
Les six horcruxes
Les quatre jeunes gens étaient en train de fouiller dans les bibliothèques du duplex. Ils étaient à la recherche d’un livre que Charlie prétendait avoir lu quelques années auparavant alors qu’elle bénéficiait d’une de ces nombreuses permissions que lui accordaient Madame Maxime le week-end. Elle ne se souvenait pas précisément du titre, mais elle savait que le livre parlait du musée de la magie de Paris. Musée où elle avait l’habitude d’aller tous les mois avant qu’elle ne commence sa « scolarité magique ». Ce livre, Dumbledore lui avait offert pour compenser le fait qu’elle ne pouvait plus le visiter physiquement.
- Maintenant tu pourras t’y promener mentalement et tes songes seront remplis de ces balades imaginaires, lui avait dit son grand-père.
Cela faisait plus de trente minutes qu’ils vidaient les étagères de l’appartement et leur recherche, laissant derrière elle un désordre que seul la magie pouvait ranger en moins de deux ou trois heures, restait infructueuse.
- Je crois que j’ai trouvé, s’enthousiasma Hermione. La magie réunie à travers les âges : visite interactive du musée de Paris.
- Ah… Le titre parlait bien du musée de Paris, murmura Charlie. Désolée, d’avoir dit le contraire… J’étais pourtant persuadée…
- Ce n’est pas grave, maintenant on a le bouquin…
- J’espère juste que tu ne t’es pas trompée non plus là-dessus, bougonna Ron.
La jeune femme prit un air désolé, mais s’il y a une chose dont elle était encore plus sûre que le titre, c’était bien le contenu du livre. Elle avait visité pendant plus de sept ans le musée et à partir de sa cinquième ou sixième année de visite, elle était plus expérimentée que n’importe quel autre guide.
- Il doit y avoir un glossaire à la fin, affirma Hermione, grande spécialiste des livres.
- Pas besoin de ça.
Charlie feuilleta les pages, puis s’attarda sur quelques unes qui étaient encadrés de violet. Elle les regarda attentivement avant de poser le livre sur le sol et de pointer son doigt sur l’une des photos.
- Il est là votre médaillon… Je ne me trompe pas sur les choses les plus importantes, lança-t-elle à l’égard du rouquin.
Harry regarda la réplique qu’avait laissée le mystérieux « RAB » dans la coupe remplie de la potion qui avait affaiblie Dumbledore avant sa mort. Une fois comparée avec la photographie, il ne put que constater la ressemblance entre les deux pendentifs.
- Alors, pendant tout ce temps, il était dans un musée ?
- Copie du médaillon de Salazar Serpentard, lut Hermione. C’est une réplique, c’est écrit dans la légende.
- Mais ce pendentif est aussi une copie, non ? Demanda Charlie.
- Oui, mais…
- Serait-ce si invraisemblable que ce « RAB » ait volé la copie qui se trouvait dans le musée pour la remplacer par l’original ? C’est assez osé comme raisonnement, je te l’accorde Hermione, mais c’est le meilleur moyen pour ne pas faire la différence entre le vrai et le faux pendentif…
- Elle a raison Mione et puis on ne risque rien à essayer, l’appuya Harry.
La meilleure élève du groupe ouvra la bouche puis, finalement, se ravisa. Cette théorie était tirée par les cheveux, mais si quelqu’un lui avait parlé des horcruxes ou même du médaillon un an auparavant, elle aurait ri au nez de cette personne.
- Si ce médaillon est bien l’horcruxe et que nous le détruisons, il en restera trois, réfléchit Hermione à haute-voix.
- Donc six horcruxes plus Voldemort, ça donne les sept fragments d’âme dont vous m’avez parlé…
- Récapitulons, on connait quatre horcruxes pour sûr : la bague des Gaunt, le journal intime de Jedusor, le médaillon de Serpentard, la coupe d’Helga Poufsouffle. En plus de ces quatre-là, il y aurait probablement un objet de Serdaigle ou Gryffondor et d’après que ce Dumbledore a laissé entendre, le dernier horcruxe serait Nagini.
Ron comptait sur ses doigts en même temps que Harry énonçait les possibles objets et/ou animaux, dans lesquels Voldemort avait pu mettre des parties de son âme.
- Six, cria-t-il presque, victorieux.
- Qu’est-ce qui faisait croire à grand-père que Nagini pouvait être un horcruxe ?
- Je crois que c’était une histoire de contrôle qu’avait Voldemort sur son serpent et en y réfléchissant bien, comment aurais-je pu voir à travers les yeux de Nagini le soir où il a attaqué Mr Weasley s’il n’était pas connecté avec Voldemort d’une façon ou d’une autre. Que ce soit une partie de lui donnerait une explication vraisemblable.
- Quoi ?
- Une longue histoire, se rembrunit Ron.
- Je te l’expliquerai plus tard, chuchota Hermione à l’oreille de l’intéressée.
Le soir tombait sur Londres et les quatre compères continuaient à enchaîner hypothèses sur hypothèses concernant les horcruxes. Alors que Charlie préparait leur dîner, une question lui vint subitement en tête. Elle laissa alors les pâtes, les lardons et la crème en plan sur le marbre de la cuisine.
- Est-ce que Voldemort ressent quelque chose lorsque l’on détruit un de ses horcruxes ?
Les trois autres relevèrent la tête. Leurs cerveaux n’avaient pas eu le temps de totalement refroidir après l’ébullition de l’après-midi. Ce n’était pas une question à laquelle ils avaient songé, mais elle n’était pas des plus anodines.
- Si on y réfléchit bien, commença Hermione, il aurait réagi lors de la destruction du journal ou de la bague. Donc, personnellement je ne pense pas qu’il ressente la destruction d’une des parties de son âme.
- C’est vrai, lança simplement Charlie tout en retournant dans la cuisine.
Sa désinvolture étonna Ron et Harry, mais ils ne posèrent pas de question. Ils avaient remarqué que Charlie et Hermione avaient toutes les deux une grande intelligence et lorsque l’une s’adressait spécifiquement à l’autre, il ne s’immisçait pas dans la conversation. D’une, ils auraient ralenti le rythme des idées des deux jeunes femmes, de deux ils n’auraient pas compris la moitié de leurs paroles et de trois, ils n’avaient pas à se mêler de ça sous peine d’yeux assassins de la part de leurs amies.
Charlie était retournée dans la cuisine en repensant à la réponse de Hermione. Si la jeune sorcière lui avait fait confiance quant à son hypothèse rocambolesque sur le médaillon de Serpentard, elle pouvait très bien faire de même sur cette idée qui était tout de même plutôt censée. Quelques minutes plus tard, les pâtes à la carbonara étaient prêtes et la table dressée.
- A table !
- Ca tombe bien, je meurs de faim, s’exclama Ron.
- C’est pas étonnant, tu es un estomac sur patte.
- Je suis en pleine croissance, j’ai besoin de manger, marmonna-t-il dans sa moustache inexistante.
- Allez, va, on te pardonne, vint son ami à la rescousse.
- Merci Harry.
- Tant qu’on parle de ton appétit d’ogre, on ne peut pas manger non plus alors bon…
Le jeune Weasley afficha à nouveau son air bougon. Décidément, la susceptibilité était l’un de ses plus grands défauts. Ils dégustèrent leur plat en parlant de tout et de rien et une fois le repas fini, ils allèrent s’installer au salon. Leurs animaux étaient arrivés par leurs propres moyens à l’appartement et alors que les rapaces étaient partis se loger dans le grenier, Pattenrond, lui, était lové sur les genoux de sa maîtresse qui le caressait d’une main distraite. Les garçons étaient en train de faire une partie d’échecs version sorciers.
Charlie, quant à elle, était en train de regarder le portrait de son grand-père. Jamais elle n’aurait imaginé s’embarquer dans une aventure pareille et y trouver l’amitié et l’amour, mais au fond d’elle-même, elle était persuadée que celui qui l’avait élevée l’avait conviée à cette quête extraordinaire en sachant qu’elle y découvrirait de nouveaux sentiments ou apprendrait à en redécouvrir d’autres.