
La politique de l’autruche
Harry et Charlie étaient finalement rentrés dans la maison et étaient montés dans « leur » chambre. Lorsqu’ils entrèrent, ils trouvèrent Ron assit en tailleur sur son lit et Hermione qui était sur celui où dormirait Charlie. Ils étaient en pleine conversation quand les deux jeunes gens firent leur apparition, mais s’arrêtèrent aussitôt. La petite-fille de Dumbledore se douta qu’ils parlaient de ce qu’il s’était passé.
- Tu sais, commença Ron, je n’ai jamais vu ma sœur comme ça. Si on n’avait pas été à la maison, j’aurais dit qu’elle avait subi un sort de confusion. Je suis vraiment désolé.
- Ca lui passera, elle se rendra forcément compte que je ne suis pas attirée par Harry… Ne le prend pas mal surtout, mais tu n’es pas vraiment mon genre.
- T’inquiètes, je l’avais bien compris.
- Au pire, continua Charlie, je dirais à Ginny d’ouvrir les yeux. Il suffit de pas grand-chose pour voir que son petit chéri est toujours amoureux d’elle.
- Hé ! S’indigna l’intéressé en jetant un oreiller sur la jeune femme.
- Même un aveugle pourrait le voir Harry, fait pas ta vierge effarouchée.
Ron se mit à rire. Tout le monde avait remarqué que l’Elu prenait un regard enamouré lorsque ses yeux se posaient sur Ginny.
- Ton acte était brave lorsque tu as quitté Ginny pour la protéger, tenta de le rassurer Hermione tout en lançant un regard noir à Ron.
- Mais c’était stupide, ajouta Charlie. Voldemort le saura si tu es amoureux, tu ne la protèges pas, tu te prives. Enfin… Tu fais ce que tu veux.
Ron acquiesça tant bien que mal. Son fou rire n’était toujours pas passé.
- Et vous deux ? Ca fait combien de temps que vous êtes ensemble ? Demanda la jeune femme en désignant Ron et Hermione du regard.
- Co… comment ?
- Boulette, répondit Charlie en détachant chaque syllabe du mot.
Se fut au tour de Harry de se mettre à rire. Ron lui jeta un regard signifiant « Si tu continues à te moquer de moi je te tue », mais cela ne semblait pas affecter son meilleur ami le moins du monde. Ce n’était que juste vengeance que de pouvoir à son tour rire des déboires amoureux de Ron.
- Ron et moi ne sommes pas ensemble. Nous sommes juste amis, s’affola Hermione.
- D’accord, d’accord, mon instinct féminin m’a fait défaut sur ce coup-là.
- Tu as fait une prédiction juste, tu peux bien te tromper maintenant. Hermione est comme une sœur pour moi.
« Fatale erreur ! » ne put s’empêcher de penser Charlie. Ces deux-là jouaient à la politique de l’autruche et elle avait pu se rendre compte que Ronald avait blessé la talentueuse sorcière en disant ne la considérer « que » comme Ginny.
- Voilà, les choses sont claires au moins, dit sèchement Hermione.
- J’ai encore perdu une occasion de me taire, murmura Charlie de telle façon que Harry soit le seul à l’entendre.
Ce dernier hocha la tête imperceptiblement. Il était convaincu que ses deux meilleurs amis allaient finir ensemble un jour ou l’autre, mais si Ron continuait ce genre de remarque, il s’attendait à ce que ce jour soit pour dans une cinquantaine d’années tout au mieux. Le jeune Weasley tenta un changement de sujet.
- On va pas parler de relations amoureuses toute la soirée non ?
- Je pense qu’on va éviter en effet. Je ne suis pas sûre que ce soit le meilleur sujet de conversation.
- Alors comme ça tu étais à Beauxbâtons ? J’ai toujours rêvé d’y aller au moins une fois pour visiter.
- Et moi j’ai toujours rêvé de visiter Poudlard… On n’est jamais vraiment satisfait par l’école où l’on est et on préférait être dans une autre, mais Beauxbâtons c’était pas si mal que ça, même si t’avais les populaires d’un côté et le reste des élèves de l’autre.
- Moi je ne voudrais pas être à Durmstang, lâcha Ron. Ils forment de futurs Mangemorts là-bas.
- Ron, tu sais très bien que ce n’est pas vrai et Durmstang est malgré tout l’une des meilleures écoles de magie d’Europe.
- Ah c’est vrai, j’avais oublié que ton Vicky a été à Durmstang.
Charlie regardait la scène qui se tramait sous ses yeux sans pour autant la comprendre. Elle tenta de chercher des explications du côté de Harry, mais celui si contemplait la querelle qui opposait ses amis d’un air désespéré.
- Il ne s’appelle pas Vicky, mais Victor !
- Désolé d’avoir osé écorcher le nom de ton petit ami.
- Tu sais très bien que ce n’est pas mon petit ami.
- Mais il l’a été…
- Oui « été », du passé, tout ça n’appartient qu’au passé alors vas-tu s’il-te-plaît cesser de me sortir le nom de Victor chaque fois qu’il est question de Durmstang, de Quidditch ou que sais-je encore ? Nos sujets de conversation s’en trouvent énormément diminués et c’est plus qu’usant.
Ce dernier, tout penaud, se contenta de baisser la tête.
- Très bien, lâcha Hermione.
- J’ai frappé Harry alors qu’il tentait de me réveiller…
Charlie avait du mal à supporter les atmosphères tendues et avait dit la première chose qui lui était passée par la tête.
- Merci de me rappeler ce coup de poing magistral, soupira-t-il en se frottant la joue.
- Euh… Désolée, c’est sorti tout seul.
- Oui, comme c’est comme le coup, lui aussi était parti tout seul.
- Au moins le positif dans cette histoire c’est que ces deux-là sont tellement occupés à se moquer de toi qu’ils en ont même oublié qu’ils se disputaient.
- Au moins mon humiliation aura servi à quelque chose.
La jeune femme se leva pour ébouriffer les cheveux de Harry avec sa main avant de retourner s’asseoir à côté de Hermione.
- Pleure pas choupinet, tu t’en remettras.
- Je me disais aussi que cette Charlie-là n’allait pas mettre longtemps avant de revenir.
- Arrête, je suis sûre qu’elle te manquait.
- Pas tant que ça, mais bon comme elle est là, il faudra s’en contenter.
Charlie relança l’oreiller qu’elle avait reçu une dizaine de minutes auparavant. Elle préférait être comme ça plutôt que faible. Elle se détestait lorsqu’elle montrait qu’elle n’était pas aussi forte que ça.
- Ah au fait, dit soudainement Harry. Ron tu m’avais parlé d’une surprise lors du mariage, qu’est-ce que c’est ?
- Tu le sauras bientôt je pense, répondit son ami avec un sourire énigmatique sur les lèvres.
Ils purent discuter encore une trentaine de minutes avant que Mrs Weasley ne viennent les voir.
- Hermione chérie, il serait temps que tu ailles dans ta chambre et tâches de ne pas réveiller Ginny s’il te plaît, elle est tellement plus calme lorsqu’elle dort. Oh et Charlie, je suis vraiment désolée pour le comportement de ma fille…
- Vous n’avez pas besoin de tous, dit-elle en insistant sur ce mot, vous excuser pour elle.
- Merci, répondit-elle dans un faible sourire. Je lui ai tout de même ordonné de te présenter ses excuses demain.
- Très bien.
Hermione les salua avant de sortir de la chambre avec Mrs Weasley. Charlie était embarrassée pour tout le monde. Certes Ginny avait été odieuse, mais elle ne lui en voulait pas plus que ça. De toute façon elle savait bien que même si la benjamine venait lui présenter ses excuses le lendemain, ces dernières ne seraient pas des plus sincères.