédibilité.

Cette fois ce fut par une véritable prise de catch que la jeune femme lui communiqua son humeur. Et c'est en tordant dans un angle douloureux le bras de sa victime qu'elle lui arracha quelques réponses à moitié beuglées.

-Mais qu'est-ce que tu veux que je te réponde à la fin !? Karin tire toujours cette tronche làaAAARGH ! Mais tu vas me lâcher !!? T'es en train de me casser le bras !

Cédant à ses supplications elle le libéra.

-Si tu as su deviner de laquelle de tes sœurs je faisais allusion sans que je n'ai nul besoin de prononcer son nom c'est que tu as toi aussi remarqué que quelque chose n'allait pas.

-C'était facile à deviner, il n'y a pas de quoi te donner de grands airs ! Répliqua-t-il furieusement. Et puis de toute façon, même si Karin était tracassée par je ne sais quoi elle n'en parlerait à personne et encore moins à sa famille donc laisse tomber.

-FAUX ! Revint à la charge Kon.

Après s'être libéré du journal dans lequel il était empêtré, il se plaça entre Ichigo et Rukia pour commencer son discours.

-Ta sœur à fondu en larme dans les bras de ton autre sœur Yuzu l'autre jours, figure-toi.

-Tu racontes n'importe quoi, l'arrêta le lycéen. Karin ne pleure jamais.

-Je tiens ça de source sûr ! Se défendit la peluche. C'est Yuzu elle-même qui me la confié la nuit dernière !

-Parce que Yuzu te fais des confidences ?

-Absolument ! Car pour ta sœur je suis Bostaf le magnifique à qui l'on peut tout dire ! La peluche la plus compréhensible qu'il soit ! Elle me confie des tas de trucs depuis des années et même si elle continue de grandir ça ne change rien ! Je suis trop mignon et trop adorable pour qu'on me délaisse comme une veille chaussette ! Tu regrettes de ne pas pouvoir posséder mon corps de rêve pas vrai, hein ?

Au delà des propos flatteurs tenu par Kon sur lui-même, Ichigo commença à voir son intérêt grandir quant aux problèmes que pouvait rencontrer Karin. Si celle-ci avait réellement craqué devant sa jumelle c'est que l'affaire devait être sérieuse. Et l'idée que quelqu'un soit parvenu à la blesser à ce point l'anima d'un sentiment de colère profonde. Il ne permettrait pas que l'on fasse du mal à l'un de ses proches. Après tout, c'était son devoir de protéger ses sœurs. S'il n'était même pas capable d'assurer son rôle de frère il ne valait vraiment pas grand chose.

-Yuzu t'a confié autre chose à part ça ? Elle t'a dit pourquoi Karin pleurait ?

Comprenant qu'il obtenait enfin toute l'attention du lycéen, Kon s'apprêta à poursuivre son discours, le torse bombé d'importance. Cependant, sous les regards intenses des deux Shinigamis il se dégonfla subitement comme un vieux pneu, la mine désolée.

-Ben... Non. C'est tout ce que j'ai compris dans son baragouinage.

Ichigo lança un regard si sévère au Mod Soul que celui-ci se mit aussitôt à regretter ses propos.

-Mais ta sœur spéculait tellement que j'ai manqué de mourir d'ennui avant de piquer du nez ! S'évertua-t-il à s'expliquer dans l'espoir déchaper à ses foudres. Je te jure ! Du vrai baratin de fille ! Insupportable !

-Et tu t'autoproclames « peluche la plus compréhensible du monde », hein ? Grogna doucement le Shinigami Remplaçant imitant un fauve sur le point de dévorer sa proie.

Il avait refermé ses doigts sur la tête du lion en coton et se mit à la presser comme un citron jusqu'à ce que Rukia ne décide de se lever et de quitter la chambre.

-Qu'est-ce que tu fais ? S'étonna le lycéen en la suivant du regard.

-Je vais papoter un peu avec ta sœur, annonça-t-elle d'un ton ferme.

-Tu...

-Ne nous dérange pas.

Puis elle claqua la porte.




Karin était tranquillement installé à son bureau, plongé dans ses cahiers d'Histoire lorsque retentit trois petits coups timorés. Sans se détourner de ses révisions, elle autorisa l'accès à sa chambre par une exclamation brève mais distinct.

-Je sais, je ne vais pas tarder à me coucher, dit-elle pensant recevoir sa jumelle qu'elle imagina prête à la sermonner.

-Tu fais comme tu veux, moi ça ne me dérange pas.

La collégienne fit volte face sur sa chaise. Ce n'était pas une Yuzu remontée qui venait de franchir le seuil de sa porte mais une Rukia tout à fait joyeuse qui s'inclina légèrement devant elle en étirant inutilement son pantalon de pyjama comme s'il s'agissait d'une robe.

-Bonsoir Karin ! Je ne te dérangerais pas très longtemps je viens simplement prendre de tes nouvelles et te souhaiter bonne nuit.

Elle s'était exprimée avec une politesse exagérée, comme elle avait coutume d'en user en présence de son père et de Yuzu.

-Ça va, t'as pas besoin de faire tout ce cinéma avec moi, rit gentiment Karin.

-Tu as sans doute raison, sourit Rukia en refermant la porte derrière elle. Est-ce que je peux rester discuter un peu avec toi ? ajouta-t-elle alors.

Karin la fixa décontenancée s'avancer jusqu'à son lit et s'y assoir. La jeune fille trouvait étrange que Rukia viennent la trouver à cette heure tardive pour simplement bavarder. De plus, bien qu'elle connaissait maintenant la Shinigami elle n'avait jamais parlé avec cette dernière seul à seul, comme deux amis pourraient le faire. Sa présence devenait de ce fait bien soupçonneuse et son regard fut semble-t-il suffisamment éloquent pour permettre à Rukia de saisir son trouble.

-Tu n'avais pas l'air dans ton assiette ce soir alors je m'interrogeais, dit-elle abandonnant toute théâtralité.

-Ah ? Euh... c'est gentil. Mais ça va... enfin comme d'habitude...

Mais Rukia insistait du regard, ce qui commença à la mettre mal à l'aise. Karin eut soudain la désagréable sensation d'être passé au rayon-x. Elle soutient toutefois son regard, attendant que la jeune femme ne s'explique enfin.

-Tu sais que je suis une Shinigami, finit par affirmer Rukia. Et tu sais aussi que ton frère en est un, d'une certaine manière en tout cas.

Même si la collégienne ne sut pas bien où elle voulait en venir elle évita toute question, soulagée que l'interrogatoire silencieux ait pris fin. Paradoxalement, le visage de la vice-capitaine s'était assombrit même si l'on soupçonnait un sourire timide derrière sa longue mèche noire lui traversant le milieu du visage.

-C'est en grande partie de ma faute si ton frère n'est plus très présent pour ta sœur et toi.

Un long silence s'ensuivit mais Karin sentait bien que ce n'était pas à elle de le rompre.

-Je crois savoir que tu es au courant de pas mal de chose en ce qui concerne la Soul Society et le rôle qu'elle tient dans le monde terrestre, reprit-elle. Nous avons à maintes reprises sollicité l'aide de ton frère sans mesurer les conséquences que cela pouvait avoir sur sa famille. Certainement n'a-t-il pu répondre présent lorsque vous aviez besoin de lui et ce, à cause de nous.

-Oh euh..., balbutia Karin qui dans l'instant ne su quoi répondre à sa déclaration.

Reprenant contenance le temps d'une réflexion, elle poursuivit d'un ton plus détaché :

-C'est dans la nature d'Ichi de courir partout pour protéger tout le monde alors je ne peux pas trop le blâmer. Et puis si votre boulot est de nous sauver de ces Hollows et qu'Ichi vous a donner un coup de main il continuait de veiller sur nous, même indirectement. Il était super malheureux d'avoir perdu ses pouvoirs de Shinigami alors je crois devoir plutôt vous remercier de le lui les avoirs rendu.

-Tu es gentilles mais la Soul Society n'a pas toujours était très tendre avec ton frère et elle ne s'est pas toujours montrée très juste... Ce que je veux dire c'est que nous ne pourrons jamais rembourser la dette que nous avons envers Ichigo. Et je sais que c'est peu de chose mais j'ai besoin de m'assurer que votre famille se porte bien. Je veux être sûre que vous ne manquez de rien et que vous ne rencontrez aucune difficultés quelle qu'elle soit. Parce que...je me sens coupable d'avoir bouleversé votre vie le jour où nous nous sommes rencontrés Ichigo et moi.

Sa sincérité toucha bien plus Karin qu'elle ne l'aurait cru. La jeune fille éprouva d'ailleurs un élan d'affection pour la Shinigami, matérialisé par une agréable sensation de chaleur dans tout le corps. Étrangement, la jeune fille voulut répondre à son honnêteté. C'était comme si Rukia avait fait naître en elle le désir de partager ses tracas et ses doutes. Habileté consciente ou pas, la jeune femme allait réussir à lui faire cracher le morceau. De plus, en tant que Shinigami, Rukia pouvait peut-être lui apporter quelques éléments de réponse, réponse que n'avait su lui donner « l'autre imbécile de capitaine ». Cependant, outre la gêne d'en parler, la collégienne n'avait aucune envie que ses révélations soient connu par l'un des membres de sa famille et surtout pas son frère pour des raisons biens évidentes.

-Je ne pensais pas que l'on pouvait être à ce point affecté par ce genre de chose, dit Karin après un long silence.

Rukia su au timbre de sa voix que la collégienne ne faisait pas référence à son dernier discours mais qu'elle ouvrait bel et bien sur ce qui la rendait si maussade.

-Je te promets que tout restera entre nous, dit la jeune femme comme si elle avait pu percevoir ses craintes muettes.

Et c'est sur l'expression attendrit, presque maternel de la Shinigami, que Karin se déchargea enfin du pois qui lui compressait le cœur. Après les larmes versées devant Yuzu, c'était peut-être bien les mots qui allaient la soulager en fin de compte.



Dans la chambre voisine, Ichigo avait repris sa lecture tandis qu'un Kon outragé avait fini bras et jambe lié, un morceau de ruban adhésif scellant sa bouche avec soin. Tout était calme, du moins jusqu'à ce qu'un enchainement de « bip » particulièrement agaçant ne viennent une fois de plus perturber sa quiétude. Il soupira puis quitta le confort de son lit pour se diriger vers le placard. Là, sur le futon étriqué occupé par sa pensionnaire, reposait un petit appareille bien similaire au téléphone portable. C'était ce que Rukia appelait « Denreishinki » et Ichigo la voyait souvent pianoter dessus avec sérieux. Outre sa fonction primaire de communication avec Soul Society – ce qui dépassait déjà largement la fonction la plus poussée d'un téléphone ordinaire – le Denreishiki servait à alerter les Shinigamis basés sur terre de la présence de Hollow, indiquant même leur position exacte.

Ichigo s'interrogeait justement sur le motif de la sonnerie actuelle. Un Hollow venait-il d'apparaître à Karakura ou était-ce un simple message? Non, si c'était un Hollow, son badge de Shinigami aurait hurlé comme un fou, hors celui-ci restait silencieux sur son bureau. Cela ne pouvait-être donc qu'un message, non ?

Il réalisa subitement que celui-ci pouvait provenir de Urahara duquel ils attendaient une réponse pour intervenir à Soul Society. Dans ce dernier cas, il était impératif d'avertir Rukia toujours en train de converser secrètement avec l'une de ses sœurs.

Il grimaça. Aucune des deux n'allaient être ravie de le voir débarquer dans la chambre en grand perturbateur.
















Commentaire de l'auteur Je sais que les temps de parution des chapitres sont très long :S Mais merci à tous ceux qui ne désespèrent pas malgré cela.
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